Génériques, meilleur rapport qualité/prix

Michel Sourrouille, auteur en 2017 du livre « On ne naît pas écolo, on le devient », a décidé avant de mourir de partager sa pensée avec tous les Internautes qui fréquentent ce blog biosphere. La parution se fera chaque jour pendant les mois de juillet et août. Il dédie ce livre aux enfants de ses enfants, sans oublier tous les autres enfants… car nous partageons tous la même maison, la Terre, si belle, si fragile…

Génériques, l’achat au meilleur rapport qualité/prix

Je voulais acheter à la fin des années 1970 un appareil de radio qui m’avait été conseillé par une association de consommateur. Le commercial qui m’a reçu a rigolé, ce modèle ne se faisait plus puisque les tests comparatifs effectués l’avait propulsé dans les médias. Les marques n’aiment pas ce contrôle sur leur production et délistent le modèle choisi même s’il est jugé le meilleur ; il leur suffit en effet de peu de choses pour habiller différemment un produit et changer sa référence. Que faire ? Favoriser les génériques.

En 1976, les grandes surfaces de marque « Carrefour » lancent cinquante « produits libres » dans un emballage non signé : c’est la simplicité, mais pour mieux gagner des parts de marché. De toute façon, au milieu des années 1980, les autres enseignes commerciales imitent le procédé en signant leurs produits de leur propre enseigne, ce qui instaure une nouvelle concurrence qui ne change rien au fond quant aux possibilités de choix rationnel des consommateurs. Cette concurrence toujours renouvelée pourrait cesser avec des produits véritablement génériques, vecteur d’une disparition du libéralisme de marché.

Prenons l’exemple des génériques médicaux : les brevets des formules chimiques actives sur l’organisme malade tombent dans le domaine public généralement au bout d’une vingtaine d’années. Tout laboratoire peut alors fabriquer la molécule de base et la commercialiser au moindre coût ; nul besoin de plusieurs médicaments de marques différentes pour un effet similaire. Cette simplification du nombre de produits dédiés peut s’accompagner d’une diminution de leur nombre global. Il y a maintenant près de 7000 marques qui se font concurrence alors que la dénomination commune internationale (DPI), l’espéranto du médicament, ne compte que 1700 substances thérapeutiques. Une commission de la transparence en France avait évalué 1100 médicaments ordinaires : un quart n’avait pas fait la preuve de son efficacité. Bien plus, les médicaments sont sommés aujourd’hui d’améliorer le bien-être de gens qui ne sont pas malades, que ce soit pour maigrir ou pour faire l’amour. Dans le même temps les pays pauvres sont ignorés des laboratoires pharmaceutiques. En fait les humains peuvent faire de la bonne médecine avec trente médicaments seulement.

Que ce soit pour les médicaments ou pour tout autre produit, un objet qui correspond au meilleur rapport qualité-prix devrait être généralisé. Alors il n’y aurait plus de concurrence, il faudrait se contenter de l’essentiel, de l’efficace accessible à tous et toujours. Le pain n’est pas normalement redevable d’une marque ou de la concurrence, il en est de même pour tout le reste. Un écologiste simplifie ses besoins et réclame des produits génériques. La Biosphère ne pourra que s’en trouver mieux.

(à suivre… demain sur ce blog biosphere)

Déjà paru :

On ne naît pas écolo, on le devient, introduction

Abécédaire, la façon la plus simple pour s’y retrouver

Abeille, qui ne pique que si on l’embête

Abondance, s’éloigne dès qu’on lui court après

Absolu, un mot à relativiser, un mot indispensable

Acteurs absents, dont on a eu tort d’ignorer l’existence

Adolescence, moment de révolte ou de soumission ?

Alcool, dur pour un écolo de refuser de trinquer !

Amour, une construction sociale trop orientée

Animal, une facette de notre humanité trop ignorée

Austérité, mot qui fait peur et pourtant source de bonheur

Barbe, un attribut des hommes qu’on voulait faire disparaître

Cannabis, une dépénalisation qui créerait l’usage

Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

Compétition, système inhumain au service d’une société inhumaine

Croissance, l’objectif économique le plus débile que je connaisse

Démographie, le problème central qui est systématiquement ignoré

Devoir, la contre-partie nécessaire de nos droits

Doryphore, symbole d’une agriculture post-moderne

École obligatoire et gratuite, une entreprise de déculturation

Écologiste en devenir, notre avenir commun

Électricité, les inconvénients d’un avantage

Ethnologie, la leçon primordiale des aborigènes

Eugénisme, engendrer de bonne façon est-il condamnable ?

Euthanasie, mourir de belle manière comme heureuse conclusion

Féminisme, on ne naît pas femme, on le devient

Futur, il sera à l’image de notre passé !

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8 réflexions sur “Génériques, meilleur rapport qualité/prix”

  1. – « Conçus à partir de molécules déjà existantes, les médicaments génériques n’ont pas à supporter les frais de recherche et développement, déjà amortis par les médicaments d’origine. De plus, généralement, ils font l’objet de moins de frais marketing et publicitaires.
    Ils peuvent donc être proposés à un prix de vente inférieur (en moyenne 30 % moins chers que les médicaments d’origine), tout en garantissant une qualité équivalente. [etc.] »
    ( Prix et remboursement des médicaments génériques- 29 décembre 2020 – sur ameli.fr )

    1. ALORS POURQUOI ?

      – Question : Pourquoi certains médicaments génériques sont-ils plus chers que les médicaments d’origine ?
      – Réponse de l’Assurance Maladie ( ameli.fr ) : « […] A conditionnement égal (même nombre de comprimés, par exemple) et forme égale (poudre, sachet, comprimé), le médicament générique est toujours moins cher que le médicament d’origine. Certaines comparaisons peuvent être trompeuses puisque fondées sur deux formes différentes comme cela a été le cas pour un antispasmodique : la forme « lyoc » (qui fond sous la langue) pour le médicament générique et la forme « comprimé » (à avaler avec de l’eau) pour le médicament d’origine, présentent des prix différents. La forme « lyoc » a en effet un prix plus élevé compte tenu de l’innovation galénique qu’elle introduit.»
      – Conclusion : Les innovations à la con nous coûtent cher.

    2. Et puis pourquoi ?

      – Question : Puisque les génériques sont environ 30% moins chers que les médicaments d’origine, pourquoi continuer de commercialiser les médicaments d’origine ?
      – Réponse de l’Assurance Maladie ( ameli.fr ) : « […] Vous avez raison, les médicaments génériques participent à la pérennisation du système de santé : en moyenne 30 % moins chers que les médicaments d’origine, ils ont permis d’économiser 7 milliards d’euros en 5 ans. Néanmoins, le marché du médicament est un marché libre au sein duquel la concurrence peut s’exercer librement. C’est pourquoi le laboratoire ayant conçu le médicament d’origine est libre de continuer ou d’arrêter sa commercialisation lorsque des médicaments génériques sont commercialisés.[…]»
      – Conclusion : Vive la Liberté, vive la Concurrence, et vive le Business !

  2. Esprit critique

    – « Dans le même temps les pays pauvres sont ignorés des laboratoires pharmaceutiques. En fait les humains peuvent faire de la bonne médecine avec trente médicaments seulement. »

    Trente je ne sais pas, mais ce qui est sûr c’est que nous n’avons pas besoin de trente marques ou types de paracétamol. Comme de lessives, de produits douche etc. Et quand je dis trente je suis gentil. C’est sûr, les humains peuvent faire avec beaucoup moins que ça.
    D’ailleurs, les habitants des pays pauvres nous le montrent. S’ils sont ignorés des labos pharmaceutiques, comme d’autres industriels, c’est tout simplement parce qu’à leur yeux ils ne représentent pas un marché intéressant. Suffisamment juteux.
    Nous en revenons donc au Système. (à suivre)

    1. Tout est lié, nous le savons. La surconsommation est entretenue par les industriels (les capitalistes), qui exploitent aussi bien la planète que les êtres humains, qui attirent le con sot mateur avec la Pub, qui font preuve d’une imagination folle pour élaborer toutes sortes de stratégies, pour gagner toujours plus de parts de marché, autrement dit de Pognon. La surconsommation est évidemment entretenue par nos politiques (à la botte de ces gros et riches industriels), qui nous parlent d’innovations, de Progrès, de Croissance, d’emplois, de pouvoir d’achat etc. Et qui, et en même temps, ont le culot de nous parler d’économies, de Gaspi, de sobriété, de guerre, d’essentiel et blablabla.
      Voilà donc, en gros, comment tourne le Système. (à suivre)

    2. Et voilà que la surconsommation a déréglé le Climat…
      Et pas que ça, misère misère ! Et tout le monde de s’en inquiéter… ou de faire juste semblant… et de dire qu’on ne peut plus continuer comme ça, que c’est urgent et blablabla. On appelle ça la prise de con science.

      – «J’ai compris que c’était urgent» : comment la canicule a entraîné une prise de conscience écologique (lefigaro.fr – 20/07/2022)

      Pour info : Jamais deux sans trois. Météo France nous annonce le retour de la canicule pour la semaine prochaine.

  3. Esprit critique

    – « Que ce soit pour les médicaments ou pour tout autre produit, un objet qui correspond au meilleur rapport qualité-prix devrait être généralisé. Alors il n’y aurait plus de concurrence, il faudrait se contenter de l’essentiel, de l’efficace accessible à tous et toujours. »

    L’idée est bonne, mais ! C’est sans compter sur l’adaptabilité et le génie de la Concurrence.
    Sans compter également sur la concurrence qui règne dans le monde des génériques.
    – Un monde de concurrence impitoyable ( courrierinternational.com – 28 février 2007 )
    – Stratégies des laboratoires face à la concurrence des génériques ( wikimemoires.net )
    – LE COMMERCE DE L’ALIMENTATION ET DE LA RESTAURATION ALIMENTAIRE
    Les 3 grandes stratégies génériques pour faire face à la concurrence ( hrimag.com )

    1. Dans ce monde impitoyable, la Concurrence est rude. On peut dire aussi Compétition.
      La Concurrence… autrement dit le Système. Dont le système commercial n’est qu’un rouage. D’un côté comme de l’autre chacun s’emploie donc à élaborer des stratégies. Comme à la guerre, comme en politique, comme dans le sport. C’est de bonne guerre comme on dit. Le but de chacun étant toujours le même, l’esprit reste donc toujours le même. Gagner… des parts de marché, toujours plus. Bouffer, terrasser, dominer l’adversaire… le concurrent.
      N’allons pas croire que les produits génériques pourraient mettre fin à cet état d’esprit. N’allons pas croire que nous sortirions gagnants si les produits génériques l’emportaient. Nous paierions peut-être moins cher… et après ? Bref, c’est là encore le serpent qui se mord la queue.

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