politique

Horrible, une société sans armées !!!

Nous sommes enfermés dans des ridicules espaces territoriaux artificiels qu’on appelle « nation ». Tant, que les Etats-nations voudront se faire la guerre, tant que les citoyens financeront des armées toutes plus nuisibles les unes que les autres, il n’y aura pas d’avenir possible. Devenons tous et toutes objecteurs de conscience, opposés en toutes circonstances à l’usage collectif des armes. En conséquence, il n’y aurait plus d’armée institutionnalisée, il n’y aurait plus de guerres généralisées. John F Kennedy disait : « La guerre existera jusqu’au jour lointain où l’objecteur de conscience jouira de la même réputation et du même prestige que ceux du guerrier aujourd’hui. »

Lors de son enterrement le 19 juin 2001, la dernière volonté de René Dumont consista à faire entendre« Le Déserteur » chanté par Boris Vian. Albert Einstein nous montrait aussi la voie: « La pire des institutions grégaires se nomme l’armée. Je la hais. Si un homme peut éprouver quelques plaisir à défiler en rang au son d’une musique, je méprise cet homme… Il ne mérite pas un cerveau humain puisqu’une moelle épinière le satisfait. Je hais violemment l’héroïsme sur ordre, la violence gratuite et le nationalisme débile. La guerre est la chose la plus méprisable. Je préférerais me laisse assassiner que de participer à cette ignominie. Je soutiens que le moyen violent du refus du service militaire reste le meilleur moyen.

Ne pas écouter ce message de refus de toutes les armées nous ramène à la dure réalité actuelle :

Guerre en Ukraine.

collectif : Nous appelons le président Biden à lever les restrictions d’utilisation des armements fournis à l’Ukraine et à inviter les pays membres de la coalition à faire de même, afin que l’armée ukrainienne puisse neutraliser dans la profondeur du territoire ennemi les structures et les équipements militaires, les dépôts de munitions et de carburant ainsi que les usines du complexe militaro-industriel russe. Sans un passage à une économie de guerre de l’ensemble des pays occidentaux, l’Ukraine ne pourra pas gagner cette guerre. La stratégie de Moscou consistant à miser sur la fatigue des gouvernements et des opinions publiques risque d’être payante.

Guerre à Gaza

Louis Imbert: Le général Gadi Eisenkot assume la paternité de la doctrine Dahiya, du nom d’un quartier du sud de Beyrouth ravagé par l’aviation israélienne durant la guerre de 2006 contre le Hezbollah libanais. Cette doctrine postule que des zones civiles où le mouvement chiite est puissant doivent subir une riposte disproportionnée en cas de tirs de roquettes contre Israël. L’armée l’applique comme jamais à Gaza, en rasant, depuis le 7 octobre, une agglomération de plus d’un million d’habitants. l’armée israélienne a passé le cap des cent morts dans Gaza, les intenses bombardements israéliens ont tué dans le même temps au moins 18 000 Palestiniens, dont 70 % de femmes et d’enfants.

(à suivre) Chronique horrible à retrouver bientôt dans un autre épisode…

 

Européennes, Marie Toussaint vs W. Schraen

Les élections européennes en France auront lieu le 9 juin 2024 afin d’élire les 81 eurodéputés représentant la France au Parlement européen. Willy Schraen lance sa campagne au nom de la « ruralité heureuse » contre les « ayatollahs de l’écologie ». Marie Toussaint sera la tête de liste EELV aux européennes.

À propos de Willy Schraen : Il tente de rééditer le coup de la liste Chasse, pêche, nature et traditions de Jean Saint-Josse (qui avait obtenu 6,77 % des suffrages en 1999 ). Les instigateurs de l’opération veulent représenter « toutes les facettes de la ruralité » en dépit de l’identité de la tête de liste Willy Schraen, Président de la Fédération nationale des chasseurs depuis 2016. « Notre combat n’est pas celui d’irréductibles Gaulois réfractaires », assure M. Schraen, qui vante « la pétanque et le barbecue, l’apéro et les cochonnailles ». Celui qui assume « un côté conservateur » mais refuse « l’extrémisme », défend une « ruralité heureuse ». Unis dans le rejet des « ayatollahs de l’écologie », selon la formule qu’ils emploient pour désigner les activistes écolos, le chasseur et ses colistiers disent qu’ils ont « tous un peu de boue sur les pieds », qu’ils sont « amoureux de la nature » et bien sûr « écologistes » !

M. Schraen, qui a apporté son soutien à Emmanuel Macron en 2017 comme en 2022, assure conduire une liste « apolitique ». Mais le Rassemblement national (RN) voit dans cette concurrence une initiative « poussée en sous-main » par le chef de l’État. Macron s’est toujours voulu proche des chasseurs…

À propos de Marie Toussaint : Les « insoumis » poussaient à la constitution d’une liste unique de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). Les militants écolos ont confirmé à 86 %, en juillet 2023, leur stratégie d’une liste autonome. Marie Toussaint, 36 ans, est donc la future tête de liste d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) aux élections européennes de 2024. Elle ne veut pas dévier de ses « combats » de toujours : « la protection du vivant et celle de la justice sociale ». En 2019, avec Notre affaire à tous, son ONG de défense des droits environnementaux, et trois autres associations (Greenpeace, FNH et Oxfam), elle assigne l’État en justice lui enjoignant de respecter ses engagements en faveur du climat. Plus de 2 millions de citoyens signent la pétition lancée en parallèle. En 2021, la France est condamnée par le Conseil d’état pour inaction climatique. L’arme principale de Marie, diplômée en droit international environnemental, c’est le droit. Mais le concept d’« écocide » qu’elle essaie de porter depuis la fin de ses études fait peur jusque chez les Verts. « Mettre au même niveau la destruction de l’environnement et celle des droits humains, c’était mal perçu » dit-elle.

Sur sa table de chevet, le dernier ouvrage de la juriste Katharina Pistor, « Le Code du capital », qui analyse comment « le droit conçu par et dans l’intérêt de riches acteurs privés » produit « inégalités et crises à répétition ».

Une comparaison des deux mentalités

Il suffit de savoir ce qu’a déjà dit ou fait l’une et l’autre pour savoir normalement pour qui voter entre la chasse et l’écologie.

Willy Schraen : « En cas d’instauration d’un jour sans chasse par semaine, la ruralité serait à feu et à sang ».

Marie Toussaint : « Je demande de ne plus injecter de fonds publics dans les projets liés aux énergies fossiles ni tolérer les avantages (niches fiscales, aides…) accordés à ce secteur et à ceux qui le financent, d’exclure des institutions européennes les lobbies de l’industrie fossile, comme nous l’avons fait avec l’industrie du tabac, de contraindre les banques à sortir des énergies fossiles. »

Willy Schraen :  « Cette proposition de loi sur la condition animale nous donne des angoisses vous pouvez me croire. Loïc Dombreval est un extrémiste qui porte en étendard le drapeau de la dérive animaliste. Un jour, nos chiens et nos chats seront mieux traités que nos enfants, c’est de la folie. »

Marie Toussaint : « Dans l’histoire des idées, l’écologie politique est une idée neuve, qui dépasse les cartographies anciennes, sans pour autant les abolir. Le clivage droite-gauche reste pertinent, mais l’écologie pose des questions supplémentaires. En gros, l’écologie n’est pas soluble dans la gauche, mais elle doit en devenir le nouveau centre de gravité. Vu l’urgence des enjeux, j’espère que tout le monde va bientôt converger pour comprendre que la crise climatique comme celle de la biodiversité demandent une réforme globale des manières de penser et de gouverner issues du passé. »

Willy Schraen : « On a en face de nous des démagogues. On ne demandera jamais à un végan de manger de la viande, qu’on nous foute la paix ! Qu’on nous laisse vivre »

Marie Toussaint : « On peut espérer que l’écologie tomber un jour dans le domaine commun, comme c’est le cas avec l’idéologie républicaine qui fait désormais partie de l’identité politique de la France. Mais, pour l’instant, l’originalité du projet écologiste est telle qu’il est nécessaire qu’une force d’écologie politique la porte pour permettre de quitter les rivages du productivisme, matrice des pensées politiques de la droite et de la gauche classiques. A gauche, la tectonique des idées a fait son œuvre, et l’aggiornamento est en cours. La droite partidaire reste très majoritairement sourde aux enjeux écologiques. »

Willy Schraen : « Ce n’est pas la chasse, c’est la ruralité dans son ensemble qu’attaquent ces activistes minoritaires, comme les végans. Ils ne supportent pas que d’autres vivent différemment. Les chasses traditionnelles existaient avant l’arme à feu. La chasse à courre ? Il n’y a que les cons pour ne pas comprendre que l’animal a dix fois plus de chances de se sauver que d’être attrapé. Souvent le cerf est vieux ou malade, c’est la sélection naturelle. Pas le monde des Bisounours ! On est en haut de la chaîne alimentaire, les animaux sont en dessous, c’est l’ordre des choses. Qui travaille sur la biodiversité ? Ce ne sont pas ceux qui font des grands discours, à Paris, qui plantent des haies, des arbres, qui entretiennent les zones humides, qui nourrissent les animaux, et qui apportent ainsi 4 milliards d’euros à la nature tous les ans ! »

Marie Toussaint : « Reconnaître le clivage terriens-destructeurs est essentiel. Pour autant, il n’abolit pas les autres clivages ; notre monde est complexe et nous avons besoin de le lire avec des lunettes multiples. Nous habitons une seule et même planète, mais les mondes sociaux que nous habitons sont tellement fracturés. Le culte de la croissance a fait des ravages partout sur la planète. Une vision à courte vue, fondée sur la dictature du profit et le triomphe des actionnaires, a par ailleurs colonisé l’économie. C’est à cela qu’il faut mettre un terme, nous devons comprendre que les lois de l’économie ne sont pas au-dessus des lois de la nature. A l’échelle européenne, je plaide pour l’instauration d’un traité environnemental qui fasse de la préservation de la planète et de ses ressources une priorité supérieure en termes de hiérarchie des normes. La condamnation des écocides doit en être l’un des piliers. »

RAP, pour nous libérer de la publicité

Depuis 31 ans, R.A.P. (résistance à l’agression publicitaire) lutte contre le système publicitaire sans relâche et avec détermination. En 2023, nous avons amplifié la lutte pour l’ouvrir sur de nouveaux horizons. Pour continuer nos actions, nous avons besoin de vos soutiens

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LA PUBLICITÉ EST UN CHOIX POLITIQUE

Nous œuvrons pour dire STOP :

À la publicité lumineuse : nous avons co-organisé plusieurs mobilisations contre la publicité lumineuse. Le 18 février dernier, nous avons mené une mobilisation nommée « Rallumons les étoiles » d’ampleur dans 38 villes en France. Au total, plus de 2400 dispositifs publicitaires ont été éteints ou recouverts. 


À la publicité climaticide : nous avons mené une mobilisation contre l’écoblanchiment des constructeurs automobiles, afin de demander la fin des publicités pour la voiture individuelle, pour un nouveau système de mobilités.

Au sexisme dans la publicité : Le 5 décembre dernier, nous avons publié notre deuxième rapport sur la publicité sexiste en France. Avec celui-ci nous mettons une nouvelle fois en lumière que les stéréotypes et injonctions sexistes dans la publicité existent toujours, et qu’il est grand temps de légiférer sur le sujet.

RAP a aussi mené des réunions publiques, interpelé les élu·es et a été auditionnée par des instances comme le CESE. RAP est également membre du comité d’évaluation de l’expérimentation « Oui Pub » au sujet de la publicité distribuée dans les boîtes aux lettres.

En 2023, nous avons obtenu une victoire historique : l’interdiction des écrans publicitaires dans l’espace public de la Métropole de Lyon, 2e plus grande métropole de France. Ce succès, après une bataille de 5 ans, démontre que résister permet de changer nos vies.

VOTRE DON CHANGE LE SYSTÈME !

En 2024, nous allons publier un rapport sur la publicité automobile, mais également interpeler les candidat·es aux élections européennes et mobiliser contre la publicité en ligne. Bien évidemment, notre travail ne s’arrêtera pas là, car en 2024 la France accueillera les Jeux Olympiques et Paralympiques. Nous devrons donc œuvrer plus que jamais contre la publicité lumineuse et climaticide.

Grâce à vous, nous pourrons enquêter, mener des actions de résistance et faire changer la législation pour bâtir, en toute indépendance et à vos côtés, un monde meilleur débarrassé de l’agression publicitaire.

Je fais un don

Vos dons bénéficieront d’une réduction d’impôts de 66 % sur vos revenus 2023 ; ne manquez pas nous soutenir avant le 31 décembre 2023 pour recevoir votre reçu fiscal avant votre prochaine déclaration d’impôts.

Fin de vie, la procrastination de Macron

Un an après le lancement de la convention citoyenne sur la fin de vie, l’association « Les 184 », regroupant plus de 80 de ses membres, appelle à la présentation rapide du projet de loi.

Collectif : Monsieur le Président de la République, il y a un an, à votre initiative, commençaient les travaux de la convention citoyenne sur la fin de vie (CCFV). En avril 2023, lors de la remise de notre rapport, salué par un grand nombre d’observateurs, vous avez pris un double engagement au sujet des soins palliatifs et de l’aide active à mourir pour notre pays : un projet de loi, accompagné d’un plan décennal, serait présenté en conseil des ministres avant la fin de l’été. À ce jour, 11 décembre 2023, ces engagements n’ont toujours pas été tenus. De plus, tout laisse à penser que le projet de loi s’orienterait vers un « modèle français de la fin de vie » très éloigné des recommandations de notre rapport. Après l’expérience de la convention citoyenne sur le climat, dont les propositions ont été largement écartées, il serait opportun de la part de l’exécutif de respecter cette fois sa promesse aux citoyens. Monsieur le Président, votre avis sur les soins palliatifs et l’aide active à mourir est important mais ne saurait être l’unique boussole en la matière, de même que l’opposition de certaines organisations.

Contre la liberté de choisir sa mort ou pour ?

HCLuc : Totale opposition à cette motion mortifère. L’arrogance de l’Homme à vouloir s’affranchir de son origine divine sera sa perte. L’état du monde, ses courants de pensées aberrants (wokisme…) ne sont que les prémices du délitement de notre civilisation.

G92 : Depuis plus de 20 ans des législations existent dans des nombreux pays, Belgique, Suisse, Canada, Pays-Bas, etc et elles répondent aux attentes de leurs citoyens. Le choix de sa fin de vie, c’est une liberté, c’est un droit pour tous les individus. J’ai les plus grandes craintes sur le contenu du projet de loi qui doit sortir de l’Élysée. Une dérive a-démocratique dont on n’a pas besoin.

GERONIMO : Macron a été élu. C’est toujours un détail insignifiant pour la gauche quand elle perd une élection, mais aucun des membres de ce collectif ne peut en dire autant. Donc oui, sa parole vaut un peu plus que la vôtre, Camarades. Et c’est tant mieux.

Michèle de Dordogne : Macron n’a aucune légitimité pour décider seul de la façon dont je désire finir ma vie. Les soins palliatifs, c’est bien pour ceux qui les souhaitent, mais on peut ne pas vouloir agoniser en couches culottes pendant des mois en étant, qui plus est, une charge morale et financière pour ses enfants.

Leonidas : L’aide active à mourir sera bientôt entendue aux chômeurs en fin de droit et à tous les pauvres ne pouvant plus payer leurs factures.

Coldom : Elle l’est déjà, les pauvres sont en bien plus mauvaise santé physique et mentale que les plus riches et meurent beaucoup plus tôt. Ici, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué on parle d’un choix individuel, pas d’une situation imposée..

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Blocage palliatif sur la fin de vie (2023)

extraits : Dans un récent sondage commandé à l’Ifop par l’ADMD (octobre 2022), les Français expriment leur rapport à l’aide active à mourir. 78% des Français attendent de la convention citoyenne sur la fin de vie qu’elle légalise l’aide active à mourir ; 79% des Français se disent confiants dans un médecin qui se déclarerait favorable à l’euthanasie ; 77% des Français se disent confiants dans un médecin qui déclarerait pratiquer des euthanasies ; 82% des Français considèrent l’euthanasie et le suicide assisté comme des soins de fin de vie à part entière.

Les spécialistes des soins palliatifs ne sont pas de cet avis !…

L’ADMD et la Convention « fin de vie » (2022)

extraits : L’association ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) a été fondée en 1980. L’ADMD revendiquait plus de 75 000 adhérents actifs au 31 décembre 2021. Elle s’intéresse à la dignité de la personne humaine face à la mort et entend « aider ceux qui vivent cette situation dans la solitude et l’angoisse, et agir auprès de l’opinion pour que cette dignité soit reconnue ». Dans un premier temps, l’association avait mené campagne contre l’acharnement thérapeutique et propose notamment de faire signer à ses membres un  « testament biologique », devenu aujourd’hui « directives anticipées »…

ADMD, pour le droit de mourir dans la dignité (2018)

extraits : Jean-Luc Romero-Michel, président de l’ADMD depuis le 2 juin 2007, répond aux questions du MONDE.

Comment êtes-vous entré dans ce mouvement ?

Parce que j’ai vu mourir Hubert (en mai 1994). C’était un samedi soir, dans sa chambre d’hôpital. Il souffrait tellement que j’ai demandé aux infirmières de le soulager. L’une d’elles m’a répondu : « Ah non, la morphine, ça va accélérer sa mort. » Je lui disais : « Mais madame, il est en train de mourir ! » La nuit fut terrible, et je m’en voulais de ne rien pouvoir faire. J’avais déjà, à l’âge de 13 ans, vu mourir mon père d’un cancer des poumons. Il s’étouffait…

ADMD versus Axel Kahn (2008)

extraits : Dans son dernier livre, Axel Kahn critique sévèrement l’ADMD (association pour le droit de mourir dans la dignité) pour l’usage qui est fait du concept de dignité : «  Cela signifie-t-il qu’il existe des gens qui meurent dans l’indignité ? Quels sont-ils ? Les grands vieillards ? Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ? Sont-ce là des citoyens indignes ? » Il est tellement ulcéré qu’il propose de compléter ainsi la Déclaration universelle des droits de 1789 : «  Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en dignité et en droits. » Le problème, c’est qu’Axel Kahn ne peut pas définir le concept de dignité parce que c’est indéfinissable…

Contre le « monde du béton », soulèvements

Dans toute la France, à Bruxelles et en Suisse, le collectif soulèvements de la Terre a ciblé des centres de production de béton, des usines d’enrobage ou de simples lieux de stockage, pour dénoncer l’artificialisation et ses impacts sur l’environnement.

lemonde.fr avec AFP : Mobilisation de quatre jours, du 9 au 12 décembre, « contre Lafarge et le monde du béton ». Elle est soutenue par plusieurs dizaines d’organisations dont Extinction Rebellion, Attac, lAlternatiba, Bassines non merci, des groupes locaux de LFI, d’EELV, etc.

L’écologie à toutes les sauces

La vocation de l’écologie est de réunir toutes les personnes sans exception autour de la sauvegarde de notre avenir commun. Tant que nous aurons un vain « débat » entre les réactionnaires qui ne veulent rien changer au monde de hier et quelques personnes éclairées, nous irons au désastre. Les commentaires sur lemonde.fr illustrent cette loi humaine, la soumission à l’ordre existant est la chose la mieux partagée. Difficile de convaincre un (con)vaincu. Exemples :

Peps72 : Les factieux d’extrême gauche sont de retour. Ah oui c’est vrai, quand on est d’extrême gauche, on a le droit d’être violent et de tout casser.

Fly high : Heureusement qu’il y a des gens comme eux pour se révolter de la destruction de notre planète, personnellement je le fais pas ou peu. Leur extrémisme est à la hauteur de notre inaction. Regardez vous et demandez vous ce que, à votre niveau, vous faites pour essayer d’améliorer les choses.

ChrisL : C’est marrant de lire les commentaires de certains, notamment celui de Peps72, untel ou pm22, le sceptique. Pour eux cadenasser une entrée et faire un tag sont des actions destructrices et violentes. OUHHHH ça fait peur! Un méchant tag!!!

pm22 : @ChrisL J’arrive, avec ma peinture, pour faire un joli tag bien gras dans votre appart. Chiche ?

Gaston31000 : J’espère que ces personnes seront arrêtées et jugées. Quelques travaux d’intérêt général devraient leur remettre les pieds sur terre. Les jeunes militants écologistes ont un point commun avec les macronistes : ils ne veulent pas vraiment débattre, mais imposer leurs idées, ils veulent faire table rase du passé et des corps intermédiaires ( avec la conviction qu’il suffit d’une poignée de gens résolus pour changer le monde), ils n’aiment pas vraiment la démocratie, qui a besoin de lenteur et de débats interminables pour fonctionner correctement et de manière apaisée.

Aelsa : Votre propos serait tout à fait juste, si 1) le nom démocratie avait encore un sens dans les conditions actuelles de la vie politique et 2) l’urgence écologique n’était pas telle qu’on ne peut plus se permettre que des progrès (souvent infimes) mettent 30 ans à se manifester. Vous me direz que la méthode des SLDT ne fait pas la preuve de son efficacité, et c’est vrai, mais elle est du moins cohérente avec la temporalité inédite qui est celle de la crise du vivant dans laquelle nous sommes plongés. Par ailleurs, si la méthode lente et mesurée des petits pas est bien sûr légitime et respectable dans bien des cas, elle n’est pas la seule, et certaines (r)évolutions se font en effet sous l’impulsion d’une poignée de gens résolus, qui voient plus loin que le bout de leur routine syndicale.

Rumi : Ils habitent dans des cabanes en paille et se déplacent en chars à bœuf ces zadistes en puissance. Qu’on leur offre le gîte et le couvert à l’ombre.

M92 : Votre ton condescendant envers les jeunes militant est au mieux inapproprié au pire obscène. On parle de leur avenir. C’est parce que les chefs d’entreprise enfreignent les lois (quand ce ne sont pas les élus) en toute impunité la plupart du temps que face au massacre les gens se mobilisent: forêts rasées, rivières polluées, sols contaminés…c’est quotidien. Lafarge déverse ses eaux usées dans les rivières, Sanofi, Arkema… envoient des polluants éternels qui rendent impropres à la consommation les œufs des poules et les légumes du jardin, la FNSEA cautionne l’envoi massif de pesticides qui rendent malades les écoliers… Il n’y a pas de débat à avoir. Ce qui est demandé c’est le respect de la loi. Les lois même imparfaites sont supposée nous protéger. Faisons cela déjà. Et commençons par arrêter et juger celles et ceux qui sont à l’origine des problèmes, pas ceux qui s’en plaignent. Si tout le monde faisait son travail et que certains n’étaient pas protégés on en serait pas là.

COP28, pourquoi ça ne pouvait pas aboutir

28 années que la diplomatie international fait semblant de s’agiter.

Nous en sommes toujours au même point !

Nos émissions de gaz à effet de serre augmentent.

Global Carbon Project : Les émissions mondiales de CO2 liées à la production et à la consommation d’énergies fossiles seront de 36,8 milliards de tonnes de dioxyde de carbone (soit 36,8 gigatonnes – GtCO2) en 2023. Ce total dépasse encore de 1,4 % les niveaux de 2019, juste avant la baisse temporaire liée à l’épidémie mondiale de Covid-19. Et si l’on prend en compte le déficit lié au changement d’usage des terres (la déforestation par exemple), le résultat est de 40,9 GtCO2. Le niveau de CO2 atmosphérique devrait atteindre une moyenne de 419,3 ppm [parties par million] en 2023, soit 51 % de plus que les niveaux préindustriels.

C’est comme quand un mur arrive et que vous êtes à 180 km/h, on devrait freiner mais on se contente de continuer à 130. Pourquoi ? Parce que la guerre des ressources a déjà commencé.

Pire, les pays pétroliers ont démoli la crédibilité du multilatéralisme onusien sur la question climatique

Stéphane Foucart : Sultan Al-Jaber, patron de l’Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc) Et de la COP28, c’est comme si un congrès de lutte contre le cancer du poumon était présidé par un marchand de tabac. Cette façon d’exhiber, de manière si ostensiblement obscène, le conflit d’intérêts et le mélange des genres, a pour objectif de torpiller auprès des opinions toute la crédibilité du processus de négociations multilatérales engagé depuis 1992. Pourtant, et c’est tout le paradoxe de la situation, la COP28 est la première à discuter de la sortie de l’ensemble des « combustibles fossiles ». La première, donc, en près de trente années de diplomatie climatique !

Mais une brève mention des « combustibles fossiles », en simple légende d’une figure, a été considérée comme inacceptable par l’Arabie saoudite. Et finalement biffée.

Et les pays développés continuent de faire confiance au fossile

La production de l’électricité en Allemagne a été permise à 36,42% au cours de ces derniers 30 jours par l’utilisation de la lignite (plus 16,49% par le gaz). Et encore, considérant ses difficultés à produire de l’électricité bon marché, la pollution par le charbon et le gaz ne se limite pas à la production électrique : les usines ou le chauffage fonctionnent massivement à la lignite ou au gaz, contribuant à des émissions massives de CO².

Ce qui peut se comprendre pour l’Inde (qui longtemps été mise à l’écart des profits d’une industrie forte) ne devrait pas être admissible pour un pays comme l’Allemagne qui s’est gavée depuis 150 ans.

Alors pourquoi se gêner quand on se veut pays émergent ?

La Chine fait toujours figure de mauvais élève. Ce pays dégage quasiment un tiers des émissions mondiales de CO2 (31 %) pour 17,5 % de la population mondiale. Il est même sur une pente ascendante, avec + 4 % en 2023, notamment à cause d’une utilisation préoccupante du charbon. Quant à l’Inde, même si son empreinte est beaucoup moins forte (8 % du total mondial) pour 18 % de la population mondiale, elle a des trajectoires encore plus mauvaises (+ 8,2 % au total, + 9,5 % pour le charbon).

Comme quoi on peut être « en voie de développement » et vouloir sortir de la pauvreté avec beaucoup de carbone.

Et peut-on être contre le développement des pays pauvres ?

« Baleine », le nom donné au gisement de pétrole brut découvert en 2021 au large de la Côte d’Ivoire est aussi imagé que révélateur. L’inauguration du gisement est survenue une semaine avant l’ouverture de la COP28, alors même que la Côte d’Ivoire s’est engagée à verdir son mix énergétique. Le champ offshore situé à 60 kilomètres au large et à quelque 1 200 mètres de profondeur, a commencé à être exploité. Ce gisement va permettre au pays de renforcer l’offre intérieure d’électricité, de renforcer son rôle de hub énergétique dans la sous-région, d’engranger des devises pour l’État.

Même si la Côte d’Ivoire restera très loin des poids lourds nigérian et angolais (plus d’un million de barils par jour), « Baleine » devrait amener la Côte d’Ivoire à des niveaux proches du Ghana ou du Gabon (autour de 200 000 barils par jour).

CONCLUSION : Séparer pauvreté et développement ainsi que démographie et niveau de vie est un complet non sens. Il faudrait agir drastiquement dans tous les domaines, c’est-à-dire sobriété tous azimuts, et nous faisons le contraire de ce qu’il faudrait faire.

L’intelligence humaine n’existe pas quand il s’agit de grands groupes. La sagesse d’un philosophe oui, la sagesse des nations, non.

Préparer les jeunes à la fin du monde !

La fin du monde est arrivée. Nils en est convaincu, il va mourir seul dans son petit appartement. Il se perd en conjecture sur les raisons ayant mené à « la catastrophe » qui semble avoir terrassé la Suède. Sa sœur, Wilma, s’occupait de leur petit frère en proie à une très grave crise d’asthme. Mais impossible de trouver de quoi le soigner. Une immense panne informatique paralyse le pays. La pharmacie n’a plus accès à ses stocks, les supermarchés ne prennent plus les cartes bancaires, les trains sont bloqués… Dans leur wagon transformé en sauna, Ali et Dejan tuent le temps, en jouant sur leur téléphone, jusqu’à ce qu’ils n’aient plus de batteries. Ils prennent alors conscience qu’ils n’ont plus rien à manger ni à boire…

Anne-Françoise Hivert : Tous les lycéens suédois ont reçu à leurs 16 ans ce scénario apocalyptique destiné à les préparer au pire et à leur faire prendre conscience de leur rôle en cas de catastrophe ou de guerre. Il était accompagné d’une lettre, rédigée en suédois, en anglais et en arabe les informant qu’ils font partie comme tous leurs compatriotes âgés de 16 à 70 ans de la « défense totale » du pays. « Cela veut dire que nous avons tous le devoir de contribuer en cas de danger de guerre ou de conflit. »

Cette obligation est inscrite dans la loi depuis 1995, « en cas de guerre ou de menace de guerre, si le gouvernement relève le niveau d’alerte, alors les hommes et les femmes âgés de 16 à 70 ans ont tous l’obligation de participer à la défense du pays ». Il est rappelé que, en cas de crise ou de guerre, chacun doit pouvoir tenir au moins une semaine en autonomie. De quoi alimenter l’angoisse des jeunes, déjà terrifiés par l’état du monde ? Quand ils ont compris comment ils pouvaient contribuer, cela les a rassurés et ça les a aussi ­boostés qu’on leur dise qu’on a besoin d’eux. Les lycéens peuvent par exemple orienter des convois, participer à la distribution d’eau et de nourriture ou diffuser l’information. 

Le point de vue de Michel SOURROUILLE

Allons plus loin que cette initiative suédoise. Je suis objecteur de conscience, opposé à l’usage collectif des armes en toutes circonstances. L’état de guerre ne nécessite pas forcément l’usage des armes ; il faut faire passer ce message à nos jeunes. Je suis objecteur de croissance, pour une sobriété partagée. L’état de crise climatique implique que les jeunes et les moins jeunes agissent déjà contre la surconsommation. Je suis un ancien scout.

Il ne suffit pas de lire un scénario distribué à l’école. Baden-Powell prouva pendant une guerre en 1900 que des jeunes étaient tout à fait capables de réussir une mission, pourvu qu’on leur fît confiance. « À la fin de ma carrière militaire », dit Baden-Powell, « je me mis à l’œuvre pour transformer ce qui était un art d’apprendre aux hommes à faire la guerre, en un art d’apprendre aux jeunes à faire la paix. » En 1907, alors âgé de 50 ans, il organise un camp de quinze jours avec une vingtaine de garçons . Le scoutisme repose sur l’apprentissage de valeurs pendant des camps réunissant les jeunes. Chaque jeune devrait faire l’expérience concrète du scoutisme… il apprendra à marcher pendant des heures sac au dos, à organiser un campement avec sa patrouille, à faire la cuisine en plein air sur feu de bois, à retrouver son chemin dans des parcours à la boussole, à faire des veillées où chants et spectacles se succèdent en étant l’acteur de son propre spectacle, à retrouver le contact avec la nature et avec les gestes simples

Car il faut nous préparer à la fin de notre monde, abruti par une abondance factice, coupé de la nature, croyant que demain ce sera comme hier…

Les fins du monde décrites par notre blog biosphere

la fin du monde (écrit en 2007)

extraits : La Gueule ouverte, mensuel écologique qui annonce la fin du monde, apparaît pour la première fois en novembre 1972. Voici un résumé du premier éditorial, signé par Pierre Fournier : « La GUEULE OUVERTE est virtuellement née le 28 avril 1969. J’étais dessinateur et chroniqueur à Hara-Kiri hebdo… Prenant mon courage à deux mains, j’osai parler d’écologie à des gauchistes. Permettez que je me cite : « Pendant qu’on nous amuse avec des guerres et des révolutions qui s’engendrent les unes les autres en répétant toujours la même chose, l’homme est en train, à force d’exploitation technologique incontrôlée, de rendre la terre inhabitable, non seulement pour lui  mais pour toutes les formes de vie supérieures. Le paradis concentrationnaire qui s’esquisse et que nous promettent ces cons de technocrates ne verra jamais le jour parce que leur ignorance et leur mépris des contingences biologiques le tueront dans l’œuf. La catastrophe, beaucoup plus prochaine que vous ne l’imaginez, ne pourrait être évitée que par une réforme des habitudes mentales encore plus radicale encore que celle jadis opérée par les rédacteurs de la Grande Encyclopédie. »…

bientôt la fin du monde (2010)

extraits : Sur l’urgence écologique, nous pensons avec beaucoup d’autres analystes que le XXIe siècle va être totalement différent de ce que l’humanité a connu jusqu’à maintenant. La rupture prônée par Sarkozy aux présidentielles n’est qu’un euphémisme par rapport à ce qu’il faudrait réellement faire : préparer l’humanité à la fin du pétrole et à l’augmentation brutale de son prix, préparer l’humanité à affronter des perturbations et des guerres du climat, essayer d’enrayer la baisse inéluctable des rendements agricoles et la perte de biodiversité, dépasser un système  capitaliste qui va être remis en question dans ses fondements (la publicité, le crédit et la division exacerbée du travail), affronter la gouvernance de 9 milliards de personnes en 2050, etc. Que ce soit clair, ce n’est pas la prochaine génération qui connaîtra des guerres civiles et des problèmes aux frontières, c’est déjà la notre. Le mouvement d’autodestruction de notre société thermo-industrielle ne va que s’amplifier au cours de ce siècle…

De la fin de notre monde à une renaissance en 2050 ? (2017)

extraits : Yves Cochet : « La période 2020-2050 sera la plus bouleversante qu’aura jamais vécue l’humanité en si peu de temps. A quelques années près, elle se composera de trois étapes successives : la fin du monde tel que nous le connaissons (2020-2030), l’intervalle de survie (2030-2040), le début d’une renaissance (2040-2050). L’effondrement de la première étape est possible dès 2020, probable en 2025, certain vers 2030. Une telle affirmation s’appuie sur de nombreuses publications scientifiques que l’on peut réunir sous la bannière de l’Anthropocène, compris au sens d’une rupture au sein du système-Terre, caractérisée par le dépassement irrépressible et irréversible de certains seuils géo-bio-physiques globaux. Ces ruptures sont désormais imparables, le système-Terre se comportant comme un automate qu’aucune force humaine ne peut contrôler. La croyance générale dans le libéral-productivisme renforce ce pronostic… »…

Bien vivre sa fin du monde… en juillet-août 2018 (2018)

extraits : Il est toujours salutaire de récapituler les études qui montrent depuis les années 1970 que nous allons au désastre. Un hors série du Nouvel observateur de juin juillet 1972 s’intitule « La dernière chance de la terre ». La Gueule ouverte, mensuel écologique qui annonce la fin du monde, apparaît pour la première fois en novembre 1972. Toujours en 1972 paraît une étude argumentée sur Les limites de la croissance ou rapport au Club de Rome. Ce rapport concluait : « Étant donné le taux actuel de consommation des ressources et l’augmentation probable de ce taux, la grande majorité des ressources naturelles non renouvelables les plus importantes auront atteint des prix prohibitifs avant qu’un siècle soit écoulé ». Si on peut reprocher à certaines prévisions d’avancer des dates comme par exemple Yves Cochet…

L’année 2022 et la fin de ce monde en folie (2022)

extraits : Quelques journalistes se prennent pour Philippulus, le prophète qui promettait l’apocalypse en 1942 (dans Tintin, L’Etoile mystérieuse) : « Le réchauffement climatique et la dégradation de la biodiversité, dus en majorité à ces énergies fossiles, ne permettent plus de continuer sur ce rythme. De cela, la plupart des gens en sont désormais convaincus. Mais ils n’ont pas intégré les sacrifices que cela implique : réduire l’utilisation de la voiture, la consommation de viande, les voyages, les achats, sa liberté individuelle… Gérer ce basculement inévitable vers un monde plus cher, car plus économe, mais aussi plus instable, devrait figurer en tête des préoccupations des politiques en ce début 2022. En auront-ils le courage ? »…

Responsabilité des riches… ET des pauvres

Plus vous êtes riche, plus il est facile de réduire vos émissions personnelles et celles liées à vos investissements. Vous n’avez pas besoin d’une deuxième voiture, de vacances à l’étranger ou… d’investir dans une usine à gaz. C’est une évidence. Mais pas pour les riches, bien  protégés par un système ou réussir, c’est s’enrichir. Prôner la sobriété partagée reste inaudible. Ne dénoncer que la sur-richesse et pas la sur-fécondité, c’est une erreur de raisonnement. Nous n’avons qu’une  seule planète, nous sommes tous responsables d’une manière ou d’une autre.

rapport Oxfam : Si la lutte contre le changement climatique est un défi commun, certains en sont plus responsables que d’autres. Les 1 % les plus riches de la planètes, soit 77 millions de personnes, émettent autant de gaz à effet de serre que les deux tiers de la population la plus pauvre, soit environ 5 milliards de personne. Le seuil de revenu pour faire partie des 1 % les plus riches a été ajusté par pays en fonction de la parité de pouvoir d’achat – par exemple, aux Etats-Unis, le seuil est de 140 000 dollars et l’équivalent kényan est d’environ 40 000 dollars.

Le point de vue des écologistes IPAT

 Sacré programme, polarisé sur 1 % de la population. Le danger de ce genre d’études, c’est de déresponsabiliser tout le monde. C’est la faute des riches, point final !  La condamnation de  la sur-richesse remonte au manifeste du parti communiste (1848) et depuis les écarts de richesse n’ont fait que s’agrandir. Que faire quand les riches veulent continuer de prendre l’avion malgré le réchauffement climatique et quand le cours de la bourse sert de boussole aux médias ? Aucun politicien ne veut (ni ne peut) écorner le mythe du ruissellement et de la Rolex au poignet.

Si on veut parcourir tout l’éventail des possibles acceptables, il faudrait que les plus riches diminuent drastiquement leur train de vie… !  Oxfam ne pointe le doigt que sur une partie de la réalité. Or le Kenya est passé de 8 millions d’habitants en 1960 à 55 millions aujourd’hui. Regardons les statistiques, toutes les statistiques, celles qui concernent les riches et celles qui ont trait aux pauvres. Et Elon Musk avec ses voitures et ses fusée et ses onze enfants, coche toutes les cases perdantes.

Il faudrait que les plus pauvres fassent un peu moins d’enfant… et pourtant  les femmes des milieux défavorisés continuent de faire des enfants à la chaîne bien malgré elles. On ne peut passer sous silence la responsabilité des pauvres quand on veut souligner la responsabilité des riches. Les gauchistes qui ne voient que les inégalités de revenu s’empêchent trop souvent d’aborder la problématique malthusienne ; la plupart d’entre eux ne savent même pas que Malthus a existé.

Dans toutes les écoles du monde, hommes et femmes mélangés, riches et pauvres sur le même pied d’égalité, il faudrait qu’il y ait une véritable initiation à l’urgence écologique, à la sobriété des comportements et donc à la baisse du niveau de vie des riches, mais aussi à la sobriété démographique et ce quel que soit son niveau de revenu. Surtout il faudrait apprendre la complexité des interdépendances. Connaître tous et toutes la formule IPAT permet d’avoir une approche simple de notre réalité socio-économique.

IPAT, soit I = P x A x T, désastre en vue

Entre décroissance économique, décroissance démographique ou enterrement des technologies nouvelles, que choisir ? L’équation d’Ehrlich, dite IPAT, nous donne une approche globale. I = PAT (P x A x T) montre que l’impact environnemental, noté I, est le produit de trois facteurs : la taille de la Population (P), les consommations de biens et de services ou niveau de vie (A pour « Affluence » en anglais) et les Technologies utilisées pour la production des biens (T). Si l’on regarde ce qui se passe en ce moment, on constate au niveau mondial que le taux annuel de la croissance de la population est de 1 % (x 1,01), le taux de croissance du PIB est en moyenne de 3 % (x 1,03). L’amélioration de l’intensité énergétique des techniques est difficile à estimer, si ce n’est par le rapport entre tonnes équivalent pétrole et PIB. Considérons pour simplifier que T est égal à 1, neutre par rapport à la croissance démographique et l’explosion consumériste.

L’impact environnemental est donc de 1,01×1,03×1, soit environ 4 % (pour simplifier, l’approximation 1 % + 3 % + 0 % = 4% est assez bonne pour ce genre de taux assez proches). On voit les conséquences de ce taux de croissance global tous les jours dans les médias, dérèglement climatique, épuisement des ressources, pollutions diverses, etc. Que faire ? L’équation nous montre la voie, il faut agir en même temps sur P, A et T. Aucun des termes ne peut être considéré indépendamment des deux autres. La population est un multiplicateur des menaces tout comme la croissance économique, l’automobile ne peut pas se concevoir sans son conducteur ni le nombre de chevaux de son moteur.

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Notre responsabilité démographique

extraits : Le problème de nos sociétés modernes, c’est qu’elles ont annihilé la nécessité de la responsabilité individuelle, c’est toujours la faute des autres: c’est la faute au gouvernement, le coût de mon hospitalisation la sécurité sociale y pourvoira …  L’innovation technologique viendra bien un jour à notre secours, gaspillez comme vous voudrez, le camion-poubelle passera, etc. Dans cette société d’irresponsables, il faut espérer qu’il n’est pas trop tard pour une approche qu’on pourrait appeler social-libérale, reposant sur la prise de responsabilité individuelle. La remise en question de l’irresponsabilité en matière de fécondité est un élément crucial de cette évolution culturelle nécessaire. Pour éclairer l’avenir collectif, devenons malthusien…

Totale Responsabilité en procréant

extraits : L’enfant n’ayant pas demandé à naître, toute naissance engage d’abord les parents. Pour Hans Jonas (1903-1993), dans Le principe responsabilité, la responsabilité parentale, est la seule qui soit instituée par la nature. Alors que les autres types de responsabilité résultent de l’acceptation d’un contrat ou de rapports de confiance, l’acte de procréation ne dépend d’aucun consentement préalable, « elle est irrévocable, et non résiliable ; elle est globale. » …

Hommage à Michèle Rivasi

Communiqué de presse de Générations futures, le 29 novembre 2023

Nous avons appris ce jour le décès soudain de l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi à l’âge de 70 ans. Nous connaissions l’engagement ancien de Michèle au sein de la CRIIRAD, ouvrant des brèches pour le droit à l’information sur la pollution de notre environnement par les radioéléments, face au surpuissant lobby du nucléaire en France.

 François Veillerette, notre porte-parole et fondateur, avait eu l’occasion de travailler personnellement à ses côtés il y a 20 ans lorsqu’elle était Directrice de Greenpeace France, alors que François était Président du Conseil d’Administration de cette ONG.

 Depuis qu’elle était Députée européenne, nous avons eu de multiples occasions de travailler avec Michèle sur des sujets de santé environnementale. A Bruxelles comme à Strasbourg elle était d’ailleurs la principale défenseuse de ces sujets parmi les eurodéputé.s écolos, chacun.e.s ayant sa « spécialité ». Nous avions ainsi l’habitude de la voir très régulièrement faire une apparition dans les conférences de presse en ligne de Générations Futures sur les différents dossiers « chimiques » que nous avons publiés ces dernières années. On pouvait compter sur elle dans tous ces combats écologistes et également pour dénoncer l’influence obscène des lobbies, dont elle était une des bêtes noires et une des principales pourfendeuses. «Toujours présente, toujours engagée, sans jamais en rabattre sur ses exigences et sans faiblesse face aux puissants » c’est ainsi qu’on pourrait dépeindre Michèle Rivasi en quelques mots.

 Aujourd’hui, malheureusement, elle n’est plus parmi nous. Elle vient de nous quitter si brutalement, après une période particulièrement difficile pour les écologistes au niveau européen puisque en deux semaines nous avons vu le glyphosate réautorisé pour 10 années supplémentaires et le projet de règlement SUR sur l’utilisation des pesticides enterré par les droites européennes…autant de combats dans lesquels Michèle n’avait pas ménagé ses efforts ces derniers mois.

 En ces temps difficiles pour l’écologie et dans lesquels le nationalisme étroit menace, la ténacité et la détermination de Michèle Rivasi doivent nous servir d’exemple sur la conduite à tenir dans les prochains mois et années : se battre, toujours et ne lâcher jamais ! Cet exemple doit nous inspirer dans la période qui vient et les plus jeunes d’entre nous pourront, nous le souhaitons, y trouver l’énergie nécessaire pour affronter les combats titanesques qui nous attendent, pour assurer aux Générations Futures un avenir vivable et désirable.

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Michèle RIVASI, en course pour la présidentielle 2017 (septembre 2016)

extraits : Forte de mon parcours dans la société civile comme co-fondatrice de la CRIIRAD (laboratoire indépendant sur la radioactivité pour dénoncer le mensonge d’Etat de Tchernobyl) et du CRIIREM (sur la pollution électromagnétique) ou directrice de Greenpeace France puis comme parlementaire (à l’Assemblée nationale entre 1997 et 2002 et au Parlement européen depuis 2009), je suis candidate pour représenter le peuple de l’écologie, la voix des lanceurs d’alerte et des défenseurs des Biens communs en 2017…

DECLARATION de CANDIDATURE de Michele RIVASI (août 2016

extraits : 4 chantiers me paraissent prioritaires mais je porterai notre projet collectif : la réappropriation et le contrôle citoyen (via des comités d’usagers) de l’ensemble de nos Biens communs passant par une lutte acharnée contre la corruption et la collusion public-privé et le changement de nos institutions à bout de souffle ; l’instauration d’un revenu garanti universel pour tous en reconnaissant à sa juste mesure toute activité socialement utile ; la mise en place d’une véritable fiscalité écologique fondée sur la justice sociale et le principe pollueur-payeur dans le but d’entreprendre une reconversion écologique de nos activités économiques ; la résorption du mal- logement par la réquisition des logements publics vacants en appliquant l’ordonnance de 1945 du général De Gaulle.

COP28, le moment d’une vérité édulcorée

Elle s’annonce comme « la COP des fossiles ». A Dubaï, les Etats réunis pour la 28e conférence mondiale sur le climat (COP28), du 30 novembre au 12 décembre, tenteront de négocier une formule appelant à une réduction de l’usage du charbon, du pétrole et du gaz, principaux responsables du dérèglement climatique. « La COP28 sera un moment de vérité pour l’industrie pétrolière et gazière, qui devra montrer si elle veut être un partenaire sérieux pour accélérer la réponse au dérèglement climatique », affirme Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Un rapport de l’AIE souligne que le secteur n’est, pour le moment, pas un « partenaire sérieux » dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Perrine Mouterde : Les entreprises pétrolières et gazières jouent aujourd’hui un rôle plus que marginal dans la transition énergétique. Un chiffre résume ce manque d’engagement : leurs investissements dans les énergies bas carbone ne représentent que 1 % des investissements totaux (1 800 milliards de dollars en 2023).

Fatih Birol : « Aujourd’hui, le monde produit environ 100 millions de barils de pétrole par jour, explique En 2050, il faudra être passé à 25 millions. Quand vous parlez aux entreprises, elles vous disent toutes : “Je suis prête à produire ces 25 millions de barils.” est-ce la baisse de la consommation d’hydrocarbures qui doit être à l’origine de la transition, ou faut-il d’abord mettre un terme à la production ? Aucune des deux approches n’est satisfaisante face à l’ampleur des défis, et aucun des acteurs ne devrait attendre que l’autre agisse en premier. L’idée que les producteurs d’hydrocarbures peuvent continuer comme avant et qu’ils vont réduire leurs émissions à zéro grâce à un déploiement massif du captage et stockage de carbone est, selon moi, un fantasme. »

Le point de vue des écologistes climato-compatibles

COP28, 28 années que ça dure, la mascarade. On assiste à une réunion de la ligue antialcoolique menée par les distillateurs de la gnôle. Un moment de vérité en effet. Appeler une mascarade récurrente « un moment de vérité » est l’actualisation parfaite de la novlangue du très regretté Georges Orwell ! Accepter d’organiser une COP à Dubaï, il fallait le faire ! Cet émirat représente le club de ceux qui aident à le plus polluer la planète. Le thème captage/stockage du CO2, ne doit pas être mis à l’Ordre du Jour. C’est un attrape nigaud.

La meilleure façon de baisser la consommation de pétrole, c’est de valoriser socialement la sobriété. Il faut que devienne honteux le fait d’avoir une maison secondaire, posséder une voiture à soi et partir en vacances en avion. On peut en dire autant au niveau démographique. Il faut qu’avoir une famille nombreuse ne soit plus considéré comme une réussite. Tant qu’on n’aura pas tout ça, nous irons au désastre. Les ressources ne sont pas infinies. Et la Terre n’est pas une poubelle à CO2 et autres déchets de la croissance. Ce sont nos petits-enfants qui reviendront deux siècles en arrière, dans un monde détérioré grave. Une société basée sur l’hyper-consommation est vouée à la disparition.

Nous attendons le moment de vérité. Enfin le vrai, pas celui qui revenait régulièrement depuis Kyoto avec mecs en costards et larmes de joie en agitant au final un bout de papier qui ne correspondait à rien. Le vrai moment. Celui où on dit : c’est foutu, bonne chance à tous. En attendant cette révélation, les 0,01% vont continuer à se gaver grave en se faisant lécher le derrière par la classe politique.

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COP28 et AIE, sobriété énergétique tabou ! (25 octobre 2023)

extraits : La première priorité pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre, c’est la sobriété énergétique. Aucune trace de cette urgence dans le rapport de l’AIE. Les deux autres leviers à mettre en œuvre, les énergies renouvelable et l’efficacité énergétique, ne sont que des leurres. L’expérience montre que jusqu’à présent les énergies renouvelables ne remplacent pas les énergies fossiles, mais s’ajoutent pour répondre à notre boulimie énergétique. Quand à la technologie sur laquelle repose l’efficacité énergétique, non seulement il y a l’effet rebond qui annule les progrès possibles quand on évite la sobriété, mais croire que remplacer une automobile thermique par une voiture électrique est une avancée est idiot car l’électricité, il faut la fabriquer…

Boycott de la COP28, la seule option ? (3 octobre 2023)

extraits : Nous appelons les pouvoirs publics, associations et dirigeants d’entreprises à ne pas cautionner par leur présence cette mise en scène dans un pays qui ne prospère que grâce à l’extraction d’énergies fossiles. Abou Dhabi prévoit même d’augmenter sa production de barils de 25 % d’ici à 2027 ! A Dubaï, la dérive devient caricature : l’événement sera présidé par le patron de la plus grande entreprise d’énergies fossiles des Emirats arabes unis – Sultan Ahmed Al-Jaber – quelques semaines après des révélations de la presse britannique nous apprenant que les Émirats mentent depuis dix ans sur leurs émissions de méthane…

Climatosceptiques ? Plutôt climatonégationnistes

Gilles Barroux regrette que le déni du réchauffement climatique soit toujours assimilé à une forme de doute, alors qu’il s’agit plutôt d’une forme de défiance. Le terme de « climatoscepticisme » devrait-il être abandonné ?

Gilles Barroux : « On peut préférer le terme de « dénialistes » pour qualifier les climatosceptiques car n’est-ce pas faire trop d’honneur à ces négationnistes refusant les conclusions issues de la science. Le fait de mettre en doute peut exprimer une attitude intellectuelle dénuée de tout a priori : l’on peut mettre en doute parce que l’on attend des arguments plus convaincants, parce que l’on attend une clarification des hypothèses proposées ou une contre-expertise. Loin d’exprimer une défiance systématique, le doute engage à un examen rigoureux et propre à produire un jugement en toute connaissance de cause. Parce que le sceptique prend très au sérieux les fondements de la connaissance, la quête des méthodes pour élaborer un raisonnement fiable, il ne se ridiculise pas dans le déni du réel. Le sceptique n’oppose pas de manière dogmatique et à coups d’intimidations une « vérité » ou un ensemble de « faits » alternatifs, il questionne, il s’interroge, il compare.

Là où le doute exprime la prudence dans l’exercice du jugement, le soupçon illustre la défiance envers une autorité ou une communauté scientifique. Ce soupçon, comme l’énoncent régulièrement les chercheurs, objets des attaques des climatosceptiques, vise à saper la crédibilité des travaux entrepris, à ramener au stade de l’opinion, de la croyance, ce qui est pourtant fondé sur des dizaines et des dizaines d’années de relevés, d’observations, d’hypothèses et de conclusions, tout cela à chaque fois dans le cadre de protocoles dûment vérifiés.

Nos climatosceptiques, à rebours d’une telle démarche, introduisent une autre histoire du climat, à coups d’arguments ficelés tel un puzzle flirtant bien souvent avec telle ou telle théorie complotiste : l’homme n’y est pour rien, la Terre se réchauffe régulièrement, les scientifiques sont enfermés dans des laboratoires, ils ne vivent pas dans le « réel »… Loin d’exprimer une quelconque exigence scientifique, ils parient sur l’ignorance de leurs auditeurs pour jeter le trouble, le soupçon et, dans les mailles de leurs filets fallacieux, introduisent un récit alternatif sans fondement.

Leur climatoscepticisme relève bien d’une entourloupe, et des termes comme « climatodénialistes »

ou bien « climatonégationnistes » siéraient nettement mieux à leur démarche. »

Le point de vue des écologistes insoupçonnables

Nous vivons malheureusement dans un monde où beaucoup de mots ont perdu de leur sens et où la réalité peut être niée sans aucune preuve. Les gens ne croient plus en la science, ne savent même plus ce que ce mot signifie, le confondant en effet bien souvent avec une opinion. Voici pour en savoir plus quelques articles climatocompatibles sur notre blog biosphere.

Serge Galam, négationnisme climatique (2008)

extraits : Le livre de « réflexions » sur le réchauffement climatique de Serge Galam est éreinté par Le Monde du 8 octobre 2008… Ce pseudo-spécialiste fait partie de ce qu’André Lebeau (in L’enfermement planétaire, 2008) appelle les négationnistes, ceux qui tendent à empêcher la prise en compte de la menace. Les négationnistes-climatiques ont en commun deux caractéristiques : ils n’appartiennent pas à la communauté des climatologues, ce sont des spécialistes d’autres disciplines, et ils s’expriment non dans la littérature scientifique, mais directement dans les mass media, quotidiens en mal de lecteurs ou chaînes de télévision en quête d’Audimat…

négationnisme climatique (2009)

extraits : Il y a des négationnistes partout, même parmi nos élites. Mais les négationnistes les plus dangereux pour l’avenir de nos enfants, ce sont les négationnistes du climat. Ainsi une brève du Monde (11 février 2009) parle de Sammy Wilson, ministre nord-irlandais de l’environnement, qui a interdit une publicité appelant à réduire la consommation d’énergie et donc l’émission de CO2 (…)

Dans la rubrique Vu&commenté du Monde du 20 mai 2008, le faux écolo Claude Allègre ne croyait pas lui aussi à un réchauffement climatique d’origine anthropique. Il parlait même d’une escroquerie scientifique menée par des centaines de spécialistes du climat dans le cadre du GIEC. Pourquoi donc Le Monde a-t-il donné tant de fois la parole à cet égocentrique cultivant une notoriété malfaisante grâce à ses jugements personnels à l’emporte-pièce ?…

CLIMAT : des négationnistes criminels

extraits : Bonjour l’armée du doute. Les négationnistes du climat se font encore entendre ! Les spécialistes du climat sont attaqués sur les réseaux sociaux par des comptes anonymes qui remettent en cause la réalité du réchauffement ou sa gravité. Un discours qui diffuse autant parmi les élites politiques et économiques que parmi le peuple.

Un membre du GIEC : « Parfois je rêve que la bêtise soit un facteur aggravant du risque de décès prématuré lié au réchauffement… » (texte d’un dessin)…

climatocrétinisme, la triste loi de Brandolini

extraits : Le discours climatosceptique des années 1980 tendait à nier la réalité du dérèglement climatique ; aujourd’hui, face à l’indéniable, il cherche plutôt à contester son origine anthropique, autrement dit liée à l’activité humaine. Il ne s’agit plus d’experts en marge mais de citoyens imprégnés de défiance, complotistes, antivax et poutinolâtres. La raison pour laquelle il y a encore autant de climato-sceptiques, c’est qu’en matière de changement climatique, il faut dix secondes pour sortir une ânerie, et dix minutes pour expliquer pourquoi c’est une ânerie. Être libre (la « liberté de la presse »), ce n’est pas – en tous cas pas dans mon esprit – avoir le droit de raconter n’importe quoi au motif qu’il n’y a pas de sanction pécuniaire ou légale à court terme. Cela, ce n’est pas être libre, c’est être, au choix, paresseux, cynique, ou immoral.

Soyons clairs : nous ne perdrions pas une seconde à contribuer à un débat portant sur le fait de savoir si la Terre tourne autour du Soleil ou l’inverse. Car à force de se construire des mensonges, les humains s’empêchent de réagir et demain il sera trop tard…

Eric Zemmour, surpopulation et climat

Nous avons reçu l’analyse ci-dessous de la La Radio-télévision belge de la Communauté française (rtbf). Nous sommes en désaccord total avec cette accusation de racisme qui tend à dévaloriser tous ceux qui montrent qu’une autolimitation de la natalité est absolument nécessaire, y compris en Afrique. Ce blog biosphere, l’association Démographie Responsable et toutes les personnes qui pensent que la surpopulation pose problème n’ont aucun lien de parenté avec Eric Zemmour.

« Le problème du climat, c’est la démographie et l’explosion de la natalité » :

pourquoi cet argument (raciste) est faux ?

Jean-François Viot : Une réflexion souvent partagée à propos du réchauffement climatique indique que nous, les êtres humains, serions tout simplement trop nombreux sur la Terre. Le problème essentiel serait la démographie et il faudrait moins réduire nos émissions de gaz à effet de serre que le nombre d’habitants sur notre planète. Dans ce tweet de juin 2021, le polémiste Eric Zemmour, candidat d’extrême-droite à la présidentielle française de 2022, recycle ce cliché. Il affirme que le problème du climat, c’est la démographie.

Le problème du climat, c’est la démographie et l’explosion de la natalité en Afrique et en Asie. Il faut arrêter de parler des conséquences et pas de la cause.

#Facealinfo pic.twitter.com/17X1ysXF0P

Eric Zemmour (@ZemmourEric) June 24, 2021

Et, jamais bien loin de la racialisation de son discours, il dénonce ce qu’il croit être l’origine du problème : l’explosion de la natalité en Afrique et en Asie.

Une part de vérité, oui mais…

Comme tous les arguments climatosceptiques, cette déclaration contient une part de vérité. Car il n’échappe à personne que l’humanité a grandi de manière très rapide au cours des cent dernières années. De 2 milliards d’individus en 1930, nous sommes passés à 4 milliards en 1970. Nous sommes aujourd’hui plus de 8 milliards sur Terre et il n’a fallu que 12 ans pour ajouter le dernier milliard. Plus de monde sur la planète, c’est plus de besoins, plus d’achats de produits, donc plus d’énergie consommée, donc plus de CO2 émis dans l’atmosphère, parce que l’énergie est une des matières premières de notre vie : nous ne pouvons rien faire sans elle.

Une démographie en hausse implique donc aussi un renforcement du réchauffement climatique.

Une question de mode de consommation

Toutefois, le réchauffement climatique n’est pas dû principalement à la croissance de la population mondiale mais à l’évolution de nos modes de consommation. Entre 1900 à 2000, la population mondiale, a augmenté d’un facteur 4. Mais les émissions de dioxyde de carbone (CO2) ont, elles, augmenté d’un facteur 15. Nous voyons donc très clairement que l’augmentation de la population n’est pas le SEUL critère qui explique l’augmentation de nos émissions de dioxyde de carbone.

Et pour une raison simple : nos émissions de CO2 ne dépendent pas que de notre nombre mais aussi de nos revenus, de notre patrimoine notamment immobilier, de nos régimes alimentaires, en somme de tout ce qu’on appelle notre mode de vie.

Dans le graphe suivant, nous avons juxtaposé la production de CO2 par habitant pour différentes nationalités à travers le monde. Chaque Camerounais émet chaque année environ 0,04 tonne de CO2 par habitant. C’est cinq fois moins qu’un Indien (environ 2t), deux cent fois moins qu’un Belge (environ 8t), trois cent cinquante fois moins qu’un Américain (environ 15t) et 800 fois moins qu’un Qatari (environ 37t). Ces chiffres émanent de la Banque Mondiale. Le Français Eric Zemmour (7 t de CO2 par an, à considérer qu’il se comporte comme le Français moyen) participe donc environ 2 fois plus au réchauffement climatique qu’un Asiatique et 10 fois plus qu’un Africain, même si ceux-ci sont plus nombreux.

Et nous ne devons pas perdre une autre chose de vue : si des pays comme la Chine sont objectivement de gros émetteurs absolus de CO2, c’est aussi parce qu’une partie très conséquente des produits manufacturés que nous consommons est produite en Chine. Nous avons simplement déplacé une pollution qui aurait eu lieu chez nous si nous y avions conservé nos industries manufacturières.

Se dédouaner pour mieux responsabiliser l’autre

L’argumentation qui consiste à prétendre que la responsabilité du réchauffement revient à la démographie galopante racialise la pollution atmosphérique. Cette technique rhétorique vise à dégager sur d’autres (ici des pays étrangers) la responsabilité du réchauffement. Il s’agit d’un argument très pratique parce qu’il permet au politicien qui s’en sert de ne pas devoir présenter à sa propre population des décisions politiques nécessairement culpabilisantes. En effet, réduire nos émissions de gaz à effet de serre, c’est réduire notre consommation d’énergie, donc notre confort (moins de biens de consommation, une alimentation différente, moins de déplacements…).

Ce type d’argumentation est donc chère aux partis d’extrême-droite nationalistes qui veulent se dédouaner de devoir imposer des mesures à leur propre électorat et rejettent la responsabilité sur l’étranger.

Dans une remarquable animation, la NASA a représenté les émissions de CO2 au cours de l’année 2021 sous la forme d’une fumée visible. On le constate, ce sont bien l’Europe et le Moyen-Orient qui émettent le plus de CO2 de notre côté du globe. Nullement l’Afrique.

Quelques indications sur notre blog biosphere

qui montrent la complexité de la relation pauvreté / climat

Démographie et climat, un entretien avec Yves Cochet (2015)

extraits 

question : Si tu devais indiquer en une phrase ton sentiment sur la question démographique, que dirais-tu ?

YC : L’évolution à la baisse de la population est un des moteurs de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il n’est pas tenable que les Américains produisent en moyenne 16 tonnes de CO2 par an, les Chinois et les Européens 8 tonnes alors que les Africains sont à moins d’une tonne. Pour instaurer la justice sociale, il faut non seulement harmoniser le montant des émissions mais aussi diminuer le poids démographique car la population est un multiplicateur incontournable du niveau des émissions.

rôle de la démographie dans le réchauffement climatique (2015)

extraits : D’après le canadien William Rees, coauteur du concept d’empreinte écologique, non seulement l’immigration nuit à l’environnement du pays d’arrivée, mais l’argent que les immigrants envoient à leur famille restée au pays entraîne aussi une hausse de la consommation qui « aggrave la pollution et l’épuisement net des ressources », en plus de « court-circuiter toute rétroaction négative qui aurait pu mener autrement à l’instauration de politiques nationales visant à modérer la croissance démographique et la détérioration écologique »…

Lien de plus en plus étroit entre démographie et climat

extraits : La démographie reste un facteur très important dans l’évolution de la crise climatique. Car s’ils n’avaient de si grandes populations qu’ils veulent légitimement sortir de la pauvreté, les gouvernements chinois et indien ne construiraient pas autant de centrales à charbon chaque année… Il existe une autre raison pour laquelle l’histoire de l’évolution humaine et le nombre total d’êtres humains aujourd’hui sont importants alors que la planète se réchauffe. Une des stratégies de la survie des espèces menacées par le réchauffement climatique consistera à migrer vers des zones plus propices à leur existence. Mais nous sommes maintenant si nombreux, occupant tant d’espace sur la planète que nous nous trouvons sur leur chemin…

Ministère du futur, bientôt une réalité ?

Une science-fiction utile est celle qui nous prépare à affronter l’avenir. Ministère du futur ? Deux romans sur la question nous semblent précéder une mise en pratique, si ce n’est prochaine, elle sera inéluctable… si tout se passe bien.

Emmanuel Macron avait même annoncer en juillet 2017 la création d’une « Chambre du futur ». Beaucoup d’idées cet homme, mais pas beaucoup de suivi.

Kim Stanley Robinson : Uttar Pradesh, Inde. Le seul fait en 2025 de parler devenait dangereux. Que dire, de toute façon ? Il faisait même trop chaud pour penser. Le bruit des climatiseurs cessa d’un coup. Provoquant d’autres cris d’horreur. Plus de connexion sur le téléphone. Plus d’électricité. Baisse de tension ou coupure totale ? Les générateurs prirent le relais, engins braillards et carburant illégal, passant outre la loi qui imposait des restrictions. L’air, déjà pollué, ne tarderait pas à s’emplir de vapeurs d’échappement. Autant se mettre le pot d’un vieux bus sous le nez…. La canicule a finalement tué 20 millions de personnes ! Ce décor, c’est un avenir qui nous fonce dessus… Un mouvement clandestin se crée pour amplifier les actions d’écosabotage  dans le monde entier…

Installée en Suisse pour prendre en charge les générations à venir, l’agence onusienne surnommée le « Ministère du Futur », qui n’était qu’une structure fantoche, devient soudain le moteur d’un changement de paradigme écologique, sociopolitique et économique. Il nous restait une infime chance de surmonter les défis extraordinaires auxquels nous devons faire face , il fallait la saisir. (Kim Stanley Robinson, Le Ministère du Futur, date de 1ère publication, octobre 2020)

Gilles Boyer : en 2045, la terre connaît des catastrophes de grande ampleur, écologiques, économiques et sociales. Leur concomitance conduisent les dirigeants des grandes puissances à agir… Dans le roman de Gilles Boyern  «Un monde pour Stella » (2015), il y a création d’une Organisation mondiale qui a vocation à réguler tout phénomène économique, social ou environnemental qui, « de par ses causes ou ses conséquences, dépasse le cadre des frontières étatiques et ne peut qu’être abordé au niveau mondial dans l’intérêt général de l’Humanité ». Les premières prises de décision sont radicales, limitation stricte des naissances à une par femme dans le monde entier, taxation mondiale sur les gaz à effet de serre, interdiction de l’abattage des arbres sauf dans les zones strictement délimitées, couvre-feu mondial à 22h30 pour économiser l’énergie dans les zones non équipées en énergies renouvelables.

Gilles Boyer précisait : « Ces mesures peuvent sembler autoritaires et brutales. Elles nous sont imposées par notre laisser-aller collectif depuis des décennies. Toutes ont en commun la recherche de l’intérêt général du genre humain. Leur application sera assurée par une force de police, reconnaissables par leurs casques verts, et qui auront tout pouvoir pour signaler et réprimer les manquements constatés. La Déclaration universelle des droits de l’Homme sera refondée pour y inclure des devoirs… »

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Quelle démocratie pour une société écologisée ?

extraits : Chambre du futur : cette réforme institutionnelle était annoncée le 5 juillet 2017 par Macron : le Conseil économique, social et environnemental (CESE) deviendrait une « Chambre du futur ». C’est la Fondation pour la nature et l’homme (FNH), ex-Fondation Nicolas Hulot, qui proposait antérieurement cette instance améliorée. Ce CESE nouvelle formule devrait être une véritable assemblée du long terme ayant le pouvoir d’imposer, dans la fabrication de la loi, la prise en compte des évolutions climatiques et écologiques. Pour la FNH, cette assemblée aurait même un pouvoir d’initiative spéciale sur les grands projets liés aux questions de long terme et un « droit de veto suspensif » vis-à-vis de projets de loi adoptés mais pas encore promulgués. Ce droit de veto contraindrait le Parlement à revoir sa copie. Dans le projet de la FNH, la Chambre du Futur serait composée de « deux collèges tirés au sort: un collège de scientifiques et de personnes reconnues pour leurs compétences environnementales et un collège de citoyens ». Aux côtés de cette « assemblée du long terme », des scientifiques assureraient une « veille scientifique ». EELV devrait avoir là un motif de satisfaction puisque ce serait la reprise de la proposition 56 du programme de Yannick Jadot pour la présidentielle 2017 : « Faire évoluer le mandat et la composition du Conseil économique, social et environnemental pour en faire une troisième chambre, aux côtés de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui aurait un droit de veto suspensif sur toute mesure législative qui mettrait en cause le long terme. »…

Le CESE, une Chambre du futur ?

extraits : A quoi sert le CESE (Conseil économique, social et environnemental), 233 membres ? Pas à grand chose pour l’instant. L’institution est chargée de conseiller les pouvoirs exécutif et législatif mais son avis n’est que consultatif. Le CESE doit devenir la Chambre du futur, où circuleront toutes les forces vives de la nation. Ce CESE nouvelle formule pourrait être une véritable assemblée du long terme ayant le pouvoir d’imposer, dans la fabrication de la loi, la prise en compte des évolutions climatiques et écologiques. Pour la Fondation pour la nature et l’homme (FNH), cette assemblée devrait même avoir un pouvoir d’initiative spéciale sur les grands projets liés aux questions de long terme et un « droit de veto suspensif » vis-à-vis de projets de loi adoptés mais pas encore promulgués. Ce droit de veto contraindrait le Parlement à revoir sa copie. Dans le projet de la FNH, la Chambre du Futur serait composée de « deux collèges tirés au sort: un collège de scientifiques et de personnes reconnues pour leurs compétences environnementales et un collège de citoyens »….

Le sénat ne veut pas des immigrés

Cette liste est longue et non exhaustive : instauration de quotas migratoires annuels ; fin de l’automaticité de la naturalisation par le droit du sol ; durcissement du regroupement familial et de l’accès aux titres de séjour ; suppression de l’aide médicale d’Etat (AME) au profit d’une aide médicale d’urgence (AMU) ; restriction de certaines prestations sociales aux étrangers présents en France depuis cinq ans ; rétablissement du délit de séjour irrégulier.

Lors de l’examen du projet de loi immigration, le Sénat a fait adopter plusieurs propositions radicales. Devenu président du parti LR, Eric Ciotti n’a rien renié de ses années « droite populaire » : « Les Français doivent pouvoir choisir qui ils accueillent, qui ils ne souhaitent pas accueillir ». La droite a épousé les chevaux de bataille de l’extrême droite. (LE MONDE)

Le point de vue des migraphobes

untel : « comment la droite a épousé les chevaux de bataille de l’extrême droite » ? Réponse : elle a regardé ce que demande le peuple et elle décidé ne sortir de l’autisme de la classe politique. C’est mal ?

Astartes : Ces mesures semblent presque toutes frappées de bon sens. C’est même plutôt le minimum syndical qu’on demande des politiques pour la défense des intérêts des français.

Palo Alto : Cela ne vient jamais à l’idée d’un journaliste politique de se demander si les mesures envisagées sont efficaces/justes/adaptées ou non, mais seulement si ce sont des mesure de « droite » ou « extrême droite ». Le lecteur ne mérite-t-il pas mieux ?

Il Moro : « En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leurs familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut stopper l’immigration officielle et clandestine » Georges Marchais, le 6 janvier 1981 (Source : Le Monde). On aurait donc pu aussi titrer : « Comment la droite a épousé les chevaux de bataille de l’extrême gauche »

Christophe24 : Ce n’est pas un socialiste qui disait qu’on ne peut pas accueillir la misère du monde ? Mayotte montre qu’on ne peut plus continuer comme on le fait actuellement.

Tibetan : Ils sont venus, ils sont tous là, poussant des cris d’orfraie, les professionnels de l’immigration open-bar. Malheureusement pour eux, depuis les émeutes de Juillet et les déferlements d’antisémitisme actuels, tout le monde a compris.

Le point de vue des open bar

Bates : Quand on voit que les deux tiers des réactions des lecteurs du Monde (journal de référence de la Gauche démocrate) sont plutôt très favorables à cette loi (contre l’immigration), on se dit que le train fantôme de la Démocratie a vraiment pris sa vitesse de croisière : tout le monde a envie de monter à bord.

Lacannerie : Ou comment le sénat s’est vautré dans l’indignité. Le LR est en pleine déliquescence morale. Une honte pour la république.

Effeil : vivement un référendum pour supprimer le sénat, chambre qui fait honte à la France

Médiéviste : Nous savons que Darmanin= RN, mais qu’un « catho » déclaré comme certains sénateurs puissent rejeter les pauvres et les délaissés laisse pantois. Ils oublient Jésus et ses déclarations dans les évangiles pour de mesquines considérations comptables. Les riches peuvent dormir tranquilles les impôts pour eux ont diminués et pour le reste, dont le pourcentage dans notre société augmente, ils n’ont plus qu’a traverser la rue, sauf les immigrés. Elle est devenue belle notre devise nationale: liberté, égalité et fraternité sacrifiée au nom du libéralisme dont nous voyons aujourd’hui les méfaits.

CL2P : L’ensauvagement d’une république gangrenée par la xénophobie et le racisme d’Etat… Alors une fois qu’ils auront pu exaucer tous leurs vieux fantasmes réactionnaires en privant les immigrés de tous les droits sociaux: plus d’Aide Médicale d’Etat (AME), plus d’allocations sociales, plus de regroupement familial, plus de logement social, et j’en passe….Comment imaginent-ils donc que ceux qui nettoient leurs villes, vident leurs ordures, assistent leurs enfants et leurs vieillards, soignent leurs malades, préparent leurs repas, etc.. voudront absolument rester ou venir en France sans familles, sans soins, sans logements alors même que tant d’autres destinations leur tendent littéralement les bras et recherchent leur savoir-faire??

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Immigration, démagogie ou rationalité ?

extraits : Les limites planétaires se répercutent sur les limites de chaque territoire. Les migrations sur une planète close et saturée d’humains deviennent une liberté sans fondement. Mais l’examen du projet de loi sur l’immigration, qui a commencé au Sénat le 6 novembre, est pollué par une partie de poker menteur où se mêlent les ambitions de Gérald Darmanin, l’alarmante poursuite du RN engagée par LR et l’incapacité de la gauche de tenir un cap, au risque de privilégier la démagogie plutôt que la rationalité. (…)

Démobilité, je crie ton nom. Le problème de l’immigration n’est qu’une infime fraction de l’impasse dans laquelle nous a mené le mythe de la mobilité comme droit absolu.  En 1968, 2 % seulement de l’humanité franchissait une frontière, soit 60 millions de personnes. Aujourd’hui 20 %, soit un milliard et demi. Pourtant aux temps d’Adam Smith et Ricardo, au début du XIXe siècle, ce n’était pas les humains qui se déplaçaient d’un pays à l’autre, uniquement les marchandises… On y reviendra, les frontières se ferment, inexorablement…

Eurasp à Paris le 25 novembre

samedi 25 novembre 2023 de 14H à 19h aura lieu la « Journée Européenne de l’Écologie et de la Démographie  » au FIAP Jean Monnet Paris XIV.

 Le programme

Marc Gillet, climatologue, présentera les liens entre réchauffement climatique et effectifs de la population mondiale

Antoine Bueno, essayiste, auteur de « Permis de procréer« , aura une approche plus généraliste et politique

Michel Garenne, démographe, spécialiste de l’Afrique, traitera de l’évolution actuelle et prévisionnelle de nos effectifs

Antoine Waechter, président du Mouvement Écologiste Indépendant, auteur du « Défi du Nombre », présentera une approche de l’écologie politique sur la démographie.

Chaque intervention durera environ 20 minutes et sera suivie d’un débat avec le public.

Après une pause avec boissons, deux tables rondes seront dédiées à la présentation de plusieurs ouvrages sur le sujet, en particulier le livre collectif de Michel SourrouilleSurpopulation… Mythe ou réalité ?

La Journée sera animée par Didier Barthès, porte-parole de l’association Démographie Responsable.

Parlez-en autour de vous et sur les réseaux sociaux….

En savoir plus sur l’EURASP

l’European alliance for a Sustainable Population  dont voici les associations membres :

Prosupop (Prosperity through Sustainable Population – deutsch, Allemagne), MinderMensen (Belgique), Démographie Responsable (France), Bocs (Hongrie), OverBevolking (Pays-Bas), ecopop ( Suisse)

Quelques éléments de réflexion sur ce site européen, pour l’instant en anglais (mais des versions française et allemande seront  prochainement disponibles)

 https://eurasp.org/

Our mission is to scientifically raise awareness

about the impact of human population,

its size and density on our most precious livelihood,

planet Earth

Sustainable Population

Human population growth and over-consumption are at the root of our most pressing environmental problems, including the wildlife extinction crisis, habitat loss, pollution and climate change. As humans, we have an impact on the health of our planet. What is a sustainable population?

A sustainable population is a population that can be maintained at that number of people indefinitely without detrimental effects on the environment or the quality of life of the members of that population and their future generations. Important factors are population growth, overconsumption en human pressure on the environment. But of course, it’s not just about people. Animals and other living beings also have the right to a good and healthy existence. Some eight million plants and animal species live on Earth. A 2019 United Nations report found that of those eight million, one million species will become extinct within a few decades – unless we take action now. For ecosystems, it takes millions of years to recover, which is why action is crucial. Scientists are making it clear to us that planetary limits have long been exceeded and that it is necessary to adjust both our consumption patterns and the number of people on Earth.

Impact = Population x Affluence x Technology

I = PxAxT is the mathematical notation of a formula put forward to describe the impact of human activity on the environment.

In order to prevent the impact from increasing due to the growth of the population and the increase in consumption (Population X Affluence), humans must balance the carrying capacity of the Earth in order to be able to continue to carry a certain number of people and their activities. Technological developments could ensure that more people can live on earth, but at the same time further deplete the natural resources so that fewer people can live on earth in the longer term.

We must work with the three factors in order to achieve a safe and just humanity. Incorporating the population factor in any policy or strategy would mean faster results and a more sustainable and just world.

Que faire ? Agir avec l’association Démographie Responsable

https://www.demographie-responsable.org/

 

Les nationalismes contre l’urgence écologique

Alors que « bipolaire » était signe de maladie, « multipolaire » en vint à être vu comme symbole de remède. Ainsi, en septembre 2020, 111 chefs d’Etat se prononcèrent à l’ONU en faveur du multilatéralisme, reconnu comme « une nécessité pour un monde plus égalitaire, plus résilient et plus durable ». Or, si le monde bipolaire suivait encore le schéma déterministe du balancier, le monde multipolaire est un attracteur étrange dont on ne peut prédire la trajectoire, si ce n’est qu’il nous conduit hors équilibre.

Jean-Yves Heurtebise : La multipolarité est à la fois poison et remède. Si tout le monde a également le droit à la parole, quelle parole peut encore faire droit ? Comment dire « le droit », au singulier, de l’universel quand toute parole a été genrée, territorialisée, multipolarisée ? Dès que la loi est dépourvue de force, la force s’empresse de faire la loi. Sans police ni armée pour défendre les institutions internationales, leur voix s’étiole et se perd. Les injustices d’hier ne semblent trouver d’expiations que dans les exactions d’aujourd’hui, qui nourrissent les revanches de demain.

Le point de vue des écologistes trans-partisans

Autrefois des groupes diversifiés se rassemblaient autour d’un lieu et d’une culture spécifique. Après des phases, non encore achevées, de luttes de cultures, ethnies, églises, langues, etc… C’est l’idée de nation qui en est ressortie et a unifié des espaces différents. La nation est devenue, au moins depuis le XIXe siècle, le nouveau paradigme. Elle a permis une unité plus large géographiquement, mais l’expérience montre, deux guerres mondiales à l’appui, son échec. Aujourd’hui encore l’impérialisme russe en Ukraine ou la conquête juive de la Palestine prouve que la nation était une catégorie nécessairement anti-universaliste. L’affrontement des nationalités a même fait la preuve de son inefficacité planétaire, par exemple dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’internationale des nationalismes, ça ne marche jamais. Depuis la Société des nations (1919-1946) et son remplacement par l’Organisation des nations unies, des bribes de tentatives essayent cependant l’unité. Sans succès probant jusqu’à présent, mais du moins cette institutionnalisation prépare l’émergence d’un trans-nationalisme.

On peut espérer que l’unité politique face à l’urgence écologique sera reconnue au XXIe siècle comme fondamentale pour l’ensemble de l’humanité, et qu’il nous faut mener une transition commune car supranationale. Pourtant même la lutte contre le réchauffement climatique s’accompagne encore de dissensions internes. Il y avait les climato-sceptiques, il y a maintenant les climato-militants pro-palestiniens et russo-israéliens ! La militante écologiste suédoise Greta Thunberg, arborant un keffieh palestinien, venait d’appeler à « un cessez-le-feu » à Gaza quand un homme a tenté de lui arracher le micro. « Je suis venu pour une manifestation sur le climat, pas pour un point de vue politique », s’insurge-t-il, tandis que Greta Thunberg et des militants se mettent à scander : « Pas de justice climatique sur une terre occupée ! » La fracture était apparue au grand jour le 20 octobre, après un message publié par l’activiste suédoise sur les réseaux sociaux, où elle compte 5 millions de followers sur X et plus de 14 millions sur Instagram. Appelant à faire grève pour le climat « en solidarité avec la Palestine », Greta Thunberg pose avec trois jeunes femmes au milieu de pancartes proclamant « Free Palestine » et « Stand with Gaza ». L’ancien porte-parole de l’armée israélienne Arye Sharuz Shalicar s’emporte : « Quiconque s’identifie à Greta de quelque manière que ce soit à l’avenir est, à mon avis, un partisan du terrorisme. » Le ministère israélien de l’éducation annonce qu’il va supprimer toute référence à la jeune femme dans les manuels scolaires. En Autriche et en Allemagne, les Fridays for Future ont acté leur rupture avec Greta Thunberg : « Nous sommes clairement contre toute forme d’antisémitisme. Là-dessus, nous ne faisons aucun compromis. Nous nous engageons à protéger la vie des juifs, ici comme partout. »

On aurait pu penser que la planète, devenue si petite avec les moyens de communication d’aujourd’hui, deviendrait comme un village global. Tous les acteurs socio-politiques et économiques jouent maintenant sur la place centrale du bourg. Mais, trop engoncés dans notre époque et allergiques aux leçons du passé, nous ne voyons pas encore les cycles très longs de l’histoire humaine. Pas encore…

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le nationalisme à Copenhague (2009)

extraits: Les quelque 120 chefs d’Etat et de gouvernement ne sont pas au Danemark pour résoudre les problèmes de la planète, ils ont été élus pour  représenter d’abord les intérêts de leur nation particulière. On va donc promettre un peu d’argent, mais surtout ne pas baisser ses propres émissions des gaz à effet de serre car «  maintenir le niveau de vie de nos nationaux est primordial. ».

Il ne devrait plus jamais y avoir de débat sur les identités nationales, il devrait y avoir une prise de conscience planétaire que nous appartenons tous à la même biosphère, que c’est la Terre qui est notre patrie, que nous dépendons du substrat qui nous fait vivre…

Crime de guerre, la guerre est un crime

Depuis l’Antiquité jusqu’au début de l’époque moderne, la pensée sur le droit de la guerre fut centrée sur le jus ad bellum, le « droit à la guerre », c’est-à-dire la légitimité ou non du recours à la force, comme en témoignent les réflexions de saint Augustin (354-430), puis de saint Thomas (1225-1274) sur la guerre juste. Le jus in bello, le « droit dans la guerre », c’est-à-dire la manière dont la guerre est menée et la façon de traiter les combattants, n’a commencé à s’affirmer qu’au milieu du XIXe siècle, avec le début des carnages de la guerre de masse. Nous pourrions penser et réaliser une troisième période, celle de l’interdiction de toute guerre, et par là-même en finir complètement avec les crimes de guerre.

Composé de deux branches – celle de Genève et celle de La Haye –, le droit international humanitaire, ou droit des conflits armés, vise, à défaut de vouloir et de pouvoir interdire la guerre, à l’encadrer. Le droit de Genève, avec la première convention de 1864 sur les soins aux blessés et l’immunité des secours, est centré, avant tout, sur la protection des civils et la façon dont les victimes doivent être traitées par l’adversaire. Les conventions de La Haye de 1899 et de 1907 visent, elles, à déterminer des règles claires limitant le droit de tuer au combat. La liste des crimes de guerre, tels qu’ils sont aujourd’hui précisés dans les diverses conventions internationales, est longue. Elle va de l’homicide intentionnel à la torture ou au traitement inhumain en passant par la prise d’otages, les détentions illégales, le bombardement de villes, de villages ou d’habitations qui ne sont pas des objectifs militaires, ou le blocage des aides humanitaires.

Tenter de définir un cadre légal à la guerre dans l’optique noble d’en limiter les effets les plus atroces produit un effet pervers, celui de légaliser « le reste » de la guerre. Cela revient à essentialiser la guerre.

Le point de vue des écologistes pacifistes

La notion même de droit à la guerre est un oxymore. La guerre, par définition, c’est l’absence de justice, la seule loi qu’on voudrait mettre en place, c’est celle du plus fort, depuis toujours en encore aujourd’hui, Poutine/Ukraine, Israël/Palestine, etc… Si les belligérants pouvaient s’entendre au préalable par la diplomatie, alors il n’y aurait pas de guerre… La seule posture raisonnable et humaniste serait de déclarer l’illégalité de la guerre, dans son ensemble, comme la violence physique l’est déjà en droit pénal pour les individus.

Le mouvement écologiste est explicitement partisan de la non-violence. Ainsi dans la Charte des Verts mondiaux (Canberra, 2001) :

« Nous déclarons notre engagement en faveur la non-violence et nous nous efforçons de créer une culture de paix et de coopération entre les États, au sein des sociétés et entre les individus pour en faire le fondement de la sécurité mondiale. Nous pensons que la sécurité ne doit pas reposer principalement sur la force militaire mais sur la coopération, sur un développement économique et social sain, sur la sécurité environnementale et le respect des droits de l’Homme.

On pourrait constitutionnaliser un renoncement à la guerre comme l’a fait le Japon au sortir de la Seconde Guerre mondiale (article 9 de la Constitution adoptée en novembre 1946) :

Aspirant sincèrement à une paix internationale fondée sur la justice et l’ordre, le peuple japonais renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l’usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux. Pour atteindre le but fixé au paragraphe précédent, il ne sera jamais maintenu de forces terrestres, navales et aériennes, ou autre potentiel de guerre. Le droit de belligérance de l’État ne sera pas reconnu. (Article 9 de la Constitution japonaise votée en novembre 1946.)

La France en renonçant à la guerre transforme tous ses habitants en objecteurs de conscience, opposés à un usage collectif des armes. Internationalement, elle pourrait mettre ses forces armées à disposition de l’ONU, elle pourrait ainsi avoir un impact planétaire immense.

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Le pape François pour une guerre « juste », hérésie !

extraits : L’Eglise catholique a depuis plusieurs siècles développé une doctrine sur les guerres justes et les guerres injustes : massacrer pour la « bonne cause » a été l’une des maladies de toutes les époques. C’est oublier que la non-violence et le refus de toute guerre est un fondement de la chrétienté. Le Nouveau Testament présente Jésus comme un adversaire de toute violence : « Si quelqu’un te donne un soufflet sur la joue droite, tends la gauche » (Mt 5/28) ; « Vous avez appris tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi, je vous dis, aimez vos ennemis » (Mt 5/38-48) ; « Rengaine le glaive car tous ceux qui prennent le glaive périront par le glaive » (Mt 26/51-52) ; « Un garde gifla Jésus  : « Si j’ai mal parlé montre où est le mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » (Jn 18/22). Les chrétiens, aux trois premiers siècles de l’Eglise, ont en conséquence de leur foi refusé le service des armes. Par la suite, l’Eglise catholique s’est inféodée aux pouvoirs temporels…

LeMonde, une guerre « juste » en Libye ?

extraits : Pour la deuxième fois en quelques jours, Le Monde prend fait et cause pour la guerre de Sarkozy. Cette fois, ce n’est pas pour fouler aux pieds la neutralité de l’Allemagne, c’est pour se retrancher derrière la « doctrine d’intervention humanitaire » de 2005. Ah le droit d’ingérence ! Comme dit l’ex-diplomate Jean-Christophe Rufin**, où s’arrête la guerre « humanitaire » ? D’ailleurs, où commence ce droit qui ne peut être utilisé que par les puissants pour attaquer qui ils souhaitent ? Nous, sur ce blog, nous ne pouvons croire à la guerre « juste »…

Le coût écologique exorbitant des guerres

extraits : Tour à tour enjeu stratégique ou victime collatérale, l’environnement n’a jamais été épargné dans la longue histoire des peuples et de leurs affrontements. Des batailles menées par Darius contre les Scythes en – 513 av. J.-C. jusqu’aux puits de pétrole incendiés au Koweït par l’armée de Saddam Hussein en 1990, la stratégie de la terre brûlée s’est de tout temps révélée une arme redoutable. Dans cette histoire de feu et de sang, les conflits de masse du XXe siècle ont franchi un palier. Les guerres industrielles, capables d’anéantir les populations, dévastent aussi durablement les écosystèmes. Sans compter l’arsenal atomique qui fait peser une menace écologique sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Pourtant, face à ces tragédies, le prix écologique exorbitant des guerres, le « thanatocène », est longtemps resté un angle mort de la réflexion politique…

Suicide mode d’emploi, de 1982 à 2023

Sous le titre  » Suicide, mode d’emploi « , le quotidien  » Libération  » du 21 février 1979 publiait un répertoire des six manières les plus courantes de se donner la mort. Il ne s‘agissait que d’un exercice de style qui n’apprenait pas grand-chose sur le plan de la technique des suicides, suffisamment connue et décrite au cinéma et dans la littérature. Notre article un peu plus explicite « Suicide mode d’emploi, voici les nouvelles recettes », a été publié le 5 juillet 2013. Il arrive encore aujourd’hui (en 2023) en troisième position de consultation (sur les 28 derniers jours). Question brûlante donc, recherche individuelle constante. Interdire ou non la pensée du suicide, le débat n’est pas neuf. Peut-on écrire sur le suicide sans risquer des sanctions. Peut-on légiférer sur le suicide sans risque d’attenter aux libertés individuelles ?

Nous revenons sur ces débats à l’occasion de la mort d’Alain Moreau le 7 novembre 2023. Cet éditeur engagé avait publié « Suicide mode d’emploi » en 1982. Claude Guillon, écrivain libertaire, avait cosigné ce livre avec le journaliste Yves Le Bonniec. Le scandale avait éclaté, il contenait plusieurs pages sur les moyens de mettre fin à ses jours. Il s’en écoule aussitôt cent mille exemplaires. En juin 1983, le Sénat a voulu adopter un texte pour interdire ce livre. Mais la commission des lois de l’Assemblée nationale devait le rejeter par un vote en décembre 1984 au motif que sa portée trop extensive aurait englobé l’euthanasie et interdit toute allusion, même littéraire, au suicide. La commission des lois a donc restreint le champ d’application de la loi à le seule condamnation de la provocation au suicide. Le ministre de la justice, M. Albin Chalandon, a apprécié le texte de la commission des lois. « En punissant seulement la provocation suivie d’effet, le législateur montre qu’il entend laisser intacte la liberté de renoncer à la vie pourvu que cet acte résulte d’une volonté consciente. »

Le 31 décembre 1987, l’Assemblée nationale a voté un texte spécifique réprimant par des peines de deux à trois ans d’emprisonnement la « provocation au suicide » et « la propagande ou la publicité quel qu’en soit le mode, en faveur de produits, d’objets ou de méthodes préconisés comme moyen de se donner la mort ». L’éditeur et les deux écrivains ont été plusieurs fois poursuivis en justice. M Francis Teitgen l’a dit encore en février 1995 : « Je n’aime pas ce livre, mais je n’aime pas qu’on brûle les livres. » Défenseur d’Alain Moreau, d’Yves Le Bonniec et de Claude Guillon, l’avocat s’indignait d’une nouvelle poursuite.

En fait on ne saurait dénier à l’adulte le droit au suicide. Si ce n’est pas une liberté qu’on octroie, on peut quand même la pratiquer. Se suicidant à l’âge de 69 ans avec son épouse Laura – la plus jeune des filles de Karl Marx – le 26 novembre 1911, Paul Lafargue, le fondateur du Parti ouvrier français qui était aussi médecin, laissait une lettre où il écrivait : « Sain de corps et d’esprit, je me tue avant que l’impitoyable vieillesse qui m’enlève un à un les plaisirs et les joies de l’existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. » L’auteur du Droit à la paresse expliquait : « Depuis des années, je me suis promis de ne pas dépasser les soixante-dix années, j’ai fixé l’époque de l’année pour mon départ de la vie et j’ai préparé le mode d’exécution pour ma résolution, une injection hypodermique d’acide cyanhydrique. » Plus près de nous, l’écrivain Henry de Montherlant laissa ces mots, en 1972 : « Je deviens aveugle. Je me tue. » Il disait son regret de n’avoir pas écrit « un petit ouvrage uniquement de pratique, bon marché pour être largement répandu, dont le titre eût été, par exemple : Vite et Bien ou l’Art de ne pas se rater, en cinq leçons ».

Ce débat sur le suicide se complique aujourd’hui à l’occasion du projet de loi statuant sur la fin de vie. On parle couramment maintenant dans les médias de « suicide assisté » ou de droit à l’euthanasie. En 1982, tout en se démarquant du livre Suicide, mode d’emploi, l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) a diffusé auprès de ses adhérents un Guide de l’autodélivrance, mettant en pratique un « droit à la connaissance des méthodes, moyens, procédés, substances et produits susceptibles de faire cesser la vie, des effets et de la rapidité de ce processus et des difficultés qui lui sont liées ». En 2001 Mireille Jospin, la mère du 1er ministre sous Chirac, s’est suicidée à l’âge de 92 ans. Elle figurait parmi les membres du comité de parrainage de l’ADMD et menait un combat pour la dépénalisation de l’euthanasie. Aujourd’hui Macron, sur la fin de vie, hésite, hésite, hésite… à proposer une actualisation de la loi Leonetti.

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Suicide mode d’emploi, voici les nouvelles recettes

extraits : Le lieu idéal, c’est la Suisse. Il suffit d’envoyer un dossier médical à l’association suisse Dignitas, rencontrer un médecin par deux fois pour que ce dernier s’assure daela volonté de mourir (procédure de suicide assisté), boire une première potion qui prépare l’estomac à recevoir trente minutes plus tard le pentobarbital de sodium. Nous n’inventons rien, c’est écrit dans LE MONDE du 2 juillet 2013, « J’ai aidé ma mère à mourir ». Rappelons qu’en 1987, le parlement français avait voté un texte spécifique réprimant la « provocation au suicide » et « la propagande ou la publicité en faveur de produits, d’objets ou de méthodes préconisées comme moyen de se donner la mort ». Mais comme aucune loi ne peut empêcher de se donner la mort, pourquoi la société ne donnerait-elle pas à l’individu les moyens de sa liberté ? Où placer une dignité humaine indéfinissable ? Une maladie incurable ne peut-t-elle donner le droit au suicide assisté ? Quand le fait de se donner la mort paraît la seule issue possible, pourquoi ne pas l’accepter socialement… Enfin, si on se place du point de vue de la Biosphère, toute mort consentie n’est-elle pas une délivrance partielle sur une planète ravagée par le poids des humains ? …

Suicide assisté et Euthanasie volontaire

extraits : Ci-dessous un texte du 18/01/2023 que nous a envoyé Marie-Laure et Jacques pour parution (…) « Le suicide assisté et l’euthanasie volontaire ne sont pas une question médicale et le corps médical n’est concerné qu’à la marge, et non de façon centrale comme dans la loi actuelle ou comme dans les réflexions sur une éventuelle évolution telles qu’elles paraissent s’engager. C’est une pure question de liberté dont devrait disposer chacun d’entre nous, liberté moralement limitée par le précepte « ne pas nuire à autrui », délimitée par la loi et si possible garantie par la Constitution.

Nous demandons alors l’institution d’une aide légale à mourir (et non une aide dite ‘médicale’, ou dite ‘active’). Cette terminologie est plus globalisante et « rassurante », et fédère les expressions utilisables: suicide assisté, euthanasie demandée, mort délibérée (François Galichet), mort choisie, IVV (interruption volontaire de vie par analogie avec l’IVG)... »

Le suicide assisté, une pente glissante ?

extraits : La seule certitude de la vie sociale en démocratie, c’est le principe de la libre détermination de la personne une fois qu’on lui permet de choisir en toute connaissance de cause. Si dans un pays libre on permet le suicide assisté à des personnes ayant toute leur faculté de penser, c’est à la personne de décider pour sa propre mort sans qu’on puisse la rendre responsable du suicide des autres personnes. Theo Boer parle « d’incitation au désespoir ». Mais on peut aussi bien considérer la réalité psychologique inverse : si on sait qu’on peut choisir de mourir quand on veut, autant décider de continuer à vivre le plus longtemps possible. Une de ses phrases interpelle : « Dans une société où l’aide à mourir est accessible, les gens sont confrontés à l’un des choix les plus déshumanisants qui soient : est-ce que je veux continuer à vivre ou est-ce que je veux mettre fin à mes jours ? »

Et alors ? En quoi est-ce déshumanisant. C’est peut-être le contraire, une interrogation personnelle sur ce qu’est le sens de l’humain, le sens de la vie sur Terre. Au delà de sa propre personne, il faut s’interroger sur le sentiment d’être ou non encore utile à la collectivité humaine…

CLIMAT : Atténuation ou adaptation ?

Alors que l’atténuation se concentre sur les mesures à prendre en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’adaptation regroupe toutes les politiques nécessaires pour amortir les impacts et prévoir les coûts engendrés (construction d’une digue, réparation, santé publique, etc.) par le réchauffement. De toute façon, on ne fera rien qui soit à la hauteur des périls à venir.

Matthieu Goar : La puissance d’impact des catastrophes naturelles est renforcée par le changement climatique d’origine humaine. Les politiques mises en place « nous mettent sur la voie d’une température de 2,4 °C à 2,8 °C d’ici la fin du siècle ». Dans son nouveau rapport sur ce sujet, l’Adaptation Gap Report, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) souligne que les sommes nécessaires « pour l’adaptation sont dix à dix-huit fois plus importantes que les flux financiers publics internationaux actuels ».

Les besoins de financement, rien que pour préparer les sociétés des pays en développement, les plus touchés, sont compris dans une fourchette de 215 à 387 milliards de dollars (203 à 365 milliards d’euros) par an au cours de cette décennie. Face à ce constat, les sommes mises sur la table par les Etats apparaissent dérisoires, le montant des flux du Nord vers le Sud sur le dossier climatique n’était que de 21,3 milliards de dollars en 2021. Les dégâts dans les cinquante-cinq économies les plus vulnérables au climat ont dépassé à eux seuls 500 milliards de dollars au cours des deux dernières décennies.

Le point de vue des écologistes décroissancistes

Le PNUE ne s’intéresse qu’aux pays en voie de sous-développement, mais même les pays riches ne pourront pas s’adapter à 4 °C de hausse moyenne des températures… même si le gouvernement français dit s’y préparer ! L’adaptation devient un biais idéologique qui élimine toute idée d’atténuation par baisse drastique des émissions de gaz à effet de serre.

Il est vrai que l’immense majorité du peuple qui vit à l’occidentale est incapable de se désintoxiquer du modèle croissanciste qui nous a menés là où nous sommes. L’effondrement de ce modèle sera donc imposé par l’épuisement des ressources dont il se nourrit. Puisque le pédagogie de la catastrophe n’a pas fonctionné, c’est la catastrophe qui nous servira de punition. Car ce sera trop tard pour parler pédagogie. Vivement la carte carbone, le rationnement énergétique !

Le problème de fond repose sur notre capacité à se projeter dans le futur. Pourquoi payer maintenant quand on peut laisser ses enfants payer beaucoup plus cher un peu plus tard. C’est le raisonnement tenu non seulement par les milieux financiers, mais aussi par tout possesseur d’une voiture individuelle. Les individus sont caractérisés par leur capacité plus ou moins grande à se projeter dans le futur. Pour les économistes, la « préférence pour le présent », très répandue parmi la population occidentale, reflète une impatience à consommer cultivée par la publicité. Au niveau écologique, les gens ne se projettent pas dans un avenir où la planète brûle, ils s’accrochent d’autant plus au présent…. Les politiciens, même réunis dans une conférence internationale sur le climat, ne raisonnent pas beaucoup plus loin que les intérêts immédiats de leurs électeurs… car la prochaine élection arrive bientôt. Et les médias cultivent l’événementiel du faits divers, pas la compréhension du monde à venir.

Notre perception du temps est conditionné par un apprentissage… ou par un bourrage de crâne. L’éducation au long terme manque cruellement aujourd’hui !

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Des chefs d’État bien d’accord pour le déni

extraits : Le ridicule ne tue pas ! La déclaration de Joe Biden, Ursula von der Leyen, Lula, Emmanuel Macron et consorts n’est qu’une litanie de trois mots répétés en boucle, « transition… investissement… croissance-développement »…

+ 4°C, rupture civilisationnelle en vue

extraits : Jean Jouzel, paléoclimatologue : « Au départ de ma carrière, on mettait l’accent sur l’atténuation. A titre personnel, j’hésitais à parler d’adaptation car j’espérais que la baisse du CO2 serait plus efficaces. L’adaptation devient indispensable à mesure qu’on ne prend pas les mesures pour lutter contre le réchauffement. »…

responsabilité présente et générations futures

extraits : La base essentielle du travail de Dieter Birnbacher en 1988 est la suivante : comment fonder une éthique du futur autrement que sur de vaines déclarations d’intentions. Après avoir noté d’immenses problèmes de définition des générations futures et de son horizon temporel, trois obstacles apparaissent :

la préférence temporelle, qui amène à sous-estimer le profit futur ;
– la
préférence de l’ego qui entraîne le fait que le coût et le profit qui concernent d’autres personnes nous touchent moins que ceux qui nous concernent personnellement ;
– la
distance morale qui implique que notre intérêt aux individus décroît avec l’éloignement

+4°C en perspective, le commencement de la fin

extraits : L’adaptation nécessaire au changement climatique à venir fait l’objet d’un nouveau cap gouvernemental : se préparer à une hausse de 4 °C de la température. Autant dire que la messe est dite, ou mieux la terre est cuite !…

Immigration, démagogie ou rationalité ?

Les limites planétaires se répercutent sur les limites de chaque territoire. Les migrations sur une planète close et saturée d’humains deviennent une liberté sans fondement. L’examen du projet de loi sur l’immigration, qui a commencé au Sénat le 6 novembre, est pollué par une partie de poker menteur où se mêlent les ambitions de Gérald Darmanin, l’alarmante poursuite du RN engagée par LR et l’incapacité de la gauche de tenir un cap, au risque de privilégier la démagogie plutôt que la rationalité.

éditorial du MONDE : L’immigration, thème dont la complexité est facilement convertible en passions, s’est révélée comme un formidable levier électoral. Au volet répressif, des mesures destinées à faciliter les éloignements forcés ; côté libéral, un droit à la régularisation pour les sans-papiers employés dans des métiers « en tension »… Plutôt que d’un débat permanent sans vision, plutôt que d’une droite hystérisée et d’une gauche inaudible, le pays a besoin de clarté et de pédagogie.

Le point de vue de commentateurs sur lemonde.fr

Ganesha : Après un titre prometteur évoquant une « vision », l’article déçoit en évoquant juste « un plan global permettant l’intégration de travailleurs et l’expulsion des étrangers dangereux ». On pouvait s’attendre à une réflexion sur l’état du monde, sur les troubles nombreux qui déstabilisent tant de pays, et bien sûr sur le changement climatique générateur de migrations qui ne vont que s’intensifier dans les années à venir, et pour finir sur la façon pour les pays d’immigration (parce que plus riches…) de se préparer à une toute nouvelle donne en matière d’immigration. Une vision à moyen et long terme est le préalable à la définition des actions à court terme. Quant au périmètre d’application d’une telle réflexion, il est a minima européen. Mais ceci est une autre histoire…

Hector : Le dernier paragraphe de l’éditorial peut servir de modèle pour n’importe quel sujet, combinant vagues exhortations et généralités applicables à tous les domaines, « vision, clarté, pédagogie… »

Peps72 : Le journal qui nous bombarde de tribunes de sociologues no border, nous met en garde contre un « débat sans vision » sur l’immigration. Mais c’est quoi un « débat sans vision » sur l’immigration ? Donner les clefs de la maison France aux mecs de SOS Méditerranée, qui agissent aux larges des côtes libyennes comme supplétifs des passeurs et des trafiquants d’êtres humains ?

Rabino : Mon impression est que Le Monde ne traite pas le sujet ; pourquoi partout en Europe les opinions se rebiffent et appellent aux restrictions sévères de l’immigration ? Tous ces électeurs européens ont le sentiment qu’un cap a été franchi et qu’il faut prendre des mesures sévères pour contrer une immigration qui augmente trop.

Wework : Le recours au referendum désiré par Macron me semble très prématuré: il pourrait à la rigueur se concevoir si des orientations apparaissaient comme nécessaires mais ne rencontraient pas de majorité pour les voter.

Bandera : La pantalonnade des métiers en tension, pourquoi n’y met-on pas les gens au RSA ? Une formation d’éboueurs c’est pas très long à suivre.

Tofot : Quelle vision donne LE MONDE sur l’immigration ? Il n’a eu depuis ses trente dernières années qu’une politique éditoriale compassionnelle sans visibilité.

Le point de vue des écologistes pas migraphobes mais presque

Démobilité, je crie ton nom. Le problème de l’immigration n’est qu’une infime fraction de l’impasse dans laquelle nous a mené le mythe de la mobilité comme droit absolu.  En 1968, 2 % seulement de l’humanité franchissait une frontière, soit 60 millions de personnes. Aujourd’hui 20 %, soit un milliard et demi. Pourtant aux temps d’Adam Smith et Ricardo, au début du XIXe siècle, ce n’était pas les humains qui se déplaçaient d’un pays à l’autre, uniquement les marchandises… On y reviendra, les frontières se ferment, inexorablement.

Si un pays interdit tout départ de sa population, ce que fait la Chine communiste, alors il est obligé de parvenir à la maîtrise de sa démographie. Il apparaît ce que la sociologie appelle un « effet cocotte-minute » qui pousse les autorités à prendre des mesures conséquentes – à être responsable démographiquement -, d’où la politique de l’enfant unique. Sinon la cocotte saute un jour ou l’autre, le peuple est dans la rue. En revanche, dans le cadre de liberté de flux migratoires, une permissivité totale est laissée au taux de fécondité du pays puisque le surplus, l’excédent d’êtres humains ne trouvant pas de travail sur le pays de départ, partira pour en trouver dans les pays d’accueil. S’il y a accueil…

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Le modèle danois en matière de non-immigration

extraits : Le Danemark, petit pays nordique de 5,6 millions d’habitants, affiche une des politiques migratoires les plus restrictives d’Europe. Le ministre danois de l’immigration, Kaare Dybvad, un social-démocrate : « Tous les partis de centre droit ou de centre gauche devraient traiter le sujet de l’immigration pour être sûrs qu’on garde le contrôle ». Il a salué en l’Autriche « [son] partenaire le plus ancien dans cette bataille européenne pour changer le système européen d’asile, qui est dysfonctionnel »…

Réguler l’immigration, est-ce du racisme ?

extraits : L’objectivité en matière migratoire peut-elle exister ? Restreindre l’arrivée d’immigrants sur un territoire qu’on estime déjà surpeuplé, c’est la politique effective de l’Europe et de bien d’autres pays. Mais il n’y a pas à évoquer le racisme en la matière, seulement le nécessaire équilibre entre une population locale et son milieu de vie à protéger…