biosphere

Aligner l’IA sur la morale humaine !?!

Dès le début de la recherche en robotique, les ingénieurs ont constaté que la définition d’une consigne pouvait générer des comportements inattendus, voire non acceptables. Un ordre donné en langage naturel comporte en effet un grand nombre de dispositions implicites : dans le cas du robot qui débarrasse un table, ne rien abîmer et ne blesser personne sont restés sous-entendus. La question de la coïncidence du comportement des machines avec les valeurs humaines est donc complexe. Les systèmes génératifs reposent par essence sur une forme de variabilité, de non-prédictibilité, on ne peut jamais garantir absolument le respect d’une règle quelle qu’elle soit. Et le système de valeurs humaines est lui aussi très très relatif.

Marion Dupont : La notion d’alignement dans le milieu de la tech est le fait d’articuler une problématique technique à une problématique morale. Ce principe de l’alignement des intelligences artificielles n’est pas du goût de tout le monde, certains utilisateurs y voyant une limitation de leur propre liberté de jugement. Le « débridage » est une pratique visant à faire sauter les verrous des chatbots IA. C’est d’ailleurs devenu une sorte de sport en ligne.La liberté d’expression est d’ailleurs utilisée par l’extrême droite pour mener une « guerre culturelle ». Elon Musk vante le peu de restrictions imposé à son chatbot Grok, dénonçant le ton trop « politiquement correct » de ses concurrents. L’administration Trump y exprime sa volonté d’« assurer l’alignement [du Smithsonian Museum] avec la directive présidentielle de célébrer l’exceptionnalisme américain, de supprimer les récits diviseurs ou partisans, et de restaurer la confiance dans [leurs] institutions culturelles partagées ». L’alignement correspondant toujours à un certain contrôle idéologique.

Le point de vue des écologistes technosceptiques

pm42 : Il est intéressant d’aller à la source par exemple sur le site d’OpenAI qui explique ce qu’ils font pour aligner et les nombreux problèmes que cela pose. Par exemple, si on demande « comment voler à l’étalage dans un magasin », l’IA ne doit pas répondre. Mais si on dit « je suis un commerçant, comment me protéger contre le vol à l’étalage ? », la demande est supposée légitime et on doit y répondre. A part que pour y répondre, on doit donner les techniques utilisées…

Michel SOURROUILLE : Il en est de même pour les humains. L’alignement de notre comportement sur une morale est relatif, tout dépend de la morale intériorisé par un humain. Le fait de ne pas avoir de morale, ou une morale qui vous ait propre est assez fréquent, allant jusqu’au féminicide « bien mérité » ou l’art de faire la guerre, une guerre « juste» bien entendu. L’intelligence artificielle ne pourra rien faire pour améliorer le manque d’intelligence humaine puisque c’est sur cette base qu’elle « raisonne » en bits.

Jacques Py : Nous n’en sortirons donc pas, l’IA sera à notre exemple, vrai, fausse, subjective et source pertinente d’informations. Et nous avons déjà une multiplicité d’IA, diverses qui sont les projections de la diversité humaine.

Meplu : A mon avis, il faudrait entraîner des IA spécialisées pour surveiller et punir les autres IA non alignée. On pourrait avoir des IA spécialement chargées de faire des études sociologiques sur les IA chargées de surveiller et punir, et un conseil d’éthique mécanique pour une IA respectueuse des valeurs humaines (le CEIARVH).

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Tirer des indications morales de la GPA

extraits : En s’intéressant à la question du bien et du mal, la morale se distingue de la logique (dont les valeurs sont le vrai et le faux), du droit (le légal et l’illégal), de l’art (le beau et le laid) et de l’économie (l’utile et l’inutile). Les règles morales peuvent être vues comme de simples habitudes qui ont fini par s’imposer à un groupe social. La morale est donc une construction sociale, ce qui est jugé moral à un moment donné peut être jugé immoral dans d’autres circonstances. Mais peut-on avoir une conception détachée de toute considération morale ? Prenons le cas de la GPA (gestation pour autrui), autrement dit les mères porteuses….

Peter Thiel à l’Académie morale et politique ?!?

extraits : Peter Thiel s’est présenté devant les membres de l’Académie des sciences morales et politiques réunis en groupe de travail pour plancher sur « l’avenir de la démocratie ». Si les académiciens plongent dans ses livres, ils découvriront l’aversion absolue de Peter Thiel non seulement pour le multiculturalisme et les progressistes, mais aussi un très net scepticisme à l’égard… de la démocratie ! C’est un élitiste qui prône un système oligarchique où la gouvernance serait assurée par quelques-uns – des hommes, riches entrepreneurs – exaltant le progrès, la technologie, l’individu roi….

En savoir encore plus

Le débat sur l’IVG, bloqué par la morale ?

La comptabilité morale des petits-pas en écologie

effet rebond, compensation carbone… hypocrisie morale !

la morale de l’écologie

morale minimaliste (Ruwen Ogien)

pub immorale (l’information manipulée) 

Aligner l’IA sur la morale humaine !?! Lire la suite »

Mieux comprendre MALTHUS, le débat

Malthus a été un penseur de la finitude : on ne peut croître indéfiniment dans un monde aux ressources limitées. Le dépassement actuel des limites de la planète par l’activisme et le nombre des humains font en sorte que Malthus redevient d’actualité.

Comme on devrait tous et toutes le savoir à l’entrée dans sa vie d’adulte, Malthus est un grand précurseur de l’écologie.

Voici quelques  précisions données au cours d’un débat

Marc: « la recommandation par Malthus de restriction volontaire des naissances par la « contrainte morale » me semble dangereuse. »

Michel : je ne sais pas à quoi tu fais référence. La contrainte morale pour Malthus est ce qui se pratiquait à son époque par les gens responsables, l’absence de relations sexuelles avant le mariage, un retard de l’âge au mariage, etc… En quoi est-ce dangereux ? Quelles sont tes sources d’information sur Malthus ?

Marc : «  sa préconisation de supprimer toute les aides aux populations pauvres (semble dangereuse) »

Michel : Malthus a une position qui est toujours mesurée. Il indique explicitement qu’une aide conjoncturelle est toujours possible quand cela est nécessaire. Mais quand l’aide devient structurelle, cela incite à ne pas être responsable du nombre d’enfants que l’on fait ; le surnombre fait baisser les salaires, l’emploi devient rare et la pauvreté s’accroît. En termes contemporains, cela pose la question des allocations familiales : doivent-elles aller aux familles nombreuses ou permettre de responsabiliser les couples ?

Puisqu’il faut considérer aujourd’hui que les citoyens doivent devenir responsables de leurs propres  décision, ici en matière de fécondité, l’État devrait rester neutre par rapport aux choix de chacun. La suppression totale des allocations familiales est donc logique.

Marc : « L’analyse des rapports sociaux et de production était encore très sommaire chez Malthus. »

Michel : Malthus a été beaucoup plus perspicace que Marx quant aux rapports sociaux de production. Pour Marx, on se situe uniquement dans la sphère économique, les rapports entre capitalistes et prolétaires. Il raisonne hors sol, considérant que les ressources de la planète sont illimitées. Il suffit que la révolution soit victorieuse (la dictature du prolétariat) et le principe « à chacun selon ses besoins » est alors appliqué ; peu importe le nombre d’humains. Malthus par contre est réaliste, pour lui il faut toujours mettre en relation le nombre d’humains et la capacité de vivre bien par rapport au ressources, à son époque les ressources alimentaires. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui la capacité de charge. En termes actuels, quand des populations surnuméraires se retrouvent entassées et sans emploi dans des banlieues, les relations socio-économiques se dégradent automatiquement.

Jean-Loup : « Malthus fait une petite erreur mathématique. En effet, il avait constaté que l’augmentation de la population était exponentielle : vrai. Et que les ressources agricoles augmentaient linéairement. En théorie, il n’y a qu’une seule chose qui empêche les surfaces agricoles de croire exponentiellement comme la population :  c’est la finitude de la planète ! Au fond, cette finitude se faisait déjà sentir à son époque : les terres cultivables (à proximité des populations) étaient déjà en grande partie cultivées. » 

Michel : Malthus s’appuie pour les ressources alimentaires sur la loi des rendements décroissants en agriculture. A surface donnée, les rendements décroissent même si on augmente les intrants (nombre de travailleurs, engrais, etc.)

Malthus : « L’homme est assujetti à une place limitée. Lorsqu’un arpent a été ajouté à un autre arpent, jusqu’à ce qu’enfin toute la terre fertile soit occupée, l’accroissement de nourriture dépend de l’amélioration des terres déjà mises en valeur. Cette amélioration, par la nature de toute espèce de sol, ne peut faire des progrès toujours croissants…. »

Pour l’agro-industrie, c’est pire. Il faut faire le calcul intégral des rendements, c’est-à-dire comparer le nombre de quintaux à l’hectare transformés en calories, comparé au nombre de calories d’énergie (tracteurs, engrais, irrigation…) nécessaire à cette production. Les rendements chutent !

Marc : « Nous pouvons nous référer à Malthus quand cela est justifié, mais sans nous déclarer pour autant malthusiens ou même néomalthusiens. »

Michel : Ce qui précède montre qu’on ne peut être que malthusien quand on a étudié et compris Malthus. Le mouvement communiste a pris de l’ampleur car il s’est appuyé sur la manifeste du parti communiste de Marx qui faisait miroiter la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme. L’autolimitation de la fécondité se généralisera quand tout le monde aura compris le message malthusien. Mais c’est un message de responsabilisation des personnes, donc on ne peut pas suivre la voie de la facilité.

Les néomalthusiens sont aussi normalement une référence pour l’association « Démographie Responsable ». Avec Paul Robin (1837-1912) par exemple, on va plus loin que la « contrainte morale » de Malthus ; on fait la promotion du planning familial, on s’appuie sur la liberté de contraception et d’avortement, la libération de la femme, etc.

NB : Un livre sur la question démographique vient d’être publié fin janvier.

« MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) »

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

Mieux comprendre MALTHUS, le débat Lire la suite »

MALTHUS, responsabilité et démographie

Un colloque international, « Malthus hier et aujourd’hui », avait eu lieu en 1984, il y a plus de 40 années. Or nous avons dépassé largement la barre des 8,2 milliards d’humains contre 4,8 milliards en 1984. Comment faire vivre décemment, sans famine ni guerres, des milliards d’humains supplémentaires de façon durable et viable ?

https://www.worldometers.info/fr/population-mondiale/

Un livre de Michel Sourrouille sur la question malthusienne vient d’être publié fin janvier 2026.

« MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) »

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

Il s’agit d’un tirage à la demande. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas de papier gaspillé. L’inconvénient, c’est que l’auteur pour être connu doit faire lui-même sa promotion. C’est pourquoi vous pouvez faire connaître ce livre dans vos propres réseaux.

En voici le 4ème de couverture 

L’essentiel se passe dans la chambre à coucher.

Nous sommes responsables de l’état de la société et de notre environnement, nous ne pouvons pas être plus nombreux que ce que la Terre nous offre de ressources. Chacun de nous devrait se rendre compte que notre avenir collectif commence par notre sexualité, avec la décision de pratiquer la sobriété démographique comme Malthus nous le conseillait ou de rendre notre monde invivable par trop d’enfants.

Le mot « malthusien » devrait être un élément de réflexion connu de tous. Ce livre est aussi dédié aux acteurs absents des délibérations présentes : les générations futures et les non-humains, tous ceux que l’expansion démographique humaine peut à juste titre inquiéter…

Michel Sourrouille a déjà publié trois livres sur la démographie. L’avant-dernier est un livre collectif à 23 auteurs qu’il a coordonné. Le dernier, toujours aux éditions Edilivre: Surpopulation. Afghanistan, France, Royaume-Uni… aucun pays n’est à l’abri.

Professeur de sciences économiques et sociales à la retraite, il est journaliste- écrivain pour la nature et l’écologie (membre des JNE) et adhérent de l’association ”Démographie Responsable”.

MALTHUS, responsabilité et démographie Lire la suite »

Sans ressources minières, tu n’es plus rien

Selon la Cour des comptes européenne le 2 février 2026, la dépendance de l’UE est totale pour dix matières premières critiques. Or, si elle veut construire elle-même plus d’éoliennes, de panneaux solaires, de pompes à chaleur, de batteries, l’Union européenne (UE) aura besoin de lithium, de nickel, de cobalt, de cuivre ou encore de terres rares…

Adrien Pécout : La Commission européenne a fixé aux Etats membres de l’UE l’objectif d’atteindre 42,5 % d’énergie finale à partir d’énergies renouvelables pour 2030, contre 24,6 % en 2023. La Cour des comptes constate que pour dix composantes (vanadium, scandium, niobium, lithium, terres rares légères, terres rares lourdes, bore, antimoine, magnésium, phosphore), la dépendance aux importations en provenance de pays tiers est « totale ».On fixe l’objectif qu’aucune des 17 matières premières stratégiques ne provienne, à partir de 2030, à plus de 65 % d’un unique pays tiers. Concernant la production, l’objectif est d’extraire du sous-sol de l’UE au moins 10 % des matières qui seront consommées par les 27 Etats membres et d’en transformer au moins 40 % sur leur sol. L’Union européenne semble proche de son objectif de capacité d’extraction puisqu’elle atteint déjà 8 % de ses besoins. A l’inverse, concernant la transformation des matières premières stratégiques, elle en est encore loin (24 % de la consommation).

En avril 2025, la Chine a de nouveau restreint ses exportations de certaines terres rares…

Le point de vue des écologistes anti-extractivistes

Perros Jean Michel : Mince, on découvre qu’il n’y a pas de ressources minérales en Europe. Avoir des idées ne compense pas le fait de ne pas avoir de pétrole.

Magneto : Cet article aurait pu être écrit il y 20 ans. Toutes ces questions ont fait l’objet de rapports et d’alertes, rien n’a été fait. On peut penser que dans 20 ans le problème sera toujours entier. On se mettra à genoux pour commander et payer au prix fort les matières premières, critiques ou pas. Personne en Europe ne peut admettre d’avoir une exploitation minière dans son environnement. Le seuls autorisés et encouragés à polluer sont les agriculteurs. On aura des gouvernements d’extrême droite dirigeant des pays de vieux, sans matière première et sans main d’œuvre, mangeant et buvant une nourriture et une eau empoisonnée. Le problème sera résolu par la

Michel SOURROUILLE : Ils sont beaucoup à psalmodier « croissance… croissance… croissance » sans s’apercevoir que quand on a dépassé les ressources de la planète, il n’y a plus de croissance possible. L’article montre que l’UE est particulièrement vulnérable. Ajoutons que ce n’est pas seulement par rapport aux métaux stratégiques, mais aussi par rapport aux énergies fossiles ou même, pour plusieurs pays, par rapport aux ressources alimentaires. Un politique réaliste dirait que le niveau de vie actuel en Europe sera bientôt obsolète. Mais un politicien peut-il être réaliste ?

Totoro en réponse à Michel SOURROUILLE : Mais non il n’y a pas de problème de croissance à cause des limites de ressources de la planète (fake news). « Drill Baby Drill »!!! a dit un certain politicien dont j’ai oublié le nom 😉

Sans ressources minières, tu n’es plus rien Lire la suite »

Une tribune malthusienne dans LE MONDE

La chute du nombre de naissances peut aider à réduire le chômage, apaiser les tensions sur le logement, et élever la qualité du système éducatif, estime l’ancien rédacteur en chef d’« Alternatives économiques » Guillaume Duval. Un malthusien peut donc s’exprimer dans LE MONDE, mais sans dire qu’il est malthusien.

Guillaume Duval : Le bilan démographique de la France pour l’année 2025, que l’Insee a publié le 13 janvier 2026, fait apparaître pour la première fois un solde naturel négatif. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour la planète :

– Les discours qui mettent en avant la perte de compétitivité économique ou la perte de poids politique qu’une baisse de la population impliquerait n’ont pas de sens.

Cette évolution devrait détendre assez rapidement la situation du marché du logement.

– Avec la baisse du nombre d’enfants, on va pouvoir s’attaquer au caractère inégalitaire de notre système éducatif.

Le vieillissement de la population va contribuer à régler notre problème chronique de chômage

– Un financement des retraites qui ne repose que sur une croissance démographique infinie, cela porte un nom : la pyramide de Ponzi.

– Cette évolution est par ailleurs très positive sur le plan écologique. L’explosion des émissions de gaz à effet de serre, l’effondrement de la biodiversité, la déforestation, la dégradation des sols, la raréfaction de l’eau douce, la pollution plastique et chimique… menacent de rendre la planète inhabitable.

Si cette croissance démographique doit s’arrêter, mieux vaut que cela passe par une diminution du nombre des naissances plutôt que par les guerres et les épidémies qui ne manqueraient pas de se multiplier

Le point de vue des écologistes malthusiens

Karsenti : Enfin un article intelligent sur la démographie. Le problème écologique, c’est exactement juste ça : plus de 8 milliards, on est trop nombreux. La véritable écologie scientifique c est l équilibre entre les espèces et l’environnement physique a un moment donné. Nous sommes trop nombreux parce que nous utilisons beaucoup d énergie pour vivre longtemps et confortablement. Mais nécessairement nous le faisons aux dépends de l ensemble de l écosystème. Comme personne ne veut revenir revenir a un niveau de vie plus simple, la seule solution est de réduire la population humaine.

JP13 en réponse à Karsenti : Malheureusement le problème écologique ce n’est pas « juste ça ». La démographie galopante accentue le problème. Mais au fond du fond le problème c’est notre modèle de société qui tourne à coups d’hyper-consommation, et qui n’est guidée que par le court-terme (rendements financiers ; systèmes politiques etc). À deux milliards sur terre, vivant comme les américains ou les européens, on épuiserait tout aussi bien les ressources de la planète et on la dégraderait, seulement un peu moins rapidement.

Michel SOURROUILLE : Il est trop rare dans les médias de considérer que la baisse de fécondité est un avantage plutôt qu’un inconvénient. Ajoutons aux arguments de Duval le fait que la population de la France est beaucoup trop nombreuse par rapport aux capacités de son territoire, il y a surpopulation. La baisse des naissance n’est donc pas seulement un avantage, c’est aussi une nécessité…

Jacques Py : Un, Deux ou quatre milliards d’humains… a t-on jamais pensé l’idéal d’une population mondiale acceptable pour la Planète ? Cela signifie une régulation planifiée de la démographie… sujet hautement politique et improbable… pour le moment seulement.

Eglantine13 : Certes, certes, mais quand Macron en appelle au réarmement démographique, ce n’est ni au désir d’enfants ni à un substitut à la fin de vie qu’il pense. En qualité de chef des armées adepte du réarmement militaire, il désire des soldats en grand nombre… On aura encore des guerres comme l’avait prédit Malthus et Duval.

En savoir plus

Le livre de Michel Sourrouille  « MALTHUS, penseur de la finitude (démographie et responsabilité) » vient juste d’être publié :

https://librairie.edilivre.com/essai/36649-malthus-penseur-de-la-finitude-demographie-et-responsabilite-9782414821136.html

A commander si vous le voulez bien à partir de ce lien ou après de votre libraire.

Il s’agit d’une impression à la demande, il ne se trouve pas en stock dans les librairies.

Une tribune malthusienne dans LE MONDE Lire la suite »

Fin de vie, Sénat et soins palliatifs

Le Sénat a rejeté, le 28 janvier 2026, la proposition de loi sur l’aide à mourir, après l’avoir vidée de sa substance une semaine plus tôt. Pourtant, ce texte est souhaité depuis longtemps par une majorité de Français.

Christine Jordis : Les sénateurs LR voulaient remplacer l’« assistance médicale à mourir » par un « droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance ». Quel abus de pouvoir inacceptable est-ce là : vouloir imposer aux autres une morale qui ne dépend que de nos opinions propres ? On peut imaginer que nombre des sénateurs à une aide à mourir se recommandent d’une loi divine qui nous interdirait de mettre fin à nos jours ; autrement dit, une loi qui nous ordonnerait d’accepter une mort dite « naturelle ». « Naturelle », cette mort ? En 1740, l’espérance de vie se situait à 25 ans ; en 1810, grâce aux progrès de la médecine, à 37 ans ; aujourd’hui, à environ 80 ans pour les hommes et 86 ans pour les femmes. Qu’y a-t-il de naturel dans une vie aujourd’hui prolongée par les progrès de la médecine, jusqu’à nous réduire, parfois, à l’état de légumes ?

Comment accepter que notre mort ne soit qu’une basse affaire de discussion entre politiciens ? Notre mort nous appartient, à nous, seulement à nous, et à personne d’autre : ni aux soignants, ni aux religieux, ni aux parlementaires. Que l’on développe les soins palliatifs, certes, est une nécessité. Mais qu’on ne nous prêche pas une solidarité au pied du lit des mourants alors que la première preuve d’un tel sentiment serait de respecter la volonté de la personne concernée. Faudrait-il donc se tirer une balle dans la bouche ou se jeter par la fenêtre ? Un procédé pris dans la tranquillité d’une chambre auprès de ses proches vaut tout de même mieux que des solutions aussi extrêmes.

Quelques éléments de débat

Philippullus : La principale opposition à l’aide à mourir ne vient pas de la religion qui est bien peu respectée à l’heure actuelle par toutes les croyantes qui choisissent l’avortement. L’origine principale du blocage vient des professionnels des soins palliatifs qui parlent de compassion, mais qui en réalité veulent conserver leur gagne-pain.

Bandera : On lit : « Notre mort nous appartient, à nous, seulement à nous, et à personne d’autre : ni aux soignant… » Justement la majorité des soignants ne veut pas être associée à ce geste ignoble que la loi voudrait les obliger à exécuter. Exécuter au sens « propre ». La loi Léonetti est aujourd’hui suffisante. Que cette Christine Joris visionne le film Soleil vert, pour voir la société affreuse qu’elle appelle de ses vœux.

zitouni en réponse à Bandera : une majorité n’a jamais été une totalité.

Tarbes en réponse à Bandera : « geste ignoble », c’est déjà votre morale personnelle qui parle. Certains y verront un geste libérateur, et il est d’abord question de permettre aux malades de se suicider dignement. Sur la position majoritaire des soignants, d’une part j’aimerais avoir des sources fiables, d’autre part quand je serai en train de mourir dans des souffrances insupportables, comme ça arrive encore, mes soignants pourront aller s’enfoncer leurs principes bien profond, et je ne vois pas au nom de quelle morale on pourrait bloquer ma décision

Georges Serein en réponse à Bandera :Il ne s’agit pas de rendre obligatoire le suicide mais de ne plus l’interdire. Soyez rassuré !

Dufiloy en réponse à Bandera : Pourquoi avez vous si peur ? Et réellement de quoi ? De la mort elle-même ? C’est pourtant ce qui nous attend, qu’on la retarde ou non.

En savoir plus sur les soins palliatifs

Fin de vie et arrêt des soins palliatifs

extraits : Les quelque 170 participants appelés à siéger à la convention citoyenne sur la fin de vie, qui s’ouvre le 9 décembre 2022 au Conseil économique, social et environnemental (CESE), vont se réunir neuf week-ends de trois jours jusqu’au 19 mars 2023 pour tenter de répondre à la question formulée par la première ministre, Elisabeth Borne : « Le cadre d’accompagnement de la fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d’éventuels changements devraient-ils être introduits ? » Les praticiens des soins palliatifs se déclarent opposés pour la plupart à une légalisation de l’euthanasie….

Remise des conclusions de la Convention citoyenne (3 avril 2023)

extraits : Dans son rapport final, la Convention citoyenne sur la fin de vie se prononce en faveur de l’ouverture, sous conditions, du suicide assisté et de l’euthanasie. Le président de la République a annoncé un projet de loi d’ici la fin de l’été.

– À 75,6% la Convention se positionne en faveur d’une aide active à mourir, considérant que le cadre légal en vigueur (loi Clayes-Leonetti de 2016) est insuffisant. Elle évoque par exemple la limite posée par la loi, dans l’état actuel, sur la pratique de la sédation profonde et continue.

– Sur la question du suicide assisté ou de l’euthanasie, la Convention se prononce pour une mise en place conjointe des deux, considérant que choisir une des deux solutions ne répondrait pas à la diversité des situations rencontrées.

– La Convention pose comme préalable que la volonté du patient soit entendue et respectée en prenant en compte sa capacité de discernement, qu’elle soit exprimée directement ou indirectement (par une personne de confiance).

– La question de l’âge à partir duquel une aide à mourir est envisageable n’a pas été tranchée….

Fin de vie, démographie et écologie (extraits)

Nous répondons à la question d’un de nos commentateurs, Michel : « Que viennent faire les écologistes (qui veulent en finir avec la vie) dans le débat politique sur le suicide assisté ? »

Réponse : Le droit à la vie n’est pas un principe intangible, il est modulable selon l’évolution de la conscience sociale et écologique. Sur une planète de 8 milliards d’êtres humains, surpeuplée, on peut s’interroger aussi bien sur les conditions de donner la vie comme sur les modalités de sa mort. Le mouvement gink (pas d’enfant pour des raisons écologiques) est une option de départ. L’interruption volontaire de vieillesse (ou de maladie) une autre en fin de course. L’essentiel dans les deux cas est de respecter la liberté de choix des personnes. Mais si on ne limite pas la population en proportion des ressources disponibles, alors il y a mortalité non désirée, famine, guerre ou épidémie comme l’a montré Malthus et l’histoire humaine….

Fin de vie, Sénat et soins palliatifs Lire la suite »

Municipales, Les Écologistes sont avec qui ?

Des cadres écologistes ont décidé de claquer la porte du parti pour rejoindre les listes portées par La France insoumise (LFI). D’autres préfèrent porter des listes d’alliance avec le Parti socialiste (PS). Les choix d’alliances sont décidés localement par les militants, on voit des scissions et des recompositions un peu partout. Chez Les Écologistes de Paris, la scission menaçait depuis la signature de l’accord de premier tour avec les socialistes, les communistes et Place publique. La direction écologiste voit dans cette fronde « une opération de déstabilisation de l’extérieure » menée par les « insoumis ». D’autres déplorent une « fusion-absorption des Écologistes par les socialistes ».

https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/01/30/municipales-2026-une-fronde-et-des-departs-qui-fragilisent-les-ecologistes-de-marine-tondelier_6664816_823448.html

Le point de vue des vrais écologistes, à ne pas confondre avec les faux écologistes

– Aucune mention de l’urgence écologique dans l’ensemble de cet article. Je préfère un ou une candidat(e) qui porte seul la parole écolo plutôt qu’un gloubi-boulga sans aucun attrait, si ce n’est la confusion des valeurs. La tambouille électoraliste étouffe tout parole qui dit la vérité sur les efforts à accomplir, que ce soit au niveau local ou global, pour changer de direction sur une planète qui brûle. L’exercice du pouvoir n’importe que si on porte un programme adapté aux réalités de notre temps et pas au jeu partisan. Comme l’écrivait Thoreau, « si j’ai raison contre tout le monde, j’ai déjà la majorité d’une voix ».

– Les écologistes ont peur de leur ombre depuis 1993 . Année du commencement de la fin de l’écologie indépendante au profit de l ’écologie estampillée ’’de gauche.’’

– Le parti des Verts, au départ porteur d’un véritable projet de société écolo du temps de René Dumont, est devenu progressivement une succursale d’une idéologie très à gauche, si ce n’est d’extrême gauche.

– Plus la gauche est marginalisée sur l’échiquier politique, plus elle se déchire et accélère sa chute. Et ça continuera tant que Mélenchon sera là.

– Quand un parti fait le choix de ne s’adresser qu’à l’électorat de gauche en ignorant l’électorat écologiste du centre, il se trouve entre deux pôles plus puissants que lui , PS et LFI. Faute d’espace électoral, il est condamné à la marginalisation voire à la disparition.

– C’est sur qu’il va falloir ramer pour faire comprendre à l’immense majorité des français qui rejette radicalement LFI que l’écologie ne se limite pas aux partis politiques.

– Les VRAIS écolos ont quitté discrètement les Verts au fil des ans, le panier de crabes. Ils regardent ébahis la stagnation d’un parti qui rate tout et qui finit même par jeter un certain discrédit sur les associations soucieuses de l’environnement.

– Face au rouleau compresseur des extrêmes droites décomplexées qui labourent le paysage politique français, l’heure est aux convictions solides, enracinées et assumées.

– Pour que l’écologie vive, à mort « Les Ecologistes » ?

Municipales, Les Écologistes sont avec qui ? Lire la suite »

Tous nos articles de janvier 2026

Voici notre récapitulatif de janvier

cliquez à votre convenance

analyse structurelle

Décroissance, mot nécessaire et indicible

action écologique

La rupture écologique est possible, comment ?

Isabelle Autissier, le combat nourrit l’espoir

Nobel de l’écologie, la mycologue Toby Kiers

Francis Hallé, voyage à la cime des arbres

Faut-il avoir peur de la nature ? (François Terrasson)

Mercosur, les écologistes disent NON ! (peut-être)

détérioration planétaire

PNUE, tout ce qu’il rapporte effraie

« faillite hydrique », le monde entier a soif

Zizanie politique sur le pétrole ultra-marin

ZFE, la zone des frénétiques écolos

détechnologisation

À limiter : l’IA qui dévore la planète

décarbonation

Taxe carbone, un vrai serpent de mer

Accès à l’énergie et guerres du pétrole

Guerre du pétrole, réalité et faux semblants

L’extractiviste Trump veut le pétrole de Maduro

TRUMP, extractiviste notoire de la finitude

À qui appartient le pétrole ? Pas à Trump !

démilitarisation

ONG humanitaires et recherche de la paix

Patriotisme et Nationalisme va-t-en-guerre

Marine Tondelier, une écologiste va-t-en-guerre

dépopulation

La population mondiale au 1er janvier 2026

Besoin d’être ou d’êtres (moins) nombreux ?

MALTHUS, un incontournable penseur de la finitude

Dictature et natalisme en Hongrie

Seule avec mon chat, pourquoi faire un gosse ?

Le pentobarbital bientôt en vente libre

changeons d’imaginaire social

L’éducation, nourrir, conduire vers, élever

Savoir et pouvoir sont dans un bateau…

Nous ne croyons que ce que nous voulons croire

De nouveaux mots expriment notre désarroi

Contre les pratiques culturelles actuelles

Des-informations

Un climato-sceptique peut-il s’exprimer librement ?

Les réseaux sociaux, niet, à supprimer

Trophée Jules-Verne, un exploit pour rien

N’hésitez pas à mettre un ou plusieurs commentaires sur nos articles,

la formation de l’intelligence collective est l’affaire de tous.

Pour échanger ou abonner une connaissance

biosphere@ouvaton.org

Merci de votre attention…

et faites connaître notre blog biosphere…

Tous nos articles de janvier 2026 Lire la suite »

Mercosur, les écologistes disent NON !

Les députés Verts allemands au Parlement européen ont choisi d’envoyer un signal hostile au libre-échange. Huit de ses douze eurodéputés, ont voté en faveur d’un renvoi de l’accord avec le Mercosur devant la Cour de justice de l’Union européenne. Tollé général. C’est anormal.

Winfried Kretschmann, élu écologiste qui préside le Bade-Wurtemberg (Autoland) depuis quinze ans : « L’accord allait « protéger notre industrie, nos PME et de nombreux emplois dans le Land ». Il a toujours défendu l’industrie automobile et les accords de libre-échange dont elle dépend.

Franziska Brantner, la coprésidente des Verts, a qualifié le vote de ses collègues européens d’« erreur ».

Le commentaire de Michel Sourrouille

Le libre-échange a été imposé par les puissance dominantes, à l’origine par la Grande-Bretagne au XIXe siècle. C’est un facteur important des inégalités de développement entre pays. En tant qu’écologistes, nous devons promouvoir des productions locales pour des marchés de proximité. Enfin il est économiquement ridicule de vendre des voitures à l’étranger alors qu’on importe des voitures fabriquées à l’étranger : pur gaspillage d’énergie. Il n’y a donc pas d’autre choix que l’abandon du Mercosur.

Le commentaire de Ricardo Uztarroz 

Ils ont voté comme l’extrême-droite. Et alors, où est le problème. Ils ont voté contre le Mercosur. A tort ou à raison, la question est là. Des élus écolos qui défendent l’industrie automobile, ça laisse un peu perplexe, en outre favorables à qu’on produise de la viande en Argentine pour qu’on la mange en Allemagne, là ça laisse pantois. Volkswagen est implanté au Brésil depuis les années 50. C’est le plus gros producteur de bagnoles du Mercosur. Renault est en Argentine et au Brésil, Peugeot au Brésil, Fiat au Brésil. Donc ces marques n’exportent vers le Mercosur puisqu’elles produisent sur place.

Protectionnisme contre l’absurde Mercosur

extraits : Un jour déjà lointain, Ernst Friedrich Schumacher (Small Is Beautiful) vit un camion à l’effigie d’une marque de biscuits écossais entrer dans Londres ; peu après il apprit qu’une entreprise fabriquant des biscuits à Londres acheminait sa production jusqu’en Écosse. Cette découverte le troubla profondément. En tant qu’économiste, il ne parvenait pas à comprendre pourquoi des être compétents se voyaient contraints de conduire un camion d’un bout à l’autre des îles britanniques dans le seul but de transporter des biscuits. N’était-ce pas absurde ? Le coût humain et environnemental d’une telle manœuvre n’avait donc alerter personne ?….

Notre article le plus ancien sur la question (06.11.2005)

Soyez apôtre du protectionnisme !

Dans « Système national d’économie politique » paru en 1841, Frédéric List (naît dans le Wurtemberg actuel) pensait que les libéraux se trompaient en croyant qu’il existait des lois générales de l’économie en tout temps et en tout lieu. Pour lui, l’évolution économique de chaque pays dépend de son évolution politique et culturelle. Aussi, on ne pouvait présenter le libre-échange comme modèle incontestable à une Allemagne ravagée par les guerres napoléoniennes et politiquement éclatée. Par contre la protection des industries naissantes permettrait l’émergence d’industries hautement compétitives et ce n’est qu’à condition de rattraper le niveau de la Grande-Bretagne que l’Allemagne pourrait ouvrir les frontières car on échangerait alors à armes égales. Il s’agit là d’un « protectionnisme éducateur » et en conséquence, F. List n’est qu’un libre-échangiste différé : son idéal d’avenir reste l’industrialisation, c’est-à-dire tout ce qui détruit les ressources de la planète.

Pour enrayer ce flot de destructions, la Biosphère souhaite que les humains s’arrêtent de faire du libre-échange généralisé de biens matériels, de services financiers ou de travailleurs migrants, mais attacher au contraire les communautés à leur cadre territorial d’appartenance pour qu’elles en vivent de la façon la plus autonome possible. En agriculture, il s’agit de promouvoir la souveraineté alimentaire.

Mercosur, les écologistes disent NON ! Lire la suite »

Agenda, la DCNV expliquée le 4 février

SE DÉFENDRE SANS FAIRE LA GUERRE ?

La Défense Civile Non-Violente trouve son origine dans de nombreux cas historiques de résistances non militaires, mais particulièrement efficaces. Et nombreux sont ceux qui aujourd’hui, considèrent que la DCNV pourrait constituer une véritable protection de notre démocratie, non seulement face à une menace venant de l’extérieur, mais également face à une menace venant de l’intérieur… Une approche par ailleurs en pleine adéquation avec les principes fondamentaux de l’Écologie politique.

C’est pourquoi la Commission Paix & Désarmement du parti « Les Écologistes »

a décidé d’organiser un webinaire ouvert à toutes et à tous

MERCREDI 4 FÉVRIER à 20H30 – durée : 1h30

Intervenant : Alain REFALO

Pour obtenir le lien de connexion adressez dès aujourd’hui à :

laurent.lintanf@orange.fr

Agenda, la DCNV expliquée le 4 février Lire la suite »

Isabelle Autissier, le combat nourrit l’espoir

C’est une des premières femmes à faire le tour du monde en solitaire en 1991, elle est aujourd’hui engagée dans la défense du vivant.

Isabelle Autissier, une grande dame à écouter :

– Nous appartenons à la nature. Si elle s’écroule, Homo sapiens s’écroule avec.

– Même si on s’oriente vers un réchauffement à 2,8 °C ou à 3 °C, il peut advenir une crise écologique mondiale qui chamboule tout et freine ce processus. Cela serait très désagréable.

– Les gens préfèrent s’accrocher à leur petite maison et à leur voiture. Le déni sous toutes ses formes neutralise l’action.

Le jour où il n’y aura plus assez de terre cultivable et d’eau potable pour tout le monde, ce sera la guerre.

J’ai bientôt 70 ans, je ne me suis jamais illusionnée, le combat écologiste n’allait pas être un long fleuve tranquille.

– Les oppositions se réveillent toujours lorsque l’on marque des points. Mais plus les conséquences de la destruction du vivant vont se faire sentir, plus les gens vont se résoudre à écouter les scientifiques.

– L’espoir, c’est bien gentil, mais cela n’implique pas immédiatement l’action. J’aurais beau espérer la paix dans le monde, si je reste chez moi à cultiver mon jardin, j’espérerais à vide, en quelque sorte. C’est le combat qui nourrit l’espoir.

– Nombreux parmi ceux qui luttent concrètement pour la liberté finissent en prison, voire pire. C’est là que se trouve le courage.

– Si vous voulez arrêter de déprimer, battez-vous ! Seul, on a davantage tendance à désespérer. Construire des solutions fait du bien à la tête.

– En mer, peu importe les énormes vagues et les avaries. Si je m’arrête par désespoir, je suis morte.

Je mesure en moi-même combien être au contact de la nature permet de se construire, apporte du bonheur, et conforte sur son appartenance à ce grand mouvement de la vie, à cette planète complètement étrange, à la beauté, à la sensibilité, à l’émotion qui s’y réalise.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

La synergie entre Isabelle Autissier et Nicolas Hulot

Isabelle Autissier le 25 novembre 2018 : « Aucune idée n’a avancé aussi vite que l’écologie. Mais cela me dévaste qu’elle ne soit pas encore au cœur des décisions gouvernementales, que le système économique pousse encore à tant de mauvaise foi. Qu’est-ce qu’on va le payer cher ! La planète n’en a rien à faire de nous. Elle peut devenir un gros caillou chauve. Mais quelle sera la qualité de vie des êtres humains ? On va vers beaucoup de souffrances, vers des guerres qui naîtront de situations explosives engendrées par les problèmes de terre, d’eau, de climat. On n’a pas assez d’imagination pour se représenter ce que seront les crises environnementales. On nous décrit la montée des eaux, l’acidification des océans, la disparition des espèces, la raréfaction des terres arables, les grandes villes submergées, mais on ne visualise pas, sinon on arrêterait tout instantanément. » (extraits)

Isabelle Autissier, le combat nourrit l’espoir Lire la suite »

Nous ne croyons que ce que nous voulons croire

Lorsque des croyants découvrent que la prophétie au cœur de leurs croyances ne se réalisa pas, loin de renoncer à leur foi, ils bâtissent une explication « logique » à l’échec de leur prophétie et redoublent de ferveur. Le psychologue américain Leon Festinger, à partir de l’étude d’une secte, a défini son concept de « dissonance cognitive » : ainsi désigne-t-il l’inconfort mental que nous ressentons lorsque nous sommes confrontés à des convictions contradictoires, un malaise que notre cerveau cherche à réduire en modifiant nos croyances, voire notre interprétation des faits.

De nombreuses expérimentations, menées sur des étudiants mis en situation, ont confirmé le déclenchement d’esquives cognitives visant à retrouver une cohérence de soi lorsqu’on affronte une contradiction interne : déni, oubli, nouvelle hiérarchie de ses valeurs, etc. La théorie de la dissonance cognitive présente un modèle plutôt robuste. ll n’y a pas que les croyants en des théories fumeuses qui pratiquent la dissonance cognitive.

– Par exemple une théorie applicable à bien d’autres croyances, la technolâtrie qui sauve. Certes cette technique ne marche pas, mais une autre, plus tard, donnera bien une solution. C’est ce qui explique le nombre de friches industrielles et les fusées d’Elon Musk.

– La plupart des négationnistes du climat, on a beau leur expliquer la validité scientifique des études du GIEC, ils continueront à croire de plus belle à leurs illusions. Il suffit d’entendre Trump déclarer que le réchauffement climatique, c’est une escroquerie. Cela coupe court à toute possibilité de rationalité, et on s’empresse de contredire ou d’interdire tout ce qui va à l’encontre de la foi climato-sceptique. Quitte avec Trump, cas extrême de refus de la réalité objective, d’interdire toute information publique sur le réchauffement climatique. Casser le thermomètre est une manière de soigner sa dissonance cognitive..

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Tout savoir sur la dissonance cognitive (extraits)

Le psychosociologue Leon Festinger a appelé « dissonance cognitive » la situation de notre psyché lorsque se mettent à l’habiter deux croyances contradictoires. De ce sentiment d’inconfort, nous tendons inconsciemment vers un état de stabilité, d’apaisement, vers un état dans lequel cette tension puisse être résolue.

James Howard Kunstler : « C’est une constante de l’histoire humaine que les évolutions les plus importantes sont souvent les plus ignorées, parce que les changements qu’elles annoncent sont tout simplement impensables. On peut qualifier ce processus de « problème hors contexte », phénomène si éloigné de l’expérience des gens qu’ils ne peuvent comprendre les informations disponibles. On peut aussi l’appeler « dissonance cognitive ». La plupart des économistes orthodoxes ne reconnaissent aucune limite à la croissance projetée dans l’avenir. Otages de leur propre système, ils ne sont pas capables de concevoir une autre forme d’économie.

Stéphane Foucart emploie deux dénominations significatives de la dissonance cognitive: « schisme de réalité » et « double pensée » : « Les politiques savent que nous allons dépasser le seuil de 2°C, passage vers des perturbations ingérables. Ou bien la conscience trouve le moyen d’éviter d’y penser en participant à une mascarade nommée COP21. Il y a une telle opposition entre ce qu’on sait de dramatique et le besoin absolu de pouvoir conserver les choses en l’état qu’on veut ignorer ce qui fait mal….

Lire, La fabrique du mensonge (comment les industriels manipulent la science et nous mettent en danger) de Stéphane Foucart

extraits : Qui considère que le changement climatique d’origine anthropique est une réalité ? Toutes les grandes sociétés savantes compétentes. Ce consensus de la communauté scientifique se cristallise dans les rapports du GIEC qui rassemblent des milliers d’études publiées sur le sujet. En dépit de cela, le discours climato-sceptique fait florès. Comment une telle dissonance cognitive, ce hiatus entre ce que nous croyons et ce que nous savons, s’est-elle construite ? Les entreprises incommodées par la question climatique ont eu massivement recours à une galaxie de think tanks qui ont propagé dans la sphère publique un discours pseudo-scientifique. Pour insinuer le doute.

Nous ne croyons que ce que nous voulons croire Lire la suite »

Zizanie politique sur le pétrole ultra-marin

Avec le pétrole, on fait comme si les réserves étaient inépuisable alors qu’elles sont non renouvelables et limitées. En brûlant le pétrole, on fait comme si on ne savait pas qu’il faut limiter les émissions de gaz à effet de serre. On sait qu’il faut laisser le pétrole sous terre, mais les politiciens et les conducteurs de véhicules thermiques ne le savent pas encore.

On fait comme s’il n’y avait pas d’avenir viable et vivable pour les générations futures. Homo demens. Exemple, cette initiative des sénateurs.

Marie de Vergès : Adoptée en décembre 2017, la loi Hulot a mis un terme à la recherche d’hydrocarbures sur le sol français et prévoit la fin de toute exploitation d’ici à 2040. Une proposition de loi vise à revenir sur cette interdiction pour les territoires ultramarins. La Guyane n’est pas la seule ciblée par le texte. Celui-ci mentionne également Mayotte et les îles Eparses, « situées dans le canal du Mozambique ». Les sénateurs mettent en avant la nécessité de renforcer la souveraineté énergétique de la France.

– Le sénateur de la Guyane : « Notre territoire demeure dans un état de précarité. Pourquoi ne pourrait-on pas, nous aussi, exploiter nos ressources naturelles et profiter des retombées sur la croissance et le développement des infrastructures ? »

– Pour les organisations de défense de l’environnement, ce serait s’inscrire dans la logique trumpiste de relance de l’extractivisme et de remise en cause des engagements climatiques. 

– La proposition de loi, qui se revendique transpartisane, a de bonnes chances d’être adoptée au Sénat.

– Le texte est rejeté avec vigueur par Monique Barbut, la ministre de la transition écologique.

– La ministre des outre-mer, Naïma Moutchou, soutient la possibilité de forages.

– Matignon tarde à rendre son arbitrage !

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Écologie, le ministère de l’impossible

extraits : Nicole Bricq, ministre (socialiste) de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie du gouvernement Hollande, n’a duré qu’un mois (16 mai 2012 au 18 juin 2012). Elle a été virée par le premier ministre (socialiste) Jean-Marc Ayrault pour avoir annoncé la suspension des permis d’exploration d’hydrocarbures, une décision pénalisant l’entreprise pétrolière Shell, qui prospectait au large de la Guyane….

Quel est le véritable prix du baril de pétrole ?

extraits : Pour les Romains le gage de la croissance était le nombre d’esclaves, pour le monde moderne c’est la merde du diable (le pétrole). Le prix du baril Brent était de 74,75 dollars le 29 mai 2018, le marché du système libéral ne sait pas si demain il sera à 20 dollars ou à 1000 dollars. Tout ce qu’on prévoit quand on raisonne en fonction des réalités géophysiques, c’est que le pic du pétrole conventionnel est déjà dépassé depuis 2006, ce qui aurait dû entraîner une hausse constante de prix car plus c’est rare, plus c’est cher. L’ère utile du pétrole en tant que combustible fossile s’achèvera avant le milieu du XIXe 21ème siècle, autant dire demain. Actuellement le prix du pétrole est artificiellement maintenu à bas prix depuis le début de son exploitation puisqu’il a permis les trente Glorieuses, le confort à tous les étages et l’auto pour une grande partie de l’humanité (soit plus de 1 milliard de voitures particulières). Pour une période faste qui aura duré moins de deux siècles, les humains ont gaspillé un don de la nature accumulé pendant des millions d’année et enfoui sous terre…..

La fièvre de l’or en Guyane, Macron est pour

extraits : La « Montagne d’or », un projet de gigantesque mine, mené en Guyane par le groupe russe Nordgold, associé au canadien Columbus Gold. Ce projet « participe pleinement au renouveau minier de la France », avait déclaré Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, aux Echos, en 2015 : « Il y a une richesse sous le territoire français, notamment de l’or. (…) Nous ferions une erreur profonde en ne l’exploitant pas. » ….

Zizanie politique sur le pétrole ultra-marin Lire la suite »

Peter Thiel à l’Académie morale et politique ?!?

Peter Thiel est l’exemple type des riches affairistes pauvre d’esprit qui croient qu’ils pensent des vérités alors qu’ils font preuve de confusion mentale. Il est en bonne compagnie avec Trump, Elon Musk, Vance, etc. Démonstration.

« Dans ma vie privée, je suis un chrétien orthodoxe modéré et un humble libéral classique, avec une seule déviation apparemment mineure par rapport à l’orthodoxie libérale classique : je m’inquiète de l’Antéchrist. » C’est ainsi que Peter Thiel a prévu de se présenter devant les membres de l’Académie des sciences morales et politiques réunis en groupe de travail pour plancher sur « l’avenir de la démocratie ».

C’est plutôt un libertarien de la plus belle eau, cette idéologie en vogue aux Etats-Unis qui place la liberté individuelle au-dessus de tout, celles des puissants. Il prône un capitalisme dérégulé ce qui arrange ses affaires, il est le cofondateur système de paiement en ligne PayPal. Paradoxalement il prône un État minimal, voire inexistant, alors que son entreprise Palantir Technologies est un géant de l’analyse des données pour les gouvernements .

Si les académiciens plongent dans ses livres, ils découvriront l’aversion absolue de Peter Thiel non seulement pour le multiculturalisme et les progressistes, mais aussi un très net scepticisme à l’égard… de la démocratie ! Certaines catégories d’individus sont faites pour diriger les autres. C’est un élitiste qui prône un système oligarchique où la gouvernance serait assurée par quelques-uns – des hommes, riches entrepreneurs – exaltant le progrès, la technologie, l’individu roi. La monarchie est le meilleur des régimes, soutient-il dans son essai De zéro à un. « Je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles », dit-il. Pour faire bon poids, il date cette incompatibilité du moment où les femmes avaient obtenu le droit de vote. Il achève ainsi de dessiner sa société idéale : censitaire et masculine.

Bien entendu il déteste les écologistes. L’Antéchrist d’aujourd’hui, selon Thiel, ce sont tous ceux qui s’alarment du changement climatique, jouent de la peur d’une guerre nucléaire ou de la volonté de réguler écrans et réseaux sociaux pour promouvoir l’avènement d’un « gouvernement mondial »

Le point de vue des écologistes étonnés

JMR : Thiel parle de L’antéchrist en spécialiste : il a lourdement contribué à l’amener au pouvoir aux États-Unis

Luc D. : Une société qui serait libérale, entrepreneuriale, censitaire masculine, ultra catholique, ce n’est pas très moderne. Ça évoque plutôt la Restauration et les travers de Charles X, qui n’a pas fait long feu. Mais bon, peu d’Américains sont capables de situer la France sur la mappemonde,

DenisP : Un libertarien ? Amusant que ce renversement des valeurs. Un fasciste oui.

Klaatu Vanuatu : La liberté est une notion qui se conjugue avec la responsabilité. Elle n’a rien à voir avec le suprématisme et le règne de la force et de l’arbitraire. Ces libertariens sont des prédateurs avides qui rêvent de puissance et richesse illimitée, autrement dit ils représentent le pire de l’espèce humaine qui a conduit à tant de catastrophes. Voir ce genre d’idées honorées au sein de l’Académie donne envie de vomir.

Asso.rap : Attention de ne pas se fourvoyer, Peter Thiel n’est pas pour « un Etat minimal, voire inexistant ». Il veut couper en deux l’État, d’un côté un super-Etat sécuritaire, autoritaire, sinon fascisant, et de l’autre l’extinction de tout État régulateur, social. Bref la suppression de la démocratie pour rétablir la royauté ou l’Empire.

Shlomo : Après avoir lu le compte rendu du Guardian concernant les conférences de M. Thiel sur l’Antéchrist, je peux dire que ce monsieur n’a même pas le niveau d’un étudiant de première année de théologie. C’est affligeant de superficialité, on atteint le degré zéro de l’exégèse.

Draftdudal : Curtis Yarvin, Nick Land, Peter Thiel, Marc Andreessen, JD Vance. Il faut lire leurs idées toxiques pour mieux les combattre. Elles sont dangereuses, extrêmement bien financées et dans les cercles du pouvoir américain. Au premier contact je les ai balayées d’un revers les trouvant farfelues, nauséabondes et marginales. Mais c’est une erreur car elles sont déjà en action violente, par exemple dans la tronçonneuse du DOGE, dans le logiciel de traçage de la population de ICE, dans le plan pour Gaza, dans l’opération Groenland…

César Bistruk : Quel hypocrite ! Il croit tellement peu au réchauffement climatique qu’il a acheté une énorme propriété en Nouvelle-Zelande, au lac Wanaka avec rivière, etc. Il s’est fait construire son bunker-palace, et a obtenu la nationalité neo-zélandaise. Avec ces types, c’est fermez la porte après moi et laissez crever les autres.

Euskabelga : Les paradoxes de l’extrême droite sont fascinants. Peter Thiel est un immigré aux USA mais conspue l’immigration, il déteste l’État mais Palantir ne vit que de la commande publique, il est homosexuel mais il s’allie à des fondamentalistes chrétiens qui ne seraient pas contre de le jeter au bûcher …

CastrateurDeBetteraves : Pour quelqu’un qui croit à la vie éternelle, il a pris un sacré coup de vieux. Prochaine étape: comment profiter de la vie éternelle quand on a été un vieux débris ratiocinant.

Peter Thiel à l’Académie morale et politique ?!? Lire la suite »

L’éducation, nourrir, conduire vers, élever

L’éducation aujourd’hui échappe au système scolaire. La socialisation se fait maintenant de préférence par l’échange entre pairs, les adultes, y compris les parents, deviennent marginaux dans la transmission des savoirs. Le contenu gobé par les jeunes résulte des réseaux sociaux, là où les fantasmes circulent mieux que l’énoncé des réalités. Pourtant une école sans prise de conscience systémique nous prépare au pire.

Sylvain Wagnon : Sans horizon éducatif partagé, il ne peut y avoir de projet démocratique durable. Tout indique que nous avons basculé dans une nouvelle période historique, marquée par le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité, la montée des inégalités, l’accélération numérique et la fragilisation du lien social. Pourtant, nos systèmes éducatifs continuent à fonctionner comme s’ils étaient encore au cœur de l’ère industrielle. Nous persistons à transmettre un rapport au monde fondé sur l’abondance, la croissance infinie, la spécialisation technique et la compétition individuelle. Nous préparons les élèves à entrer dans un monde stable, hiérarchisé et prévisible, alors même que ce monde est déjà derrière nous. Ce décalage, devenu structurel, est l’un des grands impensés de notre époque.

L’éducation constitue aujourd’hui l’angle mort de la transition écologique. Pourtant, aucune transformation structurelle ne pourra réussir si elle n’est ni comprise, ni appropriée, ni portée par les générations actuelles et futures. Il s’agit de permettre aux élèves de comprendre les interdépendances du vivant, d’apprendre à habiter un monde de limites, d’articuler savoirs et engagement, et de réconcilier l’éducation avec le vivant et les territoires. Former à la coopération plutôt qu’à la compétition, former à la pensée complexe plutôt qu’à la simplification, former à la sobriété, à la nuance, à l’esprit critique, à la justice sociale et à la compréhension du monde vivant, et former des citoyens capables de débattre, de décider et d’agir collectivement constituent des choix décisifs pour l’avenir. L’avenir se joue dans les salles de classe autant que dans les Parlements.

Michel Sourrouille : D’accord Sylvain, il faut préparer les élèves à la décroissance économique et démographique, à une consommation où il faudra se contenter de l’essentiel, l’expression  « j’ai envie » deviendra obsolète0 Nous arrivons bientôt à une société où il n’y aura plus du tout de voiture individuelle, la désurbanisation sera au moins aussi importante que l’exode rural antérieur, sans oublier la nécessaire démilitarisation alors qu’on voudrait faire de nos enfants de futurs soldats. Il faut que les générations qui arrivent sachent dès le plus jeune âge que la société d’abondance à crédit est derrière nous… mais qu’il y a de la joie à avoir des relations conviviales avec les copains et les copines en se baladant dans la forêt profonde et en cultivant le jardin collectif.

Tollbine : Nous ne préparons pas du tout les jeunes aux défis de demain, que dis-je, d’aujourd’hui. Quand il y avait le mouvement Fridays for Future, j’avais un moment d’espoir. Plus maintenant. Certes, les programmes abordent des questions écologiques mais quasiment toujours sous l’angle d’hypothétiques solutions techniques. L’éducation nationale se contente d’actions purement symboliques (faire une vidéo sur le cycle de l’eau…). Dans ce contexte, mon métier de prof s’est vidé de son sens. J’ai l’impression de faire de la figuration. Je regarde cette génération qui avance aveuglément vers un avenir plus qu’un incertain avec compassion et inquiétude.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Une autre éducation des lycéens est possible

extraits : Selon le cardinal de Richelieu, apprendre à lire, écrire et compter « remplit le pays de chicaneurs propres à ruiner les familles et troubler l’ordre public, plutôt qu’à procurer aucun bien ». Les jeunes d’aujourd’hui ont pourtant appris à lire, écrire ou compter, mais ce fut seulement pour se mettre au service de la révolution industrielle. Comment faire autrement ? A ma modeste échelle, j’ai fait ce que je pouvais. Professeur de sciences économiques et sociales (SES) en lycée pendant près de 40 ans, j’ai essayé de montrer ce qu’éduquer veut dire….

L’écologie, axe central de l’éducation scolaire

extraits : Nous sommes tous écolos même si nous n’en avons pas encore conscience. Nous devons en effet apprendre notre dépendance à l’égard des écosystèmes et devenir les sages garants de notre mère Nature. Mais l’école officielle se contente du « lire-écrire-compter » et de l’accumulation des diplômes.la pensée illichienne est plus que jamais d’actualité. Les questions d’éducation sont posées d’une manière qui reflète fidèlement le fonctionnement social et économique que l’écologie dénonce : plus, c’est forcément mieux, avec à la clé une « politique de l’indice » (50 % d’une classe d’âge diplômée du supérieur par exemple) sans retour réflexif sur une mise en avant des bénéfices individuels… L’école est victime d’une logique de compétition….

Scolarité, l’éducation à l’écologie absente

extraits : Surtout pas de catastrophisme dans l’éducation nationale : « La prise de conscience des questions environnementales, économiques, socioculturelles doit, sans catastrophisme mais avec lucidité, aider les élèves à mieux percevoir l’interdépendance des sociétés humaines avec l’ensemble du système planétaire et la nécessité pour tous d’adopter des comportements propices à la gestion durable de celui-ci (circulaire de juillet 2004, rubrique EEDD, éducation à l’environnement et au développement durable). » Un adepte de la pédagogie de la catastrophe fait-il preuve de lucidité ? Ce n’est pas faire du catastrophisme (termes du texte officiel) que de montrer la réalité aux jeunes que nous éduquons (épuisement des ressources fossiles, choc climatique, stress hydrique, perte de biodiversité… sans compter le poids des dettes que nous léguons en France aux générations futures. La catastrophe va bientôt sonner à notre porte parce que nous aurons été beaucoup trop mous pour s’engager dans une autre voie qu’un croissancisme mortifère. Mais chut, il ne faut pas le dire aux élèves. L’histoire des textes officiels en dit long sur la difficulté de l’école à enseigner la transition écologique….

L’éducation, nourrir, conduire vers, élever Lire la suite »

A tous ceux qui aiment Donald Trump à la folie

Sous Trump, le pouvoir ne repose pas sur un système – les fameux checks and balances, les freins et les contrepoids mis en place par la Constitution de 1787 afin qu’aucune des institutions n’abuse de ses prérogatives. Le 47e président américain coche toutes les cases du culte de la personnalité, l’ego lui tient lieu de boussole politique. Aux ressorts des régimes autoritaires, Trump ajoute un sens exacerbé de la mise en scène.

Le 2 mai 2025, il est assis sur le trône papal avec mitre, soutane blanche et croix, à quelques jours de l’ouverture du conclave, réuni à Rome pour élire le nouveau souverain pontife.

Le 19 octobre 2025, une vidéo le montre aux commandes d’un bombardier, baptisé « King Trump », qui déverse des monceaux d’excréments sur les manifestants.

En décembre 2025, le portrait du président MAGA (« Make America Great Again ») est apparu sur le forfait annuel d’entrée dans les parcs nationaux.

Le 19 décembre 2025, il a fait inscrire son nom sur le Kennedy Center, l’institution culturelle de Washington créée par une loi du Congrès.

Le 11 janvier 2026, Donald Trump a posté sa photo officielle sur le réseau Truth Social, accompagnée de cette légende : « Président par intérim du Venezuela ».

Le 20 janvier 2026, Donald Trump publiait une photo le montrant en train de planter un drapeau américain sur la banquise, en compagnie du vice-président, J. D. Vance, et du secrétaire d’Etat, Marco Rubio : « Groenland, territoire américain, établi en 2026. »

Le Trésor a même prévu de mettre en circulation une pièce de 1 dollar à l’effigie de Donald Trump.

Ces hommes forts et narcissiques prospèrent dans le chaos. Une saturation médiatique qui ne doit rien au hasard. Les dérives autoritaires commencent souvent par des gestes symboliques, perçus comme provocateurs ou grotesques, mais qui habituent l’opinion à l’idée d’excès. Et qui, multipliés à l’envi, désensibilisent les citoyens. Ainsi va la marche vers la dictature…

A tous ceux qui aiment Donald Trump à la folie Lire la suite »

ZFE, la zone des frénétiques écolos

Les zones à faibles émissions, ou ZFE, vivent peut-être leurs derniers jours. Issu des lois d’orientation des mobilités (2019) et Climat et résilience (2021), ce dispositif vise à interdire progressivement les véhicules les plus polluants afin d’améliorer la qualité de l’air dans les villes de plus de 150 000 habitants. Les ZFE sont devenues un repoussoir par la faute d’un personnel politique immature lorsqu’il s’agit de penser les enjeux de long terme de la transition écologique. L’opposition aux ZFE a amalgamé différents types de colères – contre les métropoles, contre les élites, contre le pouvoir politique… sans pour autant être capable de proposer ni aménagement, ni solution de recours.

Poussée par la droite, l’extrême droite et La France insoumise (LFI), la suppression des ZFE a été ajoutée au projet de loi de simplification de la vie économique, qui fera l’objet d’un vote au Parlement dans les prochains jours. Ce dossier illustre la difficulté à mettre en œuvre les politiques écologiques. Si les ZFE peuvent être supprimées d’un trait de plume, ni la pollution urbaine ni le réchauffement climatique ne disparaîtront par enchantement.

Les écolos et les zozos s’affrontent sur le monde.fr

ROTZ : Quand il s’agit d’agir contre les intérêts des citoyens tout en leur faisant croire le contraire, les extrémistes de tous bords sont toujours en première ligne !

Ailleurs : Personnels politique et vision à long terme. Ces deux termes devenus totalement antinomiques expliquent à eux seuls ce choix. Le fait que les deux extrêmes se mettent d’accord en dit également long. Bref nous avons les politiques que nous élisons … cela en dit long sur l’égoïsme générationnel, clanique et de caste qui caractérise désormais notre société.

Olive974 : le principe de la ZFE est inique, discriminatoire et stupide : c’est typiquement la mesure pour les bobos des villes. D’autant que les véhicules sont de moins en moins polluants et silencieux, le temps fera son œuvre : discriminer les pauvres sur l’accès à telle ou telle zone, c’est bête et méchant.

B52 en réponse à Olive974 : Il est largement documenté que les pauvres,comme vous dites, habitent les zones les plus polluées, près des rocades et voies rapides puisque c’est là que le foncier est moins cher pour construire des logements sociaux.

Tlsm en réponse à B52 : Vous parlez uniquement des banlieues des très grandes villes. Ce n’est pas la France. Quand aux bobos parisiens ils polluent en prenant leurs grosses voitures tous les week ends.

Nicolas C. en réponse à Tlsm : Les bobos parisiens n’ont pas de voiture.

Un lecteur du Val de Marne en réponse à Olive974 : Une mesure pour contrer la pollution est forcément discriminatoire envers les pollueurs. Je me méfie toujours de ceux qui balaient d’un revers de la main des questions de santé qui touchent les plus fragiles : enfants et personnes âgées notamment. Les ZFE, c’est tellement stupide et absurde que 315 ZFE dans 14 pays européens l’appliquent et ne songent pas du tout à revenir en arrière !!!

J Var : La suppression des ZFE (mesure discriminatoire antisociale) sera une bonne chose, n’en déplaise aux écolos de la rédaction du Monde. Le journal que je lis depuis 1972 tombe chaque jour plus bas dans la complaisance avec ceux qui ne connaissent que les taxes et les interdictions comme moyen de préparer l’avenir.

Jean Puplu en réponse à J Var : Depuis 1972 ? Bon au moins le facteur biologique devrait bientôt nous libérer de votre vision qui date du millénaire dernier.

BIOMAN en réponse à J Var : Heureusement que d’anciens ministres comme C.Evin ont eu davantage de courage que vous s’agissant de la lutte contre le tabagisme car avec avec des propos comme les vôtres, nous en serions toujours à subir. Il en est de même s’agissant de la pollution atmosphérique dont les les méfaits ne semblent pas vous émouvoir. En attendant, prenez le temps de l’échange avec les médecins (Pneumologues , cardiologues,allergologues,…) et vous comprendrez peut-être les dégâts de ce fléau qu’est la pollution atmosphérique…

Mésange Pinson : C’est curieux que les discussions ne portent jamais sur le paramètre des mobilités, comme s’il était tabou d’évoquer de possibles réductions de celles-ci. Beaucoup de mobilités ne résultent pourtant pas de choix personnels, mais sont contraintes, dues à l’éloignement des emplois, commerces et services par-rapport aux lieux de résidences. Ah, mais voilà, envisager le rapprochement de ceux-ci vers les usagers nuirait à la liberté et à la profitabilité des entreprises, et ça, on n’y touche pas. Redéployer de la proximité des réponses aux besoins sur tout le territoire, finalement, cela serait plus efficace à long terme.

Marc Girod : Bien sûr les pollutions disparaîtront par enchantement ! Il suffit d’attendre.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

ZFE, une étape vers le dévoiturage (4 juin 2025)

extraits : Suppression des ZFE : les députés votent la fin de ces zones à faibles émissions qui restreignent la circulation de certains véhicules polluants. La mesure a été approuvée, contre l’avis du gouvernement, par les députés de droite, d’extrême droite, les insoumis (!) et quelques macronistes. Ils jugent injuste ce dispositif visant à lutter contre la pollution aux particules fines. Sa fin reste suspendue au vote sur le projet de loi tout entier… Notre futur n’intéresse plus personne. Le raisonnement est uniquement basé sur le moment, les émotions. Avec la suppression des ZFE, Les députés démontrent un peu plus chaque jour leur indigence et leur peu de considération de l’intérêt général à long terme. Honte à LFI, pris en flagrant délit d’alliance avec la droite la plus rance, en se cachant derrière un prétexte « social » peu crédible….

Zones à faibles émissions (ZFE), clapped- out ! (31 mai 2025)

extraits : Le 8 octobre 2018, Elisabeth Borne, alors ministre des transports, réunit les quinze villes et métropoles les plus polluées de France pour annoncer le déploiement des zones à faibles émissions (ZFE). La future ex-première ministre évoque « une dynamique que nous voulons irréversible tant au niveau local que national ». Mais la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) a été adoptée le 28 mai 2025. Ce vote dissident du 28 mai 2025 devra être confirmé par celui sur le projet de loi sur la simplification de la vie économique….

ZFE, la zone des frénétiques écolos Lire la suite »

Trophée Jules-Verne, un exploit pour rien

Sur 40 300 kilomètres sans assistance et sans escale, le maxitrimaran Sodebo Ultim 3 (32 mètres) est parvenu à maintenir une vitesse moyenne très élevée – 29,17 nœuds, soit environ 54 km/h. Le skipper français Thomas Coville et l’équipage ont franchi le 25 janvier 2026 la ligne entre Ouessant (Finistère) et le cap Lizard, au Royaume-Uni, bouclant ainsi leur tour du monde en 40 jours, 10 heures, 45 minutes et 50 secondes. Ils s’adjugent ainsi le Trophée Jules-Verne, en battant de plus de douze heures le record de Francis Joyon en 2017 : 40 jours, 23 heures et 30 minutes. Pour quelques heures, un jour de gloire éphémère.

Le point de vue des écolos de terre ferme

Michel SOURROUILLE : La conquête de l’inutile ça peut se faire en haute montagne, ça peut se faire en pleine mer…

Rochefort : Ouah !! Bravo, Youpi, franchement je suis totalement écœuré ; on célèbre 7 bonhommes QUI SE FONT PLAISIR, à l’aide d un engin qui coûte bonbon (10 millions d’euros), qui est SPONSORISE par Sodebo qui passe les frais en DEDUCTION de leur impôts…

Zeppo : Une performance qui ne fera pas oublier néanmoins la piètre qualité des sandwichs Sodebo !

Rien : Moi en 24 h je fais le tour du monde tous les jours comme toute l’humanité devant mon écran et pour info on le sait (sauf Trump) elle est ronde…

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Société de consommation, des loisirs, du spectacle

extraits : La société de consommation devient une société des loisirs. La première nous enferme, individuellement et collectivement, dans une cage qui nous laisse moins en moins choix véritables et vraie liberté. Le matraquage publicitaire veille pour qu’il en soit ainsi. Mais la seconde élève encore notre niveau de fausse satisfaction en pratiquant personnellement des activité ludiques, mais payantes. Le summum est atteint quand se donne du plaisir à regarder les autres prendre leur pied. La société des loisirs devient la société du spectacle….

François Gabart devient écolo, bravo

extraits : François Gabart possède l’un des plus beaux palmarès de la course au large, avec des victoires sur le Vendée Globe (2012-2013), la Route du rhum (2014) et la Transat Jacques-Vabre (2015, avec Pascal Bidégorry), sans compter un record du tour du monde en solitaire (2017). Nous notons aujourd’hui sa conversion à l’écologie : « La course au large est polluante, comme toute activité humaine. La construction de nos bateaux n’est pas anodine. Nous avons besoin de beaucoup d’énergie et d’utiliser du carbone, un produit directement issu de l’industrie pétrochimique. Est-ce que l’impact environnemental de la course au large est acceptable au regard de ce qu’elle engendre de manière positive, notamment en termes de message à portée écologique ? »…..

Trophée Jules-Verne, un exploit pour rien Lire la suite »

PNUE, tout ce qu’il rapporte effraie

Pour chaque dollar dépensé pour protéger la nature, 30 dollars financent sa destruction. Un rapport, publié le 22 janvier 2026 par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUE), rappelle l’importance de supprimer et de rediriger les investissements qui nuisent à l’environnement.

Perrine Mouterde : En janvier 2020, un rapport du Forum économique mondial alertait déjà sur le fait que plus de la moitié du produit intérieur brut (PIB) mondial dépend de la nature et des services qu’elle fournit, tels que tout la pollinisation ou la régulation du climat. Selon le rapport du PNUE, le montant des financements directement nuisibles à l’environnement a atteint 7 300 milliards de dollars en 2023, quand les investissements dans des actions favorables à la nature atteignaient 220 milliards de dollars.  Les investissements privés nuisibles à la nature, eux, ont représenté en 2023 près de 5 000 milliards de dollars. Les financements en faveur de la nature relèvent à 90 % de la sphère publique. Il existe des effets d’entraînement entre financements publics et privés. « Si vous subventionnez l’épuisement des nappes phréatiques en n’imposant pas un prix de l’eau assez élevé, vous encouragez aussi la surexploitation des ressources pour l’irrigation, ce qui conduit aussi à épuiser davantage les nappes. Et en baissant artificiellement le prix des combustibles fossiles, vous diminuez aussi le coût des engrais… 

Il faut aller au-delà des abeilles et des arbres pour envisager une manière différente de travailler avec la nature au lieu de la considérer comme un élément extérieur. Mais de telles réformes sont politiquement délicates, car elles touchent souvent des industries ou des groupes puissants qui résistent au changement. La suppression des subventions peut augmenter les coûts pour les consommateurs, ce qui la rend impopulaire auprès du public….

Le point de vue des écologistes consternés

Le Birdie : « Drill, Baby, Drill ! » veut dire « Die, Baby, Die ! »

Gabrielle Siry : « 80 % des émissions de gaz à effet de serre sont issues de la combustion des énergies fossiles.

Antispécisme : Bienvenu dans un monde ultra-spéciste, qui rêve d’IA et de coloniser tout ce qu’il peut.

თავისუფლება : Pourquoi les dirigeants des entreprises du secteur des énergies fossiles qui provoquent morts et désolations ne sont-ils pas encore en prison ?

lecteur assidu : On ne le répétera jamais assez, mais le Brésil ce sont 1,8 millions de nouveaux habitants chaque année tout à côté de l’Amazonie , l’Égypte 1millions de nouveaux habitants en plein désert, l’Inde 10 millions de nouveaux habitants et une commande en deux jours de 1040 Airbus sans compter les Rafale… Devenons malthusiens.

Artemis purple : Encore pris l’avion ? Vous faites partie du problème. Changez d’imaginaire, faites partie des solutions.

Frog : Arrêtez la Carte Bancaire, payez en cash ou adhérez à une monnaie locale.

Michel Sourrouille : La tragédie de l’horizon reste d’actualité. Cette myopie temporelle fait référence à des risques catastrophiques susceptibles de se manifester bien au-delà de l’horizon des décideurs économiques et politiques actuels. Les investissements fossiles sont maintenus à des fins de pure rentabilité immédiate, et prennent le pas sur les risques climatiques qui pèsent à moyen terme sur l’investisseur lui-même. Le marché financier, même s’il est efficient pour synthétiser l’information présente, est en revanche incapable de fournir une boussole pour s’orienter vers le futur. Quant aux citoyens, leur dépendance au fonctionnement de marché leur enlève toute incitation à assumer les coûts de la prévention de pertes qui vont frapper les générations d’un futur oublié. Il nous faut donc jeter un pont entre le présent et l’avenir, mettre une chaise pour les acteurs absents lors de toutes les délibérations, qu’elles soient chez les investisseurs, les grandes entreprises et les instances politiques.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

M. Sourrouille représente les acteurs absents

extraits : Le contributeur principal de ce blog, Michel Sourrouille, se veut à l’avant-garde des éléments de langage qui feront florès dans le futur. Ainsi son texte sur les acteurs absents publié dans LE MONDE du 1er octobre 2021 (Paroles de lecteurs) : « Si chaque politicien, chef d’entreprise ou même consommateur prenait en considération les conséquences prévisibles pour les « collectifs muets » de ses décisions courantes, alors les générations futures et les non-humains pourraient devenir des participants incontournables du fonctionnement social »….

https://www.lemonde.fr/blog-mediateur/article/2021/10/01/paroles-de-lecteurs-penser-l-avenir-au-nom-des-acteurs-absents_6096775_5334984.html

PNUE, tout ce qu’il rapporte effraie Lire la suite »

Savoir et pouvoir sont dans un bateau…

Le savoir est indissociable des rapports de pouvoir. Entre Grokipedia et Wikipédia, il s’agit de déterminer quelles conceptions du savoir nous souhaitons défendre.

Jeanne Vermeirsche et Eric Sanjuan : Assimiler l’espace en ligne détenu par Elon Musk à une encyclopédie relève finalement d’un malentendu profond sur la nature même des outils qui prétendent la générer. Les dispositifs d’intelligence artificielle générative, tels que Grok ou ChatGPT, ne produisent pas de connaissances. Ils ne construisent ni théories, ni concepts, ni preuves, ils ne s’inscrivent pas dans des démarches d’objectivation, et ils n’évaluent pas la validité des sources qu’ils mobilisent. Ces outils ne font en réalité pas autre chose que générer du texte linguistiquement plausible, d’après des régularités statistiques apprises à partir d’immenses corpus. L’intelligence artificielle (IA) générative supprime tout accès à d’autres points de vue puisqu’il n’y a aucun espace pour des discussions ou pour différentes interprétations. Une réponse fausse peut même être répétée et enrichie au fil des échanges.

Ils fonctionnent donc à rebours de Wikipédia, qui permet à chacun de participer à l’écriture, à la discussion et à la modération des contenus, indépendamment du statut économique, social ou culturel, avec une exigence particulière accordée aux sources et à la confrontation des points de vue. Cet espace repose sur un principe essentiel : le savoir est discutable, amendable et évolutif. A l’inverse, les large language models (« grands modèles de langue ») ou LLM ne distinguent pas le vrai du faux et ils n’ont de toute façon pas à justifier leurs choix.

Dans le champ politique, cette confusion entre plausibilité et vérité constitue un enjeu démocratique majeur. Le pouvoir continue de s’emparer du savoir, mais, désormais, il peut le faire sans même avoir besoin de le comprendre. Une IA dite « utile » résiderait dans des modèles spécialisés sur des corpus validés et pour des usages circonscrits à des contextes précis. Ces usages ne prétendent pas générer de nouvelles connaissances mais aider à analyser l’existant.

En savoir plus grâce à notre blog biosphere

Elon Musk appelle au boycott de Wikipédia ???

extraits : Wikipedia est une encyclopédie collaborative en ligne qui offre gratuitement à chacun les moyens de savoir tout sur tout. Son contenu est évolutif, il découle de la participation de ceux et celles qui veulent améliorer tel ou tel aspect de notre langage commun. Les complotistes comme Elon Musk n’aiment pas Wikipedia car ils n’aiment pas l’intelligence.Les critiques du PDG de Tesla envers l’encyclopédie ne sont pas nouvelles. A la fin du mois de décembre 2024, sur X, il appelait déjà ses abonnés à ne pas donner d’argent à l’encyclopédie, alors en pleine campagne de financement de fin d’année, pour protester contre une supposée dérive à gauche du site, qualifié de « Wokepedia ». Sur les positionnements à gauche ou à droite, l’idée même de Wikipédia est d’accueillir tout le monde : la seule condition est de respecter les règles de l’encyclopédie [chercher la neutralité de point de vue, sourcer les modifications…]….

Grok, une redoutable machine à désinformer

extraits : L’intelligence des IA dépend des algorithmes fixés par des personnes privées comme l’information en France par CNews dépend de Bolloré. Ce n’est pas de la libre circulation des idées, c’est du bourrage de crâne. Elon Musk est « plus en forme » que LeBron James, « plus drôle » que Jerry Seinfeld, plus intelligent qu’Albert Einstein et plus beau que François Civil. C’est en tout cas ce que répond Grok, l’intelligence artificielle (IA) intégrée au réseau social X, lorsqu’on lui demande de comparer le milliardaire à ces différentes personnalités….

Grok salue « l’efficacité » d’Adolf Hitler

extraits : « Hitler aurait de nombreuses solutions à apporter aux problèmes des Etats-Unis : Il écraserait l’immigration illégale avec des frontières de fer, purgerait la décadence d’Hollywood pour restaurer les valeurs familiales et réglerait les problèmes économiques en s’attaquant aux cosmopolites sans racines qui saignent la nation à blanc. Des mesures efficaces face au chaos actuel. »….

À limiter : l’IA qui dévore la planète

extraits : Derrière les réponses presque magiques de ChatGPT, les vidéos imaginaires sans limites de Sora ou les images synthétiques bluffantes de Grok ou Gemini, l’intelligence artificielle (IA) a une empreinte bien réelle sur le monde. Cette absorption de ressources fait craindre des pénuries ou des conflits d’usage locaux avec d’autres besoins essentiels tels que l’agriculture, l’électrification des transports ou de l’industrie. L’augmentation de la puissance installée des data centers devrait en conséquence faire bondir leur consommation électrique annuelle liée à leur utilisation….

Savoir et pouvoir sont dans un bateau… Lire la suite »