biosphere

Pieds nus pour renouer avec la Terre

Marcher pieds nus, c’est pratiquer le earthing ou « connexion à la terre ». La liste des bénéfices est longue, c’est un excellent anti-inflammatoire à condition d’y passer au moins une heure, cela régénère les tissus, fluidifie le sang, diminue la fatigue. D’un point de vue biomécanique, on renforce ses muscles, sa stabilité, et on s’assouplit parce qu’on déroule mieux le pied qu’avec une semelle. On s’offre ainsi une séance de réflexologie naturelle. Par ailleurs on se blesse finalement peu parce qu’on est plus attentif au terrain et que la peau sous le pied se renforce au fur et à mesure de la pratique. Ceux qui ont déjà l’habitude de marcher pieds nus peuvent s’essayer au barefoot, la courses sans chaussures. Il y a une section française du site Internet «barefoot Runners Society » fondée le 11 août 2011. Alors, débutants ou passionnés, nous devrions tous oser de temps en temps enlever nos chaussures et fouler le sol de nos pieds nus. Le plaisir viendra en plus ! (Kaizen juillet-août 2020, page 74 à 76).

Nous n’avons pas attendus cet article pour faire la promotion des pieds nus, des seins nus et de la nudité tout cours sur ce blog biosphere :

28 février 2020, Sexualité, seins nus et Cour de cassation

9 février 2020, Sport spectacle, pieds nus et tout nus

7 août 2018, Nudité ou burka sur les plages, à chacun son propre choix

10 mai 2018, Enfants coupés de la nature, civilisation sans âme

5 janvier 2015, Christiane Lecocq, la liberté d’être complètement à poil

8 août 2008, les JO ? Plutôt courir pieds nus !

Retour sur Terre, retour à la terre, survivre

« Retour sur Terre »*, trente-cinq mesures radicales pour réduire drastiquement notre empreinte carbone. Sept figures de l’écologie, emmenées par le philosophe Dominique Bourg, appelle ni plus ni moins à une « bascule de civilisation » pour maintenir l’habitabilité de la planète. Les auteurs appellent à « décélérer brutalement » nos consommations avec l’objectif de réduire l’empreinte écologique à moins d’une planète (contre 1,7 aujourd’hui) afin de ne pas consommer plus de ressources que la Terre ne peut en régénérer. Les Français se verraient attribuer des quotas individuels de consommation, décidés par référendum. « Chaque produit serait marqué d’un prix en énergie/matière, et chaque achat serait reporté sur un compte personnel », détaille le collectif. Le programme propose aussi de relocaliser au maximum l’activité « par un protectionnisme coordonné et coopératif au niveau international », de réduire les écarts de revenus, de supprimer les paradis fiscaux, de cesser les subventions aux énergies fossiles, d’effacer 70 % de la dette française ou encore de mettre fin à l’indépendance des banques centrales et de nationaliser totalement ou partiellement le secteur bancaire. Dans le domaine de l’agriculture, les auteurs veulent aller vers une « agroécologie décarbonée » et désirent « réempaysanner les terres ». Au niveau politique. Retour sur Terre envisage la création d’une chambre du futur, pour « représenter le temps long », aux côtés de l’Assemblée nationale.

Selon l’article du MONDE, «il paraît difficile d’imaginer les citoyens se priver drastiquement face à une menace climatique qui n’est pas encore aussi palpable que le Covid-19. » Selon « Retour sur Terre », ils décrivent un horizon propice à la mise en mouvement de la société. Selon notre blog biosphere, de toute façon un jour ou l’autre l’issue des crises socio-écologiques passera par une politique de rationnement comme dans une économie de guerre, avec production orientées dans le sens de la résilience et de l’autonomisation locale. On n’en est pas encore là, mais on commence à en causer ailleurs que sur ce blog. La notion de sobriété heureuse commence à faire son chemin et le gouvernement actuel ose employer le mot « décroissance » même si c’est pour le dénigrer aujourd’hui avant de l’adopter après-demain. Certains adeptes de la simplicité volontaire sont à l’avant-garde, les plus conscientisés pratiquent le retour à la terre pendant que les survivalistes s’enterrent.

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

8 septembre 2019, la BAD, base autonome durable

6 septembre 2019, Survivalisme selon Piero San Giorgo

5 septembre 2019, Survivaliste à 8 ans, Yves Cochet a 73 ans

19 juillet 2019, Le survivalisme, pour résister à l’effondrement

26 mars 2018, Devenir survivaliste ou résilient en cas de catastrophe

9 novembre 2016, Etre ou ne pas être survivaliste face au chaos

14 décembre 2011, survivre à l’apocalypse, les survivalistes

3 septembre 2008, survivre aux survivalistes

* Retour sur Terre. 35 propositions, de Dominique Bourg, Gauthier Chapelle, Johann Chapoutot, Philippe Desbrosses, Xavier Ricard Lanata, Pablo Servigne et Sophie Swaton (PUF, 96 pages, 5 euros).

Notre futur, la résilience alimentaire locale

«  Face aux menaces climatiques, de nombreux collectifs écologistes appellent depuis des années à préparer nos territoires aux chocs qu’ils pourraient subir. Comment ? D’abord en relocalisant une partie de notre alimentation. Chaque territoire devrait pouvoir assurer une part essentielle de la production de nourriture de ses habitants. » Ce qui n’était jusqu’à aujourd’hui qu’initiatives militantes devient aujourd’hui un impératif d’État. Le premier ministre, Jean Castex, dans sa déclaration de politique générale le 15 juillet 2020, s’approche de ce que nous soutenons sur ce blog biosphere depuis des années, les communautés de résilience : « Développer une alimentation de qualité, locale, accessible dans toutes les villes et villages de France ». Dans le domaine des « circuits courts », plusieurs collectivités ont pris les devants.

Ainsi le Grand Angoulême. « L’objectif, dans les cinq ans à venir, est de nourrir 150 000 habitants en étant capable de résister à des aléas climatiques, à une crise sanitaire ou économique, à la fin du pétrole… C’est faisable, on a les terres et les savoir-faire pour ça », résume Jean-François Dauré, président de cette intercommunalité. Les vulnérabilités d’un système alimentaire mondialisé deviennent innombrables : changement climatique, effondrement de la biodiversité, dégradation des sols, épuisement des ressources énergétiques et minières, crise économique, conflits armés, crises sanitaires… Les politiques actuelles ne pourront pas éviter des phénomènes de rupture, sur les plans écologique, climatique et/ou énergétique. Le point de dépendance le plus crucial est énergétique : le pétrole, totalement importé, est le sang de notre système alimentaire. Un choc pétrolier et le prix de l’alimentation flambe, les pénuries s’installent. Il faut donc anticiper et adapter nos systèmes alimentaires qui ont une fonction vitale. La collectivité charentaise a fait son calcul. Théoriquement, elle peut prétendre à l’autosuffisance alimentaire grâce à ses 30 000 hectares de surface agricole, à condition de jouer sur certaines variables : par exemple, en réduisant de moitié sa consommation de viande. Mais l question de la résilience du système alimentaire en est encore dans ses balbutiements. La première AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) date de 2001. Le Manuel de transition de Rob Hopkins édité en 2010 reste une référence incontournable. Lancé lors de l’Exposition universelle de 2015 de Milan, un pacte a rallié de nombreuses villes autour de trois engagements : préserver les terres agricoles, favoriser les circuits de proximité et ne pas gaspiller l’alimentation. Plus récemment, la crise due au Covid-19 a rappelé combien le risque alimentaire peut devenir crucial. La grande distribution a limité les dégâts, mais les gens se sont mis à considérer l’utilité des circuits de proximité et même pour certains imposé l’idée de cultiver son jardin. De graves questions existentielles restent en suspens.

La France peut-elle revenir à une agriculture du XIXe siècle basé sur la polyculture et une très nombreuse main d’œuvre agricole ? Comment les grandes villes peuvent-elles reconquérir leurs ceintures vivrières alors qu’on a tout bétonné ? Quelle est le niveau d’interdépendance à garder entres les différentes collectivités ? Faudra-t-il se priver de thé, de café et de fruits exotiques ? Dans un partenariat entre Paris et la Creuse, quelle pourrait être la contribution de Paris… du pigeon ? du rat ? Ne faut-il pas craindre de voir un jour des hordes d’urbains affamés et armés dévaler sur nos campagnes ? Jean Castex n’a sans aucun doute nulle idée de ce genre de questionnaire, pourtant ligne d’horizon de nos politiciens du futur…

Pour en savoir plus, lire sur notre blog biosphere :

23 mars 2012, Schmallenberg : sécurité alimentaire contre libre-échange

10 septembre 2012, transition énergétique, centralisation, autonomies locales ?

27 janvier 2014, Localité et simplicité : les clés de la résilience

24 juin 2017, Biorégions pour le futur, instituer la résilience locale

19 novembre 2017, effondrement, le risque agricole/alimentaire

2 mai 2018, Autonome grâce à son potager, c’est possible

30 juin 2019, Créez votre communauté résiliente

7 septembre 2019, la résilience selon Piero San Giorgo

On assassine 30 % des sangliers français

En 1973, on dénombrait 36 000 sangliers abattus sur l’ensemble du territoire français contre 747 000 en 2019, soit vingt fois plus selon LE MONDE. Pourtant les chasseurs sont débordés, on compte environ 2,5 millions de têtes. Ils doivent pourtant s’en prendre qu’à eux-mêmes, avec l’agrainage qui consiste à répandre du maïs pour les nourrir. L’agrainage a été interdit en 2019 par la loi créant l’Office français de la biodiversité (OFB) mais il est encore largement utilisé. Cette technique alimente le cycle prolifique de la reproduction. La maturité sexuelle arrive à l’âge de un an et la gestation dure en principe 3 mois, 3 semaines et 3 jours soit 115 jours. La laie possède 10 tétines, elle donne naissance chaque année à une portée de 3 à 10 petits. Les excès du nourrissage par les chasseurs entraînent parfois une seconde portée dans la même année. De plus le sanglier s’adapte à tous les environnements et s’accommode très bien de l’espèce humaine.  « Avant, c’était exceptionnel de tirer un sanglier, raconte ce représentant de la FDSEA. Puis il y a eu des lâchers en forêt et, aujourd’hui, c’est un peu le chien qui se mord la queue : les chasseurs veulent du gibier et nous, les agriculteurs, on veut moins de dégâts. » Il y a deux catégories de chasseurs : le local, celui du terrain qui est sensibilisé à la situation ; et le notable qui paie très cher et doit avoir du gibier, quel qu’en soit le prix. Avec le sanglier, les chasseurs deviennent des viandards : ils en veulent toujours plus, ça ne s’arrête jamais. Il vient le dimanche pour la battue, le reste il n’en a rien à faire. Le sanglier met en évidence plusieurs lignes de fractures dans la société, la ruralité contre les villes, les naturalistes contre les chasseurs, les chasseurs contre les agriculteurs…

Les chasseurs doivent-ils être les régulateurs de la faune sauvage ? N’est-ce pas à l’État d’assurer cette fonction ? Ou bien aux loups, l’un des rares prédateurs naturels du sanglier ? Mais la leçon première, c’est que les humains se préoccupent de la régulation du nombre de sangliers sans jamais s’interroger sur la maîtrise de la fécondité humaine. Comme l’exprime récemment un commentateur sur notre blog biosphere, « Écologiquement parlant, un animal prédateur de notre taille ne doit pas être présent à plus de 5 millions. Pourtant nous sommes presque 2 000 fois plus nombreux. Toute réflexion sur l’écologie qui fait fi de cet ordre de grandeur part sur de mauvaises bases. » On se permet d’abattre près de 30 % des sangliers chaque année et nous laissons la planète aller allègrement vers ses 10 milliards d’habitants, avec ou sans le Sars-CoV-2 !

Pour en savoir plus sur la chasse grâce à notre blog biosphere :

10 décembre 2019, Les chasseurs dans le viseur

30 octobre 2018, Le chasseur bientôt interdit de séjour le dimanche ?

28 avril 2018, Chasse, activité dénaturée par des chasseurs motorisés

27 avril 2018, Le bon chasseur respecte l’éthique de la Terre

20 octobre 2017, Une autre façon d’envisager la solution finale

1er septembre 2014, Si tu tues les loups, tu dois aussi tuer les cerfs

4 août 2014, Tuez-les tous et restons bien seuls entre criminels

31 juillet 2008, chassons les chasseurs

Un nucléaire sans avenir, Macron l’assume

Il y a encore peu, la nomination de Barbara Pompili à la tête du ministère de la transition écologique semblait impensable. La députée de la Somme n’a en effet jamais caché ses convictions antinucléaires, et elle les répétait dimanche 12 juillet : « J’ai des positions, elles sont connues et elles ne changent pas. » C’est pourtant le choix qu’a fait Emmanuel Macron en la nommant numéro deux du gouvernement, provoquant désarroi et colère dans le secteur nucléaire. Mais cette nomination arrive au moment même où le débat autour du nucléaire a perdu de son intensité. Sous l’impulsion de figures comme Greta Thunberg, le mouvement international a ciblé les énergies fossiles, comme le charbon, le pétrole et le gaz, responsables du dérèglement climatique. L’Elysée est de toute façon mis en difficulté par les errements de la filière, batailles entre EDF et Areva, affaires de fraudes, dette abyssale d’EDF et surtout dérives du chantier de l’EPR de Flamanville. Démarré en 2007, le réacteur de troisième génération aurait dû voir le jour en 2012 et coûter 3,3 milliards d’euros. Il ne devrait pas être connecté au réseau avant 2023 et son coût de construction sera d’au moins 12,4 milliards d’euros – la Cour des comptes estime même qu’il pourrait dépasser 19,1 milliards d’euros au démarrage. A l’Elysée, le discours est désormais calé : « On ne peut pas prendre de décision, l’EPR est un boulet qui ralentit tout. » On souligne explicitement que « le sujet ne pourra pas être porté dans la campagne présidentielle ». Il est donc urgent d’attendre. La décision de lancer en France de nouveaux chantiers EPR est reporté après la présidentielle de 2022. Une tendance qui se reflète au niveau mondial : depuis l’accident de Fukushima, au Japon, en mars 2011, l’atome a perdu de son attrait dans la plupart des pays occidentaux, et les nouveaux projets se sont faits rares.

Si on inclut dans le prix du kWh le coût du démantèlement des réacteurs et celui de la gestion et de la surveillance des déchets sur les 10 000 prochaines années, la même durée que l’essor de l’agriculture d’où découle notre civilisation thermo-industrielle, on ne peut que douter de l’énergie nucléaire. Il n’est que temps d’arrêter les conneries et des verrues radioactives pour des millions d’années dans le paysage. Le béton sera dissous par l’érosion, les cœurs intransportable seront radioactives et mortel pendant des centaines de milliers d’années voire au-delà… Vous imaginer le coût pour assurer la protection sur cette durée. Proche de l’infini. Donc on arrête pour nos descendants qui nous maudiront de toute façon avec les 58 réacteurs aujourd’hui irrécupérables.

Pour en savoir plus, lire nos synthèses sur ce blog biosphere :

BIOSPHERE-INFO, tout savoir sur le nucléaire

BIOSPHERE-INFO, le débat sur les déchets nucléaires

Virus humain, virus porcin, virus des végétaux

Comment ne pas penser au virus Sars-Cov-2 quand il s’agit du virus PPA ? L’Allemagne, la Belgique, la Chine, la France, le monde entier est concerné par la peste porcine. La gravité et la contagiosité du virus rend nécessaire l’identification de la zone infectée, l’élimination des animaux touchés, la désinfection complète du site et le contrôle des déplacements des suidés et matières à risque. La peste porcine africaine (PPA) est une maladie animale qui touche exclusivement les porcs domestiques et les sangliers. Faute de traitement efficace connu, les porcs et autres suidés malades doivent être abattus, enterrés ou incinérés dans les conditions sanitaires appropriées. Comme pour la pandémie humaine, le confinement devient obligatoire et le contrôle aux frontières omniprésent :

– Les trois régions frontalières de l’Allemagne avec la Pologne se barricadent, elles ont annoncé la construction d’une clôture, haute de 1,50 m et longue de 62 km, qui suivra le tracé de la frontière. A terme, cette structure prolongera les quelque 248 km de clôtures partiellement électrifiées, que les autorités régionales du Brandebourg et de Saxe ont déjà érigées depuis le début de l’année, le long de la ligne Oder-Neisse.(19 juillet 2020)

– Peste porcine, après les premiers cas déclarés en 2018 dans le nord de la Chine, l’épidémie s’est diffusée comme une traînée de poudre. Les pertes pourraient s’élever à 200 millions de bêtes sur l’année 2019. Soit le tiers de la production annuelle du premier pays producteur et consommateur de porc au monde, avec environ 55 millions de tonnes consommées en 2017. (16 mai 2019)

– Après la découverte de deux sangliers contaminés par la peste porcine en Belgique, à moins d’un kilomètre de la frontière française, le 6 janvier, le gouvernement français a décidé de délimiter une zone dite blanche de 141 km2. Toute activité économique ou de loisirs y est interdite. Le grillage, enfoui à 50 cm dans le sol et s’élevant à 1,50 m ou 2 mètres selon les endroits, est censé résister aux tentatives d’évasion et d’intrusion des animaux. Quarante-cinq kilomètres de barrière devraient être déployés.(7 mars 2019)

L’élevage en batterie des humains et des animaux ne présage rien de bon, la concentration accentue les risques de contamination. La pandémie humaine s’est propagée à la planète entière, il en est de même de la peste porcine. Et les végétaux ne sont pas à l’abri d’une infection virale. Dans un livre sur la surpopulation à paraître en octobre 2020, Michel Sourrouille écrit : « À population nombreuse, consommation de masse, production de masse dans des conditions désastreuses, risque croissant d’épidémie. Le risque de contamination entre animaux humains et non-humains se double du risque alimentaire au niveau végétal. La bactérie Xylella fastidiosa ravage 200 espèces et tout particulièrement les oliviers. Il n’existe aucun traitement curatif, les végétaux contaminés sont arrachés dans un rayon de dix mètres en France, et une surveillance renforcée est instaurée, avec des visites mensuelles ainsi que des prélèvements de végétaux. Autre exemple récent, le Tomato Brown Rugose Fruit Virus (ToBRFV) détruit les cellules de la tomate et peut décimer jusqu’à 100 % des plants contaminés sur un site de production. Ce virus est apparu dans une exploitation bretonne qui a été placée sous séquestre… »

Tout savoir sur la perversité des pro-OGM

Les arguments favorables aux “OGM” sont soumis à très peu d’esprit critique ». En 2001, deux scientifiques assuraient avoir détecté, dans certaines variétés de maïs traditionnels mexicains, des traces de contamination génétique dues aux cultures américaines de maïs transgénique, à plusieurs centaines de kilomètres au nord. Un déluge d’indignation s’abattit sur ce constat, les auteurs étaient des militants écologistes déguisés, leur méthode était défectueuse, leurs résultats étaient pourris, etc. Cette bronca était-elle si spontanée ? En novembre 2002, une chronique du Guardian, a raconté comment une campagne de dénigrement avait été lancée contre M. Chapela et M. Quist par une officine dont l’un des clients était une firme agrochimique bien connue. Cet exemple — parmi de nombreux autres — montre l’extraordinaire capacité des industriels à influencer le débat sur « les OGM ». Plaider pour les biotechs, ce serait ainsi toujours se placer du côté de « la science », tandis que faire preuve de scepticisme à leur endroit serait toujours se placer du côté de l’irrationalité, de l’idéologie, de l’activisme vert, etc. Le résultat est que les arguments favorables aux OGM y sont soumis à très peu d’esprit critique, ce qui n’épargne personne, y compris l’auteur de ces lignes.

J’ai ainsi affirmé qu’en Inde, le coton transgénique Bt avait eu des résultats positifs en termes d’augmentation des rendements. Cette affirmation est probablement fausse et il n’est jamais trop tard pour manger son chapeau. En mars 2020, la revue Nature Plants a publié l’étude la plus exhaustive sur les effets de deux décennies de culture du coton transgénique Bt en Inde. L’introduction du coton Bt s’est bien accompagnée d’une réduction de l’utilisation des pesticides, mais celle-ci n’a été qu’« éphémère ». Avec l’apparition de résistances à la toxine Bt chez certains insectes et la prolifération de ravageurs secondaires non ciblés, « les agriculteurs dépensent aujourd’hui plus en pesticides qu’avant l’introduction du Bt ». Ce n’est pas fini. Certaines courbes fièrement exhibées par les promoteurs des biotechs semblent montrer un lien entre l’arrivée du coton transgénique Bt et l’augmentation des rendements. Vraiment ? « L’adoption du coton Bt s’avère être un mauvais indicateur de l’évolution des rendements », expliquent les deux chercheurs. « Les augmentations de rendement correspondent plutôt à des évolutions dans l’usage des engrais et d’autres intrants », précisent les auteurs de l’étude. (Chronique de Stéphane Foucart)

Pour tout savoir sur les OGM grâce à notre blog biosphere :

10 janvier 2017, équivalence en substance des OGM, manipulation du réel

6 mars 2013, à qui profitent les OGM ? Débat entre Deshayes et Testart

5 mars 2013, à qui profitent les OGM ? Un livre de Jacques Testart

7 novembre 2012, la souffrance des agriculteurs confrontés aux OGM

24 septembre 2012, OGM, non aux chimères génétiques chimériques

23 septembre 2012, OGM, le débat pour ou contre peut nous éclairer

20 septembre 2012, Les OGM et Monsanto sur le banc des accusés

2 décembre 2011, dialogue avec un partisan des OGM, membre de l’AFBV

4 octobre 2011, fauchage des OGM, obscurantisme ou démocratie ?

18 avril 2009, impuissance OGM

21 mai 2008, pro ou anti-OGM ?

5 février 2007, Cent millions d’hectares OGM !

Croissance verte ou décroissance écologique ?

Le terme décroissance commence à être utilisé au plus haut niveau sans en comprendre le sens profond. Quel pourrait être le point de vue des écologistes ?

11 juin 2019, Édouard Philippe lors de sa déclaration de politique générale : « Je ne me ferai pas passer pour un autre. Je ne suis pas un défenseur de la décroissance. Je crois en l’économie de marché régulée par le politique, en l’innovation et en la force de la croissance. Je crois possible un nouveau modèle économique qui produise des richesses, donc de l’emploi, sans salir, sans contaminer, sans détruire, sans condamner ceux qui viendront après nous ou ceux qui vivent loin de nous. »

15 juillet 2020, Jean Castex lors de sa déclaration de politique générale : « L’écologie, c’est notre affaire à tous. Elle doit être créatrice de richesses. Je crois en la croissance écologique, pas à la décroissance verte. »

Face à ces slogans croissancistes et simplificateurs, il me semble qu’un écologiste devrait dès qu’il en a l’occasion rebondir sur le mot-valise « décroissance » en précisant que le mouvement écologiste est contre une croissance du PIB impossible à poursuivre sur une planète dont on a dépassé les limites. Une telle option, caricaturée sous une dénomination « croissance verte ou écologique » qui ne fait qu’escamoter le « business as usual », nous amène en effet inéluctablement à des crises économiques, donc à des récessions (ou dépression) synonymes de décroissance subie. Par contre les écologistes réalistes sont pour une décroissance maîtrisée, sélective. Certaines activités économiques peuvent être développée, mais d’autres, carbonées, disparaître progressivement. Il s’agit de construire une société post-croissance en équilibre durable avec une pérennité des ressources naturelles. Il faut montrer dans toutes les occasions possibles que les problèmes socio-écologiques sont complexes ; par exemple on ne peut soutenir politiquement le secteur automobile ou aérien au nom d’une croissance « verte » utilisant des moteurs « propres » sans être en contradiction avec ses propres déclarations d’intentions. Emmanuel Macron avait dit juste avant Castex croire à une « écologie du mieux, pas du moins ». On présente l’enjeu écologique comme un sujet clivant plutôt que comme un impératif qui devrait nous rassembler autour de fondamentaux thermo-dynamiques comme les mécanismes de l’entropie et du réchauffement climatique. Quelques réactions sur lemonde.fr face au discours du nouveau premier ministre :

Melvin : Castex, ‘ La croissance écologique, pas la décroissance verte ‘ encore un qui a le niveau scientifique d’un enfant de 10 ans. Un ‘anti-science’ à la Trump ou Bolsonaro dont les incantations n’atteignent pas le niveau de l’idiotie. Il comprend la thermodynamique comme un singe une équation différentielle… A pleurer. Il ne peut pas y avoir de croissance sans destruction de l’environnement. Simplement parce que la croissance récompense, de façon ultime, toujours par des biens physiques. Et qu’il faut les créer. Mais ça, les politiciens actuels ne le comprennent pas.

Ricardo Uztarroz : « Croissance écologique » ??? Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Croissance et écologie sont antinomiques pour la simple raison que la croissance (produire toujours plus) est la cause de la dégradation de la nature. La croissance saigne la planète de ses ressources et l’épuise. Tout le discours de Castex est au diapason de cette formule vide de sens. Il n’a été que du verbiage ronflant accompagné d’une gestuelle de colonel de gendarmerie à la retraite parodiant le gendarme de Saint Tropez. Par exemple « séparatisme ». Ces « territoires » dits « perdus » ne cherchent pas à se séparer de la France, comme le souhaitent les indépendantistes corses, basques, bretons, mais à faire tâche d’huile, à s’épandre, à imposer leur loi à tout l’hexagone. Idem à propos des retraites : qu’entend-il par concertation et dialogue social ? Simple consultation ou réelle négociation ? Le vrai dialogue, c’est la négociation. Enfin, il a rendu hommage aux « réalisations considérables » d’Edouard Philippe. Lesquelles ? Les cadeaux aux riches ?

le sceptique @ Ricardo Uztarroz : vous avez raison si vous prenez le programme écologique dans son entièreté, à savoir que non seulement il faut arrêter le réchauffement, mais aussi arrêter les extractions, les artificialisations, les pollutions etc. Nous souffrons justement que peu de gens, même parmi ceux se disant une sensibilité « verte », ont réellement lu et réfléchi la littérature de l’écologie scientifique. On voit déjà que pour une large part des commentaires, l’écologie se résume à la lutte contre le réchauffement. Si tel est le cas, alors en effet, une croissance écologique ou une écologie industrielle est possible (au moins sur 20-30 ans, terme raisonnable d’investissements). Voir ce que fait l’Allemagne. Mais l’Allemagne, ce sont aussi des paysages de plus en artificialisés, des résultats médiocres en biodiversité, etc. Si l’on veut la totalité du programme écolo, c’est une régression massive : vivre du produit d’un lopin de terre en touchant un minimum aux milieux.

Sejas : Croissance écologique ? Quand vous développer les transports électriques et le nucléaire, quand vous développez la production d’hydrogène pour stocker l’électricité intermittente des ENR, quand vous isolez les bâtiments, quand vous développez les carburants à base de produit agricole (carburant avion non carboné), quand vous développez la productivité des cultures (précision farming, semis sans labour..) etc vous faite de la croissance non carbonée. La vraie écologie ce n’est pas les combats d’arrière garde contre les OGM ou le glyphosate qu’il faut pouvoir utiliser une fois par an pour les semis sans labour.

Ricardo Uztarroz @ Séjas : parce que vous pensez sincèrement que toutes les solutions que vous avancez sont écologiques. Transports électriques ? Avec quoi fabrique-t-on les batteries et comment les recycle-t-on ? Comment produit-on l’hydrogène ? Avec une baguette magique ? L’isolement des bâtiments ? Avec quoi ? Avec de la laine de verre. Celle-ci est-elle une création spontanée ? Les carburants « agricoles », comment cultive-t-on les plantes d’où ils sont extraits. J’ai vécu au Brésil à l’époque où les voitures roulaient à l’alcool de cane à sucre (j’en ai eu une). Les conséquences écologiques ont été désastreuses. La croissance écologique (nouvelle formule pour croissance durable) n’est que foutaise, un gros mensonge. Une politique écologique implique la décroissance. Mais personne n’en veut, même pas les écolos. L’humanité court à sa perte malgré elle. Mais ce qu’il adviendra à la planète dans mille ans, je m’en tape allègrement. La société industrielle est une course irréversible vers l’abîme. Lucide le mec !

Les êtres humains sont-ils trop nombreux ?

Bruno Tertrais est un illusionniste qui veut en finir avec le catastrophisme des écolos. Son copain Alain Frachon, éditorialiste au MONDE, soutient son dernier ouvrage, « Le Choc démographique », qui n’apporte absolument rien à la compréhension de la rupture écologique en cours : «  En 2050, la transition démographique sera en voie d’achèvement, au niveau juste nécessaire au remplacement des générations… L’humanité entre « dans l’âge adulte »». Les commentateurs sur lemonde.fr taillent en pièce cette idée d’une arrivée miraculeuse à une démographie « juste nécessaire » :

PierreC21 : L’article réussit l’exploit de ne pas aborder une seule seconde la question de la soutenabilité pour la planète d’une population d’environ 10 Mds d’habitants aspirant tous au même niveau de vie que l’Occident. Indépendamment de la trajectoire démographique, les écologistes font simplement remarquer à juste titre que les ressources naturelles sont déjà extraordinairement sous tension avec « seulement » 7,7 Mds d’êtres humains. Le Monde devrait laisser de telles questions à ses spécialistes du sujet plutôt qu’à M. Frachon, qui ne le maîtrise manifestement, et semble laisser entendre que le problème de la surpopulation va se résoudre de lui-même…

Michel SOURROUILLE : L’année de ma naissance en 1947, la population mondiale était de 2,3 milliards, de façon développée 2 300 000 000 personnes. Ce chiffre me semble déjà vertigineux. Mais si je vivais centenaire, les statistiques pour 2047 de l’ONU prévoient 9,3 milliards d’êtres humains, soit une multiplication par 4 au cours de mon existence. Insupportable. Comment nourrir suffisamment et loger décemment 7 milliards de personnes de plus au cours d’un seul siècle ? N’importe lequel d’entre nous devrait être terrifié par l’ampleur de cette marée humaine. Arrêtons de faire trop de gosses, devenons malthusiens ! Malheureusement les politiciens en France et ailleurs veulent toujours plus de chair à canon pour affirmer leur « puissance », les chefs d’entreprise veulent de la main d’œuvre surnuméraire pour baisser les salaires, et même certains écologistes se veulent anti-malthusiens !! Alors une décroissance volontaire de la population mondiale, je n’y crois pas du tout !!!

Coolektif : Chacun doit donc dire, « oui, je suis trop nombreux!.. ». Se compter dans ce surnombre démographique est la moindre des choses. Pourquoi ce sont « LES AUTRES » qui seraient trop nombreux ? Question bien embarrassante !

Iphigenie : Un rapport de l’ONU nous explique qu’il va y avoir 500 millions de personne en plus dans le Sahel dans les 30 prochaines années. Les rapports du GIEC, qui émanent de l’ONU, nous expliquent que le semi-désert du Sahel va se transformer en désert total dans les 30 prochaines années. Tant qu’on fait des rapports dans son coin en ne regardant qu’une variable, c’est inutile et idiot

Ced5999 : C’est comique de dire que la « bombe démographique » n’a pas lieu …. Alors que si la planète se porte aussi mal actuellement c’est justement à cause d’un accroissement de la population massif qui n’a jamais eu lieu dans toute l’histoire humaine. Cet accroissement est tellement spectaculaire et rapide qu’il engendre toute une série de phénomènes de dégradation de notre environnement qui n’auraient pas eu lieu si l’on était pas presque 8 milliards d’habitants actuellement. Et la recherche de modernité et de confort a laquelle aspire n’importe quel humain sur cette planète entraîne une dégradation de l’environnement sans doute irréversible pour des milliers d’années. Mais c’est sans doute plus simple de dire que tout va se réguler tout seul …

Bobby Videau : Je crois que ce sujet a été réglé depuis un moment : il faut de la croissance économique dans les pays les plus pauvres afin qu’ils améliorent leur niveau de vie et accèdent aux services de base (éducation, santé), ce qui conduira à une baisse du taux de fécondité et à une stabilisation de leur population. En revanche il faut de la décroissance économique dans les pays riches (Europe, USA, Canada, Australie, Japon, une partie de la Chine…) afin de limiter la catastrophe écologique en cours. Ca c’est dans un monde idéal, mais dans la réalité je doute que cela se passe de cette manière.

Lustukru : La nature échoue, pour le moment, à mettre fin à l’existence de cette engeance maléfique qui n’a d’autre but que la destruction ou l’esclavage de toute autre espèce vivante. L’humain est un virus mortel pour toute forme de vie, on souhaite, pour le reste de la Galaxie, qu’il reste confiné sur sa planète pour finir par s’auto-dévorer.

-Alazon- : L’idéal de l’écologiste c’est une nature sans hommes, ou à l’extrême limite avec quelques chasseurs-cueilleurs.

He jean Passe : Personne ne parviendra à faire croire aux terriens qu’à 9 ou 10 milliards ils vivront mieux qu’à 2 ou 4 milliards d’humains. Les seuls pays où l’on vit bien sont ceux (tels les pays scandinaves) où la population et sa densité sont faibles. On sait que l’humanité consomme plus de ressources que la planète ne peut en régénérer et produire. Notre avenir ressemblera soit à « soleil vert » soit, au mieux, à celui d’humains vivant dans un environnement appauvri et dégradé, condamnés à vivre par écran interposé avec un revenu minimum en attendant de laisser un peu de place aux suivants. La démographie est une bombe qui est devenue désormais quasi incontrôlable, les religieux et les marxistes en sont responsables.

ParisGapExpress : Bien que discrédité par la plupart des économistes qui ne savent penser qu’en termes de ressources infinies, Malthus avait raison.

gbouvier : Cet article me laisse perplexe. Dans un autre domaine (le « climat », par exemple), si quelques chercheurs se permettaient d’aller contre le courant ultramajoritaire, ils seraient disqualifiés voire ostracisés. On parle ici d’une poignée de démographo-sceptiques, inventant les hypothèses ad hoc pour qu’une stabilisation de la population mondiale se produise assez vite. Alors que la communauté des démographes s’accorde pour estimer un ralentissement de la croissance, mais doute d’une stabilisation à horizon 2100. Il semble que l’on a décidé une fois pour toutes que Malthus est méchant (voire de droite). Il s’en suit un aveuglement idéologique inquiétant quant aux conséquences néfastes de la surpopulation. On y ajoute le couplet bien pensant des vertus de l’immigration (hors sujet, les migrations déplacent les gens, sans effet sur le total) et celui du dynamisme de l’Afrique (la repentance ?) qui va enfin se concrétiser (ça se dit depuis 50 ans …) pour aboutir à ce gloubi-boulga

le sceptique : A. Frachon n’est probablement pas familier de ces débats. Une croissance démographique jusqu’à 9-10 milliards d’humains, couplée à une croissance économique permettant de converger vers le niveau de vie de l’Occidental moyen, c’est à peu près la réalisation (et non réfutation) du cauchemar des nombre d’écologistes. En fait, il y a une écologie des limites physique affirmant « on ne s’en sortira pas » (celle-là peut éventuellement être mise en défaut par l’innovation depuis Malthus) et il y a une écologie de protection de la nature affirmant « on s’en sortira peut-être mais au prix d’une dégradation du climat et du vivant actuels, qui va imprimer sa marque pendant des millions d’années sur Terre ». Or, la seconde prédiction est probablement vraie, en fait elle est déjà un constat.

César Bistruk : Cet article de Frachon pose problème en des termes inappropriés, et donc apporte de mauvaises réponses. La population supportable par la planète est celle ramenant le jour de l' »Earth Overshoot Day » au 31 déc., moyennant des conditions modernes de vie comparables à celles de la classe moyenne européenne, admettons. Cette population idéale, la cible, doit déterminer les politiques démographiques. À la louche, elle semble être bien inférieure à la moitié de la population humaine actuelle. En 2019, ce jour du dépassement tombait en juillet.

Pour en savoir plus il suffit de lire la rubrique démographie sur notre blog biosphere.++++

Mourir de faim, un choix volontaire

690 millions de personnes, soit 8,9 % de la population mondiale, sont sous-alimentées selon les données de 2019. C’est le constat du Rapport annuel sur « L’état de la sécurité alimentaire dans le monde » (baptisé rapport SOFI). En élargissant à la notion plus vaste d’insécurité alimentaire, qui désigne les difficultés d’accéder de façon régulière à une nourriture saine, équilibrée et nutritive, les Nations unies calculent que 2 milliards de personnes, soit plus d’un quart de la population, étaient touchées en 2019. L’émaciation, caractérisée par un faible poids par rapport à la taille de l’enfant, touche notamment 340 millions d’enfants, soit 6,9 % des enfants de moins 5 ans. Maximo Torero, économiste en chef à la FAO, mentionne l’aide aux populations vulnérables et des mesures de régulation de l’industrie agroalimentaire, il ne dit rien sur l’analyse malthusienne qui montre que famine et surpopulation sont intiment liées. Heureusement les commentateurs sur lemonde.fr compensent cet oubli trop fréquent :

lecteur assidu : Le titre du MONDE devrait être «  la natalité continue à progresser dans le monde » au lieu de « La faim dans le monde en progression lente mais continue » … Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.

Hum : La surnatalité est le problème.

Jean Pense Pamoins : Cher Hum, vous avez raison, « surnatalité = dépassement des capacités d’éducation = Ignorance = saccages des ressources comme déforestation et perte de la terre nourricière. Ignorance = prévalence des coutumes et des religions. Ignorance = rôle traditionnel des femmes soumises aux hommes = surnatalité. » La boucle est bouclée.

FOJ : Trop d’humains et des ressources limitées, mais chute, parler démographie est toujours tabou… Avec le réchauffement climatique, la montée des eaux qui l’accompagne et le pic du pétrole que nous avons déjà passé, croire que le problème de la faim dans le monde va se résorber est au mieux naïf. L’explosion démographique est la cause de tous nos maux. Quand le pétrole sera rare la nature se chargera de réduire drastiquement la population humaine à notre place. De toute façon nous autres humains sommes tellement irrationnels sur toutes ces questions qu’il ne fait aucun doute que le pire est à venir.

Paris13 : Je n’ai jamais compris pourquoi des gens mal nourris, vivant dans des conditions précaires et insalubres, faisaient autant d’enfants dont, bien sûr, la vie sera aussi, sinon plus, difficile que celle de leurs géniteurs ??

Georges : La malnutrition vient souvent d une trop forte population : rappelons que la Chine a réussi à contrôler sa population alors que connaissant des famines, ce que l’Afrique peut entreprendre aussi. Rétrospectivement, la générosité européenne et US d’aider l’Afrique en vaccinant sa population ne l’aura peut être pas aidé, entraînant une surpopulation et un saccage de ses ressources naturelles. Aider des pays sous développés est parfois contre productif pour eux, il me semble.

Rabino : Cette idée de l’ONU qui doit intervenir et aider les pays pauvres est néfaste et dépassée. C’est à chaque pays et à chaque État de s’organiser pour équilibrer production et consommation selon les habitudes alimentaires et les possibilités du terrain. Là où les ressources ne sont pas suffisantes pratiquer un contrôle des naissances rigoureux. C’est irresponsable de laisser une démographie

galopa : LA PLANÈTE NE PRODUIT PAS ASSEZ OU LE TIERS-MONDE ENFANTE TROP ? Les pauvres ont beau défricher l’Amazonie ou l’Asie à grande vitesse et pratiquer l’agriculture la plus intensive, il n’y a pas assez de tomates. Faisons des lâchers de préservatifs sur le TIERS-MONDE.

Éric42600 : Pas terrible votre réponse, Galopa. Les comportements humains ne sont pas différents de ceux des animaux : ont fait davantage d’enfants en situation d’insécurité alimentaire afin qu’au moins un ou deux arrivent à l’âge adulte. Quant aux lâcher de préservatifs on vous attend avec impatience dans les campagnes africaines.

In varietate concordia : « Je voudrais rassurer les peuples qui meurent de faim dans le monde : ici, on mange pour vous. » – Coluche

9,7 milliards, la population mondiale en 2064

Selon une étude publiée par la revue médicale The Lancet, la population mondiale pourrait atteindre son pic en 2064, à 9,7 milliards d’individus, et entamer alors un déclin pour redescendre à 8,8 milliards de Terriens à la fin du siècle. Les chercheurs anticipent une baisse globale du nombre de naissances par femme, en raison d’un meilleur accès aux moyens de contraception et d’un niveau d’éducation des filles plus élevé, qui retarderait l’âge de la première naissance. Selon le démographe Gilles Pison, le scénario de convergence des pays vers un taux de fécondité plus bas que celui estimé par l’ONU reste « une hypothèse spéculative ». Ces données diffèrent des projections effectuées tous les deux ans par les Nations unies (ONU) qui prédisent un pic de la population mondiale à la fin du siècle (à 10,8 milliards), mais n’ont jusqu’alors pas anticipé de décrue au cours du XXIe siècle.

Les experts de l’ONU s’appuient sur l’évolution passée des indicateurs de mortalité et de fécondité. L’équipe de l’IHME a anticipé que les décisions politiques, notamment en matière d’éducation et de santé, pouvaient influer la fécondité. Les commentateurs sur lemonde.fr mettent en pièces cette étude de sociologie prédictive :

ROBIN C. : Toutes les projections démographiques effectuées ces dernières décennies se sont trompées en surestimant la baisse de la natalité et donc en sous-estimant la croissance de la population.

Thymie : Bien peur que ce soit une chimère. Les mesures souhaitables sont connues (émancipation des filles et femmes dans les pays à explosion démographique, avec accès à contraception, voire IVG, partage moins mauvais de la richesse mondiale). Mais la nature humaine a horreur de la raison à long terme, et préfère la jouissance à court terme, depuis… Adam et Eve.

Nawak : Peut-on sérieusement croire que dans les pays du Sahel ou en Égypte les politiques mettent à disposition des femmes des moyens de contraception alors que l’augmentation de leur population est justement un objectif politique ?

François Sibeins : comment croire qu’un pays comme l’Italie ou l’Espagne perdrait la moitié de ses habitants d’ici 2100 ? Idem la Chine?

Nicéphore Phocas : Passer d’un indicateur de fécondité de 7 enfants par femme à moins de 2 au Niger, je demande à voir (enfin non, je ne serai plus là pour vérifier)

Gotgot : L’Inde au 3ème rang mondial pour le PIB/habitant ? Je pense que le « /habitant » est de trop, sachant qu’aujourd’hui ils ne sont pas au 7ème rang /habitant, mais loin, très loin de là…

Le Dingue : On parle de décroissance après un pic alors que le chiffre mentionné à l’issue de cette décroissance est supérieur à celui d’aujourd’hui. Bonjour le problème.

Démographie Responsable : De toute façon, la planète est déjà largement surpeuplée et les 8,8 milliards annoncés par cette étude pour 2100, c’est évidemment encore beaucoup trop pour une planète qui ne peut en accueillir correctement qu’à peine la moitié.

Olivier75 : Avec le réchauffement climatique que nous n’endiguerons pas, ça va baisser plus vite et plus tôt (malnutrition, maladie)…

Abandon du natalisme et politique migratoire

Abandon du natalisme : La France ne manque pas d’habitants, bien au contraire. La politique nataliste menée depuis la Libération n’a aujourd’hui d’autre finalité que d’accompagner la logique de croissance du système économique, en dopant la consommation et en équilibrant la pyramide des âges de façon à financer les retraites. Elle aggrave notre empreinte écologique et rend la vie quotidienne de chacun plus difficile. Nul ne sait vraiment aujourd’hui combien d’habitants pourraient être nourris par la seule production agricole du territoire national, avec une agriculture sans pétrole, sans engrais azotés et sans pesticides, soucieuse de la condition animale et de la biodiversité, dans un pays où 99 % de la population n’a pas de formation agricole, où les terres arables sont abîmées par la pratique de l’agriculture intensive et où il ne subsiste que 15 000 chevaux de trait. En revanche, il ressort des données de l’ONG Global Footprint Network que la France a une empreinte écologique 1,85 fois égale à sa bio-capacité, ce qui veut dire qu’à son niveau actuel de consommation, la population française utilise des ressources naturelles et produit des déchets pour une valeur supérieure de 85 % à la capacité physique du territoire à produire des ressources renouvelables et à absorber des déchets. Pour que l’empreinte écologique du pays ne dépasse pas sa bio-capacité, c’est-à-dire qu’elle respecte les capacités de renouvellement des ressources naturelles du territoire, il faudrait :

  • soit diviser le niveau de la consommation moyenne par 1,85 ce qui donnerait un smic brut mensuel de 822 € (4) à population et à répartition des revenus inchangées ;
  • soit réduire la population dans une proportion de 1,85 ce qui correspondrait à une France de 36,2 millions d’habitants (5) à consommation moyenne inchangée ;
  • soit encore réduire la consommation et la population dans une proportion cumulée de 1,85.

Régulation de l’immigration : Avec plus de 255 000 nouveaux titres de séjour délivrés en 2018 et au moins 100 000 entrées irrégulières sur le territoire national (6), l’immigration de personnes non communautaires représente, très loin devant le solde positif des naissances sur les décès, le principal facteur de l’augmentation de la population globale. Une politique de décroissance démographique ne peut ignorer l’incidence majeure des phénomènes migratoires. Elle doit comporter un volet de réduction de l’immigration légale dans ses deux composantes principales : l’accueil des étudiants étrangers et le regroupement familial. Concernant l’immigration clandestine, l’action préventive visant à empêcher l’entrée illégale des étrangers sur le territoire doit être privilégiée par rapport aux mesures ostentatoires mais coûteuses et peu efficaces de reconduites à la frontière. Propositrions

– Supprimer les allocations familiales au-delà du deuxième enfant.

– Reculer de trois ans l’âge légal du départ à la retraite pour répondre au déséquilibre financier résultant du vieillissement de la population.

– Réduire l’immigration légale en limitant les conditions de délivrance des titres de séjour, en matière d’accueil des étudiants étrangers et de regroupement familial.

– Réduire l’immigration illégale, d’une part en révisant les accords de Schengen, d’autre part en renforçant les capacités de Frontex et de la police aux frontières.

– Stabiliser la population française en dessous de 70 millions d’habitants vers 2030 et amorcer ensuite sa diminution.

(Extrait d’un texte proposé comme base de réflexion programmatique aux journées d’été de 2019 du Mouvement Écologiste Indépendant. Il n’engage que son auteur, Gilles Lacan (10/08/2019))

notes (4) En pouvoir d’achat mensuel, l’équivalent du smic en 1973 (avec la semaine de 40 heures).

(5) Soit 35 millions d’habitants en métropole, correspondant à la population française en 1842.

(6) La grande majorité des personnes entrées irrégulièrement forment une demande d’asile, ce qui permet d’en connaître approximativement le nombre.

source : http://economiedurable.over-blog.com/2020/06/pour-une-ecologie-de-la-resilience-6.html

Vomissures croissancistes sur la décroissance

Les Croissancistes croient que parce nous avons marché sur la lune, nous pouvons mettre le soleil en boîte (ITER) et terraformer la planète Mars. Fiers de leurs élucubrations, ils se soucient comme d’une guigne de l’état réel de la planète, n’ont jamais lu le rapport de 1972 sur les limites de la croissance, n’ont jamais entendu parlé de l’empreinte écologique, ne savent pas que nous avons déjà dépassé depuis des années les possibilités de la Terre, ignorent la 6ème extinction des espèces, etc. Bref les Croissancistes ne connaissent rien à rien et se contentent dans les médias de vomir sur le concept de décroissance. Exemples (citations extraites du numéro juillet-août 2020 de La Décroissance) :

– Ceux qui rêvent d’un monde en décroissance sont des ignorants qui n’ont jamais eu faim. Les décroissants veulent moins d’enfants, une planète vide et réservée à quelques happy few. Il faut lutter jusqu’au bout plutôt que d’accepter de vivre sous le joug des décroissants verts, bruns ou rouges. (sur le site de Jean-Philippe Delzol, 25 mai 2020)

– L’absurdité de la décroissance est une leçon à retirer de la galère où l’on se trouve (suite au coronavirus). Voilà ce que ça donne, la décroissance. c’est très concret la décroissance, c’est la misère. (Raphaël Enthoven, France 5, 30 mai 2020)

– On ne va pas protéger l’environnement avec de la décroissance. (Bertrand Piccard, Europe 1, 4 juin 2020)

– La pandémie est l’expérimentation en vraie grandeur de la société de décroissance prônée par un certain nombre d’écologistes extrémistes et collapsologues. Si la décroissance économique apparaît comme une méthode radicale pour réduire les gaz à effet de serre, elle représente parallèlement davantage de pauvreté et d’inégalités ainsi qu’une restriction significative des libertés. La croissance économique reste le principal levier du développement humain. (Philippe Charles, Contrepoints, 5 juin 2020)

– La décroissance est plus un poison qu’un remède. Cette idée de décroissance n’est évidemment ni responsable, ni réalisable dans la mesure où elle reviendrait à éteindre la vie doucement et éliminer toute chance d’améliorer le quotidien des habitants de la planète. (Jean-Marc Sylvestre, Atlantico, 9 juin 2020)

– Sonner l’heure de la décroissance serait une erreur magistrale. C’est une vague de préconisation absurdes, écologie punitive, recommandations malthusiennes, technophobie galopante. Tomber dans le piège de la facilité serait l’assurance du déclin. (Jean-Pierre Chevènement, L’Obs du 16 juin 2020)

– Le réchauffement de la planète est une réalité, mais pas moins que le cataclysme économique qui nous attend. Comment mener ces deux fronts à la fois avec pertinence ? Certainement pas en écoutant les apôtres de la décroissance, qui nous conduiraient tout droit au chaos généralisé. (éditorial du Figaro, 19 juin 2020)

– Ce n’est pas la peine de crier « Décroissance ! Décroissance ! » si c’est pour aboutir à une crise majeure, à un taux de chômage et de pauvreté record ainsi qu’à un bouleversement de notre mode de vie. Est-ce que l’on veut sauver le climat en tuant les gens ? (Daniel Cohn -Bendit, Le Point, 19 juin 2020)

– Je formule le souhait qu’Emmanuel Macron ait le courage de soumettre à référendum les propositions lunaires de la Convention climat : que le peuple français tranche entre la décroissance et le progrès, l’écologie punitive néo-marxiste et une écologie humaniste. (Julien Aubert, Les Républicains, 19 juin 2020)

– Nous venons de vire une expérience grandeur nature de la décroissance avec la pandémie. Les hérites new look du communisme que sont les fondamentalistes verts se sont réjouis haut et fort de ce répit accordé à la planète. Ils poussent la Convention citoyenne à plaider pour une décroissance punitive tous azimuts : décroissance énergétique, réduction de la consommation, de la production, du temps de travail, de la vitesse sur les autoroutes, des voyages en avion, de la publicité pour des grosses cylindrées. Pour imposer des mesures destinées à punir nos modes de vie, les décroissants veulent limiter les libertés. (Luc Ferry, Le Figaro, 25 juin 2020)

– Les Bobos veulent imposer la décroissance. (Michel Chassier, Rassemblement National, dans la Nouvelle République du Centre-Ouest, 27 JUIN 2020)

– Si les écologistes d’EELV étaient décroissants, les Français n’auraient pas voté pour eux ! Je tiens à vous dire que les écologistes ne sont pas décroissants. Il y a peut-être eu des branches de la pensée décroissante parmi la pensée écologiste, mais il n’y a pas d’écologie pratique qui soit décroissante ! (Esther Benbassa, sénatrice EELV, CNews, 29 juin 2020)

Commentaire du blog biosphere : Notons d’abord que tout le monde semble d’accord, de l’extrême droite jusqu’aux Verts en passant par les intellectuels. Notons ensuite qu’ils ne disent rien des décroissances économiques récurrentes que connaît le système capitaliste depuis son expansion au XIXe siècles jusqu’aux crises de 1929 et 2008. Or une récession cyclique qui peut même se transformer en dépression économique est bien l’équivalent d’une décroissance, sauf qu’elle est forcée, induite par l’expansion désordonnée du capitalisme marchand. Il ne faut pas confondre cette décroissance subie avec une décroissance voulue et maîtrisée pour revenir à un état d’équilibre durable entre l’activité humaine et les possibilités de la planète. Une société post-croissante implique que l’on décide collectivement des arbitrages entre la décroissance de certains secteurs économique carbonés et le soutien à des activités créatrices d’emploi et économes en énergie. Le résultat final se concrétisera certes pas une décroissance globale du PIB, mais la sobriété partagée peut devenir une source de bien-être meilleure qu’une addiction à l’accumulation de marchandises. De toute façon le PIB est un mauvais instrument de mesure puisqu’une pollution entraîne des dépenses pour réduire cette pollution et donc on ajoute à la fois un mal et un bien. Il est même fort possible que si on enlevait toutes les externalités négatives du PIB, on mesurerait une décroissance du système actuel. C’est ce que fait l’IBED (indicateur de bien-être véritable). Il peut être défini comme la somme [consommation marchande des ménages + services du travail domestique + dépenses publiques non défensives + formation de capital productif (investissement)] moins [dépenses privées défensives + coûts des dégradations de l’environnement + dépréciation du capital naturel]. (cf. Les nouveaux indicateurs de richesse de Gadrey et Jany-Catrice (édition La Découverte, 2005))

EELV, l’écologie au cœur de la politique

Le Conseil fédéral d’EELV a acté le 11 juillet une stratégie d’autonomie contractuelle. Dans la séquence électorale qui s’achève, les écologistes se sont montrés capables de nouer des alliances victorieuses : d’abord, on rassemble son camp pour être le plus lisible possible, et ensuite on ouvre. Fini, les vaches maigres et les combats nobles mais solitaires : l’écologie politique peut désormais parler d’égal à égal avec les autres forces politiques, notamment le Parti socialiste (PS). « Le temps où nous sommes derrière les autres est fini. Nous avons la volonté de présenter un projet dont le cœur est le paradigme écolo. Aux autres forces politiques de déterminer s’ils nous rejoignent ou pas », appuie Sandra Regol, numéro 2 d’EELV. Premier objectif, le scrutin régional programmé pour 2021. Cette étape est indispensable pour asseoir la « centralité » de l’écologie comme projet politique. Viendra ensuite le temps de la présidentielle, en 2022. Devant les piques échangées par Yannick Jadot, candidat déclaré, et Eric Piolle, le maire de Grenoble, qui ne cache plus ses envies, le secrétaire national a rappelé que le choix de leur candidat passerait par une primaire, dont les modalités seront discutées par les adhérents. Le cap est donc fixé, il faut le tenir sans se précipiter dans les coalitions et les initiatives qui rappellent trop la gauche plurielle, a fait comprendre la direction.

David Cormand  d’EELV: « Le débat politique des temps qui viennent est et sera la question écologique. L’objet à construire n’est pas « le rassemblement », l’objet politique à construire est un imaginaire, un récit et un projet nouveau qui a vocation à structurer les grands débats de l’époque. Ce n’est qu’à partir de ce paradigme que le rassemblement peut se structurer à son tour. Commencer par l’injonction unitaire, c’est à mon avis passer à coter de l’essentiel.Il y a visiblement une majorité d’EELV qui considère que l’écologie politique est centrale, qu’elle n’a vocation ni à se « normaliser » dans une dérive centriste, ni à se diluer dans un gloubiboulga de « Gauche ». Qu’une partie de la Gauche « S’écologise »… Selon la nouvelle expression à la mode, fort bien… D’abord cela reste à démontrer… Depuis toujours, nous autres écologistes, avons été suspect aux yeux de cette Gauche là de n’être pas assez « sociaux », pas assez proches du peuples… Procès instruit par les mêmes qui ont trahis la cause sociale quand ils ont été au pouvoir ses 40 dernières années Nous sommes écologistes. Notre audience nouvelle et inédite ne nous donne aucun droit, juste des devoirs. un devoir d’assumer ce que nous sommes. Avec bienveillance, sans hégémonie, mais avec détermination. Sur l’hégémonie, il faudrait d’ailleurs s’entendre sur ce que nous y mettons… Est-ce l’hégémonie Gramscienne, dans le sens de « majorité culturelle »? Ou bien l’hégémonie dominatrice partisane? Dans le premier cas, nous revendiquons effectivement de construire une majorité culturelle… En revanche, nous refusons la pratique hégémonique du pouvoir… il n’y a pas d’arrogance à prétendre assumer un projet spécifique différent des cosmogonies politiques jusqu’alors dominantes. »

Anti-Pollueurs sur lemonde.fr  :Il est en effet temps que les Ecologistes prennent le pouvoir pour enfin protéger notre santé et celle de nos enfants. Les socialistes ont été très décevants sur la protection de l’environnement (M Le Foll protecteur des phytos ou Mme Royale et sa méthode non punitive, non contraignante qui au final nous a fait perdre un temps précieux). Les dirigeants de droite semblent avoir cinquante ans de retard et paraissent encore s’extasier devant les cheminées qui fument. Quant à Macron, il nous aura bien roulé dans la farine avec ses discours sur les campagnes silencieuses. Il semble que sa priorité soit la bonne santé des grosses entreprises et des banques, pas la notre.
PMF : Si les Verts, comme ils le prétendent (ou du moins certains d’entre eux), veulent dépasser le clivage gauche/droite, ils devront s’affranchir en premier lieu de leurs démons nés du gauchisme le plus lourdingue. C’est pas fait. Les thématiques sociétales (cannabis, migrants, PMA, LGBT…) peuvent gentiment aider à faire illusion. Mais quand il va falloir s’atteler à des sujets autrement plus sérieux, l’amateurisme reprendra le dessus.

Lappreciateur: Nous vivons une époque comparable à la Renaissance. Et les dinosaures des diverses espèces politiques qui ont survécus, complètement discrédités les uns après les autres, cherchent à nous faire croire qu’ils sont les plus aptes et sont en train (ou vont d’un moment à l’autre) prendre les mesures urgentes qui s’imposent. Alors que point par point ils ne font pas que laisser la situation en l’état, ils l’aggravent. Faut-il refaire la liste ici : pollution de l’air, de l’eau, des terres, guerres endémiques et risques d’explosion mondiale du fait d’un fou de Dieu ou d’un dictateur mégalo, dégradation de la Santé : famine, malnutrition, malbouffe, Consommation déséquilibrée, de pesticides dont des perturbateurs endocriniens et des cancérigènes. Alors entre une issue EELV difficile à mettre en œuvre et la poursuite du désastre je choisis EELV.

L’autorité environnementale en panne

La démocratie environnementale, c’est-à-dire la participation du public à la prise de décision en matière environnementale, est incontestablement en recul sous l’égide de Macron. La saisine de l’autorité environnementale, dont les avis indépendants sur les impacts gênent manifestement le gouvernement, sera désormais réglée au cas par cas, le choix de la saisir ou pas étant dans les mains du préfet. Voici quelques précisions. L’autorité environnementale de la CGEDD* regroupe tous les acteurs, administrations, associations, maître d’ouvrages pour faire une étude d’impact et élaborer des propositions… Même si l’autorité environnementale n’est pas une autorité administrative indépendante comme la CNIL, la CADA ou le Défenseur des Droits, ses avis ne peuvent pas être ignorés par les décideurs car ils sont publics. Ses rapports sont très édifiants : qualités/défauts des projets, imprécision des documents présentés par le maître d’ouvrage, qualité des études d’impacts, etc. Si les promoteurs d’un projet persistent dans leurs intentions marchandes, tout ces éléments seront autant d’arguments devant le juge lorsque les opposants attaqueront les autorisations administratives. Voici quelques exemples glanés dans LE MONDE :

Autoroutes : « Il est paradoxal et juridiquement fragile que le plan de relance autoroutier, qui induit des incidences environnementales majeures, n’ait pas, à l’inverse de la plupart des plans susceptibles d’incidences environnementales, fait l’objet d’une évaluation environnementale », pointe le document de l’autorité environnementale (AE) qui synthétise ses 104 avis rendus entre sa création en 2009 et début 2018 sur les projets d’infrastructures de transport routières : « La situation n’a pas fondamentalement évolué depuis la publication du premier avis. » Au premier rang des « lacunes significatives persistantes » repérées dans « la plupart » des dossiers : les études de trafic « ne prennent presque jamais en compte les trafics induits par la création ou la transformation de l’infrastructure ».

Stations de ski : La stratégie qui vise à préserver à tout prix l’activité économique du ski est fortement critiquée par la MRAe ** d’Auvergne-Rhône-Alpes. La mission note que « le développement des domaines skiables par le haut, porteur des effets environnementaux en général les plus significatifs, apparaît motivé par une volonté d’augmenter l’attractivité économique à très court terme et ne fait pas l’examen de solutions de substitutions raisonnables ». Pour l’autorité environnementale , « certains de ces projets tels que l’interconnexion de la Croix du Sud, l’extension des domaines skiables de Val Cenis ou d’Aussois, sont susceptibles de causer des dommages très significatifs voire irréversibles, à des milieux écologiques d’une valeur exceptionnelle ».

Sites classés : La dune du Pilat, le massif du Mont-Blanc, le Mont-Saint-Michel, les gorges du Tarn ou celles de l’Ardèche, les calanques de Marseille… Tous ces sites classés – ils sont 2 700 en France, couvrant 2 % du territoire – sont-ils menacés ? Seront-ils moins bien protégés ? Un projet de décret, qui fait l’objet d’une consultation publique qui s’achevait jeudi 20 juin, propose de confier la délivrance des autorisations de travaux sur ces sites au préfet, dans un but de « simplification ». Dans l’entourage du ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, on préfère rappeler que « la décision pourra continuer à revenir au ministère pour tous les projets jugés susceptibles d’avoir un impact sur l’environnement, puisque le ministre conserve le pouvoir de s’autosaisir ou d’être saisi sur chaque demande d’autorisation ».

Filière éolienne : Le Conseil d’Etat a annulé, en décembre 2017, un décret qui désigne le préfet de région comme autorité environnementale, avec pour compétence de valider les études de nombreux projets ayant un impact sur l’environnement. Ce qui concerne, entre autres, les projets éoliens.

* CGEDD : Le Conseil général de l’environnement et du développement durable est un service d’inspection du ministère de la Transition écologique et Solidaire créé en 2008

** MRAe : Les missions régionales d’Autorité environnementale (sous le sigle MRAe) ont quant à elles été créées en avril 2016 et ont repris une partie des missions d’Autorité environnementale antérieurement confiées aux préfets de région. Les plans et programmes à caractère local (SCOT, PLU, PDU, SRADT, SAGE, etc.) relèvent depuis avril 2016 du « MRAe » du CGEDD.

Remarques du blog biosphere : le droit de l’environnement est devenu un fatras immonde de sigles et d’organismes dont on se rend compte qu’ils ne servent à rien puisque leurs recommandations ne sont presque jamais suivies d’effet. Les politiciens pratiquent contre l’urgence écologique leur objectif premier, « Business as usual ». Ils peuvent le faire en toute impunité, presque aucun citoyen ne connaît « l’autorité environnementale » , une « autorité » sans autorité ! En ne comptez pas sur nous pour fêter le 14 juillet, fête des armées…

Barbari Pompili bientôt à l’épreuve du réel

« L’écologie n’est pas une option. Accélérer, c’est au cœur des priorités que le président m’a chargé de mettre en œuvre », a confirmé le nouveau premier ministre, Jean Castex. Pourtant selon le HCC « le gouvernement ne fait pas suffisamment de suivi des politiques climatiques qu’il annonce » et son « pilotage manque de fermeté ». Les grandes lois d’orientation (Egalim, ELAN, LOM), n’ont pas été évaluées au regard de leur impact sur les émissions, contrairement aux promesses du gouvernement. Surtout, la stratégie nationale bas carbone (SNBC), l’outil de pilotage de la politique climatique du pays n’est toujours pas « le cadre de référence de l’action collective. »Le gouvernement, faute d’être parvenu à respecter ses objectifs pour la période 2015-2018, a relevé les budgets carbone − les plafonds d’émissions − pour la période 2019-2023. Pour ne pas prendre la température, on casse le thermomètre !

Les solutions pour mener une véritable relance verte sont pourtant connues depuis plus de dix ans, rappelle le Haut Conseil pour le climat. Il propose soit de relancer la croissance de la taxe carbone – gelée après le mouvement des « gilets jaunes » – mais en corrigeant ses effets inégalitaires, soit de renforcer les mesures réglementaires (par exemple les normes d’émissions de CO2 pour l’automobile). Le troisième projet de loi de finance rectificative en cours de discussion à l’Assemblée nationale permettra de fixer la ligne du nouveau gouvernement sur le point crucial de la conditionnalité des aides accordées aux secteurs polluants. Plusieurs amendements seront débattus pour obliger les grandes entreprises récipiendaires de l’aide publique à baisser leurs émissions dès l’année prochaine. Une position défendue par la député Barbara Pompili lors de l’examen en commission des finances, contre l’avis du gouvernement. Reste à savoir si la position de la nouvelle ministre de la transition écologique et solidaire est inchangée.

Les commentaires sur lemonde.fr montrent que la France est partagée en deux, ceux qui estiment qu’il est urgent de ne rien faire (les imbéciles) et les écologistes réalistes :

untel : « La France n’est toujours pas à la hauteur des enjeux climatiques ». C’est encore heureux !!! Si nous l’étions nous serions des climato-dupes : ceux qui font les efforts que les autres ne font pas et qui, du coup, perdent en compétitivité par rapports à ces derniers… sans que cela ne change rien du climat. Vous vouliez la limitation du réchauffement ? Vous aurez le réchauffement et la faillite.

Davemoz : Untel, ce que vous nous proposez c’est de vivre dans un monde pollué, mais avec des sous sur notre compte en banque ? En espérant que cet équilibre débile dure encore quelques dizaines d’année sans doute. Vous me faites rêver mon cher Untel. Mes enfants certainement beaucoup moins.

jea.vie : Les visions purement françaises des émissions de gaz à effet de serre n’ont qu’un intérêt anecdotique à l’échelle de la planète. Nous sommes a peine 1% de la population et avec le nucléaire l’un des pays développés les plus vertueux en la matière. Nous émettons 2 fois moins de CO2 par habitant que les Allemands. Alors certes on adore se culpabiliser en France, mais pendant ce temps là, la Chine construit 150 GWatt de centrales à charbon…

DLB @ jea-vie : Reprenons votre raisonnement : Imaginons que vous soyez obèse et que votre médecin vous recommandeun régime draconien pour ne pas mourir prématurément. Vous, vous lui répondriez : « oui mais mon voisin est plus obèse que moi, c’est à lui de faire un régime, pas à moi ! » Collectivement nos sociétés ont encore des réflexes d’adolescent immature quand il s’agit de faire des efforts.

Philipp69 : Y en a marre de ces ayatollahs de l’écologie voulant que les Français sacrifient leurs emplois et leur niveau de vie simplement pour avoir bonne conscience. Rappelons-le une énième fois, la France c’est 0,9% de la population du monde, 2,5% du PIB mondial et 1% des gaz à effet de serre du monde. Et on voudrait qu’elle fasse des efforts considérables! Pourquoi? Pour donner l’exemple? Qui peut croire que la France va entraîner la Russie, la Chine, les E-U, le Nigeria, le Brésil ou l’Inde dans son sillage ? Quelle attitude présomptueuse que de croire que le monde nous regarde et qu’il va se sentir coupable s’il ne prend pas modèle sur nous! Bref, ces objectifs de réduction de la part dans la France dans la production mondiale de GES est à la fois irréaliste et pathologique, c’est un désir névrotique d’expiation, une haine de soi en tant qu’occidental développé et libéral.

DLB :On demande juste au gouvernement de respecter ses propres engagements, fruits d’une concertation internationale. Chaque pays peut trouver des prétextes comme les vôtres, Philipp, pour ne rien faire et dans ce cas on va dans le mur. Lisez le rapport du GIEC puisque vous avez l’air d’aimer les chiffres.

Or : Il est important de rappeler que si la France a baissé de 20% ses émissions nationales depuis 30ans, l’empreinte carbone des français n’a pas cesser pour autant d’augmenter et reste très élevée. En effet nous avons délocalisé notre production polluante en Chine mais nous avons continué d’acheter des produits polluants. Une solution, la décroissance : consommer moins mais mieux (donc augmentation des prix pour pouvoir acheter des choses produites en France selon des procédés vertueux), meilleure répartition des richesses (=forte taxation du capital) pour que la décroissance soit socialement acceptable et ne touche pas que les plus démunis et pour ça il faut un état stratège, interventionniste et protectionniste (n’ayons plus peur d’utiliser ces mots)

Thibaut : Je vous rejoins entièrement. Il faut ajouter que ce n’est pas un choix idéologique, mais purement rationnel, qui découle d’une réalité géophysique. On peut s’aveugler, s’obstiner et le retarder, mais on finira immanquablement par y venir. Plus ce sera tard, plus ce sera humainement coûteux.

Tundra Cotton : Tant que l’on ne verra pas une baisse de la population mondiale et donc du nombre de consommateurs-pollueurs, ces efforts ne servent pas à grand chose. Mais les divisions politiques, et la volonté des humains à vouloir faire des gamins, rendent une telle tendance impossible. Le facteur limitant sera donc malheureusement l’épuisement des ressources mondiales, et surtout l’accès à l’eau.

Elisabeth Borne, les petits pas de l’écologie

Le passage à la tête du ministère de la transition écologique et solidaire d’Elisabeth Borne aura duré moins d’un an. Pas plus que ses prédécesseurs l’ancienne ministre n’a réussi à mettre la protection de l’environnement au cœur des décisions du gouvernement. L’avancée des politiques écologiques dépend d’abord des capacités à gagner des arbitrages en réunions interministérielles, et de la confrontation avec des ministères toujours puissants, comme celui de l’économie ou celui de l’agriculture. Il est donc évident que ce ministère est d’une instabilité chronique et renvoie aux choix du président de la République et du premier ministre. Le premier de nos ministres de l’écologie, est nommé en janvier 1971 « délégué à la Protection de la nature et de l’Environnement ». Dans son livre-témoignage, « Le ministère de l’impossible » (Calmann-Lévy, 1975), Robert Poujade s’appuyait sur sa propre expérience pour montrer l’impossibilité d’une politique écologique au sein d’un gouvernement obnubilé par le PIB. « C’est intéressant, votre ministère. Il ne devrait rien coûter à l’Etat », entend-il dès son arrivée. « Vous n’aurez pas beaucoup de moyens. Vous aurez peu d’action très directe sur les choses. » prévient le président de la République Pompidou ! Depuis 50 ans, on constate que la situation n’a pas beaucoup évolué, et Nicolas Hulot a du démissionner du ministère de l’impossible. La nouvelle ministre, Barbara Pompili, a donc de fortes chances d’être virée par Castex si elle fait bien son boulot… Voici un bilan du ministère Borne :

Quelques semaines après son arrivée, à la mi-septembre 2019, Elisabeth Borne avait signé une lettre au PDG d’EDF qui lui donnait une feuille de route pour envisager la construction de six nouveaux réacteurs EPR. Elisabeth Borne a voulu mettre l’accent sur la rénovation énergétique, mais elle n’a pas pu aller très loin, ses marges de manœuvre ayant été très réduites. Pas plus que ses prédécesseurs Elisabeth Borne n’aura infléchi la politique du gouvernement en matière de lutte contre la pollution de l’air. Elisabeth Borne a organisé une consultation publique sur la question sensible des distances minimales à respecter entre aires de traitement et habitations. On réclamait au moins 150 mètres, son décret a retenu des distances de trois, cinq, dix, voire très exceptionnellement vingt mètres. Elisabeth Borne a transféré aux préfets de nouveaux pouvoirs de décision, ce qui a affaiblit le droit environnemental. Enfin, Elisabeth Borne a été en retrait sur la scène internationale, déléguant à sa secrétaire d’État, Brune Poirson, une grosse partie du travail et de la représentation en matière de négociations climatiques (COP, etc.). Pour conclure, Elisabeth Borne ne pouvait pas mieux faire que ses prédécesseurs au ministère de l’impossible.

Voici nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

17 juillet 2019, Elisabeth Borne, l’écologie à la pein

5 septembre 2018, de Rugy ministre de l’écologie, l’ambition au pouvoir

31 août 2018, Nicolas Hulot vivait au ministère de l’impossible

19 mai 2017, Si le 1er ministre n’est pas écolo, il y aura blocage

16 novembre 2014, Etre ministre de l’écologie, une mission impossible

29 avril 2014, Ségolène Royal, une ministre de l’écologie incompétente

14 septembre 2013, un métier à haut risque, ministre de l’écologie

24 juin 2012, éviction de la ministre de l’écologie, un PS anti-écolo

11 juillet, Journée mondiale de la population

De : Population Matters Updates : you’ll know that we’re literally counting down the days to World Population Day this Saturday, 11 July ! Cette Journée mondiale de la population a pour objet d’attirer l’attention sur l’urgence et l’importance des questions démographiques. Le Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a en effet recommandé, en 1989, de faire du 11 juillet cette Journée mondiale en référence à la Journée des cinq milliards, nombre d’humains atteint le 11 juillet 1987.

Les prévisions nous annoncent 10 milliards d’être humains en 2050 soit un doublement en 23 ans seulement et nous sommes déjà 7,8 milliards aujourd’hui. Une telle progression, vertigineuse, ne peut se faire qu’au détriment de toutes les autres espèces vivantes, au prix de la détérioration des sols, avec la fin programmée de toutes les ressources non renouvelables, la progression du stress hydrique, l’épuisement des ressources halieutiques, et le réchauffement climatique en prime. Le fait que l’humanité ne prête aucune attention à son nombre et laisse libre cours à l’évolution exponentielle de sa population nous amène donc nécessairement à des famines récurrentes, des guerres incessantes et même des épidémies facilitées par notre densité urbaine. Face à cette situation, il est urgent de devenir malthusien comme nous y incite l’association Population Matters au Royaume Uni et Démographie responsable en France. Pour connaître leurs objectifs :

About Population Matters : « All our environmental problems become easier to solve with fewer people, and harder – and ultimately impossible – to solve with ever more people. » (Sir David Attenborough, Population Matters patron) Our vision is of a future with decent living standards for all, on a healthy, biodiverse planet. Through our campaigning, advocacy and education work we influence policymakers, communities and individuals to make positive changes for a sustainable human population.

Le projet de Démographie Responsable : En incitant à l’autolimitation de la natalité, notre association a pour objet d’œuvrer pour la stabilisation de la population humaine et sa diminution sur le long terme. Excluant tout ce qui ne respecterait pas les droits humains ou qui remettrait en cause la liberté de procréer, notre démarche passe par l’information sur les conséquences de la pression démographique pour les générations futures, les autres espèces et l’environnement. En parallèle à cette information, nous nous donnons entre autre pour mission de soutenir toutes les initiatives en faveur de l’instruction, condition nécessaire à la compréhension par tout être humain des dangers écologiques liés à la surpopulation.

Post-covid, le tourisme de masse à la peine

Rares sont les intellectuels qui pensent du mal du tourisme, Bernard Duterme, coordinateur du livre « La Domination touristique » est l’un d’entre eux :

« Fort d’un taux de croissance annuel moyen de 4 % à 5 % depuis plus de sept décennies et de 1 700 milliards de dollars de recettes en 2019, le tourisme devrait enregistrer en 2020 une chute abyssale. C’est pourtant un secteur central de l’économie globale, 10 % du produit mondial brut et de l’emploi, premier poste du commerce international. Qui pouvait croire l’espace d’un instant que les choses allaient changer ? Qui a pu penser sérieusement que la sortie de l’abstinence touristique post-pandémie allait jeter les bases d’un grand marché du dépaysement « juste et durable » ? L’homo turisticus, assigné à résidence depuis le mois de mars, peut enfin replonger dans les délices de la mobilité de plaisance. En cela, il demeure un « privilégié » – 7 % seulement de l’humanité ont accès au tourisme international –, mais il n’en a cure. On aurait aimé que l’OMT (organisation mondiale du tourisme) saisisse l’occasion pour donner corps à ses propres intentions de « transformer le tourisme mondial et la manière dont il est pratiqué pour le rendre socialement, économiquement et écologiquement durable ». Hélas le business as usual ne souffre aucune inflexion régulatrice. L’OMT le répète aujourd’hui à l’envie : pour récupérer aussi vite que possible son rôle de « moteur de croissance », de « vecteur de développement », de « pourvoyeur d’emplois » et de « trait d’union entre les peuples », le tourisme a besoin du « soutien des gouvernements », mais certainement pas de nouvelles « entraves » qui porteraient « atteinte à sa compétitivité ». Tant pis si sa généralisation, dans ses formes actuelles, est écologiquement impossible… »*

Bernard Duterme nous donne ainsi le point de vue des écologistes. Tapez « tourisme » sur le moteur de recherche de notre blog biosphere, et vous saurez tout le mal qu’on doit penser de cette activité dévoyée du voyageur. Les commentateurs sur lemonde.fr confirment :

Bv34 : Malheureusement, tout ça n’est que trop vrai. J’ajouterais une dernière tare à ce tourisme de masse. Le remplacement de la culture par le divertissement. Les espaces touristiques sont de plus en plus sommés d’être des parcs d’attractions (et de consommation, of course).

Frog : Et il y a beaucoup de gens âgés parmi ceux qui ont recours au tourisme le plus polluant. J’ai pour ma part quelques petits motifs d’espoirs, car même avec tout l’argent du monde (que les Etats n’ont pas), le secteur le plus international devrait tout de même être sinistré pour longtemps après la pandémie.

Michel SOURROUILLE : Le touriste qui se hâte de rentrer chez lui est toujours resté étranger à ses lieux de séjour successifs et aux populations rencontrées : il se contente de remplir un album de souvenirs personnels après avoir parasité une vie sociale ou un lieu de rêve. Pour économiser la Biosphère et épargner ses communautés,  vous devez au  contraire rester des voyageurs immobiles, il y a suffisamment de moyens de communication pour faire le tour du monde dans son fauteuil, il y a suffisamment de richesses relationnelles et naturelles près de chez vous pour ne pas avoir besoin d’autre chose. Touristes de tous les pays, unissez-vous, restez chez vous.

* LE MONDE du juillet 2020: Tourisme : Le redémarrage dans “le monde d’après” s’opère selon la même logique que celle qui prévalait dans “le monde d’avant”

Frydman, promoteur infatigable de la PMA

René Frydman, promoteur infatigable de la PMA (procréation médicalement assistée) : «  Il faut dépasser les diktats idéologiques et religieux d’un groupe qui veut imposer ses croyances à tous sans faire appel à la méthode scientifique. »* En d’autres termes les partisans d’une procréation naturelle ne doivent rien opposer aux techniciens de la fécondité artificielle. Pourtant Frydman reconnaît les inconvénients de la PMA : « Le problème principal, c’est le faible taux de réussite puisque, in fine, 40 % des couples n’auront pas l’enfant désiré. Environ 60 % des embryons obtenus après PMA in vitro ne sont pas aptes à se développer, et ce pourcentage atteint 80 % chez les patientes âgées de 40 ans et plus. Vouloir améliorer les taux de succès est une problématique médicale. Le prélèvement d’une cellule embryonnaire, ou diagnostic préimplantatoire permet l’analyse des chromosomes, mais, à la différence de la plupart des pays européens, cela demeure interdit en France. Il faudrait donc que la loi l’ autorise. Le diagnostic de sexe de l’embryon ou d’autres caractéristiques non médicales ne doit pas être autorisé car seule nous intéresse de reconnaître les embryons qui n’ont aucun potentiel de développement. Pour les femmes, l’épuisement physique des femmes et les faux espoirs dévastateurs seront ainsi amoindris. »

La PMA est une technologie systémique, cloisonnée, réalisable uniquement dans une société complexe. Elle n’est pas durable parce qu’elle repose sur des moyens médicaux importants, liés à un taux d’échec non négligeable, et donc seulement à la portée de couples riches ou pris en charge par le reste d’une société très développée. Ce n’est pas ce type de société que l’écologie désire, la PMA ne devrait pas être à l’ordre du jour d’une société consciente des limites de la technique et de la convivialité nécessaire entre ses membres. Une autre manière de se reproduire est à la portée de tout un chacun, faire l’amour tout simplement, en usant de la différenciation des sexes. Une technique simple qui n’a pas besoin de l’assistance de « médecins » pour porter ses fruits.

En toutes choses, il faut savoir raison garder, c’est-à-dire respecter les limites que nous donnent la nature. Sur ce blog, nous nous interrogeons aux événements en tant qu’ils relèvent de la nature et de l’écologie. Or toutes nos activités humaines utilisent une quantité plus ou moins grande de ressources terrestres. Par exemple le sommeil et la méditation sont les activités les plus sobres qu’on puisse pratiquer, et donc les plus écologiques. On peut alors classer les techniques selon leur intensité croissante en ressources mesurées en termes d’énergie. C’est une première méthode. Rester au plus simple dans notre demande d’énergie exosomatique, c’est alléger notre trace sur la planète. Médicaliser la procréation nécessite des spécialistes alors que la fonction de reproduction n’a pas normalement besoin de porteur de chandelles. La possibilité de voir à l’intérieur de l’œuf et d’intervenir au stade le plus précoce, avec la possibilité de modifier les enfants à naître, c’est la voie vers un nouvel eugénisme. Vouloir contourner la sélection naturelle qui a donné la fécondité aux uns et la stérilité à d’autres relève d’une volonté de toute puissance de l’homme, l’hubris, liberté de faire tout et n’importe quoi au nom du « désir individuel » pour le plus grand profit du système capitaliste libéral et de ses spécialistes comme Frydman.

Pour en savoir plus sur Frydman, nos articles antérieurs sur ce blog biosphere :

14 avril 2018, Jacques Testard, une victime de la techno-science (Testard contre Frydman)

21 mars 2016, Marre de la PMA, marre des marchands d’enfants

5 février 2013, Un technologue face à la procréation médicale assistée

20 décembre 2012, Mariés ou pas, non à la procréation médicale assistée (Testard contre Frydman)

7 octobre 2010, non à la fécondation in vitro

* https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/07/06/rene-frydman-il-faut-depasser-les-diktats-ideologiques-et-religieux-d-un-groupe-qui-veut-imposer-ses-croyances-a-tous_6045302_3232.html