démographie

Agissons sur l’économique ET la population

Que pourrait-on penser collectivement de la formulation suivante : l’impact démographique et l’impact économique sur les écosystèmes sont deux facettes complémentaires du dépassement des limites ; un parti doit donc présenter la politique à mettre en œuvre sur chacune de ces deux problématiques. Pour mieux comprendre les enjeux, voici un échange qui a eu lieu effectivement :

1) Je suis d’accord avec toi que « la population de l’Afrique subsaharienne connaît les plus forts taux de fertilité ». Je te fais confiance pour estimer que « l’Afrique ne représente que 2,73% des émissions annuelles de CO2 ». Mais ces deux constats montre que niveau de vie et composante démographique sont les deux facette d’une même problématique. Cela veut dire en simplifiant que les pays du Sud doivent surtout apprendre à maîtriser leur fécondité et que les pays du Nord doivent surtout pratiquer la sobriété partagée.

2) Je suis aussi d’accord pour constater que « les pressions sur les ressources sont extrêmement différentes selon les sociétés ». Si on rentre dans des considérations spécifiquement françaises, cela veut dire que la France doit éliminer ses politiques de soutien indifférencié au pouvoir d’achat ET ses politiques natalistes à usage interne pour être un exemple de ce qu’il faudrait faire avant de vouloir donner des leçons aux autres.

3) Comme tu l’exprimes si bien, « Nous sommes tous d’accord sur le constat de la surconsommation des ressources offertes par notre planète, des écocides causés par les activités humaines destructrices de la nature et de l’impossibilité d’une croissance illimitée dans un monde fini. » Mais tu affirme sans preuves que nous n’avons pas dépassé les limite de la planète : « je ne suis,absolument pas convaincu par le fait que nous soyons sur une planète « saturée »». Pourtant toutes les études scientifiques confirment ce fait. Cela va du GIEC et de son constat du réchauffement climatique à la mesure de l’empreinte écologique qui montre qui nous puisons dans le capital naturel. Sans parler de l’extinction des espèces qui est aussi bien documentée, de la déplétion pétrolière qui est inéluctable, du stress hydrique qui ne fait que croître et de la famine dans le monde dont s’inquiète le PAM (programme alimentaire mondial des nations unies). Je pourrais ajouter bien d’autres signes de saturation de la planète vu le poids des humains en nombre ET en impacts économiques.

4) Tu affirmes que « c’est à mon sens une erreur manifeste de lier surexploitation de la planète à un problème démographique ». Jamais je n’ai fait l’erreur de lier la surexploitation de la planète au seul problème démographique. J’ai toujours rappelé (entre autres) les équations IPAT et Kaya qui montrent que la démographie n’est qu’un multiplicateur des menaces. Par contre d’autres personnes, nombreuses dans ce qu’on appelle l’écosocialisme, font l’erreur manifeste de lier la surexploitation de la planète au seul problème économique.

5) Je suis bien sûr d’avis qu’une commission d’un parti doit débattre dans le cadre d’un certain nombre de valeurs. Que veut-on dire par là ? EELV reconnaît comme texte fondateur la Charte des Verts mondiaux adoptée à Canberra en 2001 : « L’ensemble des coopérateurs/ trices et des adhérent/es d’EELV déclare constitutive de leur engagement l’adhésion aux valeurs et aux principes suivants : 1• La responsabilité de l’ensemble de la communauté humaine dans la sauvegarde de son environnement et des écosystèmes pour les générations futures et les principes de précaution et d’intervention préventive face aux catastrophes prévisibles. • La défense de la biodiversité et du vivant, instaurant un rapport respectueux et non violent entre l’être humain et la nature. • Le droit de chacun à vivre dans un environnement sain et préservé. • La solidarité et le partage équitable des richesses et des ressources entre les peuples, entre les générations, entre les territoires et plus généralement au sein de la société. • Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à se gouverner démocratiquement. (…) » Je pense que nous ne pouvons qu’être en accord avec ces principes afin de penser une société post-croissance bien étayée.

6) Le premier principe sur « la responsabilité de l’ensemble de la communauté humaine dans la sauvegarde de son environnement et des écosystèmes pour les générations futures » porte à réflexion sur la capacité de charge de chaque territoire ainsi que de la planète entière dans la perspective d’une gestion du long terme. Comme tout n’est pas possible (il y a toujours des limites), le social est surdéterminé par nos possibilités socio-économiques locales ou nationales (ressources énergétiques et minières, potentiel agricole, niveau du chômage, vieillissement de la population, etc.), en clair par les conditions matérielles d’existence. En d’autres termes, nous en revenons à l’obligation pour ceux qui se disent écolos de définir quelles sont les limites (c’est l’écologique) tout en faisant attention à l’acceptabilité des mesures prises (c’est le social). Je suis dans un parti qui se dit explicitement écologiste et qui doit vouloir prendre des décisions au niveau économique, socio-politique, démographique… en toute connaissance de cause.

7) Tu dis être « personnellement assez perturbé par les échanges suscités par la question démographique ». C’est normal, quand on entend un point de vue qui remet en question ses propres habitudes mentales, on hésite entre l’indifférence au problème, le déni, la critique et l’acceptation. Cela cause un trouble, une contradiction interne, mais c’est à chacun de résoudre ce qu’on appelle une dissonance cognitive.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Les anti-malthusiens contre l’évidence

Gilles Q. : j’attends une argumentation argumentée, c’est-à-dire qui s’appuie sur un raisonnement logique et scientifique, que la démographie est un problème en soi, chose que je n’exclue pas a priori.

Jean-Marc T. : Il suffit d’examiner l’équation de Kaya pour voir que, sauf crise économique structurelle ou pandémie durable, il sera très difficile de faire en sorte que les Français diminuent leur empreinte écologique personnelle. On peut tortille du cul, c’est impossible de présenter un programme vendable à des électeurs très majoritairement convaincus que la croissance verte nous sauvera en évitant de nous serrer la ceinture. Comme la baisse de l’empreinte individuelle ne permettra pas d’atteindre la baisse de l’empreinte globale, il faut donc agir sur l’autre principal terme de l’équation de Kaya qui est la population. Devons-nous anticiper les vraies difficultés et faire face à la nécessité de manière raisonnée, ou préférons-nous attendre et laisser la pagaille régler le problème dans la douleur ? Personnellement j’ai fait dès 18 ans le choix de n’avoir pas de descendant direct. Et quand je parle avec des gens qui ont 3 ou 4 gosses et qui se plaignent de la dureté de l’existence je les mets face à leur inconséquence.

Michel C. : Le blog biosphere laisse entendre que les interrelations, les liens, ne seraient pas évidents pour tous. Je veux bien le croire. Personnellement quand je dis que tout est lié, le «tout» auquel je pense ne se résume pas seulement à «économie ET démographie». Ni à cette équation simpliste, celle de Kaya. Pour moi il y a bien plus de paramètres qui entrent en jeu dans ce casse-tête.

Biosphere : Que le choix d’avoir plus ou moins d’enfants repose sur des psychologies diverses, que la décision de pratiquer la simplicité volontaire ou la boulimie consumériste repose sur des paramètres complexes, on ne peut qu’être d’accord. Mais cela n’invalide pas le fait qu’il faut agir à la fois contre la croissance du niveau de vie ET contre la surpopulation. Michel C veut noyer le poisson, un procédé de pure rhétorique, certainement pas une contre-argumentation. Que dit le pote à Michel C ?

Bonpote.com : La population mondiale est-elle en croissance exponentielle ? Effectivement quand on regarde de loin on peut avoir l’impression qu’elle explose. C’est pourtant une illusion d’optique, le taux de croissance de la population mondiale décroit régulièrement depuis 1970 et l’ONU estime une stabilisation autour de 2100 pour 11 milliards d’habitants.

Biosphere : cette argumentation donne envie de ne pas aller plus loin puisqu’elle veut nous induire en erreur. Le taux de croissance est encore actuellement de 1 % en moyenne mondiale. Cela veut dire une doublement de la population tous les 70 ans, il s’agit là d’une croissance exponentielle. Quant aux perspectives pour l’an 2100, on peut aussi bien dire qu’elle sera de 0 % ou de – 50 %, tout dépend des impacts du réchauffement climatique, de la déplétion énergétique, du niveau des inégalités, etc.

Bonpote :Tous les pays passent par ce qu’on appelle la transition démographique. La mortalité commence à baisser grâce à l’augmentation du niveau de vie et des progrès de l’hygiène et de la médecine. La natalité baisse plus tard et plus lentement. Mais elle diminue pour atterrir autour d’un taux où les naissances compensent les morts, donc qui assure la stabilité de la population.

Biosphere : Seconde tarte à la crème des antimalthusiens, la transition démographique n’est pas un passage obligé. L’accès à la santé est surtout un facteur d’aggravation de la croissance démographique et plusieurs pays en Afrique restent bloqués dans cette phase. L’éducation peut être un facteur de moindre fécondité. Mais elle est lié au développement économique, encore faut-il qu’il y ait développement possible. Or nous savons déjà que la concurrence pour l’accès aux ressources et leur raréfaction font que jamais les pays du tiers monde n’accéderont à notre niveau de vie. Et comme la consommation à l’occidentale dépasse déjà les capacité de la planète (cf. empreinte écologique), il n’y a pas d’issue s’il n’y a pas planning familial ET décroissance du niveau de vie des privilégiés.

Jean-Marc T. : Je continue à voir des discours iréniques selon lesquels l’éducation réglerait les problèmes. Mais le problème en France n’est pas que les femmes françaises n’aient que 2 enfants pendant leur période fertile, il faut qu’elles aient largement moins de deux enfants et que cela devienne la norme pour au moins 3 ou 4 générations pour que nous ayons une chance de revenir à une empreinte écologique globale des français inférieure à ce que le territoire français peut produire, afin de ne pas augmenter la difficulté pour les autres pays : actuellement nous les ponctionnons pour soutenir notre surconsommation. Il faut très clairement annoncer la couleur aux gens: notre confort dépendra directement du nombre de consommateurs français. Continuer à favoriser l’immigration ne fait que diminuer nos chances d’y arriver.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Politique écologique et migrations

Comment parler sereinement des migrations du point de vue écologique ? Plutôt que d’accuser autrui de xénophobie ou d’extrême-droitisation à propos des partisans d’une maîtrise des flux migratoires, encore faut-il savoir échanger respectueusement des idées. Le devoir d’accueil et la solidarité active aux réfugiés politiques, économiques et environnementaux vient en 26e position de la Charte de Canberra adopté par le parti EELV. Cela ne veut nullement dire qu’il y a libre circulation totale des individus sur la planète et accueil sans limites dans les pays hôtes. Prenons la Déclaration universelle des droits de l’Homme : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. » On ne peut que souligner le caractère ambigu de ce texte, il manque l’obligation pour tout Etat d’accepter l’entrée des étrangers ! Le philosophe Balibar estimait d’ailleurs qu’il existe « un point où la liberté non contrôlée se détruit elle-même »

Combien de personnes sont des migrants potentiels, combien la France peut-elle en accueillir ? Cela se discute, démocratie oblige. En politique le pragmatisme l’emporte nécessairement sur un humanisme désincarné. C’est en 1981, sous le socialiste François Mitterrand, qu’avait été légalisée et organisée la rétention administrative. C’est Paul Quilès, en tant que ministre de l’intérieur socialiste, qui avait fait passer dans la loi en 1992 le système des zones d’attente. Le rapport sur l’immigration préparé en 2004 par le socialiste Malek Boutih, alors secrétaire national aux questions de société, n’a jamais été rendu public. Trop dangereux ! Il proposait une politique de l’immigration rigoureuse, avec quotas, suppression de la bi-nationalité, nouvelle législation sur le titre de séjour : « Il faut sortir d’un simple rapport humanitaire et charitable avec l’immigration. » Reniement de la part d’un ancien président de Sos-Racisme ? En fait Malek Boutih mettait en évidence le fait que, sans organisation de l’immigration, les phénomènes de discrimination s’enracinent dans la population. A la question « Faut-il régulariser massivement les sans-papiers ? », tous les candidats à la primaire socialiste du 9 octobre 2011 étaient « contre » et défendaient le « cas par cas » avec seulement quelques nuances : normes de « vie de famille », de travail et d’années de présence ou preuves d’« intégration », comme la maîtrise du français. La préférence nationale appliquée aux transferts de cerveau est même envisagée.

Les contraintes écologiques s’ajoutent aux contraintes socio-économiques. En Suisse, l’association Ecopop (Ecologie et Population) s’occupe depuis 1970 de l’impact de la démographie sur la nature et les ressources naturelles. Avec une densité moyenne de 193 habitants par kilomètre carré de la surface productive, la Suisse est un pays très densément peuplé. Ecopop a donc déposé devant les autorités une initiative en vue d’une « votation » pour limiter l’immigration. Le texte « Halte à la surpopulation » propose donc de « limiter l’immigration nette en Suisse », à un taux de 0,2 % par an. La Confédération helvétique comptait fin août quelque 1,8 million d’étrangers, pour 8 millions d’habitants au total dans le pays, soit 3 % de plus qu’en août 2011. Le texte d’Ecopop a été signé par 140 000 personnes, passant le seuil des 100 000 nécessaire pour organiser un vote populaire. Ecopop se dit humaniste, écologique et à caractère social, contre la xénophobie et le racisme. De leur côté les écologistes institutionnels en France défendent généralement une politique de migration sans frontières. Pour eux être « responsable », c’est se baser sur le « droit à la mobilité » et systématiser la protection des migrants. Or, si la protection des migrants témoigne d’une qualité morale, le droit à la mobilité sans limites ne paraît pas un bon critère quant on accorde de l’importance aux contraintes écologiques sur une Terre dont on a déjà outrepassé les limites.

Aucune terre n’est libre d’hommes depuis très longtemps. Cependant Thomas More, en 1516, croyait pouvoir encore écrire dans son livre: « Quand il y a dans une ville plus de monde qu’elle ne peut et qu’elle ne doit en contenir, l’excédent comble les vides des cités moins peuplées. Enfin, si l’Ile entière se trouvait surchargée d’habitants, une émigration générale serait décrétée. Les émigrants iraient fonder une colonie dans le plus proche continent, ou les indigènes ont plus de terrain qu’ils n’en cultivent » Sur ce point, Malthus était à la fin du XVIIIe siècle bien plus perspicace : « On ne peut lire le récit de la conquête du Mexique et du Pérou sans être frappé de cette triste pensée, que la race des peuples détruits était supérieure, en vertu aussi bien qu’en nombre, à celle du peuple destructeur. » (…) « Si l’Amérique continue à croître en population, les indigènes seront toujours plus repoussés dans l’intérieur des terres, jusqu’à ce qu’enfin leur race vienne à s’éteindre. » Notons que les contemporains de Malthus, Adam Smith et Ricardo, constataient qu’à leur époque il y avait immobilité des facteurs de production : ce ne sont pas les travailleurs qui traversent les frontières. Ils militaient seulement pour le libre échange des marchandises.

Sur une terre pleinement occupée par les hommes depuis longtemps, la conquête des territoires extérieurs a été de tous temps une abomination. L’invasion par des nations dominantes a été une succession de massacres et d’atrocités, ainsi du colonialisme européen en Amérique du sud ou du nord, en Inde et ailleurs. La recherche constante de l’espace vital, le Lebensraum des nazis, a toujours été facteur de discriminations, de guerres et même de génocides. Comme l’exprime André Lebeau, « Le découpage de l’espace terrestre en territoires nationaux est achevé. A l’enfermement planétaire qui pèse sur l’humanité s’ajoute un confinement territorial qui fait de la notion d’expansion un synonyme de guerre de conquête (L’enfermement planétaire d’André Lebeau – Gallimard, 2008) »

NB : les analyses de cet article sont issues principalement du chapitre « La problématique des migrations sur une planète close et saturée » du livre « Moins nombreux, plus heureux, l‘urgence écologique de repense la démographie » (2014)

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Décroissance économique ET démographique

Un parti écolo devrait mettre en avant cette formulation : l’impact démographique et l’impact économique sur les écosystèmes sont en interrelations. Ce n’esr pas une évidence pour tous, d’où cet échange entre un écosocialiste (Benoît) et un malthusien (Biosphere) :

Benoît : la population de l’Afrique subsaharienne connaît les plus forts taux de fertilité, mais l’Afrique ne représente que 2,73% des émissions annuelles de CO2 »

Biosphere : ces deux constats montre que niveau de vie et composante démographique sont les deux facette d’une même problématique. Cela veut dire en simplifiant que les pays du Sud doivent surtout apprendre à maîtriser leur fécondité et que les pays du Nord doivent surtout apprendre la sobriété partagée.

Benoît : « Les pressions sur les ressources sont extrêmement différentes selon les sociétés ». 

Biosphere :  Si on rentre dans des considérations spécifiquement françaises, cela veut dire que la France doit éliminer ses politiques de soutien indifférencié au pouvoir d’achat et ses politiques natalistes à usage interne pour être un exemple de ce qu’il faudrait faire avant de vouloir donner des leçons aux autres.

Benoît : « Nous sommes tous d’accord sur le constat de la surconsommation des ressources offertes par notre planète, des écocides causés par les activités humaines destructrices de la nature et de l’impossibilité d’une croissance illimitée dans un monde fini. Mais je ne suis absolument pas convaincu par le fait que nous soyons sur une planète « saturée » d’humains ».

Biosphere :  Pourtant toutes les études scientifiques confirment le fait de dépassement. Cela va du GIEC et de son constat du réchauffement climatique à la mesure de l’empreinte écologique qui montre qui nous puisons dans le capital naturel et que nous vivons pas simplement des intérêts de ce capital. Sans parler de l’extinction des espèces qui est aussi bien documentée, de la déplétion pétrolière qui est inéluctable, du stress hydrique qui ne fait que croître et de la famine dans le monde dont s’inquiète le PAM (programme alimentaire mondial des nations unies). Nous pourrions ajouter bien d’autres signes de saturation de la planète vu le poids des humains en nombre ET en impacts économiques.

Benoît : « c’est à mon sens une erreur manifeste de lier surexploitation de la planète à un problème démographique ».

Biosphere : Jamais sur ce blog nous avons fait l’erreur de lier la surexploitation de la planète au seul problème démographique. Nous avons toujours rappelé (entre autres) les équations IPAT et Kaya qui montrent que la démographie n’est qu’un multiplicateur des menaces. Par contre d’autres personnes, nombreuses dans ce qu’on appelle l’écosocialisme, font l’erreur manifeste de lier la surexploitation de la planète au seul problème économique.

Benoît : « Un parti écolo doit débattre dans le cadre d’un certain nombre de valeurs. »

Biosphere : L’ensemble des coopérateurs/ trices et des adhérent/es d‘EELV déclare constitutive de leur engagement l’adhésion aux valeurs et aux principes suivants de la Charte des Verts mondiaux adoptée à Canberra en 2001 : « 1) La responsabilité de l’ensemble de la communauté humaine dans la sauvegarde de son environnement et des écosystèmes pour les générations futures… » Ce principe porte donc à réflexion sur la capacité de charge de chaque pays ainsi que de la planète entière dans la perspective d’une gestion du long terme. Comme tout n’est pas possible (il y a toujours des limites), le social est surdéterminé par nos possibilités socio-économiques locales ou nationales (ressources énergétiques et minières, potentiel agricole, niveau du chômage, vieillissement de la population, etc.), en clair par les conditions matérielles d’existence. En d’autres termes, nous en revenons à l’obligation pour ceux qui se disent écolos de définir quelles sont les limites (c’est l’écologique) tout en faisant attention à l’acceptabilité des mesures prises (c’est le social).

Benoît : «  Je suis personnellement assez perturbé par les échanges suscités par la question démographique ».

Biosphere : C’est normal, quand on entend un point de vue qui remet en question ses habitudes mentales, on hésite entre l’indifférence au problème, le déni, la critique et l’acceptation. Cela cause un trouble, une contradiction interne, mais c’est à chacun de résoudre ce qu’on appelle une dissonance cognitive.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Définition de l’expression « néo-malthusien »

L’expression « néo-malthusien » est trop souvent détournée de son sens premier pour en faire une repoussoir. Il faut bien distinguer la position de Malthus début XIXe siècle de ceux qui se revendiquent de lui à la fin du siècle, les néo-malthusiens, partisan de la contraception et de la libération de la femme. Né en Angleterre au XIXe siècle, le combat néo-malthusien (Birth Control (BC) – contrôle des naissances) est mené surtout par des féministes. La Hollande possède sa Ligue néo-malthusienne dès 1882. En Angleterre le mouvement est conduit par Marie Stopes qui fonde en 1921 les Cliniques maternelles pour un BC constructif ; une multitude d’autres suivront, comme les Centres de bien-être féminin fondés par la Ligue malthusienne d’Annie Besant. En 1926 la Chambre des Lords autorise l’enseignement du BC. En U.R.S.S., le néo-malthusianisme reçoit un encouragement officiel en 1923. Aux Etats-Unis Margaret Sanger fonde en 1914 la revue La femme rebelle prônant l’émancipation de la femme et le contrôle des naissances. En 1916 elle ouvre la première clinique de BC des USA. La Ligue américaine de BC est fondée en 1921.  En France ce courant de pensée peut être résumé par l’action de Paul Robin, une personne que les féministes devraient considérer comme un des précurseurs de l’égalité entre l’homme et la femme.

Le repopulateur Jacques Bertillon fonde l’Alliance nationale pour l’accroissement de la population française en 1896. La même année, le néo-malthusien Paul Robin fonde la Ligue de la régénération humaine dont la devise sera « bonne naissance-éducation intégrale ». Elle se propose de « répandre les notions exactes de science physiologique et sociale permettant aux parents d’apprécier les cas où ils devront se montrer prudents quant au nombre de leurs enfants, et assurant, sous ce rapport, leur liberté et surtout celle de la femme ». Paul Robin est aussi connu comme l’un des fondateurs de la pédagogie moderne. La nouveauté réside dans la coéducation des sexes, avec mixité et enseignement identique aux filles et aux garçons. Il va montrer qu’il y a une réelle convergence entre l’éducation et l’émancipation sociale des plus défavorisés, en particulier les femmes. Cela passe obligatoirement par le contrôle de la natalité, car seul un enfant désiré et élevé dans des conditions matérielles et morales suffisantes peut devenir un homme libre et responsable. Paul Robin introduit aussi la notion de plaisir féminin, la sexualité ne devant plus demeurer une jouissance uniquement masculine. En 1902, sa rencontre avec Eugène et Jeanne Humbert, qui prennent en main l’organisation matérielle de la Ligue, apporte une impulsion nouvelle à son militantisme : une équipe d’orateurs brillants et populaires multiplie les conférences publiques. En définitive, plus portés par des individus que par des forces sociales, les néo-malthusiens ont été peu entendus. L’absence d’unité du mouvement le rend fragile face à une opposition des milieux conservateurs et cléricaux plus solides et moins divisés. Même les théoriciens anarchistes de l’époque ont condamné et combattu sa doctrine, seuls les pédagogues libertaires sympathisent.

L’arrivée de la première guerre mondiale met le mouvement en veilleuse, la propagande antinataliste est alors considérée comme une trahison. La loi répressive de 1920 mettra un terme aux mouvements néo-malthusiens. Toute propagande anticonceptionnelle est interdite. Le crime d’avortement est passible de la cour d’Assises. Il faudra attendre les années 1970 en France pour que contraception et avortement aient droit de cité. Le néo-malthusianisme a préparé l’émergence du féminisme. Le Planning familial, le Mouvement de libération des femmes  (MLF) et le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) doivent beaucoup à un homme, Paul Robin.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Vers une dépopulation mondiale en 2047 ?

Croyant que l’importance des nombres qu’il manipule donne à sa fonction un surcroît de noblesse, le démographe aime les milliards d’êtres humains et vénère le développement économique. A ses yeux, rien de plus majestueux qu’une courbe qui s’envole, pourquoi s’inquiéter, la hausse du niveau de vie entraînant automatiquement la baisse de fécondité. Contre la pensée unique, je suis devenu personnellement démographe, fidèle au message malthusien : l’infinie multiplication des hommes, face à des ressources de plus en plus réduites, mène obligatoirement au désastre : famine, guerres et épidémies. Pour moi c’est une évidence, le pullulement humain est terrifiant, rend esclave les humains, épuise la planète, réduit la biodiversité, pollue les sols et le climat… comment est-ce possible de penser autrement ? Pourtant dans cette profession, je fus longtemps le mouton noir, celui qui craint la meute et l’esprit corporatif, qui cultive la réflexion et maudit la spécialisation des spécialistes. J’étais un réaliste de la prévision écologique, ils répétaient la vulgate traditionnelle : il n’y a force ni puissance que par le nombre d’hommes.

Mais au cours des années 2020, l’effondrement de la civilisation thermo-industrielle est devenu perceptible par le citoyen de base. Le rapport sur les limites de la croissance de 1972 était enfin reconnu pour ce qu’il était, une vision prémonitoire. Celui qui croit qu’une croissance exponentielle est possible dans un monde fini ne peut qu’être un fou ou un démographe ! Les chiffres parlent. Avec une population mondiale qui s’accroît encore de 1 % chaque année, c’est un doublement tous les 70 ans qui porte maintenant sur des milliards de personnes : 8 milliards en 2020, 16 milliards en 2090, 32 milliards en 2160 . C’est intenable, ingérable, démentiel. Les jeunes ont commencé à faire des grèves scolaires pour le climat, des mouvements comme Extinction Rebellion multipliaient les actions radicales au niveau mondial, l’inquiétude des urbains coupés des ressources vitales se transforme en fatalisme ou en idée survivaliste.

Heureusement les politiques, bousculés par une opinion publique effrayée par les pénuries, les canicules et les virus, ont retourné leur veste en 2047 et suivi le courant dominant : haro sur le pseudo progrès, halte à la croissance économique, programmation de la dépopulation. Le mythe nataliste s’effondrait brutalement. Les démographes de la transition démographique mangèrent leur chapeau, je prenais ma revanche. D’autant plus que la prise de conscience n’était pas franco-française, elle était mondiale. Car la planète était à feu et à sang, chacun se battait pour quelques gouttes de pétrole, les Gilets jaunes comme les grandes puissances. Tempêtes et inondations parcouraient l’ensemble de la Terre alors que les dernières forêts partaient en fumée. L’ONU s’est réuni en urgence le 4 novembre, la défense aveugle des intérêts nationaux ne devait plus avoir cours.

J’étais un spécialiste reconnu de la pensée malthusienne, l’association « Démographie responsable » que je soutenais était entré en synergie avec tous les dénatalistes de la planète ; notre slogan « Moins nombreux, plus heureux » était devenu culte pour une fraction croissante de la population. Je pris donc la direction du Centre International de régulation démographique (CIRD) récemment créé avec pour mission de préciser les mesures à prendre… Bien cher lecteur, à toi maintenant d’écrire (en commentaire) la suite de cette histoire…

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Faut-il se faire vacciner… ou pas ?

Fiabilité des vaccins contre le SARS-CoV-2 ? Les Phases des essais cliniques sont faits sur des groupes de personnes volontaires de faibles nombres ( quelques dizaines ) en phase 2. La phase 3 évalue l’efficacité et les effets secondaires sur des groupes de l’ordre de 1000 personnes ( peut-être plus pour les vaccins). La phase 3 détermine la mise sur le marché du vaccin mais ne donne pas la libération de mise sur le marché définitive. Cette libération est conditionnée par l’étude de phase 4 sur des groupes de 10 000 à 100 000 personnes ou plus. C’est pourquoi les vaccins actuels ne seront fait qu’après consentement du patient comme pour toute étude clinique.

Actuellement au 23 décembre 2020, aucun vaccin covid n’a complété la phase 4. Au contraire, elle ne fait que commencer. De plus le vaccin à ARN est nouveau et n’a jamais été utilisé. Problèmes potentiels ? Multiples car non connu. Tous ceux d’un vaccin normal plus ceux spécifiques à l’ARN : non reconnaissance de l’ARN comme molécule étrangère (antigène), confusion avec des ARN propre à la cellule, réaction exagérée provoquant la destruction de la cellule contaminée et des autres cellules non contaminées, etc. Précisons que la mortalité de la covid-19 n’est que de moins de 0,1%, mais 20% pour les personnes de plus de 80 ans. Si vous souhaitez faire avancer la connaissance médicale, participez aux vaccinations, mais en toute connaissance de cause.

13 novembre 2020, Covid, vacciner beaucoup ou pas du tout ?

Extraits : L’écolo Yannick JADOT a dit de façon elliptique que le vaccin devra être obligatoire. Face à cette position, l’écolo Antoine Waechter rétorque qu’il ne soutiendra pas la candidature Jadot à la présidentielle. Mon voisin a été plus précis, il estime qu’il n’y a pas besoin d’obligation, les gens sont assez concernés pour se vacciner si le vaccin est bon, efficace et sans effets contraires…

25 mars 2015, La vaccination obligatoire contre la sélection naturelle

extraits : La vaccination est d’abord un frein à la sélection naturelle. Homo sapiens est une espèce biologique née de cette sélection naturelle. C’est pour cela que nous ne sommons pas restés des singes. Selon la thèse de Darwin, une partie seulement des naissances atteignent l’âge de la reproduction car seuls les mieux adaptés résistent. Mais grâce à ses capacités cérébrales, l’être humain sait outrepasser les barrages qui pourraient limiter son expansion démographique….

Jane Goodall, virus et surpopulation

Jane Goodall : « Cette pandémie a contraint les industries à fermer dans de nombreuses régions du monde. En conséquence, de nombreuses personnes ont découvert pour la première fois le plaisir de respirer un air sain et de voir le ciel étoilé la nuit. Mon espoir est qu’une compréhension de ce que le monde devrait être, accompagné de la prise de conscience que la pandémie actuelle est liée à notre manque de respect pour le monde naturel, encouragera les entreprises et les gouvernements à allouer plus de ressources au développement d’une énergie propre et renouvelable, à l’atténuation de la pauvreté et à aider les personnes à trouver des alternatives pour gagner leur vie sans que cela n’implique d’exploiter la nature ou les animaux… Faites que nous prenions conscience que nous faisons partie du monde naturel et que nous dépendons de lui pour notre nourriture, notre eau et notre air. Faites que nous reconnaissions que la santé des personnes, les animaux et l’environnement sont connectés. Faites que nous soyons respectueux des autres, mais aussi de tous les animaux sensibles et de la nature. Dans l’intérêt du bien-être de nos enfants et des leurs, et pour la santé de cette magnifique planète Terre, notre seule demeure. »

Les commentateurs sur lemonde.fr se déchaînent, principalement pour accuser Jane de ne pas considérer la surpopulation humaine, ce qui est un contre-sens quand on connaît cette personne (Ne disons plus de conneries sur la fécondité humaine selon Jane Goodall).

Jurgen : Ne pas oublier la surpopulation……

JP Hell : Pas un mot sur la surpopulation… à quatre milliards d’être humains, nous pourrions facilement nous faire une vie très confortable et sécurisée dans un Eden pour tous… A sept milliards, la même vie hédoniste devient un enfer pour tous parce que les ressources nécessaires ne sont pas disponibles en quantité suffisante. A quand un effort de limitation des naissances pour baisser tranquillement le nombre d’humains en deux ou trois générations, en arrêtant de croître et de nous multiplier ? Quant à « (…) certains chimpanzés valent bien des humains », je crains d’être tout à fait d’accord avec elle.

MICHEL SOURROUILLE : Contrairement à ce qu’écrivent de nombreux commentateurs, Jane Goodall n’ignore pas la menace démographique, elle l’avait clairement exprimé lors d’une tribune précédente : « Il est impératif de réduire le taux de croissance démographique. Il est tout à fait absurde de penser qu’il peut y avoir une croissance économique illimitée dans un monde aux ressources naturelles limitées. Même le pape François nous dit que ce n’est pas parce que nous avons la capacité de nous reproduire comme des lapins que nous sommes obligés de le faire ! » (LE MONDE idées du 5 janvier 2019). On ne peut accuser personne de ne pas tout dire dans un seul discours… De toute façon la surpopulation est en lien étroit avec notre relation à la nature, il suffit de voir en cette période de confinement que notre surnombre nous oblige pour la plupart d’entre nous de vivre dans des villes où nous ne connaissons des arbres et des animaux que ce qu’on observe depuis notre trottoir goudronné !

Bang : La population mondiale a doublé en 40 ans et continue de croître. N’est-ce pas là la source de tous nos problèmes. Voulons nous que nos enfants mangent des insectes dans des mégalopoles où vivent des millions d’individus?

GERONIMO : STOP aux collapsologues ! En quoi manger du pangolin ou de la soupe de chauve-souris depuis des millénaires affecte la planète ? En quoi la Grande Peste du XIVème siècle était-elle liée à notre « rapport au vivant » (sic)? Et si cette dame veut VRAIMENT proposer quelque chose d’utile, qu’elle fasse en sorte que la démographie massive baisse en Afrique et en Asie du Sud-Est.

Gerard75 : Nous ne mangeons presque plus de gibier ce n’est donc plus vraiment le problème de santé publique. En revanche nous sommes de plus en plus entassés et nous prenons des transports en commun à haut risque. Que conclure ? Probablement que la densification humaine est le nœud du problème, pas la « gastronomie » chinoise. La solution est donc dans une décompression des humains. Quand la goutte d’eau fait déborder le verre, ce qui est important c’est le verre plein, pas la goutte.

Bullocrate : Un grand penseur a dit: « Comment faire pour enrichir le pays ? – Mettez la pilule en vente dans les monoprix… » Pour le monde c’est pareil. Une pilule et trois masques par jour pendant un an.

Citoyen étonné : Savez-vous au moins que les épidémies humaines sont apparues avec l’agriculture? Et oui, c’est le regroupement des humains qui a favorisé les épidémies ! C’est quoi le projet ?Bouffer du sable dans le désert à moins d’un humain par km 2 ? Parce que si le projet est de ramener la population, humaine à moins d’un milliard de personnes, cap franchi au début du XIXème, on peut aussi bien laisser une épidémie le faire non?

Stépanov : Bref, au vu de notre démesure, nous sommes définitivement trop nombreux…

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

« The Human Tide » (la marée humaine)

Dans « The Human Tide » (la marée humaine), le britannique Paul Morland se veut anti-malthusien : « Thomas Malthus, avec son Essai sur le principe de la population (1798), explique que toute croissance démographique débouche sur une pénurie de nourriture. Mais la révolution industrielle a changé tout ça, permettant d’échapper à ce « piège malthusien ». Avec les exportations et les importations, la société anglaise a été la première à réussir, de manière massive, à dissocier la taille de son territoire et sa capacité à nourrir sa population, échappant aux contraintes physiques que venait d’identifier Malthus. L’Angleterre est devenue l’atelier du monde. De 1700 au début de la Première Guerre mondiale, la population britannique est passée de la moitié de celle de la France à environ 15 % de plus. Et l’explosion de sa population lui a aussi permis de peupler son empire. Malthus s’est totalement trompé. D’un côté, nous avons réussi à doper les rendements de la planète, en introduisant des bateaux ou le train, et en développant la technologie agricole. Les « limites naturelles » théorisées par Malthus ont ainsi été abolies grâce à l’inventivité humaine qui a multiplié et globalisé les ressources. Et d’un autre côté, nous avons réduit les taux de fécondité, en dissociant la sexualité de la reproduction. Les taux baissent partout, même au Yémen ou en Afghanistan. Un État comme le Rwanda a fait des progrès matériels indéniables. Le Nigeria aussi. Avec plus de personnes éduquées, qui ont un accès Internet, on sera bien meilleur pour trouver des solutions. Que les gens en Italie ou en Suède arrêtent de faire des enfants n’est en tout cas pas le remède… Je suis optimiste : la technologie nous aidera à alimenter 11 milliards de personnes, ce qui sera le pic avant un déclin inéluctable. »

Quelques réactions justifiées :

Quelle bêtise : La technologie améliore un peu les rendements, mais ne fournit jamais aucune des ressources fossiles nécessaires qui, toutes, sont en raréfaction inéluctable. Croire que la technologie pourra outrepasser les lois de la thermodynamique relève du délire.

Arrêtons les dégâts : Sa foi technologique confine à une véritable religion. On pourra nourrir facilement 11 milliards d’individus ! Quelle merveille. Pas un mot sur la destruction déjà bien entamée de toutes les autres espèces animales et végétales qui disparaîtront totalement avec 11 milliards d’habitants. Dans quel enfer vivra toute cette population se marchant sur les pieds !

Folie Scientiste : Paul Morland est un chercheur en… démographie ! Il ne connaît pas grand-chose à l’écologie, encore moins en biologie et sans doute très peu en technologie. Sa foi dans la science tient plus de l’idée religieuse que d’une connaissance effective de la nature des choses. Avec 7 milliards d’humains, la biosphère entre déjà en dévastation ; avec 11 milliards il n’en restera plus rien.

C’est ça… : Quand on en sera à s’entre-tuer pour une flaque d’eau même pas potable, on m’expliquera ce que la « technologie » fera pour nous. Mais bon, si c’est un « chercheur » qui le dit…

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Serge Latouche et la question démographique

Serge Latouche : Le mouvement de la décroissance est né comme protestation contre l’imposture du développement durable, cet oxymore qui mettait tout le monde d’accord en noyant la contradiction entre la croissance et les limites de la planète. Il convenait de dénoncer en premier lieu l’illimitation du paradigme économique dans le productivisme et le consumérisme. La crise écologique vient d’abord de cette illimitation. L’illimitation démographique, trop souvent instrumentalisée par ceux qui ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause l’économie de croissance est seconde. On ne s’attaque pas assez à l’instrumentalisation faite de Malthus par ceux qui comme le Medef, ne veulent entendre parler que de décroissance démographique pour ne pas avoir à remettre en cause la société de croissance. Le problème, c’est d’abord qu’il y a trop d’autos, plutôt que trop d’hommes (même si chaque auto suppose un automobiliste…), que les Américains consomment trop plutôt que les Chinois soient trop nombreux, (ce qui ne veut pas dire qu’ils ne le soient pas…).

Biosphere : Cette logique argumentative est incompréhensible, il est affirmé sans preuve que la démographie est seconde pour en tirer la conclusion que la démographie est en effet seconde. Serge Latouche faisait la même figure rhétorique dans son « Que sais-je ? » sur la décroissance, l’affirmation valant démonstration d’une hiérarchie entre aspect économique (surconsommation) et aspect démographique (surpopulation). Or dans l’équation IPAT ou Kaya, il ne peut y avoir hiérarchie, tous les déterminants de l’équation sont des multiples les uns des autres. Une analyse complémentaire montre qu’il s’agit souvent de causalité circulaire entre deux phénomènes, du type « on est pauvre, donc on fait beaucoup d’enfants, donc on reste pauvre, donc, etc ». Du point de vue écologique, plutôt que l’idée de causalités multiples qui fragmentent le réel, mieux vaut la conception d’interrelations, le fait que d’un point de vue systémique les besoins ressentis par une personne sont étroitement reliés au nombre de personnes concernées, ce qui fait comme conséquence globale aujourd’hui à la fois la surconsommation ET la surpopulation. Comme l’exprime Serge Latouche en aparté, « chaque auto suppose un automobiliste »… mais il n’en tire pas la conséquence première !

D’autre part dans ses propos, on part d’une déconsidération du discours adverse, faisant ainsi un procès d’intention : « l’illimitation démographique, trop souvent instrumentalisée par ceux (le Medef entre autres) qui ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause l’économie de croissance ». Cela fait penser à cette autre fin de non recevoir courante, quand le message déplaît, on tue le messager pour ne pas l’écouter. En d’autres termes, puisque les malthusiens sont des méchants qui veulent ignorer la dimension économique, ils ne peuvent qu’être écartés. Or tous les malthusiens sérieux, Yves Cochet, Pablo Servigne, Alain Gras, Alain Hervé, Didier Barthès, etc, envisagent à la fois décroissance démographique ET décroissance économique ; ils ont d’ailleurs participé au livre collectif « Moins nombreux, plus heureux ». Par contre des décroissants du type Vincent Cheynet (rédacteur en chef du mensuel La Décroissance) ne parlent que de décroissance économique et se refusent absolument à envisager la décroissance démographique. On pourrait donc retourner facilement cet argument : puisque ces gens-là ne veulent rien entendre de la nécessité de remettre en cause la fécondité humaine, alors leur point de vue ne peut qu’être second et nous pourrions alors affirmer que la décroissance démographique est première. Pourtant nous n’allons pas en tirer cette conclusion ; le discours de Cheynet, Clémentin ou Wittmann du genre « Tenir des propos malthusianistes permet simplement de refuser de changer notre mode de vie », ne vaut pas condamnation de tous les décroissants dont les points de vue sont multiples et souvent contradictoires.

Serge Latouche : Les spécialistes soulignent que jusqu’à maintenant le problème ne vient pas tant d’une insuffisance de la production, que du mode de répartition. Selon les statistiques, le gaspillage incroyable des riches pourrait nourrir à suffisance tous les affamés. Techniquement, si l’on en croit, l’agronome, Marc Dufumier, et l’ancien rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, l’agriculture biologique et la permaculture permettraient de nourrir les 10 ou 12 Milliards d’individus attendus pour la fin du siècle, ce que ne pourrait faire l’agriculture productiviste basée sur le pétrole.

Biosphere : L’agronome Marc Dufumier est obsédé par sa spécialisation, l’agriculture, il ne peut comprendre que l’alimentation et la population sont les deux faces d’une même médaille. Il dit : «  Pas d’inquiétude, on peut largement nourrir 10 milliards de personnes avec une agriculture intelligente et durable. Si aujourd’hui 820 millions de personnes ont faim, et si un milliard souffrent de carences alimentaires, cela n’a rien à voir avec un manque de nourriture, mais avec les écarts de revenus. Pour nourrir convenablement une personne, il faut environ 200 kilos de céréales (ou équivalents) par an. La production mondiale est d’environ 330 kilos aujourd’hui. Cherchez l’erreur… Si des pauvres des favelas brésiliennes ont faim, c’est parce que le pays exporte son maïs et son soja vers les pays occidentaux pour nourrir nos cochons ou pour fabriquer des agrocarburants et donner à boire à nos voitures. En réduisant la viande, ce sont autant de terres agricoles destinées à l’élevage qui deviennent disponibles pour nourrir des êtres humains. » On arrête de manger de la viande et on peut nourrir 10 milliards d’humains ! On partage un peu plus et on peut nourrir 20 milliards !! On… et on peut nourrir… X milliards !!! Quel est l’intérêt de nous multiplier ? Marc Dufumier ne voit-il pas que c’est une course sans fin entre prolifération humaine et déperdition des possibilités nourricières de la terre. Il faut en effet considérer que l’agriculture intensive, course aux rendement, engrais, irrigation ont abouti à un affaiblissement considérable de la productivité : on ne peut lutter indéfiniment contre la loi des rendements décroissants des sols comme l’avait déjà signalé Malthus en 1798. De plus, si on ne s’attaque pas au problème démographique et à la regrettable nécessité d’étendre notre emprise spatiale agricole pour nourrir toujours plus d’humains, nous laisserons encore moins de place au reste des êtres vivants. Il est urgent de rappeler que cette planète n’est pas peuplée uniquement par des humains, nous devons apprendre à laisser de la place à la nature sauvage et à la biodiversité. A force de se centrer sur l’espoir d’une agricultrice « verte », ce qui ne change d’ailleurs rien à l’industrialisation forcée des paysans et à leur exode, on aura ce que Malthus craignait, la famine, les guerres, les épidémies… déjà présentes dans bien des parties du monde.

Serge Latouche : Toutefois, si tout est discutable dans le détail, l’ensemble du malthusianisme n’en demeure pas moins vrai ; à savoir, qu’il est absurde de penser « qu’un territoire limité peut nourrir une population illimitée». Si ce n’est aujourd’hui ou demain, Malthus finira toujours par avoir raison après-demain. La vérité de bon sens qu’il a très habilement formulé dans son modèle opposant la progression arithmétique de la production agricole à la progression géométrique de la population « naturelle » s’imposera nécessairement. Ce principe simple est incontournable. Ma position correspond à celle des principaux théoriciens de la décroissance est que, si une croissance économique infinie est incompatible avec une planète finie, il en va aussi de même pour la croissance de la population. La question démographique est seconde en théorie, mais cela ne signifie pas qu’en pratique elle soit secondaire. Loin de là. Même si les Burkinabés produisent peu et consomment peu, leur multiplication pose problème : la disponibilité en terre, la déforestation, la pression foncière dans les centres urbains, la dégradation des infrastructures, etc. et finalement la diminution de la qualité de vie pour eux et pour les autres, s’ils émigrent à l’étranger.

Biosphere : Latouche exprimait lui-même dans sa  parenthèse sa propre contraction : « Le problème, c’est que les Américains consomment trop plutôt que les Chinois soient trop nombreux, (ce qui ne veut pas dire qu’ils ne le soient pas…). » Où est la limite, où se trouve la capacité de charge de la planète et de chaque territoire ? Le calcul de l’empreinte écologique montre que nous avons déjà dépassé la limite, c’est le jour du dépassement… On ne peut qu’être en accord avec lui, la loi de Malthus ne pourra être que vérifié dans les faits.

Serge Latouche : La question démographique doit être prise très au sérieux, mais en évitant de dramatiser à outrance. En dépit des menaces de toutes natures, ni la solution écologique, ni la solution à la surpopulation ne peuvent se mettre en place du jour au lendemain et encore moins par oukase.

Biosphere : A force de dédramatiser, on accroît les menaces puisque cela incite à ne pas faire grand chose. De toute façon nous sommes d’accord : il est aussi difficile de lutter contre la consommation que de maîtriser la fécondité humaine. Sans compter que la technostructure nous impose de plus en plus des mécanismes énergétiquement coûteux et voués à l’obsolescence accélérée. Bientôt le choc pétrolier ultime, bien avant la forte montée des eaux ? En attendant, pratiquons la sobriété volontaire, faisons moins de gosses et évitons Internet…

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Un monde déjà surpeuplé dans les années 1970

Un article du 20 juillet 2020 compile ce qu’il croit être des agressions contre le courant malthusien. Les citations qui émaillent ce pamphlet méritent d’être connues, à chacun d’en tirer les conclusions qui s’imposent  :

« Les riches semblent disposer d’un mystérieux engin appelé eudémomètre, appareil qui permettrait de mesurer le bonheur ; leur appréciation est en fait basée sur les statistiques relatives au revenu. À partir de là, les riches estiment que la vie des pauvres n’a pas de sens parce qu’ils ont un faible revenu ; il faut donc – disent-ils – empêcher les pauvres d’avoir des enfants. La vie des pauvres vaudrait la peine si ces pauvres avaient accès au plaisir et à la richesse qui y ouvre la voie ».  (le père Michel Schooyans, professeur à l’Université catholique de Louvain in Tribune médicale en 1970)

« De nouvelles définitions légales de la vie et de la mort sont nécessaires si l’on ne veut pas que l’explosion démographique pose un problème de qualité autant que de quantité. Par exemple, on pourrait envisager une nouvelle définition légale de la naissance, en repoussant la date de deux jours après la délivrance. Cela permettrait d’examiner les nouveau-nés qui ne sont pas des êtres humains au vrai sens du terme et d’administrer l’euthanasie à ceux qui sont nés avec une difformité, quelle qu’elle soit. » (Francis Crick, prix Nobel de médecine 1962 in Tribune médicale en 1970)

« Le contrôle de la natalité apparaît comme un substitut au développement économique et au changement social. Il est clair que le problème concerne les pauvres, car c’est eux qui se reproduisent le plus au niveau international, avec les pays sous-développés, et au niveau national, avec les classes marginales. Les riches internationaux et nationaux qui forment une même classe, n’ont pas de problème démographique. Ils ont le problème de conserver leurs privilèges dans un monde où la multiplication des pauvres menace l’existence de l’ordre établi ». (1974, E. S. Calderon)

« Au 31 décembre 1974, 80 millions de convives supplémentaires chercheront au “banquet de la vie” au moins un tabouret à défaut d’une bonne place où recueillir quelques miettes. Ces nouveaux venus ne sont pas toujours les bienvenus. (…) Le Niger, Haïti, l’Inde ou le Congo accroissent chaque année la population du monde de quelques millions de misérables qui n’auront pas assez de nuits pour maudire le jour qui les a vus naître. L’espérance de vie ne se chiffre pas seulement en quantité mais en qualité. (…) Les riches, au contraire, ont depuis longtemps appliqué volontairement une politique de restriction des naissances. Ils n’en partagent pas pour autant leurs richesses. Mais, après tout, au nom de quelle justice ? On ne voit pas pourquoi les parents des uns trinqueraient pour les enfants des autres ». (Dominique Jame lors de la Conférence mondiale de la Population à Bucarest, 19 au 30 août 1974)

« Si le législateur refusait au médecin les moyens légaux de remplir sa tâche, toute sa tâche, la marée démographique ne pourrait être endiguée. Il doit être aussi bien compris que l’œuvre ne devra pas être circonscrite à tel ou tel pays hautement développé. Le problème démographique doit être également résolu dans les pays sous-développés. Sans doute les moyens d’application devront-ils varier. (…) Mais leur généralisation est d’autant plus indispensable que les pays sous-développés sont justement ceux où le taux de natalité est le plus élevé. »  (Jean Corneloup le 9 mars 1974, colloque organisé par le Grand Orient de France sur le thème « Avortement, contraception, la parole est aux femmes »)

« La société moderne, par une meilleure connaissance de tous les domaines de la santé, a fait disparaître la sélection naturelle. On peut penser que sans freins, cette société moderne sera un jour capable de faire “vivre” définitivement les individus la composant. Mais alors se pose un problème social, conséquence lui-même d’un problème économique. Déjà les économistes estiment trop lourdes les charges financières de santé : jusqu’au point de devenir insupportables à la société. Dans ces circonstances, l’homme est appelé à faire des choix, choix ô combien difficiles ou souvent cruels ! entre les sommes que l’on pourra consacrer au maintien de la vie et celles nécessaires aux conditions de la vie. Sachant qu’il est utopique de pouvoir laisser vivre à n’importe quel prix chaque individu, sera-t-il moral de consacrer des sommes considérables à vouloir faire naître des monstres, alors que ces mêmes sommes auraient permis de soigner et de guérir de nombreux enfants “pleinement humains” ? ».  (Claude Peyret, catholique, médecin et député gaulliste, 1974)

« Le contrôle de la population est nécessaire pour maintenir l’activité normale des intérêts commerciaux américains dans le monde entier. Sans notre effort pour aider les pays dans leur développement économique et social, le monde se révolterait contre la forte présence commerciale des Etats-Unis. L’intérêt propre est un impératif. Si l’explosion démographique se poursuit sans qu’on la brise, cela causerait des situations économiques si terribles que des révolutions s’ensuivraient. Et les révolutions sont rarement bénéfiques aux intérêts des Etats-Unis ». (Jeremy Campbell, directeur du bureau américain de la population, 1977)

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Produire ou se reproduire, il faut choisir !

Depuis 1970 l’Homme vit à crédit sur la planète. Le Jour du dépassement,1er août en 2019, marquant le fait que nous avons dépassé à ce moment de 1,7 fois les ressources renouvelables de la planète, nous puisons dans le capital naturel. Il a été calculé que si le train de vie occidental se généralisait, on consommerait chaque année l’équivalent de près de 3,5 planètes. On voit ainsi se dessiner un “triangle des incompatibilités” ou trilemme, entre la préservation durable de l’environnement, le niveau de vie et la population mondiale. Deux objectifs peuvent être atteints, mais au détriment du troisième. Si la préservation durable de la Terre et de ses espèces est nécessaire pour perpétuer l’espèce humaine, elle ne pourra se faire qu’en diminuant la population ou en réduisant le niveau de consommation. Produire ou se reproduire, il faut choisir ! Compte tenu du refus de la classe globale de toute décroissance, on peut imaginer qu’une diminution drastique du niveau de vie (une division par cinq semble nécessaire) serait insupportable. C’est pourquoi la seule piste qui semble praticable est de réduire la population mondiale dans un facteur trois, revenir à 2,5 milliards de personnes. L’économie circulaire, recyclage des matières et des déchets, n’est que la bonne conscience qui permet de justifier la continuation du consumérisme à outrance. Toute production de biens a un impact écologique et l’unique façon de moins polluer est de moins consommer en étant moins nombreux. 

Une prise de conscience suivie d’actions mondiales à base de fortes incitations doit être entreprise d’urgence, notamment en Afrique, qui concentrera la moitié de l’augmentation mondiale. Certains hurleront au néocolonialisme, à l’impérialisme, à l’eugénisme, à la dictature. Mais au Niger par exemple, la natalité à plus de sept enfants par femme va doubler le nombre d’habitants d’ici 15 ans seulement, à 40 millions d’habitants et, si rien n’est fait, jusqu’à 100 millions à la fin du siècle alors que ce pays a des terres arables limitées à sa frange sud, a fortiori fragilisées par la désertification. Le président du Niger, Mahamadou Issoufou s’inquiète régulièrement de la démographie galopante et le ministère du Plan indique à juste titre que le développement du pays ne pourra se faire que si elle est jugulée, toute la croissance -fragile au demeurant- étant “mangée” par celle-ci. Il faut combattre le discours nataliste des Églises et de l’Islam : le respect de la vie ne saurait s’étendre au vivant non avenu que sont les enfants non encore conçus. Au niveau politique il faut assumer les mesures restrictives sans pour autant crier à la “dictature écologique” ; ce n’est pas la liberté des gens qui est atteinte, mais leurs habitudes et modes de pensée dans le rapport à l’avenir qu’exprime le fait d’avoir des enfants. Il s’agit de le faire évoluer par une prise de conscience pour répondre à l’urgence. Au-delà de mesures de moyen-terme tel que l’éducation à la contraception, la scolarisation et l’éducation des jeunes filles, telles qu’Emmanuel Macron en a rappelé l’importance pour l’Afrique au sommet du G7 de Hambourg en 2017, la politique de l’enfant unique doit être réentreprise en ayant prouvé son efficacité pour limiter les naissances. Il est essentiel que cette politique ne s’applique pas qu’aux pays en développement dans la mesure où la question de la surpopulation est globale. Il convient de questionner les politiques familiales que nous connaissons en Occident, particulièrement les allocations familiales croissantes en fonction du nombre d’enfants. Inversement, dans la mesure où l’enfant est logiquement perçu comme une assurance-vieillesse dans les pays en développement dénués de soutien collectif aux personnes âgées, il faut les aider à instaurer rapidement des régimes vieillesse permettant une prise en charge minimale. Des incitations financières et matérielles significatives versées aux familles peu nombreuses et aux personnes âgées, et inversement des pénalités, peuvent être conçues.

Force est de constater qu’aujourd’hui le discours sur l’écologie est traité “sectoriellement”, chacun se battant pour sa (juste) cause : disparition des animaux sauvages, plastiques, chemtrails, glyphosate, neurotoxiques, abeilles, nucléaire, pollution de l’air et des eaux, pollution lumineuse, artificialisation des sols, déforestation, traitement “inhumain” du bétail d’élevage, eutrophisation, acidification et médusification des océans… autant d’avatars en réalité de la surpopulation. De ceci, les écologistes sincères en sont désormais bien conscients.

Maxime De Blasi 

PS : « trilemme de la Terre », ou « trilemme 3E » est un terme utilisé par des scientifiques œuvrant dans les domaines de l’énergie et de protection de l’environnement. Le trilemme réunit les trois E (économie, énergie, environnement). « Le développement économique (E : économie) se fait par l’accroissement des dépenses énergétiques (E : énergie), ce qui entraîne des enjeux environnementaux (E : environnement) par l’émission de polluants.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

18/12, Journée internationale des migrants

La Journée internationale des migrants le 18 décembre 2020 est l’occasion de dissiper les préjugés et de sensibiliser l’opinion à leurs contributions dans les domaines économique, culturel et social, au profit tant de leur pays d’origine que de leur pays de destination. Mêlés à des éléments d’imprévisibilité, d’urgence et de complexité, les défis et les difficultés des migrations internationales exigent une coopération renforcée et une action collective entre les pays et les régions. En 2019, le nombre de migrants dans le monde était d’environ 272 millions de personnes, soit 51 millions de plus qu’en 2010.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), est une agence intergouvernementale basée à Genève en Suisse qui se situait en dehors du système des Nations unies jusqu’à la signature de l’accord faisant de l’OIM une organisation liée aux Nations unies le 19 septembre 2016. A cette date, les Nations Unies ont adopté la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants, au titre de laquelle les Etats membres se sont engagés à élaborer un pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières et à la réduction des migrations forcées et irrégulières. L’un des principaux défis qui se poseront au pacte mondial sera de concilier les intérêts des pays d’origine et de destination en matière de politique et de gouvernance des migrations. Notons que le Pacte mondial n’est encore qu’une vision élaborée par l’OIM.

Voici un résumé du communiqué de presse d’EELV : « Les principes fondateurs de notre République. Liberté, Égalité et Fraternité·Sororité doivent être les boussoles d’une gestion de crise qui ne laisse personne de côté.Dans le contexte sanitaire actuel, maintenir sciemment les étrangers et étrangères “sans-papiers” dans la précarité administrative est indigne de notre pays.Les écologistes renouvellent leur demande formulée lors du premier confinement de fermer les centres de rétention administrative. Il est inacceptable qu’en France, une personne, quelle que soit sa nationalité et son statut administratif, n’ait accès à un hébergement qui garantisse sa dignité. Du pacte européen sur l’asile et la migration, à l’entrave à la distribution de repas à Calais, en passant par les annonces présidentielles sur l’immigration illégale, force est de constater que ce gouvernement s’enfonce toujours plus dans une approche autoritaire et unilatérale de la politique migratoire. »

Submergés par nous-mêmes, la surpopulation

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte). Voici une recension de ce livre sur le site des JNE (journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie) :

« Derrière ce titre volontairement provocateur se cache un ouvrage très sérieux qui fait le point sur les liens entre surpopulation et crise écologique. Dès les premières pages, l’auteur nous raconte de quelle façon il s’est passionné dès la fin des années 60 pour ce sujet trop souvent ignoré ou minimisé par les écologistes. Avec quelques exceptions notables, à commencer par René Dumont, qui fit en 1974 de la démographie mondiale l’un des axes majeurs de sa campagne présidentielle (co-initiée par les JNE). Michel Sourrouille, qui fut longtemps enseignant, expose ensuite avec un grand sens de la pédagogie l’impact de la surpopulation sur le ravitaillement alimentaire, la santé (épidémies), la biodiversité, les ressources ou encore le réchauffement climatique.

Un chapitre très documenté est consacré à la vie et à l’œuvre de Malthus « lanceur d’alerte dès 1798 », et aux réactions suscitées par ses thèses qui, aux yeux de Michel Sourrouille, sont plus que jamais d’actualité. L’auteur se penche ensuite sur les obstacles qui contrecarrent les efforts en faveur de politiques de limitation de la natalité, comme bien sûr la position de l’église catholique, mais aussi les offensives des « antimalthusiens de gauche ». Mais des signes positifs sont aussi à signaler, tel que l’appel contre le réchauffement climatique lancé en 2017 par plus de 15 000 scientifiques, qui insiste sur la nécessité d’une « maîtrise de la fécondité ». Dans une dernière partie, Michel Sourrouille nous présente des solutions, tant au niveau individuel que sur les plans associatif et politique, pour s’attaquer au défi démographique tout en luttant contre les autres menaces (climat, biodiversité…). En conclusion, il nous appelle à « construire ensemble un nouvel imaginaire », « peuplé de moins d’enfants et de beaucoup plus de nature ».

La préface de ce livre est signée Didier Barthès, porte-parole de l’association Démographie Responsable. Les droits d’auteur sont intégralement reversés à cette association, dont Michel Sourrouille est un militant actif. A noter aussi, une riche bibliographie commentée, et un utile lexique. »
(Laurent Samuel, JNE)

Arrêtons de faire des gosses ! Comment la surpopulation nous mène à notre perte par Michel Sourrouille (JNE)

Synthèse sur le flux migratoire en France

A/ Economie. L’apport de l’immigration à l’économie française est controversé. L’idée centrale qui milite dans le sens d’un apport positif est que les immigrés sont essentiellement des actifs en termes de classes d’âge, que leur population compte relativement moins d’enfants et moins de personnes âgées que le reste de la population. Ils contribueraient ainsi à équilibrer nos finances publiques et nos comptes sociaux, travaillant plus et générant moins de dépenses d’éducation et de santé, moins de pensions de retraite. Ce calcul est sans doute pertinent s’il s’applique à une immigration constituée de travailleurs hommes, laissant leur famille – femmes, enfants, parents – dans leur pays d’origine et y retournant eux-mêmes à l’âge de la retraite, comme cela a été le cas pendant une vingtaine d’années de 1955 à 1975.

Cependant, à cette immigration de « travail » s’est substituée à partir de la seconde moitié des années 1970 une immigration de « peuplement », principalement fondée sur le regroupement familial. Aujourd’hui, il est difficile de faire la part des choses, d’autant que les études économiques sont souvent moins faites pour connaître la réalité d’une situation que pour corroborer un positionnement politique déjà arrêté avant qu’elles soient effectuées. Il y a donc ceux qui pensent que les immigrés sont les principaux bénéficiaires nets des transferts sociaux en même temps que les principaux acteurs de l’économie informelle, souvent délictueuse. Ceux qui se félicitent qu’ils occupent des emplois dans des activités et à des niveaux que les Français d’origine ont tendance à déserter. Ceux enfin qui se plaignent (ou se réjouissent, mais alors sans le dire) de la pression vers le bas qu’ils exercent sur les salaires. Le discours officiel, qu’il soit français ou européen, ne varie pas. Ainsi celui de Mme Johansson, commissaire européenne aux affaires intérieures, devant le Sénat le 5 novembre 2020 : « Nous avons besoin de ces personnes. »

B/ Religion, intégration
. Le ministère de l’intérieur ne fournit aucune statistique sur la religion des immigrés, ceux-ci n’étant pas appelés à fournir ce type d’information lors deleur arrivée en France, même si l’appartenance religieuse peut être prise en considération dans l’examen au fond des dossiers de demande d’asile (en raison des persécutions qu’elle a pu engendrer dans le pays d’origine). Cependant, compte tenu de la répartition des pays de l’immigration et des religions qui y prévalent, il paraît raisonnable de considérer que 80 % au moins des personnes concernées sont, pratiquantes ou non, de religion musulmane. L’immigration contribue ainsi majoritairement, la conversion étant résiduelle, à l’islamisation de la société française. La religion musulmane regroupe désormais 6 millions de personnes en France, ce qui représente environ 9 % de l’ensemble de la population2. Sa progression peut se mesurer à la proportion de prénoms arabo-musulmans attribués à la naissance dans les registres de l’état civil en France : de moins de 1 % dans les années 1960, elle est aujourd’hui de 18,5 % sur l’ensemble du territoire3 et de 40 % en Seine-Saint Denis.

A la différence des immigrations italienne, polonaise, espagnole ou portugaise du siècle dernier, l’assimilation, culturelle au moins, ne fonctionne pas ou fonctionne peu : les prénoms arabo-musulmans sont encore donnés à la troisième, voire à la quatrième génération, y compris dans les couples mixtes. La manifestation extérieure de l’appartenance religieuse, chez les femmes notamment par le port du voile, est également en progression. La sécularisation de la religion musulmane recule.

(fiche réalisée par Gilles Lacan)

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Maîtrise de la fécondité ou impasse évolutive

Recension du livre « Démographie, l’impasse évolutive (des clefs pour de nouvelles relations Homme-Nature ) » 

Ce livre tranche avec la démagogie et l’autosatisfaction des politiques de tous bords qui considèrent comme tabou la question démographique. Et si tous les maux actuels de la Terre, pauvreté, catastrophes naturelles, réchauffement climatique, raréfaction des matières premières, effondrement de la biodiversité…, avaient une cause originelle commune ? Et si ce dénominateur commun était aussi l’un des seuls leviers sur lequel il est encore possible d’agir pour atténuer les conséquences graves des crises environnementales et humaines qui ne manqueront pas d’émailler le 21ème siècle ? Après avoir décrit « l’impasse évolutive » dans laquelle l’humanité s’est engagée depuis des siècles, Jean-Michel FAVROT propose dans son livre une nouvelle vision de l’Humanité, de son rôle, de sa place.

Après un constat détaillé de l’ensemble des problématiques environnementales, l’auteur détaille l’état de nos consommations et montre que celles-ci sont proportionnelles à la population humaine. Ce livre s’interroge sur la motivation des individus face à leurs choix reproductifs, insistant sur le caractère individuel des décisions à prendre, dans un cadre nécessairement démocratique. De nombreux peuples montrent l’exemple d’une démographie maîtrisée, la Corée, les habitants de Shangaï et de Addis-Abeba, bien en avance sur nous du point de vue conscience individuelle et collective. Le cas de Addis-Abeba en Éthiopie montre que lorsque l’on donne aux peuples la capacité économique et culturelle de choisir, ils abandonnent aussitôt leur « tabou » pour opter pour une démographie raisonnable.

Les consommations sont aujourd’hui totalement excessives que ce soit du point de vue de l’épuisement des ressources naturelles notamment minérales, des rejets de polluants, des agressions contre la biodiversité. Le constat est d’autant plus inquiétant que seule une petite minorité, dont la majorité des citoyens des pays « riches », accède à un niveau de vie décent. Offrir à tous les hommes, femmes, et enfants de la planète un niveau de vie juste raisonnable, objectif moralement, éthiquement incontournable, conduirait à un dérèglement définitif des conditions de vie sur terre, pour l’Humanité et pour la biodiversité. Cependant, nous ne pouvons renoncer à cet objectif, d’une part par humanisme, mais aussi parce que la maîtrise mondiale de la démographie passe par la satisfaction de besoins indispensables pour offrir à tous les jeunes une chance égale d’accès à la maîtrise de leur reproduction, à travers un libre accès à la santé, notamment la santé reproductive. Ne pas imaginer un meilleur partage au niveau mondial revient à abandonner tout espoir de maîtrise de la démographie galopante, source de nos principaux malheurs. Nous devons donc résoudre l’équation suivante : réduire nos consommations individuelle et collectives dans les pays riches, y compris en réduisant drastiquement notre propre démographie car nous sommes les principaux responsables du réchauffement, et aider les pays défavorisés à maîtriser leur démographie, car ils formeront la masse des consommateurs de demain, tout en gérant au mieux la phase transitoire pour éviter une implosion de nos écosystèmes et de nos démocraties.

La modélisation montre à l’évidence l’origine « mécanique » incontournable de l’inertie démographique. Loin de nous conduire à baisser les bras, ce retard entre la baisse de fécondité et l’effet sur la population totale, doit nous inciter à prendre très vite les décisions qui s’imposent avant que nous nous mettions en situation de subir un emballement climatique incontrôlable, que nous épuisions les ressources minérales et énergétiques, que nous ruinions pour des millénaires ce qu’il reste de la biodiversité. La modélisation témoigne que la baisse drastique de la fécondité est un des principaux espoirs de limitation du changement climatique, pour autant que nous agissions rapidement. Il s’en suit une vision des solutions énergétiques à privilégier temporairement en attendant la décrue démographique. Aucune « solution » n’est durable sans décroissance massive à la fois des consommations individuelles dans les pays riches et de la démographie partout sur Terre.  Les « solutions « technologiques », de par leur caractère peu productif d’énergie à l’hectare, conduisent à un mitage insupportable des milieux naturels ruinant le fonctionnement naturel des écosystèmes. De nombreuses « solutions miracles » auront pour effet d’accélérer l’épuisement des ressources naturelles, notamment minérales.

Le livre appelle chacun à la responsabilité individuelle pour se limiter, homme ou femme, à un seul enfant au cours de sa vie, à opposer un droit de grève démographique à quiconque ferait pression pour pousser au deuxième ou pire au troisième enfant. La maîtrise de sa propre descendance est de loin l’acte le plus fort que nous pouvons faire pour limiter le risque d’effondrement. Jean-Michel FAVROT montre que, tout en reconnaissant le caractère indispensable des efforts individuels, la solution ne peut pas venir uniquement de la multiplication de petits pas. Il appelle à une philosophie moins anthropocentrée, et même à une nouvelle Constitution dont le préambule serait le respect par les hommes de la Libre Evolution Naturelle. L’Evolution Naturelle garantit à tous les êtres vivants le droit de vivre, de se développer dans un environnement sain, dans des espaces préservés que nous pourrions libérer au fil de la réduction de la population humaine. La restauration des services écosystémiques qui en découlerait serait la meilleure garantie d’une vie durable et hautement désirable pour l’Humanité, où nous pourrions à nouveau rêver au bord de la rivière, écouter le vent dans les feuilles du tremble, regarder les truites moucher, le caloptéryx miroiter d’éclats métalliques, admirer le chant du loriot et son plumage d’or, observer du chevreuil autre chose qu’une croupe affolée.

Pour se procurer ce livre, le plus simple est de suivre ce lien : https://www.bod.fr/librairie/demographie-limpasse-evolutive-jean-michel-favrot-9782322264858

Conseil de lecture complémentaire: « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Démographie, un « non-sujet » politique ?

Voici un échange sur la question démographique qui a eu lieu réellement au sein d’un parti écologiste. Entre Sylvain et Michel, où se situe la vérité ?

Sylvain : La démographie n’est pas un tabou, c’est un non-sujet (donc à ne pas traiter politiquement). Il y a d’abord un problème d’éducation/émancipation des femmes.

Michel : Il est incontournable pour un parti écologiste de prendre position sur la démographie car le poids du nombre d’humains sur la planète est devenu excessif. D’ailleurs parler de libération de la femme, c’est déjà faire de la politique démographique. Les femmes n’ayant pas été scolarisées ont en moyenne 4,5 enfants, 3 après quelques années à l’école primaire, 1,9 avec une ou deux années de cycle secondaire. L’éducation permet aux filles d’explorer d’autres aspects de la vie que celui de la maternité.

Sylvain : Il y a ensuite un problème de répartition des richesses.

Michel : Aucun écologiste même malthusien ne peut dénier la question des inégalités, la sobriété doit être partagée. Il ne faut pas avoir une pensée binaire, blanc ou noir. Agir contre la surpopulation humaine est tout à fait complémentaire de l’action économique. Le problème c’est qu’autant la maîtrise de la fécondité est un objectif difficile à atteindre, autant le partage de richesses est un paradigme revendiqué depuis Karl Marx et jamais résolu. Le système croissanciste a même accru les inégalités mondiales au lieu de les réduire. Un parti écologiste se doit de proposer un revenu maximal autorisé.

Sylvain : En aucun cas EELV ne peut laisser entendre que le problème écologique viendrait des autres, que ce soit des pauvres, des étrangers ou je ne sais quel bouc-émissaire qui permettrait à un riche conservateur occidental qui refuse sa part de responsabilité de se croire exonéré de prendre part à l’effort collectif sous prétexte qu’il y aurait une autre solution, un autre problème, ailleurs.

Michel : Aucun écologiste digne de ce nom ne se réfugie derrière des boucs émissaires ; laissons ce type d’attitude à l’extrême droite (c’est la faute des immigrés) et à l’extrême gauche (c’est la faute des riches). Devant l’extrême gravité des menaces qu’entraînent à la fois la surconsommation et la surpopulation, nous devons modifier profondément notre mode de vie quand on est un privilégié (sachant qu’un OS en France est privilégié par rapport à un pauvre des pays pauvres). Et comme l’exprimait notre représentant René Dumont lors de la présidentielle 1974 : « Si nous nous multiplions inconsidérément, le phosphore nécessaire à l’agriculture manquerait bientôt. Il faut réagir contre la surpopulation. En Inde surpeuplée certes, mais surtout chez les riches : 500 fois plus d’énergie consommée par tête à ne York que chez le paysan indien. Ce qui remet en cause toutes les formes d’encouragement à la natalité, chez nous en France. » Dumont à cette époque liait explicitement malthusianisme et lutte contre la pauvreté. A bientôt 10 milliards de personnes sur notre globe, c’est d’autant plus d’actualité. Un parti écologiste se devrait de dénoncer la politique nataliste du gouvernement français.

Sylvain : Il n’y a pas scientifiquement, de démonstration faite sur la surpopulation de manière absolue.

Michel : Si des gens meurent de faim au niveau mondial, c’est bien un des signes qu’il y a surpopulation. Si nous sommes perpétuellement dans des conflits armés, c’est bien un des signes qu’il y a surpopulation. Si on s’entasse dans des bidonvilles un peu partout sur la planète, c’est bien qu’il y a surpopulation. S’il y a réchauffement climatique, c’est bien parce qu’il y a trop de conducteurs d’automobiles. S’il y a baisse de la biodiversité, c’est bien parce que la surpopulation humaine prend les territoires des autres espèces. Etc.Bien entendu cela n’empêche pas que le niveau économique joue aussi son rôle, c’est bien montré par les interrelations de la formule IPAT (l’impact environnemental I est le produit de trois facteurs : la taille de la Population (P), les consommations de biens et de services ou niveau de vie (A pour « Affluence » en anglais) et les Technologies T utilisées pour la production des biens) et l’équation de Kaya (CO2 = (CO2 : TEP) x (TEP : PIB) x (PIB : POP) x POP. Quant aux scientifiques, surtout les biologistes, ils nous avertissent depuis de nombreuses années qu’une explosion démographique dans un milieu confiné ne peut aboutir qu’au désastre. Pour l’humanité, la planète est devenu une boîte de Petri. Mais c’est vrai Sylvain, nos facultés d’adaptation sont telles que nous pouvons survivre (et non vivre) même dans le dénuement le plus absolu.

Sylvain : La surpopulation, c’est toujours un rapport relatif entre la population et la capacité de production.

Michel : Il est en effet nécessaire de relativiser le poids du nombre. C’est ce que faisait Malthus en 1798, montrant que dans des conditions naturelles la fécondité humaine suivait une progression géométrique (exponentielle) alors que les ressources alimentaires, à cause des rendements décroissants en agriculture, ne progressaient que de façon arithmétique (linéaire). Malthus peut donc être considéré comme un précurseur de l’écologie puisqu’il mettait en relation le nombre d’humains et les possibilités de production de son écosystème. Aujourd’hui il n’y a pas que la production alimentaire qui pose problème. C’est ce que montre l’analyse utilisée pour nourrir de chiffres le rapport de 1972 sur les limites de la croissance. Le raisonnement paraît imparable : « Notre modèle d’analyse des systèmes traite cinq tendances fondamentales : l’industrialisation, la population, l’alimentation, les ressources naturelles non renouvelables et la pollution. Les interactions sont permanentes. Ainsi la population plafonne si la nourriture manque, la croissance des investissements implique l’utilisation de ressources naturelles, l’utilisation de ces ressources engendre des déchets polluants et la pollution interfère à la fois avec l’expansion démographique et la production alimentaire. » Plus récemment le calcul de l’empreinte écologique a montré que notre activité humaine dépassait notablement les capacités de la planète et que nous sommes obligés de puiser dans le capital naturel au détriment des générations futures. En novembre 2017, plus de 15 000 scientifiques de 184 pays proposaient un ensemble de 13 mesures pour faire face à l’urgence écologique dont celle-ci : « Déterminer à long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement défendable tout en s’assurant le soutien des pays et des responsables mondiaux pour atteindre cet objectif vital. » C’est une demande que devrait relayer publiquement des présidentiables écolos.

Sylvain : La faim dans la monde est toujours la conséquence de l’inégale répartition des richesse. Nous sommes, mondialement, en surproduction, nous gaspillons nos ressources et c’est bien notre mode de vie, à nous les occidentaux, qui en est responsable. Et qui doit changer.

Michel : Bien entendu on ne peut qu’être d’accord avec ces constats de Sylvain en enlevant le mot « toujours » puisque tout est relatif. Mais plus nous sommes nombreux, plus il est difficile de mettre en œuvre une égale répartition des richesses. Pour lutter contre les inégalités, les bonnes intentions qui se contentent de désigner l’objectif ne suffisent pas. Pour une sobriété partagée nous devrions baisser fortement notre niveau de vie. Un militant d’un mouvement écologiste se doit donc de montrer personnellement l’exemple de la sobriété. Que répondrait un parti écolo à cette proposition ?

Sylvain : La question de la démographie se posera peut-être un jour, aux générations futures, après que les autres leviers auront été actionnés. Si nous échouons à changer de civilisation. Mais nous, il nous appartient d’actionner les autres leviers (éducation, répartition des richesses, post-croissance).

Michel : je ne sais pas si Sylvain a conscience que sa phrase veut dire que c’est aux générations futures d’assumer les conséquences de notre imprévoyance puisque, selon lui, il ne faut traiter qu’une partie des problèmes. Après nous la fournaise ? Or nous écologistes nous œuvrons aussi pour le long terme, pour atténuer les conséquences funestes de la société thermo-industrielle. Il nous faut actionner tous les leviers, comportements individuels, actions associatives, politique électorale. Et ce dans tous les domaines. Si Sylvain ne veut pas agir sur le plan malthusien, libre à lui, mais qu’il ne dise pas qu’n parti écolo ne doit pas aborder la question démographique car ce serait un « non sujet », donc hors sujet.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

La sobriété ne suffit pas vu notre nombre

Autrefois on se déplaçait à pied, à dos d’âne, à cheval, en voiture à cheval, en bateau à voile et on communiquait à distance par courrier qui mettait un temps fou pour arriver au destinataire. Les gens allaient se distraire au spectacle quand ils en avaient les moyens. Les pauvres mangeaient peu et avaient froid en hiver.  Les riches mangeaient beaucoup et en hiver ils se rapprochaient du feu de la cheminée qui consommait énormément de bois. Les riches comme les pauvres succombaient quand ils étaient atteints de maladies graves. Aujourd’hui, la plupart du temps, ils survivent, et ils se déplacent à pied, en vélo, en voiture, en métro, en train, en bateau, en avion et ils communiquent à distance par internet, par téléphone, par radio, et par télévision. Ils appuient sur un bouton pour chauffer leur habitation.

Nos aspirations semblent à peu près les mêmes que celles des anciens. S’habiller, se déplacer, se chauffer, se nourrir, se distraire au spectacle ou entre amis, se soigner. Simplement les moyens ont changé parce que nous sommes des primates à très gros cerveau qui finissent toujours par trouver des solutions pour satisfaire leurs aspirations et leurs besoins pour aller plus vite et plus loin. Malheureusement cela ne peut se faire que par des industries qui polluent l’air, l’eau, la terre et  stérilisent de grands espaces. On parviendra à moins polluer, et c’est déjà le cas dans une certaine mesure. Mais on ne guérira pas notre Terre malade d’une humanité devenue pléthorique, uniquement en incitant les humains à mener une vie plus sobre. En un siècle et demi, grâce notamment au progrès de la médecine, les hommes sont tout simplement devenus beaucoup trop nombreux. La population mondiale a été multipliée par 10 environ dans ce laps de temps et par 35 si on compare à la population évaluée au temps du Christ.

C’est bien d’être sobre (et je pense que je le suis), mais le résultat risque d’être bien maigre. A mon sens la mesure phare en matière d’écologie est de clamer haut et fort que la courbe démographique mondiale doit se stabiliser au plus vite, puis s’inverser pour que la population humaine globale diminue. Nous vivons un raz-de-marée humain. Et le drame est bien là.  Toutes les autres dispositions réclamées par les écologistes (dont je suis) sont évidemment bonnes : agriculture biologique, protection des habitats naturels, recyclage des déchets, lutte contre la pollution, etc. Mais je suis étonné que la question démographique soit presque toujours passée sous silence. Il faut parler de cela et il  existe d’ailleurs une association dont c’est précisément le sujet. Il s’agit de l’ Association pour une démographie responsable.

Philippe Dupont, auteur de plusieurs livres, entre autres  « Le livre des animaux sauvages » et « Les gardiens de la vie sauvage »…

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

L’équation de KAYA à la conférence climat

Plutôt que de diplomatie internationale sans effet sur le climat, la prochaine conférence sur le climat devrait expliquer à la population que tout est relié, que les politiques ne peuvent rien si la population refuse la taxe carbone, que la décroissance du niveau de vie est nécessaire et qu’il faudrait même parler de maîtrise de la fécondité humaine. Une manière simple d’expliquer ces interrelations complexes, c’est l’équation de Kaya que tous les citoyens devraient connaître. Elle met en relation le poids de l’activité humaine dans ses différentes composantes et son influence sur les émissions de gaz à effet de serre :

CO2 = (CO2 : TEP) x (TEP : PIB) x (PIB : POP) x POP => CO2
(CO2 : TEP) : contenu carbone d’une unité d’énergie (qui peut s’exprimer en TEP, tonnes d’équivalent pétrole)
Cela correspond à un choix de ressources naturelles, charbon ou gaz, électricité, énergie renouvelable ou non, nucléaire
(TEP : PIB) : quantité d’énergie requise à la création d’une unité monétaire (qui peut correspondre au PIB)
C’est l’intensité énergétique de l’économie ou inverse de l’efficacité énergétique (qui serait PIB : TEP)
(PIB : POP) : production par personne ou niveau de vie moyen
POP : nombre d’habitants.

Tout est interdépendant, on ne peut agir sur un des termes sans considérer ce qui se passe ailleurs.
– Si on divise par 3 les émissions de gaz à effet de serre, il faut aussi que l’ensemble des autres éléments soit divisés par trois. Peu importe mathématiquement ce qui est réduit.
Cette division par 3 au niveau mondial est une approximation liée à un seuil (politiquement décidé) de 2°C de réchauffement. Les dernières indications scientifiques montrent qu’il ne faudrait pas dépasser le seuil de 1,5°C d’ici 2050, soit une division par 4 (c’est-à-dire – 75%). Ce facteur 4 était envisagé par la premier ministre Raffarin dès 2003.

– La tendance moyenne d’augmentation démographique est de 30 % d’ici 2050, soit un peu plus de 9 milliards d’habitants. Il faudrait donc diviser les autres indicateurs par 4, ce qui veut dire par beaucoup plus que 4 pour les pays les plus émetteurs. On mesure les efforts à demander à la population, gigantesque, sachant qu’on ne peut avoir du succès à court terme sur l’évolution démographique étant donné son inertie.

– Avec l’hypothèse d’une croissance annuelle moyenne du PIB de 2 % sur 40 ans, il y une multiplication des richesses produites de 2,2. Notons que 2,3 % a été atteint en 2012 et 2013, et le score est encore à 2,9 % en 2018. La population selon les tendances prévues devrait être multipliée par 1,33. Il faudrait donc diviser les autres indicateurs par 9. Or le « contenu en gaz carbonique de l’énergie » a juste diminué de 10 % sur les 40 dernières années. D’autre part le découplage entre TEP et PIB se heurte à l’effet rebond.

Jean-Marc Jancovici : « Quand Bush a annoncé qu’il allait diminuer l’intensité énergétique de l’économie américaine de 18% en 10 ans, il est facile de voir que cela ne porte que sur l’un des termes de cette égalité (TEP/PIB). Et le reste ? Si la production économique par personne (PIB/POP) augmente de 25% dans le même temps (ce qui représente une croissance de 2,5% par an, soit un objectif conservateur pour n’importe quel gouvernement), avec une population (POP) qui augmente de quelques % dans le même temps (simple prolongation des tendances aux USA), et un contenu en carbone qui reste constant (assertion raisonnable compte tenu des tendances actuelles aux USA), le résultat sera une hausse des émissions de CO2, pas une diminution ! »

CONCUSION : étant donné ce qui précède, on est voué à une décroissance économique (récession, voir dépression) ET démographique (épidémies, guerres et famine) forcée qu’il s’agit politiquement de maîtriser le mieux possible. Il est donc politiquement absurde d’ignorer la variable démographique et le concept de décroissance économique lors de la COP26. La solution au réchauffement climatique passe obligatoirement par ces deux axes. Mais jusqu’à présent la variable démographique est le tabou dont il ne faut pas parler, lire sur notre blog biosphere :

22 décembre 2005, La Surpopulation, absente des résultats de la COP21

17 novembre 2015, la question démographique, un tabou

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Un suicide écologique dans l’indifférence

L’Inde compte 1,3 milliard d’habitants dont la moitié a moins de 25 ans. Le taux de croissance de la population est de 1,0 % en 2018, ce qui semble faible. En fait il s’agit toujours d’une croissance exponentielle, un doublement tous les 70 ans. L’inde est le deuxième pays le plus peuplé au monde après la Chine et devrait devenir le plus peuplé vers 2025. Dans un pays pauvre et surpeuplé, les pollutions deviennent insupportables. Ce pays, comme le reste du monde, a suivi le modèle historique consistant à s’approprier d’abord les ressources des communautés locales et à les utiliser à des fins d’extraction forestières ou minières. Au fil des ans, ce choix a provoqué une dégradation à caractère endémique. C’est un suicide écologique, Gandhi n’a pas été écouté :

l’Inde, entre Gandhi et l’absurde croissance

Mardi 10 novembre 2020, un pic de 1 021 microgrammes de particules fines par mètre cube d’air, 40 fois les normes de l’OMS, a été atteint. Cette dégradation hivernale concerne tout le nord de l’Inde, soit le quart de la population indienne. En 2019, le ministre de la santé, lors d’un pic historique, avait benoîtement prôné de manger des carottes, quand son collègue de l’environnement avait conseillé d’entamer la journée en musique, niant tout lien entre pollution et santé. La dernière trouvaille  du chef du gouvernement de Delhi: une campagne pour inciter les automobilistes à couper les moteurs aux feux rouges. La pollution n’affecte pas seulement l’air, elle a contaminé l’eau et les sols. Le Gange, ou la Yamuna, qui traverse Delhi, sont d’immondes cloaques, où les industries, comme les particuliers, déversent leurs rebuts. L’agriculture intensive du riz et du blé a contaminé durablement les sols de pesticides et d’engrais chimiques. La presse quotidienne consacre chaque jour des pages entières à la pollution, mais, faute de politique publique et d’éducation à l’environnement, la grande majorité des Indiens ignorent le risque. Non seulement tout est jeté ou brûlé, mais encore il n’est pas possible d’en discuter : même avec des personnes cultivées, le silence se fait, pas de réponse, quand on évoque le problème… et le premier ministre Narendra Modi brille par son inertie, soucieux de privilégier les seuls impératifs économiques.Ces derniers mois, pour relancer l’économie, mise à genou par le confinement, le premier ministre a considérablement allégé les contraintes environnementales, mettant aux enchères des mines de charbon, l’énergie fossile la plus polluante, allégeant ou supprimant les études d’impact et les consultations publiques préalables aux projets industriels. La crise sanitaire risque d’amplifier encore la crise écologique. C’est un suicide écologique !

L’Inde sera submergée par la Covid-19

Il arrive un moment où un pays doit sérieusement prendre à bras le corps la question de la démographie. 1,3 milliards d’individus en Inde, et sans parler du Pakistan, du Bangladesh… et chaque individu espère élever son niveau de vie, ce qui est synonyme de prélèvements encore plus importants des ressources naturelles, source de pollutions multiples et variées. C’est insoutenable. L’histoire est écrite d’avance, nous ne voyons pas comment cette région du monde pourra échapper à une catastrophe écologique et sociale avec une telle pression anthropique sur son environnement. L’effet de masse de la démographie humaine sur l’environnement est le problème central. En Inde, ne pas friner l’expansion démographique, c’est un suicide écologique…

L’Inde, une surpopulation par condensation urbaine

Aujourd’hui en Inde, le mouvement écologique est surtout entre les mains de groupes communautaires répartis sur l’ensemble du pays. Partout où des terres sont spoliées pour l’agriculture intensive, pour s’accaparer l’eau, pour extraire toujours plus de minerais, des personnes luttent, parfois jusqu’à la mort, pour mettre un terme à la dégradation de leurs terres. La violence est présente. Le désespoir aussi. L’impasse est totale.