politique

Napoléon justifie la « fureur populaire »

Pour la réflexion de nos amis décroissants qui croient que la rupture écologique s’accomplira par la seule vertu des manifestations dans la rue et s’accompagnera nécessairement de non-violence absolue, cette pensée de Napoléon Bonaparte sur la nécessité de la terreur :

Mardi 3 septembre 1816. Après dîner, quelqu’un ayant mentionné la date du jour, l’empereur a dit : « c’est l’anniversaire d’exécutions bien épouvantables, bien hideuses [massacres de septembre 1792, lorsque les révolutionnaires exécutent dans les prisons les suspects de royalisme]. Cet événement, continua l’empereur, était dans la force des choses et dans l’esprit des hommes. Point de bouleversement politique sans fureur populaire. Comment dire à tous ceux qui remplissent toutes les administrations, possèdent toutes les charges, jouissent de toutes les fortunes : allez-vous-en ! Il est clair qu’ils se défendraient : il faut donc les frapper de terreur, les mettre en fuite, et c’est ce qu’ont fait la lanterne et les exécutions populaires. La terreur en France a commencé le 4 août. Lorsqu’on a aboli la noblesse, les dîmes, les féodalités, et qu’on a jeté tous ces débris au peuple, il se les est partagés, n’a plus voulu les perdre, et a tué. Alors seulement il a compris la Révolution, et s’y est vraiment intéressé. Jusque-là, il existait assez de morale et de dépendance religieuse parmi eux, pour qu’un grand nombre doutât que, sans le roi et les églises, la récolte pût venir comme de coutume. Règle générale : jamais de révolution sérieuse sans terreur.« 

Toutefois, concluait l’empereur, une révolution est un des plus grands maux dont le Ciel puisse affliger la Terre. C’est le fléau de la génération qui l’exécute ; tous les avantages qu’elle procure ne sauraient égaler le trouble dont elle remplit la vie. Elle enrichit les pauvres, qui ne sont point satisfaits, elle appauvrit les riches, qui ne sauraient l’oublier. Elle bouleverse tout, fait le malheur de tous, le bonheur de personne. Dans les temps réguliers et tranquilles, chacun a son bonheur. Le cordonnier est aussi heureux dans sa boutique que moi sur le trône ; le colonel jouit autant que le général. Les révolutions détruisent tout à l’instant même, et ne remplacent rien. Toute révolution de cette nature n’est et ne peut être, dans le principe, qu’une révolte. Le temps et le succès parviennent seuls à l’ennoblir, à la rendre légitime. La durée de l’autorité, nos victoires, nos traités, le rétablissement de nos mœurs avaient fait de nous un gouvernement régulier ; nous ne pouvions nous charger des mêmes fureurs ni du même odieux que la multitude. Mais on n’a pu y parvenir que par la terreur. 

CLIMAT, Joe Biden nous grise de promesses

Joe Biden a promis le 22 avril 2021 de réduire les émissions de gaz à effet de serre de son pays de 50 % à 52 % d’ici à 2030 par rapport à 2005 au nom d’un « impératif moral et économique ». La diplomatie chinoise a raillé « un mauvais élève qui revient sur les bancs de l’école après avoir séché les cours ».

Ricardo Uztarroz  sur lemonde.fr : 2030, c’est dans 9 ans seulement. Ce genre de promesse n’engage que ceux qui y croient mais pas ceux qui les profèrent. On doute que Biden décidément de plus en plus bidonnant soit encore en fonction cette année-là pour reconnaître qu’il avait dit n’importe quoi. Comment va-t-il s’y prendre ? Interdire les vols, les voitures à essence, etc… Imposer la voiture électrique. Comment va-t-il produire l’électricité ? Avec le gaz de schiste, le nucléaire? Bref un engagement qui ne l’engage pas. Quand les bornes de la démagogie sont franchies; il n’y a plus de limite, a dit un certain sapeur.

Sarah Py : Puisque cela semble si simple, sans baisse des niveaux de vie, sans sacrifice aucun, que ne nous l’avez vous pas proposé plus tôt. Une révolution énergétique, une révolution des modes de production sans larmes, ni sueur, et sans précision quant à sa mise en œuvre, ça a un côté prestidigitateur, le lapin qui sort du chapeau. Comment un esprit lucide d’un peu de conscience peut-il croire en ces promesses ? Il est où ce plan précis, travaillé, réfléchi, qui autorise de telles affirmations? Qui le connaît ?

Johan : J’aimerais beaucoup que Le Monde pose les questions suivantes : Comment tenir un tel objectif ? Quelles conséquences sur le modèle économique et social ? Par exemple, si je me donne l’objectif de perdre 20 kg en dix jours, quelle est la conséquence sur mon métabolisme ? A priori, il faut que je me coupe une jambe. Vais-je le faire ? La crédibilité de ce genre d’annonces devrait faire sursauter votre rédaction.

Michel SOURROUILLE  En avril 1977, le président Carter s’adresse par télévision à la nation : « Ce que je vous demande est l’équivalent d’une guerre. Il s’agit bel et bien de préparer un monde différent pour nos enfants et nos petits-enfants. » La revue Newsweek chiffre le gaspillage moyen d’énergie qu’il veut supprimer à plus de la moitié de la consommation totale. Sans largeur de vue, tous ceux qui sentent leur intérêt et même leur simple confort menacé se mettent à hurler. Le royaume automobile de Détroit déclare la guerre au président Carter. Le peuple suit, bien entendu. Carter ne perd pas quinze points de popularité, mais trente-cinq ; sa cote passe de 70 à 35 au début de 1978. Le peuple américain n’est pas mobilisable pour des sacrifices dont il ne voit pas la nécessité. On retrouve là les illusions des penseurs du XIXe siècle. Les réserves de matières premières inépuisables : erreur. La crise va se terminer : erreur. La crise va devenir l’état normal de l’humanité et imposera l’austérité. (in« Vivre sans pétrole  de Jean Albert Grégoire)

Transition_necessaire : Le nouveau discours dominant c’est: financer largement les projets verts, de la voiture électrique, des ENR qui vont exploser (les coûts baissent super !), du nucléaire mais tout le monde pas d’accord) plein de progrès technologique, de la croissance avec les nouveaux emplois verts (isolation bât & co), de la capture CO2 massive (comment ? on finance la recherche et on verra). Donc tout va bien juste en faisant encore un peu tourner la planche à billet (dette qui ne coûte rien), et le problème énergie / climat va être résolu sans renoncer à notre pouvoir d’achat qui va augmenter par nécessité. Si hélas j’y crois pas et vois des limites physiques partout, ça veut dire que je n’ai pas la bonne idéologie ? Sinon quelqu’un réfléchit à des récessions organisées ?

Mon testament de militant écolo

25 ans de présence active au sein de l’écologie politique, cela use. Voici mon bilan, globalement négatif.

J’ai voté en 1974 pour le premier candidat à la présidentielle, René Dumont. Son programme, s’il avait été respecté, aurait fait de notre planète une société complètement différente de l’actuelle qui nous impose une civilisation thermo-industrielle et croissanciste. Mais je restais allergique aux jeux politiciens, « élection piège à cons » restait mon mantra. Je me contentais de voter écolo, j’ai vécu une vie engagée au niveau associatif. Après vingt ans au service du jeu d’échecs, je suis même devenu vice-président de la FFE. Mais au milieu des années 1990, j’ai trouvé que la situation de la planète était suffisamment grave pour que je m’engage à plein temps dans ce collectif mouvant qui constituait l’écologie politique.

J’ai adhéré aux Verts, suivi passionnément les journées d’été, pris différents rôles au niveau du groupe local. Mais l’acoquinement avec le PS à partir de 1994 l’empêchait de présenter électoralement une écologie de rupture. J’ai alors choisi en 2002 l’entrisme au PS, autant ne pas rester l’élève du maître. Je croyais sincèrement que l’urgence écologique devenait devenue telle qu’un parti dit « de gouvernement » allait se saisir de cette thématique. J’étais pendant 10 ans membre de la commission nationale environnement du PS, en charge officiellement d’un suivi de la politique de la droite en matière d’écologie, périodique envoyé à tous les députés et sénateurs socialistes. J’ai aussi participé activement à la motion d’orientation du congrès de Reims en 2008, « Pour un parti socialiste résolument écologique ». Échec total, 1,58 % des voix seulement. Au PS il n’y avait pas débat d’idées, c’était la lutte à couteaux tirés pour savoir à l’époque qui allait être premier secrétaire du parti, Ségolène ou Bertrand, Martine ou Benoît. Un parti politique quel qu’il soit ne réfléchit pas, il s’épuise dans les affrontements de pouvoir (le bal des ego), J’ai organisé en janvier 2011 un colloque dans les locaux de l’Assemblée nationale « Pic pétrolier, quelles propositions politiques pour 2012 ? ». Plusieurs spécialistes à la tribune, la salle de réunion du PS pleine à craquer, des députés dans la salle et à la tribune. On n’en a retenu aucune leçon. De toute façon le vieux PS de François Hollande n’était pas mûr pour parler « écologie », on l’a bien vu par la suite. Une fois arrivé au pouvoir en 2012, leur optique croissanciste traditionnelle a constitué leur mantra.

J’ai donc rejoint EELV en 2011 avec le statut (nouvellement créé) de coopérateur qui me permettait la double appartenance partisane, socialiste ET écologiste. J’ai co-animé en 2011 aux JDE de Clermont-Ferrand un atelier qui a permis la création d’une commission accueil-formation, structure sans résultats malgré plusieurs WE de rencontres à Paris. Cette commission s’est enlisée dans les méandres de GIRAF (groupe interrégional accueil/formation)… Je me suis alors encarté à EELV pour participer activement aux décisions de congrès. Je voulais une écologie de rupture, j’ai soutenu la motion Avenir Ecolo au congrès de Caen en 2013. Échec à nouveau. Pour le congrès suivant, on est devenu « Pôle Ecolo » après l’union avec Objectif Terre  ; j’ai été co-administrateur de la liste de diffusion. Mais nous avons été écarté du congrès suivant par les partisans de la firme résultant des initiatives politiciennes du couple Cécile Duflot et Jean Vincent Placé.

J’ai continué d’essayer l’impossible, y compris par des livres en libraire. J’ai coordonné un livre paru début 2014 avec comme co-auteurs Yves Cochet, Pablo Servigne, Alain Hervé… et intitulé « Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) ». Sur cette thématique démographie/écologie, j’ai la même année organisé un atelier aux JDE,qui a débouché sur un groupe de travail « démographie » officialisé avec réticences par le BE, mais sans aucun écho chez nos dirigeants. Le malthusianisme de René Dumont était devenu un tabou pour le parti. Je suis aussi cofondateur du groupe de travail « imaginer une économie écologique », une instance adoubée par le CF en 2014 qi deviendra par la suite la commission post-croissance. Pour préparer la présidentielle de 2017, j’ai rédigé un livre synthèse de 370 pages, « L’écologie à l’épreuve du pouvoir », présentant tous les programmes politiques possibles, et publié juste avant les JDE de 2016. Mais nos instances dirigeantes ont refusé un atelier autour de mes thématiques, on ne m’a même pas donné la parole lors d’un atelier pourtant consacré à l’avenir de l’écologie. On a préféré encenser aux JDE le livre de Cécile Duflot, « Le grand virage », un livre qui ne parle pas d’écologie !

Entre les deux tours de la présidentielle de 2017, j’ai donc pris contact étroit avec le (futur) député « en marche » de ma circonscription, très ouvert apparemment à l’écologie. Mais dans le groupe local macroniste, autant la plupart des adhérents de base avaient la fibre écolo, autant les orientations nationales allaient à l’inverse. Au bout de deux ou trois mois, j’ai compris (comme bien plus tard Nicolas Hulot) que Macron n’était pas compatible avec l’écologie. Mon livre anti-Macron « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir » est sorti en libraire en octobre 2018. Je suis (re)devenu coopérateur EELV à plein temps. J’ai mis en place officiellement en 2019 lors des JDE de Toulouse un collectif « Formation de formateurs à l’écologie ». J’ai rassemblé tout un groupe, mais il n’y avait que moi qui était actif pour rédiger fiches de formation et rapports de conférences. Qui savait que le Bureau Exécutif actuel comptait un membre dédié à la formation ? Personne ! Mais il ne faut pas se décourager, il faut toujours chercher le chemin le plus propice à promouvoir l’écologie en politique.

J’ai presque tout essayé. J’ai testé sans beaucoup d’illusions plusieurs tentatives d’ouverture du mouvement, à une époque j’étais au Conseil d’orientation politique, et plus récemment avec le groupe de travail sur la « réinvention du Mouvement »… Aucune de ces structures, groupes de travail ou commissions, n’est arrivé à donner un résultat durable, les militants préfèrent se contester entre eux plutôt que de rechercher la symbiose. On peut d’ailleurs généraliser à toutes les commissions thématiques du parti EELV, elles existent théoriquement pour réfléchir et éclairer le parti sur les orientations à prendre, elle ne servent à rien. La seule commission qui arrive à se faire connaître, c’est la commission féminisme, mais on n’y parle pas d’écologisme !

En résumé EELV ne peut pas devenir un parti de gouvernement sous sa forme actuelle, groupusculaire et traversée de tensions internes. Les succès récents aux élections ne s’expliquent pas par un programme homogène ou une figure charismatique, EELV bénéfice seulement aux yeux de l’électeur moyen de l’étiquette « écologie ». En ignorant le rôle qu’aurait pu jouer la coopérative qui existe pourtant depuis dix années à ses côtés, EELV aurait pu élargir sa base militante. Le parti nous a au contraire marginalisé, refusant de devenir un mouvement. La coopérative devrait rassembler 120 000 membres au lieu des 120 que nous sommes actuellement. Échec donc sur toute la ligne. Ce sont les craquements de notre Terre-mère et ses dysfonctionnements provoqués par notre espèce qui nous obligeront à penser autrement. Homo « sapiens » n’est pas assez sage pour préparer politiquement des lendemains qui vont être très difficile pour une civilisation qui pille la planète. Et ce n’est pas parce que tous les partis sans exception vont se dire écolo pour la présidentielle de 2022 que cela va changer la donne. Ce sera écologie superficielle et business as usual malgré les secousses virales. Mais je reste coopérateur de cœur, plus spectateur qu’acteurje préfère me consacrer à mon association biosphere et à l’association Démographie Responsable.

Michel Sourrouille

Sécurité ou liberté, que faut-il préférer ?

On prône au niveau économique la liberté des entreprises et le principe d’innovation contre l’intérêt des générations futures et le principe de précaution. Mais dans le domaine social, on penche pour le zéro risque au détriment de nos libertés. Voici quelques indications sur ce débat crucial, sécurité ou liberté ?

Mireille Delmas-Marty : « Le rêve du risque zéro, qu’il s’agisse de terrorisme ou de pandémie, entraîne inévitablement une surenchère, voire une sorte d’hystérie législative. Rappelons-nous le tournant sécuritaire post-11 septembre 2001. Après les discours musclés annonçant l’éradication du terrorisme, voici les discours savants sur le « Zéro Covid ». Et toujours la même obsession sécuritaire, le même rêve d’un monde sans risque, sans crime et sans maladie. Mais le rêve d’un monde parfait peut rapidement tourner au cauchemar des sociétés de la peur. D’autant plus que de nouvelles technologies ne cessent d’arriver sur le marché, offrant aux décideurs des moyens de surveillance hier inimaginables : reconnaissance faciale, géolocalisation, drones, algorithmes de reconnaissance des émotions et bientôt puçage généralisé. Je suggère d’expliciter politiquement les critères d’acceptabilité sociale des différents risques. »

F.Marin sur le monde.fr : Merci Madame Delmas-Marty !  » Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux  » – Benjamin Franklin

Michel SOURROUILLE : Pour la pandémie, on aurait pu choisir politiquement l’immunité collective par acceptation d’une mortalité élevée avec périodes de quarantaines ponctuelles comme cela se faisait autrefois aux temps des épidémies. On respectait (sans en connaître le terme) le critère darwinien de sélection naturelle. On a choisi l’immunité collective par confinement généralisé et vaccination pour ainsi dire obligatoire. Mais au lieu de renforcer la résilience des populations, on provoque l’apparition de virus mutants qui veulent contourner (grâce d’ailleurs au mécanisme de sélection naturelle propre aux virus) l’obstacle vaccinal et qui se révèlent parfois plus dangereux et/ou contaminant. La question de l’acceptabilité sociale, comme l’indique Delmas-Marty, est donc essentielle. Mais l’opinion publique se formate, on aurait pu lui faire accepter un taux de létalité de 1 % si on n’était pas rentré dans une société qui veut le risque zéro à tous les niveaux, y compris les guerres zéro-morts (chez nous)

San-San : N’oublions pas que cette pandémie serait passée complètement inaperçue il y a un siècle (la grippe espagnole n’a pas fait beaucoup de bruit alors qu’elle était bien plus grave). N’oublions pas que cette pandémie ou encore les attentats divers ne sont rien à côté des ennuis qui nous attendent du fait du réchauffement climatique et de la raréfaction des ressources. Il y a de quoi s’inquiéter pour nos libertés comme pour notre sécurité.

Alioca : Je crains qu’il ne soit déjà trop tard, tant les volontés sont anéanties et les âmes anesthésiées. Je trouve qu’on ne met pas assez en avant la responsabilité historique des députés et sénateurs, représentants du peuple, qui ont abdiqué sans cesse leur/notre pouvoir en votant et revotant l’état d’urgence. Sommes-nous conscients qu’à l’heure actuelle la France est gouvernée par un « Conseil de défense » dont les délibérations sont couvertes par le Secret défense ? C’est hallucinant.

Nok nok : Tocqueville avait vu juste quand, imaginant le despotisme en démocratie, il avait prophétisé un « despotisme doux » qui couvrirait la surface de la Terre « d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour ».

Novi : Quand j’étais gosse, il y avait des gardiens de square à Paris, à qui il suffisait d’un geste pour que les malotrus se tiennent bien. Aujourd’hui, les gardiens sortent à plusieurs et ils osent à peine traverser un square.

Publicité et lutte pour le climat, le fiasco

Il devrait être évident pour tous les citoyens que n’importe quelle publicité est faite pour provoquer la surconsommation, donc l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Du point de vue des écologistes, la publicité, qui n’est qu’une forme sournoise de propagande, devrait être interdite. Comment continuer à accepter qu’il soit autorisé de faire le vide dans les cerveaux pour inciter à boire du Coca Cola ou à rouler en SUV ? Pourtant ce déni de l’urgence écologique trône à l’Assemblée nationale. Les députés viennent d’achever l’examen du titre 1, « consommer » du projet de loi « climat et résilience ». La prise de bec sur la publicité est significative d’un débat « démocratique » soumis aux diktats des entreprises. La liberté d’entreprendre et la santé immédiate des secteurs économiques passe avant la détérioration des conditions de vie sur notre planète. La fracture au sein même des Macronistes est palpable, démonstration :

– amendement proposé par une députée LRM : « lorsqu’on constate un manquement grave aux codes de bonne conduite en matière d’environnement, le CSA adresse des observations publiques aux sociétés concernées ».

La rapporteuse LRM du titre 1 rejette cet amendement. « Si, chaque fois que le CSA constate un manquement, il doit formuler publiquement une observation, nous manquerons notre objectif, car le rôle de cette instance est de permettre aux entreprises d’ajuster leur comportement, d’aller dans la bonne direction et de réduire la publicité ayant un impact négatif en matière environnementale ».

– La ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, émet un avis favorable à l’amendement : « Une fois n’est pas coutume, je ne suis pas d’accord avec madame la rapporteuse. L’amendement vise à permettre au CSA de formuler des observations publiques aux sociétés qui auraient commis un manquement grave au code de conduite qu’elles ont adopté en matière de publicité. C’est la logique du “name and shame” (nommer et faire honte). que nous avons retenue en matière de responsabilité de l’annonceur. »

– Une députée LRM contredit la ministre : « Alors que nous cherchons à accompagner les entreprises engagées dans une démarche d’amélioration, nous devons éviter qu’elles puissent voir leur image de marque détruite en très peu de temps »

Au final le « name and shame » a été rejeté, la droite se joint bien sûr aux anti-écolos macronistes dans leurs votes. Contre la convention citoyenne pour le climat, tous les amendements visant l’interdiction de la publicité pour les plus polluants ont été rejetés. La CCC demandait que l’interdiction du dépôt de publicité dans les boîtes aux lettres, sauf autorisation « Oui pub », soit mise en vigueur : rejeté ! L’interdiction de la publicité lumineuse et celle dans les vitrines des magasins… rejeté ! Un autre amendement proposant l’obligation d’un bilan annuel pour les annonceurs sur les investissements publicitaires « faisant apparaître la répartition des investissements entre les produits vertueux et les autres, pour les produits soumis à l’affichage environnemental », a aussi été rejeté. Le rapporteur général du projet de loi (LRM) se permet d’en rajouter : « Nous demandons déjà beaucoup aux entreprises dans ce projet de loi , il ne faut pas en rajouter ». C’est le ditkat du business as usual, c’est un désastre pour l’écologie et les générations futures…

Du point de vue des écologistes, Devenons casseurs de pub, soutenons les déboulonneurs

Aussi sur notre blog biosphere, Tout savoir sur la publicité qui nous dévore

2022, Édouard Philippe président ET écolo !?

Nous adorons ce qui va se passer en 2022, les candidatures pleuvent : Xavier Bertrand, Macron, Hidalgo, Jadot, Mélenchon, etc. Et maintenant Édouard Philippe dixit LE MONDE, Comme les sondages avertissent d’un risque non négligeable de la victoire de Marine Le Pen en cas d’un deuxième tour face à Macron, le risque deviendrait négligeable dans le cas d’un duel Philippe/Marine. Pour « sauver la république », place au vote utile. Dès le premier tour, Édouard Philippe obtiendrait à vue de nez les 3/4 des voix LR, une bonne moitié des LRM, 1/5 des PS ; il sera donc au second tour et élu président.

Dommage que l’article du MONDE se contente pour le moment de ragots : Après sa réélection inespérée comme sénateur de la Côte-d’Or, en septembre 2020, le macroniste François Patriat a eu droit à un appel dans le plus pur style philippiste : « Ils ont voulu ta peau… Turlututu doigt dans le cul ! »… « Edouard est un orgueilleux, il n’osera jamais me trahir », a glissé le chef de l’Etat à un ami... « Ça les rassure, ils veulent qu’Édouard reste un homme lige, alors qu’il n’est plus aux ordres », souffle un ami du maire du Havre.

Mais le quotidien « de référence » note aussi que la candidature d’EP est sur sa rampe de lancement. Neuf mois après son départ de Matignon, l’« ex » s’autorise à commenter la politique nationale à l’occasion de la publication le 7 avril d’un livre, Impressions et lignes claires, coécrit avec son ami et conseiller le député européen Gilles Boyer. Depuis qu’il a quitté Matignon, l’ancien directeur général de l’UMP travaille ses réseaux politiques, avec des maires de droite et de gauche. Cette campagne qui ne dit pas son nom suscite l’agacement en Macronie. Pourtant l’idée que son ancien premier ministre cherche à le doubler ne monte pas encore au cerveau d’Emmanuel Macron. Pourtant il avait fait de même avec François Hollande en 2017, le coup de couteau dans le dos.

Aucun des 53 premiers commentaires sur lemonde.fr n’ont révélé que Gilles Boyer est un fervent écolo qui a écrit un roman entièrement consacré à cette problématique,  « Un monde pour Stella ».On y envisage la création d’une Organisation mondiale qui aura vocation à réguler tout phénomène économique, social ou environnemental qui, de par ses causes ou ses conséquences, dépasse le cadre des frontières étatiques et ne peut qu’être abordé au niveau mondial dans l’intérêt général de l’Humanité. C’est radical, limitation stricte des naissances à une par femme dans le monde entier, taxation mondiale sur les gaz à effet de serre, interdiction de l’abattage des arbres sauf dans les zones strictement délimitées, couvre-feu mondial à 22h30 pour économiser l’énergie dans les zones non équipées en énergies renouvelables. Gilles Boyer poursuivait : « Ces mesures peuvent sembler autoritaires et brutales. Elles nous sont imposées par notre laisser-aller collectif depuis des décennies. Toutes ont en commun la recherche de l’intérêt général du genre humain. Leur application sera assurée par une force de police, reconnaissables par leurs casques verts, et qui auront tout pouvoir pour signaler et réprimer les manquements constatés. La Déclaration universelle des droits de l’Homme sera refondée pour y inclure des devoirs… »

Que l’écologie radicale entre à l’Élysée dans la valise d’Édouard Philippe, cela serait une surprise de taille.

Pour en savoir plus, le point de vue des écolos :

14 juin 2019, Édouard Philippe devient plus vert que vert

30 juin 2020, Philippe prône le 80 km/h, Macron le 130 km/h

En 2022, tous les partis seront verts !

Considérée comme l’un des enjeux majeurs de la prochaine élection présidentielle en 2022, l’écologie politique se décline aujourd’hui en quatre versions.

(V1) Marine Le Pen, une vision patriotique, enracinée et localiste ;

(V2) Emmanuel Macron, une vision néo-libérale, « pragmatique », faite de croissance verte et de croyance dans l’innovation technologique ;

(V3) Jean-Luc Mélenchon, une vision transformatrice, conjuguant réponse à la crise écologique et impératif de justice et d’émancipation sociales ;

(V4) une vision réformiste, articulant régulation publique, urgence climatique et protection du Vivant.

Dans ce paysage électoral éclaté mais toujours « vert », la droite hésite ente la version V1 et la version V2. Le PS et EE-LV ne parviennent pas à se positionner clairement entre V3 et V4. Face à un gouvernement affairé à promouvoir la vision V2, Anne Hidalgo pourrait associer la vision V4 au récit d’une société désirable, faisant coïncider besoins essentiels de la population et nécessité de la rupture écologique. Il nous faudrait une société du « consommer moins pour consommer mieux », une sobriété partagée, une politique respectueuse des non-humains et préservant l’avenir des générations futures. Mais l’étoile montante de la social-écologie pourra-t-elle rassembler des troupes disparates quand chacun cherche à tirer la couverture à soi, rien n’est moins sûr. De toute façon, Anne Hidalgo ne montre pas pour l’instant une fibre d’écologiste affirmée. Un(e) candidat à la présidentielle doit montrer pour arriver au second tour une figure passe-partout qui va faire plaisir à l’électeur/électrice moyen.

Un rapport récent de l’Agence Européenne de l’Environnement de Copenhague confirme l’impossibilité de conjuguer croissance et baisse des émissions de carbone, ouvrant la voie à une réflexion officielle sur une décroissance sélective de l’économie et une société de post-croissance. D’après une enquête récente, 76 % des Français considèrent qu’un mode de vie plus sobre s’impose. MAIS 58 % des Français croient en effet que la société n’est pas prête pour un tel changement. Ah, l’acceptabilité sociale des mesures douloureuses ! L’idéal écolo se confronte aux exigences des acquis sociaux à conserver à n’importe quel prix , la plupart des individus attendent des autres le changement. Dans ce contexte délicat, un présidentiable ne peut pas tenir un discours écologique consistant. Il va faire un écoblanchiment, comme Macron avec sa loi « climat et résilience » vidée de sa substance active.

C’est pourquoi un social-écologiste modéré va ignorer la nécessité d’une taxe carbone pour faire miroiter l’idée de chèque vert, une distribution sous conditions de revenu de bons d’achat ciblés sur des produits et services compatibles avec la transformation écologique. Il faudrait baisser le niveau de vie des Français, un niveau non supportable pour les équilibres biophysiques de la planète, on leur parle de sauvegarder leur pouvoir d’achat ! Sur notre blog biosphere, nous suivons attentivement l’approche par les différents partis de l’urgence écologique :

19 mars 2021, Parti(r) pour la décroissance (création d’un nouveau parti, demain la décroissance)

14 mars 2021, L’écologie vert de gris de Marine Le Pen

13 mars 2021, Macron, politique de dénigrement des écolos

6 février 2021, 2022. Hidalgo, la Jaurès de l’écologie ?

11 novembre 2020, Jean-Luc Mélenchon, président en 2022 ?

24 septembre 2020, La force de l’écologie aux législatives 2022 (Yannick Jadot)

9 août 2020, Quelle stratégie pour l’écologie en 2022 ?

CLIMAT, l’adaptation dessert la résilience

Thierry Ribault : « La résilience entend nous préparer au pire sans jamais en élucider les causes. Dans les années 1970, l’écologue Crawford Holling développera un programme de « sécurité écosystémique » baptisé Résilience, c’est-à-dire la capacité à supporter les chocs et à se réorganiser efficacement en capitalisant sur les « opportunités émergentes ». C‘est ce qui fonde la « transition écologique et climatique » tant attendue par la loi Climat et résilience. Cette loi a toutes les allures d’une implacable fabrique du consentement. Appelant à « lutter contre » le dérèglement climatique en vivant avec, en exhortant chacun à prendre part de manière positive et citoyenne, la loi euphèmise le fait que nous sommes dans la catastrophe, en tablant sur nos aptitudes à rebondir vers un « monde de demain » déjà là. Ce qui la rend contestable n’est pas tant qu’elle serait un collage de « mesurettes », comme s’en indignent ceux qui en attendent toujours plus d’un Etat pétrifié, mais qu’elle entérine ce nouvel esprit reposant sur le « do it yourself ». Citoyens, industriels et décideurs deviennent responsables à parts égales, là où on a affaire à des processus socio-économiques. Sortir de la prétention technologique de pouvoir répondre à des situations impossibles, c’est prendre conscience de l’impuissance et de ses causes de notre impuissance. La suite en découlera. »

Du point de vue des écologistes, Thierry Ribault veut réactualiser l’opposition entre ceux qui prônent des démarches individuelle de sobriété avec réduction de leurs propres émissions de gaz à effet de serre, et ceux qui attendent de l’État qu’il agisse à notre place. Fausse opposition puisque la collectivité est formée par un ensemble de citoyens, le pouvoir politique décide en fonction de l’acceptation sociale du partage de la sobriété. C’est une relation d’interdépendance et de complémentarité. Laissons aux commentateurs sur lemonde.fr le soin de poursuivre le débat :

Thibaut : Très très discutable ce Thierry Ribault. D’abord, on ne voit pas bien en quoi améliorer notre résilience collective exclurait de remettre en cause « en même temps » les excès du modèle productiviste actuel. Au contraire, les deux vont même de pair, quand on relocalise la production agricole par exemple. Ensuite, il suffit de regarder l’évolution des grands indicateurs biophysiques pour comprendre qu’on n’a plus guère d’autre choix que celui de la résilience : il est déjà trop tard pour éviter le mur écologique.

Pangeran : Je trouve intéressant de réfléchir sur cette notion qui vise à rendre des épreuves acceptables. Qui vise à rendre les défaillances du progrès tolérables. Sommes-nous toujours en état de « servitude volontaire » comme dans beaucoup de domaines ?

Stephane D : Il y en a assez des « catastrophistes »… Oui, le réchauffement climatique est un problème sérieux, oui nous devons, ensemble, le résoudre. Et, AUSSI, nous sommes dans une bien meilleure situation qu’il y a quarante ans. Moins de pauvreté, moins de mortalité infantile, moins de mort suite aux catastrophes naturelles, espérance de vie nettement supérieure. Que propose ce prophète du malheur ? La bonne solution serait de tous paniquer, tous ensemble, en détruisant tout, les bras levés, en courant et en criant « Malheur, malheur » ???

verst : L’exemple souvent cité pour parler de résilience est le comportement des Londoniens à l’automne 1940, qui continuaient autant que faire se peut leurs activités malgré les bombardements allemands. Rien à voir, donc, avec la définition donnée ici par l’auteur. Vive la vraie résilience.

Suzette : Je crois au contraire que c’est exactement ce que décrit l’auteur : apprendre à vivre avec l’inacceptable. Si on suit son raisonnement, concentrer son énergie pour apprendre à vivre sous (avec) les bombes fait qu’on ne cherche pas à agir sur la raison pour laquelle les bombes tombent mais on accepte ces bombes comme un fait. Heureusement que les anglais n’ont pas fait qu’apprendre à vivre avec mais ont aussi appris à lutter contre. Le point de l’auteur, si je le comprends bien, est d’indiquer que préparer la résilience, c’est affirmer qu’on est impuissant à éviter la catastrophe et se préparer à vivre avec. Dans votre exemple, ce serait construire des abris anti-bombe en 1936 pour « vivre avec » l’inéluctable. Dans le cas du changement climatique, le gouvernement a choisi le vivre avec plutôt que lutter contre.

A. Morin : Beaucoup de mots, mais quand même un con qui marche va plus loin que deux intellectuels assis. Alors c’est quoi les propositions pour le climat ? Mis à part revenir 50 ans en arrière dans nos modes de vie sur la quasi totalité de la planète.

BorderlineyeDisruptive : Fatigant de répéter aux cancres comme A.Morin que la Décroissance, ou sobriété, ou simplicité volontaire, ne consiste PAS DU TOUT à « revenir 50 ans en arrière dans nos modes de vie ». Il y a 50 ans, pas d’Internet, pas d’habitat bioclimatique, pas de permaculture, etc. L’écologie profonde propose un bond en avant, avec moins de gadgets inutiles mais plus d’intelligence, car nous devons faire des choix. Posséder un véhicule polluant, c’est terminé, le nucléaire c’est fini, la surproduction-surconsommation c’est enterré. Reste à produire l’utile et l’agréable sans détruire la planète, et nous savons le faire.

NB : Thierry Ribault vient de publier Contre la résilience. A Fukushima et ailleurs (L’Echappée, 368 pages, 22 euros)

Parti(r) pour la décroissance

Le parti politique « Demain La Décroissance » a tenu son assemblée générale constitutive le 27 février 2021. Les travaux préparatifs engagés depuis septembre 2020 ont abouti à la validation d’un programme basé sur la décroissance et visant à être incorporé dans le corpus juridique de toute nation, notamment de la nation française. Demain La Décroissance, passe aujourd’hui à une deuxième phase en se préparant à présenter des candidats aux prochaines échéances électorales françaises de 2022, et notamment un candidat à l’élection présidentielle sur la base d’un mandat programmatique impératif. 

Nous appelons tous les citoyens contempteurs de la société capitaliste croissanciste à nous soutenir dans notre action et à relayer autant que possible notre initiative autour d’eux. 

Nous recherchons également des sympathisants susceptibles de se porter candidats aux législatives, ou de s’investir dans la recherche de signatures pour la présidentielle.

Toutes informations sur le projet « Demain La décroissance » et son programme peuvent être obtenues sur le site internet

 https://www.demainladecroissance.com

Pour tout contact direct : contact@demainladecroissance.com

Cordialement

Le Conseil d’administration de DLD

Télécharger le Programme 

L’écologie vert de gris de Marine Le Pen

Marine Le Pen, présente son projet de présidentiable, protectionniste et identitaire. Il a été préparé par l’économiste Hervé Juvin. On privilégie le nucléaire, on veut suspendre les implantations d’éoliennes, on souhaite développer les réacteurs de quatrième génération. Il n’est question ni de taxe carbone, ni de limitation de vitesse, surtout pas de sujets qui fâchent ! Que pense Marine Le Pen : « Science de la vie, l’écologie est aussi une source de la joie de vivre, de la beauté des choses, et du bonheur d’être français … Mais la défense de l’environnement a des ennemis , l’écologisme, cette politique qui consiste à peindre en vert les pires atteintes à l’environnement (et surtout)  l’écologie radicale, ce fondamentalisme qui entend en finir avec les modes de vie, les traditions et les mœurs qui sont les nôtres et prendre le contrôle de chacun de nos gestes… qui entend soumettre les Français aux diktats d’une écologie punitive… »

Quelques réactions sur lemonde.fr :

le sceptique : La victoire culturelle de l’écologisme se traduit tout naturellement par sa diffraction en multiples interprétations. C’est un peu comme le christianisme, qui a fini catholique, protestant, orthodoxe, copte et plein de variantes, n’ayant pas toutes le même rapport au texte, à l’autorité, au ministère de la foi. Il existe l’écologie décroissante, l’écologie étatique, l’écologie industrielle-technologique, l’écologie libertaire- fédéraliste, l’écologie naturaliste écocentriste, etc. On a avec le RN l’écologie identitaire, réactionnaire et localiste. Toutes disent : « la nature est un souci, l’environnement est un enjeu, voici mon offre ». Les « historiques » vont donc devenir une offre parmi d’autres au supermarché vert. Les citoyens vont être ravis, ils pourront dire « oui l’écologie c’est important pour moi, mais attention pas comme dit X, hein, plutôt comme dit Y ».

MEDEFritesMerguez : C’est amusant cette mode d’associer les mots « écologie » et « punitive », alors que les punitions bien réelles que nous vivons au quotidien – covid, dérèglement climatique, pollutions en tous genre, inégalités – sont directement causées par le capitalisme libéral auquel l’écologie scientifique et politique s’oppose depuis toujours.
La droite, quoi qu’elle en dise, agit en ennemie de l’écologie, du bien commun et des simples citoyens : la prédation égoïste et irresponsable est son ADN.

jmmad : Cacologie punitive ? Le vivant est la victime mais c’est elle qui est accusée, c’est classique. La seule inconnue sera la nuance de la peinture pour refaire la vitrine du consumérisme.

Coolektif : Ils vont devoir refaire les peintures chez RN.… Du sol au plafond !.. et particulièrement l’oriflamme de la firme ! Pourvu que le VERT ne vire pas au VERT DE GRIS!!!

Babs : L’écologie se situait à l’extrême droite avant la 2eme Guerre Mondiale, notamment l’amour de la terre, saine et non corrompue, la valorisation ds petits paysans, le scoutisme et ses dérivés para-militaires. Retour à l’idéologie créatrice ?

Olivier66 : Triangulation : Macron chasse sur les terres du RN, MLP sur celles d’EELV.

Réaliste : Avec ses propositions écologiques aux effets très limités, Le Pen fait du Macron comme Macron fait du Le Pen sur d’autres sujets. L’extrême centre et l’extrême droite feraient-ils un concours à celui qui serait le plus populiste ?

Pour en savoir plus, le point de vue des écologistes :

3 octobre 2019, L’écologie selon Marion Maréchal Le Pen

19 avril 2019, Pour Marine Le Pen, l’écologie se résume au localisme

5 mai 2017, L’écologie n’était pas à la fête avec Macron et Le Pen

30 décembre 2016, Front National, un programme superficiellement écolo

27 décembre 2014, Le Front national écolo ? Son passé plaide contre lui

9 mars 2012 Marine Le Pen, l’écologie à la hache

* LE MONDE du 16 avril 2019, Derrière le virage écologique de Marine Le Pen, l’obsession de l’immigration

CLIMAT, folle zizanie parmi les ministres

Le 22 février, la ministre de l’écologie Barbara Pompili a pris le contre-pied de plusieurs de ses collègues, qui avaient condamné l’instauration par le maire écologiste de Lyon d’un menu unique sans viande dans les cantines de la ville. Déplorant « un débat préhistorique », elle a notamment contredit le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, et regretté les « clichés éculés » de celui de l’agriculture, Julien Denormandie. Le porte-parole de La République en marche (LRM), Jean-Baptiste Moreau, a reproché publiquement à Barbara Pompili de manquer de « loyauté ». Un sentiment largement partagé dans les rangs macronistes : « Le problème, c’est que Barbara donne l’impression de vouloir toujours faire passer ses convictions avant la solidarité gouvernementale ».

Conflit de loyauté ? Les commentateurs sur lemonde.fr s’insurgent à juste titre :

Nicolas Ivanovsky : « Le problème, c’est qu’elle donne l’impression de vouloir toujours faire passer ses convictions avant la solidarité gouvernementale ». Tout est dit. Caresser le gouvernement dans le sens du poil est apparemment plus important que d’être fidèle à ses convictions.

DeLondres : Donc c’est officiel que pour faire du bon boulot dans ce gouvernement il faut être flagorneur, renier ces convictions et surtout ne pas remplir sa mission.
Je suis content que le mécanisme soit explicité par les macronistes eux-mêmes, ça évite toute ambiguïté. Leur pouvoir est donc plus important que la planète.

Surprise : Imaginez que Mme Pompili prenne publiquement position dans le domaine de compétences de Mr. Darmanin, ce qui ne lui plairait pas. Peut-on sérieusement penser que Mr. Darmanin ne réagira pas, « par solidarité gouvernementale » ? C’est pourtant ce qu’on reproche à Mme Pompili… Celui qui joue sa petite musique, c’est M. Darmanin…

Ce.nest.que.mon.opinion : Faut-il encore se demander pourquoi notre pays s’embourbe ? La loyauté est certes une valeur cardinale pour tout groupe qui se respecte, mais le problème, c’est la définition qu’on lui donne. En politique, c’est de plus en plus un synonyme de soumission béate… En langue française, la loyauté c’est pourtant d’être fidèle aux engagements pris. Les gouvernants feraient bien de s’en souvenir un peu plus souvent, à tout point de vue !

Georges-Henri : En 1995 Albert Otto Hirschman écrit Défection et Prise de Parole ; il montre que la loyauté consiste justement à prendre la parole. Celui qui prend la parole imagine qu’il peut influer sur le cours des choses, il est donc loyal. Celui qui ne l’est pas ou ne peut plus l’être fait défection. BP est donc dans son rôle. Et d’un autre côté en prenant au mot et au premier degré le reproche qui lui est fait, exiger une quelconque discipline est absurde, imaginons un groupe de fumeurs qui diraient, elle ne fume pas comme nous, elle est déloyale !

P.Ferron : La Macronie devrait rappeler Sibeth N’Diaye pour la poster au ministère de l’écologie et du vent. Ou un hologramme, peut-être, enfin quelque chose qui n’empêche pas de penser en rond et au garde-à-vous autour de Sa Présidence Jupiter 1er.

Michel SOURROUILLE : déloyauté envers qui ? Il est normal qu’un ministre ait une opinion contraire à celle d »autres collègues, il défend le créneau dont il est le représentant. En cas de conflit entre ministres, c’est le premier ministre qui donnera son arbitrage, en concordance avec l’avis du président. Pour les membres du parlement, il n’y a aucun problème de déloyauté. Selon l’article 27 de la Constitution française, « Tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres du Parlement est personnel ». Par exemple le présidentiable Macron voulait exiger de ses candidats la promesse de voter une douzaine de réformes essentielles. Mais c’était illégal aux yeux de l’article 27 ; il n’y a pas d’engagements préalables possibles sur un programme et le vote clanique est normalement impossible. Mais en politique, on en est encore aux temps du petit doigt sur la couture du pantalon. Cette expression fait référence au garde-à-vous dans l’armée, les bras serrés contre le corps : interdit de bouger !

Papou69 : Et pourtant, Barbara Pompili en avale des couleuvres en même temps que les pesticides…

Confinement ou pas, un choix cornélien

Au 3 mars 2021, la pandémie avait déjà fait au moins 2,54 millions de morts dans le monde selon un bilan établi par l’AFP, chiffre sous-évalué. Deux stratégies politiques s’opposent, confinement ou pas.

Brésil. Extrémiste de droite revendiqué, irréligieux illuminé, anti démocrate patenté, climato-sceptique forcené, raciste et homophobe décomplexé, le président Jair Bolsonaro est aussi décontracté face au coronavirus dont il a pourtant été victime : « Vous ne pouvez pas paniquer et recourir à nouveau à une politique de confinement. Les gens vont mourir de faim et de dépression » Pourtant Eduardo Pazuello, son ministre de la santé a souligné la gravité de la situation et l’impact désastreux des variants plus contagieux. Avec un total de 259 271 morts du Covid-19 pour un pays de 212 millions d’habitants, le Brésil est le plus endeuillé au monde après les Etats-Unis. Le gouvernement a annoncé qu’il comptait se procurer, auprès de Pfizer, 100 millions de doses de son vaccin. Le gouverneur de Sao Paulo, l’Etat brésilien le plus peuplé a instauré un confinement partiel.

Allemagne. Angela Merkel a accepté, le 3 mars, un déverrouillage progressif du dispositif anti-Covid en Allemagne, cédant à un mécontentement croissant dans l’opinion et au sein de son propre gouvernement à sept mois des élections législatives. L’Allemagne va autoriser le vaccin AstraZeneca aux plus de 65 ans, a annoncé Angela Merkel. Les délais entre l’administration de deux doses vont aussi être allongés, pour permettre la vaccination de plus de patients.

France. Anne Hidalgo conteste la stratégie pratiquée jusqu’à présent par le président Macron. L’alternance de confinements et de déconfinements n’aboutit à « aucun résultat probant », écrit-elle. La notion même de confinement lui paraît malvenue alors que « c’est à l’air libre que l’on court le moins de risques ».Elle se montre très hostile à un confinement le week-end, qui lui paraît peu efficace et « inhumain ». La maire de Paris suggère d’« accélérer drastiquement la vaccination » et de maintenir – ou de relancer – les activités collectives « avec port du masque, respect de la distanciation physique, des gestes barrières et des jauges ».

Le point de vue des écolos : Plutôt qu’un confinement généralisé, nos gouvernants auraient mieux fait de dire : « les jeunes restent à l’école et les travailleurs au boulot, l’immunité collective est un passage obligé ». Par contre toutes les personnes à risque (comorbidité, âge avancé) doivent s’obliger à rester confinées si elle ne veulent pas attraper le virus au vol. A chacun de prendre ses responsabilités. Le risque de mourir est peu élevé. L’information la plus inquiétante de ces derniers jours ne concerne nullement le Covid-19 mais le climat, et elle devrait tous nous terrifier. Le réchauffement a déjà commencé à déstabiliser la production alimentaire, à accentuer les migrations… mais il n’y aura jamais de vaccin contre le réchauffement. Les mesures à prendre seront autrement plus contraignantes que celles décidées pour endiguer le coronavirus. Ceux qui dénoncent aujourd’hui une « dictature verte » à la moindre mesurette écolo sont les meilleurs artisans de ce qu’ils prétendent redouter en encourageant la paralysie et la procrastination.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 décembre 2020, Votons pour un confinement climatique

2 novembre 2020, Reconfinement, allons à l’essentiel

16 mai 2020, Le confinement généralisé, une grave erreur

14 avril 2020, Le confinement dans la commune de Chemoi

7 avril 2020, objectif du confinement, l’immunité collective

2022, Édouard Philippe président ET écolo !?

Nous adorons ce qui va se passer en 2022, les candidatures pleuvent : Xavier Bertrand, Macron, Hidalgo, Jadot, Mélenchon, etc. Et maintenant Édouard Philippe dixit LE MONDE, Comme les sondages avertissent d’un risque non négligeable de la victoire de Marine Le Pen en cas d‘un deuxième tour face à Macron, le risque devient négligeable dans le cas d‘un duel Philippe/Marine. Pour « sauver la république », place au vote utile. Dès le premier tour, Édouard Philippe obtiendrait à vue de nez les 3/4 des voix LR, une bonne moitié des LRM, 1/5 des PS ; il sera donc au second tour et élu président.

Dommage que l’article du MONDE se contente pour le moment de ragots : « Après sa réélection inespérée comme sénateur de la Côte-d’Or, en septembre 2020, le macroniste François Patriat a eu droit à un appel dans le plus pur style philippiste : « Ils ont voulu ta peau… Turlututu doigt dans le cul ! »… « Edouard est un orgueilleux, il n’osera jamais me trahir », a glissé le chef de l’Etat à un ami... « Ça les rassure, ils veulent qu’Édouard reste un homme lige, alors qu’il n’est plus aux ordres », souffle un ami du maire du Havre. Mais le quotidien « de référence » note aussi que la candidature d’EP est sur sa rampe de lancement. Neuf mois après son départ de Matignon, l’« ex » s’autorise à commenter la politique nationale à l’occasion de la publication le 7 avril d’un livre, Impressions et lignes claires, coécrit avec son ami et conseiller le député européen Gilles Boyer. Depuis qu’il a quitté Matignon, l’ancien directeur général de l’UMP travaille ses réseaux politiques, avec des maires de droite et de gauche. Cette campagne qui ne dit pas son nom suscite l’agacement en Macronie. Pourtant l’idée que son ancien premier ministre cherche à le doubler ne monte pas encore au cerveau d’Emmanuel Macron. Pourtant il avait fait de même avec François Hollande en 2017, le coup de couteau dans le dos.

Aucun des 53 premiers commentaires sur lemonde.fr n’ont révélé que Gilles Boyer est un fervent écolo qui a écrit un roman entièrement consacré à cette problématique,  « Un monde pour Stella ». On y envisage la « création d’une Organisation mondiale qui aura vocation à réguler tout phénomène économique, social ou environnemental qui, de par ses causes ou ses conséquences, dépasse le cadre des frontières étatiques et ne peut qu’être abordé au niveau mondial dans l’intérêt général de l’Humanité ». C’est radical dans ses propos : limitation stricte des naissances à une par femme dans le monde entier, taxation mondiale sur les gaz à effet de serre, interdiction de l’abattage des arbres sauf dans les zones strictement délimitées, couvre-feu mondial à 22h30 pour économiser l’énergie dans les zones non équipées en énergies renouvelables. Gilles Boyer poursuivait : « Ces mesures peuvent sembler autoritaires et brutales. Elles nous sont imposées par notre laisser-aller collectif depuis des décennies. Toutes ont en commun la recherche de l’intérêt général du genre humain. Leur application sera assurée par une force de police, reconnaissables par leurs casques verts, et qui auront tout pouvoir pour signaler et réprimer les manquements constatés. La Déclaration universelle des droits de l’Homme sera refondée pour y inclure des devoirs… » Que l’écologie radicale entre à l’Élysée dans la valise d’Édouard Philippe, cela serait une surprise de taille.

Pour en savoir plus, le point de vue des écolos :

14 juin 2019, Édouard Philippe devient plus vert que vert

30 juin 2020, Philippe prône le 80 km/h, Macron le 130 km/h

Prison pour Sarkozy, l’écologie se réjouit

Condamnation de Nicolas Sarkozy pour « corruption et trafic d’influence » ; trois ans d’emprisonnement dont un an ferme. Du point de vue des écologistes, l’élimination d’une personnalité viscéralement anti-écolo est une bonne nouvelle. Rappelons les sombres heures de Nicolas.

En 2001, Nicolas Sarkozy n’accorde pas une seule ligne à l’écologie dans « Libre », son autobiographie de 400 pages. S’il évoque le naufrage de l’Erika, c’est parce que la marée noire a touché la côte où il roule l’été à bicyclette ! Même ignorance du sujet en 2006, avec « Témoignage », livre confession destiné à asseoir sa candidature présidentielle. Dix lignes sur 281 pages pour souhaiter que le ministre de l’écologie ait de « vrais leviers d’action ». On en reste là ! Sous la pression de Nicolas Hulot, le présidentiable Sarkozy, a signé le pacte écologique en 2007, comme les autres présidentiables. Mais au second tour des élections présidentielles, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy proposaient à leurs électeurs le même objectif : intensifier la croissance des productions, des consommations et des déplacements sans s’interroger sur leur contenu. Il lance le Grenelle de l’Environnement en octobre 2007. Mais dans le même temps, Sarko instaure une commission pour « libérer la croissance » dont il disait à l’avance qu’il respecterait toutes les indications. Sarko mène deux discours incompatibles, répondre aux méfaits issus de la croissance et accélérer la croissance. Devant le Conseil national de l’UMP début décembre 2009, Sarkozy affirmait : « L’écologie, ce n’est pas une lubie, un truc, un positionnement, c’est une conviction. Nous sommes la dernière génération à pouvoir agir avant qu’il ne soit trop tard. A Copenhague la semaine prochaine, c’est l’avenir de la planète  qui se joue. » Mais le 6 mars 2010, Sarko lâche au Salon de l’agriculture : « Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement. Parce que là aussi, ça commence à bien faire. » Lors d’un déplacement dans une exploitation céréalière en mars 2010, le chef de l’Etat indique que la taxe carbone ne sera pas appliquée en France.Sarkozy ne voulait pas réduire la part de l’atome dans le mix énergétique, « il n’y a aucune alternative crédible à l’énergie nucléaire ». Sarkozy voulait garder la plus ancienne centrale de France, Fessenheim. Sarkozy ne voulait pas développer les énergies renouvelables. Sarkozy voulait bien entendu exploiter le gaz de schiste. Sarkozy a été emblématique du double discours politique, écolo en parole puisque c’est dans le sens du vent, en pratique voué corps et âme au système thermo-industriel croissanciste.

Nicolas Sarkozy a d’autant moins de circonstancies atténuantes qu’il avait mis en place une Trumpisation de la France, instaurant la République de la Grande Gueule, adepte du « casse-toi, pauvre con ». A chaque fois qu’il s’est trouvé acculé par la justice, Nicolas Sarkozy a cherché à galvaniser ses troupes contre les juges, ce qui était indigne d’un élu qui a été en charge de la nation française et donc statutairement garant de l’indépendance de la justice. Sarkozy va-t-il lancer ses « troupes » contre le Tribunal ? Puis contre l’Assemblée Nationale où est né le Parquet National Financier ? Il devrait s’interroger sur l’opportunité de poursuivre toute surenchère de nature populiste, mais il en est incapable, comme Donald Trump. Le plus significatif de la déperdition actuelle de l’éthique en politique, ce sont les soutiens de Sarko envers et contre tout. « Plus que jamais, amitié et fidélité au président Nicolas Sarkozy. Soutien indéfectible dans cette épreuve qui ne constitue qu’une étape dans un parcours judiciaire qui est loin d’être terminé » (Eric Ciotti) ; « La sévérité de la peine retenue est absolument disproportionnée et révélatrice de l’acharnement judiciaire d’une institution déjà très contestée. Toute la lumière devra être faite sur les méthodes et l’indépendance du #PNF » (Alain Jacob) ; « Il n’est jamais bon que les magistrats fassent de la politique. » (Christian Estrosi) ; « Nicolas Sarkozy reste le seul recours viable pour « mener la droite à la victoire » (Pierre Charon). Reste à savoir si la météo judiciaire a des chances de s’améliorer alors que l’ancien président doit comparaître à partir du 17 mars dans un deuxième procès, celui de l’affaire Bygmalion qui porte sur l’important dépassement de ses frais de campagne, lors de l’élection présidentielle de 2012…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 août 2011, 6/6) Nicolas Sarkozy, un cancre de l’écologie à l’Elysée

29mars 2012, le désastreux bilan écologique du sarkozysme

Contrôler le récit national, une idiotie

Donnez à un idiot un drapeau à agiter, apprenez-lui un hymne à chanter et quelques âneries patriotiques à répéter frénétiquement, et il marchera vers la bataille pour tuer d’autres idiots marchant en chantant sous un drapeau adverse. Malheureusement beaucoup de pays sont en train de multiplier volontairement les idiots.

Délit ou contravention, les lois de circonstances qui se multiplient actuellement dans le monde paraissent d’un autre âge, celui du XIXe siècle et de l’apparition des nationalismes qui ont ensanglanté l’Europe et le monde. Déconsidérer le drapeau bleu-blanc-rouge en France, diffamer la nation polonaise en Pologne, interdire la « propagande anti-russe » en Russie, des lois restrictives de type nationaliste encadrent la libre expression des opinions. Il est interdit de mettre en cause l’honneur de la Russie durant la seconde guerre mondiale. Même la simple information devient illégale, en Pologne on condamne au civil toute personne attribuant les crimes de la Shoah aux Polonais et non aux Allemands. La pénalisation de « l’outrage au drapeau tricolore » semble d’une incongruité totale. Un délit institué en 2003 punissait de 7500 euros d’amende « le fait au cours d’une manifestation organisée ou réglementaire par les autorités publiques d’outrager publiquement l’hymne national ou le drapeau tricolore ».

La volonté de contrôler le récit national ne connaît pas de frontières. Pour un réfractaire à la guerre, la question de fond reste posé : est-ce que des valeurs nationalistes peuvent faire partie des valeurs démocratique ? Si les seules valeurs à reconnaître sont les principes de liberté, d’égalité et de fraternité, la déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte de l’environnement en France, les symboles qui ont alimenté tant de guerres n’en font pas partie. Car une fois un conflit défini comme opposant « NOUS » et « EUX  », instaurant ces groupes comme des catégories différentes par essence, les solutions de conciliation deviennent impensables. Cela a pour effet que les conflits sont partis pour se multiplier et durer, cela aboutit régulièrement aux meurtres en série, en tout cas jusqu’à ce qu’un côté ait vaincu l’autre.

Du point de vue des écologistes, nous appartenons symboliquement à la Terre, nullement à un morceau de terre. Le nationalisme est un signe de repli sur soi qui dénature la préoccupation écologique, surtout à une époque où les risques sont systémiques et planétaires, réchauffement climatique, pic pétrolier, atteintes aux ressources renouvelables, etc. Ce n’est plus la confrontation entre nations qui devrait s’imposer, mais la coordination des peuples. Nous avons besoin d’une éthique de la Terre. Les obligations envers la planète passent avant les obligations nationales, les obligations envers la nature passent avant les obligations ecclésiastiques, chaque citoyen du monde est d’abord et avant tout au service de l’ensemble des équilibres de la biosphère. Du moins c’est ce qu’il faudrait penser, « make our planet great again » !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

23 février 2019, Inventons un hymne et un drapeau pour Terriens

12 septembre 2010, brûler le coran ET brûler le drapeau

27 juillet 2010, outrage au drapeau qui outrage la Terre

Les dominants écrasent tout contre-pouvoir

Le point de vue de écologistes. Quelle démocratie en période d’urgence écologique ? La démocratie est le plus mauvais des systèmes… à l’exception de tous les autres. La démocratie est un lieu vide, sans références stables, puisqu’il s’agit de délibérer en groupe pour arriver à prendre une décision qui peut aller dans un sens ou en sens contraire selon les circonstances. Mais c’est beaucoup mieux que l’autre procédure décisionnelle qui repose sur des arguments d’autorité formulés par une religion ou un leader plus ou moins charismatique (pharaon, roi, dictateur, etc.). L’écologie apporte une nouvelle dimension en remplissant ce lieu vide des découvertes de l’écologie scientifique. Les écologues décrivent des réalités biophysiques et leur effondrement probable (pic de tout, réchauffement climatique, stress hydrique, chute de la biodiversité, etc.). Tout le monde, et les dirigeants les premiers, devraient savoir qu’il faudrait prendre des mesures drastiques pour éviter des confits sans nombre et innommables dans un avenir proche. Mais le vertige du pouvoir pour le pouvoir occulte l’urgence écologique : Trump, Bolsonaro, Erdogan, Narendra Modi ou Viktor Orban ont tous en commun d’être des anti-écolos affirmés. Alors que faire ? Assassiner ces dirigeants qui nous mènent au désastre comme on a voulu le faire plusieurs fois pour Hitler ? Ou attendre patiemment des mouvements de foule qu’ils délogent leur dictateur par la non-violence ? La parole à nos commentateurs…

Nous sommes entrés dans une période folle où des paranoïaques comme Trump, Bolsonaro, Erdogan, Narendra Modi ou Viktor Orban prennent le pouvoir d’État et font de leur pays un totalitarisme. Ils refusent tout contre-pouvoir alors qu’on sait depuis Montesquieu que le pouvoir incite à vouloir toujours plus de pouvoir, mécanisme qui ne peut être arrêté que par un autre pouvoir ; d’où par exemple la séparation des pouvoirs politiques (exécutif, législatif et judiciaire), l’exercice reconnu par la loi de la libre expression individuelle  et l’action collective grâce à des ONG (Organisations non gouvernementales). Illustration en Inde et en Hongrie de cette machine à concentrer le pouvoir aux mains d’un dirigeant imbu de lui-même :

En Inde, tweeter peut conduire en prison. Disha Ravi, 22 ans, est l’une des fondatrices de la branche indienne du mouvement Fridays for Future pour lutter contre l’inaction des gouvernants sur la question du changement climatique. Disha Ravi est accusée de complot criminel pour avoir partagé sur Twitter un document de Greta Thunberg, un kit standard d’actions pour donner de l’impact, notamment par l’utilisation des réseaux sociaux, la création de hashtag, le lancement de pétition, etc. Selon la police, cela aurait servi à préparer les manifestations d’agriculteurs dans la capitale : « Cette boîte à outils a été diffusée pour répandre la désinformation et nuire au gouvernement ». Le parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP), estime que cett « boîte à outils » est « une preuve des plans internationaux d’attaques contre l’Inde » ! Alors que les paysans indiens ne font que manifester contre la réforme agraire votée en septembre 2020 sous l’égide de leur propre gouvernement. Lire aussi « Modi veut vendre nos terres » : la révolte des paysans indiens.

En Hongrie, la loi « anti-ONG ». Cette loi adoptée en 2017 a pour but de décrédibiliser les organisations civiles bénéficiant de dons internationaux. Viktor Orban est en guerre contre la société civile hongroise, difficile de l’arrêter. Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, il avait déjà criminalisé l’aide apportée par les ONG aux migrants. Handicapée par l’absence de volonté politique des Etats membres, l’UE ne parvient pas à parer aux dérives autoritaires en Hongrie ou en Pologne, qui touchent divers aspects de la démocratie. Lire aussi En Hongrie et en Pologne, l’inexorable dégradation de la liberté de la presse

Nicolas Hulot face à ses contradicteurs

Nicolas Hulot le 6 février 2021: « Le projet de loi climat et résilience n’est pas à la hauteur des enjeux et de nos engagements : ni de l’objectif de réduire nos émissions de 40 % d’ici à 2030 par rapport à 1990, et encore moins du nouvel objectif européen de les abaisser d’au moins 55 %… Une transition, une métamorphose, ça s’organise et se planifie. Sinon, nous arrivons à une impasse. Au moment où on remet à l’ordre du jour le commissariat au plan, je me désole de ne pas avoir entendu une seule fois François Bayrou [haut-commissaire au plan depuis septembre 2020] parler de la transition écologique et sociale. Après, il y a la question des moyens, normatifs, réglementaires et législatifs. La contrainte n’est pas l’ennemie de la créativité, elle en est la condition… On a abandonné ce point crucial de la transition énergétique qu’est la réduction de notre consommation… A titre personnel, si quelqu’un sort de l’ombre (pour la présidentielle 2022) et me semble avoir la crédibilité, la probité, le sang-froid et l’énergie, je serai ravi !… Il y a eu un monde d’avant le confinement et il y aura un monde d’après, qui ne sera plus le même. Mais le sera-t-il d’une manière bénéfique ou toxique ? Honnêtement, je n’en sais rien. Mais on ne sortira pas de cette accumulation de crises par le haut avec des outils et des méthodes conventionnels. »

Il est surprenant que ces propos de Nicolas Hulot attirent sur le monde.fr autant de commentaires agressifs, deux exemples (sur plus de 140) qui attaquent le messager pour ne pas écouter le message :

PG380 : L’indécence de Nicolas Hulot, le grand donneur de leçons, n’a pas de limite.

pierre marie : Le nerf de la guerre de Nicolas, les shampoings. Après, il communique dans les médias !

Adrienne propose un des rares commentaires à apporter un complément d’analyse aux propos de NH : « On évite le problème central, la croissance de la population. Il suffirait que chaque femme ne fasse plus qu’un SEUL enfant pour réduire drastiquement et durablement la pollution. En France, la mesure écologique avec le meilleur impact serait de donner les allocations familiales dès le 1er enfant sans les augmenter au second et en les supprimant complètement à partir du 3ème et aurait sans doute un effet d’entraînement plus large au-delà du pays, trop long à décrire ici. Alors les commentateurs, combien d’enfants chez vous ? »

Nicolas Hulot est une personnalité qui a essayé par différents moyens, sa fondation, ses livres, ses engagements médiatiques et politiques, de faire tout son possible pour faire progresser la cause écologique. Dans son ouvrage synthèse « Nicolas Hulot, la brûlure du pouvoir », sorti juste après la démission de NH de son poste de ministre de l’écologie fin août 2018, Michel Sourrouille rappelle la position de Nicolas en matière démographique : « Dans le syndrome du Titanic, j’écrivais en 2004 que la crise environnementale va changer d’échelle et donnera des occasions supplémentaires pour s’affronter. Tous les signaux sont au rouge. Il y a quatre courbes qui s’alimentent les unes les autres. La première c’est la courbe démographique, la population mondiale devrait dépasser les 9 milliards d’individus à la fin du siècle. Parallèlement la courbe de la consommation et de la pollution augmente, on pèse de plus en plus sur la planète. La troisième est l’émission de gaz à effet de serre ; quand nous construisons une troisième plate-forme aéroportuaire sur Paris, cela va accentuer le changement climatique. Enfin l’érosion de la diversité est un fait avéré. On voit bien que les trajectoires de l’humanité et de la nature sont en train de converger et qu’il va y avoir une collision. Il faudrait quatre Terre pour faire face aux besoins des pays émergents… Le dangereux bipède se croit tous les droits, et se reproduit tellement plus vite que les cygnes et les éléphants. Chaque individu est une force de désintégration et nous sommes cinq milliards. Tant qu’on ne maîtrisera pas la «pollution démographique», il faudra réparer les dégâts de chacun et essayer de les limiter puis de les réduire… A titre personnel, je pense que la croissance démographique est un sujet central qui passe par l’éducation et la sensibilisation des populations. La sortie de la misère d’un pays réside dans la baisse de sa démographie. Le droit intouchable de la reproduction peut s’accompagner d’une sensibilisation des consciences, en Occident comme ailleurs. Mais si par malheur nous devions nous résoudre à des interventions étatiques pour limiter la liberté fondamentale de l’humanité de se reproduire, nous pourrons dire que nous aurons échoué… »

Sur ce blog biosphere, nous suivons depuis longtemps le parcours de NH, une des rares personnalités à avoir une conscience aiguë de la crise écologique, ainsi par exemple :

7 octobre 2009, Nicolas Hulot, ange ou démon ?

31 mai 2011, Nicolas Hulot et la primaire de l’écologie

29 juin 2016, Nicolas Hulot, ses états d’âme… en 1991 !

1er mars 2018, Biosphere-Info : la pensée de Nicolas Hulot en 1995

1er octobre 2018, synthèse : Biosphere-Info, Nicolas Hulot et la brûlure du pouvoir

2 juillet 2019, pour mieux connaître Nicolas Hulot

Renaud Camus et la liberté d’expression

Renaud Camus sur Twitter, le 18 avril 2019 : « Une boîte de préservatifs offerte en Afrique, c’est trois noyés de moins en Méditerranée, cent mille euros d’économies pour la CAF [Caisse d’allocations familiales], deux cellules de prison libérées et trois centimètres de banquise préservée. » Poursuivi pour injure raciale, la procureure avait réclamé quatre mois d’emprisonnement avec sursis et une amende de 5 000 euros. Mais le tribunal de Paris a débouté les cinq associations antiracistes parties civiles qui poursuivaient Renaud Camus. Le tribunal a estimé qu’« aucun sens ni aucune portée ségrégationniste, discriminatoire, raciste ou raciale ne ressortent du propos incriminé ».

Les juges rappellent dans un long développement que la liberté d’expression « vaut aussi pour les idées qui heurtent, choquent ou inquiètent l’État ou une fraction quelconque de la population ». Ils considèrent ainsi « que la caricature, la satire et la parodie, même délibérément provocantes et grossières, participent de la liberté d’expression (…) par une forme de commentaire social lequel, de par l’exagération et la déformation de la réalité qui le caractérise, vise naturellement à provoquer ». Le jugement admet que le tweet est bien dirigé envers un groupe de personnes à raison de son origine, ou de son appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion, mais « pour avoir une origine géographique commune, le groupe des personnes visées par leur seule origine africaine n’est pas considéré en l’espèce à raison de l’essence des personnes qui s’y rattachent », et Renaud Camus n’impute à ce groupe « aucun fait précis susceptible d’un débat sur la preuve de sa vérité ». Le tribunal admet aussi que « face à des drames humains et des situations de précarité », les propos « peuvent choquer, et heurter la délicatesse mais ils participent du style acide et décalé, voire cru, de l’écrivain. Ce style et ces images relèvent du choix du mode humoristique pour traiter par l’absurde d’un sujet politique, et dramatique, dans le cadre d’un tweet propice à une concentration du propos autour de formules choc ».

Le message de Renaud Camus, conclut le tribunal, « ne justifie dès lors pas, dans une société démocratique, une limitation du libre exercice de la liberté d’expression, laquelle doit être d’interprétation stricte, et dont les limites admissibles n’ont pas en l’espèce été dépassées, par la critique satirique d’un système de croissance démographique et de certaines de ses conséquences ». Quelques posts de notre blog biosphere sur la liberté d’expression :

11 septembre 2020, ADMD, Facebook censure la liberté d’expression

30 janvier 2010, Le droit au blasphème, c’est démocratique

15 mai 2019, Interdisons de parole les négationnistes du climat

2 septembre 2013, La publicité ne relève pas de la liberté d’expression

La loi Convention Climat, cafouillage prévu

Barbara Pompili, la serpillière de Macron et accessoirement ministre de la transition écologique, a présenté le projet de loi « climat et résilience » en conseil des ministres le 10 février 2021. Cette loi est inspirée des travaux de la convention citoyenne pour le climat (CCC) : fin des passoires thermiques en 2028, interdiction de la publicité en faveur des énergies fossiles, réduction par deux du rythme d’artificialisation des sols, interdiction des vols intérieurs quand une alternative en train existe en moins de deux heures trente minutes… La liste est longue, mais ne convainc pas. Les mesures suggérées par les citoyens ont été « détricotées », dixit Cyril Dion. Dans un avis en date du 27 janvier, 2021 le CESE (Conseil économique, social et environnemental) souligne que ces dispositions, « restent souvent limitées, différées, ou soumises à des conditions telles que leur mise en œuvre à terme rapproché est incertaine ». Matthieu Orphelin, porte parole de la fondation de Nicolas Hulot de 2012 à 2015 et ex-député LREM en 2017, renchérit : « Barbara Pompili a perdu tous ses arbitrages, sur la rénovation énergétique, la publicité, l’écocide… Je n’y vois pas les grandes mesures qui changent la donne ».

Emmanuel Macron désespère ses différents ministres de l’écologie, Nicolas Hulot, François de Rugy, Elisabeth Borne, Barbara Pomipili… et bientôt le successeur. Ce n’est pas nouveau, Le 1er ministre socialistes Ayrault avait viré brutalement ses deux premières ministres socialistes de l’écologie, Nicole Brick et Delphine Batho. Depuis sa création en 1971, le ministère de l’environnement est le ministère de l’impossible. Pas étonnant que la loi Convention Climat soit encore insuffisante en 2021. Mais cela veut dire que nous avons perdu 50 ans pour essayer de vivre en harmonie avec les possibilités de la planète. Trop de temps perdu à cause de l’insouciance écologique de tous les cancres à l’Elysée, Georges Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, François Hollande et maintenant Macron.

L’actuel chef de l’Etat reste éloigné de l’écologie façon « Amish ». Il n’a que ces mots à la bouche, investissement, droits acquis (des actionnaires), nucléaire, 5 G, croissance à retrouver. Quant à réduire la vitesse sur les autoroutes à 110 km/h, ce n’est même pas la peine d’y songer. La loi Convention Climat est vouée à finir dans les poubelles de l’histoire humaine. Ce n’est que lors du choc pétrolier ultime à venir qu’on s’apercevra qu’il faudrait construire une civilisation adepte de la Terre-mère… sur une planète dévastée par les générations présentes.

Tout savoir sur la désobéissance civile

Il y a ceux qui pratiquent la désobéissance civile en Birmanie. Moins d’une semaine après le coup d’Etat militaire, des dizaines de milliers de personnes ont marché dans plusieurs grandes villes, exigeant le retour à la démocratie et la libération de la dirigeante Aung San Suu Kyi. « Le risque importe peu, l’avenir du pays est en jeu. » devient un cri de ralliement. Et puis il y a ceux qui classifient les actes de désobéissance. Pour Noël Mamère, « la colère des restaurateurs en France, ce n’est que jacquerie, un amalgame qui utilise une expression forgée par les combats au nom de la justice pour tous et de la conquête de nouveaux droits ».

Certes un désobéissant, s’il avait eu 20 ans au moment de la guerre d’Algérie, serait devenu objecteur de conscience. Certes le désobéissant a été « faucheur volontaire d’OGM » aux côtés de José Bové en l’an 2000. Mais pour justifier la désobéissance, l’action doit avoir des fondements plus concrets que se référer au mot valise « justice », une notion très variable dans le temps et dans l’espace. Aider des sans papiers au mépris de la loi, est-ce de la désobéissance civile ? Marier des homosexuel en tant que maire alors que c’est illégal, est-ce de la désobéissance civile ? Quel doit être le sens du combat pour mériter le titre de « désobéissance civile » ? Il faut s’interroger sur l’objectif de l’action, pas simplement sur ses modalités.

Historiquement la désobéissance civile a toujours été menée au nom d’une libération. Lutte contre l’impérialisme anglais avec le mahatma Gandhi pour obtenir l’indépendance de l’Inde, lutte contre la ségrégation raciale avec Martin Luther King pour libérer les Noirs aux États-Unis, lutte contre les multinationales de la semence pour libérer les paysans, lutte contre l’armée pour se libérer de l’oppression militaire en Algérie ou en Birmanie. En bref la désobéissance civile se pratique pour libérer un peuple enchaîné par une contrainte extérieure qui empêche sa libre détermination ; on redonne à la démocratie ses vertus d’égalisation entre les membres d’une communauté. L’idée de libération prend une nouvelle forme aujourd’hui, il s’agit de lutter contre l’emprise thermo-industrielle sur nos existences. Les exemples se multiplient aujourd’hui : il y a des grèves scolaires initiées par Greta Thunberg, il y a des gens qui abandonnent un boulot allant à l’encontre de l’équilibre climatique, ily a les militants d’Extinction Rebellion qui essayent de bloquer un système qui nous broie, il y même des éco-guerriers qui détériorent les biens qui nous mènent au désastre, les SUV entre autres. Dans ce contexte, la colère des gilets jaunes, une jacquerie motivée par des raisons personnelles, c’était seulement vouloir rouler en bagnole à moindre frais, c’était agir contre l’intérêt des générations futures

« Désobéir » signifie « faire son devoir », répondre à ce que dicte sa conscience même si c’est à l’encontre des règles conventionnelles à un moment donné, et quel qu’en soit parfois le prix : l’utopie ou la mort, écrivait René Dumont. Un désobéissant écolo trouve sa légitimité dans une action faite pour le bien commun, non seulement celui des générations présentes, mais aussi celui des générations futures, sachant qu’il faut aussi considérer la protection des autres espèces et la durabilité du milieu naturel. En clair, la désobéissance civile repose principalement aujourd’hui sur des justifications d’ordre écologique.

 

Pour en savoir plus : Biosphere-Info, la désobéissance civique (1er octobre 2019)