démographie

Olivier Rey, un anti-malthusien paradoxal

Nos sociétés complexes fonctionnent par simplification pour pouvoir s’y retrouver encore. On élabore un langage commun même s’il est complètement idiot du moment que cela fait la croyance du moment. Dans les années 1970, on condamnait la hausse exponentielle de la population, aujourd’hui on condamne unanimement la baisse de fécondité bien qu’on ait dépassé plus de 8 milliards d’humains. Olivier Rey est un exemple typique du retournement possible des discours ambiants.

Olivier Rey en 2014 : Une question de taille

(extraits) Tout est question de taille, le livre d’ Olivier Rey le démontre abondamment. Par exemple en matière démographique. Dans son introduction, il cite Claude Lévi-Strauss : « Quand je suis né (en 1908), il y avait sur la terre un milliard et demi d’habitants. Après mes études, quand je suis entré dans la vie professionnelle, 2 milliards. Il y en a 6 aujourd’hui (en 2002), 8 ou 9 demain. Ce n’est plus le monde que j’ai connu, aimé, ou que je peux concevoir. C’est pour moi un monde inconcevable. On nous dit qu’il y aura un palier, suivi d’une redescente, vers 2050. Je veux bien. Mais les dégâts causés dans l’intervalle ne seront jamais rattrapés. »

Olivier Rey connaît tous les intellectuels qui comptent, il les analyse tout au cours de son livre : Ernest Schumacher (Small is beautiful), Ivan Illich, Leopold Kohr, etc.

La thèse centrale de l’ouvrage de Leopold Kohr, The Breakdown of Nations (1957) est remarquablement simple : « Il semble qu’il n’y ait qu’une seule cause derrière toutes les formes de misère sociale : la taille excessive. Partout où quelque chose ne va pas, quelque chose est trop gros. » La mise en cause de la taille excessive s’applique en premier lieu à la taille des sociétés humaines. « Pour paraphraser le principe de population de Malthus, les problèmes sociaux ont la tendance malheureuse à croître exponentiellement avec la taille de l’organisme qui les porte, tandis que la capacité des hommes à y faire face, si tant est qu’elle puisse augmenter, croit seulement linéairement. Ce qui veut dire que si une société dépasse la taille optimale, les problèmes qu’elle rencontre doivent croître plus vite que les moyens humains qui seraient nécessaires pour les traiter. » Une population n’a guère besoin de dépasser le nombre de 10 000 ou 20 000 à en juger par les cités-Etats de Grèce, d’Italie ou d’Allemagne..

Sa conclusion : Curieusement, plus il y a d’hommes sur la terre, moins la réflexion semble tenir compte de l’influence exercée par le nombre sur les comportements. A partir du XIXe siècle, on a l’impression qu’il n’y eut plus guère que les utopistes pour comprendre qu’une organisation est solidaire d’une échelle. Cette négligence envers le caractère essentiel du nombre est stupéfiante, y compris chez les sociologues, qui auraient pourtant dû s’estimer concernés au premier chef.

Olivier Rey en 2025 : La débâcle de la natalité

(extraits) Un phénomène est en cours : une baisse spectaculaire de l’indice synthétique de fécondité qui, d’après les prévisions, devrait, d’ici le milieu du siècle, tomber en dessous de ce qui assure le renouvellement des générations. La diminution de la fécondité a d’ores et déjà atteint, dans les pays dits développés, des niveaux si bas que la survie des peuples concernés est en question. L’effondrement du taux de natalité dans nombre de pays n’est pas la traduction d’une sagesse, qui inciterait à faire décroître la population mondiale pour modérer les atteintes que les activités humaines portent à la nature, mais une manifestation de nihilisme. Catastrophiques sont, en revanche, les taux de fécondité actuels : 1,12 pour l’Espagne, 1,2 pour la Pologne, 1,21 pour l’Italie, 1,38 pour l’Union européenne dans son ensemble. La France qui, dans ce marasme, s’en sortait à peu près, voit à son tour son taux de fécondité plonger (1,66 en 2023). Non pas la baisse, mais l’écroulement de la population que de tels taux induisent est un cataclysme. Le développement tel qu’il a été conçu et mis en œuvre depuis plus de deux siècles révèle sa dimension anéantissante. Les êtres humains ont régressé jusqu’à voir s’étioler en eux la faculté essentielle pour tout vivant, qui est de transmettre la vie. L’économie devrait être au service de la vie : qu’elle en vienne à entraver sa transmission est une perversion caractérisée.

Solution proposée pour combler les béances : une immigration massive en provenance de régions du monde moins avancées dans le processus de réduction de la natalité. Mais les ressortissants de pays pauvres qui souhaitent s’installer en Europe ne le font pas pour vivre aussi frugalement que dans leur pays d’origine, mais pour consommer à l’européenne et inclure leur parenté dans la spirale de la consommation : remplacer ses enfants par des migrants n’améliore donc en rien l’état de la planète. Il est aussi question de biodiversité à préserver. Là encore, il est étrange de limiter son souci de la diversité du vivant aux espèces végétales et animales, et de ne pas y inclure les cultures humaines – en tout cas pas les cultures européennes. La diversité des nations n’est pas à abolir, elle est un don précieux à préserver et faire fructifier ; et il faut, pour cela, que les peuples liés à ces nations continuent d’exister. Les individus peuvent circuler entre les nations, les peuples ne sont pas substituables les uns aux autres.

Source : LA NEF n°386 Décembre 2025

BONUS, le texte complet sur la débâcle de la natalité

https://lanef.net/2025/12/12/la-debacle-de-la-natalite/

Paul Valéry disait que « deux dangers ne cessent de menacer le monde : l’ordre et le désordre ». Sur ce modèle nous pourrions dire : deux dangers ne cessent de menacer la population humaine : le trop ou le trop peu. On connaît les paroles que le Seigneur a adressées à l’homme et à la femme : « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre. » Quand les êtres humains n’étaient que deux, la multiplication était certes à recommander ! Cela étant, le Seigneur a dit « emplissez la terre », non « suremplissez-la ». Comme en toute chose, une mesure est à respecter.

Au cours des dernières décennies, c’est le danger de la surpopulation qui a été mis en avant, avec pour exemple paradigmatique le livre du biologiste Paul Ehrlich intitulé La Bombe P, publié en 1968. Le développement industriel, amorcé à la fin du XVIIIe siècle, a profondément modifié les équilibres traditionnels, notamment le régime démographique. La baisse rapide de la mortalité, combinée au maintien pendant un certain temps de taux de natalité élevés, a entraîné une augmentation sans précédent de la population humaine, d’abord en Europe, puis sur les autres continents de manière plus explosive encore. Ainsi la population mondiale est-elle passée d’environ un milliard et demi d’individus, en 1900, à plus de huit milliards aujourd’hui, et continue d’augmenter.

Cela étant, un autre phénomène est en cours : une baisse spectaculaire de l’indice synthétique de fécondité qui, d’après les prévisions, devrait, d’ici le milieu du siècle, tomber en dessous de ce qui assure le renouvellement des générations. Ces tendances générales recouvrent d’immenses disparités entre les différentes régions du monde. Si la diminution de la fécondité s’observe à peu près partout, celle-ci a d’ores et déjà atteint, dans les pays dits développés, des niveaux si bas que la survie des peuples concernés est en question, tandis que d’autres régions du monde voient encore leur population croître, en particulier en Afrique dont, d’ici la fin du siècle, plus d’un habitant de la terre sur trois devrait être originaire.

Souvent, le bien et le mal ne tiennent pas à l’essence d’un phénomène, mais à son ampleur. On pourrait même dire : c’est la plupart du temps à tort que l’on sépare qualitatif et quantitatif, comme si les ordres de grandeur quantitatifs n’étaient pas eux-mêmes des qualités. Ainsi, il n’y a aucun sens à juger bonne ou mauvaise la croissance ou la décroissance d’une population, indépendamment des circonstances et, plus encore, de la vitesse à laquelle elles s’effectuent. L’explosion démographique qu’a entraînée en maintes régions du monde le processus de modernisation est moins un indice d’extraordinaire vitalité que le signe d’un dérèglement, que le brusque accroissement de la population est venu à son tour aggraver. De même, l’effondrement du taux de natalité dans nombre de pays n’est pas la traduction d’une sagesse, qui inciterait à faire décroître la population mondiale pour modérer les atteintes que les activités humaines portent à la nature, mais une manifestation de nihilisme.

Catastrophiques taux de fécondité

Les pays européens étaient, il y a deux siècles, bien plus légèrement peuplés qu’ils ne le sont aujourd’hui, et une baisse tempérée de leur population ne serait en rien une catastrophe. Catastrophiques sont, en revanche, les taux de fécondité actuels : 1,12 pour l’Espagne, 1,2 pour la Pologne, 1,21 pour l’Italie, 1,38 pour l’Union européenne dans son ensemble. La France qui, dans ce marasme, s’en sortait à peu près, voit à son tour son taux de fécondité plonger (1,66 en 2023). Non pas la baisse, mais l’écroulement de la population que de tels taux induisent est un cataclysme. Solution proposée pour combler les béances : une immigration massive en provenance de régions du monde moins avancées dans le processus de réduction de la natalité. Les verts se réjouissent, à double titre : la pénurie d’enfants en Europe doit à la fois diminuer l’empreinte écologique humaine, et permettre de mieux accueillir les candidats à l’immigration. Le calcul est étrange. Les ressortissants de pays pauvres qui souhaitent s’installer en Europe ne le font pas pour vivre aussi frugalement que dans leur pays d’origine, mais pour consommer à l’européenne et inclure leur parenté dans la spirale de la consommation : remplacer ses enfants par des migrants n’améliore donc en rien l’état de la planète (la fortune du mot planète, qui désigne la terre comme un corps céleste parmi d’autres, vu de l’extérieur, est emblématique de la pensée déracinée qui prétend aujourd’hui se préoccuper de la nature).

Il est aussi question de biodiversité à préserver. Là encore, il est étrange de limiter son souci de la diversité du vivant aux espèces végétales et animales, et de ne pas y inclure les cultures humaines – en tout cas pas les cultures européennes. Aux velléités des hommes de se réunir en une seule grande masse indifférenciée, le Seigneur opposa la dispersion de Babel. Plus tard, il dit à Abraham : « Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité. » L’élection d’Israël ne relègue pas les autres nations à un statut subalterne – elle signifie qu’à travers Israël, toutes les nations sont élues à leur manière propre. La diversité des nations n’est pas à abolir, elle est un don précieux à préserver et faire fructifier ; et il faut, pour cela, que les peuples liés à ces nations continuent d’exister. Les individus peuvent circuler entre les nations, les peuples ne sont pas substituables les uns aux autres.

Le fait que, dans un premier temps, le « développement » a entraîné une explosion démographique, a eu un effet trompeur. En réalité, ce n’était pas le développement qui était le moteur du phénomène, mais la propension traditionnelle à avoir des enfants qui, transitoirement, s’est maintenue au sein du processus de modernisation qui lui était hostile. Quand, au fur et à mesure que le processus se déploie, l’héritage d’époques antérieures s’évapore, le développement tel qu’il a été conçu et mis en œuvre depuis plus de deux siècles révèle sa dimension anéantissante. Hans Jonas se demandait si l’évacuation de la transcendance, corrélative au projet moderne, n’avait pas été « l’erreur la plus colossale de l’histoire ». De fait, si les êtres humains ont progressé en s’ouvrant à la transcendance, ils régressent en s’y fermant, jusqu’à voir s’étioler en eux la faculté essentielle pour tout vivant, qui est de transmettre la vie.

Pareil étiolement a de multiples causes. Parmi elles on peut citer l’économisme, l’individualisme et l’utilitarisme. Du point de vue économique, les enfants sont une mauvaise affaire : dans un monde qui met au centre de ses préoccupations le pouvoir d’achat, les enfants, par les dépenses contraintes qu’ils occasionnent, réduisent la liberté de consommer. Du point de vue individualiste, les enfants sont également à éviter : par les soins qu’ils réclament et les soucis qu’ils donnent, ils diminuent le temps et l’énergie disponibles pour l’épanouissement personnel. Par ailleurs, l’utilitarisme qui, dans ses premières formulations, se proposait de maximiser le bonheur sur terre, ne semble plus songer qu’à minimiser la souffrance. Or, dans un monde incertain, le meilleur moyen d’épargner la souffrance à de nouveaux êtres n’est-il pas de ne pas les faire naître ?

La famille ringardisée

Tous ces arguments ne sont valables qu’à l’intérieur d’un cadre de pensée qui, lui, ne l’est pas. L’économie devrait être au service de la vie : qu’elle en vienne à entraver sa transmission est une perversion caractérisée. L’épanouissement d’une fleur prépare la fructification : l’épanouissement sans autre horizon que lui-même est lui aussi une perversion. Quant au souci de minimiser la souffrance, il finit par s’opposer à la vie, qui expose à souffrir, et s’achève en pur nihilisme.

La débâcle de la natalité dans tous les pays développés montre que les difficultés à y accueillir les enfants sont bien réelles. Cela étant, l’éducation des nouvelles générations par celles qui les précèdent a de tout temps constitué la plus grande entreprise humaine, et les difficultés spécifiques au temps présent ne sont finalement qu’écume par rapport aux difficultés de toujours. La modernité a ringardisé la famille, par rapport aux êtres qui mènent une vie aventureuse. Il serait temps de réaliser que les défis dont notre époque se gargarise sont ringards comparés au fait de mettre au monde et d’élever des enfants. « On croit généralement que c’est le célibataire, homme sans famille qui est un homme de fortune(s), un aventurier, qui court des aventures. C’est le père de famille au contraire, c’est l’homme de famille qui est un aventurier, qui court non pas seulement des aventures, mais une seule, mais une grande, mais une immense, mais une totale aventure ; l’aventure la plus terrible, la plus constamment tragique ; dont la vie même est une aventure, le tissu même de la vie, la toile bise, le pain quotidien » (2).

Olivier Rey

(1) Olivier Rey, Défécondité. Ses raisons, sa déraison, Tracts/Gallimard n°71, 2025, 60 pages, 3,90 €.
(2) Charles Péguy,
Dialogue de l’histoire et de l’âme charnelle, in Œuvres en prose complètes, 3 vol., Gallimard, « la Pléiade », 1987-1992, t. III, p. 663.

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La gauche face aux problèmes de l’immigration

Nommée le 24 septembre 2025 porte-parole du Parti social-démocrate suédois sur l’intégration – poste resté vacant depuis 2010 –, Lawen Redar, fille d’immigrés et députée depuis 2014, a sillonné la Suède et ses banlieues pendant deux ans. Sa mission : élaborer une politique capable de répondre à l’immense défi posé par les 180 quartiers sensibles recensés dans le royaume scandinave, minés par la précarité et souvent la criminalité organisée, où vivent 700 000 personnes, dont 170 000 enfants, majoritairement d’origine étrangère. Les sociaux-démocrates ne comptent pas essuyer un nouvel échec face à l’extrême droite ; ils plaident désormais pour une politique migratoire restrictive et des conditions d’intégration strictes pour les immigrés.

Lawen Redar :  « Je suis née de parents kurdes et j’ai grandi en Suède. Si j’ai rejoint le mouvement jeune du parti à 13 ans, c’était pour combattre le développement des inégalités. L’époque était alors bien différente. Quand j’avais 1 an, en 1990, 200 000 personnes nées hors d’Europe vivaient en Suède. Aujourd’hui, c’est 1,2 million. Certains nous accusent de courir après les Démocrates de Suède [l’extrême droite, qui a obtenu 20,5 % des suffrages en 2022]. D’autres, au contraire, sont contents que les sociaux-démocrates sortent enfin la tête du sable. Pour ma part, je pense qu’il est difficile de trouver des solutions si on ne dit pas les choses clairement. Aucun autre pays européen n’a connu une telle transformation démographique en aussi peu de temps à cause de l’immigration. Les sociaux-démocrates adaptent leur politique non pas parce qu’on imite les partis d’extrême droite, mais parce que la réalité a changé. La politique migratoire devra être restrictive pour faire face aux défis posés par l’intégration. Historiquement, c’est la droite qui a voulu mener une politique d’immigration libérale, pour des raisons idéologiques, dans le but de presser les salaires à la baisse. Quant à l’extrême droite, elle ne croit pas à l’intégration. L’intégration commence par le travail ; nous ne pouvons pas, en tant que nation avec un Etat-providence, fonctionner avec un chômage et une passivité élevés. L’apprentissage de la langue ne sera plus une option, de même que le respect des valeurs démocratiques  comme l’égalité entre les sexes. Entre 40 % et 60 % des demandeurs d’asile se sont retrouvés dans des sociétés parallèles. Une fois leur situation régularisée, 80 % sont restés dans ces quartiers où plus de 50 % de la population adulte ne travaille pas, ce qui en fait un foyer de recrutement incroyable pour les forces destructrices telles que les islamistes radicaux, les gangs criminels ou les trafiquants de drogue. » 

Des commentaires appropriés

– La Suède ne veut plus être une « superpuissance humanitaire » comme l’ancien ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt avait qualifié son pays lors de la crise migratoire en 2015. Près de 163 000 réfugiés, un record en Europe, y avaient alors trouvé refuge.

– La folie suédoise de la « superpuissance humanitaire », précipité par de bons sentiments irresponsables, est désormais un cauchemar .

– L’ espace public en Suède était le plus sûr au monde pour les femmes. Aujourd’hui dans plus de 70% des cas les victimes d’ agression sexuelle ne connaissent pas leur agresseur. Retour des viols de rue.

Significative cette inclinaison chez certains immigrés récents à être restrictifs sur l’immigration. Aujourd’hui une kurde en Suède. Une indienne au Royaume-Uni et un Éthiopien au Danemark… Demain en France, on trouvera bien un(e) originaire d’une ancienne colonie française. « La réalité a changé ».

Si, comme dans les pays nordiques, la gauche française portait un discours réaliste sur l’immigration, son intégration et le droit à la sécurité dans les quartiers populaires, l’extrême-droite française plafonnera à 5% dans les élections …

– Le jour où la gauche aura le courage de regarder en face le problème de l’immigration de masse et ses conséquences diverses sur la vie quotidienne des gens, elle reviendra au pouvoir.

– LFI et les écolos sont irrécupérables. L’équipe PS actuelle ? Ils font la course à la démagogie sur des sujets obsolètes.

– L’immigration ne sera jugulée par aucun parti parce qu’elle ne dépend pas des murs ou des politiques des États mais des guerres ou des inégalités économiques.

– Le dernier entré ferme la porte derrière lui. C’est très raisonnable. Sinon n’importe qui se pointe.

– Quand c’est trop simple… c’est dur à comprendre pour certains.

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IMMIGRATION : un monde sans frontières ?

extraits : Une certaine gauche, plus ou moins écologique, prône l’ouverture sans frontières. Ainsi la motion de la commission Immigration d’ EELV (présentée au Conseil fédéral fin septembre 2018) : « L’Europe ne doit pas être une forteresse, mais au contraire tendre vers l’ouverture des frontières ; La mise en place d’un titre de séjour européenne « résident.e étranger.e » doit permettre la libre circulation et libre installation de personnes étrangères au sein de l’UE ; Sortir de la logique sécuritaire qui régit actuellement les politique migratoires ; La Méditerranée n’est pas destinée à être un cimetière pour les personnes abandonnées au naufrage ; L’aide au développement doit viser à réduire les inégalités, et non à empêcher les migrations….

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La France, un solde naturel négatif !

Pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la France devrait afficher en 2025 un solde naturel négatif, avec un nombre de décès supérieur à celui des naissances. Cet essoufflement aura des effets très importants sur les comptes publics, la soutenabilité du modèle social, le secteur du soin et de la dépendance, dont les besoins vont exploser, et la main-d’œuvre disponible, qui risque de manquer.

édito du MONDE : Début 2024, Emmanuel Macron a évoqué un nécessaire « réarmement démographique ». Si le choix des mots a pu sembler maladroit, l’intention est louable. Il ne faut toutefois pas se faire d’illusions. Les politiques natalistes, même quand elles sont menées dans certains pays de façon autoritaire, peinent à produire les effets escomptés. Faire un enfant relève d’une décision intime dans laquelle une multiplicité de facteurs intervient. Les identifier et tenter d’y répondre est important, mais probablement insuffisant pour réamorcer la dynamique démographique.

Même si les solutions ne sont pas populaires, elles semblent inévitables. Elles passent par une amélioration du taux d’emploi aux deux extrémités de la vie active. Notamment, le pays ne pourra pas faire l’économie d’un ajustement de notre système de retraite par répartition qui, justement, repose entièrement sur la démographie. Si la démographie ne fait pas de politique, les politiques, eux, vont devoir s’intéresser à la démographie, et de façon urgente.

Des points de vue éclairé sur lemonde.fr

Angelina : Pour faire un enfant il existe une condition essentielle : avoir l’espoir que son avenir sera meilleur que celui de ses géniteurs, croire en un progrès social, environnemental, pacifique. C’est pourquoi, si j’étais trentenaire aujourd’hui, j’aurais recours à la stérilisation.

Robert : Continuer à faire beaucoup d’enfants dans un monde où on explose toutes les limites planétaire ne semble pas l’idée du siècle. Mais faire recours à l’immigration pour compenser notre manque de « jeunes actifs » ne semble pas une idée ayant le vent en poupe.

Forza : On crie partout que cette baisse démographique est une horreur. Mais c’est oublié un peu vite, tous ces bienfaits. Moins de pression sur l’environnement, moins de pression sur les ressources, moins de pression sur les services de l’état…etc. En fait le seul problème, c’est nos modèles économiques basés sur une croissance infinie. Et cette recherche n’est matériellement pas possible.

Pat Cartier : Marion Maréchal, qui se projette déjà Ministre de la Famille Française, réclamait récemment en colloque une revalorisation symbolique du statut social des mères. L’idée est — comment dire — baroque : ce n’est pas l’État qui décide du statut et de la considération de quelque groupe que ce soit. Ce n’est pas son rôle.

Olympe G. : Et si au moins le déclin démographique nous dissuadait de faire la guerre ? Mais non, pensez-vous, non seulement nous n’avons plus assez d’enfants, mais le général Machin nous a demandé d’accepter l’idée de sacrifier à brève échéance les jeunes hommes en âge de procréer. Pendant que l’effort de guerre à financer fera que les places de crèche seront encore plus rares et plus coûteuses.

Libertas : La retraite par répartition est un schéma de Ponzi, elle conduit inévitablement à la ruine. Elle fut mise en place en Europe dans les décombres de la guerre et il faut en sortir. Le problème est que cela prendra environ cent ans car nous devons le faire très progressivement. Entre-temps il faut un cocktail de mesures qui comprendront inévitablement une augmentation de la durée du travail.

pierre guillemot : Ce qui était arrivé à l’Empire romain est en train de se passer sous nos yeux. Dans quelques générations, les survivants qui auront déserté les villes sans eau ni supermarchés retrouveront les joies de l’agriculture de subsistance et se grouperont autour du guerrier qui défend la petite communauté contre les autres. Et l’espèce humaine continuera.

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IMMIGRATION : un monde sans frontières ?

Nos articles antérieurs quant à l’immigration  sur ce blog biosphere

(7 octobre 2018) Immigration, l’écologie politique est-elle humaniste 

Une certaine gauche, plus ou moins écologique, prône l’ouverture sans frontières. Ainsi la motion de la commission Immigration d’ EELV (présentée au Conseil fédéral fin septembre 2018)

« L’Europe ne doit pas être une forteresse, mais au contraire tendre vers l’ouverture des frontières ; La mise en place d’un titre de séjour européenne « résident.e étranger.e » doit permettre la libre circulation et libre installation de personnes étrangères au sein de l’UE ; Sortir de la logique sécuritaire qui régit actuellement les politique migratoires ; La Méditerranée n’est pas destinée à être un cimetière pour les personnes abandonnées au naufrage ; L’aide au développement doit viser à réduire les inégalités, et non à empêcher les migrations… »

Bien entendu toutes ces propositions sont un idéal à atteindre, l’utopie se rêve avant d’être réalisé. Mais une écologie mise en acte tient compte des limites, doit gérer le long terme et ne pas s’appuyer sur de faux raisonnements. Prenons point par point l’exposé des motifs de la commission Immigration :

EELV : « Notre position découle d’une vision spécifique à l’écologie politique, celle d’un monde qui forme un tout par-delà le quadrillage national, et dont les parties se doivent d’être solidaires du fait d’un destin inévitablement partagé. »

Biosphere : Bien entendu la biosphère est un espace interdépendant, l’écologie scientifique considère que les parties et le tout sont indissociables au niveau biophysique. Mais les espèces qui constituent le Vivant ont un comportement migratoire qui est propre à leur espèce. Il y a des espèces qui migrent très loin, d’autres qui se contentent d’un territoire très réduit. Le trait commun, c’est l’adaptation à une niche écologique qui permet à chaque espèce de subsister durablement. La spécificité des migrations humaines, c’est qu’elles ont progressivement envahies le territoire de toutes les autres espèces, réduisant leur espace vital dans des proportions le plus souvent insupportables conduisant à l’extinction massive des espèces. Ces migrations ont même entraîné la disparition des autres hominidés, pensons aux Néandertaliens ou à la volonté d’éradication de peuples autochtones. Homo sapiens a historiquement résolu ses problèmes de surpopulation et d’approvisionnements défaillants pas l’invasion du territoire des autres. Or aujourd’hui notre espèce vit sur une planète close et saturée d’humains au point où on a même dépassé la capacité de régénération globale de la planète (cf. l’empreinte écologique).

Dans ce contexte, la tendance que doit prôner l’écologie politique, c’est d’arriver à la concordance entre une population humaine et sa biorégion, son propre écosystème, son Lebensraum (espace vital). Actuellement la définition la plus institutionnalisée de cette obligation de vivre de ses propres ressources est le cadre national ou ethnique (une culture homogène). Échapper à ce cadre, c’est promouvoir des luttes interethniques, conflits souvent meurtriers qui se multiplient actuellement sur toute la surface du globe. Bien entendu l’écologie n’est pas nationaliste en soi, elle dit au contraire que le plus adapté à la durabilité est la constitution de communautés de résilience sur un territoire restreint, alliant l’autonomie alimentaire et énergétique à la décentralisation du pouvoir. L’écologie est pour une relocalisation, pas pour la libre circulation des hommes et des marchandises, idéologie à la base d’un libéralisme économique dévastateur.

EELV : « L’ambition de l’écologie politique est de faire humanité dans un monde commun. »

Biosphere : les mots sont trompeurs, « humanité » est mis à toutes les sauces, entre humanisme et humanitaire. Notons d’ailleurs qu’il s’agit de mettre l’anthropocentrisme au premier plan, ce que critique une écologie digne de son nom. Un « monde commun » est d’une complexité de définition encore plus effrayante : avec qui partager ce monde et quels sont ses contours ? Tant que l’espèce humaine n’aura pas acquis le sens des limites, à commencer par l’adaptation de son niveau de population aux capacités de charge de son milieu, définir un « monde commun » se révélera impossible. L’histoire humaine est une longue litanie de conflits de territoires, d’invasions, de colonialismes, d’impérialisme… Se dire « citoyen du monde » est bien sûr une option pour revendiquer son pacifisme, pas pour justifier les migrations humaines.

EELV : « Le droit à la mobilité de chaque individu est l’horizon vers lequel tendre. »

Biosphere : Prenons la Déclaration universelle des droits de l’Homme qui définit nos droits : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. » Le philosophe Etienne Balibar a souligné le caractère ambigu de ce texte, il manque l’obligation pour tout État d’accepter l’entrée des étrangers ! Balibar estimait à juste titre qu’il existe « un point où la liberté non contrôlée se détruit elle-même ». Le droit à la mobilité est un facteur prépondérant de la dégradation de la biosphère et des relations humaines. Richard Heinberg lie conscience écologique et limitation des migrations : « L’opposition à l’immigration incontrôlée est souvent assimilée à tort à la xénophobie anti-immigrés. Mais dans une perspective écologique, l’immigration n’est pratiquement jamais souhaitable. Lorsqu’elle se fait massivement, elle ne fait que mondialiser le problème de surpopulation. De plus, ce n’est que lorsque les groupes humains se sont enracinés dans une zone particulière, au fil de plusieurs générations, qu’ils développent un sens des limites en termes de ressources. » Or la mobilité humaine est sans précédent. En 2012, nous cumulions déjà 214 millions de migrants internationaux et près de 1 milliard en comptant les migrations internes. Cela s’accompagne nécessairement de perception anxiogène et d’image négative des migrants, de manifestation de xénophobie et d’attitudes discriminatoires. Une attitude politique d’ouverture des frontière sans aucun filtre ne peut que nourrir la percée électorale de l’extrême droite et des partis nationalistes.

EELV : « Droits humains et droits de la nature sont indissociables. »

Biosphere : Notons que le discours d’EELV sur les migrations ne parle jamais de toutes les analyses écologiques que nous venons de faire. Dire que « Droits humains et droits de la nature sont indissociables » n’est donc qu’un discours auto-justificatif sans aucune réalité. Cette soi-disant « écologie politique » est hors sol, même pas utopique, complètement absurde. EELV devrait prendre exemple sur l’association suisse Ecopop (Ecologie et Population) qui s’occupe depuis 1970 de l’impact de la démographie sur la nature et les ressources naturelles. EELV devrait nuancer ses propos sur  les phénomènes d’émigrations et soutenir fortement les mouvements de relocalisation humaine.

(30 mai 2014) migration irrégulière en France, tout n’est pas possible

EELV a un laboratoire des idées, constitué par ses commissions thématiques. Mais, loin de réfléchir à une solution pérenne, la commission immigration d’EELV se contente d’être la courroie de transmission des associations d’aide aux immigrés. Dans ses échanges internes, jamais il n’est question d’écologie et du sens des limites sur une planète close et saturée d’humains. Pourtant Marine Tondelier, membre du BE en charge des commissions, était clair sur le statut de ces commissions : « Il existe au sein du parti des lieux de réflexions et de débats que l’on appelle les commissions thématiques. Elles participent à l’élaboration des orientations du parti… ».

Analysons la Charte des Verts mondiaux adoptée à Canberra en 2001 qui sert de texte fondateur pour l’ensemble des mouvements se réclamant de l’écologie politique. En vertu de ce texte, il est demandé à l’ensemble des adhérent/es d’EELV d’adhérer  au principe suivant  (le 26ème)  : « Le devoir d’accueil et la solidarité active aux réfugiés politiques, économiques et environnementaux. » Il ne s’agit donc pas de libre entrée en France pour les immigrés, il s’agit de prendre en charge les réfugiés dont le statut est reconnu comme tel par les lois en vigueur du pays. Il ne s’agit pas de protéger une Europe forteresse contre des hordes barbares. Il s’agit simplement de reconnaître que tout n’est pas possible, tous les pays filtrent les entrées sur leur territoire.

 L’écologie politique, ce n’est pas déclamer de grands principes, c’est essayer de faire concrètement face à des problèmes complexes qui sont à la fois socio-économiques et écologiques. Une liberté totale de circulation est incompatible avec le fait de viser l’harmonie avec l’ensemble du monde vivant. C’est parce que le principe marchand de « libre circulation » des marchandises a été imposé au monde par les puissances dirigeantes que les sociétés humaines sont complètement déstabilisées. C’est parce que le principe de « libre circulation » des hommes a envahi les écosystèmes de la presque totalité des non-humains qu’il n’y a plus d’harmonie de notre espèce avec le reste du monde vivant.

IMMIGRATION : un monde sans frontières ? Lire la suite »

La question migratoire niée par la gauche

Les travaux portant sur la relation entre démographie et écologie privilégient l’analyse de la baisse de fécondité et du vieillissement de la population. Ces études ont largement ignoré la problématique de la répartition spatiale. Pourtant la croissance démographique d’une population peut s’analyser aussi bien sous l’angle de l’accroissement naturel que de l’évolution du solde migratoire. Mais cet aspect sent le souffre puisque l’arrêt des migrations est une thématique portée par l’extrême droite. Il n’empêche que les migrations sont au centre des relations complexes entre démographie et environnement au même titre que la fécondité.

Comme l’écrivait René Monet : « Les écologistes devraient dire que l’immigration maintient ou accroît la pression humaine sur le milieu naturel dans des pays où, de par le recul de la natalité, cette pression pourrait s’y stabiliser sinon régresser. Ainsi il n’y aura pas de répit. L’homme va continuer à saturer l’espace planétaire à la fois par la croissance démographique et par les transferts de population. »

Philippe Bernard : L’immigration, l’islam et l’insécurité – l’amalgame qui constitue leur fonds de commerce – pèsent lourdement dans les avancées de l’extrême droite. Or la gauche française peine à regarder cette réalité en face. Un sondage IFOP indique que 57 % des musulmans âgés de 15 à 24 ans interrogés jugent que les lois de la République passent après les règles de l’islam. La part des immigrés dans la population française, restée stable dans les années 1970 à 1990, est passée de 7,3 % en 1999 à 11,3 % en 2024.

La difficulté de la gauche à regarder en face les statistiques de l’immigration traduit une forme de déni. Le 18 novembre sur LCI, Raphaël Glucksmann peinait à répondre aux statistiques erronées du Eric Zemmour, militant de la « submersion migratoire ». Il préférait alerter sur la « question de vie ou de mort pour la démocratie française » que pose la possible arrivée au pouvoir de l’extrême droite. Jean-Luc Mélenchon cherche à flatter un « électorat musulman » et les idées sur l’immigration d’Olivier Faure restent à élaborer. Si la gauche veut regagner les classes populaires, elle ne peut plus faire l’impasse sur l’immigration. La question ne saurait se limiter à du « racisme », elle mérite d’être prise au sérieux comme une question sociale. (extraits)

Le point de vue des commentateurs sur lemonde.fr

L’article attire, 480 commentaires entre le 24 novembre à 11h27 et le 23 novembre à 6h28. Cela commence par Jan aimar, « enfin le journal ouvre les yeux devant les 3 i..imi isl.in . ce n’est pas une invention de CNews…c’est la triste réalité de notre pays et aussi de l’Europe.. » et se termine par Olive974 : « Une autocritique du journal le monde sur ce déni ? »

French cancan récolte 274 avis positifs : « Surprenant et tardif réveil du journal le Monde face à ces deux problèmes brûlants que sont effectivement l’immigration et la délinquance dans notre beau pays. La presse bien-pensante et le Service public « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » (TV et radios) font l’impasse depuis des années sur ces deux sujets brûlants qui préoccupent nombre de nos concitoyens, surtout les plus modestes, ceux qui sont en prise directe avec ces problématiques. Les bobos de gauche ont depuis longtemps abandonné ces questions brûlantes aux médias dits « Bolloré » et à l’extrême-droite qui en a fait ces choux-gras. Quant aux hommes politiques de gauche, n’en parlons même pas, eux qui continuent à tourner dans leurs petites cages dorées comme des hamsters et qui font semblant de s’étonner de l’éventuelle arrivée au pouvoir des Le Pen et autres Bardella. »

UnDeuxTroisQuatre résume la situation : «  Le problème de la gauche ? La niaiserie face à l’insécurité La générosité sans contrepartie La gabegie budgétaire La haine de l’entrepreneur Le dégoût de la police C’est grave docteur ? Oui, pour 2027. »

Le point de vue de ce blog biosphere

La problématique des migrations sur une planète close et saturée

Des scientifiques britanniques ont publié en avril 2012 un rapport sur les liens entre population mondiale et préservation de l’environnement2. Selon eux, la croissance de la population mondiale est un sujet à aborder lors de réunions internationales. Car si nous choisissions de ne rien faire, nous serions « entraînés dans un tourbillon de maux économiques, socio-politiques et environnementaux, conduisant à un avenir plus inéquitable et inhospitalier ». Mais il faudrait absolument joindre à la considération de l’accroissement naturel des considérations sur les migrations. Or la XXXIe Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, tenue à Genève fin novembre 2011, s’est contentée d’exprimer sa profonde préoccupation au sujet des souffrances endurées par les migrants. Les sentiments humanistes ne suffisent pas à résoudre les problèmes sociaux alors que les mouvements migratoires explosent.

La mondialisation est devenue inséparable d’une très forte mobilité des populations, qu’elle soit professionnelle, touristique ou forcée, pour des raisons économiques, politiques ou environnementales. Dans le même temps, sur une planète saturée d’hommes, de femmes et d’enfants, le chômage devient structurel dans tous les pays, les difficultés socio-politiques s’accroissent ; les frontières se ferment progressivement aux mouvements migratoires. L’ère de La planète migratoire touche à sa fin. Les lois contre les étrangers se durcissent un peu partout, dans les pays riches comme dans les pays pauvres, aucun espace géographique n’est à l’abri de la construction d’un mur à ses frontières. Des conflits d’espace vital et de ressources découleront encore plus, dans les décennies à venir, la non-acceptation des migrants. La limitation des migrations ne touchera pas seulement les migrants économiques, mais aussi le tourisme de masse. Le plus difficile sera le statut à donner aux éco-réfugiés, nombre qui sera fortement accru par les effets du réchauffement climatique. Cela posera demain un problème peut-être insoluble à l’idée de solidarité humaine. Telle que fonctionne la société actuelle, nous n’anticipons pas politiquement les problèmes, nous les subissons. Là est le vrai scandale.

1/5) la fermeture des frontières, une réalité

Contrairement à la conception commune selon laquelle la mobilité est une constante de la société humaine, nous constatons historiquement qu’il n’y a jamais eu libre circulation des personnes. Partout dans le monde ancien, les peuples donnaient un caractère sacré aux portes de leur territoire, village ou ville : aller au-delà impliquait toutes sortes de précaution. Même le roi de Sparte s’arrêtait à la frontière de la Cité pour y effectuer des sacrifices ; à l’extérieur était le domaine de l’étranger et du combat. Jusqu’au XVIIIe siècle, seule une minorité de personnes se déplaçait : les soldats, les marchands, les aventuriers et les brigands. La masse de la population était peu mobile et le vagabondage proscrit ; on naissait, vivait et mourait dans le même village. Les frontières nationales érigées au XIXe siècle n’ont fait qu’actualiser cette constante humaine, la délimitation d’une appartenance territoriale. Mais le niveau de surpopulation de certains territoires est en lien étroit avec les migrations qui servent d’exutoire. Depuis la colonisation, la mobilité géographique devient une nécessité.

Aujourd’hui, ce ne sont plus quelques conquistadors qui s’aventurent au-delà de mers, ce sont des peuples tout entier. Le dernier rapport de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) indique que la mobilité humaine est sans précédent. Nous cumulons 214 millions de migrants internationaux et près de 1 milliard en comptant les migrations internes (ONU, 2012). Cela s’accompagne de perception anxiogène et d’image négative des migrants, de manifestation de xénophobie et d’attitudes discriminatoires, d’une percée électorale de l’extrême droite et des partis nationalistes. Nous sommes dans une sorte de spirale infernale avec des manifestations de peur, de rejet et de violences un peu partout dans le monde.

Prenons la Déclaration universelle des droits de l’Homme : « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. » Le philosophe Etienne Balibar a souligné le caractère ambigu de ce texte, il manque l’obligation pour tout Etat d’accepter l’entrée des étrangers ! Balibar estimait qu’il existe « un point où la liberté non contrôlée se détruit elle-même. » Fin septembre 2006, le sénat américain a fini par approuver l’installation d’une clôture de 1123 km le long de la frontière du Mexique. En 2005 a été créée par l’Europe une « Agence pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des Etats membres de l’Union européenne ». L’agence s’appelle désormais Frontex. Son budget, doté à sa naissance 6,3 millions d’euros, a été multiplié par quinze en cinq ans. Un règlement du 26 avril 2007 a prévu la mise sur pied d’équipes d’intervention rapide aux frontières, Rapid Border Intervention Teams, RABITs. Les Européens s’efforcent aussi d’arrêter les immigrants avant même qu’ils n’arrivent aux frontières de leur territoire. La puissance politique et économique de l’Union Européenne est employée pour faire de pays comme le Maroc ou la Libye des partenaires coopérant à la délocalisation de la violence, une sorte de déculpabilisation technique en somme.

En France, le nouveau projet de loi sur l’immigration débattu à l’Assemblée nationale à partir du 28 septembre 2011 renforçait les facilités d’expulsion des étrangers en situation irrégulière. FN et Droite populaire mettent en avant une politique de codéveloppement pour inciter les populations candidates à l’immigration à rester dans leur pays d’origine. Côté UMP, on parle d’un « plan Marshall du codéveloppement en jumelant chaque nation européenne à tous les pays de bonne gouvernance ». Côté FN, on veut « prendre l’initiative d’organiser régulièrement une conférence euro-africaine réunissant les pays concernés afin de déterminer les besoins et de mettre en œuvre les moyens destinés à fixer les populations dans leurs pays d’origine6 » Restez chez vous est le mot d’ordre de la droite plus ou moins extrême.

Ce raidissement nationaliste contamine la gauche et les socialistes français commencent à se remettre en question. Le flou doctrinal succède à l’indignation contre toute mesure anti-immigrée, le pragmatisme l’emporte sur l’humanisme. C’est en 1981, sous François Mitterrand, qu’avait été légalisée et organisée la rétention administrative. C’est Paul Quilès, en tant que ministre de l’intérieur, qui avait fait passer dans la loi en 1992 le système des zones d’attente. Le rapport sur l’immigration préparé en 2004 par Malek Boutih, alors secrétaire national aux questions de société, n’a jamais été rendu public ; il proposait une politique de l’immigration rigoureuse, avec quotas, suppression de la bi-nationalité, nouvelle législation sur le titre de séjour : « Il faut sortir d’un simple rapport humanitaire et charitable avec l’immigration. » Reniement de la part d’un ancien président de Sos-Racisme ? En fait Malek Boutih mettait en évidence le fait que, sans organisation de l’immigration, les phénomènes de discrimination s’enracinent dans la population. A la question « Faut-il régulariser massivement les sans-papiers ? », tous les candidats à la primaire socialiste du 9 octobre 2011 étaient « contre » et défendaient le « cas par cas » avec seulement quelques nuances : normes de « vie de famille », de travail et d’années de présence ou preuves d’« intégration », comme la maîtrise du français jusqu’aux « reconduites à la frontière ». La préférence nationale appliquée aux transferts de cerveau est même envisagée. Le Libanais Amro Al-Khatib, jeune ingénieur embauché par Air Liquide, a été licencié sur injonction de la Direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi au motif de l’existence de « 58 autres ingénieurs français aux compétences similaires et en recherche d’emploi » sur le bassin Grenoblois9.

Les contraintes écologiques s’ajoutent aux contraintes socio-économiques. En Suisse, l’association Ecopop (Ecologie et Population) s’occupe depuis 1970 de l’impact de la démographie sur la nature et les ressources naturelles. Avec une densité moyenne de 193 habitants par kilomètre carré de la surface productive, la Suisse est un pays très densément peuplé. Ecopop a donc déposé devant les autorités une initiative en vue d’une « votation » pour limiter l’immigration. Le texte « Halte à la surpopulation » propose donc de « limiter l’immigration nette en Suisse », à un taux de 0,2 % par an. La Confédération helvétique comptait fin août quelque 1,8 million d’étrangers, pour 8 millions d’habitants au total dans le pays, soit 3 % de plus qu’en août 2011. Le texte d’Ecopop a été signé par 140 000 personnes, passant le seuil des 100 000 nécessaire pour organiser un vote populaire. Ecopop se dit humaniste, écologique et à caractère social, contre la xénophobie et le racisme. Car elle considère la densité de la population comme facteur déterminant, et non l’origine de cette population.

Les arguments comparant démographie et environnement sont d’ordre scientifiques, ils reposent sur la formule mathématique, I = PAT :  l’Impact de l’espèce humaine sur un territoire est déterminé, à Technique donnée, par sa Population et par ses Affluences (Activités, niveau de vie). Pour réduire les impacts I, il est donc nécessaire d’agir sur l’efficacité technique T, l’Affluence (réduire le nombre d’unités de production ou de consommation par personne) et la population P (réduire le taux de natalité… ou l’immigration). La décroissance matérielle devrait, sur un territoire dont on a dépassé la capacité de charge, s’accompagner d’une politique démographique qui agit tant sur la fécondité que sur les flux migratoires.

Les écologistes institutionnels encouragent généralement une politique « responsable » fondée sur le droit à la mobilité et la protection des migrants. Or, si la protection des migrants témoigne d’une qualité morale, le droit à la mobilité sans limites ne paraît pas un bon critère quant on accorde de l’importance aux contraintes écologiques sur une Terre dont on a déjà outrepassé les limites.

2/5) l’enfermement planétaire, tout l’espace est déjà occupé

Aucune terre n’est libre d’hommes depuis très longtemps. Cependant Thomas More, en 1516, croyait pouvoir encore écrire dans son livre: « Quand il y a dans une ville plus de monde qu’elle ne peut et qu’elle ne doit en contenir, l’excédent comble les vides des cités moins peuplées. Enfin, si l’Ile entière se trouvait surchargée d’habitants, une émigration générale serait décrétée. Les émigrants iraient fonder une colonie dans le plus proche continent, ou les indigènes ont plus de terrain qu’ils n’en cultivent » Sur ce point, Malthus était à la fin du XVIIIe siècle bien plus perspicace : « On ne peut lire le récit de la conquête du Mexique et du Pérou sans être frappé de cette triste pensée, que la race des peuples détruits était supérieure, en vertu aussi bien qu’en nombre, à celle du peuple destructeur. » (…) « Si l’Amérique continue à croître en population, les indigènes seront toujours plus repoussés dans l’intérieur des terres, jusqu’à ce qu’enfin leur race vienne à s’éteindre. » Notons que les contemporains de Malthus, Adam Smith et Ricardo, constataient qu’à leur époque il y avait immobilité des facteurs de production : ce ne sont pas les travailleurs qui traversent les frontières. Ils militaient seulement pour le libre échange des marchandises.

Sur une terre pleinement occupée par les hommes, la conquête des territoires extérieurs a été de tous temps une abomination. L’invasion par des nations dominantes a été une succession de massacres et d’atrocités, ainsi du colonialisme européen en Amérique du sud ou du nord. La recherche constante de l’espace vital, le Lebensraum des nazis, a toujours été facteur de discriminations, de guerres et même de génocides. Pourtant certains, comme Michel Tarrier, auteur de Faire des enfants tue… la planète, trouve les mouvements migratoires absolument nécessaire. En effet, le fait d’être antinataliste ne veut pas dire qu’on penche forcément pour la décroissance des migrations. Pour lui l’Angleterre actuelle, sans émigration depuis l’époque de Malthus, aurait le double de sa population actuelle, « densité assurément disproportionnée avec son potentiel alimentaire et énergétique ». Michel Tarrier rejoint aussi, paradoxalement, le raisonnement des natalistes qui veulent plus de population pour « payer les retraites ». Comme la baisse de fécondité européenne pose le problème des retraites, il n’y aurait qu’un remède : « en appeler à de nouveaux arrivants pour faire de nouveaux cotisants. » Enfin il prend pour fait acquis la mondialisation « qui saura absorber les trop pleins populationnels et les répartir comme une tache d’huile ».

Cette période où la terre offrait encore des territoires qu’on croyait vierges se termine. Comme l’exprime André Lebeau, « Le découpage de l’espace terrestre en territoires nationaux est achevé. A l’enfermement planétaire qui pèse sur l’humanité s’ajoute un confinement territorial qui fait de la notion d’expansion un synonyme de guerre de conquête. » D’autre part l’ouverture des frontières ne réglerait pas le financement des retraites par répartition, rappelait Jean-Christophe Dumont17, chargé de la division des migrations à l’OCDE. Car, ce qui compte pour résoudre ce sujet, c’est moins le nombre de migrants que « le ratio entre cotisants et pensionnés ». Pousser à de nouveaux arrivants sur le marché du travail ne dit pas s’il y aura ou non dans le futur suffisamment d’emplois, si l’actif ne sera pas chômeur, donc classé lui aussi dans la population à charge. Et puis c’est un cercle vicieux : accroître la population (par la natalité ou par l’immigration), c’est accroître le nombre futur de retraités, donc vouloir encore plus d’expansion démographique dans l’avenir ! Il y a bien d’autres solutions au problème des retraites que la pullulation humaine et l’immigration. Enfin le problème de l’immigration, c’est qu’elle a aussi des coûts sociaux, une montée des sentiments anti-immigrés. Selon M.Dumont, ceux-ci ne dépendent pas tellement de seuils de tolérance, mais d’un « sentiment d’exclusion de la mondialisation… notamment dans une société vieillissante »

L’immigré est aussi un émigré. Malthus avait une approche perspicace de la mobilité géographique : « L’émigration, en supposant qu’on en pût faire un libre usage, est une ressource qui ne peut être de longue durée. » Au niveau d´un pays, l´émigration peut constituer pour l´individu un espoir de survie, remédier temporairement au problème du chômage. Cela permet aussi politiquement d´amoindrir l´effet « cocotte minute » qui peut se produire lorsque le mécontentement citoyen atteint son paroxysme : l’émigration peut servir de soupape de sécurité. L´émigration constitue une tactique politique pour exporter le mécontentement vers l´extérieur tout en attendant les retombées financières des migrants. Mais la démographie du pays peut continuer à galoper, les problèmes ne sont pas résolus. Libéraliser l´immigration (l’émigration) n´est pas une stratégie durable… Par contre, si la population sur un territoire délimité commence à excéder les possibilités du milieu sans qu’on puisse émigrer, c’est là une forte incitation à décider collectivement de la régulation des naissances. C’est une mise sous pression des politiques, qui pousse les autorités à prendre des mesures conséquentes – à être démographiquement responsable -. Empêcher les mouvements migratoires semble une approche adaptée politiquement si on veut agir pour un avenir durable. Mais l’arrêt des migrations internationales n’est pas une mesure qui devrait concerner seulement l’afflux vers les pays anciennement développés.

3/5) Les menaces du tourisme sur l’environnement

Il est anormal que le libre déplacement des touristes des pays riches soit accepté alors que les frontières se ferment internationalement. Un milliard de touristes ont voyagé de par le monde en 2012 : c’est un nouveau record pour le tourisme international, secteur qui représente 9 % du PIB mondial (effets directs, indirects et induits), un emploi sur douze et 30 % des exportations mondiales de services18. L’invention des congés payés, l’élévation du niveau de vie, le développement de l’automobile et de l’avion ont généralisé le tourisme pour une frange toujours plus large de la population mondiale qu’on peut appeler la classe globale. Le tourisme, première industrie mondiale de service, source d’emplois, de dépaysement et de plaisirs, connaît une expansion prodigieuse : en 2020 on prévoit un milliard et demi de touristes, soit 7 % de la population mondiale qui se déplace. Revers de la médaille, la détérioration de l’environnement.

Dès 1969 dans son livre Le Jardin de Babylone, Bernard Charbonneau constatait les méfaits du tourisme à l’intérieur de la France : « La paix de l’hiver est rompue par les skieurs, le blanc des neiges, piétiné et balafré, n’est plus qu’un terrain vague maculé de débris et de traces. La montagne est mise à la portée des masses payantes. Mais est-elle encore la montagne ? Il n’y a plus de montagne ; il ne reste qu’un terrain de jeu… Si nous voulons retrouver la nature, nous devons d’abord apprendre que nous l’avons perdue. » A l’époque, rares étaient les personnes qui voyaient dans le tourisme une agression environnementale. Maintenant le tourisme de masse envahit les plages de rêve à l’autre bout du monde et les facilités qu’offrent encore les énergies fossiles entraînent une dégradation généralisée des milieux. Le tourisme exerce en effet une pression démographique intense même si c’est temporaire. L’analyse de la relation entre migration et environnement doit bien prendre en compte ces déplacements de très courte durée qui, par leur nombre total, peuvent avoir des effets aussi importants que des migrations « définitives ».

Ce tourisme de masse n’est pas durable, pour l’accueillir on dénature, on bétonne, on paupérise, c’est le grand saccage des communautés autochtones qu’on transforme en folklores. Sur le littoral méditerranéen, la population passe de 150 millions de personnes à 400 millions au mois de juillet et août. Les perspectives sont délirantes, la fréquentation touristique pourrait atteindre 637 millions de personnes en 2025. Autant dire que cela n’arrivera jamais. Une première conséquence, 42 % du littoral sont déjà bétonnés. Les embouteillages prolifèrent, les ressources halieutiques dégénèrent, l’eau douce vient à manquer. Alors que la population locale consomme environ 150 litres d’eau par jour en moyenne, chaque touriste en gaspille le double, et jusqu’à 880 litres pour les plus fortunés. La construction d’hôtel de luxe, dans des pays tropicaux où l’eau est rare, et le rapport à l’eau sans limites des touristes induisent une compétition dans les usages de l’eau, au détriment des populations locales. Ces voyages ne relèvent pourtant ni du désir individuel, ni de la nécessité, on s’en va parce que tout le monde part, on obéit à l’injonction de l’industrie du tourisme. Freiner les migrations touristiques, c’est aussi combattre l’industrialisation du monde.

Que faire ? On pourrait instituer des taxes, par exemple sur le kérosène. Cette analyse se retrouve chez Philippe Jurgensen : « Il serait souhaitable d’éliminer les détaxations de consommation de carburant, qui correspondent à autant d’incitations à un mauvais comportement écologique : il s’agit notamment de la coûteuse exonération du kérosène en faveur des transporte aériens. » Mais une telle politique volontariste, impliquant des pays différents et une gente politique aveugle, n’adviendra pas ; la lutte contre le réchauffement climatique n’a pas encore véritablement démarrée. Reste donc le problème des réfugiés climatiques qui ne peut que s’amplifier.

4/5) migrations environnementales, le problème insoluble du XXIe siècle

Un « migrant environnemental » est une personne contrainte de quitter l’endroit où elle vit parce qu’un changement environnemental rend la vie sur place trop difficile ou impossible. Le mouvement tendanciel de désertification est à l’origine de migrations de peuples contraints d’abandonner leurs territoires parce que la sécheresse rend impossible toute culture et fait mourir le bétail. Le changement climatique accroîtra fortement le rythme des migrations avec l’intensification des catastrophes naturelles, la dégradation des conditions d’existence des populations (développements de maladies liées à la transformation des écosystèmes, diminution des ressources en eau), l’élévation du niveau des mers, l’accroissement de la compétition pour des ressources plus rares.

Selon le recueil de statistiques 2011 de la Banque mondiale, 42 millions de personnes ont été déplacées en 2010 en raison de catastrophes naturelles (17 millions en 2009). Avec le réchauffement, les migrations transnationales se multiplieront, tout comme le nombre de réfugiés intérieurs, entraînant des violences au plan local comme régional. La Banque mondiale estime que 60 millions de personnes des zones arides pourraient migrer d’ici à 2020. Les estimations varient entre 50 et 200 millions de réfugiés dits « climatiques » en 2050. Harald Welzer prévoit le pire : « Comme les ressources vitales s’épuisent, il y aura de plus en plus d’hommes qui disposeront de moins en moins de bases pour assurer leur survie. Il est évident que cela entraînera des conflits violents entre ceux qui prétendent boire à la même source en train de se tarir, et il est non moins évident que, dans un proche avenir, on ne pourra plus faire de distinction pertinente entre les réfugiés fuyant la guerre et ceux qui fuient leur environnement. Le XXIe siècle verra non seulement des migrations massives, mais des solutions violentes aux problèmes de réfugiés. »

Il n’est pas possible de déplacer la moitié de la population de l’Afrique, et encore moins les habitants du Bangladesh qui auront perdu leur biotope à cause de la montée des eaux. Dans la zone d’influence de l’Australie, des villageois ont déjà été contraints d’évacuer leurs îles (Tuvalu par exemple) en raison de l’élévation du niveau de la mer. Le gouvernement australien a refusé d’accueillir ces réfugiés climatiques sur son sol : priorité aux Aussies. On mesure l’ampleur du problème et le peu d’importance qu’auront les critères d’humanité. Selon un rapport du Pentagone, « les humains se battent dès que la capacité d’accueil de leur milieu naturel devient insuffisante ; les Etats-Unis et l’Australie seront enclins à bâtir des forteresses défensives autour de leur pays parce qu’ils ont les ressources et les réserves pour assurer leur autosuffisance23 ». Dans les couloirs des conférences des Nations unies sur le climat, Ian Fry s’était donné pour mission de sauver les Tuvalu de la montée des eaux. Lors du sommet de Copenhague, fin 2009, il a supplié l’assemblée : « Le sort de mon pays est entre vos mains. » Sans succès. Comme la plupart des négociateurs, M. Fry ne croit plus sérieusement à la signature d’un accord contraignant sur les émissions de gaz à effet de serre. Le négociateur des Tuvalu ne percevait aucune volonté d’action de la part des grands pollueurs, et notamment des Etats-Unis, dont le Sénat a mis de côté le projet de loi sur le climat. « Il y a d’autres impératifs politiques… », constate-t-il24. Le découragement le guette.

Sauf exceptions assez rares, l’intelligence humaine ne semble plus admettre l’existence de limites, limites à notre reproduction, limites à nos migrations. La volonté de puissance semble avoir comme corollaire l’impuissance à regarder en face les conséquences de nos actes. On cherche à s’adapter au réchauffement climatique plutôt que de limiter nos émissions de gaz à effet de serre. C’est la marque de la société humaine actuelle de ne pas lutter sérieusement aujourd’hui contre les dérèglements environnementaux en prétextant de nos capacités d’adaptation demain. Il s’agit d’une fuite en avant ; on a adapté le milieu à nos besoins au point de les détruire, on veut maintenant s’adapter à la destruction de ce milieu. Cela ne peut mener qu’à une impasse. Pourtant, des dizaines de millions de personnes pourraient échapper à des inondations ou à la sécheresse d’ici à 2050 si les émissions de gaz à effet de serre, à l’origine du changement climatique, étaient plus fortement et plus rapidement limitées25. Mais les processus de rattrapage du retard industriel dans les pays émergents, l’insatiable appétit énergétique des pays tôt industrialisés et la diffusion mondiale d’un modèle de société fondé sur la croissance et l’épuisement des ressources font apparaître comme irréaliste qu’on limite à deux degrés seulement le réchauffement d’ici le milieu du siècle. Les migrations ne sont pas un fait naturel, mais la conséquence de nos inconséquences.

Dans un contexte de débordements économiques et d’inertie politique, nous ne pourrons que constater un changement radical des valeurs face aux conséquences migratoires du changement climatique. Harald Welzer décrit parfaitement le phénomène : « En tant que membre d’une société dont les normes changent, on ne remarque pas que ses propres normes sont soumises à ce changement, parce qu’on se maintient constamment en accord avec ceux qui vous entourent. On peut parler à ce propos de shifting baselines ou de lignes de références fluctuantes. » Les humains changent dans leurs perceptions et leurs valeurs, en même temps que leur environnement et sans s’en rendre compte.  Des processus sociaux comme l’holocauste ne doivent pas être compris comme une « rupture de civilisation » ou une « rechute dans la barbarie », mais comme la conséquence logique de tentatives modernes pour établir l’ordre et résoudre les problèmes majeurs ressentis par des sociétés. Harald Welzer constate que la violence a toujours été une option de l’action humaine. Welzer précisait aussi que l’histoire de l’Occident libre, démocratique et éclairé a aussi écrit sa contre-histoire, faite de non-liberté, d’oppression et du contraire des Lumières. Les perturbations climatiques, les difficultés agricoles et les conflits socio-démographiques sont liées.

Nous pouvons faire le parallèle avec le diagnostic malthusien. Puisque nous ne sommes pas capables de réduire volontairement notre fécondité (et de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre), alors famine, guerres et épidémies résoudront le problème démographique. Puisque nous ne nous attaquons pas aux causes des migrations, il n’y aura comme résultante que rejets et massacres. En résumé les migrations, puisque source de problèmes insolubles, poussent à la volonté d’immobilité territoriale, contrainte et forcée. Il n’y a pas de morale à mettre là-dedans : on ne peut vivre durablement que sur un territoire restreint dont on maîtrise collectivement les paramètres : potentiel alimentaire et énergétique, rapports humains de proximité et culture particulière. Les Inuits ne pensaient pas à émigrer, leur terre recouverte de son manteau neigeux huit mois sur douze leur paraissait trop précieuse. Maintenant les Inuits boivent et se suicident pour oublier la mondialisation… et les glaciers fondent. Une population humaine est semblable aux autres espèces, elle ne peut croître au-delà des possibilités que lui offre son écosystème.

5/5) conclusion

Le droit à la mobilité est un facteur prépondérant de la dégradation de la biosphère et des relations humaines. En 2003, Richard Heinberg liait conscience écologique et limitation des migrations : « L’opposition à l’immigration incontrôlée est souvent assimilée à tort à la xénophobie anti-immigrés. Mais dans une perspective écologique, l’immigration n’est pratiquement jamais souhaitable. Lorsqu’elle se fait massivement, elle ne fait que mondialiser le problème de surpopulation. De plus, ce n’est que lorsque les groupes humains se sont enracinés dans une zone particulière, au fil de plusieurs générations, qu’ils développent un sens des limites en termes de ressources. »

Le droit de se déplacer selon son désir individuel empiète sur les capacités de la Biosphère, les humains ne peuvent continuer à cohabiter humainement avec des migrations de masse. Alors que les humains ont atteint les limites de toutes les frontières, y compris celles de la planète, ils devraient dorénavant se contenter du territoire où peuvent s’exprimer leurs solidarités de proximité. Les problèmes économiques, sociaux et éthiques qu’entraînent les migrations devrait être une motivation supplémentaire pour agir au niveau de la maîtrise de la fécondité, pour élaborer collectivement une démographie responsable.

Soulignons pour terminer que nous n’avons pas traité les migrations internes dont l’urbanisation du monde est le symptôme dominant. L’urbanisation découle d’une transformation radicale du milieu naturel et entraîne en retour une transformation radicale de la relation des êtres humains à leur environnement. La bidonvillisation du monde se poursuit. Nous pensons que les contraintes de ressources naturelles vont obliger prochainement à une désurbanisation qui aura des conséquences sans doute aussi terribles que les migrations internationales.

Michel Sourrouille dans le livre collectif « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) publié en 2014.

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Statistiques démographiques, l’essentiel

La plupart des Français pensent que le monde est surpeuplé. Mais on observe que peu de nos concitoyens estiment avoir trop de monde autour d’eux. La plupart sont heureux d’aller sur des plages bondées et sont complètement habitués de vivre dans leur HLM. C’est pourquoi il est important qu’un citoyen puisse avoir une vision globale grâce aux statistiques.

Le chiffre de 2,1 enfants par femme qui permet une stabilisation d’une population à un niveau donné est très utilisé, y compris par les natalistes. Pourtant ce n’est qu’un chiffre sans fondement car cela n’indique pas si un pays à un moment donné a outrepassé ou non les possibilités en ressources durables pour cette population. Le livre de Michel Sourrouille, « SURPOPULATION – Afghanistan, France, Royaume Uni… aucun pays n’est à l’abri » démontre que tous les pays sans exception, riches ou pauvres, connaissent actuellement les inconvénients du surnombre.

Prenons l’exemple de la Pologne. La population atteint 38 millions d’habitants en 2025. La densité de population en 2025 est de 125 habitants par km², bien plus que la densité moyenne en Europe de 34 habitants par km². De plus la Pologne n’a ni pétrole ni matières premières et expatrie déjà sa population excédentaire. Problème supplémentaire, le taux urbanisation est élevé 60 %. C’est un signe de fragilité extrême en cas de difficulté. Or la pénurie énergétique nous menace et les métropoles, qui n’ont aucune autonomie, deviendront vite invivables. Comme faire face à à un exode urbain massif ; impossible.

Certes la Pologne a le plus faible taux de fécondité d’Europe, 1,03 enfants par femme. Un taux de fécondité proche de 1 conduit tendanciellement (si cela se poursuit) à une division par deux de la population à chaque génération. Mais ce taux est variable selon le comportement de la population. Le gouvernement polonais, ignorant les enjeux socio-économiques de la démographie, est ouvertement nataliste : une allocation est versée pour chaque enfant, aujourd’hui à 800 zlotys (190 euros) par mois, environ un quart du salaire minimum. Cette aide compte aujourd’hui pour 8 % du budget de l’Etat. Quant aux places en crèche, elles ont triplé, à 230 000. Cela a réduit la pauvreté infantile, mais cela n’a eu aucun effet sur la démographie. Des jeunes Polonaises envisagent de se faire stériliser pour cause d’anxiété généralisée (la guerre en Ukraine, le changement climatique…). On les comprend.

La population polonaise est passé de 27 millions en 1955 à 38 millions aujourd’hui. Revenir volontairement en 70 ans à une population de 27 millions n’est pas une évolution catastrophique. Ce qui a été fait dans un sens peut être fait dans l’autre.

Au niveau général, la population mondiale de 8,2 milliards augmente encore au taux de croissance annuel moyen de 1 %, soit un doublement en 70 ans pour une planète que l’activité humaine a rendu exsangue et surchauffée. Il n’y a plus désormais de développement durable possible, au sens originel de pouvoir répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs. On ne peut donc comprendre ces natalistes qui condamneraient une diminution réciproque de 1 %. Comme l’indiquait Malthus en 1798, si l’humanité ne maîtrise pas sa fécondité au risque de dépasser l’état de ses ressources, il y a des famines, des guerres et des épidémies. En 2025, c’est bien là notre réalité concrète.

Dans nos archives

statistiques sinistres (juin 2009)

Sur 6,7 milliards d’êtres humains, la planète compte 2,8 milliards vivant de la terre. Et sur 1,3 milliards d’actifs agricoles, seuls 28 millions utilisent un tracteur, 250 millions des animaux de traits. Plus de 1 milliard ne disposent que de leurs mains. Sur le milliard de personnes qui souffrent d’un apport alimentaire insuffisant, 50 % sont de petits paysans, 10 % des éleveurs, 20 % des paysans sans terre et 20 % des urbains pauvres.(Le Monde du 30 juin)

La population urbaine des pays en développement s’accroît de 70 millions d’habitants par an, un milliard d’humains vivent déjà dans des bidonvilles et 360 millions d’urbains habitent des zones côtières de basse altitude, menacées par la montée des océans.(Le Monde du 30 juin)

Si l’on devait résumer en chiffres environnementaux une journée typique aujourd’hui, on obtiendrait cela : nous allons perdre 20 000 hectares de forêt tropicale. Nous allons aussi perdre à jamais entre 40 et 100 espèces vivantes. Nous allons en revanche gagner un quart de million de personnes. Et nous allons produire plus de 10 millions de tonnes de déchets et injecter 15 millions de tonnes de carbone dans l’atmosphère. Chaque jour. (L’écologie pour les nuls, 2009)

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Pologne, l’effondrement positif de la natalité

La Pologne a le plus faible taux de fécondité d’Europe, 1,03 enfants par femme. La hausse des allocations familiales n’y a rien changé. Un taux de fécondité proche de 1 conduit tendanciellement à une division par deux de la population, à chaque génération. Est-ce un bien, est-ce un mal ?

Eric Albert (extraits) : Voilà bientôt quarante ans que la Pologne, pourtant très catholique, est passée sous le seuil du renouvellement des générations, qui est de 2,1 enfants par femme. Le chaos économique de l’ouverture du pays à l’occident et le chômage qui est monté à plus de 20 % paraissaient initialement l’explication la plus plausible. Mais en 2025, le nombre d’enfants par femme en âge de procréer a chuté à 1,03, le plus bas taux de fécondité de toute l’Europe. En comparaison, la France est à 1,62, l’Allemagne, à 1,35, l’Espagne, à 1,12. La population polonaise s’apprête à rétrécir significativement, de 37,5 millions aujourd’hui à 31 millions en 2060, selon les projections de l’institut de la statistique polonais.

Pourtant une allocation était versée pour chaque enfant, aujourd’hui à 800 zlotys (190 euros) par mois, environ un quart du salaire minimum. Cette aide compte aujourd’hui pour 8 % du budget de l’Etat. Quant aux places en crèche, elles ont triplé, à 230 000. Cela a réduit la pauvreté infantile, mais cela n’a eu aucun effet sur la démographie. La Pologne n’a ni pétrole ni matières premières, seulement sa force de travail. La croissance économique est fondé sur des salaires bas et des gens qui travaillent de très longues heures. Des jeunes femmes envisagent de se faire stériliser pour cause d’anxiété généralisée (la guerre en Ukraine, le changement climatique…). On peut faire le parallèle avec la Corée du Sud, un pays qui s’est également enrichi très vite, où les horaires de travail sont très longs, et où la natalité est la plus faible au monde (0,7 enfant par femme).

Le point de vue des écologistes statisticiens

Le chiffre de 2,1 enfants par femme qui permet une stabilisation d’une population à un niveau donné est très utilisé, y compris par les natalistes. Pourtant ce n’est qu’un chiffre sans fondement car cela n’indique pas si un pays à un moment donné a outrepassé ou non les possibilités en ressources durables pour cette population. Le livre de Michel Sourrouille, « SURPOPULATION – Afghanistan, France, Royaume Uni… aucun pays n’est à l’abri » démontrait que tous les pays sans exception, riches ou pauvres, connaissent actuellement les inconvénients du surnombre. Prenons l’exemple de la Pologne.

La population atteint 38 millions d’habitants en 2025. La densité de population en 2025 est de 125 habitants par km² , bien plus que la densité moyenne en Europe de 34 habitants par km². De plus la Pologne n’a ni pétrole ni matières premières et expatrie déjà sa population excédentaire. Problème supplémentaire, le taux urbanisation est élevé 60 %. C’est un signe de fragilité extrême en cas de difficulté. Or la pénurie énergétique nous menace et les métropoles, qui n’ont aucune autonomie, deviendront vite invivables. Comme faire face à à un exode urbain massif ; impossible.

Certes la Pologne a le plus faible taux de fécondité d’Europe, 1,03 enfants par femme. Un taux de fécondité proche de 1 conduit tendanciellement (si cela se poursuit) à une division par deux de la population à chaque génération. Mais ce taux est variable selon le comportement de la population. Le gouvernement polonais, ignorant les enjeux socio-économiques de la démographie, est ouvertement nataliste : une allocation est versée pour chaque enfant, aujourd’hui à 800 zlotys (190 euros) par mois, environ un quart du salaire minimum. Cette aide compte aujourd’hui pour 8 % du budget de l’Etat. Quant aux places en crèche, elles ont triplé, à 230 000. Cela a réduit la pauvreté infantile, mais cela n’a eu aucun effet sur la démographie. Des jeunes Polonaises envisagent de se faire stériliser pour cause d’anxiété généralisée (la guerre en Ukraine, le changement climatique…). On les comprend. La population polonaise est passé de 27 millions en 1955 à 38 millions aujourd’hui. En quoi revenir volontairement en 70 ans à une population de 27 millions serait-elle une évolution catastrophique ?

Au niveau général, la population mondiale de 8,2 milliards augmente encore au taux de croissance annuel moyen de 1 %, soit un doublement en 70 ans pour une planète que l’activité humaine a rendu exsangue et surchauffée. Il n’y a plus désormais de développement durable possible, au sens originel de pouvoir répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs. On ne peut comprendre ces natalistes qui condamneraient une diminution réciproque de 1 %. Comme l’indiquait Malthus en 1798, si l’humanité ne maîtrise pas sa fécondité au risque de dépasser l’état de ses ressources, il y a des famines, des guerres et des épidémies. En 2025, c’est bien là notre réalité concrète.

Le débat sur lemonde.fr

Nawak : Je pense que la Pologne, ainsi que d’autres pays dans cette situation, devraient lourdement taxer les gens sans enfants. Cela ne doit pas être vu comme une punition mais simplement pour préparer l’avenir. Qui va devoir payer les pensions et les soins pour les vieux sans enfant? Les enfants des autres. Et cela n’est ni tenable, ni souhaitable.

Antispécisme @ Nawak : Mais oui, bien sûr. Le raisonnement des trente glorieuses. Comme si entre temps la population mondiale n’avait pas quadruplé à 8 milliards d’individus, comme si les ressources de la terre étaient infinies, comme si le vivant, la terre, l’eau, l’air et le climat n’étaient pas détruits à petit feu par les humains. Pffff…. Je pense que tous les pays développés devraient lourdement taxer à partir du deuxième enfant. Du point de vue écologique comme des ressources de la planète, moins il y a d’humains, mieux chacun se porte. Sans compter le vivant sauvage, bien sûr, mais ça, chez des gens comme Nawak, c’est une considération intellectuelle ou empathique hors de portée. La pensée boomer dans toute sa laideur.

Gara : La décroissance démographique est une excellente nouvelle et une perspective inévitable. En 1972, « Les limites de la croissance » (le fameux rapport Meadows) concernait aussi la croissance démographique. Que l’on arrête de pleurnicher et que l’on s’y prépare, en limitant aussi la croissance des flux d’origine externe.

Un lecteur du Val de Marne : On ne sait quelle reforme permettra d’avoir assez de soignants, parmi peu de jeunes, pour soigner tous ces vieux ? Avec quel argent faire croitre les dépenses de santé dans un système économique dépressif et en décroissance ? Tant de questions vertigineuses.

EgoBrain : Cela geint et couine parmi certains commentateurs de l’article, et pourtant ils devront s’y faire. Parmi les jeunes générations, un certain nombre ont pris, fermement, la décision de ne pas avoir d’enfants, et rien ne changera à ce fait. Que ce soit parce que le coût du logement est trop élevé, parce que le réchauffement climatique s’accélère et que les systèmes appuient sur la pédale, que les technologies déshumanisantes s’échinent à nier l’humain, ou bien qu’il y ait déjà trop d’humains sur cette terre, la décision est arrêtée. Personne ne pourra contraindre des individus qui ne le souhaitent pas à avoir des enfants ou à les élever, cette époque est révolue. La population décroîtra, dans un monde qui au bonheur des populations ne sait que préférer la croissance économique, et chaque mesure de coercition ne fera que démontrer que ni le système contemporain, ni même l’espèce humaine, ne méritent vraiment d’être préservés. Déplorer les effets dont on chérit les causes, toujours.

Supersined : Pour que les jeunes générations aient envie d’avoir des enfants, il faut leur laisser 1 planète dans 1 état correct (par exemple arrêter d’acheter des voitures à pétrole) et défendre la démocratie (combattre les extrémistes et populistes qui veulent supprimer les contre-pouvoirs). On ne peut pas leur en vouloir d’hésiter à faire naître des enfants sur 1 planète détruite gouvernée par des dictateurs.

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New Delhi, 30 millions d’habitants !!!!!

L’avenir qui se dessine en Inde sera encore plus urbain. Peut-être ! « Les villes indiennes ne sont pas prêtes à accueillir une telle croissance démographique », ont prévenu Amitabh Kant et Ranveer Nagaich dans les colonnes de l’Indian Express. Le géant asiatique – avec 1,451 milliard d’âmes – devrait atteindre en 2060 une population de 1,7 milliard d’habitants. New Delhi, 30 millions d’habitants, n’est déjà plus vivable. Les villes sont surpeuplées et les campagnes ne peuvent plus accueillir le nécessaire exode urbain. Mais pour les humanistes de l’open bar, l’Europe pourrait accueillir la main d’œuvre indienne excédentaire…

Carole Dieterich : Les 30 millions d’habitants de New Delhi sont confrontés chaque hiver à un cauchemar toxique, et subissent l’été des températures caniculaires. La pollution extrême aux particules fines tue plus de 17 000 personnes chaque année dans la capitale indienne. Les températures franchissent désormais la barre des 50 °C au mois de juin et la mousson qui suit rend la ville impraticable. Habitations, rues, gares et aéroports sont inondés. La capitale connaît aussi une crise hydrique .Delhi n’a toujours pas d’eau potable au robinet, ni de système fiable d’assainissement et de retraitement des déchets. La cité n’a cessé de s’étendre dans un urbanisme totalement anarchique, où marcher relève de l’impossible. La grande majorité de la ville ne possède pas de trottoirs, les voitures et les deux-roues dévorent tout l’espace public. La question de l’habitabilité de Delhi, classée depuis six ans capitale la plus polluée au monde, est désormais posée. L’avenir qui se dessine en Inde sera encore plus urbain.

Le point de vue des écologistes

Rien dans l’article de la journaliste du MONDE sur le constat de surpopulation et la nécessaire autolimitation de la fécondité. Le ralentissement actuel de la fécondité en Inde ne doit pas cacher que ce pays a déjà 484 hab./km² (banque mondiale, 2023) contre 150 hab./km² en 1961. Comme plus de 40 % de sa population a moins de 25 ans, cela veut dire que la croissance démographique est loin d’être terminée. Or la croissance des problèmes va avec le nombre croissant d’une population. Au recensement de 1921, la population comptait 300 millions d’habitants. À son indépendance en 1947, l’Inde comptait environ 340 millions d’habitants. Aujourd’hui plus de 1,450 milliard d’habitants ; c’est 17 % de la population mondiale sur 3 % des terres émergées. Le géant asiatique devrait atteindre en 2060 une population de 1,7 milliard d’habitants. Une population qui est multipliée par 5,7 en l’espace de 140 années ne peut qu’aller au désastre. Il naît 53 enfants aujourd’hui en Inde chaque minute, soit 27,9 millions de naissances par an. Créer des emplois pour autant d’arrivants, c’est impossible. Rappelons que la dernière campagne de recrutement des chemins de fer début 2022 avait attiré 12,5 millions de candidats pour seulement 35 000 postes.

Claude Lévi-Strauss en 1955 : « Les grandes villes de l’Inde sont une lèpre, l’agglomération d’individus dont la raison d’être est de s’agglomérer par millions, quelles que puissent être les conditions de vie : ordure, désordre, ruines, boue, immondices, urine. Ils forment le milieu naturel dont la ville a besoin pour prospérer. Dans de telles conditions, il n’est pas surprenant que des relations humaines incommensurables à celles dont nous nous complaisons à imaginer (trop souvent de façon illusoire) qu’elles définissent la civilisation occidentale, nous apparaissent alternativement inhumaines et subhumaines. Ceux qui n’ont rien survivent en espérant tout et ceux qui exigent tout n’offrent rien. Lorsque les hommes commencent à se sentir à l’étroit dans leurs espaces géographiques, une solution simple risque de les séduire, celle qui consiste à refuser la qualité humaine à une partie de l’espèce. Ce qui m’effraie en Asie, c’est l’image de notre futur, par elle anticipée. »

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Refuser l’injonction à la maternité ?

Le choix de la non-maternité concerne de tout temps entre 10 % et 15 % des femmes françaises » à l’issue de leur vie fertile. Les raisons avancées par chacune sont multiples et singulières : effroi face à l’amour absolu pour son enfant, traumatismes de famille, non-désir construit à partir d’une réflexion féministe…

Solène Cordier : Alors que le nombre de femmes ne souhaitant pas avoir d’enfants reste stable, l’ouvrage collectif « Nullipares, et alors ? Être sans enfants », dirigé par Chloé Delaume, témoigne d’un véritable changement en cours : celui de l’assumer publiquement. Dès la préface de Nullipares : « Nullipare : se dit d’une femme qui n’a pas encore donné naissance à un enfant ou d’une femelle de mammifère qui n’a pas encore eu de petit. » Et alors ? « Pas encore » : cette expression adverbiale dit beaucoup en peu de mots, souligne Chloé Delaume, pour qui elle montre à quel point il est « impensable, jusque dans la langue, de ne pas du tout avoir d’enfants ».

C’est de cette « anomalie », « voire une anomalie tenant de l’inconcevable », que s’emparent dix femmes et un homme transgenre. A coups de « tu en voudras plus tard » et de « tu le regretteras », cette petite musique résonne pourtant auprès de nombreuses nullipares. La journaliste Rokhaya Diallo, dans un texte traversé par une certaine colère, réagit en renvoyant la balle. « C’est étrange, on doit expliquer pourquoi on ne le souhaite pas, mais on n’a jamais besoin de motiver sa décision de procréer. » Les nullipares, en s’écartant de la norme sociale, élargissent l’éventail des manières d’être une adulte, d’être une femme, ce qui constitue, au bout du compte, un progrès collectif.

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Nullipare par souci du bien commun

extraits : Prix Nobel de médecine en 2008, la virologue Françoise Barré-Sinoussi a co-découvert le virus du sida en 1983. Elle est interviewé par LE MONDE :

LM : Vous avez fait le choix de ne pas avoir d’enfant…

FBS : A mon adolescence, il y a eu des moments très violents entre mon père et moi. Il considérait qu’une femme devait se marier, avoir des enfants et rester au foyer, comme ce fut le cas pour ma mère. Je ne me voyais pas avec un enfant. J’aurais eu une double culpabilité : ne pas suffisamment m’occuper de lui et ne pas donner assez à la science. Je ne voulais pas vivre tiraillée ainsi, cela aurait été insupportable. Mon mari l’a compris. Nous avons fait ce choix ensemble. Il m’a toujours soutenue. Même si cela n’a pas toujours été facile. Quand le sida est arrivé, nous ne sommes, par exemple, plus jamais partis en vacances. Nos amis ne comprenaient pas. Certains lui disaient : « Mais comment acceptes-tu la vie que Françoise te fait mener ? » Il répondait : « Ça ne vous regarde pas, c’est sa vie et, moi, ça me va très bien comme ça… » Le jour de notre mariage, je suis passée au labo, avant la cérémonie, prévue en fin de matinée. Vers 11 heures, mon futur mari m’a téléphoné : « Est-ce que tu te rappelles quel jour on est ? Est-ce que tu comptes venir ? » Je n’avais pas vu l’heure !….

Nullipares, childfree, les personnes sans enfants

extraits : La décision d’avoir ou de ne pas avoir d’enfants se fait normalement à deux. Aujourd’hui, l’infécondité définitive atteint en France 21 % des hommes nés entre 1961 et 1965, et 13,5 % des femmes nées à la même époque. On estime à 3 % seulement la part due à l’infertilité médicale. Mais il est de bon ton de ne s’intéresser qu’aux femmes qui ont choisi de ne pas avoir d’enfants. En Allemagne, 25 % des femmes nées en 1968 sont sans enfants. Il y a là-bas une véritable culture des familles sans enfants. Une page entière du MONDE consacrée aux childfree, cela se fête. Malheureusement l’article du MONDE insiste sur la superficialité des considérations individualistes….

En savoir encore plus

Féminisme, sensibilité écologique et refus de maternité (2016)

No kid, ces femmes qui ne veulent pas avoir d’enfant (2014)

démographie responsable (2010)

oui à la nulliparité (2008)

Un livre qui fait le tour des problèmes : « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) »

Pour rejoindre l’association « Démographie Responsable » : https://www.demographie-responsable.org/nous-rejoindre.html

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Aide à mourir, une course de lenteur

« Suicide assisté », « aide à mourir » ou « euthanasie », peu importe le mot pourvu qu’on ait la délivrance. Nous pensons que dans une véritable démocratie, tout repose sur la libre volonté d’une conscience éclairée.

– Pouvoir s’engager dans l’armée pour aller tuer d’autres gens ne se comprend que si on laisse à chacun le droit d’être objecteur de conscience et donc de refuser la lutte armée.

– Choisir de garder un enfant à tout prix ou opter pour l’interruption volontaire de grossesse est un élément de la libération de la femme.

– Pour décider de sa propre mort, on peut choisir les soins palliatifs ou l’interruption volontaire de sa vie.

L’essentiel en démocratie est de laisser aux citoyens le choix, sinon la volonté du peuple n’existe pas.

Le médecin et porte-parole de l’association « Le Choix-Citoyens pour une mort choisie », Denis Labayle, retrace l’histoire des récents débats parlementaires concernant la fin de vie et s’interroge sur le retard de la législation française en la matière, comparativement à nos voisins européens.

– Le droit pour le malade de refuser les traitements est déjà affirmé en 2002 dans la loi Kouchner. La loi Leonetti de 2005 avait rappelé l’illégalité de l’acharnement thérapeutique, déjà affirmée dans le code de déontologie médicale. Elle avait insisté sur l’importance du développement des soins palliatifs, mais s’était refusée à aborder le droit à l’aide active à mourir.

– La loi Claeys-Leonetti de 2016 rappelle les principes déjà adoptés dans la loi de 2005, mais refuse d’aborder réellement le droit à l’aide active à mourir. La « sédation profonde et continue jusqu’au décès » ne fait qu’aboutir à des agonies prolongées et inutiles.

– Il fallut attendre le 8 avril 2021 pour que le député de Charente-Maritime Olivier Falorni profite d’une « niche parlementaire » pour ouvrir le débat sur l’aide active à mourir. A plus de 80 %, les députés votèrent le premier article de son projet portant sur le droit à une aide médicale à mourir. Hélas, 4 000 amendements déposés par une poignée d’opposants empêchèrent le projet d’être mené à bien.

– Le président de la République s’est alors contenté d’une convention citoyenne qui mit près de deux ans à se mettre en place. Cette convention a confirmé à 75 % le choix des Français, proposant soit le suicide assisté comme en Suisse, soit l’aide médicale assistée comme en Belgique, soit les deux. La loi était sur le point d’être adoptée, mais la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024 fut décidée quelques jours à peine avant le vote.

Denis Labayle : « Pourquoi, alors que nous avons l’arrogance d’être des pionniers de la liberté, accusons-nous un tel retard, quand nos voisins ont évolué avant nous depuis de nombreuses années ? Pourquoi la France, qui se dit le pays des droits de l’homme, la nation des libertés, refuse-t-elle d’accorder aux malades cette ultime liberté ? »

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22 mars 2025 : Yannick Neuder ne veut pas de l’aide à mourir

extraits : L’acharnement thérapeutique offert à tous et toutes pour mourir dans le meilleur des mondes technologisés ! C’est l’intime conviction de ce ministre de la santé Yannick Neuder. Pour arriver à ses fins, il dissocie la fin de vie entre les soins obligés d’un côté et la liberté laissée à chacun de l’autre. On peut très bien inverser le raisonnement de Neuder : si  les demandes de mort médicalement assistée étaient accessibles pour tous et partout, la demande de soins palliatifs deviendrait anecdotique. De toute façon les soins palliatifs existent déjà, ils n’ont pas besoin de loi ; il suffit que l’État donne vraiment les moyens nécessaires aux USP, ce qui n’est pas le cas….

7 juin 2024, L’aide à mourir va-t-elle entrer dans la loi ?

extraits : La ministre de la santé, Catherine Vautrin, rappelle que l’« aide à mourir » « n’est pas une autorisation de se suicider puisque des conditions strictes sont prévues dont un examen médical ». Il ne s’agit pas, non plus, d’une « euthanasie puisqu’une personne extérieure n’intervient que si le patient n’est plus en capacité physique de s’administrer le produit létal ». Le 6 juin 2024 l’article 5, voté par 88 voix contre 50, introduit pour la première fois dans la loi la possibilité de demander une aide à mourir : « L’aide à mourir consiste à autoriser et à accompagner une personne qui en a exprimé la demande à recourir à une substance létale. »….

L’aide active à mourir gagne du terrain

extraits : La députée Marine Brenier avait déposé une proposition de loi le 17 décembre 2020 sur « l’aide active à mourir ». : «  A titre personnel, j’ai eu plusieurs de mes proches qui sont partis, chacun sous l’égide d’un différent dispositif de la loi. Mon grand-père, sous la première loi Leonetti (de 2005), ma grand-mère sous la loi Leonetti 2 (de 2016). Je dénonce la sédation profonde, permise par la loi Claeys-Leonetti de 2016 comme une hypocrisie de la législation. Comment considérer que de laisser partir un être cher dénutri et déshydraté permettrait de respecter sa dignité….

Canada, le droit à mourir comme soin ultime

extraits : Au Québec la loi de 2015, élaborée après une large concertation citoyenne et transpartisane, a d’emblée placé l’aide à mourir dans un continuum de soins, c’est le « soin ultime ». La loi canadienne sur l’euthanasie a ensuite été votée en juin 2016, la Cour suprême du Canada enjoignant au gouvernement de se mettre en conformité avec la Charte canadienne des droits et libertés, reconnaissant à chaque individu la liberté de disposer de son propre corps….

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Jean-Michel Favrot et la question démographique

de notre correspondant Jean-Michel Favrot

Je  cherche à réunir en un ensemble cohérent les différentes convictions qui animent ma vie. Entre autres la conviction que l’Homme ne peut se développer sans aucune contrainte et en particulier la contrainte du nombre, la contrainte démographique. Certaines espèces possèdent des mécanismes régulateurs qui conduisent à être moins reproductifs en situation de sous-nutrition. Chez d’autres espèces sociales, seul un couple est désigné comme reproducteur pour gérer l’adéquation population/ressources. Mais les humains ont apparemment oublié toute régulation démographique. Cette incapacité à maîtriser sa fécondité est à la fois un produit culturel et un produit de l’évolution. La femelle humaine est la seule parmi les femelles des grands singes capable de procréer tous les ans ou presque. Et le clan peut prendre en charge de façon collective une partie des exigences de la jeune enfance. La mère devient alors vite disponible pour un autre nouveau-né. Nous avons été incapables d’en tirer les conséquences.

La démographie incontrôlée est un des piliers de notre anthropocentrisme : aucun limitation à l’expansion au détriment de l’environnement. Ses effets délétères nous sont rappelés par la mythologie pré-biblique : épidémies, famines, sécheresses, inondations. Le mont Arara et le mont Djoudi se disputent le titre de points de chute de l’arche de Noé à la fin du déluge. Aujourd’hui 90 % de la surface terrestre est directement exploité, modifié : la masse des hommes et de son bétail surpasse la masse de mammifères sauvages d’un facteur 20. Nous sommes sur une planète artificielle où ne règne plus aucune loi naturelle, aucun équilibre ni statique, ni dynamique. Le parc en ville devient la référence de la nature. Vers 1975, nous étions 4 milliards d’humains et nous avions déjà mis en culture la moitié des terres arables. Aujourd’hui 50 ans plus tard, nous sommes plus de 8 milliards. Ce n’est pas par amour de la promiscuité des hommes que le loup se retrouve en marge des villes, pas plus que le banlieusard vit ravi dans un HLM. Ils n’ont juste pas d’autres choix. Nous nous sommes soustraits au mécanisme fondamental de la sélection de survie, le PROCESSUS.

En état de surpopulation, la décision la plus rationnelle est la dispersion déjà expérimentée par le loup. Incrément par incrément à partir de l’Afrique, l’espèce humaine finit par arriver au Moyen-Orient, en Asie, en Europe. Elle est prolifique, elle est partout ! Et ce qui devait arriver arriva, toutes les niches possibles étaient pleines. Partout les forêts ont reculé, il n’y a plus grand monde pour imaginer la Gaule comme une immense forêt. L’homme a pris place au détriment de la faune et de la flore sauvage sur le mode de l’exclusivisme. La nature vierge a servi de variable d’ajustement à notre incapacité à maîtriser nos instincts reproductifs. Fini la communauté biotique avec tous les autres habitants de notre planète.

Puis Sapiens eut l’idée de remplacer la dispersion par la conquête. La tribu doit acquérir plus de place en chassant les autres. Mais pour que l’expansion fonctionne, il faut que la communauté soit plus forte que celle du territoire à annexer. Or la loi du plus fort est souvent la loi du plus nombreux. Chaque individu, à quelque pays près, dispose d’une chance voisine de 95 % d’arriver à l’âge de la procréation. C’est bien la survie des jeunes qui est à l’origine de cette explosion démographique que nous avons constatée depuis un siècle ou deux. L’hypothèse que l’homme pourrait contenir son expansion démographique n’est jamais évoqué comme un paramètre possible de réduction des conflits. Nous n’avons plus les moyens d’acheter la paix sociale à l’international, l’humanisme recule car notre égoïsme ne se cache plus derrière nos incantations à la gloire d’un universalisme vidé de toute signification concrète.

Aujourd’hui, plus aucun parent ne peut promettre à son enfant qu’il vivra mieux que lui, ce qui constitue une situation entièrement nouvelle. Il était plus que temps de changer de logique. En 1972, le Club de Rome reçoit le compte-rendu des recherches d’un groupe de scientifique du MIT (Massachusetts Institute of Technology), le rapport Meadows : « Si les tendances actuelles de croissance de la population mondiale, de l’industrialisation, de la pollution, de la production alimentaire et de l’épuisement des ressources restent inchangées, les limites de la croissance sur cette planète seront atteintes au cours des cent prochaines années. Le résultat le plus probable sera un déclin soudain et incontrôlable de la population et de la capacité industrielle. »

Certes il existe d’énormes disparités de consommation individuelle et cela est parfaitement injuste. Ces disparité doivent être combattues avec la dernières des énergies, sachant quand même que 90 % des Français font partie des 10 % les plus riches sur Terre en PIB par habitant. Mais cela ne change rien au résultat : la « Moyenne X Nombre d’humains » reste un prescripteur macroscopique de la pression humaine sur la planète. En termes simples, on ne peut pas indéfiniment croître dans un monde fini. C’est comme cela, c’est physique et on peut sauter sur sa chaise, se rouler par terre en pleurant ou se bander les yeux, cela ne changera rien. En réalité, ce n’est pas le bien-être de nos concitoyens qui préoccupent les accros à la croissance, mais ils représentent soit des tenants de considérations métaphysiques archaïques, soit des intérêts économiques qui ne concernent qu’une infime minorité, soit une volonté impérialiste, soit l’impasse de la fuite en avant. Repousser l’échéance des prises de décisions courageuses conduit à faire supporter les conséquences de notre inertie sur les générations futures.

Étrangement l’écologie politique refuse d’affronter cette réalité pourtant bien identifiée par ses illustres pionniers : Darwin, Callicott, Meadows, Jonas, Naess et tant d’autres ! Arne Ness nous propose dans sa plateforme de l’écologie profonde :

« L’épanouissement de la vie et des cultures humaines est compatible avec une diminution substantielle de la population humaine. L’épanouissement de la vie non-humaine requiert une telle diminution. »

Mais qui va décider de ce qui est excessif quand l’accroissement de la population mondiale génère chaque année toujours plus de mécontent qui vocifèrent « qu’ils n’ont jamais assez », dont 7 milliards légitimement ? Qui décide de ce qu’est le nombre approprié ? Quelle limite s’imposer si le postulat de départ est que l’homme est l’intendant désigné, usant d’artefacts. Il est certain que les démagogues vont chercher à nous faire peur, par exemple du fait du vieillissement de la population. Le vieillissement, symbole de catastrophes que tous les natalistes, les nationalistes, les religieux et les groupes de pression shootés à la chair à canon portent fièrement en avant. Ils sont choqués que des hommes et des femmes puissent renoncer à faire de nombreux enfants par un choix libre et conscient. L’idée que les femmes pourraient disposer de leur corps leur est insupportable au nom de préjugés religieux ou machistes. Le vieillissement est inévitable, et alors ? Ce n’est rien d’autre qu’une phase transitoire pour revenir à l’équilibre écologique et économique. Mais c’est un fait incontournable. Il faut deux générations pour ramener la population à un niveau de pression supportable pour la planète.

La démographie étant par nature sujette à une forte inertie, l’effort à consentir ne saurait souffrir la moindre procrastination. Puisque ce sont les 10 % les plus riches qui s’approprient la majorité des moyens et contribuent le plus à l’artificialisation… alors ce sera à eux, à nous, de donner l’exemple de la sobriété démographique. Des âmes bien pensantes nous expliquent qu’il suffirait que ces 10 % consomment un peu moins pour régler le problème : affabulation ! Soit ils sont inconscients des ordres de grandeur des efforts à consentir pour ces 10 %, soit ils cherchent en fait à maintenir le système en place favorable aux nantis. L’enjeu en France n’est pas de baisser de quelques pour cent le niveau de vie de 10 %, mais de le diviser par un facteur quatre environ pour 90 % des Français. Une telle perspective n’est pas socialement acceptable dans un régime démocratique. Mais vous ne pouvez conserver le même pouvoir de vivre que si le PIB diminue pour autant que le nombre d’habitants diminue exactement dans la même proportion que le PIB, c’est-à-dire de façon homothétique. Alors la décroissance ne serait pas synonyme de déclassement ou d’appauvrissement.

L’objectif d’aboutir à 1,5 milliards à 2 milliards d’humains, c’est-à-dire le niveau de l’ère préindustrielle, n’a rien d’irréaliste. Il suppose une fécondité d’un enfant par femme en moyenne (et un seul enfant par homme) pendant deux générations. Dans un souci d’efficacité rapide, cet objectif doit être atteint en priorité dans les zones géographiques où les individus disposent d’un fort pouvoir de consommer. L’objectif est déjà dépassé dans certains pays, la Corée du sud par exemple. Dans les pays dont la croissance démographique reste bien trop forte, on doit leur proposer toute l’aide nécessaire en vue de l’émancipation de leur population féminine (droit à l’éducation, à la contraception, à l’avortement…).

La mise en œuvre des décisions de décroissance homothétique relèvent avant tout de la prise de conscience individuelle, prise de conscience facilitée par la réflexion collective. L’espèce humaine a pour premier devoir de maîtriser sa démographie et sa consommation de ressources afin de les rendre compatibles avec les limites planétaires et avec le respect des règles propres à une Libre Évolution. Les générations futures constituent un sujet de droit ayant des intérêts propres, en particulier celui de vivre dignement dans le futur. Leurs intérêts devront être défendus devant une juridiction dédiée.

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LE MONDE deviendrait-il malthusien ?

Marie Charrel, journaliste du MONDE, se rapproche du malthusianisme. C’est assez nouveau dans les colonnes du MONDE, traditionnellement nataliste et effrayé par la baisse de fécondité. Comme si la planète avait besoin d’une population humaine de plus de 8 milliards de personnes ! Il faut réduire notre fécondité pour revenir à un niveau de population compatible avec les ressources naturelles.

Marie Charrel : Selon les dernières projections d’Eurostat, la population de l’Union européenne, qui comptait 450,4 millions d’habitants au 1er janvier 2025, devrait culminer à 453 millions en 2030, avant de décliner et de tomber sous la barre des 420 millions à la fin du siècle.En France, l’Insee estime que la population active atteindra son pic autour de 2035, et diminuera au-delà. Notre civilisation bâtie sur l’accumulation est incapable de penser le « moins ». Le « plus » est synonyme de progrès et le repli, de mortifère. La plupart des mouvements d’extrême droite partagent la même obsession pour le déclin des naissances. Emmanuel Macron avait évoqué en janvier 2024 le « réarmement démographique » comme une priorité.

Faire mieux pour moins de monde peut pourtant être un chemin positif, à condition de poser les bonnes questions et de revoir nos logiciels de pensée. C’est, surtout, la seule voie possible et pacifiste sur une planète aux ressources limitées…..

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LE MONDE donne la parole à une nataliste

extraits : Une nataliste au sein du parti d’Édouard Philippe, un(e) de plus. Voici la tribune que LE MONDE lui offre. Isabelle Rauch, députée (Horizons) de la Moselle : « Dans ma circonscription, pour la première fois, on a des places de crèche vacantes ». Le symbole est fort. Ce qui manquait hier par défaut d’infrastructures manque aujourd’hui… faute d’enfants. Les clubs et les associations sont de véritables baromètres sociaux, révélant les conséquences concrètes du vieillissement de la population et de la baisse de la natalité. Il est temps de relancer le débat sur la dénatalité et le soutien à la parentalité….

Éditorial du MONDE, idéologiquement nataliste

Éditorial : Le modèle social au défi de la baisse de la natalité. En résumé : La France est entrée à son tour dans un hiver démographique… La baisse régulière du taux de fécondité n’est plus capable d’assurer le renouvellement des générations… La situation doit alerter, car une démographie déclinante et vieillissante menace la stabilité socio-économique du pays… Un cercle vicieux est à l’œuvre : la baisse du nombre des actifs fait que les efforts qu’ils fournissent pour financer la protection sociale (retraites et santé) sont de plus en plus importants… Le vieillissement amenuise la prise de risque ; le rythme de la croissance et de la productivité ralentit… Le « réarmement démographique » de Macron était ciblé sur des mesures trop limitées pour provoquer le sursaut espéré… Le désir d’enfant a besoin d’un environnement propice pour se concrétiser. Allocations et exonérations sont nécessaires… Fonder une famille nécessite de rééquilibrer les politiques publiques en direction des actifs et de la jeunesse : logement adapté, modes de garde, pouvoir d’achat.

Baisse des naissances, LE MONDE est contre !

extraits : Lors de sa conférence de presse le 16 janvier 2024, Emmanuel Macron a promis un « réarmement démographique » en évoquant notamment la création d’un « congé de naissance » proposé aux deux parents, qui serait plus court, mais mieux rémunéré que le congé parental actuel, ainsi qu’un plan de lutte contre l’infertilité. Le quotidien LE MONDE salue cette initiative, son éditorial s’inquiète de la baisse de la natalité ! Ce journal « de référence » ne sait pas que la France est surpeuplée et semble ignorer ce que les Malthusiens appellent pyramide de Ponzi démographique : plus d’enfants aujourd’hui pour payer les retraites, c’est encore plus de retraités demain….

Des médias natalistes, même LE MONDE

extraits : Ces journaleux du MONDE n’ont de la complexité de la question démographique qu’une pensée unique : « La natalité ne repart pas cette année, cette situation fragilise l’équilibre social et financier du pays… Plus grave encore, le phénomène s’est installé dans le temps depuis plusieurs décennies, l’objectif du renouvellement des générations ne semble plus qu’une chimère… Le système de retraite ne pourra pas tenir … Le déclin de la population active limite le dynamisme du marché du travail et plombe le potentiel de la croissance de long terme… » Aucun contre-poids de ces affirmations idéologiquement orientées, ce qui est très rare dans les articles du MONDE qui ménagent habituellement la chèvre et le chou….

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La douloureuse question migratoire

La question migratoire déchire l’opinion publique…

Julia Pascual : L’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) distille des études sur l’immigration, livrant clés en main des éléments de langage à quiconque voudrait agrémenter le débat public de considérations alarmistes. Avec un succès certain. Son directeur est régulièrement convié sur les plateaux des médias. Il obtient fréquemment la reprise de ses tribunes et publication. L’OID devient un « organisme de référence » ; une consécration pour cette structure que personne ne connaissait avant 2023. Il y avait « une place à prendre dans le marché des idées ». A en croire son directeur, l’OID propose « une vision rationnelle et dépassionnée, fondée sur la rigueur scientifique et l’efficacité politique ». Il revisite des travaux de la statistique publique. Pour marteler ses idées, l’OID s’appuie sur des « chiffres béliers » : seuls 34 % des immigrés arrivés en 2023 occupaient un emploi en 2024, ou encore 580 millions de personnes dans le monde sont éligibles au droit d’asile en France. L’observatoire prend à rebours le « rassurisme qui relativise l’ampleur des flux ».

On sait mal comment l’OID se finance. On sait pour sûr qu’il bénéficie depuis 2023 du fonds Périclès, du millionnaire réactionnaire et partisan du rapprochement entre la droite et l’extrême droite, Pierre-Edouard Stérin. Si l’OID se prévaut d’un « conseil scientifique », un seul de ses membres, Gérard-François Dumont, est docteur en sciences économiques. Il est par ailleurs connu pour présider la revue nataliste Population et Avenir.

Le point de vue des écologistes

Faux débat : que les immigrés viennent pour faire tourner l’économie ou, au contraire, pour manger la pain des Français est un débat accessoire. Le fond du problème est de savoir si la France est déjà surpeuplée et nécessite par conséquent une décroissance démographique. Si oui, il faut fermer complètement les frontières, ce qui incitera les pays d’émigration a réguler leur propre population. Mais si on suit la logique du chacun pour soi, cela veut dire aussi que la France devienne autonome par rapport à ses besoins alimentaires et énergétiques… En termes clairs, sans pétrole, beaucoup moins de voitures individuelles et beaucoup moins de pouvoir d’achat.

La France et le monde sont face maintenant à des choix cruciaux sur une planète dévastée par le croissancisme économique et démographique.

Le point de vue des commentateurs sur lemonde.fr

iIl est rare qu’un article du MONDE recueille autant de commentaires (près de 400) et autant d’oppositions frontales

Libertas (261 avis positifs sur 391 commentaires)

L’acharnement du journal LM contre toute organisation mettant en évidence les excès ou les effets parfois négatifs de l’immigration relève de la pathologie. Une grande majorité de Français constate cependant l’augmentation de l’insécurité, le coût de l’assistanat et l’engorgement des services de santé qui a entraîné une baisse de la qualité des soins. LM préfère sa croisade quasi-quotidienne anti-Bolloré et anti-Stérin dans la ligne de son combat contre une extrême droite fantasmée au détriment d’une information objective et s’éloigne de plus en plus de la ligne fondatrice de ce journal. Il est encore temps de faire marche arrière et d’ouvrir les colonnes de ce journal à d’autres voix que celle de la gauche radicale. De nombreux lecteurs, fidèles comme moi depuis des décennies et aujourd’hui atterrés, s’en réjouiraient..

Démocratie vivante (132 avis positifs)

L’article est complet, très bien rédigé et devrait inquiéter les esprits cartésiens. Curieusement, il génère l’hostilité d’une majorité d’abonnés ou de pseudo-abonnés qui sont ici pour faire du lobbying. Depuis 18 mois, on constate une forte recrudescence de commentaires influencés par l’extrême droite dans LM, chose qui n’existait quasiment pas au préalable. Il ne s’agit bien évidemment pas d’un hasard, mais de l’une des ramifications de Péricles. Dans tous les espaces de débat public, les disciples de Stérin officient pour influencer les croyances et l’idéologie des Français. Et de toute évidence, cette croisade manipulatoire fonctionne.

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L’immigration… si possibilité d’intégration

extraits : Didier Leschi est un ancien militant d’extrême gauche à la fin de années 1970. Il est nommé fin décembre 2015 directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration : « L’État social peut-il accueillir tous ceux qui y aspirent ? Peut-on ignorer que le taux de pauvreté des migrants pèse sur une offre de logement social insuffisante, sur des services de soins déjà sous tension et au sein d’écoles où la mixité des conditions fait défaut ? Pourquoi éluder les difficultés de l’intégration ? La raison sensible des peuples leur dit que les migrations, issues des chaos du monde, peuvent déconstruire les sociabilités au profit de multitudes au sein desquelles le repli sur des communautés d’origines empêche toute convergence dans des causes communes…. »

Loi sur l’immigration, où est l’écologie ?

extraits : « Génération Écologie » condamne avec la plus grande force la loi sur l’immigration adoptée le 19 décembre 2023 par le Parlement : «  Il s’agit d’une loi de régression inédite, contraire aux valeurs républicaines… » Cette référence aux valeurs fait l’impasse sur la question de déterminer si des restrictions à l’immigration sont fondamentalement écolos ou complètement réactionnaires….

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La difficile gestion de l’immigration (avril 2023)

Réguler l’immigration, est-ce du racisme ? (mars 2023)

démographie et migrations environnementales (février 2023)

Démographie et immigration, 2 sujets tabous (janvier 2023)

Migration comme solution au déclin, délirant (2022)

L’arrêt forcé des migrations se mondialise (2021)

Politique écologique et migrations (2020)

Problème, anti-migrants ou anti-immigration ? (2020)

LFI hésite à parler vrai sur la fin des migrations ! (2018)

Immigration, l’écologie politique est-elle humaniste (2018)

La fin des migrations sur une planète close et saturée (2018)

Une nouvelle dimension aux migrations, insupportable (2017)

Que faire pour limiter les flux d’immigration/émigration (2016)

L’immigrationisme pousse à la guerre de tous contre tous (2016)

Liberté…, immigration – la France à l’heure des choix (2016)

Immigration, débat entre malthusiens et écosocialistes (2015)

Immigration : Europe passoire ou Europe forteresse ? (2015)

Le durcissement australien en matière d’immigration (2015)

Les Suisses ont voté halte à « l’immigration de masse » (2014)

En Suisse, le peuple devra trancher sur l’immigration (2014)

Fr. Hollande, l’immigration et la saturation de l’espace (2014)

La fin des migrations, en Europe et ailleurs (2013, Mayotte)

ECOPOP, limiter l’immigration pour protéger la nature (2012)

arrêt des migrations et ressources vitales (2011, Malek Boutih)

l’écologie contre les migrations (2011)

la fin des migrations (2010)

L’immigration fera l’identité nationale (2009)

immigration zéro (2007)

La considération du point de vue écologique amène à une analyse singulière du phénomène des flux migratoires entre le Nord et le Sud. Si l’immigration en provenance des pays pauvres est un phénomène positif du point de vue de l’émigrant, qui trouvera peut-être de meilleures conditions de vie, mais aussi du pays d’accueil qui trouve des « bras » supplémentaires pour payer les retraites du papy boom, un phénomène vicieux du point de vue démographique vient affecter cette belle harmonie.

En effet, si un pays interdit tout départ de sa population, ce que fait la Chine communiste, alors il est obligé de parvenir à la maîtrise de sa démographie. Il apparaît ce que la sociologie appelle un « effet cocotte-minute » qui pousse les autorités à prendre des mesures conséquentes – à être responsable démographiquement -, d’où la politique de l’enfant unique. Sinon la cocotte saute, le peuple est dans la rue. En revanche dans le cadre de liberté de flux migratoires, une permissivité totale est laissée au taux de fécondité du pays puisque le surplus, l’excédent d’êtres humains ne trouvant pas de travail sur le pays de départ, partira pour en trouver dans les pays d’accueil. Le phénomène de cocotte-minute est inexistant, ce qui libère l’autorité de la tâche de contrôler la démographie du pays, et accélère l’expansion démographique mondiale.

Le droit de se déplacer selon son désir individuel empiète sur les capacités de la Biosphère, les humains ne peuvent continuer à cohabiter humainement avec des migrations de masse. Alors que les humains ont atteint les limites de toutes les frontières, y compris celles de la planète, ils doivent dorénavant se contenter du territoire où peuvent s’exprimer leurs solidarités de proximité. Les Inuits n’émigraient pas, leur terre recouverte de son manteau neigeux huit mois sur douze leur paraît trop précieuse.

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Nigeria, le fléau de la malnutrition

Encore un article du MONDE où on parle de tout sauf de la cause profonde de la malnutrition, la surpopulation. Mais les commentateurs sur lemonde.fr rétablissent la réalité.

Mustapha Kessous : Les enfants pleurent presque en silence. Ils sont hospitalisés dans des centres gérés par Médecins sans frontières (MSF). Le Nigeria est frappé par l’une des plus graves crises nutritionnelles au monde. Les plus malnutris souffrent de marasme, un déficit extrême en calories, ou de kwashiorkor (30 % des cas), une profonde carence en protéines.  Il y a plusieurs phases dans l’hospitalisation, d’abord, le « triage ». Un infirmier enroule presque machinalement un ruban de plastique autour d’un bras trop fin. Ce bracelet est gradué en trois couleurs. Vert : tout va bien. Orange : danger modéré. Rouge : la vie est en jeu. Dans ce coin du Nigeria, le verdict est trop souvent rouge. Selon l’Unicef, 33 millions de Nigerians, sur 237 millions d’habitants, sont en situation d’insécurité alimentaire, un record mondial dans ce pays le plus peuplé d’Afrique. Parmi eux, près de 3,5 millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère – le degré le plus extrême. Un enfant vient de mourir. La mère, qui a déjà six enfants, doit dissimuler le petit corps pour pouvoir prendre un transport collectif. Si on voit qu’il est mort, on ne voudra pas voyager avec lui…

Plusieurs facteurs expliquent l’ampleur de la crise. Économiques d’abord : la libéralisation du naira, la monnaie locale, et la fin des subventions sur le carburant ont fait flamber les prix alimentaires et porté l’inflation au-delà de 30 % en 2024. Et le climat : sécheresses, inondations et pluies détruisent les récoltes, aggravant la période de soudure – stock entre deux moissons – de mai à octobre, laissant ainsi des millions de familles sans nourriture suffisante. Un mélange de pratiques traditionnelles, de pauvreté, d’analphabétisme et des normes culturelles dominantes aggravent encore la situation. 

Le point de vue des commentateurs sur lemonde.fr

Floréal : Un indice de fécondité de 4,3 enfants par femme (INED) !

Michel Sourrouille : « Un enfant vient de mourir. La mère a déjà six enfants. » Six enfants de trop donc, ce qui aurait permis à l’enfant unique de bien vivre si tous les Nigérians faisaient de même. Quel est l’état du planning familial au Nigeria, l’article n’en dit rien… Y a-t-il surpopulation générale, l’article n’en dit rien…

Fiat Lux : Le Nigeria est passé de 45 millions d’habitants en 1960 à 220 en 2021 – comme si la France était passée de ses moins de 47 millions en 1960 à 230 millions en 2021. Et les projections de l’ONU donnent 375 millions au Nigeria en 2050. Mais la natalité incontrôlée n’est jamais le sujet, n’est-ce pas ?

Résident temporaire : Avec la surpopulation non maîtrisée, à un rythme complètement décorrélé de la croissance économique, c’était inévitable, prévisible et prévu. Depuis plus de 10 ans on savait que ça arriverait. Tout comme on sait que d’ici 2040 l’Afrique subsaharienne sera globalement un continent sinistré à cause de son explosion démographique. Les démagogues démographes, qui ont horreur du mot surpopulation, y voyant des relents de racisme et de colonialisme, n’y seront pas pour rien. Mais chhhhuuuut…

scrongneugneu : Arrêter de nous culpabiliser. Ce n’est pas notre problème, mais le leur, uniquement le leur. Les solutions : contrôle de la natalité, arrêt de la corruption, investissement des revenus pétroliers (le Nigeria plus gros producteur d’Afrique avec 1,7 millions de barils/jour) dans le planning familial, l’instruction pas l’éducation (non religieuse), etc. Pas besoin d’aide avec les revenus pétroliers gigantesques qui s’évaporent. Et n’oubliez pas de mentionner le Biafra : 1 à 2 millions de morts de faim en 2 ans, tout cela se passait au Nigeria, une guerre civile ethnique… déjà.…

André Cornély : L’homme le plus riche du continent africain, Aliko Dangote, a annoncé que la plus grande raffinerie d’Afrique, située au Nigeria, allait doubler en trois ans sa capacité pour en faire «la plus grande raffinerie au monde», dépassant la raffinerie indienne de Jamnagar. «Nous sommes en train de plus que doubler les barils… à 1,4 million contre 650.00… Cette expansion reflète notre confiance dans l’avenir du Nigeria, notre foi dans le potentiel de l’Afrique et notre engagement à bâtir l’indépendance énergétique de notre continent»

Avi38 : Les hommes font de nouveaux enfants à leurs femmes alors qu’ils ne sont pas capables de nourrir les enfants déjà nés. C’est l’égoïsme des hommes qui cause la souffrance des femmes et des enfants.

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Le Nigeria mis en coupes réglées

extraits : Des raids pour le vol de bétail sont mené sans relâche, les paysans doivent même s’acquitter d’une « taxe sur la vie ».Quand les récoltes approchent, les bandits collectent encore leurs taxes.Le concept de « surpopulation » reste un tabou médiatique pour LE MONDE, aucune référence directe à cette causalité suprême dans cet article de Jean-Philippe Rémy. Pourtant les chiffres ne peuvent que donner le vertige. Il y avait moins de 38 millions de Nigérians en 1950, le pays en comptait 190 millions en 2018, 220 milions aujroud’hui si on en croit cet article.. et l’ONU en prévoit 410 millions d’ici à 2050, et encore le double en 2100….

Nigeria, un géant d’Afrique à la dérive

extraits : Les signes d’un chaos économique n’ont jamais semblé si concrets. L’activité économique a crû de 1,4 % par an en moyenne, bien moins vite que la croissance de la population (2,5 %). Cela signifie qu’en termes réels, les Nigérians ordinaires se sont appauvris. Entre 80 millions et 90 millions de personnes vivent avec moins de 2 dollars par jour et leur nombre ne cesse de croître sous l’effet d’une inflation galopante (19 % en 2022). Ménages et entreprises doivent composer avec des infrastructures défaillantes…

nos articles antérieurs

Le Nigeria, miné par la surpopulation (octobre 2021)

La France en 2049 sera le Nigeria de 2019 (février 2019)

Pétrole nigérian, sang de jésus ou merde du diable ? (Janvier 2012)

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Des étudiantes face à la surpopulation

Les enjeux de la surpopulation

Par Mélissa Gillot & Perrine Mornand,

étudiantes ESTA Belfort, 06/2020

(résumé) De nos jours, la population ne cesse d’augmenter avec aujourd’hui plus de 7.78 milliards d’habitants (UN.org 2020). Le nombre de naissances toujours supérieur au nombre de morts montre que la tendance mondiale ne va pas changer d’ici peu. Or, la planète possède un nombre limité de ressources et la surpopulation peut avoir de nombreux impacts sur celles-ci. Préserver notre environnement, notre planète, et les futures générations sont maintenant au cœur des discussions et il est nécessaire de trouver des solutions face à la surpopulation pour les années à venir.

Le premier effet majeur causé par la surpopulation est l’épuisement des ressources naturelles. Une des causes de l’épuisement, est, bien évidement la consommation. Si nous ajoutons à cela le facteur que notre démographie mondiale est amenée elle aussi à croître nous pouvons facilement imaginer l’épuisement total [des ressources] dans les années à venir. Le deuxième effet néfaste de la surpopulation est la dégradation de l’environnement. De façon apocalyptique nous pourrions dire qu’avec la surexploitation du charbon, du pétrole, du gaz naturel ainsi que l’augmentation du nombre de véhicules et du nombre d’industries, des effets graves et négatifs ont impacté notre environnement. Un troisième effet dû à la surpopulation peut avoir lieu : les conflits et guerres. Le manque de ressources est amené à se faire sentir et les conflits pour le partage des ressources va s’accroître. Un quatrième effet serait l’augmentation du chômage

Quelles solutions seraient à envisager ?

Le manque de sensibilisation du surpeuplement dans les pays développés ou en voie de développement est à prendre en compte. L’éducation est une des premières solutions bénéfiques à la surpopulation. Une deuxième solution serait de sensibiliser les gens au planning familial. Il faut communiquer sur les méthodes contraceptives disponibles pour éviter toute grossesse non désirée et ouvrir le dialogue sur l’avortement et la stérilisation volontaire.Une troisième solution peut être envisagée, les avantages fiscaux ou concessions. Cela pourrait consister à réduire les taux d’imposition pour les couples qui ont un ou deux enfants.

Ce sujet est très intéressant, mais également très compliqué. Qui sommes-nous pour interdire à un couple de fonder une famille ? Il ne s’agit pas de propagande « contre les naissances », mais de diffuser le message comme quoi la terre est en surpeuplement et les risques que cela engendre. C’est de la prévention. Grâce à des campagnes de prévention contre la surconsommation de viande, il est forcé de constater de plus en plus de gens réduisent ou suppriment cet aliment de leur quotidien. Or, aucune loi n’est en vigueur sur l’arrêt de consommation de viande et pourtant les chiffres et les faits sont là.

Pour conclure, la surpopulation est un phénomène non négligeable à résoudre pour que nous puissions vivre de manière correcte dans les années à venir. Celle-ci est encore trop peu évoquée que ce soit à l’école, dans les réunions des plus grands chefs d’état, dans les campagnes de sensibilisation au réchauffement climatique, dans les organisations écologiques.

source : https://laconsciencedesetudiants.fr/2020/05/27/demographie-quels-sont-les-enjeux-de-la-surpopulation/

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pour une décroissance démographique

Manifeste pour une décroissance démographique

analyse de notre correspondant Marc Gillet

Table des matières

1) Surpopulation : un sentiment généralement partagé, mais peu ressenti

La plupart des français pensent que le monde est surpeuplé. En réalité la question ne leur est jamais posée par sondage. L‘Institut Montaigne (2024) a fait réaliser un sondage à la suite du net recul des naissances (-7 %) annoncé en France pour 2023. La question de la surpopulation n’était pas posée, considérée sans doute comme non pertinente par les commanditaires de cette étude. On observe que peu de nos concitoyens estiment avoir trop de monde autour d’eux, excepté dans des situations particulières, par exemple quand ils sont en vacances et veulent jouir d’une certaine tranquillité. Il semble que le sentiment de surpopulation soit plutôt le reflet de préoccupations plus larges, telles que l’immigration ou la densité de population dans les grandes villes. Les campagnes au contraire, où la densité de population n’a cessé de décroître depuis le début de l’ère industrielle, sont généralement considérées comme sous peuplées.

Pendant la période sacrée des vacances, on se plaindra des embouteillages, des coûts de stationnement (surpopulation automobile !) et de l’envahissement des sites naturels (il faut faire la queue pour monter au Mont Blanc, le chemin de l’Everest est jonché de détritus, …) et historiques (Le Mont St Michel, Venise, …), mais la plupart seront heureux d’aller sur des plages bondées et bruyantes. Le fait que la surpopulation en France ne soit pas personnellement ressentie par beaucoup de nos concitoyens ne constitue pas une preuve qu’elle n’existe pas. En réalité, parmi les autres sujets qui inquiètent les français, la plupart sont liés à la surpopulation, sans que cela ne soit perçu : changement climatique, perte de biodiversité, difficultés à assurer la fin du mois, chômage, immigrations, criminalité, etc. C’est pourquoi il est important de comprendre les conséquences de la surpopulation et d’examiner comment une action sur la démographie pourrait contribuer à améliorer la situation, notamment dans la qualité de la vie.

2) Le monde et la plupart des pays sont surpeuplés

En 2024, la population mondiale était de 8,2 milliards d’habitants, avec environ 140 millions de naissances pour 60 millions de décès, soit une croissance annuelle de 80 millions d’individus, ce qui correspond à un taux de croissance de 1%. L’ONU a présenté en 2024 de nouvelles projections d’évolution de la population mondiale jusqu’en 21001. Selon l’estimation moyenne, la population mondiale atteindrait 10,2 milliards d’habitants en 2100, avec un intervalle de confiance allant de 9 à 11,5 milliards.

Les experts se demandent alors comment concilier, au cours des décennies qui viennent, un tel niveau de population, l’amélioration générale du niveau de vie, l’arrêt des émissions de gaz à effet de serre et la préservation de la nature. Que restera-t-il des ressources naturelles quand ces 9 milliards d’humains auront consommé voracement pendant 75 ans toutes les ressources auxquelles ils auront accès ? Nous avons déjà outrepassé les limites de ce que peut offrir la planète, et cette situation nous conduit à une catastrophe majeure si les choses ne sont pas prises en mains.

De nombreux pays d’Afrique ont de fortes réserves de biocapacité en raison de la faible consommation alimentaire individuelle de leurs habitants due à leur pauvreté. Cela ne signifie pas pour autant que ces pays soient sous-peuplés, puisque leur empreinte écologique augmenterait fortement en cas d’amélioration du niveau de vie de leurs habitants et d’augmentation de leur nombre. De manière générale, les questions de la population, de la consommation et de la production ne peuvent pas être traitées indépendamment.

Il faut ajouter les conséquences de la surpopulation sur les humains eux-mêmes, limitation de certaines libertés, instauration de coûts et de taxes, propagation de pathologies, … La FAO estime que 2,3 milliards de personnes, c’est à dire 28 % de l’humanité, étaient en état d’insécurité alimentaire en 2024, c’est-à-dire ne disposaient pas d’une alimentation suffisante. Peut-on croire que notre système économique libéral permettra une réduction substantielle de l’alimentation carnée, qui est une des premières conditions pour atteindre ces objectifs ? Les classes aisées continueront à demander de la viande, et le marché suivra. Par ailleurs, les agriculteurs auront-ils la capacité et la volonté de se mettre à la permaculture ? Trouvera-t-on des substituts aux engrais azotés et phosphatés ? Saura-t-on mettre un terme à la déforestation exercée par l’agriculture traditionnelle dans de nombreux pays d’Afrique ? Peut-être en viendra-t-on aussi à de nouvelles technologies, comme les cultures hydroponiques, même si elles exigent de l’énergie, et à manger du krill et des insectes !

3) Le déni des organisations écologistes et de la gauche

Comme le constate Didier Barthes2, les partis politiques, les associations, les médias, sont très majoritairement hostiles à l’idée que la planète serait surpeuplée. Ce n’était pas le cas naguère, mais depuis les années 1990, on assiste à un effacement du débat sur la démographie, au moment même où l’écologie en France s’est positionnée à gauche en faveur d’un engagement social. Des organisations comme Greenpeace ou le WWF refusent tout débat sur la question démographique, qu’ils estiment de nature à faire porter la culpabilité sur les pays pauvres et de susciter des réactions racistes. Ils estiment que c’est aux riches de fournir des efforts, en omettant qu’ils sous-entendent par-là que les pauvres doivent rester pauvres.

La gauche reste marquée par les polémiques qui ont eu lieu entre Karl Marx et Malthus au XIXème siècle. Pour Malthus, la croissance exponentielle de la population était une loi naturelle, conduisant inévitablement à la misère et à la faim, à moins d’être freinée par des contraintes morales (retard au mariage, abstinence) ou répressives (guerres, famines, épidémies). Pour Marx et Engels, la misère s’expliquait par l’exploitation capitaliste, qui avait intérêt à maintenir une population surnuméraire afin de faire baisser les salaires. Pour eux, la priorité n’était pas de lutter contre la surpopulation, mais de faire tomber le système d’exploitation capitaliste. Depuis cette époque, de nouveaux éléments sont apparus, que ni Marx ni Malthus ne pouvaient anticiper.

En premier lieu, la disponibilité d’une énergie bon marché avec le pétrole et l’amélioration de la productivité agricole ont repoussé momentanément les limites que Malthus avait prédites. Ces limites se manifestent aujourd’hui de manière aiguë, et rien de laisse espérer que des améliorations techniques permettront de les repousser à nouveau. Contrairement aux espoirs de Marx, le capitalisme a maintenu son emprise sur le Monde, mais conformément à son analyse, il a continué à produire une population indigente par le mécanisme de l’accaparation de la plus-value.

4) Aller à terme vers des populations stables et soutenables

Si l’on estime qu’une population stable, compatible avec une nature préservée et un niveau de vie décent pour tous, devrait constituer un objectif à terme, les seuls paramètres sur lesquels la morale permet d’agir, et encore dans certaines limites, sont le nombre de naissances et le bilan migratoire. Mais il n’existe pas d’évaluation convaincante de ce que serait le nombre optimal d’habitants en France, ni de ce que serait le nombre maximal acceptable. Quelques auteurs se sont risqués à avancer des niveaux de population mondiale acceptables, et Jacques Véron3 analyse les évaluations de la population limite vues par différents auteurs. Le commandant Cousteau (1992) estimait ce nombre à 600 millions. Bertaux (2018) l’estime à 2 milliards, l’association Démographie Responsable à 3 milliards… Si l’on se réfère au Jour du déficit écologique, la population française serait environ deux fois trop nombreuse pour son niveau de consommation actuel, et devrait donc être réduite à 30 millions d’habitants environ.

Il faut compter le temps d’une génération pour que des politiques et mesures dans le domaine de la démographie aient un effet sensible. Les décisions politiques relèvent des gouvernements des États. Ceux-ci devraient assumer leurs responsabilités dans le domaine de la démographie, pour qu’à terme la population de chaque pays soit stabilisée à un niveau raisonnable, en agissant dès aujourd’hui sur la natalité et les migrations, tout en allongeant bien sûr autant que possible l’espérance de vie des personnes dans des conditions dignes. Pour cela, les naissances en trop grand nombre devront être découragées, et les flux de population entre pays maîtrisés dans le cadre d’accords internationaux préservant un équilibre des échanges.

Il est très difficile pour les États d’influer sur certains comportements, que ce soit la démographie ou la surconsommation. Les incitations récentes des dirigeants français successifs en vue d’augmenter le nombre de naissances sont contre-productives.

5) La répartition géographique des situations est à prendre en compte

La plupart des pays du monde sont surpeuplés. Ils sont aussi mal peuplés, puisque les populations s’entassent dans des villes offrant des services de base insuffisants quand ils existent. Dans la plupart des pays développés, dont la France, et certains pays en développement (Chine, Turquie, …), la décroissance de la natalité est déjà amorcée. Dans de nombreux pays moins développés, notamment en Afrique, la natalité est encore très élevée. Dans ces pays, ceux qui souffrent le plus de la démographie galopante sont les plus jeunes, qui le plus souvent n’ont pas accès à l’éducation et à un travail digne.

6) Le risque de sous-population n’existe pas

Aucun pays n’est aujourd’hui sous-peuplé, si ce n’est dans l’imaginaire de ses dirigeants. Les projections démographiques publiées par l’ONU sont construites sur la base d’une diminution progressive de la natalité, avec un taux de fécondité de 2,24 en 2025, décroissant régulièrement pour arriver à 1,84 enfants par femme en 2100. Les prédictions de décroissance de la natalité reposent sur des hypothèses. Mais si ce niveau de 1,84 était appliqué dès à présent, le maximum de population se situerait à 8,9 milliards en 2055 et en 2100, la Terre compterait encore 7,7 milliards d’habitants. Le niveau de population de 1950 (2 ,6 milliards d’habitants) ne se retrouverait que dans plus de 200 ans, vers 2340. Ceci montre qu’il n’existe actuellement aucun risque identifié d’extinction du genre humain à la suite d’une décroissance même très forte de la natalité.

Un développement très intense du planning familial dans le monde ne présenterait donc aucun risque pour la survie de l’espèce humaine et permettrait de réduire le nombre de bouches à nourrir dès les prochaines décennies.

7) Une certaine solidarité intergénérationnelle est-elle encore possible ?

Une des craintes mises en avant par ceux qui souhaitent une augmentation de la natalité est qu’avoir moins d’enfants constituerait une menace pour le financement des retraites. Or cet argument du financement des retraites ne tient pas.

Dans le cas français d’un financement par répartition, les retraites sont financées sur les cotisations sociales. La crainte agitée par les partisans d’une natalité forte est que le nombre de contributeurs aux prestations sociales diminuant, ceux-ci devront payer davantage de charges sociales pour maintenir le niveau de vie des retraités, et risquent de rechigner à payer. Toutefois cette crainte doit être tempérée si l’on tient compte de l’augmentation de la productivité du travail. L’appel aux migrants peut aussi permettre d’augmenter la production à moindre coût.

On remarquera que ce principe de solidarité intergénérationnelle nous vient d’une tradition antique, remontant à des époques où les aides sociales n’existaient pas,.

8) Vers quelle démographie devrait-on tendre ?

Dans le cadre des Nations-Unies, il n’existe actuellement pas de gouvernance unifiée, ni même de dialogue entre les États membres sur des objectifs possibles en matière de populations. La Division de la population de l’ONU se limite à défendre les droits des femmes en matière de procréation, sans s’engager sur des objectifs natalistes.

Pour préparer l’avenir, chaque pays devrait se fixer un niveau de population soutenable à atteindre dans un délai donné puis à conserver par la suite, correspondant à sa capacité d’assurer un niveau de vie satisfaisant à sa population, en préservant ses ressources naturelles et sans avoir recours au pillage des ressources d’autres pays. Les situations sont très variables selon les pays. La plupart des pays européens ont dépassé depuis longtemps le nombre d’habitants qu’ils seraient à même de nourrir en n’utilisant que leurs ressources propres. A l’inverse, beaucoup de grands pays en développement ont encore une capacité de production alimentaire qui dépasse largement leurs besoins, mais se trouvent sous la pression d’un exode rural lié à une très forte natalité dans les campagnes, qui viennent peupler les bidonvilles et se trouvent incapables de développer l’éducation de leur jeunesse pour en faire des travailleurs compétents.

Nous n’avons pas tenu compte ici des flux transfrontières, qui sont importants en nombre. En 2023 l’INSEE4 recensait l’entrée de 347.000 immigrés. Le flux sortant n’est pas encore connu après 2021, année où il était de 123.000 départs. Dans une population stabilisée, le nombre des entrées devrait être identique au nombre des départs.

Pour de nombreux des pays, notamment européens, la population actuelle est très supérieure à la population soutenable. La décroissance implique donc une réduction temporaire (sur une ou deux générations tout de même) du nombre moyen d’enfants par femme et de l’immigration.

9) Quelques propositions

À côté d’autres dispositions visant à préserver l’environnement, l’évolution démographique appelle des mesures draconiennes, qui peuvent heurter certains sentiments de liberté individuelle. L’ONU affirme actuellement que l’essentiel est d’assurer la liberté des femmes en matière de procréation, et ne formule pas de recommandations en vue de diminuer le nombre de naissances. Or comme nous l’avons montré la surpopulation constitue une grave menace non seulement pour le bien-être des générations futures, mais aussi pour leur liberté. Il est donc urgent de promouvoir résolument une diminution de la natalité.

Dans cet esprit, il est hors de question de stigmatiser ou de culpabiliser ceux qui ont des enfants, ni de promouvoir un objectif zéro enfant. La vie doit continuer et s’épanouir.

En respectant ces principes, il est possible d’avancer les propositions suivantes :

  • Obtenir que chaque pays se fixe un objectif de population stable, sachant qu’il ne sera sans doute atteint que dans plusieurs dizaines d’années.

  • Tout en laissant la liberté de choix aux géniteurs, supprimer les avantages familiaux aux ménages comptant plus de deux enfants, tout en accordant une prime et des avantages aux ménages qui n’ont qu’un ou deux enfants.

  • Réorganiser l’aide au développement pour diffuser le planning familial, et accroître l’aide internationale dans les domaines de la santé reproductive et de l’éducation en général

  • Réduire l’immigration, pour arriver à des migrations équilibrées, c’est-à-dire en nombres égaux dans les deux sens pour tout couple de pays.

1 https://population.un.org/wpp/

2 Michel Sourrouille, Surpopulation…Mythe ou réalité ? Edilivre, 2023.

3 Véron, Jacques : Faut-il avoir peur de la population mondiale ? Edition du Seuil, 2020.

4 https://www.insee.fr/fr/statistiques/3633212#tableau-Econtinent_radio1

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Madagascar : 3,87 enfant pas femme

Madagascar : 3,87 enfant pas femme en 2023, 400 000 jeunes arrivent sur le marché du travail chaque année, pour la grande majorité sans formation. L’accaparement de rentes de situation par une minorité de dirigeants aux intérêts mêlés entre l’Etat et le secteur privé entrave le développement du pays… LE MONDE parle de tout, sauf de la surpopulation !

Laurence Caramel : Le revenu annuel par habitant est passé de 459 dollars en 2018 à 448 dollars en 2023. La pauvreté urbaine a fortement augmenté au cours de la dernière décennie, laissant une jeunesse, de plus en plus nombreuse, désemparée. La Jirama – la compagnie nationale de distribution d’eau et d’électricité, ne peut assurer les services essentiels. Dans les quartiers de la capitale, les femmes attendent des heures durant devant les bornes-fontaines dans l’espoir de remplir leurs bidons. « Comment fait-on pour s’occuper dignement de ses enfants quand, pendant quatre jours d’affilée, pas une goutte d’eau ne sort du robinet ». La collusion entre l’Etat et quelques intérêts privés alimente la colère de la population. 400 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail.  Seulement 2,7 % des élèves poursuivent des études supérieures. Et, malgré leur diplôme, ils ont très peu de chances de trouver un travail. Les gouvernements successifs n’ont rien fait, les condamnant à n’avoir aucun avenir. Ils ont fabriqué une bombe à retardement et elle explose aujourd’hui.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Madagascar, trente femmes à l’origine

extraits : Madagascar était une île magnifique, dotée de richesses naturelles immenses, peuplée il y a quelque 1 200 ans d’un groupe très restreint, comptant une trentaine de femmes. Mais 5 millions d’habitants en 1960, 10 millions en 1985, plus de 25 millions aujourd’hui… avec une croissance démographique annuelle moyenne de 3,01 %. À ce rythme, la population va encore doubler d’ici 2040 : plus de 50 millions d’habitants ? Très peu de femmes ont accès la contraception. L’interdiction de l’IVG, même pour des motifs thérapeutiques ou en cas de viol ou d’inceste, maintient les femmes dans l’insécurité. Le mot « hypocrisie » s‘impose. Car dans chaque famille, on connaît au moins une femme qui a dû avorter et une pour laquelle cela s’est mal passé…

Madagascar, en route vers l’enfer

extraits : Si vous voulez faire du tourisme off shore, faites preuve d’une grande prudence à Madagascar en raison du taux de criminalité élevé et du risque d’instabilité politique. Même les manifestations qui se veulent pacifiques peuvent soudainement donner lieu à des actes de violence. Méfiez-vous des personnes qui se font passer pour des « guides ». Des bandes armées se livrent à des cambriolages de domicile et à des enlèvements, et opèrent dans des secteurs fréquentés par les étrangers. Des attaques se produisent sur les principales autoroutes. Les crimes sont courants. Etc, etc…

Pour en savoir encore plus, lire le livre de Michel Sourrouille,

SURPOPULATION

Afghanistan, France, Royaume Uni…

aucun pays n’est à l’abri

https://librairie.edilivre.com/essai/33438-surpopulation-9782414634231.html

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Ultime liberté, celle de mourir

En 2009, avec son compagnon et un ami psychiatre, Claude Hury fonde l’association Ultime Liberté, qui milite pour la légalisation du « suicide assisté ». Depuis le 15 septembre 2025, douze cadres de cette association, tous âgés de plus de 70 ans, assument d’aider ses adhérents à se donner une mort choisie. Ils comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils risquent jusqu’à cinq ou dix ans de prison. Il leur est reproché d’avoir monté au profit des adhérents de l’association une filière d’approvisionnement clandestine en pentobarbital, un barbiturique interdit à la vente en France. Aucun enrichissement personnel n’ayant été relevé, ils ne sont pas soupçonnés de trafic. Ils ne sont pas jugés non plus pour exercice illégal de la pharmacie ou propagande au suicide : les adhérents s’étant procurés du pentobarbital sont censés s’administrer le produit eux-mêmes

Claude Hury, 76 ans : « Après les premières grandes causes ayant traversé mon existence, liberté de sexualité, liberté de grossesse et liberté de métier, la dernière échéance, c’est la liberté de la mort. Un slogan féministe n’a cessé de me guider : « Mon corps m’appartient. ». Au sein de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité, j’ai été secrétaire générale en 2006. Mais cette organisation, centrée sur l’objectif d’un changement de la loi, est trop timorée à mon goût. On m’accuse : Complicité d’importation, contrebande ! Non, c’est de l’aide. Mon grand principe reste le respect absolu de la liberté de l’individu. L’association ne cherche pas à dissuader, ne cherche pas l’approbation d’un entourage, ne demande pas de dossier médical. On n’est pas médecins, je ne suis pas gendarme, chacun prend ses responsabilités. »

Le point de vue des écologistes libres de leurs choix

Bobo parisien : Bravo à cette femme courageuse et engagée, et à cette association, à soutenir sans réserves.

C. SAUVAGE : Pour les croyants ils rejoignent plus vite leur Dieu et pour les non croyants dont je fais partie, je préférerais en finir avant de devenir ce légume ou ce puits de souffrance physique ou psychologique… Que ceux qui ne veulent pas ce choix ne nous l’enlève pas !!!

O. Pinion : Pourquoi empêche-t-on aux personnes d’en finir dignement plutôt que de se jeter sous un train ou sous camion, de se tirer un coup de fusil dans la tête ou de se pendre ?

Benkium : L’efficace suicide par le train crée des retards dont les coûts économiques directs et indirects sont une perte significative de PIB. Les sauts d’un immeuble créent des risques de dommages collatéraux significatifs. En cas de survie du suicidant, un surcoût déraisonnable pour l’hôpital public et contraire à la volonté du patient.

Mrs Octopus : Une amie proche a eu recours à cette association, et s’est procuré ce produit létal il y a plusieurs années, pour des raisons qui lui appartiennent. Elle ne l’a jamais utilisé à ce jour. Elle a à présent 90 ans. Rien, de la part de l’association Ultime Liberté, n’a constitué un encouragement au suicide.

Arthur K. : Quand une personne demande un accompagnement, les bénévoles de l’association le rencontre, l’écoutent, le re-rencontre, parlent avec lui, et c’est un cheminement qui prend du temps. On a le droit de vouloir mourir quand on est en dépression. Notre vie nous appartient.

Achille Patacha : D’un côté le droit à l’avortement inscrit dans la loi, de l’autre la poursuite judiciaire de vieillards voulant aider d’autres personnes à terminer volontairement et dans la dignité leur vie. Ce procès c’est l’équivalent exact du procès de Bobigny il y a un peu plus de 50 ans. Même aveuglement et retard des lois.

JPG53 : Cette association devrait être reconnue d’utilité publique, ses fondateurs innocentés et même félicités pour leur courage et leur humanité

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Pour le suicide assisté en libre service

extraits : « J’ai aidé des personnes à se procurer à l’étranger du pentobarbital, le produit permettant de quitter la vie dignement. J’ai été mis en examen. Pourtant l’assistance au suicide est légale en France. D’abord pour des raisons de principe : le suicide n’étant pas un délit, l’assistance à un acte qui n’est pas un délit ne saurait en être un. C’est pourquoi les poursuites à ce sujet ont toujours recouru au subterfuge juridique d’un autre article du code pénal : celui qui punit la « non-assistance à personne en danger »…. (François Galichet)

Suicide assisté et Euthanasie volontaire

extraits : un texte du 18/01/2023 que nous a envoyé Marie-Laure et Jacques : « Le suicide assisté et l’euthanasie volontaire ne sont pas une question médicale et le corps médical n’est concerné qu’à la marge, et non de façon centrale comme dans la loi actuelle ou comme dans les réflexions sur une éventuelle évolution telles qu’elles paraissent s’engager. C’est une pure question de liberté dont devrait disposer chacun d’entre nous, liberté moralement limitée par le précepte « ne pas nuire à autrui », délimitée par la loi et si possible garantie par la Constitution. Nous demandons l’institution d’une aide légale à mourir (et non une aide dite ‘médicale’, ou dite ‘active’). Cette terminologie est plus globalisante et « rassurante », et fédère les expressions utilisables: suicide assisté, euthanasie demandée, mort délibérée (François Galichet), mort choisie, IVV (interruption volontaire de vie par analogie avec l’IVG)…. »….

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l’Éducation à la sexualité au programme

C’est l’une des principales nouveautés de la rentrée scolaire de septembre 2025 : l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars) est dotée pour la première fois d’un programme officiel, lequel doit être délivré à raison de trois séances par an à tous les élèves de la maternelle à la terminale… L’éducation à la sexualité répond aux missions spécifiques que la Nation confie à l’École en matière d’instruction, de sensibilisation et de développement des capacités de réflexion des élèves. Mais réfléchir à quoi ?

Dans son livre « La bombe P »,Paul Ehrlich écrivait en 1971 : « Nous avons besoin d’une loi qui rende obligatoire l’éducation sexuelle. Quand je parle d’éducation sexuelle, je ne pense pas à des cours d’hygiène ou bien des histoires du genre « fleurs et papillons ». Il s’agit de présenter la fonction reproductrice comme une composante parmi d’autres de l’activité sexuelle, qui demande à être maîtrisée selon les besoins de l’individu et de la société. L’humanité devrait trouver le moyen de réduire l’importance conférée au rôle reproductif du sexe. Il s’agira en particulier de découvrir des valeurs nouvelles pour remplacer ce sentiment de plénitude que la femme retire du don de la vie, et cette satisfaction de l’ego engendrée chez le père par le spectacle d’une nombreuse progéniture. »

L’éducation scolaire à la sexualité ne devrait pas faire l’impasse sur la question démographique et ses aspects globaux. On ne trouve même dans tout le programme  officiel mention de la notion de planning familial. Par contre le programme aborde « la diversité des structures familiales », y compris homoparentales, les différentes orientations sexuelles, la contraception et l’interruption volontaire de grossesse, ou encore des réflexions, au lycée, sur l’identité de genre… L’éducation à la sexualité contribue à la lutte contre les discriminations énoncées à l’article 225-1 du Code pénal et opérées entre les personnes sur le fondement « de leur sexe », « de leur identité de genre » et « de leur orientation sexuelle » (hétérosexualité, homosexualité, bisexualité, asexualité). On précise :

En seconde au lycée : À partir de témoignages, prendre conscience que l’identité de genre peut ne pas correspondre au sexe biologique

En terminale :

– Comprendre le sens des « marches des fiertés » destinées à donner une visibilité aux personnes LGBTQ+, au regard d’évènements qui marquent l’histoire de la lutte pour les droits (par exemple, les émeutes de Stonewall, la dépénalisation de l’homosexualité, le pacte civil de solidarité, le mariage des couples de même sexe) et des enjeux actuels (droits ; lutte contre les stigmatisations, discriminations, violences homophobes et autres ; visibilité).

– Réfléchir aux conséquences néfastes d’un « outing » qui constitue une atteinte à la vie privée sanctionnée par la loi. Établir le sens des termes « coming in » et « coming out » et identifier les enjeux associés.

NB : outing, action de dévoiler l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne LGBTI sans son accord.

Le programme officiel

https://www.education.gouv.fr/bo/2025/Hebdo6/MENE2503064A

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Éducation sexuelle et malthusianisme

extraits : Le premier projet de programme d’éducation à la sexualité en France a été publié le 5 mars 2024 sur le site du Conseil supérieur des programmes (CSP). Les trois séances annuelles d’éducation à la sexualité prévues tout au long de la scolarité ont été introduites par une loi de juillet 2001 relative à l’IVG et à la contraception. Depuis vingt-deux ans pourtant, seule une minorité d’élèves bénéficient de l’ensemble de ces séances. La droite conservatrice est opposée à ces enseignements qui doivent, selon eux, rester dans la sphère familiale. A l’inverse, le Planning familial, SOS Homophobie et Sidaction ont, eux, saisi le tribunal administratif de Paris, en mars 2023, pour que les trois séances prévues par la loi soient réellement effectives….

Éducation sexuelle, une nécessité écologique

extraits : Le libre choix d’avoir ou non des enfants a été nié pendant la majorité de l’histoire humaine, et encore aujourd’hui dans beaucoup de pays, même aux États-Unis. C’est pourtant une avancée majeure de l’évolution culturelle, grâce à l’éducation sexuelle et l’accès facile à la contraception. Aujourd’hui en France, l’éducation à la sexualité patine encore dans des questions de « genre » alors que l’ABCD de l’égalité et du malthusianisme devrait être enseigné à tous les élèves. Nos jeunes devraient savoir que nous franchissons la barre des 8 milliards d’êtres humains en 2022 suite à l’exubérance de notre sexualité et qu’il va donc falloir définir des limites : jouir sans procréer, et non jouir sans entraves…

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La Démographie Responsable en action

Démographie Responsable en action

Le militantisme de l’association Démographie Responsable connaît par nature deux difficultés depuis ses débuts et une troisième plus récemment.

–  la première résulte du fait qu’appeler à une certaine modération démographique nous fait (injustement) soupçonner de ne pas aimer les enfants, voire d’un certain ostracisme envers les familles nombreuses ou envers les peuples plus féconds (soupçon tout aussi injustifié de racisme). Ces reproches, parfois exprimés, parfois tus, mais sous-jacents accompagnent naturellement tout activisme en ce domaine et constituent souvent un obstacle à nos projets (rejet de notre présence au salon Primevère de Lyon) et à notre médiatisation.

– La seconde relève de la préférence des médias pour tout ce qui « fait le buzz ». Notre position modérée – nous ne proposons pas de diviser par trois ou quatre la population dans quelques décennies à venir – nous conduit malheureusement à nous invisibiliser. Nous avons souvent perdu des interviews du fait de cette modération, perçue par les responsables de médias (tous supports) comme une promesse de moindre intérêt pour leurs lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs. Devons-nous nous soumettre à la tyrannie du spectacle, quitte à trahir notre philosophie ?

– Le troisième est plus récent (trois ou quatre ans), mais s’est fortement accéléré en 2025 et découle de la large médiatisation de la baisse de la fécondité qui touche aujourd’hui une grande partie du monde et semble se poursuivre. Certains analystes ou journalistes assez incompétents sur la question (ne prenant aucun recul sur l’Histoire, mélangeant chiffres bruts et évolution des chiffres, ignorant les différences entre fécondité, natalité et fertilité…) annoncent parfois une diminution de la population (ce qui est bien loin d’être le cas) et, pour les plus extrémistes, une menace de disparition de l’humanité. Ce battage médiatique pousse à l’évidence certains médias à considérer notre combat comme déplacé et sans aucun intérêt dans le contexte actuel.

Cela ne doit en rien nous décourager de poursuivre nos efforts. Nous devons absolument convaincre que si la baisse de la fécondité est une réalité (car nous ne ferons jamais preuve de mauvaise foi), elle n’empêche en rien de considérer que la Terre est aujourd’hui déjà bien trop peuplée et que nous avons encore de nombreuses années de croissance démographique devant nous et donc, qu’au regard de la protection de tous les écosystèmes, la surpopulation reste de loin le principal problème.

Pour  rappel D. Barthès a publié un article qui est sur notre site: «  Surpopulation : une réalité aujourd’hui et toujours une menace pour demain ». Cet article est la base de ce qui sera évoqué lors des conférences de Massy et de Masevaux.

Par ailleurs il a évoqué fin août lors d’une présentation générale des questions migratoires, l’impact démographique des migrations humaines lors des journées d’été du parti Mouvement Écologiste Indépendant, au moment où, en France, le croisement des courbes de naissances et de décès fait des migrations la seule cause de la croissance de la population française.

Martin Rott, responsable Occitanie, a publié en août un article résumant l’impact écologique de la démographie, dans le magazine protestant LE CEP. Il est à lire sur notre site

Michel Sourrouille, responsable Aquitaine nord, a réussi à faire publier par le média Libération, la publicité pour son livre « Surpopulation, Afghanistan, France, Royaume Uni… aucun pays n’est à l’abri », cette publication avait été refusée par Le Monde 

Charlie Hebdo le 3/09, a fait paraître un article intitulé « Un enfant ça va, 10 milliards, c’est la cata ! » suite à une interview de Michel Sourrouille

La Démographie Responsable en action Lire la suite »