politique

Les dominants écrasent tout contre-pouvoir

Le point de vue de écologistes. Quelle démocratie en période d’urgence écologique ? La démocratie est le plus mauvais des systèmes… à l’exception de tous les autres. La démocratie est un lieu vide, sans références stables, puisqu’il s’agit de délibérer en groupe pour arriver à prendre une décision qui peut aller dans un sens ou en sens contraire selon les circonstances. Mais c’est beaucoup mieux que l’autre procédure décisionnelle qui repose sur des arguments d’autorité formulés par une religion ou un leader plus ou moins charismatique (pharaon, roi, dictateur, etc.). L’écologie apporte une nouvelle dimension en remplissant ce lieu vide des découvertes de l’écologie scientifique. Les écologues décrivent des réalités biophysiques et leur effondrement probable (pic de tout, réchauffement climatique, stress hydrique, chute de la biodiversité, etc.). Tout le monde, et les dirigeants les premiers, devraient savoir qu’il faudrait prendre des mesures drastiques pour éviter des confits sans nombre et innommables dans un avenir proche. Mais le vertige du pouvoir pour le pouvoir occulte l’urgence écologique : Trump, Bolsonaro, Erdogan, Narendra Modi ou Viktor Orban ont tous en commun d’être des anti-écolos affirmés. Alors que faire ? Assassiner ces dirigeants qui nous mènent au désastre comme on a voulu le faire plusieurs fois pour Hitler ? Ou attendre patiemment des mouvements de foule qu’ils délogent leur dictateur par la non-violence ? La parole à nos commentateurs…

Nous sommes entrés dans une période folle où des paranoïaques comme Trump, Bolsonaro, Erdogan, Narendra Modi ou Viktor Orban prennent le pouvoir d’État et font de leur pays un totalitarisme. Ils refusent tout contre-pouvoir alors qu’on sait depuis Montesquieu que le pouvoir incite à vouloir toujours plus de pouvoir, mécanisme qui ne peut être arrêté que par un autre pouvoir ; d’où par exemple la séparation des pouvoirs politiques (exécutif, législatif et judiciaire), l’exercice reconnu par la loi de la libre expression individuelle  et l’action collective grâce à des ONG (Organisations non gouvernementales). Illustration en Inde et en Hongrie de cette machine à concentrer le pouvoir aux mains d’un dirigeant imbu de lui-même :

En Inde, tweeter peut conduire en prison. Disha Ravi, 22 ans, est l’une des fondatrices de la branche indienne du mouvement Fridays for Future pour lutter contre l’inaction des gouvernants sur la question du changement climatique. Disha Ravi est accusée de complot criminel pour avoir partagé sur Twitter un document de Greta Thunberg, un kit standard d’actions pour donner de l’impact, notamment par l’utilisation des réseaux sociaux, la création de hashtag, le lancement de pétition, etc. Selon la police, cela aurait servi à préparer les manifestations d’agriculteurs dans la capitale : « Cette boîte à outils a été diffusée pour répandre la désinformation et nuire au gouvernement ». Le parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP), estime que cett « boîte à outils » est « une preuve des plans internationaux d’attaques contre l’Inde » ! Alors que les paysans indiens ne font que manifester contre la réforme agraire votée en septembre 2020 sous l’égide de leur propre gouvernement. Lire aussi « Modi veut vendre nos terres » : la révolte des paysans indiens.

En Hongrie, la loi « anti-ONG ». Cette loi adoptée en 2017 a pour but de décrédibiliser les organisations civiles bénéficiant de dons internationaux. Viktor Orban est en guerre contre la société civile hongroise, difficile de l’arrêter. Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, il avait déjà criminalisé l’aide apportée par les ONG aux migrants. Handicapée par l’absence de volonté politique des Etats membres, l’UE ne parvient pas à parer aux dérives autoritaires en Hongrie ou en Pologne, qui touchent divers aspects de la démocratie. Lire aussi En Hongrie et en Pologne, l’inexorable dégradation de la liberté de la presse

Nicolas Hulot face à ses contradicteurs

Nicolas Hulot le 6 février 2021: « Le projet de loi climat et résilience n’est pas à la hauteur des enjeux et de nos engagements : ni de l’objectif de réduire nos émissions de 40 % d’ici à 2030 par rapport à 1990, et encore moins du nouvel objectif européen de les abaisser d’au moins 55 %… Une transition, une métamorphose, ça s’organise et se planifie. Sinon, nous arrivons à une impasse. Au moment où on remet à l’ordre du jour le commissariat au plan, je me désole de ne pas avoir entendu une seule fois François Bayrou [haut-commissaire au plan depuis septembre 2020] parler de la transition écologique et sociale. Après, il y a la question des moyens, normatifs, réglementaires et législatifs. La contrainte n’est pas l’ennemie de la créativité, elle en est la condition… On a abandonné ce point crucial de la transition énergétique qu’est la réduction de notre consommation… A titre personnel, si quelqu’un sort de l’ombre (pour la présidentielle 2022) et me semble avoir la crédibilité, la probité, le sang-froid et l’énergie, je serai ravi !… Il y a eu un monde d’avant le confinement et il y aura un monde d’après, qui ne sera plus le même. Mais le sera-t-il d’une manière bénéfique ou toxique ? Honnêtement, je n’en sais rien. Mais on ne sortira pas de cette accumulation de crises par le haut avec des outils et des méthodes conventionnels. »

Il est surprenant que ces propos de Nicolas Hulot attirent sur le monde.fr autant de commentaires agressifs, deux exemples (sur plus de 140) qui attaquent le messager pour ne pas écouter le message :

PG380 : L’indécence de Nicolas Hulot, le grand donneur de leçons, n’a pas de limite.

pierre marie : Le nerf de la guerre de Nicolas, les shampoings. Après, il communique dans les médias !

Adrienne propose un des rares commentaires à apporter un complément d’analyse aux propos de NH : « On évite le problème central, la croissance de la population. Il suffirait que chaque femme ne fasse plus qu’un SEUL enfant pour réduire drastiquement et durablement la pollution. En France, la mesure écologique avec le meilleur impact serait de donner les allocations familiales dès le 1er enfant sans les augmenter au second et en les supprimant complètement à partir du 3ème et aurait sans doute un effet d’entraînement plus large au-delà du pays, trop long à décrire ici. Alors les commentateurs, combien d’enfants chez vous ? »

Nicolas Hulot est une personnalité qui a essayé par différents moyens, sa fondation, ses livres, ses engagements médiatiques et politiques, de faire tout son possible pour faire progresser la cause écologique. Dans son ouvrage synthèse « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir », sorti juste après la démission de NH de son poste de ministre de l’écologie fin août 2018, Michel Sourrouille rappelle la position de Nicolas en matière démographique : « Dans le syndrome du Titanic, j’écrivais en 2004 que la crise environnementale va changer d’échelle et donnera des occasions supplémentaires pour s’affronter. Tous les signaux sont au rouge. Il y a quatre courbes qui s’alimentent les unes les autres. La première c’est la courbe démographique, la population mondiale devrait dépasser les 9 milliards d’individus à la fin du siècle. Parallèlement la courbe de la consommation et de la pollution augmente, on pèse de plus en plus sur la planète. La troisième est l’émission de gaz à effet de serre ; quand nous construisons une troisième plate-forme aéroportuaire sur Paris, cela va accentuer le changement climatique. Enfin l’érosion de la diversité est un fait avéré. On voit bien que les trajectoires de l’humanité et de la nature sont en train de converger et qu’il va y avoir une collision. Il faudrait quatre Terre pour faire face aux besoins des pays émergents… Le dangereux bipède se croit tous les droits, et se reproduit tellement plus vite que les cygnes et les éléphants. Chaque individu est une force de désintégration et nous sommes cinq milliards. Tant qu’on ne maîtrisera pas la «pollution démographique», il faudra réparer les dégâts de chacun et essayer de les limiter puis de les réduire… A titre personnel, je pense que la croissance démographique est un sujet central qui passe par l’éducation et la sensibilisation des populations. La sortie de la misère d’un pays réside dans la baisse de sa démographie. Le droit intouchable de la reproduction peut s’accompagner d’une sensibilisation des consciences, en Occident comme ailleurs. Mais si par malheur nous devions nous résoudre à des interventions étatiques pour limiter la liberté fondamentale de l’humanité de se reproduire, nous pourrons dire que nous aurons échoué… »

Sur ce blog biosphere, nous suivons depuis longtemps le parcours de NH, une des rares personnalités à avoir une conscience aiguë de la crise écologique, ainsi par exemple :

7 octobre 2009, Nicolas Hulot, ange ou démon ?

31 mai 2011, Nicolas Hulot et la primaire de l’écologie

29 juin 2016, Nicolas Hulot, ses états d’âme… en 1991 !

1er mars 2018, Biosphere-Info : la pensée de Nicolas Hulot en 1995

1er octobre 2018, synthèse : Biosphere-Info, Nicolas Hulot et la brûlure du pouvoir

2 juillet 2019, pour mieux connaître Nicolas Hulot

Renaud Camus et la liberté d’expression

Renaud Camus sur Twitter, le 18 avril 2019 : « Une boîte de préservatifs offerte en Afrique, c’est trois noyés de moins en Méditerranée, cent mille euros d’économies pour la CAF [Caisse d’allocations familiales], deux cellules de prison libérées et trois centimètres de banquise préservée. » Poursuivi pour injure raciale, la procureure avait réclamé quatre mois d’emprisonnement avec sursis et une amende de 5 000 euros. Mais le tribunal de Paris a débouté les cinq associations antiracistes parties civiles qui poursuivaient Renaud Camus. Le tribunal a estimé qu’« aucun sens ni aucune portée ségrégationniste, discriminatoire, raciste ou raciale ne ressortent du propos incriminé ».

Les juges rappellent dans un long développement que la liberté d’expression « vaut aussi pour les idées qui heurtent, choquent ou inquiètent l’État ou une fraction quelconque de la population ». Ils considèrent ainsi « que la caricature, la satire et la parodie, même délibérément provocantes et grossières, participent de la liberté d’expression (…) par une forme de commentaire social lequel, de par l’exagération et la déformation de la réalité qui le caractérise, vise naturellement à provoquer ». Le jugement admet que le tweet est bien dirigé envers un groupe de personnes à raison de son origine, ou de son appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion, mais « pour avoir une origine géographique commune, le groupe des personnes visées par leur seule origine africaine n’est pas considéré en l’espèce à raison de l’essence des personnes qui s’y rattachent », et Renaud Camus n’impute à ce groupe « aucun fait précis susceptible d’un débat sur la preuve de sa vérité ». Le tribunal admet aussi que « face à des drames humains et des situations de précarité », les propos « peuvent choquer, et heurter la délicatesse mais ils participent du style acide et décalé, voire cru, de l’écrivain. Ce style et ces images relèvent du choix du mode humoristique pour traiter par l’absurde d’un sujet politique, et dramatique, dans le cadre d’un tweet propice à une concentration du propos autour de formules choc ».

Le message de Renaud Camus, conclut le tribunal, « ne justifie dès lors pas, dans une société démocratique, une limitation du libre exercice de la liberté d’expression, laquelle doit être d’interprétation stricte, et dont les limites admissibles n’ont pas en l’espèce été dépassées, par la critique satirique d’un système de croissance démographique et de certaines de ses conséquences ». Quelques posts de notre blog biosphere sur la liberté d’expression :

11 septembre 2020, ADMD, Facebook censure la liberté d’expression

30 janvier 2010, Le droit au blasphème, c’est démocratique

15 mai 2019, Interdisons de parole les négationnistes du climat

2 septembre 2013, La publicité ne relève pas de la liberté d’expression

La loi Convention Climat, cafouillage prévu

Barbara Pompili, la serpillière de Macron et accessoirement ministre de la transition écologique, a présenté le projet de loi « climat et résilience » en conseil des ministres le 10 février 2021. Cette loi est inspirée des travaux de la convention citoyenne pour le climat (CCC) : fin des passoires thermiques en 2028, interdiction de la publicité en faveur des énergies fossiles, réduction par deux du rythme d’artificialisation des sols, interdiction des vols intérieurs quand une alternative en train existe en moins de deux heures trente minutes… La liste est longue, mais ne convainc pas. Les mesures suggérées par les citoyens ont été « détricotées », dixit Cyril Dion. Dans un avis en date du 27 janvier, 2021 le CESE (Conseil économique, social et environnemental) souligne que ces dispositions, « restent souvent limitées, différées, ou soumises à des conditions telles que leur mise en œuvre à terme rapproché est incertaine ». Matthieu Orphelin, porte parole de la fondation de Nicolas Hulot de 2012 à 2015 et ex-député LREM en 2017, renchérit : « Barbara Pompili a perdu tous ses arbitrages, sur la rénovation énergétique, la publicité, l’écocide… Je n’y vois pas les grandes mesures qui changent la donne ».

Emmanuel Macron désespère ses différents ministres de l’écologie, Nicolas Hulot, François de Rugy, Elisabeth Borne, Barbara Pomipili… et bientôt le successeur. Ce n’est pas nouveau, Le 1er ministre socialistes Ayrault avait viré brutalement ses deux premières ministres socialistes de l’écologie, Nicole Brick et Delphine Batho. Depuis sa création en 1971, le ministère de l’environnement est le ministère de l’impossible. Pas étonnant que la loi Convention Climat soit encore insuffisante en 2021. Mais cela veut dire que nous avons perdu 50 ans pour essayer de vivre en harmonie avec les possibilités de la planète. Trop de temps perdu à cause de l’insouciance écologique de tous les cancres à l’Elysée, Georges Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, François Hollande et maintenant Macron.

L’actuel chef de l’Etat reste éloigné de l’écologie façon « Amish ». Il n’a que ces mots à la bouche, investissement, droits acquis (des actionnaires), nucléaire, 5 G, croissance à retrouver. Quant à réduire la vitesse sur les autoroutes à 110 km/h, ce n’est même pas la peine d’y songer. La loi Convention Climat est vouée à finir dans les poubelles de l’histoire humaine. Ce n’est que lors du choc pétrolier ultime à venir qu’on s’apercevra qu’il faudrait construire une civilisation adepte de la Terre-mère… sur une planète dévastée par les générations présentes.

Tout savoir sur la désobéissance civile

Il y a ceux qui pratiquent la désobéissance civile en Birmanie. Moins d’une semaine après le coup d’Etat militaire, des dizaines de milliers de personnes ont marché dans plusieurs grandes villes, exigeant le retour à la démocratie et la libération de la dirigeante Aung San Suu Kyi. « Le risque importe peu, l’avenir du pays est en jeu. » devient un cri de ralliement. Et puis il y a ceux qui classifient les actes de désobéissance. Pour Noël Mamère, « la colère des restaurateurs en France, ce n’est que jacquerie, un amalgame qui utilise une expression forgée par les combats au nom de la justice pour tous et de la conquête de nouveaux droits ».

Certes un désobéissant, s’il avait eu 20 ans au moment de la guerre d’Algérie, serait devenu objecteur de conscience. Certes le désobéissant a été « faucheur volontaire d’OGM » aux côtés de José Bové en l’an 2000. Mais pour justifier la désobéissance, l’action doit avoir des fondements plus concrets que se référer au mot valise « justice », une notion très variable dans le temps et dans l’espace. Aider des sans papiers au mépris de la loi, est-ce de la désobéissance civile ? Marier des homosexuel en tant que maire alors que c’est illégal, est-ce de la désobéissance civile ? Quel doit être le sens du combat pour mériter le titre de « désobéissance civile » ? Il faut s’interroger sur l’objectif de l’action, pas simplement sur ses modalités.

Historiquement la désobéissance civile a toujours été menée au nom d’une libération. Lutte contre l’impérialisme anglais avec le mahatma Gandhi pour obtenir l’indépendance de l’Inde, lutte contre la ségrégation raciale avec Martin Luther King pour libérer les Noirs aux États-Unis, lutte contre les multinationales de la semence pour libérer les paysans, lutte contre l’armée pour se libérer de l’oppression militaire en Algérie ou en Birmanie. En bref la désobéissance civile se pratique pour libérer un peuple enchaîné par une contrainte extérieure qui empêche sa libre détermination ; on redonne à la démocratie ses vertus d’égalisation entre les membres d’une communauté. L’idée de libération prend une nouvelle forme aujourd’hui, il s’agit de lutter contre l’emprise thermo-industrielle sur nos existences. Les exemples se multiplient aujourd’hui : il y a des grèves scolaires initiées par Greta Thunberg, il y a des gens qui abandonnent un boulot allant à l’encontre de l’équilibre climatique, ily a les militants d’Extinction Rebellion qui essayent de bloquer un système qui nous broie, il y même des éco-guerriers qui détériorent les biens qui nous mènent au désastre, les SUV entre autres. Dans ce contexte, la colère des gilets jaunes, une jacquerie motivée par des raisons personnelles, c’était seulement vouloir rouler en bagnole à moindre frais, c’était agir contre l’intérêt des générations futures

« Désobéir » signifie « faire son devoir », répondre à ce que dicte sa conscience même si c’est à l’encontre des règles conventionnelles à un moment donné, et quel qu’en soit parfois le prix : l’utopie ou la mort, écrivait René Dumont. Un désobéissant écolo trouve sa légitimité dans une action faite pour le bien commun, non seulement celui des générations présentes, mais aussi celui des générations futures, sachant qu’il faut aussi considérer la protection des autres espèces et la durabilité du milieu naturel. En clair, la désobéissance civile repose principalement aujourd’hui sur des justifications d’ordre écologique.

 

Pour en savoir plus : Biosphere-Info, la désobéissance civique (1er octobre 2019)

Les faits divers, des faits qui font diversion

L’endoctrinement idéologique consiste à occulter les questions essentielles de l’existence sociale au profit de préoccupations infantilisantes, d’anecdotes futiles, de faits divers dérisoires. C’était le cas d’une presse « à scandales », cela devient le lot commun des journaux dits de références. L’urgence écologique devient invisible de par la multiplicité des informations de tous ordres, mais le penchant malsain des gens pour les faits croustillants devient un obstacle supplémentaire à la formation d’une intelligence collective. Les lecteurs du site Internet du Figaro ont remarqué que, depuis le 11 janvier 2021, celui-ci consacre plus de place aux faits divers. Une surprise pour la rédaction qui n’a pas été informée de la création d’une cellule destinée à s’y consacrer à plein temps. Alexis Brézet, le directeur des rédactions, justifie la création de ce pôle par « la recherche de ressorts d’audience ». Mais développer la couverture des faits divers à dix-huit mois d’une élection présidentielle témoigne surtout de la part du Figaro d’une volonté d’entretenir une psychose sécuritaire favorable au vote de droite. Les commentateurs du monde.fr doutent de l’impartialité du MONDE :

O-Sidartha : Ça lui va bien au Monde qui pourrait faire un magazine Me-too, Inceste, viols… Pour s’émouvoir du Figaro il ne faut pas craindre le ridicule. J’adore taper sur Le Monde à bras raccourcis, comme des manchots : hommage à Xavier Gorce.

Pop : Fini de rire : Le Monde a créé sa cellule spécialisée en investigation dans les témoignages d’inceste et les propos rapportés de familles célèbres. Et sa ligue de vertu hétérophobe.

Vipierre : Le journal de référence, qui n’a pas les mêmes valeurs que Le Figaro n’est-ce pas, ne traite pas des faits divers mais seulement des faits de société. C’est pareil mais c’est plus chic, plus mode. Être voyeur d’un fait divers, beurk. Attirer l’attention sur un fait de société, wahooo! Tout est question de sémantique et d’hypocrisie.

vivement demain : Mieux vaut parler des « transgenres » et de la « cancel culture », c’est mieux pour briller dans les dîners en ville…

Synthèse de Biosphere : Un événement ponctuel est un fait divers, et leur multiplication n’en fait pas un phénomène de société ; cela reste des faits divers, mais cela permet la manipulation des lecteurs. LE MONDE dans ses choix éditoriaux impose des faits divers mettant en avant le racisme et la misogynie parce que cela facilite un discours politique de gauche, Le Figaro privilégie la délinquance et la criminalité qui facilitent une vision politique de droite. D’une certaine façon nous retrouvons le vieux clivage travailleurs/patronat, relique de l’antagonisme prolétariat/capitalistes, détourné de son sens par la catégorisation « critique des inégalités » (la gauche) versus « besoin d’autorité » (la droite). Dans ces deux journaux, la place de l’urgence écologique ne peut alors qu’être limitée. L’écologie, c’est une vision du long terme, pas un enlisement dans les faits divers…

Pour en savoir plus, lire sur notre blog biosphere :

15 janvier 2014, L’écologie politique, victime des faits-divers médiatisés

Des Verts allemands realos plutôt que fundis

Leur nouveau programme avait porté clairement la marque des « realos » (modérés) contre les « fundis » (radicaux). A quelques mois des élections législatives en Allemagne, les Verts adoptent des positions rendant possible une coalition avec les conservateurs. On verra le résultat le 26 septembre 2021. Voici quelques éléments de leur programme :

Réchauffement climatique : Une motion, qui n’a pas été retenue, souhaitait faire de l’objectif de 1,5 degré « le critère de toute la politique des Verts ». Plus vague, la formule finalement adoptée montre que les Verts se placent déjà dans la perspective de devoir faire des compromis afin de sceller un « contrat de coalition » avec la CDU-CSU.

Revenu universel. Celui-ci figure en toutes lettres dans son programme, mais comme un objectif de long terme dont la mise en œuvre ne sera possible qu’après une évolution par étapes du système de protection sociale.

Référendum. Les Verts ont décidé de renoncer à cet instrument qu’ils considèrent désormais comme « polarisant ». A la place, ils préfèrent encourager la formation de « conseils citoyens » sur le modèle de ce qui s’est fait en France avec la convention citoyenne sur le climat.

Politique étrangère et de défense. Sans aller jusqu’à approuver l’objectif fixé par l’OTAN à ses membres de consacrer 2 % de leur PIB à leurs dépenses militaires (l’Allemagne en est à moins de 1,5 %), la dirigeante écologiste n’en souhaite pas moins renforcer la Bundeswehr, en état de sous-équipement chronique. Les écologistes allemands n’ont plus guère de tabous à plaider pour une politique européenne de défense plus autonome vis-à-vis des Etats-Unis. Les Verts seraient prêts à participer à des opérations militaires européennes, alors en France, écologie consensuelle ou écologie de rupture ?

Quelques commentaires sur lemonde.fr :

YV : Plus le problème est urgent et demande des changements d’ampleur, plus le parti chargé de les porter renonce, le tout pour des considérations somme toute carriéristes.

Oscar : Tandis qu’en France, les verts s’interrogent sur une alliance avec l’extrême gauche ou pas d’alliance du tout… Et surtout pas d’alliance avec le centre, à savoir LREM, incarnation de l’enfer néo-libéral. Quand serons nous libérés de la matrice idéologique de mai 68, faite de libertarisme et de marxisme ?

Gf @ Oscar : Hulot a essayé. Demandez lui le résultat obtenu !

Zhkarojr : « Alliance » n’a pas le même sens au Palais Bourbon et au Bundestag. En Allemagne, un parti peut monnayer son alliance contre une participation réelle aux décisions politiques et un crédit que lui accorderont ses électeurs. En France, les alliés politiques sont systématiquement vassalisés, marginalisés dans le processus décisionnel et à souvent absorbés. La politique de notre pays est guidée par un esprit de parti-unique.

GGir : On peut lutter toute sa vie pour sa version de la société idéale sans ne jamais rien vraiment changer. Qu’a accompli l’extrême gauche en France ces 40 dernières années ? Le Sophisme de la solution parfaite dans toute sa splendeur.

Lecrapaud @GGir : vous avez le choix de vivre dans un monde à +2°C, +3°C ou +5°C. Visiblement vous choisissez la troisième option et les conséquences qui vont avec. Sur l’organisation de la société vous pouvez ergotez sur qui a raison, qui a tort. Avec le dérèglement climatique, ce qu’il faut faire et absolument pas faire devient de plus en plus visible

le sceptique : Il faut dire que le pauvre est une catastrophe pour la transition écologique. Il ne pense qu’à manger de la bidoche, acheter du low cost polluant, voter Brun ou Rouge plutôt que Vert. Une alliance avec les conservateurs peut aider à l’émergence d’un discours raisonnable : on travaille dur pour gagner sa Tesla en remerciant Dieu le Père de sa grâce, on refuse de grignoter une carotte bio en remerciant Mère Nature de ses dons.

Patriotisme économique et démondialisation

L’écologie penche pour le protectionnisme, la démondialisation, en définitive la relocalisation. Rappelons d’abord qu’un libre-échange basé sur le va-et-vient de produits quasi-similaires est une absurdité. Un jour Fritz Schumacher vit un camion à l’effigie d’une marque de biscuits écossais entrer dans Londres ; peu après il apprit qu’une entreprise fabriquant des biscuits à Londres acheminait sa production jusqu’en Écosse. Cette découverte le troubla profondément. En tant qu’économiste, il ne parvenait pas à comprendre pourquoi des être compétents se voyaient contraints de conduire un camion d’un bout à l’autre des îles britanniques dans le seul but de transporter des biscuits. Mais le coût humain et environnemental d’une telle manœuvre n’avait alerté personne. Parce que le faible coût des déplacements grâce aux énergies fossiles a multiplié les échanges, nous sommes passés insensiblement de territoires vivants une quasi-autarcie il y a 200 ans à une mondialisation féroce. Rappelons que la perte d’autonomie quand on ne peut plus nourrir son peuple est synonyme de famine à venir. Mais dans nos société sur-développées, c’est le manque de masques ou de vaccins produits localement qui a fait le buzz.

L‘idée de patriotisme économique fait donc son chemin. Joe Biden veut reconstruire l’Amérique en achetant américain. Il avait fait l’erreur d’approuver l’entrée de Pékin dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001 et promu ainsi la désindustrialisation américaine. Il a signé le 25 janvier 2021 un décret présidentiel pour forcer plus efficacement l’administration à acheter américain. Rien de nouveau sous le soleil, le Buy American Act de 1933 était un élément clé du New Deal. Mais les choses sont devenues beaucoup plus compliquées à cause de l’interdépendance des systèmes de production. Biden a donc estimé que le contenu de 50 % en composants américains n’était « pas assez haut » pour définir qu’un produit est américain. En France, le Covid-19 remet la souveraineté économique au goût du jour. A droite comme à gauche, ils sont de plus en plus nombreux à défendre ce concept pour protéger l’industrie française. Mais c’est une vision étroite, car utilisatrice, de l’autonomie. Ainsi Xavier Bertrand  : « il faut assurer l’indépendance de notre pays sur des secteurs comme la production de médicaments et de vaccins. »D’autres ont une vision plus large, il faudrait « s’interroger sur ce qu’on veut produire et de qui on ne veut pas dépendre en matière stratégique ». La « démondialisation », Arnaud Montebourg en a fait son cheval de bataille depuis 2011. « Démondialisation », à ne pas confondre avec l’isolationnisme cher à Marine Le Pen qui a longtemps souhaité l’abandon par la France de l’euro.

Au niveau écologique, la descente énergétique qui s’amorce va de toute façon entraîner une contraction des échanges dans un monde interconnecté. Dur, dur la transition écologique / rupture de civilisation ! Il nous faut préparer dès aujourd’hui les moyens d’une souveraineté alimentaire et la possibilité de sources d’énergies renouvelables produites localement. Cela passe surtout par la réduction des besoins, la relocalisation du pouvoir, l’instauration de communautés de résilience, etc. La démondialisation est notre avenir, mais peu s’en rendent compte. Sauf que la pandémie nous a confiné chez nous !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

24 mars 2020, Après le Covid-19, vers une démondialisation

27 février 2019, Le yin du protectionnisme contre le yang du libre-échange

2 septembre 2014, Démondialisation, pour un retour au protectionnisme

17 juin 2011, tout est écolo, y compris le protectionnisme

TIAN, Traité interdisant les armes nucléaires

Le Traité international interdisant les armes nucléaires (TIAN) est entré en vigueur le 22 janvier 2022, mais il n’était pas signé par les pays déjà détenteurs de l’arme atomique. Le TIAN prohibe l’utilisation, le développement, la production, les essais, le stationnement, le stockage et la menace d’utilisation de telles armes. C’est le « premier instrument juridiquement contraignant à interdire explicitement ces armes, dont l’utilisation a un impact indiscriminé, touche un grand nombre de personnes en peu de temps et cause des dommages à très long terme à l’environnement », a fait valoir le pape François. De son côté le quotidien LE MONDE fait silence sur le TIAN !

Le 24 octobre 2020, un 50e pays avait ratifié le Traité approuvé par une centaine d’États, permettant sa mise en œuvre 90 jours plus tard. Les militants pro-abolition espèrent qu’il sera plus que symbolique, stigmatisera ses détenteurs et les poussera à changer de mentalité. Avec les États-Unis et la Russie, le monde compte au total neuf puissances nucléaires, incluant aussi la Chine, la France, le Royaume-Uni, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord. Le Japon, seul pays à avoir subi le feu nucléaire, a exclu de le signer pour l’instant et mis en cause son efficacité, vu précisément que les puissances atomiques n’y adhérent pas. Ce traité est « inadapté au contexte sécuritaire international », a estimé le ministère français des Affaires étrangères. « Il n’est assorti d’aucun mécanisme de vérification clair ou rigoureux… Il fragilise le TNP (Traité de non prolifération)… Toute la politique française de sécurité repose sur la dissuasion nucléaire ». C’est à l’image de l’aveuglement stratégique de la France. Lors de la présidentielle 2017, un seul candidat avait fait connaître son intention de « remplacer la stratégie de dissuasion nucléaire par un sanctuaire européen dénucléarisé » , Yannick Jadot (75e proposition de « la France vive »). Il s’était ensuite aligné sur la position de Hamon (« défendre le rang de la France »), rien dans leur plate-forme commune n’avait trait aux armes nucléaires…

Le TIAN a été établi à l’initiative de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), une ONG gratifiée pour son action du prix Nobel de la paix en 2017. « Dans leurs principes même, ces armes là ont toujours été illégitimes, mais d’un point de vue juridique, elles sont illégales » s’est réjouit Jean-Marie Collin, porte-parole de ICAN France ; « Il y a désormais une norme internationale qui dit que les armes nucléaires sont interdites ».

Pour en savoir plus : Faire boum avec une arme nucléaire, le pied

La double pensée d’Emmanuel Macron

L’écologie fait l’objet d’un hiatus profond entre la parole et l’action politiques. Lors du « One Planet Summit », le président Macron a brandi son smartphone  : « Cet objet-là, qu’on partage tous, c’est l’un des objets qui sont l’illustration de ce qu’est la mondialisation… c’est l’un des pires objets, sans doute, en termes d’émissions de gaz à effet de serre : chaîne logistique, matériaux rares, obsolescence. On a créé un système où on incite les gens à en changer tous les six mois. L’un des premiers objets sur lesquels on change les comportements et la production, c’est ça, et de manière très concrète. » Mais quatre mois plus tôt, devant le gratin de la « French Tech », Emmanuel Macron moquait les sceptiques de la 5G, les renvoyant à leur obscur désir de « lampe à huile » et assurant que la France allait « prendre le tournant de la 5G parce que c’est le tournant de l’innovation ». Pourtant c’est une technologie qui va conduire des centaines de millions d’individus à remplacer leur smartphone. L’option « en même temps » macronien, c’est similaire à la « double pensée » orwellienne : la liberté, c’est l’esclavage ! Merci Stéphane Foucart de mettre le doigt où ça fait mal.

Les décisions en matière d’écologie ne sont que des promesses sans cesse renvoyée aux prochaines décennies – neutralité carbone en 2050, fin du plastique à usage unique en 2040… Sur le climat, Emmanuel Macron a même troqué l’action concrète et immédiate contre la promesse de soumettre au référendum l’inscription de la lutte contre le réchauffement dans la Constitution. Des commentateurs sur lemonde.fr expriment notre propre pensée d’écologistes:

Bv34 : analyse juste. Mais malheureusement partielle. Il aurait fallu rajouter que cet écart entre la parole et les gestes n’est que la traduction de ce que veulent vivent nombre d’entre nous (la majorité en fait) : il n’y a jamais eu autant de SUV !

Michel Brunet : Stéphane Foucart commence à distiller dans ses articles récent le problème des démocraties : de part leur nature, elles n’arriveront pas à imposer des changements de comportement radicaux à leurs citoyens. Il faut bien être élu, il faut donc faire plaisir. On peut faire la comparaison avec la pandémie actuelle : la « liberté individuelle », socle des démocraties, bloque les tentatives de contrôle de l’épidémie au contraire des pays où un « autoritarisme » plus ou moins accentué y parviennent. Il en sera de même avec les désordres de l’environnement, « l’autoritarisme » sera de rigueur et sonnera la fin des démocraties libérales. Ceci dit les partis écologiques auront-ils le courage de le dire? j’en doute.

Julien R. : M. Foucart est dans le vrai, mais il oublie de préciser que les renoncements du politique ne sont que le reflets de nos renoncements individuels. En faisant porter l’essentiel de la faute aux gouvernants, il s’assure l’approbation de la majorité mais il ne leur dit pas la vérité.

le sceptique : En démocratie, le rôle des politiques est d’apporter des solutions acceptables, les autres étant réservées aux dictatures. Tant que les écologistes sont (largement) minoritaires, cela signifie que les électeurs ne sont pas très intéressés par le climat ou la biodiversité. Dans la hiérarchie des urgences, les questions économiques et sociales viennent avant les questions écologiques.

François C.H. : J’émettrai quand même un bémol. En démocratie nous élisons nos représentant, lesquels ont pour mission d’être à la fois écologistes ET à la fois comptables de l’emploi, de la dette, de la compétitivité des entreprises, de la garantie des retraites, et j’en passe. Ce « en même temps » est d’une part obligatoire lorsque l’on représente une somme d’intérêt généraux et particuliers, ET d’autre part une impasse, puisque bon nombre de ces intérêts sont incompatibles. Il conviendrait dans un premier temps de prendre conscience collectivement qu’une écologie sérieuse est incompatible avec notre mode de vie, le système capitaliste actuel et les impératifs de croissance. Il faut avoir ce débat, collectivement, car on ne mènera pas cette guerre sans l’assentiment général.

Pour en savoir plus sur la versatilité des promesses politiques, ce discours de Chirac en 2002 à l’ONU lors d’un sommet de la Terre :

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l’admettre. L’humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents. La terre et l’humanité sont en péril et nous en sommes tous responsables. Il est temps, je crois, d’ouvrir les yeux. Sur tous les continents, les signaux d’alerte s’allument. L’Europe est frappée par des catastrophes naturelles et des crises sanitaires. En Asie, la multiplication des pollutions, dont témoigne le nuage brun, s’étend et menace d’empoisonnement un continent tout entier. L’Afrique est accablée par les conflits, le SIDA, la désertification, la famine. Certains pays insulaires sont menacés de disparition par le réchauffement climatique. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ! Prenons garde que le 21e siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d’un crime de l’humanité contre la vie.

Notre responsabilité collective est engagée. Responsabilité première des pays développés. Première par l’histoire, première par la puissance, première par le niveau de leurs consommations. Si l’humanité entière se comportait comme les pays du Nord, il faudrait deux planètes supplémentaires pour faire face à nos besoins. Responsabilité des pays en développement aussi. Nier les contraintes à long terme au nom de l’urgence n’a pas de sens. Ces pays doivent admettre qu’il n’est d’autre solution pour eux que d’inventer un mode de croissance moins polluant.

Dix ans après Rio, nous n’avons pas de quoi être fiers. La conscience de notre défaillance doit nous conduire, ici, à Johannesburg, à conclure l’alliance mondiale pour le développement durable. Une alliance par laquelle les pays développés engageront la révolution écologique, la révolution de leurs modes de production et de consommation. Une alliance par laquelle ils consentiront l’effort de solidarité nécessaire en direction des pays pauvres. Une alliance par laquelle le monde en développement s’engagera sur la voie de la bonne gouvernance et du développement propre. Nous avons devant nous, je crois, cinq chantiers prioritaires.

Le changement climatique d’abord. Il est engagé du fait de l’activité humaine. Il nous menace d’une tragédie planétaire. Il n’est plus temps de jouer chacun pour soi. De Johannesburg, doit s’élever un appel solennel vers tous les pays du monde, et d’abord vers les grands pays industrialisés, pour qu’ils ratifient et appliquent le Protocole de Kyoto. Le réchauffement climatique est encore réversible. Lourde serait la responsabilité de ceux qui refuseraient de le combattre.

Deuxième chantier: l’éradication de la pauvreté. A l’heure de la mondialisation, la persistance de la pauvreté de masse est un scandale et une aberration. Appliquons les décisions de Doha et de Monterrey. Augmentons l’aide au développement pour atteindre dans les dix ans au maximum les 0,7 % du PIB. Trouvons de nouvelles sources de financement. Par exemple par un nécessaire prélèvement de solidarité sur les richesses considérables engendrées par la mondialisation.

Troisième chantier: la diversité. La diversité biologique et la diversité culturelle, toutes deux patrimoine commun de l’humanité, toutes deux sont menacées. La réponse, c’est l’affirmation du droit à la diversité et l’adoption d’engagements juridiques sur l’éthique.

Quatrième chantier: les modes de production et de consommation. Avec les entreprises, il faut mettre au point des systèmes économes en ressources naturelles, économes en déchets, économes en pollutions. L’invention du développement durable est un progrès fondamental au service duquel nous devons mettre les avancées des sciences et des technologies, dans le respect du principe de précaution. La France proposera à ses partenaires du G8 l’adoption, lors du Sommet d’Evian en juin prochain, d’une initiative pour stimuler la recherche scientifique et technologique au service du développement durable.

Cinquième chantier: la gouvernance mondiale, pour humaniser et pour maîtriser la mondialisation. Il est temps de reconnaître qu’existent des biens publics mondiaux et que nous devons les gérer ensemble. Il est temps d’affirmer et de faire prévaloir un intérêt supérieur de l’humanité, qui dépasse à l’évidence l’intérêt de chacun des pays qui la compose. Pour mieux gérer l’environnement, nous avons besoin d’une Organisation mondiale de l’environnement.

Au regard de l’histoire de la vie sur terre, celle de l’humanité commence à peine. Et pourtant, la voici déjà, par la faute de l’homme, menaçante pour la nature et donc elle-même menacée. L’Homme, pointe avancée de l’évolution, peut-il devenir l’ennemi de la Vie ? Il est apparu en Afrique voici plusieurs millions d’années. Fragile et désarmé, il a su, par son intelligence et ses capacités, essaimer sur la planète entière et lui imposer sa loi. Le moment est venu pour l’humanité, dans la diversité de ses cultures et de ses civilisations, le moment est venu de nouer avec la nature un lien nouveau, un lien de respect et d’harmonie, et donc d’apprendre à maîtriser la puissance et les appétits de l’homme. Aujourd’hui, à Johannesburg, l’humanité a rendez-vous avec son destin. »

Projet de loi pour le climat, le recul

Le texte de 65 articles, destiné à accélérer la transition écologique de la France, marque un recul par rapport aux mesures des 150 conventionnels. Par exemple le projet de loi ne reprend pas l’obligation de rénovation globale de l’ensemble des logements dès 2024 alors qu’il s’agit de l’une des mesures les plus efficaces pour réduire les émissions. Sur l’encadrement de la publicité, les membres de la convention sont loin d’avoir eu gain de cause. L’interdiction de la réclame pour les produits polluants, comme les SUV, ne figure pas dans le projet de loi ; sur les douze mesures sur la régulation de la publicité de la convention, seule une est présente dans le texte gouvernemental, quatre ont été modifiées et fortement assouplies et sept sont portées disparues. Concernant l’alimentation, la convention citoyenne souhaitait que l’ensemble de la restauration collective publique propose, dès janvier 2022, un choix végétarien quotidien. Le projet gouvernemental troque l’obligation par une expérimentation de deux ans sur la base du volontariat. Etc, etc. Sauf quelques scories, les commentaires sur le monde.fr se rejoignent, Macron n’est pas l’écolo qu’il affirme être :

Jac2006 : Attendre des mesures efficaces pour l’environnement et le climat de la part de ce gouvernement, c’est comme espérer des mesures de désarmement de la part de militaires. Un gouvernement aux aguets, qui navigue à vue avec pour seule boussole les élections à venir et des grosses doses de démagogie.

Thibaut : Au final, ce texte répond parfaitement à la définition du « greenwashing » : l’application d’un mince vernis teinté de vert sur un modèle fondamentalement inchangé. Rappelons qu’il faut diviser les émissions de CO2 par 4 au moins… Bon, il est vrai qu’Emmanuel Macron n’a jamais caché son idéologie productiviste. Si les Français veulent changer de logiciel, ils devront changer de président.

Brutus : Sérieusement, interdire la publicité pour les SUV ? La prochaine étape, c’était interdire la publicité pour les voyages, la viande, les sacs en cuir ?

Artemis purple : Ben oui Brutus, la masse n’ayant pas l’esprit critique nécessaire, interdire la publicité pour les produits et services les plus néfastes est la base. Comme pour le tabac et l’alcool. Feuilletez donc un magasine des années 70/80, vous verrez que les choses peuvent changer.

Sormiou : Étonnante présentation négative du Monde qui déplore “un recul par rapport aux propositions de la commission” (dont on sait au passage qu’elles n’étaient ni chiffrées ni financées), alors que l’important est ces décisions vont dans le bon sens et auront un impact positif sur l’environnement. C’est donc une “avancée” et non pas un quelconque “recul”. Un peu moins de négativisme à la française ne serait pas superflu ?

Gustave Antoine : Mais non, Sormiou, c’est bien un recul, y compris par rapport à des sujets déjà « arbitrés » depuis des années mais jamais mis en œuvre : par exemple, – la rénovation thermique globale des logements, cela fait 25 ans que c’est sur la table et arbitré ; ou encore « les considérations environnementales « dans le code de la commande publique : cela fait 20 ans qu’il y a déjà des éléments, autrement plus contraignants sur le sujet que de simple « considérations » , dans le code de la commande publique ; ou encore « limiter l’artificialisation des sols » : cela fait 20 ans que l’on a décidé non pas de limiter mais de supprimer toute « artificialisation nette » des sols, c’est-à-dire qu’en cas de nouvelle artificialisation, on compense par une retour à la nature de sols déjà artificialisés, etc, etc…

Noleb : Je constate par ailleurs que tout est reporté au moins à 2023. Comme c’est une coïncidence étrange que les élections présidentielles aient lieu en 2022 !

le sceptique : A la taxe carbone universelle, on a préféré le mal français : un tas de normes sur des détails qui vont impliquer une bureaucratie de contrôle, des procédures, des contentieux, des protestations sur les effets imprévus, etc. Macron et son équipe n’ont pas diagnostiqué le mal français, ils l’aggravent dans la verticalité jacobine, le dirigisme centralisé et les gadgets de communication.

Untel : Comme d’habitude, les écolos chouinent parce que ce n’est pas assez, et ils pleureront ensuite parce que les promesses n’ont pas été tenues. Se souvenir de la COP21. Elle ne les satisfaisait pas du tout. Ils ont été exaucés : elle n’a pas été appliquée.

Michel SOURROUILLE : Untel, ce n’est pas des écologistes dont il faut parler, ce sont les générations futures qui maudiront les négationnistes persifleurs sur une planète transformée en fournaise. Que ce soit les conférences sur le climat ou toutes les tentatives illusoires d’écoblanchiment, ce n’est jamais assez par rapport aux mesures à prendre dans une situation dont tous les études scientifiques montrent que nous allons au désastre.

Héraclès : Que ceux qui se plaignent du manque d’ambition du gouvernement se rassurent, la réalité et la nécessité de plus d’écologie rattrapera tous les gouvernements de la planète , c’est exactement comme la Covid-19, ça force tout le monde à faire des efforts. Quant aux pro-nucléaire qui envahissent dès qu’ils le peuvent le moindre forum, si l’avenir s’appelait Tchernobyl, Fukushima ou Three Miles Island, ça se saurait ! La sobriété énergétique est un bon début.

docteur Maboul : Héraclès, vous n’êtes pas sympa avec le commun des mortels. Déjà que c’est difficile pour eux de pédaler jusqu’à la boulangerie la plus proche. Alors imaginez quand ils auront besoin de mouvoir leurs petites jambes pour allumer une ampoule.

Adrienne : Cette Convention citoyenne s’est discréditée en évitant de parler du risque majeur que constitue la natalité. En versant une allocation familiale dès le premier enfant sans l’augmenter pour un second et en la supprimant totalement en cas de 3ème, on réduirait non seulement la natalité, les inégalités femme-homme et la pauvreté en France mais aussi l’attractivité du pays pour les militants des politiques natalistes de conquête.

TO : La mesure la plus utile serait d’inciter les gens à faire moins d’enfants, que ce soit en France ou à l’étranger.

Conseil de lecture : « Arrêtons de faire des gosses (comment la surpopulation nous mène à notre ruine) » de Michel Sourrouille aux éditions Kiwi (collection lanceurs d’alerte)

Nous faisons en sorte d’aller au désastre

Nathan Méténier devient porte-parole en 2019, de Youth and Environment Europe. Il vient d’être sélectionné aux côtés de six autres jeunes, âgés de 18 à 28 ans venant du Soudan, de Moldavie, des Etats-Unis, des îles Fidji, du Brésil et d’Inde, pour fournir « des perspectives, des idées et des solutions qui nous aideront à intensifier l’action en faveur du climat », selon les mots d’Antonio Guterres. Cette nouvelle équipe doit rencontrer le patron des Nations unies tous les trois mois jusqu’à la fin 2021. Comme d’habitude les pour et les contre de cette institutionnalisation s’écharpent inutilement, démontrant ainsi pourquoi nous ne ferons rien pour réagir contre le réchauffement climatique : notre état d’esprit contemporain se refuse à la recherche du consensus.

Peps72 sur lemonde.fr : Je comprends pas. Y’a pas déjà suffisamment de scientifiques et d’experts à l’ONU sur le climat? Faut en ajouter qui vont venir nous dire que la planète se réchauffe et que les espèces disparaissent, c’est ça? Mais faudrait pas plutôt trouver des solutions technologiques, ce qui signifie mettre les mains de le cambouis, plutôt que de créer des comités ceci et des assemblées cela? Total, Ford, Huawei, Exxon, Boeing, BMW, Petronas, Airbus, Renault… en tremblent déjà.

Margy : Bravo : le futur a besoin des jeunes car c’est eux qui vont payer les pots cassés des vieux qui ne savent pas réfléchir autrement englué dans les idéologies du passé, le pensée unique est faite d’ornières si profondes qu’il faut savoir surffer pour en sortir.

Untel : Antonio Guterres fait comme Macron avec ses conventions de citoyens bidons. Quand tu ne peux pas convaincre le peuple tu réunis 7 pingouins, déjà convaincus, et on les appelles « Le peuple ».

MICHEL SOURROUILLE @ Untel : Toute initiative pour faire face à l’urgence écologique est la bienvenue du moment que cela passe dans les instances politiques, les médias et les consciences.

le sceptique : Tu fais une association, un collectif d’associations, une coordination de collectifs, un réseau de coordinations, et enfin une coalition de réseaux. C’est cela, le dur chemin du jeune engagé qui entend devenir un vieux bureaucrate incontournable. Il doit faire ses classes en parallèle avant de rejoindre la machine, laquelle distribue l’argent public pour entretenir ce vivier (c’est le rôle des vieux bureaucrates incontournables une fois installés dans l’Etat profond, veiller à financer et re-financer ce qui les a fait ce qu’ils sont).

Pioch : Bravo à la jeunesse ! Bravo à M. Guttirez d’avoir donné la parole à ceux qui sont les plus indépendants d’esprit pour lutter contre le réchauffement climatique. Cette génération des plus de 60 ans a failli. Que les jeunes décident. Ils ne sont pas plus bêtes que nous, et surtout c’est leur avenir et pas le nôtre qui se joue actuellement . Nous serons morts quand ils seront encore en vie, si la bataille n’est pas perdue avant.

SuperKurva : Encore un militant autoproclamé non élu qui prétend se substituer à la démocratie.

Marc94 @ SuperKurva : L’ONU ne semble avoir sélectionné que des gens intelligents qui ont quelque chose à dire sur le sujet. Visiblement ils n’ont pas pensé à vous.

APD, l’aide au développement, une illusion

L’Élysée veut réformer l’aide publique au développement (APD). Action vouée à l’échec car développement impossible. On hésite aujourd’hui sur le qualificatif à adopter, pays en développement, pays émergents, pays sous-développés, pays en difficulté, pays pauvres, pays les plus pauvres, pays à bas revenu, pays endettés, pays en faillite. Le terme « pays sous-développés » est daté, il remonte au discours du président américain Truman en 1949 : « Nous devons nous engager dans un nouveau programme audacieux et utiliser notre avancée scientifique et notre savoir-faire industriel pour favoriser l’amélioration des conditions de vie et la croissance économique dans les régions sous-développées ».  La société thermo-industrielle devenait ainsi une référence universelle, il fallait passer obligatoirement par les cinq étapes de la croissance économique, c’est-à-dire dépasser l’état de société traditionnelle, faire son décollage économique pour aboutir à l’ère de la consommation de masse. Cela n’a que trop bien réussi aux pays du Nord et entraîné une catastrophe au Sud. En définitive ce n’est qu’une spirale d’appauvrissements constants. Il nous faut donc déconstruire à la fois l’idée de développement et les pratiques d’aide.

Le développement n’a été que la poursuite de la colonisation par d’autres moyens .Ce n’est qu’une entreprise visant à transformer les rapports des hommes entre eux et avec la nature en marchandises. Quel que soit l’adjectif qu’on lui accole, le contenu du développement c’est la croissance économique, l’accumulation du capital avec tous les effets que l’on connaît : compétition sans pitié, croissance sans limites des inégalités, pillage sans retenue de la nature. Peu importe que les uns estiment que le « développement » adviendra grâce à l’aide financière alors que d’autres prônent le commerce (trade not aid), dans le domaine du « développement », tout est possible, et surtout son contraire.Si à chaque fois l’entreprise tourne court, c’est faute de se détacher de la notion de « développement » qui est piégée dès l’origine car assimilé à « croissance ». Il faut reconsidérer la notion de pauvreté. Cette notion est absente du vocabulaire de toutes les langues pendant des millénaires. « Pauvre » existait en tant qu’adjectif et ce, pour indiquer que quelque chose n’était pas à la hauteur de ce qu’il devrait être, comme par exemple un sol pauvre, une santé pauvre. Les gens vivaient de très peu, sans jamais penser qu’ils étaient pauvres. En effet, si l’on prend la pauvreté dans le sens d’un mode de vie qui se suffit du nécessaire, la pauvreté était la condition normale des humains. La façon de vivre ensemble était le rempart le plus durable de leur communauté contre la misère. Comme le dit un proverbe tswana : « Là où il n’y a pas de richesse, il n’y a pas non plus de pauvreté. » Dans l’Afrique traditionnelle, on considère comme pauvre non pas celui qui manque de moyens matériels, mais celui qui n’a personne vers qui se tourner, devenant ainsi un orphelin social, un pauvre en relations. En fait, ériger la pauvreté en problème, c’est occulter le fait qu’elle constitue un rapport social et qu’elle ne peut se définir que par rapport à la richesse économique. « Laissez les pauvres tranquilles ». Cette phrase est de Gandhi qui, lui, connaissait bien ce dont les pauvres avaient besoin. Il savait notamment que les pauvres avaient rarement les besoins socialement fabriqués que leur créaient les riches. Ils n’avaient pas besoin de technologies, de produits, de « services » et de gadgets de toutes sortes qui les rendaient systématique dépendants des autres. Mais on ne discute jamais de ce qui fait la vraie richesse des pauvres.

Le texte du gouvernement Macronprévoit d’augmenter son montant à 0,55 % du revenu national brut d’ici à 2022, contre 0,44 % en 2019. Les pays occidentaux n’ont jamais atteint leur objectif de prêter 1 % de leur PNB, dont 0,7 % d’aide publique. C’était pourtant l’objectif fixé par les Nations unies… en 1970 ! De toute façon l’investissement public et privé, pas plus que la globalisation des échanges commerciaux, n’ont conduit à un monde plus équitable et durable. L’aide au développement est même devenue une menace pour le pays en difficulté. Il sera entraîné dans une série de dépendances qui en feront un instrument entre les mains de l’institution « donatrice ». Ce n’est pas sans raison que le gros des dépenses va à l’aide militaire, l’aide pour les infrastructures du « développement » et l’aide financière pour sauver des institutions bancaires de la faillite. Aujourd’hui un experts nobelisé comme Esther Duflo pensent que la solution consiste à mettre en place au Togo des transferts financiers rapides par téléphone avec un système de porte-monnaie électronique ! Selon les derniers chiffres publiés fin septembre 2020 par le Fonds monétaire international (FMI), la moitié des pays à bas revenu frôlent le surendettement ou y sont déjà tombés. Pékin détient 46 % de la dette africaine en 2017, contre 28 % en 2005. La Chine a dépensé en aide au développement ces dix dernières années autant que la Banque mondiale, soit près de 500 milliards d’euros. De nombreux pays se sont embarqués dans des financements chinois et ils réalisent aujourd’hui qu’il est difficile de renégocier leur dette. A l’Elysée, on souligne « les possibles risques de déstabilisation » d’une crise économique sur un continent, l’Afrique, en pleine croissance démographique.

Dans la déclaration d’Arusha en 1967, on estimait à juste titre qu’il est « stupide d’imaginer que la Tanzanie pourra enrayer sa pauvreté avec l’aide financière étrangère plutôt qu’avec ses propres ressources (…) Etre indépendant, cela veut dire compter sur soi (…) Qu’elles proviennent de l’impôt ou de l’extérieur, les ressources financières de l’Etat doivent être affectées en priorité aux paysans et non aux villes (…) Il convient de viser l’autosuffisance alimentaire… ».L’aide au développement est une absurdité quand on connaît l’absurdité du type de développement capitaliste : des voitures pour tous et bonjour l’effet de serre, une société de services payants et non plus gratuits, des facultés qui accueillent la majorité des jeunes futurs chômeurs. Cette construction sociale est un faux modèle impossible à généraliser dans le monde entier.

Plus ça va, plus je déteste Macron

Le 8 décembre 2020, le chef de l’État a réaffirmé doublement le statut de puissance atomique du pays, son statut de grande puissance reposant, selon lui, sur les secteurs nucléaires civil ET militaire. Allez hop, un petit coup de pouce aux déchets nucléaires ! Histoire d’avoir plus de trucs à enterrer à Bure !

Construction de 6 EPR. « Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire… C’est l’énergie non intermittente qui émet le moins de CO2 » .L’exécutif prévoit une contribution financière massive de fonds publics pour la construction de six EPR – dont le coût total serait d’au moins 45 milliards d’euros.

Nouveau porte-avions à propulsion nucléaire. La France va se doter pour 2038 d’un nouveau porte-avions une fois et demie plus imposant que l’actuel Charles-de-Gaulle..Il s’agit d’un projet d’environ 7 milliards d’euros.

A l’heure de l’endettement généralisé suite à la pandémie, à l’heure où la sobriété partagée devait être la ligne politique unique, nous avons la fâcheuse impression d’une fuite en avant afin de préserver la filière atomique d’un autre temps. C’est la ligne Maginot du 21e siècle d’un pays surendetté et incapable de résoudre le problème de ses banlieues. C’est une ânerie militariste histoire de ruiner encore plus le pays. C’est un président de la république qui prend seul des décisions, sans contrôle parlementaire. C’est vouloir la paix en préparant la guerre, une stratégie qui s’est révélée historiquement toujours démentie. C’est dépenser de l’argent public au détriment de dépenses essentielles. C’est passer sous silence le fait que le chômage post-Covid va finir d’assécher les ressources de l’État. C’est ignorer que notre civilisation thermo-industrielle est en train de s’effondrer.

Ce n’est pas digne d’un jeune président qui devrait être mieux au fait des perspectives d’un XXIe siècle qui sera nécessairement écologique, soucieux des limites de la technique et des ressources naturelles, raisonnant en terme de relocalisations et d’interdépendances planétaires. Mais Macron reste enferré dans le passé, toujours porteur de grands projets inutiles et démesurés de type nationalistes. Emmanuel Macron, à remplacer en 2022…

Donald Trump, narcissique et psychopathe

Voici comment on pourrait analyser le tempérament de Donald Trump : C’est une personnalité narcissique, plus exactement un « narcissisme malfaisant ». Le narcissique est intolérant aux critiques et se montre virulent lorsqu’on lui fait des remarques. Trump a pris très souvent des décisions de manière impulsive, sans se soucier de leurs conséquences. Il fonctionne en permanence avec des rapports de force et il valorise l’action autoritaire. C’est aussi un psychopathe qui recherche assidûment le pouvoir. Sa personnalité est caractérisée par un ego surdimensionné, une froideur affective, une tendance à la séduction, un besoin d’action et une absence de peur qui lui fait souvent prendre des risques démesurés. Ce type de personnage est prêt à tout pour arriver à ses fins. Trump cultive des relations humaines superficielles, un manque d’empathie et porte atteinte aux droits d’autrui sans ressentir la moindre culpabilité. Tout se passe donc comme s’il n’y avait aucune conscience morale. Selon un test de personnalité permettant d’établir un score de psychopathie, on a observé que Donald Trump obtenait les scores parmi les plus élevés, en bonne place parmi de nombreux dictateurs. Trump admire d’ailleurs les leaders autocrates comme Vladimir Poutine ou les dictateurs comme Kim Jong Un ; il compte parmi ses « amis » le président brésilien Jair Bolsonaro.

Donald Trump est également un menteur pathologique. C’est ainsi que le décrit sa propre nièce, la psychologue Mary Trump , dans son livre « Too Much and Never Enough ». Il s’est proclamé vainqueur de la présidentielle US en niant les évidences électorale. Depuis son élection, il a été responsable de la diffusion de plus de 20 000 mensonges, fake news, erreurs ou approximations. Il se soucie uniquement de son propre intérêt, d’où un penchant certain pour la fraude fiscale. Il est particulièrement doué pour percevoir les faiblesses des autres et en tirer un profit personnel. La vérité, c’est le monde tel qu’il se le fabrique et il accuse les autres de ses propres erreurs. C’est en fin de compte une personne immature, ayant un esprit chaotique et binaire, incapable de comprendre les idées complexes. Il n’arrive pas à focaliser son attention plus de quelques minutes, il ne lit ni la presse ni les rapports qu’on lui donnait quotidiennement. Il passe plusieurs heures par jour devant la télévision, en se focalisant sur les émissions qui le mettent en avant. Il reste assidûment dans sa bulle médiatique. (analyse de David Bertrand)

Devant un tel tableau clinique, n’importe qui de rationnel refuserait son soutien à une telle personnalité. Pourtant Trump a obtenu plus de 74 millions de suffrages à la présidentielle américaine. C’est un grave inconvénient de la démocratie représentative, la dimension autoritaire plaît car cela rassure une grande partie des électeurs. Les mécanismes de la servitude volontaire ont été bien analysés depuis longtemps, il faut lire et relire l’essai d’Etienne de la Boétie (1576). Mais le plus grave avec ces personnalités qui nient les réalités, c’est le fait qu’arrivé au pouvoir ils mettent en place une politique anti-écologique. Qu’on s’appelle Poutine, Bolsonaro, Erdogan ou Trump, on mène la planète au désastre et nous avec.

Complément d’analyse, Jair Bolsonaro, un des cinglés qui nous gouvernent

Barbara Pompili , la serpillière de Macron

Barbara Pompili (Ministre de la transition écologique) : « La loi issue des travaux de la convention citoyenne pour le climat ancrera l’écologie dans la société française. Notre pays prépare une loi de transformation qui va occuper la vie parlementaire pendant plusieurs semaines Cette loi n’agira pas seulement sur les structures de l’économie pour en accélérer la décarbonation, elle innervera notre culture, en favorisant l’éducation à l’environnement, une publicité responsable, une consommation plus sobre.Tout cela, nous le devons à une expérience démocratique inédite, voulue par le président de la République : la convention citoyenne pour le climat. »

Le point de vue des écologistes : il suffit de recopier les propos de la serpillière de Macron pour savoir que les propositions des 150 citoyens vont s’enliser dans les sables mouvants de la concertation ad nauseam (jusqu’à la nausée) : « Les orientations du projet de loi préparé par le gouvernement sur la base du rapport des citoyens seront présentées à des groupes réunissant citoyens de la convention et députés. C’est le point de départ d’une concertation qui va durer jusqu’à la fin du mois de janvier 2021 et qui permettra de compléter et d’enrichir le projet. Le projet sera ensuite présenté en conseil des ministres fin janvier, puis soumis au Parlement à qui il appartiendra, comme le prévoient nos règles constitutionnelles, d’en assurer l’acceptabilité sociale et d’en valider le contenu à l’été 2021. ».

Quelques commentaires perspicaces sur lemonde.fr nous donnent le point de vue des écologistes :

Noleb : Ma première réaction aux propos de Pompili a été un grand éclat de rire. Puis est venue l’admiration : pas facile d’avaler autant de couleuvres tout en léchant toutes ces bottes. Bien joué, Barbara.

MICHEL SOURROUILLE : Un ministre de l’écologie, ça ferme sa gueule ou ça démissionne. Barbara Pompili , n’est que la serpillière d’Emmanuel Macron, elle doit subir comme tous les ministres de l’écologie antérieurs, sinon gare ! Nicole Bricq, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, n’a duré qu’un mois (16 mai 2012 – 21 juin 2012). Elle a été licenciée par le premier ministre Jean-Marc Ayrault parce qu’elle avait suspendu tous les permis de forages exploratoires d’hydrocarbures au large de la Guyane, ce qui n’avait pas plu aux lobbies pétroliers. Delphine Batho (juin 2012 – juillet 2013) a été licenciée par le premier ministre Jean-Marc Ayrault parce qu’elle contestait la faiblesse du budget qui avait été attribué à l’écologie. Sans oublier Nicolas Hulot, nommé ministre le 17 mai 2017 et démissionnaire 29 août 2018 parce que pour Macron la chasse et les chasseurs ont beaucoup plus d’importance que l’urgence écologique.

Victor M : Les propositions de la convention citoyenne pour le climat ont été balayées d’un revers de main par Macron ! Après la réintroduction des néonicotinoïdes, les suppressions de poste à l’ONF, la suppression des réglementations environnementales pour la construction de sites industriels géants, la création d’une cellule de gendarmerie pour traquer les lanceurs d’alerte (demeter),…, le gouvernement annoncera bien un ou deux trucs, mais si les décrets son un jour publiés, ils ne seront jamais réellement mis en application !

Georges-Henri : Voici une femme technocrate, arriviste, verte. La couleur ne fait rien à l’affaire. On reconnaît immédiatement aux choix de mots : Barbara Pompili ouvre des chantiers etc… et nous verrons que l’écologie, c’est avant tout du BTP, de la voitures électriques et de la technologie de toutes sortes, faire de la 5G etc. En revanche, protéger les rivières, éviter que les sols ne s’érodent, se dégager des formes productivistes d’exploitation forestière, planter des haies, reconstituer des talus, protéger la mer, toutes ces choses qui entretiennent la vie et réduisent l’effet de serre à zéro. Les techno ne veulent pas rétablir des équilibres là où ils sont rompus, ils veulent juste produire des choses peintes en vert. Il est urgent de se défaire de ces gens-là.

Julius Puech : Ce baratin est ce qu’on appelle de l’enfumage à verdir : Mme Pompili sait parfaitement que les 150 mesures de la CC ont été étripées.Les contraintes sur le poids des véhicules qui ne s’appliqueront à plus aucun véhicule vendu en France, les mesures d’isolation thermique qui deviennent optionnelles, les limitations du transport aérien qui disparaissent. Et vous prétendez faire un changement de société ? Quelle infamie ! Pendant ce temps, la loi sur la sécurité globale sera appliquée, ce qui nous entraîne un peu plus vers un état illibéral.

Oui mais non : Beaucoup a été écrit sur la « représentativité » de ces 150 citoyens tirés au sort. Mais on en sait encore plus et de façon certaine sur le manque de représentativité de l’Assemblée nationale ! Bref, si l’argument est la représentativité, Barbara Pompili devrait conclure que l’AN n’a pas de légitimité pour voter une loi qui affecterait de façon fondamentale etc.

Pour en savoir plus sur Barbara Pompili grâce à notre blog biosphere :

7 juillet 2020, Barbara Pompili fera-t-elle mieux que Hulot ?

13 juillet 2020, Barbari Pompili bientôt à l’épreuve du réel

27 juillet 2020, Barbara Pompili , sa déclaration d’intentions

31 juillet 2020, CLIMAT et décisions, il est urgent d’attendre

La droite envisage l’idée de décroissance

L’idée de décroissance fait son chemin même au sein de la droite… Avec Christian Jacob, le patron des Républicains, on a dépassé le stade de l’ignorance crasse pour passer au stade suivant, l’attaque bête et méchante : «  Les Verts et l’extrême gauche se sont approprié l’écologie pour promouvoir la décroissance… Pour respecter les accords de Paris via la décroissance, il faudrait rester confinés pendant trente ans ; la décroissance est donc une voie sans issue… C’est pour cela que je défends un développement durable… La recherche, l’innovation, les entreprises ont un immense rôle à jouer pour réduire les émissions, inventer des carburants moins polluants… Depuis un an, Les Républicains sont au travail, plus de cent réunions sur les sujets comme le réchauffement climatique, la qualité de l’air, de l’eau… A rebours d’une idéologie écologiste ne produisant que des slogans et de la peur, fixons-nous des objectifs précis à partir des réalités. Les commentaires sur lemonde.fr vont bon train :

EG : J’ai du mal à voir ce que les propos de Jacob ont de différents par rapport aux idées de la droite il y a 20 ans, et je ne savais pas qu’il suffisait d’en appeler au bon sens et à la science pour que la science apporte la solution d’un coup de baguette magique. Tout semble tellement évident quand on fait de la politique…
Dance Fly : Demander à un LR d’écrire une tribune sur la transition écologique c’est un peu comme demander au patron des chasseurs (W. Schraen) d’établir un programme de protection de la biodiversité. D’ailleurs dès le second paragraphe on voit surgir le slogan préféré de l’agrobusiness: « En 2050, la terre comptera 2,4 milliards d’habitants en plus. Il faudra bien augmenter considérablement la production agricole mondiale pour les nourrir ». Sous- entendu: faites confiance à ceux qui ont la mainmise sur l’agriculture : fabricants de pesticides, grands semenciers, OGM.
Alexandre Faulx-Briole : M. Jacob est bien sûr desservi par le fait qu’il est agriculteur dans la Beauce, céréalier, et donc pollueur en chef, aux yeux de ses détracteurs. Agriculteur, il devrait savoir que les carburants alternatifs sont sans doute « agro-carburants », mais qu’ils ne seront jamais « bio ».
Dance Fly : C. jacob démarre sa tribune sur un préjugé politique: les écologistes seraient d’horribles gauchistes décroissants. Il m’avait plutôt semblé que la prise de conscience des enjeux environnementaux traversent dorénavant toutes les strates de la société; c’est bien pour cela que la transition en cours n’est pas pilotée que par des décroissants, loin de là.
Transition_necessaire : Décroissance (de quoi?) = « sous cloche pendant 30 ans »… c’est ça le slogan qui fait peur ? « Il faudra bien augmenter considérablement la prod agricole mondiale ». C’est une pensée magique? Une alternative est de limiter la part de viande pour maximiser l’utilisation des calories produites. Jacob « Il nous faudra donc diminuer notre conso énergétique » même lui le dit. BRAVO!!! Donc la décroissance (de la conso matérielle) n’est PAS juste « une voie sans issue ». Il mise sur recherche innovation. « hydrogène vert » c’est quoi?? un rêve !
Réaliste : Ce n’est pas de la décroissance que de remplacer la vente des 4×4 et SUV par des berlines et citadines de même génération qui polluent 10 et 20 % de moins. Ce n’est pas de la décroissance que de remplacer la majorité des voyages aux antipodes avec passage par un hub par de la vidéoconférence. 90 % des terriens n’ont jamais pris l’avion contre quelques centaines de millions principaux responsables de cette pollution. Au-delà des mots, Jacob est-il prêt à ces évolutions ?
Gwen : La sobriété est la seule voie, c’est scientifiquement démontré. Dans une collectivité bien organisée, on n’a pas besoin de voiture (ou très rarement en location), de chauffage (habitat bio-climatique), de pétrole (no plastique), de congélo énergivore (produits frais locaux…), etc. Voilà où se situe l’enjeu : reprendre toute notre organisation à zéro pour construire sur des bases saine, au lieu de continuer le grand n’importe quoi comme le propose Jacob.
Gaïa : La décroissance est fondée sur l’abondance des interactions (pensée systémique), et non sur la promotion de la pénurie. Manifestement, nous n’avons pas la même définition de la décroissance que CJ.
ChP : Merci au Monde d’ouvrir une tribune à Ch. Jacob, cela permet de constater que son discours est d’une vacuité immense. Un discours vide de sens et sans objectif. Il préconise un développement durable! Un développement de quoi? Là est la question restée sans réponse.
Minga : Allons , ne soyons pas mauvaise langue, la droite vient de prendre conscience qu’il y avait un léger problème au niveau du climat, c’est déjà beaucoup !

Extrême droite et refus de la climatologie

Peu de gens auraient imaginé que le dérèglement du climat visible à l’œil nu coïnciderait avec l’importante progression d’une force politique qui nie catégoriquement ce phénomène. Aucun des scénarios du GIEC n’avait compté sur la possibilité que les dispositifs gouvernementaux en Europe et dans les Amériques seraient aux mains de partis et de présidents n’ayant qu’une hâte : expédier aux oubliettes l’urgence de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Nous soutenons dans ce livre* que la politique climatique de l’extrême droite s’est développée conjointement à certains intérêts matériels des classes dominantes.

Les changements progressistes ont tendance à provoquer de violentes réactions à leur encontre, et le climat ne fait pas exception. Le catéchisme du capitalisme fossile peut se résumer simplement : les combustibles fossiles sont bons pour les gens. Au fondement de cette doctrine se trouve un mode spécifique d’accumulation du capital qui domine depuis le début du XIXe siècle : la création de profits à travers l’extraction et la combustion des énergies fossiles. A mesure que l’extrême droite progresse, la thématique du changement climatique recule. La fragmentation de la politique climatique internationale sur des lignes nationales (cf accord de Paris de 2015) et les pressions nationalistes pour le retrait de l’accord ont formé deux maillons d’une même chaîne, le second poussant l’argument à son extrême : notre nation n’a pas à lever le petit doigt. Le fait que le capital fossile et l’extrême droite aient fusionné aux USA dans la personne de Donald Trump est significative. Dès sa première semaine à la Maison Blanche, à la fin du mois de janvier 2017, une cascade de décret approuvait le Dakota Access pipelines, le pipeline Keystone XL et décidait la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique. C’est devenu une règle, chaque fois qu’un parti européen d’extrême droite dément ou minimise l’importance du changement climatique, il fait par la même occasion une déclaration sur l’immigration. Quelques semaines avant l’élection présidentielle de 2007, Jean-Marie Le Pen proposait concernant l’immigration de couper « les pompes aspirantes, c’est-à-dire les services que nous assurons à tous les gens qui se trouvent sur notre territoire même si nous n’avons pas souhaité leur venir. » Il qualifia ensuite le changement climatique de « dogme » destiné à « terroriser les populations », affirmant qu’un éventuel réchauffement était dû au soleil. L’extrême droite agit dans le but d’anéantir toute barrière à l’accumulation du capital fossile, pour « libérer » les énergies bloquées sous terre.

Mais pour exister en tant que force historique réelle, la première des conditions est une crise. L’Italie et l’Allemagne sont entrées dans une crise d’après-guerre si profonde que les fonctions étatique de base – maintenir la cohésion sociale et garantir l’accumulation du capital – ne pouvaient plus être assurées ordinairement. Cependant aucune crise n’a engendré directement le fascisme. Mussolini comme Hitler ont été installés aux commandes par les détenteurs traditionnels du pouvoir qui misaient sur les forces fascistes pour sortir de l’impasse socio-économique due à la crise. Il faut reconnaître aussi à l’extrême droite un véritable mouvement de masse, avec une ferveur nationaliste et des partisans parmi les ouvriers. Le fascisme n’est pas pour les temps ordinaires ; aucune foule ne se rue vers lui si le sol ne menace pas de se dérober sous ses pieds. Mais quand une apocalypse se profile à l’horizon, les démagogues du sang et du sol tiennent le haut du pavé.

* Fascisme fossile (l’extrême droite, l’énergie, le climat) aux éditions La fabrique 2020

Des décroissants en faveur des SUV !

Le conducteur d’un SUV est un provocateur très méchant, il agresse violemment le climat et insulte par son véhicule tous les militants luttant contre le réchauffement climatique. Pourtant le mensuel de Vincent Cheynet* s’insurge contre la meilleure méthode de s’organiser contre la destruction systématique des conditions de vie sur Terre, par exemple « en dégonflant les pneus des SUV ». Ce journal de la décroissance condamne en effet les réflexions de « La Ronce **» : « Nous ne porterons jamais atteinte à l’intégrité physique des personnes, mais les biens matériels, eux, n’ont pas de sentiment. » Vincent Cheyet réagit ainsi : « La bonne blague ; cette entourloupe a déjà été démontée mille fois et l’accident potentiellement créé par des pneus endommagés atteindra bien les personnes. » C’est prendre les motivations de l’action directe par le petit bout de la lorgnette. Ce genre de « décroissant » est pour une définition très réductrice de l’action non-violente au nom d’une présentation tendancieuse et bornée de La Ronce : « Est-ce responsable que de lancer des jeunes au risque de la confrontation physique face à un propriétaire d’un SUV ? ». Comme si la violence physique d’un possesseur de SUV contre une personne se comprenait mieux que la défense du climat !

Approfondissons l’analyse. La Ronce** se définit comme « un nouveau collectif qui vise à démultiplier des actions directes, anonymes et décentralisées pour le vivant, pour empêcher de fonctionner ceux qui détruisent le vivant, ou a minima leur faire perdre des plumes via des gestes simples et peu risqués, des actions décentralisées, simultanées, pertinentes, faciles. » Ils constatent : « J’ai trop peu de pouvoir et ceux qui en ont ne font pas face. Ils fuient. Ils festoient sur les ruines, jusqu’à la dernière goutte de pétrole, le dernier arbre debout, la mort de la dernière abeille… Voilà. Je tiens une idée : inventer des gestes simples et peu risqués qui empêcheraient leurs 4×4 de rouler, leurs pubs de s’afficher, des gestes qui dégraderaient suffisamment l’emballage de leurs produits pour qu’ils ne puissent plus les vendre… Nous allons mettre un joyeux bordel, car nous savons que c’est dans l’ordre et la discipline qu’ils organisent la destruction systématique des conditions de la vie sur Terre… Dispersé⸱e⸱s, nous serons des milliers d’épines dans leur pied. Ensemble, nous sommes la Ronce… » Cela rejoint parfaitement la conception de notre blog biosphere. Nous avons lu avec intérêt le livre d’Andreas Malm et montré que la violence contre les biens appartient au registre de la non-violence, à la contre-violence. Ne pas vouloir comprendre ce message, c’est se mettre du côté des multinationales qui ne veulent qu’une chose, la croissance aveugle dans un monde fin, le suicide collectif.

Le rédacteur en chef Vincent Cheynet consacre nombre des colonnes de son journal à dénoncer les écotartufes, mais il ne s’attaque jamais au greenwashing, à l’écoblanchiment, aux entreprises. Pire, on devrait s’interdire même des gestes simples contre les SUV ?
Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

Urgence écologique et destructions de biens

8 octobre 2020, Les SUV agressent violemment le climat
16 septembre 2020, Contre-violence par destruction de biens
5 août 2020, CLIMAT, faut-il saboter les pipelines ?
22 octobre 2019, SUV ou Climat, faut savoir choisir !
14 juillet 2015, SUV, sports utility vehicles, l’objet à embras(s)er
* La décroissance, novembre 2020 page 8
** La Ronce, article de Reporterre

Jean-Luc Mélenchon, président en 2022 ?

Jean-Luc Mélenchon président ! Après 2012 et 2017, il se présente à la présidentielle 2022 : « Oui je suis prêt. Je propose ma candidature.  J’ai un programme, une équipe prête à gouverner. 2022, c’est le moment de changer. La société est en impasse. Nous avons les moyens d’innover, de faire différemment, d’abolir la monarchie présidentielle… Je suis un pôle de stabilité ». Jean-Luc nous sort tellement par les trous de nez que nous préférons laisser la parole aux commentaires sur le monde.fr de l’article « Victime de son tempérament et de ses impasses stratégiques, Jean-Luc Mélenchon est devenu son pire ennemi » :

Gérard B-19 : L’annonce de la candidature est un signe de faiblesse de la part du candidat LFI. Lancée en pleine pandémie cette déclaration ne fait que confirmer le déclin d’un homme politique qui comme Trump s’est toujours regardé dans la glace avant de regarder en direction des citoyens, de tous les citoyens. Inquiétant au début il est devenu grinçant sur tous les sujets. Bon tribun oui, mais pourquoi faire si ce n’est pour attiser le doute et la colère. La possibilité de la Maire de Paris Anne Hidalgo de porter les espérances de toute une gauche, écologistes, progressistes et démocrates confondus, a certainement été aussi un marqueur de cet empressement.

Bullocrate : Mélenchon, Jean Luc. Politicien poussiéreux fruit des amours impossibles de Tonton François, Cousin Léon, Oncle Fidel et tante Rosa.Tout çà dans un emballage de sénateur et de notable tendance troisième république. Fâché mais pas facho, petit boutiquier marseillais, a son avis sur tout mais jamais le même. Sa dernière lecture est à la Créolisation de Glissant mais s’est récemment mis au tchetchène donc on attend qu’il nous parle de Zelimkhan Iandarbiev.

a.ferrier : Simple rappel des faits : Mélenchon a été élu conseiller général PS à trente-quatre ans. Il a aussi été adjoint au maire, ministre et il est député. Il a choisi de se faire élire sénateur PS à trente-cinq ans. Il l’est resté jusqu’en avril 2000 (plus de treize ans) et a rempilé plus de cinq ans encore entre 2004 et 2010. Plus de dix-huit ans sénateur PS. Quelqu’un aurait-il la gentillesse de nous rappeler le bilan de ces plus de dix-huit ans au Sénat ? Par ailleurs, un beau jour, en 2010 précisément, il publie ce pamphlet désopilant « Qu’ils s’en aillent tous ! ». Lui seul peut rester pour diriger la France et la sortir des ténèbres ? Est-il permis de sourire ?

Nihaho : Anticapitaliste, antilibéral : pourquoi pas. Sortir des traités européens: bof, il semble que l’Europe devienne moins naïve, protège ses intérêts et arrête avec ce dogme absurde de l’ultra libéralisme. Complaisance vis à vis de l’islamisme radical: Certainement pas.

Quiquengrogne : Antilibéral et anticapitaliste, mais pro quoi ? C’est bien facile d’être contre, et on peut être séduit par sa férocité et sur le fond de beaucoup de choses qu’il dénonce, mais un homme politique doit proposer une vision du monde et une stratégie pour le pays qui soit réaliste.

Constat : Je pense que le programme de 2017 de LFI était un bon programme, sérieux équilibré et progressiste. Porté par un bon leader. On peut le relire et en discuter. Perso je l’ai voté, et on a perdu. Il reste un bon projet. Mais depuis mai 2017, le leader a perdu beaucoup de sa crédibilité. Ego démesuré ? Nerfs fragiles? Prise de positions maladroites, déconnectées de la réalité? Bref, une notoriété en miettes pour beaucoup de ses e- électeurs. JLM n’a pas voulu faire un parti politique. Juste des adhérents internet. Lui décide de tout, et sa bande d’élus redevable suit, en se fermant les yeux, et en s’agitant sur le net, croyant faire de la politique et exister, sans militants en faisant l’impasse sur les campagnes électorales locales et régionales. (peur d’une autre défaite après les Européennes). JLM devrait méditer sur sa 4ème place, et sur les 7212000 voix obtenues par Fillon arrivé troisième, mis en examen, sans programme, et sans campagne. Rien ne changera en 2022. Et la gauche désunie perdra.

Dominique Deux : Que JLM soit son pire ennemi, c’est son problème. Mais c’est surtout, depuis des années, le pire ennemi de la gauche, qu’il écarte systématiquement de tout progrès dans les urnes. Aujourd’hui, mettre le feu à la savane pour cramer le dernier carré des éléphants résume toute son ambition.

Ecce homo : JLM va perdre. Il va faire perdre la Gauche et l’Écologie. Il va faire gagner Macron … Son « mouvement » ne tournant qu’autour de sa personne, il n’a pas su faire émerger de nouvelles options de personnalités ? Pas de tentative d’union large contre Macron ? Le mur approche.

John Gadret : Dois-je rappeler qu’en 2017, tous les médias appelaient Mélenchon à se rallier à Hamon, qui était censé être le seul leader de la gauche. On connaît le résultat, et curieusement, personne n’a appelé Hamon à retirer sa candidature. Si Hamon s’était retiré Mélenchon était au 2ème tour donc qui a réellement fait perdre la gauche ?

Bénévole : N’oublions par de préciser l’ambiguïté de Méluche lors du second tour 2017. Pour certaines personnes de gauche dont je fais partie, ne pas prendre position par rapport au RN ne signifiait pas adouber Emmanuel Macron. C’était incompréhensible.

T-FOUQUE : Melenchon, c’est le Jean-Marie Le Pen de la gauche. Le mec qui empêche tout rassemblement de la gauche et donc toute victoire aux élections. Mais il récupère le financement au passage. Le + triste ce sont les jeunes qui l’aide en pensant faire avancer la cause.

Hedgehog : Le mépris que m’inspire JLM est à la mesure de trois séquences de sa vie. Vers 1980, dans un débat avec un cacique ultralibéral du RPR, un jeune homme plein de déférence et d’amabilité pour un adversaire qui sanctifiait Reagan et Thatcher. Dans les années 2000, un comportement extrêmement agressif aux Matins de France Culture contre entre autres Agnès Benassi-Quéré et Brice Couturier (de mémoire). JLM faisait du Trump avant Trump. Méprisable, pas d’autre mot. La séquence filmée lors de la perquisition : grotesque, antirépublicain. Encore une fois, pas tellement loin en nature du fou de la Maison-Blanche.

jea.vie : A tout cela il faut ajouter une garde rapprochée en dessous de tout, a l’exception notable d’Adrien Quatennens. Les interventions, le positionnement, l’agressivité permanente et le dogmatisme méprisant de Corbière, Obono , Chikirou ou Coquerel desservent fortement la cause qu’ils défendent.

Pour conclure, la position de JLM sur l’écologie telle que nous l’avons perçue :

BIOSPHERE-INFO, Jean-Luc Mélenchon et l’écologie