démographie

Covid-19, niveau de mortalité et darwinisme

Louis d’Hendecourt : « Un virus qui se réplique à très grande vitesse met en valeur le phénomène de la sélection naturelle darwinienne à l’échelle de quelques semaines seulement. Toute réplication virale fait inévitablement des erreurs de copie qu’on appelle des mutations. Parfaitement aléatoires, strictement imprévisibles et, surtout, non déterministes, elles vont produire des variants. Un avantage sélectif est conféré à un mutant particulier parce que celui-ci s’adapte mieux que le virus initial à cet environnement qui n’est autre que l’être humain. Depuis l’apparition officielle du SARS-CoV-2, il y a seize mois environ, plus de 16 000 mutations ont été répertoriées mais on ne parle que de quelques unités de variants − anglais, sud-africain, brésilien, japonais, californien, new-yorkais… − dont la caractéristique principale semble être leur plus grande contagiosité, qui est en fait leur raison darwinienne. Mais alors, que va-t-on faire ? La vérité scientifique oblige à dire qu’il n’y a pas de réponse définitive à cette question existentielle. Les vaccins − ou n’importe quel traitement − augmentent fatalement la pression de sélection. Si une mutation entraîne un virus plus létal et plus contagieux dans la population, on ne parlera alors plus de 3 millions de morts en un an, mais de centaines de millions en six mois. Cette prévision apocalyptique n’est qu’une hypothèse parmi d’innombrables possibilités que Darwin nous offre. »

En fait Darwin ne serait pas mécontent d’une mortalité élevée : « Chez les sauvages, les individus faibles de corps ou d’esprit sont promptement éliminés, et les survivants se font ordinairement remarquer par leur vigoureux état de santé. Quant à nous, hommes civilisés, nous faisons, au contraire, tous nos efforts pour arrêter la marche de l’élimination ; nous construisons des hôpitaux pour les idiots, les informes et les malades ; nous faisons des lois pour venir en aide aux indigents ; nos médecins déplient toute leur science pour prolonger autant que possible la vie de chacun » (La descendance de l’homme – 1871, p 179)

Pour en savoir plus grâce aux commentaires sur lemonde.fr :

Petrichor : La « Théorie » darwinienne doit être pris ici dans sa définition scientifique : ensemble d’explications d’un phénomène (ici l’évolution) et non dans son sens ordinaire d’hypothèse. La théorie de l’évolution est l’ensemble des mécanismes (mutations, sélection naturelle, sélection sexuelle, dérivé génétique etc etc) qui expliquent l’évolution des espèces. Depuis la naissance de cette théorie, tous les faits scientifiques découverts ont confirmé et renforcé cette théorie.

Anne C. : Mais pourquoi Hendecourt considère que le virus qui s’adapte le mieux est celui qui tue le plus ? Il semble penser que les virus nous veulent personnellement du mal. D’après ce que je retiens de mes cours de biologie, ils veulent juste se perpétuer – le virus le mieux adapté est donc celui du rhume saisonnier qui circule sans obstacles, contamine tout le monde et ne provoque pas d’hécatombes.
-Alazon- : La sélection naturelle favorise les souches les plus contagieuses, c’est tautologique. Pour des raisons aussi évidentes, elle tend à favoriser les souches les MOINS létales.

Lila lala lala : Non, c’est faux : la sélection naturelle ne favorise pas les souches les moins létales, c’est un mythe. On aimerait bien que ce soit vrai… Contre-exemples : la variole, très contagieuse, très mortelle (souches « majeures »), la polio (87% de mortalité quand même, avant l’invention du poumon d’acier). L’important c’est que le virus contamine beaucoup de gens avant de tuer…ce que le covid fait très bien, les malades étant fortement contagieux avant l’apparition des symptômes.

JFG 2 : Les souches qui tuent leurs hôtes se propagent forcément un peu moins bien, sauf à ne se transmettre que précocement. C’est un des soucis avec le SARS-2. Il se transmet non seulement précocement, mais aussi via porteur sain. C’est une différence fondamentale que peu de gens comprennent, il semble. Ebola est d’une virulence effroyable, mais sa contagiosité est très limitée (fluides de personnes symptomatiques). MERS (corona) est d’une virulence très élevée, mais idem sa contagiosité est contenue. Inversement, la virulence de SARS-2 reste limitée, mais il est d’une extrême contagiosité (respiratoire, aérosolisé, inc. via porteurs sains).

Claude Danglot : La pandémie évolue plus vite que les autres à cause du très grand nombre de virus produit par un malade (supérieur à 10^10 voir 10^11). Le taux de mutation étant de l’ordre de 10^-6 à 10^-7, plus le nombre de virus est élevé plus le nombre de mutants est importants et plus la probabilité d’apparition d’un virus plus « performant » en infectiosité est élevée.

le sceptique : Oui mais attention : les circulaires du gouvernement français ont désormais une vitesse de mutation au moins égale à celle du virus.

Diego : La performance d’un organisme dépend de son milieu… c’est justement parce que notre planète est une mosaïque de milieux sensiblement différents qu’elle abrite un grand nombre d’espèces, chacune étant (à peu près) parfaitement adaptée à sa niche écologique. Et c’est aussi pour ça que le changement climatique brutal actuel est un très (très très) gros problème, puisqu’un très (etc) grand nombre d’espèces verront, à génotype fixé, leurs performances diminuer à mesure du changement de milieu, donc seront moins performantes… donc disparaîtront.

Çaosetout : Moi je prédis que le virus va évoluer vers un mutant super-létal et qu’il va y avoir 7,8 milliards de morts. Seuls quelques dizaines de millions d’humains survivront, et tous les problèmes d’environnement seront réglés, grâce à ce mutant appelé « GretaThunbergus ». Mais je peux aussi prédire que ce virus va évoluer vers quelque chose de moins létal, voire de totalement bénin… C’est déjà arrivé nombreuses fois. C’est tout aussi possible sur le plan darwinien !

Morts du Covid-19, l’indifférence s’installe

Denis Cosnard : « Bientôt près de 100 000 morts en France depuis l’apparition du virus. Et pourtant, pas de « confinement », mot récusé par le gouvernement. Les coiffeurs, les fleuristes, les chocolatiers, les libraires et les vendeurs de voitures ont été considérés comme de « première nécessité » et autorisés à rester ouverts. Emmanuel Macron estime que la France doit pour le moment « vivre avec « le virus, cela signifie aussi vivre avec les morts ». Le conseil scientifique le constate, « La lassitude a gagné nos concitoyens et nos soignants. Une certaine indifférence face aux chiffres des décès s’installe ». Le Covid tue avant tout des personnes âgées, qui seraient de toute façon décédées d’une autre cause, Personne ne représente les chômeurs, de même il n’y a pas de syndicats des malades, pas de lobby des endeuillés. Cette absence de relais contribue au « consensus inavoué », on tolère un nombre de morts qui aurait paru inacceptable il y a peu.

La mort d’un proche est une tragédie, mais du point de vue des gestionnaires de notre multitude, 100 000 morts n’est qu’une statistique. On compte dans le monde 2,7 millions de décès pour 124,8 millions de personnes malades du virus. De la cavalcade de chiffres, même l’opinion publique commence à être saturée. Les commentateurs sur lemonde.fr acquiescent :

Emma Paris : Ce que le journaliste du MONDE présente implicitement comme une forme d’égoïsme, voire de de cruauté collective peut aussi être vu comme une forme de sagesse et d’acceptation de la finitude imposée à notre espèce ; la prolongation de « la vie à tout prix », jusqu’aux plus extrêmes limites des forces naturelles, mais avec l’assistance d’une médecine de plus en plus ivre de son pouvoir, N’EST PAS l’idéal de la majorité. Beaucoup de gens préfèrent vivre en prenant le risque d’une mort prématurée plutôt que de s’économiser pour vivre « jusqu’au bout » ( de quoi? Jusqu’à quand ? 90 ans, 100 ans, 150 ?). S’éterniser en EHPAD le plus longtemps possible, quand on est dépendant, isolé et parfois inconscient n’a franchement rien de désirable. Arrêtez de nous présenter comme un progrès social ce qui s’apparente fort à la transposition techno-hygiéniste du bon vieux catéchisme.

Thymie : Notons le même phénomène de « désensibilisation » que pour les applaudissements (histrioniques) pour les « soignants héros » d’il y a un an, envolés, qui se transforment parfois en rancœur. « On s’habitue à tout » (les coréens du Nord à l’absence de liberté, les vénézuéliens à la pénurie, les américains aux guns, les chiites aux sunnites, les Français au djihadisme aveugle ainsi qu’aux 50 000 morts annuels par l’alcool…)

Paul L. : Je vais vous faire une confidence, beaucoup de gens meurent chaque jour en France.

Bofitude : Les morts ne votent pas.

De passage : La mort fait partie de la vie, nous ne la vaincrons pas, et ce ne serait pas souhaitable. L’âge moyen des personnes qui décède de la Covid reste équivalent à l’espérance de vie moyenne, personne n’est éternel. Les 200 à 300 morts Covid sont-ils plus ou moins évitables que ceux liés aux maladies cardio-vasculaires, au tabac, à l’alcool, à la pollution, aux produits chimiques… (1600 chaque jour, combien d’Airbus ?) ? Pour ces derniers, on n’hypothèque pas dramatiquement la vie des jeunes gens, et Le Monde ne fait pas d’articles s’offusquant de l’indifférence générale…

Eymeric L : Plus simplement, nous reprenons conscience que la mort fait partie de la vie, et que privilégier la vie individuelle au détriment de la vie collective n’a aucun sens face à un virus qui tue peu, proportionnellement.(ndlr, 2% des malades atteints du Sars-Cov-2)

Louisedo : L’arbitrage, c’est donc entre des morts aujourd’hui du Covid ou des morts demain d’un crash économique qui tuera les plus précaires.

MaLon : Et si l’indifférence à la mort était en fait une pulsion de vie ? On ne peut pas rester des mois et des mois à ne parler / penser / agir qu’en fonction de la mort.

Cumulonimbus : Existe-t-il un indicateur qui permettrait de calculer le nombre de vies épargnées grâce aux mesures sanitaires prises depuis le débit de la pandémie ?

Camtaoij : C’est assez simple, Cumulo, si on avait laissé faire, on aurait sans doute déjà atteint l’immunité collective, mais au prix d’environ 500 000 morts.

Savinien 2 : Alors oui, c’est grave la mortalité due au COVID, mais le reste, qui en parle encore ? Mortalité annuelle en France due aux différents cancers = 160000 en 2018 ; Mortalité cardiovasculaire = 150000

Niger, l’explosion démographique sans frein

Niger : 3,5 millions d’habitants en 1960… 22,5 millions en 2020… 79 millions en 2050 selon les tendances actuelles… puis 209 millions en 2100. Autant dire que freiner une telle marée humaine est tâche impossible. L’école des « maris modèles pour promouvoir la santé maternelle » arrive tard, beaucoup trop tard. L’objectif de limiter les naissances se confronte à une moyenne de sept enfants par femme. Un tel indice de fécondité alimente un taux de croissance de 3,3 % par an, un doublement de la population tous les 21 ans dans un pays sahélien gagné par la désertification. 30 % des filles sont mariées avant l’âge de 15 ans, 42 % des femmes sont mères avant 17 ans. Le point de vue des hommes se comprend. Yakouba Hamani, un de ces « maris modèles » qui compte deux épouses et huit enfants : « Ce sont eux qui me nourriront plus tard.  »

Que peut faire un ministère nigérien de la « promotion de la femme et de la protection de l’enfant » dans ce contexte socio-culturel profondément nataliste? Et que peuvent dire du Niger les anti-malthusiens qui pullulent en France dans les milieux bien autorisés ?

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

19 mars 2018, Stop à l’entrée des Nigériens en Europe ?

Extraits : Il est aussi difficile d’agir contre la sur-fécondité humaine dans certains pays pauvres que de demander aux habitants des pays riches d’accepter une baisse de leur niveau de vie…

Faire un enfant en période de pandémie

Environ 740 000 bébés sont nés en France en 2020. Mais les vagues de contaminations se succèdent et les perspectives de retrouver la vie d’avant s’éloignent, on peine à se projeter dans un avenir radieux pour son premier enfant. L’être humain est-il devenu à ce point nuisible qu’il devrait culpabiliser de vouloir se reproduire ?

Till, son bébé dans ses bras, s’inquiète « J’ai peur que, dans quinze ans, il me reproche de l’avoir fait naître dans un monde pareil… Mes frères m’ont transmis leur intérêt pour la collapsologie, ce courant de pensée qui étudie les risques d’effondrement de notre civilisation. La crise du Covid-19 n’a fait que noircir ma vision de l’avenir de la planète. On sent de façon tangible que la catastrophe climatique arrive, que l’extrême droite est aux portes du pouvoir. J’ai toujours imaginé ma vie avec des enfants. Mais j’ai peur que leur génération connaisse une planète à la Mad Max et nous le reproche plus tard. » Marie Gaille, philosophe : « Pendant des siècles, dans diverses cultures, c’est le discours inverse qui a dominé : la femme se réalisait en tant que mère… L’idée selon laquelle faire des enfants est un acte égoïste a une histoire récente, en lien avec des préoccupations environnementales. » Cette philosophe n’hésite pas à qualifier le désir d’enfant de « folie », d’envie impossible à rationaliser et capable d’émerger dans les moments les moins propices au développement serein d’une famille. La vérité en cette période de Covid-19, c’est que c’est impossible de respecter la distanciation sociale avec des tout-petits. On aura beau avoir désinfecté tous les jouets, la minute d’après, ils auront bavé dessus et seront en train de tirer sur notre masque .

 Dans les années 1970, les penseurs de l’écologie politique prônaient la limitation des naissances, perçue comme le seul moyen de préserver l’espèce humaine. Les militants écologistes anti-natalistes, souvent affublés de l’acronyme Gink (pour Green inclination no kids), peuplent les colonnes des magazines. Avec la pandémie qui dure, c’est aujourd’hui déprimant d’avoir un bébé. C’est difficile de transmettre de l’insouciance ou de l’espoir. Pour l’heure, aucun Corona ne figure dans les registres de naissances en France. (extraits du MONDE)

TinTin, nataliste : Quoi de plus beau que de donner la vie ?! Rien à mes yeux. Faire, dans la confiance en un avenir meilleur, des enfants en conscience, c’est mieux. Alors à tous les futurs ou nouveaux parents, œuvrez avec conscience et dans la positivité autant que possible. Il y a plein de raisons d’espérer. La vie conduit la vie. Accompagnons-les vers leur Liberté ! Et restons humbles, l’étincelle de vie, l’âme, c’est Dieu qui a dit « Oui ».

Adrienne malthusienne : Je trouve cette attitude irresponsable quand on connaît les conditions d’une maternité sous Covid. Les parents ne savent pas s’ils auront un travail après l’épidémie dans un État en quasi-faillite et on assiste à un basculement vers un régime autoritaire qui réglemente tout à défaut d’être capable d’assurer la prévention sanitaire. Quel avenir pour les enfants ? Mère d’un étudiant plutôt épargné, je me culpabilise d’avoir été incapable de décider de l´élever dans un autre pays quand les boomers orientent l’action de l’État à leur bénéfice exclusif depuis plus de 40 ans et laisseront une dette monstrueuse à la jeunesse qui n’a qu’une qualité de vie dégradée comme horizon.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere, Faire moins d’enfants, c’est le geste écolo primordial

Suicide assisté, faut aller en Suisse !

Communiqué de l’ADMD du 5 mars 2021 : Paulette Guinchard, qui fut secrétaire d’Etat et députée du Doubs, a choisi de s’exiler en Suisse pour mourir comme elle le souhaitait, alors que la maladie annonçait la fin de sa vie mais que la France demeure obstinément sourde à entendre les demandes d’aide active à mourir, légitimes dès lors que la vie n’est plus que de la survie. Le suicide assisté de cette personnalité politique, respectée, en plein débat parlementaire sur la légalisation de l’aide active à mourir, est une pierre dans le jardin de l’exécutif français. Emmanuel Macron et Jean Castex doivent entendre l’aspiration des Français à rester maîtres de leur fin de vie et à disposer de la liberté de choisir le moment et la manière d’éteindre leur propre lumière.

Le 11 mars 2021, au Sénat, sera examinée la proposition de loi de la sénatrice Marie-Pierre de la Gontrie visant à établir le droit de mourir dans la dignité. Le 8 avril 2021, à l’Assemblée Nationale, sera examinée la proposition de loi du député Olivier Falorni donnant le droit à une fin de vie libre et choisie. Ces propositions de loi, comme celles de leurs collègues Marine Brenier, Caroline Fiat et Jean-Louis Touraine, rassemblent les signatures de centaines de parlementaires. Le Gouvernement doit entendre le Parlement qui réclame la liberté en fin de vie et mettre un terme à la triste loi Leonetti qui condamne chacun de nous à la mort dans la souffrance (dénutrition, déshydratation, conduisant à l’insuffisance rénale sévère). Le Gouvernement doit entendre les 96% de Français qui demandent à être respectés dans leur volonté et dans leur conscience lorsque la vie n’est plus que de la survie. Seule une loi de liberté, qui ouvrira le champ des possibles, permettra à chaque citoyen de choisir en conscience les conditions de sa propre fin de vie.

En 2005, dans une tribune qu’elle avait cosignée, Paulette Guinchard soutenait la loi Leonetti et affirmait : « La légalisation de l’euthanasie, à l’instar des législations hollandaise et belge, aurait-elle été une meilleure solution ? Nous pensons que non, et cela pour plusieurs raisons… »
Pour lire la tribune parue dans Le Monde le 28 avril 2005, cliquez ICI.

NB : ADMD, association pour le Droit de Mourir dans la Dignité

Un écologiste sans tabou ni limites

Suicide obligé ? Tous dans le même panier, tous ensemble tous ensemble ouais ouais, les vieux sont trop vieux, trop nombreux, c’est désastreux, faut faire quelque chose ! C’est un point de vue qui se défend. Les vieux prennent trop de place, ils coûtent cher à la société, ils ne servent à rien, ils pompent l’air des jeunes, bref ils sont de trop. En plus ce sont eux qui ont profité des Trente Glorieuses et de l’abondance à crédit, ils lèguent aux générations futures une planète exsangue et des lendemains qui déchantent. Ne parlons même pas des zombies qui hantent les Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgée dépendantes). Même si elle a encore toute sa tête ou presque, une personne qui dépasse 90 ans devrait penser à se suicider, ce qu’elle aurait d’ailleurs dû faire depuis dix ou vingt ans au moins, autant d’économisé pour le paiement des retraites. Plutôt que de vouloir vivre encore plus, 116 ans comme sœur André ou 122 ans comme Jeanne Calment, il faudrait peut-être penser à passer la main le plus rapidement possible.

Réfléchissons. Et évitons la pente glissante vers l’euthanasie obligatoire à 60 ans. Un suicide, même assisté, est un acte volontaire qui ne regarde que la personnes concernée. Tout dépend alors de son niveau de conscience sociale. L’anarchiste Paul Lafargue, né en 1842 et proche de la limite d’âge de 70 ans qu’il s’était fixé, écrivait avant de se suicider en 1911 avec sa femme Laura Marx : « Sain de corps et d’esprit, je me tue avant que l’impitoyable vieillesse qui m’enlève un à un les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. » C’est admirable, est-ce un modèle à suivre ?

Le suicide est une pensée qui nous hante souvent et presque chacun d’entre nous connaît personnellement des proches qui sont passés à l’acte. Sur notre blog et en 60 jours, nous avons reçu 1460 visites pour le post Suicide mode d’emploi, voici les nouvelles recettes ; c’est le deuxième score en terme de fréquentation de ce blog biosphere. N’oublions pas que l’acte suicidaire a été une des illustrations de l’approche sociologique grâce à Durkheim, « Le suicide » (1897). Cet acte est un fait social à part entière. Ce phénomène, dont on pourrait penser de prime abord qu’il est déterminé par des raisons relevant de l’intime et du psychologique, est également éclairé par des déterminants sociaux Il exerce sur les individus un pouvoir coercitif et extérieur – et, à ce titre, peut être analysé par la sociologie… et par la réflexion écologique. Les raisons d’un tel acte sont aussi nombreuses qu’il y a de cas de suicide, mais la motivation altruiste pourrait sans doute devenir une norme culturelle partagée dans une société où nous prendrions conscience collectivement que nous sommes trop nombreux sur cette petite planète. Peut-être un jour serions-nous amenés à témoigner de notre utilité à vivre plus longtemps…

 

Tout savoir sur l’aide au développement

Aide financière au développement, seulement 19 % des soutiens français affichent une volonté de réduction de la pauvreté, 10,9 % soutiennent l’agriculture familiale. La France investit presque deux fois plus dans des projets agro-industriels que dans des projets d’agroécologie ». Analysé sur dix ans (2009-2018), l’ensemble des financements agricoles publics de la France à destination des pays en développement représente 5,8 milliards d’euros : dons, prêts, garanties portés par l’Agence française de développement (AFD) et sa filiale financière Proparco. Par exemple depuis 2012, la France apporte son soutien à Feronia PHC, une société d’huile de palme opérant en République démocratique du Congo ; un cas d’école en matière d’opacité et d’intermédiation financière sur fonds de paradis fiscaux, d’accaparement des terres et de violation des droits des travailleurs. La France a accordé en 2018 un prêt de presque 9 millions d’euros à Spayka, le plus gros négociant arménien de fruits et légumes, pour créer des serres chauffées destinées à la production intensive de tomates et de poivrons principalement. Le tout, destiné à l’exportation vers l’Union européenne…

Lutter contre les causes structurelles de la faim par l’agriculture biologique est certes nécessaire. Mais il serait aussi urgent d’augmenter fortement la part de l’aide publique au développement à destination du planning familial. L’association Démographie Responsable demande que 25 % de l’APD y soit consacré. La maîtrise de la fécondité est un accompagnant obligé de la production de nourriture, sinon il y a une course sans fin entre croissance démographique et ressources vivrières comme l’avait montré Malthus. C’est d’autant plus urgent que selon les termes mêmes de l’article, ce sont les cultures d’exportation qui sont aidés de façon préférentielle, ce qui détériore la capacité d’autonomie alimentaire des pays concernés.

Aux trois manières historiquement éprouvées pour régler la question de la pauvreté, l’action caritative, la répression et/ou l’obligation pour les pauvres de se rendre utile, les organisations internationales en ont rajouté une quatrième : l’obligation de s’enrichir. Cela n’a fait qu’accentuer les inégalités sociales et complètement perturber les sociétés vernaculaires. Dans un compte-rendu de colloque, « Malthus hier et aujourd’hui » (1984), le politicien sénégalais Landing Savané affirmait : « L’aide internationale est comparable à la Loi des pauvres puisqu’elle bloque la nécessité de développer la production locale et d’assurer l’autosuffisance alimentaire. On voit mal comment il serait soutenable de fournir en permanence des aides toujours croissantes à une population dont la croissance provoquerait la dégradation des sols sur lesquels elle vit, et donc une diminution de ses propres ressources. »  Redéfinissions la pauvreté. Dans l’Afrique traditionnelle, on considère comme pauvre non pas celui qui manque de moyens matériels, mais celui qui n’a personne vers qui se tourner, devenant ainsi un orphelin social, un pauvre en relations. Cela n’exonère pas les riches de devenir eux-mêmes beaucoup moins riches en pratiquant la sobriété énergétique et la simplicité du mode de vie. Il nous faut moins peser sur la planète pour laisser un peu plus de place pour tous, faire moins d’enfants ici et ailleurs…Laissons chaque territoire régler ses problèmes à sa façon, une aide structurelle empêche l’autonomie.

30 décembre 2020, APD, l’aide au développement, une illusion

25 août 2020, MALTHUS, aider les pauvres n’est pas aider !

19 février 2010, l’illusion de l’aide au « développement »

Renaud Camus et la question démographique

Renaud Camus sur Twitter, le 18 avril 2019 : « Une boîte de préservatifs offerte en Afrique, c’est trois noyés de moins en Méditerranée, cent mille euros d’économies pour la CAF [Caisse d’allocations familiales], deux cellules de prison libérées et trois centimètres de banquise préservée. » Poursuivi pour injure raciale,Le tribunal de Paris la débouté les cinq associations antiracistes parties civiles, qui poursuivaient Renaud Camus pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ».

« Force est de constater que le propos s’insère dans un débat d’intérêt général relatif à la décroissance démographique, assure le tribunal, et aux effets pervers d’ordre humain, sociologique, économique et écologique d’un système ne contrôlant ni les naissances ni les flux migratoires, mettant l’accent, de façon polémique, sur le continent africain dont la croissance démographique est un fait. » Pour les magistrats, la polémique est soulevée par « un écrivain provocateur, sur le ton de l’ironie et sous forme caricaturale », qui prend « des positions politiques » sur un mode qu’il qualifie d’humoristique. Renaud Camus, connu comme militant de la théorie d’extrême droite du « grand remplacement », est relaxé. Quelques commentaires sur lemonde.fr, les malthusiens font entendre de la voix :

Zorkine : J’espère que le parquet fera appel de ce jugement hallucinant ! Et tant pis pour les adeptes du on-ne-peut-plus-rien-dire (comme si c’était ça le sujet ! ).

Nardo : Bien voyons ! les faits sont têtus : force est de constater que le propos s’insère dans un débat d’intérêt général relatif à la décroissance démographique, assure le tribunal, et aux effets pervers d’ordre humain, sociologique, économique et écologique d’un système ne contrôlant ni les naissances ni les flux migratoires, mettant l’accent, de façon polémique, sur le continent africain dont la croissance démographique est un fait.

T Debout : Le plus préoccupant dans cette histoire est que pas moins de 5 associations françaises se voulant antiracistes considèrent que les alertes sur la surnatalité du continent africain sont à leur yeux du racisme, nonobstant la menace que représente désormais toute surnatalité humaine pour nos écosystèmes. Si rien ne fait évoluer leur position en faveur de la modération démographique, en 2100 leur point de vue aura mécaniquement un poids électoral plus que massif partout où naissent des citoyens d’origine africaine, et risque d’avoir entraîné à l’échelle planétaire une ‘course aux armements’ nataliste qui convertirait en enfer tous les cadres de vie connus.

Orion : La Justice a dit le droit et l’a bien dit. Ce jugement, parfaitement motivé, est salutaire pour préserver le périmètre de la liberté d’expression face aux mouvances adeptes du politiquement correct et de la cancel culture qui cherchent à le restreindre.De plus, il n’a pas tort sur l’explosion de la démographie africaine :1900 : 150 millions d’africains – 1950 :250 millions – 2000 : 800 millions – 2020 : 1.2 milliards – 2050 : 3 milliards (prévision ONU)- 2100 : 4 milliards (prévision ONU) – Stop ou encore ?

Mercuryal : Selon les dernières études la courbe démographique des pays africain stagnerait dès 2040, les courbes de L’ONU n’étant que des projections mathématiques.

Orion  @ Mercuryal : Il est quasi-impossible que « la courbe démographique des pays africain stagnerait dès 2040 ». Actuellement, l’Afrique compte 5 enfants par femme en moyenne. Il faudrait que cela tombe à 2.1 immédiatement pour une stabilisation démographique en une génération, soit vers 2040-2050. Et le moins que l’on puisse dire, c’est pas le cas. De plus, compte tenu de l’inertie démographique, à laquelle il faut ajouter un allongement de l’espérance de vie en raison du développement actuel de ce continent, l’explosion démographique en cours va se poursuivre pendant encore plusieurs décennies. Au mieux, vous aurez une stabilisation de la démographie africaine au cours de la seconde moitié du XXIe siècle. Trop tard. L’Afrique comptera alors environ 4 milliards d’habitants…

Sarah Py : Les projections de la croissance démographique africaine, et mondiale d’ailleurs, sont diverses, discutées, discutables. Et comme je voie ce sujet revenir très régulièrement, je crois qu’il serait utile de les manier avec précaution.

Vlfr : Avec précaution, Sarah ? Comme s’il n’y avait aucune urgence… Cela dit, entendu, laissons un peu de côté les projections. Une info datant déjà de 2011 : « Il naît chaque année plus d’enfants au Nigeria qu’en Europe« 

Fëp : Un postillon de covid offert aux vieux mâles blancs européens, c’est 15 accidents de la route en moins, plusieurs milliers d’euros d’économie de retraites, 10 chambres d’ehpad libérées, et 1 m de banquises préservée… juste pour tester. Attention, votre message pourrait enfreindre les règles de l’espace de contribution. Juste pour tester.

PMA, ce n’est pas l’affaire du siècle !

Le Sénat a rejeté [dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 février 2021] la possibilité des couples de femmes homosexuelles et des femmes seules d’accéder à la procréation médicalement assistée (PMA). Le gynécologue obstétricien François Olivennes défend son gagne-pain : « Certains de nos élus restent ratatinés dans leurs certitudes vieillottes. La composition du Sénat, avec seulement 30 % de femmes et un âge moyen de 61 ans, explique peut-être cette décision incompréhensible… Depuis quatre-vingts ans, les groupes conservateurs, l’Eglise catholique en tête, s’opposent à toutes les avancées scientifiques dans le domaine de la procréation… L’Eglise catholique refuse toujours le diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) qu’elle qualifie d’« eugéniste », alors que cette technique permet d’éviter que des couples aient des enfants atteints de mucoviscidose… On ne peut que souhaiter que la liberté l’emporte sur l’intolérance, et que ces femmes puissent enfin arrêter d’aller à l’étranger pour bénéficier à prix d’or de la PMA interdite en France. Ces opposants dénient à des individus le droit d’avoir un enfant, désir humain universellement partagé, au nom de postulats moralisateurs dénués de toute preuve scientifique.« 

François Olivennes, spécialiste des traitements de l’infertilité, milite depuis longtemps dans les médias pour la fécondation in vitro (FIV), le don d’ovocytes, la possibilité généralisée pour les femmes de congeler leurs ovocytes et l’AMP (assistance médicale à la procréation) pour les femmes seules. Il se croit donc respectueux du désir d’enfant à tout prix. Être contre son avis, c’est vouloir que « Notre pays reste un petit village gaulois campé sur ses positions rétrogrades mais surtout hypocrites, car des milliers de femmes se rendent à l’étranger, parfois à une heure de Paris, pour bénéficier de ces techniques ». (LE MONDE du 19 février 2014)

Mais est-ce vraiment rétrograde que d’accepter sa stérilité ? Au nom de quoi la morale devrait reposer sur des preuves scientifiques ? Depuis quand le désir d’avoir un enfant est-il universellement partagé ? Et l’enfant, quel est son droit ? Ce n’est pas réservé aux bigots des Églises de se poser ces questions. Il y a motif à pugilat, ainsi sur lemonde.fr :

Michel SOURROUILLE (10/02/2021 – 22h38) : La procréation médicalement assistée est une technologie systémique, cloisonnée, réalisable uniquement dans une société complexe. Elle n’est pas durable parce qu’elle repose sur des moyens médicaux importants, liés à un taux d’échec non négligeable, et donc seulement à la portée de couples riches ou pris en charge par le reste d’une société très développée. Ce n’est pas ce type de société que l’écologie désire. La PMA ne devrait pas être à l’ordre du jour d’une société consciente des limites de la technique et de la convivialité nécessaire entre ses membres. En toutes choses, il faut savoir raison garder, c’est-à-dire respecter les limites que nous donnent la nature. Et si on éprouve absolument le besoin d’avoir un enfant, l’adoption d’un enfant déjà fait est à disposition des femmes en détresse.

françois olivennes (11/02/2021 – 10h52) : Monsieur, contrairement a ce que vous dites la PMA ne concernent pas que les pays riches. Il y a des centres en Inde, en Chine, en Afrique et partout dans le monde car le désir d’enfant est le même partout et pour tous les couples riches ou pauvres Contrairement a ce que vous dites adopter un enfant n’est pas simple et n’est pas équivalent a faire en un enfant Si l’on « respectait la nature » notre espérance de vie serait de 50 ans… car la médecine passe sa vie à aller contre nature Le type d’écologie (sic?) que vous semblez souhaiter, n’est pas la société que souhaite beaucoup de gens et en tout cas pas moi !

Pour ne pas en dire plus, lire cette synthèse sur un copain à Olivennes :

9 juillet 2020, Frydman, promoteur infatigable de la PMA

Contre l’infanticide, le permis de procréer ?

Tony avait 3 ans, l’autopsie a mis en évidence cinq côtes, une hanche, et le nez cassés, et une fracture de la rate et du pancréas à l’origine d’une agonie de plusieurs jours. Caroline Létoile, sa mère été condamnée à trois ans de prison pour « non-assistance à personne en danger », le beau-père Loïc Vantal à vingt ans de prison (avec sûreté des deux tiers) pour « violences volontaires ayant entraîné la mort ». Les mères des deux accusés sont venues à la barre, leurs témoignages ont été désespérants. « Franchement, j’en voulais pas, a dit celle de Loïc Vantal en parlant de son fils. J’en avais déjà deux. » Loïc Vantal a été confié à ses grands-parents jusqu’à 11 ans, puis ses parents l’ont repris et son père alcoolique s’est mis à le battre à coups de poing et de martinet – « comme un père bat son fils », précise la mère.

Enceinte à 15 ans, Caroline Létoile a quitté le système scolaire : « C’était pas prévu si tôt. Le père m’a demandé d’avorter. Je voulais pas parce que j’ai eu une enfance et une adolescence très dures, j’ai voulu vite passer cette période, je me suis dit que devenir mère ça allait m’aider. » Caroline Létoile quitte le père de Tony quand le garçon est âgé de 6 mois. Son nouveau compagnon voulait un enfant. « J’ai fini par céder. J’aurais jamais dû. »  Trois ex-petites amies sont venues dire du mal de Loïc Vantal. L’une d’elles était enceinte de lui au moment où il vivait avec Caroline Létoile. Loïc Vantal avait quitté cette compagne au lendemain de l’échographie du 3e mois. « Quand je lui ai envoyé l’échographie du 4e mois, il m’a répondu que je pouvais crever en enfer avec mon gosse. » Une fille, Luna, est née en janvier 2017, deux mois après la mort de Tony.

Histoire édifiante qui montre qu’il ne suffit pas de dire que l’éducation peut changer le monde, encore faut-il être en capacité d’éduquer. Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Albireo : En France il faut une autorisation pour changer son vasistas mais pas pour avoir des enfants. L’État a le sens des priorités…

Adrienne : On va commencer à demander une certification pour détenir un animal c’est-à-dire la certitude que le maître sait s’occuper de son animal iIl serait indispensable de faire de même pour laisser un enfant à des déficiences mentales…

ROTZ : La toile de fond de tout cela, ce sont des gens qui font des gosses comme on achète une baguette, et qui de surcroît ne présentent aucune des garanties minimum requises pour s’assurer que l’enfant grandira dans un contexte à peu près normal. Tant que le fait d’avoir un enfant sera considéré comme un droit inaliénable, on continuera à voir des dizaines de situations comme celle-ci. Pour conduire une bagnole on doit payer une formation de 25 heures, passer un examen, et satisfaire un certain nombre de critères. Et pour faire un enfant en revanche ? Rien. Alors ne nous étonnons pas.

Anti-démago : A quand un permis pour faire des gamins? Tout ça c’est la conséquence du social, qui encourage des gens comme ça à se reproduire sans réfléchir au lieu de les en décourager.

TantEtPlus : Intéressant, cette idée d’un « permis parents ». On ne peut obliger à le passer avant de procréer, en revanche il serait assez souhaitable d’imposer une formation aux futurs ou jeunes parents, et pas seulement d’ailleurs aux plus défavorisés. Conseils éducatifs, formation aux premiers secours, rappel de la loi… Cela permettrait une détection précoce des risques psycho-sociaux et donnerait des ressources aux futurs parents. Bien sûr, cela semble être coûteux, mais quand on connaît l’impact d’une éducation violente ou juste dysfonctionnelle sur la santé et le comportement en société tout au long de la vie, on peut considérer qu’il s’agit d’un investissement judicieux. Pourquoi ne pas en faire une condition à l’obtention de certaines aides sociales, comme une allocation pour le premier enfant ?

précisions de biosphere : Le journaliste du MONDE se contente d’un simple constat, la maltraitance parentale envers les enfants qui peut aboutir à des infanticides et à un procès. Il n’envisage pas une solution politique, abordée par seulement quelques commentaires, instituer un « permis de procréer ». Il faut savoir qu’un livre du même titre a été publié aux éditions Albin Michel par Antoine Bueno en 2019. Notez qu’il s’agit pour l’auteur de mieux accompagner les projets parentaux par une procédure inspirée de celle de l’adoption, et non d’un « permis de parentalité » qui aboutirait à interdire à certaines personnes de procréer… Moins nombreux, mieux éduqués ?

pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

1er juillet 2014, Sanctions pour non respect du permis de procréer ?

4 juin 2014, Permis de procréer, à égalité avec permis de conduire ?

12 janvier 2012, à la place du quotient familial, un permis de procréer

27 septembre 2007, permis de parent

Mourir en EHPAD ou se faire vacciner ?

20 % des résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et des patients des unités de soins de longue durée (USLD) à l’hôpital n’ont pas consenti à l’injection de la première dose du produit Pfizer-BioNtech, alors que la distribution s’achève en cette fin de semaine. La peur du vaccin n’est pas l’essentiel des refus, qui tiennent surtout au grand âge. « Attraper le Covid, glisse Mme Athias, ça m’est égal : j’ai 98 ans. Combien de temps ai-je encore à vivre ? Je suis lucide ». Jacqueline, 95 ans : « Je n’ai pas peur du vaccin. Mais je suis âgée et je n’ai plus de famille. Cela ne m’intéresse pas de gagner quelques années de vie, au contraire, je me suis préparée à m’en aller. » Monique Peronnet, 91 ans : « J’ai fait mon temps ! J’espère vivre plus, mais à mon âge, je ne vais pas encore aller bien loin. Si on me disait : ma pauvre dame, vous n’en avez plus pour longtemps, cela ne me gênerait pas non plus. A quoi bon me vacciner ? » Au moins la moitié des résidents d’Ehpad et d’USLD ont des troubles cognitifs qui les empêchent de donner un consentement éclairé. Tuteur, proches ou enfants ont alors pris la décision à leur place. On isole les non vaccinés, ils ne peuvent plus manger avec les autres ni participer aux activités en groupe. Peu de familles ont refusé l’acharnement thérapeutique. Quel est le sens de vouloir immuniser une personne en fin de vie ? Faut-il voir dans la non vaccination une façon stoïcienne d’envisager le terme de sa vie ? Faut-il y voir au contraire de l’égoïsme ? Quelques commentaires bien choisis sur lemonde.fr :

Borys : Isoler des personnes non malades, c’est de la maltraitance, c’est une punition. Il y a quelques mois on isolait seulement les personnes malades, maintenant on isole les personnes non vaccinées… on s’arrête où ? Avec les variants, les personnes vaccinées sont aussi contagieuses que les non vaccinées.

Dtc : Moralité de cet article, 20% des personnes en ephad sont idiotes et égoïstes. Ceux qui font des efforts ne leur disent pas merci. Donc, poursuite judiciaires si elles contaminent d’autres personnes et absence de soins si elles contractent la maladie.

Yves68 : En fait, la vaccination met en évidence un problème plus général de soins pour les personnes âgées. Ma mère et ma tante ont vécu leurs dernières années en EHPAD où elles sont décédées à respectivement 99 et 103 ans. Je me suis toujours demandé quel était leur intérêt d’être bourrée de médicaments, en particulier, comment justifie-t-on qu’une personne de 95 ans avec un léger excès de cholestérol doive être « soignée »?

Michèle : Je comprends parfaitement qu’à 98 ans, on veuille prendre le risque de la COVD mais en ce cas il faut préciser par écrit qu’on ne souhaite pas être soigné ni réanimée. Sinon les hôpitaux ne tiendront pas.

Manu35 : Vous inquiétez pas, Michèle, à 98 ans les gens ne vont plus en réanimation, la plupart des personnes âgées en ephad ne vont pas a l hôpital et meurent avec des soins palliatifs.

PATRICK57 : Nul n’est sensé disparaître à un âge prédéfini. Les gens disent  » J’ai fait mon temps « . Non ! On est toujours trop jeune pour mourir ! En ayant un minimum de conscience, même avec l’âge, des familles décident pour vous ? On continue ou on t’enterre ? C’est intolérable, ça !!

Jean-Claude Herrenschmidt : Dans le titre : « Certains patients et leur famille trouvent peu de sens à prolonger la vie de personnes très âgées ». Évidemment. Ça coûte cher, ça bloque les héritages et, même si c’est sympa, c’est quand même bien lourd toutes ces visites !

Pierre d : Quel est le sens d’une société qui sacrifie sa jeunesse et son avenir pour prolonger la vie de personnes qui sont à la fin de leur vie ? Qu’on ait fait ce choix pendant 6 mois ok mais il y en a marre. De plus, ceci a pour effet de permettre au virus de muter. A 98 ans, en effet, pas utile de se faire vacciner et il vaut mieux proposer son vaccin à quelqu’un de plus jeune. Notre société individualiste et hédoniste, a perdu le contact avec la nature, la vie et son corollaire, la mort.

Avortement et euthanasie, pour ou contre ?

Les réactions devant la mort à donner (ou non) sont très variables dans le temps et dans l’espace. Exemple récent, d’un côté on accepte l’euthanasie, de l’autre on interdit l’avortement :

Au Portugal, le Parlement légalise l’euthanasie. Le texte approuvé le 29 janvier 2021 par les députés rend le suicide assisté possibles en cas de « souffrance extrême » ou de « maladie incurable ». Le Portugal est devenu, vendredi 29 janvier, le quatrième pays d’Europe à légaliser l’euthanasie, après les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique. La loi réserve l’euthanasie aux résidents du Portugal âgés de plus de 18 ans qui en font la demande, à condition qu’ils soient dépourvus de maladies mentales, et qu’ils se trouvent dans une « situation de souffrance extrême », avec des « lésions d’extrême gravité » ou une « maladie incurable ». La décision doit en outre être validée par un comité formé d’au moins deux médecins et d’un psychiatre. Elle doit enfin être approuvée une dernière fois par un médecin, en présence de témoins, au moment de l’acte. La loi met fin aux peines allant d’un à huit ans de prison, jusque-là en vigueur, pour ceux qui aidaient une personne à mourir.

Les associations « pro-vie » parlent de « pente glissante » ; systématiser un droit à la sédation terminale, ce serait prendre le risque d’une mécanique eugéniste que rien ne pourrait arrêter. Le discours médical deviendrait : « Votre maladie est incurable… vous allez souffrir… et vos médicaments, vos hospitalisations vont coûter cher à la société… à quoi bon s’acharner ? Vous allez être un grand souci pour vos proches… soyez raisonnable, une petite piqûre et on nen parle plus. » Parce qu’on a peur d’aller trop loin dans une direction on ne fait pas un seul pas ? Aucune avancée n’est possible avec un tel raisonnement. La délibération démocratique c’est la recherche toujours renouvelée du juste milieu.

En Pologne, la quasi-interdiction de l’avortement est entrée en vigueur sur fond de manifestations.

L’organisation Federa estime à près de 100 000 le nombre d’avortements clandestins pratiqués chaque année en Pologne. La situation devient encore plus difficile. En vertu d’un arrêt du Tribunal constitutionnel du 22 octobre 2020, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en raison de malformation grave du fœtus est déclarée contraire à la Constitution en Pologne. Ce cas constituait pourtant la quasi-totalité du millier d’avortements légaux recensés chaque année. A présent, l’avortement ne restera légal qu’en cas de menace pour la vie de la mère et si la grossesse est le résultat d’un viol ou d’un inceste.

Les associations « pro-life » (pro-vie) qui veulent interdire tout avortement relève d’une attitude anti-démocratique. L’avortement est un acte volontaire et non obligatoire, or les réactionnaires veulent interdire ce choix pour des considérations qui se révèlent d’origine religieuse, c’est-à-dire des arguments d’autorité, avec pratiques imposées. Par contre la démocratie est un lieu vide à l’origine où on peut déclarer légitime une chose ou son contraire, on délibère collectivement, on cherche la meilleure voie.

Aujourd’hui la démocratie, face au constat mondial de surpopulation, devrait permettre d’autoriser l’euthanasie et l’IVG dans tous les pays sans exception. Redisons à nouveau qu’autoriser ne veut pas dire rendre obligatoire. Mais à quel moment, au juste, une politique démographique mérite-t-elle d’être qualifiée de contraignante ? La parole à nos commentateurs…

L’essentiel du mois de janvier 2021

A l’écoute du monde tel qu’il va, et c’est pas triste, nous avons sélectionné deux des thématiques traitées en janvier sur notre blog biosphere.

1) En 2017, LE MONDE a utilisé pour la première fois le terme déconsommation. Cette fois il ajoute l’expression « démobilité » au catalogue des Dé ( Démondialisation, Désurbanisation, etc.)… Pour en savoir plus :

Transports : 2020, année de la « démobilité » (25 janvier 2021)

2) Il semblerait aujourd’hui plus judicieux d’utiliser le mot « contre-violence » plutôt que le terme « non-violence». Comme le système socio-économique nous mène au désastre., on pourrait en effet se demander si la destruction de biens nuisibles à la planète et donc à l’humanité n’est pas devenue légitime… Pour en savoir plus :

 Faut-il incendier les émetteurs radio/télé ? (14 janvier 2021)

NB : Pour recevoir gratuitement « l’article du mois » à domicile, il suffit d’écrire à biosphere@ouvaton.org.

Même adresse pour nous envoyer une contribution, pas plus de 4000 caractères svp.

Faites-nous connaître si vous le jugez utile, merci.

Iran, le planning familial en berne

La population iranienne comptait 13 millions de personnes en 1933, 19 millions au recensement de 1956, 55 millions en 1988 et plus de 84 millions aujourd’hui. N’importe qui de sensé en conclurait que la surpopulation galopante exige de maîtriser la fécondité humaine. Mais les humains font trop souvent le contraire de ce qui est raisonnable. Des ignorants de la chose publique pensent que la fécondité relève de la liberté individuelle. En Iran c’est tout le contraire, le gouvernement peut pratiquer des politiques malthusiennes un jour, et natalistes le lendemain. Illustration :

1979. La révolution islamique avait mis fin aux essais précédents de planning familial. L’âge légal du mariage est abaissé à 9 ans pour les filles et à 12 ans pour les garçons ! L’Ayatollah Khomeiny voulait renflouer les rangs des « soldats de l’Islam ». La population a donc augmenté de plus de 3 % en moyenne annuelle et les estimations montraient que la population de l’Iran atteindrait 108 millions en 2006. En réalité, on ne compta cette année-là qu’environ 70 millions d’habitants. Explication :

1989. Face à l’explosion démographique, les écoles étaient obligées d’instaurer des roulements, une partie des élèves venaient à l’école le matin et l’autre l’après-midi. Face au surnombre, l’Iran est donc devenu le seul pays du monde où l’on exigeait que les hommes et les femmes suivent un enseignement sur la contraception avant de pouvoir obtenir un certificat de mariage. Le taux de croissance de la population est passé de 3,2 % en 1986 à 1,2 % en 2001, rejoignant la moyenne mondiale.

2014. Le guide suprême de la révolution iranienne, l’ayatollah Ali Khamenei, signe un décret incitant les Iraniennes à avoir des enfants afin de « renforcer l’identité nationale » et de combattre « les aspects néfastes du style de vie occidental ». Le slogan “Deux enfants suffisent” relèverait d’une politique occidentale erronée ! La vasectomie et la ligature des trompes ne pouvaient être pratiquées que pour des familles ayant au moins quatre enfants. La campagne nataliste vise rien de moins que de doubler la population du pays pour atteindre 150 millions d’habitants en 2050. Les aides et centres de planning familial ainsi que les subventions aux moyens de contraception sont supprimés ! Cette campagne cherche à faire oublier un des slogans précédents du régime, « – moins d’enfants, meilleure vie – »

2020. Face à une croissance de la population qui ralentit, Téhéran restreint l’accès aux moyens de contraception. Ali Khamenei confirme le tournant de 2014 : « Il faut donner beaucoup d’importance à la question de la natalité et redouter le vieillissement de la population. Une loi et un suivi strict des instances exécutives sont nécessaires. » L’objectif du nombre moyen d’enfants par femme est fixé à 2,5, contre 2,14 en 2018..

Commentaire : L’agriculture iranienne est menacée par la désertification, l’économie est en grande partie fondée sur la rente pétrolière et le tout subit la vague du coronavirus. Il ne peut y avoir qu’une seule manière de justifier le natalisme, aimer la chair à canon ; on entend expédier les nouvelles générations pléthoriques et vouées au chômage sur les champs de bataille. La guerre est un infanticide différé, la guerre est la méthode préférée des totalitarismes. La guerre Iran/Irak a fait 1 million de morts entre 1980 et 1988.

Pour ma propre mort, une sédation douce

Didier Sicard : « Pour ma propre mort, je demanderai une sédation douce ». Ce médecin a présidé le Comité consultatif national d’éthique de 1999 à 2008, il est aussi l’auteur en 2012 d’un rapport sur la fin de vie. Il revient dans LE MONDE sur son devoir de médecin, celui de restituer de l’équilibre dans la relation à l’autre. Extraits :

«  Un ami de mon père, Jean Schneider, m’a légué sa robe de médecin. Il est mort jeune, en 1965, d’un cancer du larynx. Un interne a cru bon de le ranimer alors qu’il avait cessé de respirer. Il m’a dit, et cela m’a marqué pour la vie : « Le pire cauchemar pour un homme est de mourir deux fois. ». On ne meurt pas « mieux » en France aujourd’hui. Nous sommes un pays d’incantation et non un pays pragmatique. On est toujours tenté par la radicalité des propos, que ce soient ceux de l’Eglise, ou ceux de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), chacun étant campé sur ses certitudes. Le rapport qui succédait à celui du CCNE, en 2000, où l’on conceptualisait « l’exception d’euthanasie », a été si mal compris que je n’ai pas voulu reprendre cette expression. Mais, quand une personne ne supporte plus sa maladie, qu’on ne peut plus rien pour elle, elle a le droit de demander un endormissement doux. C’est une douceur pour l’entourage et pour la personne, je demanderai cet endormissement pour ma propre mort,. La médecine y reste très réticente, parce que c’est une médecine technique, qui n’a pas changé son rapport à la mort, qu’elle voit toujours comme un échec. En réalité, elle considère que ce n’est pas son affaire. Je pense que la sédation terminale douce est une évidence de solidarité avec l’être humain…

Il faut toujours assumer ce que l’on dit, ce que l’on fait, ne jamais reporter sur autrui quelque acte ou pensée que ce soit. Il nous faut un sentiment permanent de responsabilité. La pandémie a humilié la médecine et chacun d’entre nous a découvert qu’il était à la fois une sentinelle et un acteur ; cette conscience est très peu présente dans l’imaginaire collectif. »

Pour en savoir plus sur la sédation :

7 mars 2017, Sédation profonde ou droit de mourir dans la dignité ?

20 février 2020, L’euthanasie en Belgique, facile ?

7 avril 2020, Covid-19, pouvoir mourir sans souffrir

12 janvier 2021, L’aide active à mourir gagne du terrain

Association nataliste versus malthusienne

En matière démographique, il y a ceux qui véhiculent le message traditionnel, « il n’y a richesse ni force que d’hommes »*, et ceux, beaucoup moins nombreux, qui prônent la sagesse en matière de fécondité. Prenons l’opposition frontale entre l’association « Population & Avenir ! » d’une part et « Démographie Responsable » d’autre part.

Population & Avenir ! 

Le repopulateur Jacques Bertillon fonde l’Alliance nationale pour l’accroissement de la population française en 1896. L’association Population & Avenir f se reconnaît explicitement de cette filiation. Reconnue comme établissement d’utilité publique depuis 1913, elle était née de la prise de conscience des conséquences néfastes que faisait alors courir à la France la combinaison entre une dénatalité persistante et une mortalité infantile encore fort élevée, indépendamment de toute considération religieuse ou politique.

Dans la première moitié du vingtième siècle, notamment par suite des deux guerres mondiales, les démarches de l’association ont généralement été bien accueillies par les autorités. Les réflexions de l’association ont exercé une grande influence sur la législation sociale de l’entre-deux-guerres et de l’immédiat après-guerre : généralisation des Caisses de compensation familiale (1932) ; création du haut Comité de la Population et élaboration du “Code de la Famille” (1939) ; création de l’allocation de salaire unique (1941) et du quotient familial (1945) ; extension des prestations sociales (1946). C’est également elle qui commanda les premiers travaux de projection démographique réalisés pour la France en 1929 et réitérés en 1932 puis 1937 par Alfred Sauvy.

Démographie Responsable 

En 1896, la même année que Bertillon, le néo-malthusien Paul Robin fonde la Ligue de la régénération humaine dont la devise sera « bonne naissance-éducation intégrale ». L’association Démographie Responsable, fondée en 2008, reprend le flambeau et incite à l’auto-limitation de la natalité. Voici en guise de présentation leur derrière lettre d’information.

– Suite à la parution de son livre « Arrêtons de faire des gosses ! Comment la surpopulation nous mène à notre perte », notre adhérent Michel SOURROUILLE a donné une interview au journal Sud Ouest. Nous rappelons que vous pouvez commander son ouvrage (20 €) à votre libraire.

– Nous vous recommandons aussi la lecture de « Démographie et émergence économique de l’Afrique subsaharienne » de John F. MAY et Jean-Pierre GUENGANT. (L’académie en poche. 141 pages, 7 euros)

Le livre « Démographie , l’impasse évolutive » de notre adhérent Jean-Michel FAVROT propose que l’on s’engage dans une nouvelle philosophie moins anthropocentrée, qui redonne toute sa place au vivant… (Editeur : Books On Demand .Collection : essais. 20 euros)

Synthèse : à nos lecteurs de nous expliquer en commentaire à laquelle de ces deux associations ils aimeraient adhérer et pourquoi… Merci.

* Jean Bodin (1530-1596) : « Il ne faut jamais craindre qu’il y ait trop de sujets, trop de citoyens : vu qu’il n’y a richesse, ni force que d’hommes : et qui plus est la multitude des citoyens (plus ils sont) empêche toujours les séditions et factions : d’autant qu’il y en a plusieurs qui sont moyens entre les pauvres et les riches, les bons et les méchants, les sages et les fous : et il n’y a rien de plus dangereux que les sujets soient divisés en deux parties sans moyens : ce qui advient ès Républiques ordinairement où il y a peu de citoyens. » (République II.5)

 

Des médias natalistes, même LE MONDE

Dans la rubrique « Planète » sur lemonde.fr, les articles sur la pandémie étouffent complètement les rares analyses vraiment écologistes. Et quand ce « quotidien de référence » s’égare en traitant de démographie (dans la rubrique international !), il se révèle comme d’habitude profondément anti-malthusien. Ainsi l’article du 19 janvier 2020, L’Italie face aux périls d’un déclin démographique persistant, qui renvoie comme complément d’analyse à un article du 16 juin 2019, Italie : un vieillissement accéléré et ses conséquences (négatives).

Ces journaleux du MONDE n’ont de la complexité de la question démographique qu’une pensée unique : « La natalité ne repart pas cette année, cette situation fragilise l’équilibre social et financier du pays… Plus grave encore, le phénomène s’est installé dans le temps depuis plusieurs décennies, l’objectif du renouvellement des générations ne semble plus qu’une chimère… Parvenir à ce constat est douloureux… La seule mesure directement dirigée vers l’aide aux familles figurant dans le plan de relance est le soutien pour l’accueil des plus petits... Le système de retraite ne pourra pas tenir … Le déclin de la population active limite le dynamisme du marché du travail et plombe le potentiel de la croissance de long terme… »

Aucun contre-poids de ces affirmations idéologiquement orientées, ce qui est très rare dans les articles du MONDE qui ménagent habituellement la chèvre et le chou. Les commentaires sur lemonde.fr de ces deux articles sont très très peu nombreux, mais tous disent l’inverse de ces journaleux. On les comprend, dans un monde qui multiplient les périls pour les générations futures, une des principales solutions est la réduction de la fécondité humaine. Les futurs parents devraient connaître leur malthusianisme sur le bout des doigts, la surpopulation nous mène à notre perte.

Jean-Pierre M : Pourquoi « un péri du déclin démographique », tous les problèmes viennent de la surpopulation sur cette planète.

Gwen44 : Souhaitons que les journalistes progressent en cohérence intellectuelle : le déclin démographique n’est en aucun cas un « péril » mais une nécessité écologique. « Cette situation fragilise l’équilibre social et financier du pays ». Quel équilibre ??? Il n’y a rien de plus déséquilibré que les sociétés capitalistes industrialisées ! Ma parole cet article a été écrit par un stagiaire débutant ? Et ce qui déséquilibre nos pays, ce sont les inégalités radicales, la croissance infinie, la compétition, l’oligarchie…

Poncho du 67 : Une baisse de la (sur) population des pays européens semble amplement préférable à un mouvement immigrationniste de grand remplacement comme ce que l’on nous impose en France.

Eymeric L : Sous l’angle du modèle économique nataliste érigé après 1945,  la baisse de la natalité est effectivement une catastrophe. Sous l’angle des enjeux écologiques et des limites de la planète, c’est une chance et une lueur d’espoir. Il serait bien de le mentionner.

Dedale4 (16/06/2019) : Je m’interroge sur le manque de culture mathématique et visionnaire des journalistes. Notre planète est limitée, donc il faut contenir la progression démographique, donc équilibrer naissances et décès. Les décès diminuant grâce à la médecine, la natalité doit diminuer dans le respect des règles morales (cela est un vrai sujet éthique et politique). C’est très simple à dire et très difficile à mettre en place, mais les discours niais et bien pensants sont irresponsables et criminels.

Notre nombre accroît le risque épidémique

Voici les propos de Michel Sourrouille dans Sud Ouest du 14 janvier 2021 retranscris par la journaliste Delphine Lamy.

Des risques croissants d’épidémie

Michel Sourrouille, militant politique et associatif notamment comme membre de l’association Démographie Responsable, a produit plusieurs ouvrages sur l’écologie. Son cinquième essai « Arrêtons de faire des gosses ! » est sorti aux éditions Kiwi. Entretien.

« Sud-Ouest » Comment vous êtes-vous intéressé aux questions démographiques ?

Michel SOURROUILLE Progressivement, par accumulation de connaissances. Il y a tout juste cinquante ans, je lisais dans « Partisans » un dossier, Libération des femmes, année zéro. J’avais pris quelques notes : « Du point de vue du danger, mieux vaudrait vendre les pilules dans des distributeurs automatiques et ne délivrer les cigarettes que sur ordonnance… » Je ressentais déjà que la question démographique est très complexe et relève souvent d’injonctions contradictoires.

En quoi concrètement la surpopulation va mener à la perte de la planète et par conséquence à la perte de l’humanité ?

« Mener à notre perte » dans le sous-titre de mon livre ne veut pas dire que l’humanité va disparaître. Mais c’est un fait étudié par maintes études scientifiques que nous fragilisons par notre nombre et par notre emprise techno-économique les différentes composantes de la planète : climat, ressources renouvelables et non renouvelables, biodiversité…

Quelle place tient l’économiste britannique Malthus dans votre pensée ?

Ce sont mes études en faculté de sciences économiques à la fin des années 1960 qui m’ont fait découvrir Thomas Robert Malthus. Cet économiste et pasteur anglican a mis en évidence à la fin du XVIIIe siècle une sorte de loi démographique : quand on laisse faire la nature, la population croit selon une progression géométrique très rapide et l’alimentation seulement comme une progression arithmétique bien plus lente. Il y a un déséquilibre qui se résout par des obstacles comme la famine, les épidémies et les guerres. Une seule solution, rationnelle, limiter les naissances.

Que pensez-vous du taux de natalité en France qui a baissé ces dernières années ?

La baisse du taux de natalité en France et dans d’autres parties du monde, cela ne veut pas dire que le taux d’accroissement démographique diminue. La population française continu d’augmenter et au niveau mondial le rythme d’accroissement conduit au doublement de notre nombre en moins de 70 ans. La question de fond subsiste : le poids du nombre d’humains en France ou dans d’autres territoires est-il compatible avec l’équilibre du milieu et la production durable de ressources ? La réponse est « non ». Au niveau mondial l’empreinte écologique de l’humanité est démesurée. Nous avons besoin de plusieurs planètes, ce qui est impossible, donc nous puisons dans le capital naturel et ce n’est pas durable.

Peut-on dire que la pression démographique a pesé sur l’émergence du Covid 19

La fin des épidémies explique pour une part l’explosion démographique, mais la surpopulation implique des risques croissants d’épidémies. C’est ce qu’on appelle une causalité circulaire. La concentration humaine accentue les risques de contamination. Le bacille de la peste au XIVe siècle trouva un terrain favorable dans une situation de saturation urbaine. Ne peut-on penser que nous sommes, au niveau mondial, dans une situation assez proche ? Les pandémies se multiplient aujourd’hui. A l’heure où je bouclais ce livre, nous apprenions que la ville de Wuhan, 11 millions d’habitants, était mise en quarantaine.

Pour en savoir plus: « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Moins de bébés pour sauver le climat ?

« L’humanité est au bord du précipice climatique. Cette crise aura des conséquences pour l’humanité et pour les écosystèmes bien plus graves que celles du Covid-19. On se demande ce qu’il faut pour que la situation soit enfin traitée avec l’urgence qu’elle mérite. », s’exclame le climatologue Jean-Pascal van Ypersele. Que faire ? « Sortir complètement des énergies fossiles, décarboner les économies, arrêter la déforestation, réduire fortement les émissions de méthane…. »

Mais penser à la baisse de fécondité n’effleure pas l’esprit de Ypersele, contrairement aux commentateurs sur lemonde.fr :

Pascalou : Et pas un mot sur le fait que la population mondiale ait triplé en moins d’une durée de vie humaine? La capote, l’abstinence et le stérilet sont des moyens très simples de lutter contre la réchauffement climatique…

JPH-35 : Oui, mais il n’est pas convenable de le dire.

Bergeist : Le plus probable, c’est que l’humanité n’arrivera pas à gérer le réchauffement climatique, ce qui entraînera des conséquences incommensurables… et des guerres etc qui réguleront la population. Je n’ai qu’un regret, celui d’avoir eu des enfants.

LargoF : Oui, entièrement d’accord. L’évolution permanente de la population mondiale pour une planète à la capacité de charge limitée est une idiotie. Seulement voilà, le genre humain semble incapable d’intelligence collective.

Georges-Henri : La réalité est la suivante : 20% de la population mondiale (nous) produit par sa production/consommation 80% des gaz à effet de serre.

Michel SOURROUILLE : Pour présenter simplement la relation entre émissions de gaz à effet de serre et évolution démographique, il est utile de se référer à l’équation de Kaya :

CO2 = (CO2 : TEP) x (TEP : PIB) x (PIB : POP) x POP => CO2
(CO2 : TEP) : contenu carbone d’une unité d’énergie (qui peut s’exprimer en TEP, tonnes d’équivalent pétrole)
Cela correspond à un choix de ressources naturelles, charbon ou gaz, électricité, énergie renouvelable ou non, nucléaire
(
TEP : PIB) : quantité d’énergie requise à la création d’une unité monétaire (qui peut correspondre au PIB)
C’est l’intensité énergétique de l’économie ou inverse de l’efficacité énergétique (qui serait PIB : TEP)
(PIB : POP) : production par personne ou niveau de vie moyen
POP : nombre d’habitants.

Tout est interdépendant, on ne peut agir sur un des termes sans considérer ce qui se passe ailleurs.

Frogeater : Finalement on est tous d’accord sur le bilan. La planète trouvera son équilibre quand elle sera devenue partiellement inhabitable et ce qui la bousille disparaîtra… C’est à dire la population humaine va significativement diminuer et la production de CO2 / consommation de matières premières épuisables avec. Ce qui est illusoire et dérisoire, c’est de penser qu’en utilisant des pailles en bambou, des voitures électriques et des pompes à chaleur ou en portant plainte contre l’Etat français, on va résoudre le problème créé par 8, bientôt 10, voire 15 milliards d’humains qui ne rêvent que de confort et de développement…

Eljulio : Avant la déroute, nous subirons (à compter de la présente décennie) une crise économique majeure, une faillite du système bancaire, le déclin de l’industrie et notamment de l’industrie extractive (cf baisse drastique des investissements de l’industrie pétrolière dores et déjà observée, qui reste le rouage essentiel de l’économie mondialisée sur laquelle tous nos « acquis » ont été bâtis), le déclin de la production agricole, l’effondrement de tout ou partie des États et surtout des démocraties, et son lot de conséquence sociales, sanitaires, géopolitiques etc … Par conséquent il ne restera probablement, et avec un peu de « chance », que 2 ou 3 milliards d’habitants sur Terre d’ici la fin de ce siècle ce qui devrait résoudre le problème climatique.

L’aide active à mourir gagne du terrain

En France. La députée Marine Brenier a déposé une proposition de loi le 17 décembre sur « l’aide active à mourir ». : «  A titre personnel, j’ai eu plusieurs de mes proches qui sont partis, chacun sous l’égide d’un différent dispositif de la loi. Mon grand-père, sous la première loi Leonetti (de 2005), ma grand-mère sous la loi Leonetti 2 (de 2016). Je dénonce la sédation profonde, permise par la loi Claeys-Leonetti de 2016 comme une hypocrisie de la législation. Comment considérer que de laisser partir un être cher dénutri et déshydraté permettrait de respecter sa dignité ? J’ai donc été amenée à rencontrer des personnes qui travaillaient sur ces sujets, des praticiens, des patients et des associations. C’est une problématique à laquelle il faut répondre. Ma proposition de loi parle « d’aide active à mourir ». On renforce le dispositif actuel dans le cas où les personnes ne préparent pas de directives anticipées ou de personne de confiance. Cela permettra d’avoir des témoins pour dire que, quand il était conscient, le patient a dit qu’il voulait pouvoir passer par ce dispositif. Je souhaite que l’ #AideActiveAMourir puisse aussi se faire à domicile mais encadrée par des équipes soignantes. Beaucoup de personnes sont âgées, en #FindeVie, atteintes de maladies dégénératives et veulent pouvoir partir depuis chez elles. Mais c‘est un acte très particulier et on comprend que pour des raisons personnelles, de conscience ou de religion, un médecin puisse y être opposé. C’est la raison pour laquelle dans ma proposition de loi, j’ai mis un chapitre qui est dédié à la clause de conscience. » Pour le moment, la députée n’a aucune certitude concernant l’étude de sa proposition de loi par l’Assemblée Nationale. Cette décision dépend de la commission des affaires sociales.

À l’étranger. Toujours plus de pays reconnaissent la liberté fondamentale de décider de sa propre fin de vie. Après que la Cour constitutionnelle autrichienne a ordonné au Parlement de légiférer en faveur du droit à l’autodétermination en fin de vie – rejoignant ainsi, en Europe, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse – le Congrès des députés espagnol a voté très majoritairement, le 17 décembre 2020, en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté. Un texte qui devra être validé par le Sénat dans le courant du mois de février 2021. Cette loi, qui entrera en vigueur en Espagne au second trimestre 2021, répondait à la promesse électorale faite lors des dernières élections législatives par le chef du Gouvernement, Pedro Sanchez. Évidemment, ce nouveau droit ne s’imposera à personne et respectera toutes les consciences.

La France, aux prises avec la triste loi Leonetti qui n’autorise que le « laisser mourir » par la dénutrition et la déshydratation, provoquant une insuffisance rénale sévère, devra encore attendre… le président de l’ADMD, Jean-Luc Romero-Michel a déclaré : « Je suis très triste de constater que, sur ce sujet encore, la France, pays laïque, est sous le joug du pouvoir spirituel des Églises, omniprésentes sur les sujets de bioéthique et sociétaux, et sous le joug du pouvoir temporel de certains médecins qui refusent d’abdiquer leur omnipotence et de reconnaître la démocratie sanitaire. »