pacifisme

Le risque accru d’un conflit nucléarisé

Le 8 mai 1945 est la date à laquelle les forces alliées obtiennent la reddition sans conditions de l’Allemagne nazie ; ce n’est pas un armistice, c’est une capitulation qui implique nécessairement un vaincu. Est-ce bien nécessaire de conserver un jour férié pour un événement qui a eu lieu il y a 81 ans alors que l’Allemagne est depuis longtemps un pays frère intégré dans l’Union européenne.

Déjà en 1975, le président Giscard d’Estaing supprime la commémoration, en se justifiant « au titre de la réconciliation franco-allemande et de la relance de la construction européenne ». Le très conservateur Sénat contestera l’année suivante cette décision.

Le président Macron aime la célébration du 8 mai ; il a présidé l’an dernier la cérémonie de commémoration du 80e anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945 sous l’Arc de Triomphe. Il garde un état d’esprit militariste qui ne sait pas qu’entre vainqueurs et vaincus, il faut savoir tourner la page. Voici un article très dense sur la question militaire par Olivier Schmitt dont je commente deux aspects :

Olivier Schmitt : « Une dimension me semble sous-estimée dans le débat public français : non pas ce que permet de faire le porte-avions nucléaire, mais ce qu’il empêche de financer. Si l’on consacre des ressources à un groupe aéronaval, qu’est-ce qu’on ne finance pas dans l’armée de terre et dans l’armée de l’air et de l’espace ? La marine nationale n’a aucun intérêt à ce que le débat soit posé en ces termes. Pourtant, il y a un effet d’éviction en sa faveur, au détriment de ce qu’on pourrait faire, par exemple, en Europe en matière de capacité de déploiement. Le porte-avions est-il utile dans l’absolu ? Oui. Est-il le meilleur choix pour la France ? Il faudrait un débat beaucoup plus fin sur ces arbitrages budgétaires. »

Mon commentaire : Il est symptomatique que ce spécialiste ne consire l’arbitrage budgétaire qu’au niveau militaire sans considérer que l’augmentation actuelle en France de ce genre de penses improductives vient automatiquement en concurrence avec les dépenses sociales et la nécessaire réduction de notre endettement public !

Olivier Schmitt : « En matière de dissuasion nucléaire, le changement majeur tient à la multipolarisation autour de l’Inde, du Pakistan, de la Chine et de la Corée du Nord. Cela crée des dynamiques inédites par rapport à la guerre froide, où deux camps cherchaient à se dissuader mutuellement. Aujourd’hui, si vous êtes l’Inde, vous devez dissuader à la fois le Pakistan, la Chine, éventuellement la Corée du Nord. Envoyer des signaux crédibles à plusieurs interlocuteurs sans qu’ils soient mal interprétés devient de plus en plus compliqué. Le risque d’escalade augmente. C’est ce qu’on appelait durant la guerre froide le paradoxe entre stabilité et instabilité : si la relation est stabilisée au niveau nucléaire stratégique, la conflictualité est poussée au niveau conventionnel. La nouveauté, c’est que ces dynamiques concernent désormais une multiplicité de « camps », et non plus seulement deux. »

Mon commentaire : en terme clair, cela veut dire que le risque de déclenchement d’une frappe nucléaire existe car les relations géopolitiques avec acteurs multiples deviennent incontrôlables. La frappe peut même être « préventive ». Si j’étais Netanyahou ou Trump, une telle option atomique contre l’Iran peut même paraître justifiée, autrefois Hiroshima et Nagasaki ont bien évité (à ce qu’on dit) la prolongation de la guerre contre le Japon.

Et comme c’est l’IA qui génère de plus en plus l’analyse stratégique aujourd’hui, les études montrent que pour l’IA l’usage de la bombe atomique semble tout à fait rationnel…

Michel Sourrouille

source : https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/24/olivier-schmitt-expert-militaire-il-existe-un-vrai-risque-de-conflit-avec-la-russie-dans-les-cinq-prochaines-annees_6683027_3210.html

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Devenir objecteur de conscience en 1971

Voici ci-dessous quelques éléments de mon vécu en 1971…

Nous sommes en 2026 et j’ai la nette impression d’une profonde régression de la pensée humaine.

Michel Sourrouille

– Début février 1971, je note dans mon carnet : « Je peux dire sans beaucoup me tromper que si tous les budgets militaires depuis la nuit des temps avaient été consacrés à aider les humains au lieu de vouloir les détruire, il y aurait déjà un gouvernement mondial, une même langue, une même monnaie et une société où patrons et ouvriers marcheraient la main dans la main. »

– Désarmer doit être pour un pays une décision unilatérale. Si nous attendons que l’autre commence, nous pourrons toujours attendre longtemps. Tandis que si nous sommes désarmés, nous devenons un exemple de comportement.

– Si on nous attaque, il doit y avoir des raisons. Supprimons les raisons !  S’il y a attaque et qu’on nous envahit, faisons de la résistance passive. Notre exemple servira pour le futur.

– Nous n’avons jamais eu une seule raison valable de nous battre entre nations, tous les humains appartiennent à notre humanité commune, nous partageons la même terre, nous avons des intérêts communs.

– Mi-février 1971, Michel Debré m’apprend sans le vouloir l’existence des objecteurs de conscience lors d’un débat sur la patrie avec le communiste Jacques Duclos. « La patrie apporte la liberté par le suffrage universel : la liberté de la minorité de se plier aux exigences de la majorité (…) Les objecteurs de conscience ont de la chance qu’il y ait des patriotes », dit Debré. Duclos penche pour l’internationalisme des marseillaises, non pour le cosmopolitisme. J’en déduis que Duclos est pour une patrie rattaché à l’URSS et Debré pour la patrie du grand capital.

– Le refus de l’usage des armes est nécessairement un mouvement internationaliste ; le fait que le droit à l’objection ne soit pas reconnu dans un pays est une anomalie à combattre.

– Ma conscience ne me permet pas de vivre à l’intérieur d’une organisation appelée pudiquement « obligations légales d’activité « , armée qui ne permet ni l’amour de l’homme, ni la discussion, ni la non-violence. Or ma société me permet de vivre selon ma conscience ; que ma société fasse son devoir ! » (extraits de ma demande officielle pour être objecteur de conscience, 26 avril 1971).

– En juin 1971 Louis Lecoin, celui grâce à qui le statut d’objecter de conscience était devenu possible, meurt à 83 ans. Je fais passer un article dans Sud-Ouest, mais on a censuré ce passage : « C’est avec lui qu’on peut dire qu’un désarmement unilatéral donnerait à la France la meilleure place et la plus enviable dans la mémoire des hommes, de tous les hommes devenus citoyens égaux dans un monde sans frontières et à unique patrie. » Le journal a égrené le passé de Louis, mais n’a pas voulu aborder ce qui permettrait un avenir meilleur… La liberté d’exprimer ses idées est toute relative en France !

– J’écris au président du tribunal de grande instance : « Lundi 8 mai 1972, vous jugerez Jean Coulardeau, Odette Gaignard… pour incitation de militaires à la désobéissance, au renvoi et à la destruction de papier militaire et pour propagande en faveur du statut des objecteurs de conscience. Je proteste contre cette atteinte à la liberté d’expression car les inculpés ne font-ils pas autre chose qu’employer les mêmes « armes » que l’organisation militaire : incitation des civils à l’obéissance, incitation à l’adhésion aux buts militaires et propagande en faveur du statut de soldat. »

– Seule est vraie la parole qui mène aux actes.

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Trump peut utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran

Le 23 avril, le président Donald Trump a affirmé pendant un échange avec la presse dans le bureau Ovale ne pas avoir l’intention d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran, : « Non, je ne l’utiliserai pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d’utiliser l’arme nucléaire… Pourquoi utiliserais-je l’arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle ? »

https://www.lemonde.fr/international/live/2026/04/24/en-direct-guerre-au-moyen-orient-le-cessez-le-feu-entre-israel-et-le-liban-sera-prolonge-de-trois-semaines-annonce-donald-trump_6681958_3210.html

Le commentaire de Michel Sourrouille

Cette phrase du président américain veut dire en fait que si l’Iran n’était pas anéanti de manière conventionnelle, alors Trump pourrait utiliser l’arme nucléaire. Il ne faudrait jamais oublier que les USA ont déjà utilisé l’arme nucléaire deux fois contre des civils.

La dissuasion nucléaire est donc un leurre, l’existence de ce moyen de domination peut être utilisé par n’importe quel dirigeant… surtout s’il s’agit d’anéantir la résistance d’un pays non possesseur de la bombe. On peut par exemple penser au conflit entre Israël (nucléarisé) et l’Iran (non nucléaire) !

Les écologistes sont le seul parti qui pourrait prôner le désarmement nucléaire de la France. L’avantage politique, c’est que ce parti aurait un créneau de visibilité électorale conforme à son ADN pacifiste (préparer la paix pour éviter la guerre).

Les Insoumis, les plus proches de la position globale des écologistes, sont ambigus. A ma connaissance, la dissuasion nucléaire est « caduque » selon Mélenchon. Du moins telle qu’elle est mise en œuvre aujourd’hui. Il penche pour une refonte radicale. La dissuasion serait opérée depuis l’espace et sans faire appel à des moyens nucléaires. (février 2022).

Les précisions de Philippe Leclerre

(résumé) Lutter contre la propagande militariste est aussi une entreprise sémantique. La notion d’industrie de « défense » n’existe pas, c’est une invention du lobby militaro-industriel qui conditionne les mentalités. Il y a création d’éléments de langage qui collent aux cerveaux comme du sparadrap. Les ventes d’armes alimentent des guerres et des massacres, mais la production en masse destinée à l’exportation permettait des économies d’échelle et obtenir ainsi des coûts moindres pour l’armée française.

Les médias, à commencer par Le Monde, publient des articles sur les guerres sous l’appellation « défense » et l’industrie militaire est devenue « industrie de défense ». C’est un tour de passe-passe, une tromperie. Il n’y a pas d’industrie « de défense ». Quand la France guerroie au Sahel, les armes utilisées ne sont certainement pas « de défense » ; quand la France expédie des armes en Israël ou en Arabie saoudite au plus fort des massacres (Palestine, Liban, Iran,Yémen…), ces armes ne sont évidemment pas produites pour la défense.

L’expression « industrie de défense » nous fait avaler la participation en notre nom à l’incendie criminel qui ronge la planète. Je dis souvent que le premier combat des militants est celui de la sémantique. Lorsqu’on emploie la terminologie imposée par des gens avec qui nous ne sommes pas d’accord, nous confortons leurs positions et leurs argumentations : nous sommes piégés, sur la défensive, et même souvent captifs.
Il n’y a pas d’industrie de défense, mais
seulement une industrie militaire.

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Le Japon tourne le dos au pacifisme

Le pacifisme est inscrit dans la Constitution japonaise de 1947 qui dispose que le Japon « renonce à la guerre en tant que droit souverain de la nation » (article 9).

Le Japon a même adopté une interdiction conditionnelle des exportations d’armes en 1967, puis une interdiction totale une décennie plus tard. En 2014, le Japon a ouvert la voie aux exportations pour cinq catégories de produits militaires non létaux : le sauvetage, le transport, l’alerte, la surveillance, le déminage. Lorsque l’Ukraine a lancé un appel aux nations amies pour obtenir des armes afin de repousser l’offensive de la Russie, le Japon avait exprimé sa sympathie, mais s’était abstenu d’envoyer des armes.

Mais le Japon a annoncé le 21 avril 2026 assouplir ses règles d’exportation d’armements en vigueur depuis cinquante ans, un changement historique ouvrant la voie à la vente d’armes létales à l’étranger. La première ministre, Sanae Takaichi, aux positions ultranationalistes, en avait fait un marqueur de sa politique. Elle soutient que cette évolution permettra à l’archipel de renforcer sa défense nationale, tout en stimulant l’industrie d’armement pour en faire un moteur de croissance économique.

Le point de vue des écologistes pacifistes

Quand les Portugais ont introduit le mousquet dans le Japon du XVIe siècle, son emploi fut désavoué et il fallut attendre longtemps avant qu’il soit autorisé à remplacer les armes traditionnelles. Son efficacité en tant qu’instrument de guerre n’était pas mise en doute. Mais il ne  correspondait pas à la tradition culturelle japonaise, pour laquelle l’utilisation d’un engin permettant à un gamin de tuer un samouraï chevronné était tout à fait inadmissible.

Nous sommes assis sur une poudrière, mais nous augmentons la quantité de poudre, exportations d’armes, dissuasion nucléaire « élargie », augmentation généralisée des dépenses militaires, militarisation de la population en France, etc.

La seule voie qui importe, préparer la paix pour éviter la guerre, n’est plus de ce monde. Seul Léon XIV porte une voix dissidente !

Le pape américain s’est exprimé le 11 mai 2025 au balcon de la basilique Saint-Pierre pour appeler « les grands de ce monde » à arrêter la guerre, que ce soit à Gaza, entre l’Inde et le Pakistan, ou encore en Ukraine.

Le 11 avril 2026 dans la basilique Saint-Pierre, ecclésiastiques et ambassadeurs près le Saint-Siège étaient venus écouter la prière pour la paix, décidée à la dernière minute par le pape Léon XIV : « Chers frères et sœurs, assez avec l’idolâtrie de soi-même et de l’argent ! Assez avec la démonstration de force ! Assez avec la guerre ! La véritable force se manifeste dans le service de la vie. Il est temps de faire la paix ! Asseyez-vous à la table du dialogue et de la médiation, et non à la table où se planifie le réarmement et où se décident des actions meurtrières ! »

« Dieu ne bénit aucun conflit », avait écrit le pape sur le réseau X, la veille.

Samedi 18 avril 2026, le cardinal Joseph McElroy, archevêque de Washington, a demandé aux fidèles d’agir : « En tant que citoyens et croyants en cette démocratie, nous devons plaider en faveur de la paix auprès de nos représentants et de nos dirigeants. Il ne suffit pas de dire que nous avons prié, nous devons aussi agir. »

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere,

notre rubrique « pacifisme »

https://biosphere.ouvaton.org/blog/category/pacifisme/

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Les a-côtés d’une guerre inhumaine

L’IA ne devient pas humaine, c’est l’humain qui devient machine. Netanyahou ne fait preuve d’aucun sentiment d’humanité. Et on peut se demander à juste titre si Trump est normal. Ils utilisent les machines pour faire semblant d’être fort. Et ils négligent les séquelles des combats qu’ils ont provoqués.

Le soldat, au service de la machine

Laure de Roucy-Rochegonde, directrice du centre géopolitique des technologies de l’IFRI, autrice de « La Guerre à l’ère de l’intelligence artificielle. Quand les machines prennent les armes » (PUF, 2024).

Dès les premières heures du conflit en Iran, le modèle d’IA générative d’Anthropic « Claude » a été utilisé par l’armée américaine pour planifier l’attaque lancée le 28 février 2026. Les techniques d’IA réduisent considérablement le délai entre la collecte d’informations, l’analyse, la décision et l’action militaire permettant, concrètement, la frappe d’un plus grand nombre de cibles, plus vite, à moindres frais et avec l’apparence d’une justification rationnelle. Il y a une marginalisation de la prise de décision humaine dans la kill chain. Les opérations deviennent trop rapides pour être pleinement comprises par les opérateurs. La phase de vérification humaine des cibles se révèle extrêmement courte, parfois de l’ordre d’une vingtaine de secondes. Une telle pression temporelle incite à seulement entériner les propositions de la machine. Et si, au nom de l’efficacité militaire, nous avions déjà commencé à déléguer à la machine des choix qui engagent notre humanité ?

L’érosion du contrôle exercé sur la force militaire est d’autant plus préoccupante que, d’après une étude menée par Kenneth Payne au King’s College de Londres, les principaux modèles développés par OpenAI, Anthropic et Google choisissent de recourir à l’arme nucléaire dans 95 % des cas de conflits auxquels ils sont exposés. Ce pourcentage indique que le tabou nucléaire n’est pas aussi prégnant dans le raisonnement de programmes d’IA qu’il ne l’est dans l’imaginaire humain.

En 1945, après avoir lâché une bombe sur Hiroshima, les Américains, en ont envoyé une deuxième 3 jours après sur Nagasaki, sans même attendre que le Japon capitule. Tout ça pour montrer sa force et tester une bombe au plutonium différente de la première. Est-ce qu’une IA aurait été moins cynique que ces dirigeants-là ?

Le soldat, ce traumatisé des combats

Un livre de référence, L’Homme en guerre de Patrick Clervoy (Odile Jacob, 288 pages, 23,90 euros)

Patrick Clervoy a effectué toute sa carrière comme psychiatre au sein des forces armées. Il pose un éclairage cru sur la banalité du stress post-traumatique chez les militaires engagés en opération :

« A l’épreuve de la guerre, un homme se transforme, sa personnalité change. Il devient quelqu’un d’autre. La guerre, c’est le lieu où se décomposent les sociétés…  Rien n’est plus insupportable pour un soldat que la peur de son voisin…  Neuf soldats sur dix connaissent une inhibition à tuer… Pour un homme en guerre, le premier danger n’est pas celui de perdre sa vie, mais celui de perdre son humanité  ».

Aux Etats-Unis, rappelle-t-il, entre 2008 et 2016, environ 6 000 soldats se sont suicidés. Avec de tels chiffres, l’Amérique déplore un plus grand nombre de vies perdues au retour d’Irak ou d’Afghanistan que durant les années de guerre sur ces deux théâtres.

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Léon XIV donne une fessée à Trump

La vocation des écologistes est d’en finir avec les guerres pour promouvoir la paix avec l’ensemble des formes de vie. Quand un pape veut la même chose, nous saluons son message de chrétien.

Le pape Léon XIV : « Chers frères et sœurs, il existe certainement des responsabilités impératives qui incombent aux dirigeants des nations. Vers eux nous nous écrions : arrêtez ! Il est temps de faire la paix ! Asseyez-vous à la table du dialogue et de la médiation, et non à la table où se planifie le réarmement et où se décident des actions meurtrières !  Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent ! Assez des démonstrations de force ! Assez de guerres ! La véritable force se manifeste en servant la vie »

Le pape n’a cité aucun responsable politique par son nom et n’a pas désigné de pays en particulier.

Donald Trump : « Je ne veux pas d’un pape qui pense que c’est OK pour l’Iran d’avoir une arme nucléaire. Et je ne veux pas d’un pape qui critique le président des Etats-Unis parce que je fais exactement ce pour quoi j’ai été élu, dans un raz-de-marée. Je ne suis pas un grand fan du pape Léon. C’est quelqu’un de très libéral, et c’est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité. Il fait joujou avec un pays qui souhaite se doter de l’arme nucléaire. »

Donald Trump a accompagné son message d’une image générée par intelligence artificielle dans lequel on le voit, en toge blanche et rouge, apposer sa main sur le front d’un malade sur un lit d’hôpital, entouré de personnes en prière, et sur fond de drapeau américain.

Le pape Léon XIV a décidé de répliquer. « Je n’ai ni peur de l’administration Trump, ni de dire le message de l’Évangile. Mon message a toujours été le même : promouvoir la paix. Je le dis pour tous les leaders du monde, pas uniquement pour lui. Nous cherchons toujours à en finir avec les guerres et à promouvoir la paix et la réconciliation. Nous ne regardons pas la politique étrangère – comme Trump appelle ça – avec la même perspective que lui. Je n’ai pas l’intention d’entrer dans un débat. »

Les réactions des écologistes de toutes obédiences

– En représailles, Trump vient de décider de mettre 200% de droits de douanes sur le Vatican. Le prix des crucifix et des hosties va exploser.

– Non, il va imposer un bloc maritime au Vatican.

– Blague à part, il faut un sacré culot pour oser faire le leçon au pape sur les valeurs chrétiennes.

– Lors de son investiture, Trump a prêté serment sur la bible. Manifestement il ne sait pas ce qui est écrit dedans.

– Jésus : « On ne peut servir Dieu et l’Argent »

– Vous connaissez la différence entre Dieu et Donald Trump ? C’est que Dieu ne se prend pas pour Donald Trump.

– Il est plus facile pour un chameau 🐫 de passer par le chas d’une aiguille que pour Trump d’entrer dans le royaume des cieux !

– Trump me fait soutenir l’Iran et le pape. Moi, le bouffeur de curés et anti-islamiste.

– Et la grenouille de bénitier Vance, il soutient qui, Léon ou Trump ?

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La loi Yadan défend le sionisme

Exceptionnellement il ne sera pas question directement d’écologie dans ce post. Mais le conflit entre Juifs et Musulmans devait nous montrer qu’un mort est toujours un mort, quelles que soient les circonstances de ce décès et la religion du défunt. Il faut toujours aller au-delà de l’émotionnel et du parti pris pour pouvoir approfondir une réflexion quel que soit le domaine d’étude. Le conflit israélo-palestinien nous apparaîtra alors pour ce qu’il est, le témoignage de l’impasse historique où nous a mené un passé ethnicisé.

Sur ce blog, nous pensons que tout nationalisme est une cause de guerre et doit être dénoncé comme tel. Car la guerre empêche toute vie paisible sur cette petite planète qui n’a déjà pas besoin de ça pour être déjà déséquilibrée par l’activisme humain.

Quelques faits historiques

– Le sionisme vise à la formation d’un foyer national juif, qui correspondrait à peu près à Canaan, à la Terre sainte, une région pourtant déjà occupée par les Palestiniens. Face à l’antisémitisme, ce mouvement gagne en popularité. C’est un nationalisme sans territoire qui apparaît au XIXe siècle et trouver une concrétisation politique avec la déclaration Balfour en 1917 puis l’établissement de la Palestine mandataire à l’issue de la Première Guerre mondiale en 1920, ce qui permet l’accroissement de l’immigration juive sur le territoire. Le terme « sionisme » fait référence au « retour à Sion », Sion étant un synonyme utilisé pour Jérusalem, et par extension « la terre d’Israël ».

– La commission universitaire anglo-américaine King-Crane avait en 1919 remarqué deux choses : le projet européen sioniste ne pouvait se concrétiser que par la violence (à commencer par la violence de l’occupation militaire britannique) et les sionistes étaient convaincus de leur légitimité : un territoire qui leur serait donné par Dieu. Mais le seul fait de ne pouvoir se concrétiser ce projet que par la violence prouvait l’illégitimité de ce projet. En conséquence la commission concluait qu’il fallait remettre en cause le projet européen sioniste. Elle avait compris que le projet israélien ne pourrait jamais être légitime. Le rapport de cette commission a été immédiatement enterré.

– L’idée qu’il serait possible de créer ex nihilo un État où des Juifs seraient majoritaires ne pouvait se concrétiser qu’avec l’aval des Grandes Puissances. En 1947, l’ONU propose un plan de partage de la Palestine entre un État juif et un État arabe tandis que Jérusalem serait un corpus separatum sous administration internationale. L’État d’Israël est proclamé le 14 mai 1948. Israël ne comptait alors que 630 000 Juifs pour 1 340 000 Arabes. Les deux populations indigènes de la Palestine historique (une majorité arabe et une minorité juive) avaient vécu dans une paix relative pendant des siècles avant la Nakba, la catastrophe de la création de l’État d’Israël.

Proposition de loi de la députée macroniste Caroline Yadan

On fait dans son exposé des motifs, un lien direct entre antisionisme et antisémitisme : « Cette haine de l’Etat d’Israël est consubstantielle à la haine des juifs », peut-on y lire. Et d’ajouter : « L’appel à la destruction de cet Etat, parce qu’il forme un collectif de citoyens juifs, est une manière détournée de s’attaquer à la communauté juive dans son ensemble », omettant les quelque 2 millions de Palestiniens d’Israël et avalisant la définition d’Israël par une loi israélienne contestée de 2018 comme « l’Etat nation du peuple juif ».

Dans sa première rédaction, la proposition de loi créait un nouveau délit de presse − relevant de la loi de 1881 sur la liberté d’expression − dans « le fait de provoquer directement ou indirectement à la destruction ou à la négation d’un Etat, ou de faire publiquement l’apologie de sa destruction ou de sa négation ». Une formulation jugée trop vague par le Conseil d’État, d’où la nouvelle formulation : délit d’avoir « appelé publiquement, en méconnaissance du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et des buts et principes de la Charte des Nations unies, à la destruction d’un Etat reconnu par la République française ».

Selon Caroline Yadan, ce texte doit permettre d’empêcher de présenter « impunément » le Hamas comme « un mouvement de résistance ».

Une pétition a dépassé le seuil des 500 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale le 7 avril 2026. Celle-ci s’oppose à la proposition de loi (PPL) « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme ».

L’examen de la PPL dans l’hémicycle est prévu pour les 16 et 17 avril…

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Qui est le vrai responsable d’une guerre ?

La guerre peut être tragique. Elle ne doit jamais devenir anonyme. L’intelligence artificielle peut exonérer de la responsabilité sur le terrain, mais on sait toujours qui est le premier responsable, Hitler, Poutine, Netanyahou, Trump, le général Abdel Fattah al Burhan contre le général Mohamed Hamdan Dagalo, etc.

La guerre a toujours été une affaire de technologie. L’arc long anglais a transformé les champs de bataille médiévaux, l’artillerie a fait tomber les murailles, l’arme nucléaire a suspendu l’équilibre du monde à un bouton. Là où un officier devait autrefois assembler patiemment des fragments épars d’informations, l’intelligence artificielle (IA) produit désormais une synthèse opérationnelle quasi instantanée. Cette vitesse peut pousser les responsables militaires à simplement suivre la machine, non par conviction, mais parce qu’elle va plus vite qu’eux. Une question s’impose alors. Qui est responsable ? La décision n’appartient plus vraiment à personne.

Le point de vue des écologistes pacifistes

– Rien de nouveau, la responsabilité se dilue ! ll y a près de 70 ans Günther Anders écrivait à propos du nucléaire militaire que cette innovation guerrière dépassait nos capacités d’entendement ; cela provoquait ce qu’il appelait une « décharge de la responsabilité, notre âme déclare forfait ». L’irruption de l’intelligence artificielle ne fait qu’ accroître la confusion mentale.

– Crimes de guerre, crimes contre l’humanité, l’extrême de la violence se situe plutôt du côté des dictatures, où un seul homme peut décider d’envoyer à la mort tout un peuple. La responsabilité des militaires n’existe plus. C’est Hitler, Poutine ou Trump qui décide unilatéralement… La seule réaction réside dans la capacité des personnes à résister au dictateur, et même le tuer s’il devient un meurtrier.

– On peut parler d’assassinat en ce qui concerne les frappes israélo-américaines qui ont décimé les dirigeants de l’Iran.

– Entrer en guerre est facile, en sortir c’est éprouvant.

– Pour régler les conflits on n’aurait jamais du dépasser les gants de boxe… et encore, des chocs répétés peuvent endommager gravement le cerveau ! Alors la lutte gréco-romaine ? On aurait aimé Poutine s’accrocher sur un ring avec Zelenski, cela aurait évité beaucoup de morts…. On aurait aimé Trump faire une partie d’échecs avec le père Khamenei vivant…

– L’histoire ne pleure jamais ses bourreaux…

– Couper une tête de l’hydre n’empêchera pas une autre de repousser si les citoyens laissent faire.

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Contre la militarisation des esprits en France

20 propositions pour démilitariser la France

1. Valoriser davantage les personnages qui, sans armes, ont fait l’histoire, tout particulièrement dans les manuels d’éducation civique et d’histoire. Réduire, dans les programmes scolaires, la part consacrée aux guerres et aux « héros » militaires.

2. Honorer les objecteurs de conscience au service militaire et les réfractaires à la guerre. Reconnaître leur contribution exemplaire à la défense de la paix.

3. Réhabiliter tous « les fusillés pour l’exemple » de la Première guerre mondiale. Inscrire leurs noms sur les monuments aux morts parmi les victimes militaires avec la mention « Morts par la France ».

4. Civiliser les commémorations nationales, réduire la part dédiée à l’armée. Faire connaître les monuments aux morts dits « pacifistes ». En construire d’autres sur la base de propositions citoyennes et d’établissement scolaires.

5. Investir dans l’éducation à la paix et à la non-violence dès l’école.

6. Supprimer le défilé militaire du 14 juillet. Le remplacer par un « défilé » citoyen dans le cadre d’une fête nationale toute entière tournée vers la fraternité et la paix entre les peuples.

7. Abandonner La Marseillaise comme hymne national. Adopter de nouvelles paroles pour un hymne pacifié conforme à nos valeurs universelles.

8. Promouvoir les symboles pacifiques. Débaptiser les rues et places qui rendent hommage aux personnalités guerrières ou colonialistes. Valoriser les héros de la non-violence, comme le général Jacques de Bollardière.

9. Réduire les dépenses militaires et réaffecter les investissements vers les services publics, l’éducation, la santé et la transition écologique.

10. Stopper les ventes d’armes, fermer le salon de l’armement EuroSatory, démanteler le complexe militaro-industriel, engager un processus de reconversion des industries d’armement.

11. Renoncer aux interventions militaires extérieures. Défendre la paix et la justice dans le monde par des initiatives diplomatiques appropriées, le soutien aux sociétés civiles en lutte contre les groupes terroristes ou les dictatures, des aides ciblées au développement économique des pays pauvres.

12. Libérer la France des armes nucléaires, signer le Traité international d’interdiction des armes nucléaires, se prononcer clairement pour le désarmement nucléaire unilatéral de la France.

13. Refuser de participer à la militarisation de l’espace.

14. Sortir de la culture du secret concernant toutes les affaires de défense, mettre en place des mécanismes de contrôle démocratique et de transparence.

15. Investir dans les stratégies civiles de défense et d’intervention civile de paix. Soutenir les formations organisées par les associations et les institutions pour la résolution non-violence des conflits.

16. Abroger les accords Défense-Education, interdire à l’armée de pénétrer dans les établissements scolaires. Favoriser l’éducation à la citoyenneté en dehors de tout cadre militaire.

17. Supprimer le Service national universel (SNU). Lui préférer, sur la base du volontariat, un service civil permettant à tout jeune de s’investir dans une association ou une institution de son choix.

18. Démilitariser la police et la gendarmerie. Interdire la possession et l’usage d’ armes de guerre par les forces de l’ordre. Investir dans la formation des policiers aux méthodes de médiation et de résolution pacifique des conflits.

19. Organiser un puissant mouvement citoyen de résistance à la militarisation en fédérant l’ensemble des luttes partielles actuelles et en les amplifiant.

20. Démilitariser les esprits en organisant de nombreux débats au sein de la société civile afin de permettre aux citoyens de s’approprier toutes ces questions et d’agir en conséquence.

Conmmentaire

Alain Refalo : La France demeure un pays particulièrement militarisé. J’ai bien dit « militarisé », et non pas « militariste ». Selon l’IEP (l’Institute for Economics and Peace), la France faire partie des cinq pays les plus militarisés au monde, derrière les Etats-Unis, la Corée du Nord, la Russie et Israël.

Pour effectuer cette mesure l’IEP utilise sept critères : les dépenses militaires en pourcentage du PIB, le nombre d’individus membres des forces armées pour 100 000 habitants, le volume d’armes conventionnelles importées, mais aussi exportées pour 100 000 habitants, la contribution financière aux missions de maintien de la paix des Nations unies, les capacités en armes lourdes et nucléaires et, enfin, la facilité d’accès aux armes légères et de petits calibres.la place de l’institution militaire en France est « sans équivalent dans aucune autre démocratie » et « n’a cessé de se renforcer au cours des dernières décennies »1.

Ce poids de l’armée dans la vie politique se fait particulièrement sentir dans les priorités de la politique extérieure de la France avec un nombre toujours plus important d’interventions militaires, surtout en Afrique. La dernière au Mali a lamentablement échoué, avec plusieurs dizaines de soldats morts pour rien. Sur le plan économique, le poids du complexe militaro-industriel, un des piliers économique de la Ve République, n’a cessé de se renforcer avec une industrie de défense qui tient en otage la classe politique dans les choix des grands programmes technologiques, stratégiques et militaires.

Sur le plan symbolique, les présidents de la République ne sont jamais en reste pour souligner leur attachement aux valeurs militaires. On l’a oublié, mais le président « jupitérien » Emmanuel Macron, le jour de son investiture, remonte les Champs-Élysées, dans un véhicule militaire, un camion tout-terrain ouvert conduit par un gendarme… C’est une première ! À son bord, le président de la République est accompagné du chef d’état-major des armées. La militarisation des esprits est d’ailleurs une constante en France, avec nos livres d’histoire où le récit national met en avant les guerres et les conquêtes de la France, où les héros guerriers tiennent encore une grande place. Elle se prolonge par la valorisation des valeurs militaires, tout particulièrement avec l’obscène défilé national du 14 juillet sur les Champs-Elysées et de nombreuses commémorations nationales où l’armée et son idéologie sont omniprésentes, sans oublier notre hymne national qui n’a rien de pacifique ! (extraits)

https://alainrefalo.blog/2022/03/13/contre-la-militarisation-des-esprits-pour-une-france-qui-agit-pour-la-paix-20-propositions/

 

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dissuasion nucléaire, dilemme des écologistes

Quelle est la position des Écologistes sur la dissuasion nucléaire ?

Le positionnement de Frédéric Kalfon, au nom de la commission « défense » du parti « Les Ecologistes », soutient le discours pro-dissuasion nucléaire de Macron. Il est en totale contradiction avec un communiqué de la commission Paix&Désarmement du même parti. Frédéric Kalfon est aussi à l’inverse des décisions passées du Conseil fédéral.

=> L’ensemble des militants de ce parti devrait être informé de cette anomalie et pouvoir en débattre.

Rappel historique

1. Le Conseil fédéral du 5 juin 2011 s’associe officiellement à l’Appel international pour une Europe sans armes ni centrales nucléaires, qui énonce notamment :

• 1. De l’Atlantique à l’Oural, plus aucun armement nucléaire ne doit stationner ni être installé en Europe.

• 2. Plus aucune arme nucléaire ne doit menacer l’Europe ni menacer le reste du monde.

• 3. L’Europe doit initier et soutenir jusqu’à son plein achèvement le processus d’abolition des armes nucléaires dans le monde, conformément à l’article VI du traité de Non-Prolifération. »

Unanimité moins un contre et un blanc.

2. « Le Conseil fédéral des 23 et 24 juin 2012

demande à l’ensemble de ses représentant-e-s au parlement et au gouvernement de tout mettre en œuvre pour que soit mis à l’étude dans un délai rapproché un projet de loi ou une proposition de loi portant l’organisation d’un large débat et d’un référendum sur la question suivante:

« Approuvez-vous que la France participe avec les autres Etats concernés à l’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

Unanimité moins une abstention. 

3. Le Conseil fédéral des 11 et 12 mars 2017 décide :

d’appeler la France, à ne plus s’opposer aux propositions de principes d’un projet de traité d’interdiction des armes nucléaires en vue de leur élimination et demande qu’elle participe à la conférence et aux négociations organisées par l’ONU en 2017 ;

approuve la proposition de loi parlementaire organisant un référendum national sur la question :

« Voulez-vous que la France négocie et ratifie avec l’ensemble des Etats concernés un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires.

demande aux candidat.e.s soutenu.e.s par EELV à l’élection présidentielle et aux législatives de 2017 de s’approprier ces objectifs et de défendre l’interdiction des armes nucléaires ;

Unanimité moins 15 blancs.

4. Le Conseil fédéral des 1er et 2 octobre 2022

souhaite impulser de nouvelles initiatives européennes pour le désarmement nucléaire dans le monde et pour limiter de manière générale la course aux achats d’armes conventionnelles ;

•  refuse toute prolifération européenne des armes nucléaires françaises – tant en termes de financement européen qu’en termes de scénarii d’utilisation

•  n’exclut pas la possibilité d’engager une initiative de désarmement nucléaire au niveau français sans consensus européen sur le sujet et lorsque les conditions seront réunies.

Unanimité moins un blanc.

Communiqué récent de la Commission Paix et Désarmement (résumé)

La dissuasion nucléaire : Sécurité collective européenne oui, fuite en avant nucléaire non

Le discours du Président de la République du 2 mars 2026 et ses déclarations à l’Île-Longue, présentés comme une révision significative de la doctrine nucléaire française, constituent un tournant stratégique majeur. En assumant une relance de la course aux armements nucléaires, ces orientations envoient un signal grave. En matière nucléaire, toute dynamique de réarmement alimente mécaniquement un risque accru de prolifération. L’histoire récente montre que l’humanité a frôlé à plusieurs reprises un conflit nucléaire majeur, évité de justesse. Une doctrine de sécurité ne peut reposer ni sur l’aléatoire, ni sur l’équilibre fragile de la peur.

Pour les Écologistes, cette évolution constitue une ligne rouge. Depuis leur fondation, les mouvements écologistes ont inscrit dans leurs textes et leurs combats le refus de l’arme nucléaire, au nom de la protection du vivant, de la solidarité internationale et de la responsabilité envers les générations futures. La dissuasion repose sur la menace d’anéantissement massif des populations et des écosystèmes ; elle est incompatible avec une pensée politique fondée sur la préservation du vivant, la non-violence et le primat du droit international. En accepter l’extension ou la banalisation serait une entorse majeure à nos fondamentaux (…)

Les Écologistes portent une vision de la sécurité commune fondée sur le droit international, la coopération, la prévention des conflits et le désarmement global. L’Europe doit adopter une stratégie de sécurité collective crédible, réduire sa dépendance à l’arme nucléaire et engager un mouvement international en faveur de la diminution, puis de l’élimination des armes de destruction massive. Face à la menace atomique, le silence serait une faute. L’inaction serait un renoncement. Entre la fuite en avant stratégique et l’exigence éthique, nous choisissons la lucidité, la démocratie et la paix.

Fatima Cuny & Abdessalam Kleiche, Coresponsables de la Commission paix & Désarmement

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Un débat en France sur la dissuasion nucléaire

Notre blog ausculte les tressaillements de ce monde

pour mieux révéler le monde à venir

Un sondage IFOP de mars 2012 montrait que 81 % des Français étaient favorables à l’engagement de la France « dans un processus de convention internationale d’élimination totale et contrôlée des armes atomiques ». Aujourd’hui le contexte géopolitique international militarise les esprits, à commencer par celui du président Macron. Voici quelques éléments du débat qui fracture actuellement la société en matière de dissuasion nucléaire. Frédéric Kalfon appartient à la commission « défense » du parti « Les Écologistes ». Il s’aligne sur le positionnement de Macron, notre correspondant Michel Sourrouille réagit.

Frédéric Kalfon (1er avril 2026)  : Concernant l’évolution de la doctrine française de dissuasion nucléaire, il me semble que le contexte stratégique de 2026 n’est pas identique à celui de 2010. L’abandon par Macron du vocabulaire de la « stricte suffisance » dans le discours de l’Île Longue répond à une transformation objective de l’équation de sécurité. La « dissuasion avancée » signifie que les intérêts vitaux de la France intègrent désormais la sécurité de huit partenaires européens. La stricte suffisance était calibrée pour la France seule.

Michel Sourrouille (4 avril 2026) : Frédéric Kalfon, au nom de la commission « défense » du parti des écologistes, s’aligne donc sur Macron, ce qui est nouveau de la part d’un parti d’opposition historiquement voué au principe « si tu veux la paix, prépare la paix ».

Frédéric Kalfon : Les systèmes chinois HQ-19, russes S-500 ou le projet américain de Golden Dome ne sont pas des projections. Ce sont des capacités en cours de déploiement. Maintenir un arsenal strictement identique en nombre, c’est accepter que sa capacité à infliger des dommages inacceptables décroît mécaniquement. L’augmentation est une réponse à un changement dans les moyens de défense des adversaires potentiels.

Michel Sourrouille : il s’agit donc d’une course à l’armement nucléaire. Au lieu d’envisager de tuer des millions de civils, on espère pouvoir en tuer encore plus pour être à égalité de forces. La France ferait donc mieux de s’engager à signer le TIAN (Traité sur l’interdiction des armes nucléaires). Rappelons la tribune d’Alain Lipietz  du 9 mars 2022 :

« Le consensus français sur l’efficacité de la dissuasion nucléaire est encore rappelé, dans ces colonnes, par La République en marche et par La France insoumise. C’est le consensus même LRM-LFI pour la dissuasion nucléaire que nous, écologistes, rejetons. Fondée sur le « tout ou rien », la défense par dissuasion n’est « rien » si le « tout » est si apocalyptique qu’il terrorise celui-là même qui devrait le déclencher. »

Frédéric Kalfon : La critique de la métaphore du « parapluie nucléaire » est, sur le plan rhétorique, tout à fait fondée. Un parapluie ne menace pas la pluie… Mais cette critique, poussée jusqu’à son terme, conduit à une impasse. Si l’on soutient que l’arme nucléaire ne protège pas, qu’elle expose au contraire ceux qui la possèdent en faisant d’eux des cibles prioritaires, alors la conclusion logique serait un désarmement unilatéral immédiat. On ne dit pas comment, concrètement, la France pourrait se soustraire à la menace russe sans la dissuasion.

Michel Sourrouille : Cette conclusion est assumée par la commission Paix&Désarmement. Il s’agit d’une démarche qui peut s’inscrire dans la démarche progressive des traités internationaux que sont le TNP et le TIAN. On peut aussi politiquement vouloir un désarmement nucléaire unilatéral de la France. Car est-ce que ce sont seulement les pays possesseurs de la bombe qui sont protégés de la bombe ? Si oui, alors tous les pays devraient être en possession d’armes nucléaires.

Frédéric Kalfon : On ne peut pas faire comme si la Russie n’avait pas engagé une guerre d’agression contre l’Ukraine en 2022, comme si elle n’avait pas, depuis trois ans, systématiquement utilisé la menace nucléaire

Michel Sourrouille : Il s’agit depuis plus de 4 ans d’une guerre « conventionnelle », un usage du nucléaire par les Russes serait tellement disproportionné que Poutine se trouverait mis au ban des Nations. Mais c’est là une des caractéristique d’une arme nucléaire soumis à un seul dirigeant, le feu nucléaire peut être déclenché par un fou, peu importe le nombre d’ogives qu’on possède soi-même.

Frédéric Kalfon : Nous défendons, nous les écologistes, une conception de ce qu’est une politique de sécurité crédible. Dans un monde où la menace nucléaire existe, refuser de la regarder en face et se priver des moyens d’y répondre, ce n’est pas faire œuvre de paix, c’est s’exposer à la domination.

Michel Sourrouille : Frédric Kalfon ne représente pas les écologistes. Il suffit de lui rappeler la charte internationale des Verts qui repose sur l’élimination des causes de la guerre et sur la non-violence, pas sur une dissuasion nucléaire « avancée » copiée sur Macron.

Frédéric Kalfon : Notre position est qu’une politique de défense cohérente doit articuler trois dimensions : une dissuasion nucléaire crédible, une dissuasion conventionnelle massive, et une dissuasion civile, c’est-à-dire une capacité de résilience de la société, de ses infrastructures, de son économie et de son système démocratique face aux attaques hybrides.

Michel Sourrouille : La position de la commission Paix&Désarmement rejette la dissuasion nucléaire, il suffit de rappeler qu’un usage de cette surpuissance ne fait que des perdants. Pour la dissuasion conventionelle, la France devrait mettre ses forces armées au service de l’ONU, la seule instance habilitée à établir la paix mondiale. Pour la dissuasion civile, il s’agit de préparer la jeunesse à la défense civile non-violente. Tout le contraire de la militarisation par Macron de la Journée Défense citoyenneté.

Frédéric Kalfon : L’écologie politique, en attirant l’attention sur ces fragilités systémiques, ne s’oppose pas à la logique de dissuasion, elle en exige le perfectionnement. Par exemple renforcer le contrôle parlementaire,

Michel Sourrouille : il s’agit là d’une méconnaissance totale de la dissuasion nucléaire qui, par définition, est l’affaire de la décision unilatérale d’u dirigeant ; il s’agit en quelques instants d’appuyer simplement sur un bouton. Le parlement en discutera plus tard, du moins ce qu’il en reste. L’attaque de l’Ukraine par Poutine et de l’Iran par Trump montre que certains dirigeants ignorent complément les méandres de la démocratie représentative.

Frédéric Kalfon : La vraie question n’est pas de savoir s’il faut ou non augmenter le nombre de têtes nucléaires. C’est de savoir si, face à un monde où les règles sont devenues un champ de ruines, la France et l’Europe vont se donner les moyens d’exister comme sujets politiques.

Michel Sourrouille : Frédéric Kalfon reprend la vulgate de tous les gouvernements successifs, droite et gauche confondues, qui ne voient la grandeur de la France qu’au prisme du nombre d’ogives nucléaires. Rappelons que nos présidentiables, s’ils veulent vraiment représenter les écologistes, ne sont pas des va-t-en guerre. On ne bâtit pas une société vivable, viable, durable et écologique sur des monceaux de cadavres.

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La guerre tue les hommes… et la nature aussi

On sait depuis longtemps que tuer la nature, c’est oblitérer l’avenir. Au VIIe siècle avant notre ère, dans la même région, les rois assyriens se vantaient de l’arrachage des arbres fruitiers, de l’incendie des champs et de la stérilisation de la terre des peuples vaincus. Vingt-huit siècles plus tard, pas grand-chose n’a changé. La dimension écocidaire des conflits armés semble être de plus en plus assumée.

Stéphane Foucart : En Ukraine, à Gaza, au Liban ou en Iran, la destruction de l’environnement n’est pas seulement un effet collatéral des opérations militaires, mais une arme comme une autre. Elle est moins directement létale que l’artillerie ou les missiles balistiques, mais ses effets à long terme peuvent être considérables.

– En Ukraine, de nombreux dommages à l’environnement ont été délibérément commis par les forces russes, du bombardement de la centrale de Tchernobyl à la destruction du barrage de Kakhovka…

– En Iran, les frappes israéliennes sur les dépôts pétroliers de Téhéran, dans la nuit du 7 au 8 mars, ont exposé des millions de personnes à une atmosphère empoisonnée …

– Ces jours-ci, c’est l’armée israélienne qui pulvérise du glyphosate à haute concentration sur les champs du sud du Liban et de Syrie, dans une logique de stérilisation délibérée de la nature.

Les populations et les sociétés locales portent silencieusement ces fardeaux, longtemps après la fin des hostilités, tonnes d’herbicides sur les forêts du Vietnam, munitions à l’uranium appauvri par les forces américaines en Irak…

Le point de vue de Michel Sourrouille

Personnellement je suis et reste objecteur de conscience. Si chacun de nous était objecteur, refusant l’usage collectif des armes, il n’y aurait plus d’armée institutionnalisée, il n’y aurait plus de guerres généralisées. Mais je reste pragmatique et les contraintes écologiques peuvent avoir demain un impact beaucoup plus fort que les crises financières. En cas d’effondrement de notre civilisation, ce qui est une possibilité crédible, les militaires apparaîtront comme la force la mieux organisée de protection des populations.

C’est avec ce sentiment profond que j’ai accueilli le choix de mon fils de devenir officier dans la Marine nationale. Pendant plus de dix ans, il a servi au déminage en mer et sur terre, contrôlé avec les Anglais des bateaux de pêche pour éviter le pillage des ressources halieutiques, supervisé la navigation maritime au large de Cherbourg pour pallier tout accident. Il n’a rien fait de la fonction traditionnelle des armées, faites pour tuer. Il a toujours agi en temps de paix comme force de protection : l’armée du futur ? Qui voudrait faire la guerre s’il vivait en équilibre avec son écosystème ?

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guerres et environnement, la grande transition

extraits : En 1991 Nicolas Skrotzky avait écrit « Guerres, crimes écologiques ». En 2005, Claude-Marie Vadrot avait enfoncé le clou : « Guerres et environnement, panorama des paysages et des écosystèmes bouleversés ». Il est vrai qu’aucune guerre, interne, internationale, tribale ou « propre » ne laisse intact l’environnement. Quand les combattants sont réconciliés, la nature reste marquée, transformée. La guerre que nous avons menée contre la Terre depuis quasiment l’origine de l’homme a aujourd’hui atteint son maximum de puissance destructrice. Nous ne pouvons pas aller beaucoup plus loin, au risque d’un hiver nucléaire. Il y a dorénavant une conscience croissante que sécurité nationale et conservation écologique sont étroitement liés.L’insécurité écologique est principalement rattachée à la problématique énergétique, des rapports militaires récents de la Bundeswehr ou du Pentagone se préoccupent des troubles qui suivront le pic pétrolier….

Les missions militaires au service de la biodiversité de Sarah Brunel (2012)

extraits : Sarah s’appuie sur son expérience d’experte internationale en matière de protection des végétaux et de biosécurité. Les Nations Unies sont convaincues que l’environnement représente un levier pour reconstruire la paix, voire même pour prévenir les conflits. Cette orientation se traduit dans les faits par des évaluations environnementales post-conflits considérant les impacts sur la biodiversité, comme en Irak, au Kosovo, au Liban ou en Afghanistan. L’OTAN a inscrit la sécurité environnementale à son nouveau concept stratégique. De nombreuses recherches ont identifié des liens, au moins indirects, entre les mécanismes qui mènent à des conflits et l’environnement.

Sarah envisage même un devoir d’ingérence environnemental à l’image du droit d’ingérence humanitaire. Pourquoi les armées n’interviendraient-elles pas dans des pays étrangers pour en protéger les richesses biologiques, pour stopper la destruction d’une forêt primaire par exemple ? La question reste en suspens car l’écologie n’est pas encore la préoccupation première des forces armées. Sarah le reconnaît : « la protection de l’environnement par l’armée pourrait conduire à une utilisation de l’environnement pour des raisons de défense nationale… une appropriation dangereuse (p. 97) » ; « Beaucoup d’environnementalistes voient très peu d’avantages et des dangers considérables à « sécuriser » les problèmes écologiques (p. 99) » ; « Beaucoup de militaires ont des réticences quant à l’engagement de l’armée sur des sujets environnementaux, préserver la nature étant aux antipodes de la logique guerrière et sécuritaire p. 104) »

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Macron, vers un nouvel âge nucléaire

Vers un nouvel âge nucléaire ? Analyse du discours du président Macron

La presse s’est largement félicitée du discours présidentiel sur la mise en œuvre d’une « dissuasion nucléaire avancée » sans interroger les conséquences juridiques et sécuritaires des décisions annoncées par le président le 2 mars 2026 depuis la base de l’île Longue.

« Un rehaussement de notre arsenal est indispensable »

Comment cette annonce est-elle compatible avec l’article 6 du TNP « Chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée » ?

« Il ne s’agit pas ici d’entrer dans une quelconque course aux armements »

En relations internationales, une course aux armements désigne une dynamique caractérisée par l’augmentation quantitative ou qualitative des capacités militaires. Ainsi, même si la France ne cherche pas à concurrencer les arsenaux de la Russie, des Chinois ou des États-Unis, toute augmentation des capacités de l’arsenal nucléaire s’inscrit dans cette logique d’escalade. De plus le signal politique de renforcement de la dissuasion, à travers la stratégie de « dissuasion nucléaire avancée », témoigne également d’une participation à une logique de compétition stratégique.

« Pour couper court à toute spéculation, nous ne communiquerons plus sur les chiffres de notre arsenal nucléaire » 

La transparence constituait l’une des rares mesures de réduction des risques par la confiance, mises en œuvre par la France depuis l’annonce du président Sarkozy à Cherbourg, le 21 mars 2008 : « notre arsenal comprendra moins de 300 têtes nucléaires ». En rompant avec ce principe, la France alimente désormais une méfiance sur l’évolution future de son arsenal nucléaire durant les prochaines années. Comment cette décision sera-t-elle expliquée aux États parties du TNP, alors même que la transparence est régulièrement présentée comme une mesure de réduction des risques ?

« Une dissuasion nucléaire avancée »

Il s’agit d’un élargissement du cercle des États impliqués dans la stratégie de dissuasion. Comment la France va-t-elle justifier cette volonté d’étendre la notion de dissuasion à de nouveaux États tout en réalisant les piliers du « désarmement » et de « non-prolifération » nucléaire que contient le TNP ?

Cette analyse a été publiée dans le numéro spécial de la Lettre parlementaire n°1.2026 co-publiée par ICAN France et l’Observatoire des armements

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Dissuasion nucléaire, le clap de la fin

L’expiration, le 5 février 2026, du traité nucléaire New Start entre la Russie et les Etats-Unis marque le début d’un nouvel âge de la dissuasion nucléaire inquiétant, propice à l’accroissement du nombre de pays dotés de ces armes ou encore à l’augmentation de la taille des arsenaux.

Éditorial du MONDE : Le New Start, avait été conclu en 2010 par les présidents Barack Obama et Dmitri Medvedev. Il s’inscrivait dans la continuité des accords SALT sur les armes nucléaires en imposant aux deux pays signataires une limitation du nombre d’ogives déployées et une limitation du nombre de lanceurs stratégiques. Vladimir Poutine porte la responsabilité d’une situation inédite ; les menaces irresponsables de Vladimir Poutine de recours à des armes nucléaires tactiques contre des pays de l’OTAN, dans le contexte de la guerre en Ukraine, en témoignent. Le président républicain n’est pas exempt de reproches ; lors de son premier mandat, Donald Trump avait déjà retiré son pays de l’accord encadrant le nucléaire iranien, une rupture qui explique les risques en cours d’un embrasement régional. Donald Trump s’était également affranchi de deux traités avec la Russie, le premier relatif aux forces nucléaires de portée intermédiaire, le second permettait une observation aérienne mutuelle entre pays des anciens blocs de l’Est et de l’Ouest. Avec la fin de ces traités une véritable culture commune de la limitation de l’arme suprême risque de disparaître.

A l’heure du règne de la force et du mépris des normes internationales les plus élémentaires, le chacun-pour-soi nucléaire peut mener au chaos.

Le point de vue des écologistes pacifistes

Michel SOURROUILLE : Étonnant que la dissuasion nucléaire, qui n’a de dissuasion que le nom quand des fous comme Poutine sont au pouvoir, reste le credo de tous les présidents français sans exception, qu’ils soient de droite ou de gauche… La militarisation des esprits est une triste réalité, il faudrait apprendre à désobéir à l’injustice, mais ça on ne l’apprend ni dans les écoles, ni à plus forte raison dans les armées…

Doute : Comme disait Einstein, la 4eme guerre mondiale se fera avec des arcs et des flèches….

Gournable en réponse à Doute : … si les survivants de la troisième guerre mondiale ont encore des pieds et des mains ……..

R.Berre : Les USA et la Russie ont, en armes nucléaires actuelles, la capacité de détruire 60 fois la planète. Indépendamment de Trump ou Poutine, on peut se poser de sérieuses questions sur l’état mental des dirigeants et/ou élites qui ont continué à entretenir un tel arsenal. Nous sommes une espèce très particulière.

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la dissuasion nucléaire, une illusion mortifère

extraits : Nombreux sont les militaires qui, n’étant plus en activité, ont exprimé leur conviction selon laquelle la dissuasion nucléaire est désormais inutile et dangereuse. La capacité d’exterminer des millions de civils innocents sur décision d’un seul homme, assurerait la sécurité de notre pays ? C’est oublier qu’elle repose sur un pari, celui de la rationalité d’un agresseur éventuel. Une frappe nucléaire de notre part entraînerait une escalade aboutissant à la destruction de la France. Invoquer la course aux armements pour justifier que notre pays s’y joigne équivaut à souhaiter l’abolition du code pénal au motif qu’il existe des criminels….

les chiens de garde de la dissuasion nucléaire

extraits : Défendre le nucléaire militaire ne devrait pas entrer dans la logique d’un écologiste. Pourtant c’est ce que font tous les présidentiables, et 2022 n’échappera pas à la règle. Le propre d’une institution, c’est de vouloir sauvegarder son existence sans s’interroger sur le bien fondé de sa pérennité. Ainsi la dissuasion nucléaire qui a ses chiens de garde, rassemblés au sein de la commission des forces armées de l’Assemblée nationale. Fabien Gouttefarde, député LRM : « Oui, la dissuasion nucléaire a encore un sens. La dissuasion, c’est une industrie et des emplois. C’est une capacité, nos 4 sous-marins nucléaires portent des charges dont chacune équivaut à vingt fois celle de la bombe d’Hiroshima. C’est œuvrer pour la survie du peuple français face à un ennemi qui voudrait l’annihiler….

Dissuasion nucléaire à l’échelle européenne ?

extraits : Discours de Macron en février 2020 sur la dissuasion nucléaire prononcé à l’École de guerre : « Je souhaite que se développe un dialogue stratégique avec nos partenaires européens qui y sont prêts sur le rôle de la dissuasion nucléaire française dans notre sécurité collective ». Le chef de l’Etat propose à ses partenaires européens d’être « associés aux exercices des forces françaises de dissuasion »*. Sur la force de frappe française, le président s’inscrit dans la continuité doctrinale de ses prédécesseurs.

Dissuasion nucléaire, une ligne Maginot !

extraits : Dissuasion nucléaire à l’échelle européenne ? La position de Macron est osée, qui va décider d’appuyer sur le bouton… quand l’Europe n’arrive pas à s’entendre sur des sujets moins belliqueux. La dissuasion nucléaire est une erreur militaire tragique, c’est accepter des bombes qui vont tuer en masse des civils. Sans être croyant, on ne peut qu’être en accord avec la position du pape François : « On ne construit pas la paix sur la peur que l’on crée en montrant sa force. Or, avoir des armes nucléaires, c’est menacer de s’en servir. On ne peut donc se contenter de mettre en cause la dissuasion. Il faut aussi mettre en cause leur possession….

En savoir encore plus

25 septembre 2019, Pour un désarmement nucléaire

24 mars 2019, Le nucléaire, inacceptable dans un pays démocratique

23 janvier 2018, NI dissuasion nucléaire, NI service national universel

10 octobre 2017, La folie du feu nucléaire entretenue par un journaliste

30 mars 2017, Les présidentiables face au feu nucléaire

21 février 2015, François Hollande fait joujou avec la bombe nucléaire

16 juillet 2014, L’art de ne pas répondre… sur le nucléaire militaire

21 mars 2014, Un gouvernement français de tout temps pro-nucléaire

27 juin 2012, supprimer la dissuasion nucléaire, alléger le budget !

23 juillet 2011, les socialistes sont pro-nucléaires

19 juillet 2011, la dissuasion nucléaire, un débat pour 2012

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La militarisation des écologistes institutionnels

Loin de ses origines radicalement antimilitaristes, le parti écologiste français soutient désormais le « réarmement » français et européen. Itinéraire d’un changement de doctrine au nom du « réalisme politique ».

Ukraine, nucléaire, réarmement : où est passé le pacifisme des Écologistes ?

article paru le 27 mars 2027 (résumé)

Le parti des Écologistes français défend l’objectif de réarmement européen.Dès le lendemain du premier jour de l’offensive russe sur l’Ukraine, l’ancien secrétaire national d’EELV et actuel coprésident de sa délégation française au Parlement européen, David Cormand, écrivait sur son blog : « Le pacifiste que je suis répugne à l’écrire, mais il convient de se préparer à d’autres offensives et donc à pouvoir nous en défendre. L’ère dans laquelle nous entrons est pleine de périls et nous ne pouvons pas espérer nous y préparer à la manière de l’autruche. » Une position en rupture avec les mouvements écologistes non partisans. Les Soulèvements de la Terre, par exemple, font partie de la coalition Guerre à la guerre. Le fossé idéologique se creuse entre ces militants écologistes qui dénoncent les liens entre militarisation et écocide, et les représentants du parti Les Écologistes (ex-Europe Écologie-Les Verts, EELV).

En mars 2025 Cyrielle Chatelain, la présidente du groupe écologiste et socia,l appelait l’Union européenne à « s’affirmer comme une force politique, ce qui implique, dans le contexte actuel, de s’affirmer aussi comme une force militaire », et à « accélérer la mise en place d’une défense européenne ». A l’origine de l’écologie politique, il y avait l’idée que l’armement conduit nécessairement à la destruction des peuples et de la Terre.

L’évolution des discours des représentants des Écologistes coïncide avec l’élaboration d’une nouvelle doctrine par la commission Défense du parti, créée en avril 2024. Lancée pour « renforcer [sa] définition des politiques régaliennes », elle appelle à la « construction d’une défense commune » de l’Union européenne, un réarmement sous conditions d’une réorientation de la production et des ventes vers nos alliés européens ».

« J’assume ces évolutions, développe Frédéric Kalfon, également membre du conseil fédéral des Écologistes. « L’objectif, ce n’est pas d’aller faire la guerre, mais d’être pris au sérieux, justement pour l’éviter », résume-t-il. Un récent communiqué des Écologistes adhère à l’idée d’une « dissuasion nucléaire avancée », proposée par Emmanuel Macron le 2 mars.

Au sein du parti, cette évolution doctrinale ne fait pas l’unanimité. La toute nouvelle commission Défense doit cohabiter avec la commission Paix et désarmement, née lors de l’assemblée fondatrice des Verts en 1984. Les désaccords entre les deux commissions sont profonds. Sur l’enjeu du réarmement, « ce sont deux visions différentes : l’une qui prêche que la paix a besoin de la force, et la nôtre qui dit que la paix prépare la paix », décrit Gérard Lévy.

Philippe Le Clerre critique la composition de la commission Défense, dont il juge les membres trop proches des milieux militaires. Frédéric Kalfon reconnaît que « la plupart [des membres] ont des parcours qui les lient soit à l’armée, soit au secteur militaire », et sont pour certains « passés par l’École de guerre ».

Comment s’est opérée cette évolution du discours dans le parti ? « C’est compliqué d’assumer un pacifisme radical lorsqu’on participe à des coalitions électorales, et qu’on adopte une posture gouvernementale ou présidentiable », explique Bruno Villalba.

Une fois l’environnement rendu invivable sur cette terre, que fera-t-on de nos chars ?

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Un référendum contre la dissuasion nucléaire

Aux racines de la guerre et du chaos actuel, il y a le non-respect de leurs obligations par les États dotés d’armes nucléaires – dont la France. Ils n’ont jamais entamé les négociations prévues depuis 1970 par l’Article VI du TNP en vue d’aboutir à un monde sans armes nucléaires ni radioactives, par un désarmement multilatéral planifié, progressif, intégral, universel et strictement contrôlé.

UN RÉFÉRENDUM POUR ABOLIR LES ARMES NUCLÉAIRES ET RADIOACTIVES (résumé)

1. Tensions internationales :  Jamais depuis 1945 nous n’avons été aussi près de l’Apocalypse nucléaire. Il existe aujourd’hui plus de 12 000 armes nucléaires, dont près de 4000 « déployées », prêtes à partir et exploser à tout moment. Chacune est en moyenne dix fois plus puissante que celle d’Hiroshima qui fit au moins 200 000 morts.

2. Une dissuasion sans effet. Elle n’empêche pas les guerres dites « conventionnelles ». La possession de l’arme suscite l’arrogance de certains de ses détenteurs et les incite à piétiner le droit international, comme MM. Poutine en Ukraine, Netanyahou au Proche-Orient, ou Trump un peu partout.

3. Une arme écocidaire : Elle est la pire menace pesant sur le Vivant

4. Un crime contre l’humanité : « Tout État qui emploie des armes nucléaires et thermo-nucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation » (Résolution de l’ONU 1653 XVI du 24 novembre 1961).

5. Une obligation légale de désarmement. Cette obligation est inscrite dans l’article VI du Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP), auquel la France a adhéré en 1992, et concerne tous les États Dotés d’Armes Nucléaires qui en sont parties.

6. Le TNP bafoué : Dotés d’armes nucléaires et parties au TNP, les cinq États membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, dont la France, ne se sont jamais réunis pour mettre en œuvre son article VI

7. Un suicide collectif : Employée par un État contre un autre État nucléaire, l’arme nucléaire est suicidaire. Le président Valery Giscard d’Estaing aurait préféré l’occupation de la France à sa destruction atomique assurée. Mais quelle serait la décision d’un Emmanuel Macron ? Nul n’en sait rien. 

8. Un scandale démocratique : Le choix d’employer l’arme est fait par le Chef ou la Cheffe de l’Etat, qui devra le décider en un quart d’heure. Il ou elle pourra alors prononcer la dissolution, non du Parlement, mais du pays et de sa population. Le tout au nom de la défense de« nos intérêts vitaux » !

9. Un scandale juridique :  La loi française prévoit depuis 2010 l’impunité pour l’anthropocide pourvu que cet « ‘acte nécessaire à l’exercice par la France de son droit de légitime défense » soit commis par elle « en usant de l’arme nucléaire ou de toute autre arme dont l’utilisation n’est pas prohibée par une convention internationale à laquelle la France est partie » !

10. La France, boutefeu nucléaire. Les stratèges se gardent bien de le dire, mais « l’ultime avertissement » sera, en réalité et par définition, une frappe nucléaire en premier. Si c’était un emploi en second (en riposte), il arriverait trop tard et ne serait plus un avertissement, mais un acte de vengeance.

11. Désarmer, oui, mais comment ? Avant d’envisager un désarmement unilatéral de la France – qui laisserait 97 % des armes nucléaires existantes subsister et menacer la planète – il faut donc tenter ce qui n’a encore jamais été tenté : enclencher le désarmement nucléaire multilatéral que le droit international exige depuis des décennies sans jamais l’obtenir.

Le peuple français est le seul acteur capable de forcer ses dirigeants à en prendre l’initiative par un référendum d’initiative partagée, qui peut être obtenu dès que 185 parlementaires sur 925 en auront fait la demande.

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Les Verts et la guerre, un reniement

La conversion des Verts au militarisme débridé pourrait surprendre. Entre défense de l’arme atomique, « économie de guerre et écologie de paix », leur discours n’est pas toujours lisible, mais la volonté de réarmer l’Europe est explicite. Le zèle des Verts pourrait surprendre, tant la force politique aime à revendiquer son « pacifisme ». Pourtant, à y regarder de plus près, cette conversion au militarisme le plus débridé apparaît comme la conclusion logique d’un long itinéraire de soutien aux « interventions extérieures » et d’intégration au régime guerrier de la Ve République. De la liquidation de l’héritage antimilitariste des années 1970 au soutien des guerres de François Hollande, retour sur quelques-uns des jalons qui ont mené les Verts à cette surenchère guerrière.

Vincent Rissier

En 2011, Eva Joly, alors candidate EELV pour les présidentielles, défend la suppression du défilé du 14 juillet, symbole de « cette France guerrière ». Les Verts affirment volontiers leur attachement au « pacifisme », ou à la « non-violence », comme un héritage lointain des grandes mobilisations écologistes des années 1970 et 1980.

A l’époque, le mouvement écologiste et le mouvement contre la guerre sont étroitement liés. C’est l’ère de la lutte contre l’extension du camp militaire du Larzac, rythmée par les slogans « le blé fait vivre, les armes font mourir », ou « contre l’armée, le nucléaire et les promoteurs !  ». La mention du nucléaire est loin d’être anecdotique. En effet, les combats contre l’arme atomique et le nucléaire civil battent également leur plein avec les mobilisations de Flamanville, de Plogoff. Le mouvement est puissant : les 100 000 personnes réunies en 1980 sur la Baie des Trépassés en Bretagne forcent Mitterrand à abandonner le projet de Plogoff ainsi que celui du Larzac.

C’est donc un héritage particulièrement subversif que doivent assumer les Verts. Un héritage toutefois encombrant : « en assumant la responsabilité d’être une instance de pouvoir, les partis écologistes hésitent à assumer les héritages de la pensée pacifiste. Lorsque l’écologie politique amorce son processus d’institutionnalisation, qu’elle devient un acteur politique – notamment dès 1984 –, elle ébauche une réflexion sur la question pacifiste. Pour s’intégrer au régime de la Ve République, taillé pour la guerre, il fallait arrondir les angles.

Dès les années 1990, les Verts offrent la démonstration de la flexibilité d’un « pacifisme d’opportunité ». S’ils refusent par exemple la guerre du Golfe en 1991, lors de leur participation au gouvernement Jospin ils défendent les bombardements du Kosovo en 1998 et l’intervention terrestre en Afghanistan en 2001.  Alors que l’OTAN invente à l’occasion de son intervention les termes de « frappe chirurgicale » et de « guerre humanitaire », les Verts ne sont pas en reste : Dominique Voynet et Daniel Cohn Bendit revendiquent les bombardements comme « nécessaire au nom de la souveraineté éthique  ».  Dorénavant, « pacifisme d’opportunité » oblige, les opérations militaires françaises sont l’occasion pour les Verts d’exhiber leur mine la plus accablée, de rappeler leur attachement au « pacifisme » tout en signant des deux mains leur soutien aux massacres.

Ce mouvement de conversion au militarisme est accéléré par le 11 septembre 2001 et l’appel de Bush à une « Guerre globale contre le terrorisme ». EELV soutient ainsi explicitement la guerre en Libye de Sarkozy : « c’est le droit international qui en sort renforcé », peut-on entendre à l’époque sur les bancs écologistes à l’Assemblée. Les Verts soutiennent la guerre en Irak, et les guerres africaines de Hollande, se permettant même d’ironiser sur leur conversion à l’activisme militaire : « cette fois, on n’est pas dans le manichéisme d’une attaque impérialiste de la Françafrique ! », se vantait le secrétaire national d’EELV Pascal Durand à propos de l’accord donné au groupe à l’intervention au Mali.

A l’instar des Verts allemands, fers de lance du militarisme outre-Rhin, EELV poursuit la radicalisation de sa position à la faveur de la guerre en Ukraine. Dès l’invasion de Poutine, les Verts se sont positionnés dans le camp de la surenchère militariste en revendiquant non seulement l’envoi d’armes à l’Ukraine, mais également la nécessité de réarmer l’Europe. « Le pacifiste que je suis répugne à l’écrire, mais il convient de se préparer à d’autres offensives et donc à pouvoir nous en défendre. L’ère dans laquelle nous entrons est pleine de périls et nous ne pouvons pas espérer nous y préparer à la manière de l’autruche », écrivait en février 2022 l’ex-secrétaire national d’EELV, David Cormand.

Dans le Livre Vert de la Défense, publié en 2013, EELV y fait son mea-culpa : « il est juste de dire aussi, que nous, écologistes, n’avons pas su faire le pas vers l’institution militaire », avant de proposer à l’armée un cheminement commun sur la voie du développement durable : «  comment pouvons-nous imaginer une transition énergétique et écologique sans l’institution militaire ?  ». On y apprend les implications du changement climatique et de la course aux ressources stratégiques pour les armées, le rôle que devrait prendre l’armée dans la protection de la biodiversité, surtout dans les colonies françaises. Les Verts poursuivent leur transformation avec une commission ad-hoc inaugurée en 2024, qui a «  la responsabilité de démontrer que les forces armées françaises peuvent être employées en accord avec les principes de l’écologie politique  », et « la responsabilité de faire de la défense française un modèle de Transition vers les énergies renouvelable, d’adoption de pratiques durables et de protection des écosystèmes sensibles, tant dans son action que dans sa réflexion post-conflit ».

L’interrogation « comment pouvons-nous imaginer une transition énergétique et écologique sans l’institution militaire ? » est significative du retournement de sens opéré par les écologistes. Les armées polluent autant que le secteur de l’aérien et du fret maritime cumulés et sèment dévastation environnementales et souffrances partout où elles passent : « l’extermination des ennemis et la destruction de l’environnement physique sont des objectifs étroitement liés dans la conduite des guerres [1] », comme le relève l’économiste Claude Serfati. Quant à l’utopie de la « décarbonation » des armées, «  il n’est pas question pour les états-majors que les demandes faites aux armées de réduire leur empreinte environnementale réduise leurs capacités stratégiques  [2] ». A titre indicatif, « 80% du pétrole consommé par l’Etat américain l’est par les forces armées [3] », comme le relève le sociologue Razmig Keucheyan. Comment imaginer une sortie de la crise écologique sans mettre à bas l’armée est la seule manière rationnelle de poser la question.

Les discours délirants prononcés actuellement par les Écologistes pour défendre conjointement le réarmement de l’Europe, l’arme atomique et la décarbonation de l’économie, sont le débouché logique d’une écologie qui s’est fondue dans le capitalisme et affiche comme seul objectif de le verdir en se pliant à ses règles. Au passage, elle s’est pleinement intégrée à une Ve République taillée pour la guerre, au sein de laquelle cette écologie a prouvé, par son soutien à d’innombrables boucheries, qu’elle était prête à assurer les intérêts de l’impérialisme français.

Construire une riposte écologiste contre la marche à la guerre nécessite de rompre frontalement avec cette écologie de la défaite. Et de renouer avec l’héritage subversif qu’elle cherche sans cesse à enterrer en le vidant de sa substance, celui de l’antimilitarisme écolo des années 1970.

[1] Claude Serfati, Un monde en guerres, Paris Textuel, 2024, p. 98.

[2] Ibid., p. 101

[3] Razmig Keucheyan, La nature est un champ de bataille, La découverte, 2018 (2014)

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Les écolos, pour ou contre la guerre ?

Voici un échange entre militants écolos qui mérite d’être connu.

Jean-Paul : Le milliardaire tchèque Michal Strnad est devenu l’entrepreneur de défense le plus riche du monde après que l’introduction en bourse très réussie de son entreprise CSG a fait grimper les actions d’environ 30 %, portant sa fortune à environ 37 milliards d’euros. Environ 68 % du chiffre d’affaires provient maintenant des pays de l’OTAN, l’Ukraine représentant environ 42 % des ventes en 2024.

Françoise : Il est plus que probable que l’industrie militaire ne se contentera pas d’alimenter la résistance ukrainienne. La dynamique d’une surproduction militaire au niveau européen comme mondial est lancée, au moment où l’ONU est ébranlée par les coups de boutoir trumpiens. En outre, parler de réussite (financière) a quelque chose d’indécent quand le but est la mort. Savez-vous que tout ce qui a trait au militaire n’est pas pris en compte pour les émissions de GES (ni pour la biodiversité)?

Michel Sourrouille : Jean-Paul, si tu veux la paix prépare la guerre… et tu auras la guerre ! Si tu veux la paix prépare la paix…c’est pas facile, mais c’est la seule voie…

Jean-Michel : Bon, ça va, les pacifistes à trois balles ! Vous voulez désarmer l’Ukraine ? Dites-le franchement. Et si ce n’est pas votre volonté, dites-nous comment on peut résister à l’agression russe sans matériel militaire (non-violence active, je sais)

Michel Sourrouille : Jean-Michel, l’analyse d’un événement internationalisé est toujours complexe. Il faut en particulier distinguer le passé, le présent et le futur.

– L’Ukraine occupée sans résistance armée aurait évité un grand nombre de morts et de destructions, sans oublier la menace nucléaire qui a été agité. C’est ça l’idéal pacifiste.

– L’Ukraine envahie pose le problème du soutien extérieur contre un Poutine impérialiste. Les USA (et les Européens) aurait donné dès le départ de la guerre tout l’armement nécessaire aux Ukrainiens et l’armée russe aurait été défaite… C’est le pragmatisme d’une action quand on ne peut pas faire autrement. J’ajoute cependant l’usage possible de l’arme nucléaire décidée par un Poutine acculé dans ses retranchements ; un type qui décide tout seul de ce qu’il veut peut décider n’importe quoi. Le dogme de la « dissuasion » nucléaire est une illusion.

– Quant à la non-violence active dont parle Jean-Michel à juste titre, il s’agit d’un changement d’imaginaire contre un complexe militaro-industriel qui fait la loi actuellement. C’est donc une tâche de longue haleine, mais si on ne prépare pas les citoyens aux capacités de résistance à l’injustice, nous sommes voués à faire des guerres indéfiniment. Nous avons la chance depuis 1949 d’avoir une internationalisation institutionnelle qui préfigure la paix mondiale. L’ONU a été conçu comme un instrument dont l’objectif explicite est d’éviter les guerres entre États. Si j’étais président de la république française, je mettrai toutes nos forces armées sous l’égide de l’ONU… plus personne n’oserait attaquer la France, ni Trump envahir le Groenland.

Au niveau individuel, si tout le monde était objecteur de conscience comme moi, il n’y aurait plus d’armées, il n’y aurait plus de guerre. Mais je prends toujours soin de montrer à la fois l’idéal et le pragmatisme, les situations sont toujours complexes et l’action différenciée selon le moment. Je suis objecteur de conscience, statut de 1971, insoumis à l’incorporation à l’ONF imposé par l’État et je me suis engagé dans l’armée à 32 ans (1er RIMA) pour conserver mon poste de prof de sciences économiques et sociales et me permettre toute ma carrière de débattre avec les élèves de la complexité des relations entre économie, socio-politique, technologie, démographie et écologie…

Alain : Et donc pour « préparer la paix » en Ukraine, on fait quoi ? On désarme l’Ukraine ? Je ne savais pas que Les Écologistes avaient une tendance trumpiste. Vous avez un texte d’orientation ? 

Michel Sourrouille : Il existe un texte d’orientation que vous connaissez peut-être, la Charte des Verts mondiaux adoptée à Canberra en 2001 dont voici quelques extraits :

« Nous déclarons notre engagement en faveur la non-violence et nous nous efforçons de créer une culture de paix et de coopération entre les États, au sein des sociétés et entre les individus pour en faire le fondement de la sécurité mondiale. Nous pensons que la sécurité ne doit pas reposer principalement sur la force militaire mais sur la coopération, sur un développement économique et social sain, sur la sécurité environnementale et le respect des droits de l’Homme.

Conditions :

    • Une conception globale de sécurité mondiale qui donne la priorité aux aspects sociaux, économiques, écologiques, psychologiques et culturels d’un conflit, au lieu d’une conception fondée prioritairement sur les rapports de forces militaires ;
    • Un système mondial de la sécurité susceptible de prévenir, de gérer et de résoudre les conflits ;
    • L’élimination des causes de la guerre grâce à la compréhension et au respect des autres cultures, à l’éradication du racisme, à l’encouragement de la liberté et de la démocratie et à l’élimination de la pauvreté dans le monde ;
    • Un désarmement général et complet, notamment par des accords internationaux, afin de garantir une interdiction complète et définitive des armes nucléaires, biologiques et chimiques, des mines anti-personnel et des armes à l’uranium appauvri ;
    • Le renforcement de l’ONU en tant qu’organisation mondiale en charge de la gestion des conflits et du maintien de la paix ;
    • L’établissement d’un code de conduite rigoureux concernant les exportations d’armes à des pays où les droits de l’Homme sont bafoués. »….

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Macron veut laisser une trace dans l’histoire

Le président Macron veut laisser une trace dans l’histoire. Ce ne sera pas le centre Pompidou ou la bibliothèque François-Mitterrand. Ce sera des gadgets coûteux, temporaires et inutiles à l’heure de la mondialisation et des instances internationales : un sous-marin nucléaire, un nouveau porte-avion nucléaire, un réarmement militaire généralisé… Il nous faudrait changer d’imaginaire social et Macron perpétue nos erreurs passées, la militarisation des esprits.

Le « France libre » : Emmanuel Macron a dévoilé le nom du futur porte-avions français

Ce prochain porte-avions aura 310 mètres de long, il déplacera 80 000 tonnes et disposera de deux réacteurs nucléaires. Seuls deux pays au monde disposent de porte-avions nucléaires, les Etats-Unis (11 bâtiments) et la France. Il représentera un tonnage 1,8 fois supérieur à celui du Charles-de-Gaulle. Avec trois rails de catapulte, au lieu de deux actuellement, il maximisera la capacité d’envol des 40 aéronefs embarqués. Il représentera un « investissement majeur » de près de 10 milliards d’euros. La question d’un deuxième porte-avions continue aussi de se poser, alors qu’un seul bâtiment n’est disponible que 65 % du temps.

« Ce nom scelle pour l’avenir un serment : pour rester libres, il nous faut être craints ; pour être craints, il nous faut être puissants et pour être puissants, être prêts ⁠aux efforts », a souligné M. Macron.

Le point de vue des écologistes pacifistes

La France a-t-elle besoin d’un autre sous-marin nucléaire : NON ! La France a-t-elle besoin d’un nouveau porte-avion : NON. Pacifisme béat et bêlant me dira-t-on !

Nul besoin de toujours plus d’armes de plus en plus sophistiquées si la France confie ses forces armées ordinaires à l’ONU, la seule organisation avec ses casques bleus à vouloir la paix dans le monde et des moyens d’action pour imposer ses forces d’interposition…

Une nation qui pratique la course aux armements ne veut pas la paix, mais la guerre, ne veut pas la liberté, mais d’inutiles dépenses au détriment de tout le reste…

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Macron veut un porte-avion pour son Noël (décembre 2025)

extraits : Dans le projet de loi de finances (PLF) 2026, la défense passait alors de 50,5 milliards d’euros de dépenses hors pensions en 2025 à 57,2 milliards en 2026, soit une hausse de plus de 13 %. Cela ne suffisait pas à Macron. Le 21 décembre 2025, ce président qui ne servait plus à rien a donné le coup d’envoi de la construction du futur porte-avions français destiné à remplacer le Charles-de-Gaulle et qui doit entrer en service en 2038….

Un projet français pour la paix mondiale

extraits : Mieux vaudrait mettre l’armée française sous les couleurs de l’ONU. L’Organisation des Nations Unies (ONU) a été instaurée en 1945 dans le but de préserver la paix et la sécurité internationales. Cet objectif est intégré dans la Charte des Nations Unies : « Nous, Peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. »

Cette Charte stipule que les États doivent résoudre leurs différends de manière pacifique et s’abstenir d’utiliser la force. Les Casques bleus sont constitués principalement de militaires prêtés par des pays membres de l’ONU. La France, en confiant ses forces armées à l’ONU pour le maintien de la paix, ferait basculer nos forces armées d’une préparation dédiée à la guerre vers une simple force d’interposition. Qui attaquerait la France alors qu’elle se positionne dans l’orbite des Nations unies ?….

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Défense civile ou défense militaire ?

Nous avons reçu cette analyse qui mérite votre attention.

POUR UNE RELANCE DU CONCEPT DE DÉFENSE CIVILE NON-VIOLENTE

La remilitarisation en cours ne peut qu’interpeller Les Écologistes. Ne sommes-nous pas brutalement happés par un engrenage mortifère ?… Cette remilitarisation ne porte-t-elle pas en elle plus de risques que de garanties ?… Et par ailleurs, cette relance de la course aux armements n’entre-t-elle pas en concurrence directe avec la bataille pour le climat ?… Car toutes deux nécessitent des financements colossaux, toutes deux sont grandes consommatrices de minerais… Sans parler de la menace nucléaire qui pèse en permanence sur nos têtes : risques d’accidents, de terrorisme, mais aussi risques liés au déséquilibre mental de certains de nos dirigeants…

De ce fait, ne sommes-nous pas dans une impasse qui nous contraint à nous poser une question fondamentale : « Et si notre défense et notre sécurité collective pouvaient passer par d’autres moyens que cette inquiétante relance de la course aux armements ?… » Autrement dit, est-il possible de concevoir la défense d’une population et de ses valeurs, autrement que par la puissance militaire ?… Une question que Les Écologistes ne peuvent occulter, une question que nous avons l’obligation d’explorer.

A ce titre, le concept de DCNV : Défense Civile Non-Violente, mérite toute notre attention. Forgé dans les années 70, ne constitue-t-il pas aujourd’hui une piste porteuse d’espoir ?…

Une seule manière de le savoir : accorder les moyens nécessaires à l’étude et l’approfondissement de ce concept de DCNV, tout comme nous consacrons des moyens colossaux à la recherche d’armements toujours plus sophistiqués. Et toujours plus menaçants pour le vivant.

EXPOSE DES MOTIFS :

– Dépasser le mythe d’une Non-Violence passive : On ne le sait pas assez, mais parmi les théoriciens et promoteurs du concept de DCNV figurent de fins connaisseurs du fait militaire, car militaires de carrière eux-mêmes. Parmi eux, le Général de Bollardière… Bien loin donc, d’un monde de «doux rêveurs»…

– Un concept objet d’études depuis des décennies : Cela fait des décennies que chercheurs, militants mais aussi parfois militaires travaillent sur ce que pourrait être une DCNV organisée à l’échelle d’un État ou d’un continent. Mais une recherche trop souvent ignorée ou marginalisée car porteuse d’une société beaucoup moins docile…

– Une défense contre un ennemi extérieur mais aussi intérieur : la DCNV c’est avant tout la défense d’une population et de ses valeurs démocratiques bien plus que celle d’un territoire. Or la démocratie est tout autant menacée de l’intérieur que de l’extérieur…

– Une conception nouvelle de la défense : Bien plus qu’une défense aux frontières, il s’agit d’une défense des valeurs démocratiques auxquelles nous sommes viscéralement attachés. Sa clé de voûte : la non-coopération.

– Le concept le plus en phase avec les valeurs de l’Écologie : Contrairement au concept de dissuasion nucléaire, le concept de DCNV ne porte pas en lui la menace de la disparition de toute vie sur terre… Il s’agit d’un nouveau concept de dissuasion : la « dissuasion civile ».

– Et de la même manière que Les Écologistes mettent constamment en garde contre le techno-solutionnisme en terme de climat, Les Écologistes doivent mettre en garde contre une certaine forme de techno-solutionnisme incarnée par le puissant lobby militaro-industriel en terme de défense et de sécurité collective.

– Cette dissuasion civile et cette défense se font sur deux fronts :

un front « institutionnel » : État, Constitution, pouvoir exécutif, législatif, justice, administrations (police, gendarmerie, douanes, postes, télécommunications, écoles, université, énergie, transports), collectivités locales : régions, départements, communes, etc.

un front des « forces vives » de la société, les acteurs sociaux : partis et mouvements politiques, entreprises, syndicats de salariés et organisations professionnelles, mouvement associatif (associations, clubs, mutuelles…), etc.

– Un Institut à renforcer : l’IRNC ; Institut sur la Résolution Non-violente des Conflits : L’Institut de recherche sur la Résolution Non-violente des Conflits (IRNC) a été officiellement créé en 1984. L’objectif principal de l’IRNC est de mener des recherches scientifiques sur l’apport de la non-violence dans la résolution des conflits et de donner un statut à cette approche encore trop ignorée en France. L’IRNC entretient des relations en France avec l’Université et avec quelques instituts similaires dans le monde. L’IRNC a pour vocation de travailler avec les pouvoirs publics :

Ministère des Armées et des Anciens combattants

Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

Déjà un fort engagement des Écologistes en la matière :

Le programme « Bien Vivre » de 2017 des Écologistes, indique déjà très clairement : « Un forum citoyen sur la prévention et la résolution Non-Violente des conflits pourrait être organisé. 1% du budget de la défense sera consacré à la formation à la Non-Violence. (…) »

Ces revendications sont en plein accord avec la Charte des Verts Mondiaux qui stipule entre autres :

1. Nous déclarons notre engagement envers la non-violence (…)

2. Nous pensons que la sécurité ne doit pas reposer principalement sur la force militaire (…)

Oser l’Écologie… Oser une autre approche de la Défense : A la menace climatique vient donc de s’ajouter la menace d’un monde à nouveau happé par la

spirale du surarmement. C’est pourquoi Les Écologistes doivent avoir le courage de chercher de nouvelles réponses à cette deuxième menace. Et de la même manière que :

nous Écologistes, osons proposer un mode de société en rupture avec la logique productiviste,

nous Écologistes, osons proposer un mode de défense et de sécurité collective, en rupture avec la logique d’une militarisation toujours croissante.

Car si même Les Écologistes ne l’osent pas, qui d’autre pour le faire ?… Et dès 1973, René DUMONT ne nous exhortait-il pas déjà à choisir entre « L’Utopie ou la

Mort ? »…

MOTION

Les Écologistes, bien conscients des lourdes menaces qu’engendre le réarmement en cours, décident de donner toutes ses chances à un concept de défense et de sécurité collective basé sur les principes de la DCNV : Défense Civile Non-Violente. Considérant que ce concept peut être porteur d’un changement de paradigme en matière de prévention et de résolution des conflits, et comme ils ont déjà su le faire lors de la Présidentielle de 2017, Les Écologistes soutiennent :

1. l’objectif visant à consacrer 1% du budget de la défense à la recherche et à la mise en œuvre du concept de Défense Civile Non-Violente (DCNV)

2. l’objectif de renforcement de l’Institut de Recherche sur la Résolution Non-violente des Conflits (IRNC)

Éléments bibliographiques :

10 mythes sur la lutte non-violente, Creative Commons, George LAKEY, 2017

Pouvoir de la non-violence : Pourquoi la résistance civile est efficace, Peter ACKERMAN, Calmann-Lévy, 2021

Stratégie de l’action non-violente, Jean-Marie MULLER, Fayard, 1972

Quand les dictatures se fissurent… : résistances civiles à l’Est et au Sud, Jacques SEMELIN, Desclée de Brouwer, 1989

Face au totalitarisme, la résistance civile, Jacques SEMELIN, Ed. A. Versaille, 2011

La lutte non violente : Pratiques pour le XXIème siècle, Gene SHARP, Ecosociété 2015

La résistance civile : une force non-violente plus puissante, Culture de non-violence N° 8, 2024

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