biosphere

loi   « Climat et Résilience », commentaires

Quelques remarques techniques sur certains articles de la proposition de loi   « Climat et Résilience » 

article 11 : « Un objectif de 20 % de la surface de vente consacrée à la vente en vrac est fixé au 1er janvier 2030 dans les commerces de vente au détail dont la surface est supérieure à 400 m2. »

Le commerce emballé imposé par les américains dans leur quête d’hygiénisme est une aberration environnementale. Il aura fallu 60 ans pour que la société commence à s’en rendre compte. Pourtant la pollution des plages et des villes par les emballages en particulier sur les côtes landaises ont été immédiatement visibles dans les années 1970. Rappelons que l’emballage plastique n’est pas neutre au niveau de la santé. Qui se préoccupe des migrations de solvants ou des polymères dans les aliments ? Pourtant, une campagne d’information avait été lancé dans les années 1990 sur les yaourts mais en vain. Arrêter de racler vos petits pots de yaourts, vous ne mangez que du plastique.

L’eau en emballage plastique  est devenue une industrie mondiale. Quand arrêterons-nous ? L’eau du robinet est potable, très surveillé et peu chère.Au Canada, l’emballage papier de produits en vrac est une norme depuis plus de 30 ans même pour les médicaments, ce qui évite le gaspillage aussi.

article 12 : « L’obligation de mise en place d’une consigne pour les emballages en verre, de manière à ce qu’ils soient lavables et réutilisables, pourra notamment être généralisée à partir de 2025. »

Le verre est le meilleur emballage pour les aliments liquides car il est quasi neutre dans ses interactions. Par contre sa production et son reconditionnement sous forme de calcin sont très gourmands en énergie. La meilleure solution est le lavage des bouteilles. En Allemagne, la pratique de la consigne existe depuis au moins 20 ans.

article 23 : L’obligation de végétaliser ou de solariser les bâtiments de plus de 500 mètres carrés entre en vigueur au 1er janvier 2024.

La végétalisation à la nordique isole en hiver et évite l’accumulation d’énergie en été. Elle reste très chère et peu efficace même si elle plat aux écolos. L’écologie est ailleurs, protégeons les espaces sauvages. Un toit est tout sauf un espace sauvage, c’est même la preuve de sa destruction. La solarisation est une bonne idée à condition que nous produisions nos panneaux solaires, cela permettra des emplois, de la souveraineté et moins de dépendance aux énergies polluantes. Et moins de chinoiseries.

article 28 : « 2° A compter du 1er janvier 2030, la fin de la vente des voitures particulières neuves émettant plus de 95 gCO2/km NEDC soit 123 gCO2/km WLTP, à l’exception des véhicules destinés à des usages spécifiques lorsque leurs caractéristiques le nécessitent et dont le volume ne pourra excéder 5 % de l’ensemble des ventes annuelles de voitures particulières neuves ; »

La pollution des voitures reste toujours minoritaire dans l’utilisation des hydrocarbures. Les alternatives électriques sont un leurre, une illusion de non pollution. Par contre, la filaire hydrogène doit être développé au plus vite. C’est en cours mais il faudrait accélérer cette industrie. C’est le prochain défi industriel. BMW a déjà la technologie depuis 20 ans. Les piles à combustibles sont prêtes à être produites et l’industrialisation en France a débuté. Par ailleurs, le dégagement de CO2 n’est pas l’alpha et l’oméga, au mieux une unité de consommation des hydrocarbures. Le taux de CO2 dans l’atmosphère est de 0,04 % en augmentation de 0.01% depuis 100 ans pour ce que l’on en sait. 0,01% de CO2 en plus ferait réchauffer l’atmosphère? Rappelons que le réchauffement se fait depuis 20 000 ans et que la température moyenne sur terre avant la dernière glaciation de Würm était de 18,5 °C alors qu’elle est de 16,5°C actuellement. Nous avons de la marge pour un réchauffement sans parler de CO2. 

article 30 : « A partir de la loi de finances initiale pour 2023, le Gouvernement présente au Parlement une  trajectoire  de  suppression  en  2030  du  dispositif  de  remboursement  partiel  de  la  taxe intérieure  de  consommation  des produits  énergétiques  relative  au  gazole  prévu  à l’article 265 septies du code des douanes. »

Nous savons maintenant que la campagne contre le diesel des voitures basé sur les particules fines est un mensonge. L’essence produit autant sinon plus de particules fines que le diesel et c’est logique chimiquement. De plus, le diesel est un moteur plus économe en énergie que l’essence. A qui profite cette campagne de désinformation ? Les industries pétrolières qui font plus de marges sur l’essence que sur le gazole.

Article 41 : interdiction de la location de passoires thermiques à compter du 1er janvier 2028.

Isolons nos toits, 30 % des déperditions d’énergie des maisons. La prime à l’isolation 2021 va enfin dans ce sens.

Article 57 : extension à partir de 2025 à la restauration collective privée de l’obligation tenant à ce que les produits acquis dans ce cadre au moins 50 % de produits durables et de qualité dont au moins 20 % de produits issus de l’agriculture biologique.

La restauration collective doit se rapprocher des territoires proches des consommateurs pour l’économie d’énergie, l’amélioration de la qualité des produits (à contrôler) et pour le développement de nos territoires ruraux. La restauration des enfants doit être améliorée et l’information des jeunes à bien se nourrir aussi pour lutter contre la nourriture prête à l’emploi bourrée de conservateurs nuisibles à la santé.

Thierry Saint Picq

La loi Convention Climat, cafouillage prévu

Barbara Pompili, la serpillière de Macron et accessoirement ministre de la transition écologique, a présenté le projet de loi « climat et résilience » en conseil des ministres le 10 février 2021. Cette loi est inspirée des travaux de la convention citoyenne pour le climat (CCC) : fin des passoires thermiques en 2028, interdiction de la publicité en faveur des énergies fossiles, réduction par deux du rythme d’artificialisation des sols, interdiction des vols intérieurs quand une alternative en train existe en moins de deux heures trente minutes… La liste est longue, mais ne convainc pas. Les mesures suggérées par les citoyens ont été « détricotées », dixit Cyril Dion. Dans un avis en date du 27 janvier, 2021 le CESE (Conseil économique, social et environnemental) souligne que ces dispositions, « restent souvent limitées, différées, ou soumises à des conditions telles que leur mise en œuvre à terme rapproché est incertaine ». Matthieu Orphelin, porte parole de la fondation de Nicolas Hulot de 2012 à 2015 et ex-député LREM en 2017, renchérit : « Barbara Pompili a perdu tous ses arbitrages, sur la rénovation énergétique, la publicité, l’écocide… Je n’y vois pas les grandes mesures qui changent la donne ».

Emmanuel Macron désespère ses différents ministres de l’écologie, Nicolas Hulot, François de Rugy, Elisabeth Borne, Barbara Pomipili… et bientôt le successeur. Ce n’est pas nouveau, Le 1er ministre socialistes Ayrault avait viré brutalement ses deux premières ministres socialistes de l’écologie, Nicole Brick et Delphine Batho. Depuis sa création en 1971, le ministère de l’environnement est le ministère de l’impossible. Pas étonnant que la loi Convention Climat soit encore insuffisante en 2021. Mais cela veut dire que nous avons perdu 50 ans pour essayer de vivre en harmonie avec les possibilités de la planète. Trop de temps perdu à cause de l’insouciance écologique de tous les cancres à l’Elysée, Georges Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, François Hollande et maintenant Macron.

L’actuel chef de l’Etat reste éloigné de l’écologie façon « Amish ». Il n’a que ces mots à la bouche, investissement, droits acquis (des actionnaires), nucléaire, 5 G, croissance à retrouver. Quant à réduire la vitesse sur les autoroutes à 110 km/h, ce n’est même pas la peine d’y songer. La loi Convention Climat est vouée à finir dans les poubelles de l’histoire humaine. Ce n’est que lors du choc pétrolier ultime à venir qu’on s’apercevra qu’il faudrait construire une civilisation adepte de la Terre-mère… sur une planète dévastée par les générations présentes.

Contre l’infanticide, le permis de procréer ?

Tony avait 3 ans, l’autopsie a mis en évidence cinq côtes, une hanche, et le nez cassés, et une fracture de la rate et du pancréas à l’origine d’une agonie de plusieurs jours. Caroline Létoile, sa mère été condamnée à trois ans de prison pour « non-assistance à personne en danger », le beau-père Loïc Vantal à vingt ans de prison (avec sûreté des deux tiers) pour « violences volontaires ayant entraîné la mort ». Les mères des deux accusés sont venues à la barre, leurs témoignages ont été désespérants. « Franchement, j’en voulais pas, a dit celle de Loïc Vantal en parlant de son fils. J’en avais déjà deux. » Loïc Vantal a été confié à ses grands-parents jusqu’à 11 ans, puis ses parents l’ont repris et son père alcoolique s’est mis à le battre à coups de poing et de martinet – « comme un père bat son fils », précise la mère.

Enceinte à 15 ans, Caroline Létoile a quitté le système scolaire : « C’était pas prévu si tôt. Le père m’a demandé d’avorter. Je voulais pas parce que j’ai eu une enfance et une adolescence très dures, j’ai voulu vite passer cette période, je me suis dit que devenir mère ça allait m’aider. » Caroline Létoile quitte le père de Tony quand le garçon est âgé de 6 mois. Son nouveau compagnon voulait un enfant. « J’ai fini par céder. J’aurais jamais dû. »  Trois ex-petites amies sont venues dire du mal de Loïc Vantal. L’une d’elles était enceinte de lui au moment où il vivait avec Caroline Létoile. Loïc Vantal avait quitté cette compagne au lendemain de l’échographie du 3e mois. « Quand je lui ai envoyé l’échographie du 4e mois, il m’a répondu que je pouvais crever en enfer avec mon gosse. » Une fille, Luna, est née en janvier 2017, deux mois après la mort de Tony.

Histoire édifiante qui montre qu’il ne suffit pas de dire que l’éducation peut changer le monde, encore faut-il être en capacité d’éduquer. Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Albireo : En France il faut une autorisation pour changer son vasistas mais pas pour avoir des enfants. L’État a le sens des priorités…

Adrienne : On va commencer à demander une certification pour détenir un animal c’est-à-dire la certitude que le maître sait s’occuper de son animal iIl serait indispensable de faire de même pour laisser un enfant à des déficiences mentales…

ROTZ : La toile de fond de tout cela, ce sont des gens qui font des gosses comme on achète une baguette, et qui de surcroît ne présentent aucune des garanties minimum requises pour s’assurer que l’enfant grandira dans un contexte à peu près normal. Tant que le fait d’avoir un enfant sera considéré comme un droit inaliénable, on continuera à voir des dizaines de situations comme celle-ci. Pour conduire une bagnole on doit payer une formation de 25 heures, passer un examen, et satisfaire un certain nombre de critères. Et pour faire un enfant en revanche ? Rien. Alors ne nous étonnons pas.

Anti-démago : A quand un permis pour faire des gamins? Tout ça c’est la conséquence du social, qui encourage des gens comme ça à se reproduire sans réfléchir au lieu de les en décourager.

TantEtPlus : Intéressant, cette idée d’un « permis parents ». On ne peut obliger à le passer avant de procréer, en revanche il serait assez souhaitable d’imposer une formation aux futurs ou jeunes parents, et pas seulement d’ailleurs aux plus défavorisés. Conseils éducatifs, formation aux premiers secours, rappel de la loi… Cela permettrait une détection précoce des risques psycho-sociaux et donnerait des ressources aux futurs parents. Bien sûr, cela semble être coûteux, mais quand on connaît l’impact d’une éducation violente ou juste dysfonctionnelle sur la santé et le comportement en société tout au long de la vie, on peut considérer qu’il s’agit d’un investissement judicieux. Pourquoi ne pas en faire une condition à l’obtention de certaines aides sociales, comme une allocation pour le premier enfant ?

précisions de biosphere : Le journaliste du MONDE se contente d’un simple constat, la maltraitance parentale envers les enfants qui peut aboutir à des infanticides et à un procès. Il n’envisage pas une solution politique, abordée par seulement quelques commentaires, instituer un « permis de procréer ». Il faut savoir qu’un livre du même titre a été publié aux éditions Albin Michel par Antoine Bueno en 2019. Notez qu’il s’agit pour l’auteur de mieux accompagner les projets parentaux par une procédure inspirée de celle de l’adoption, et non d’un « permis de parentalité » qui aboutirait à interdire à certaines personnes de procréer… Moins nombreux, mieux éduqués ?

pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

1er juillet 2014, Sanctions pour non respect du permis de procréer ?

4 juin 2014, Permis de procréer, à égalité avec permis de conduire ?

12 janvier 2012, à la place du quotient familial, un permis de procréer

27 septembre 2007, permis de parent

Tout savoir sur la désobéissance civile

Il y a ceux qui pratiquent la désobéissance civile en Birmanie. Moins d’une semaine après le coup d’Etat militaire, des dizaines de milliers de personnes ont marché dans plusieurs grandes villes, exigeant le retour à la démocratie et la libération de la dirigeante Aung San Suu Kyi. « Le risque importe peu, l’avenir du pays est en jeu. » devient un cri de ralliement. Et puis il y a ceux qui classifient les actes de désobéissance. Pour Noël Mamère, « la colère des restaurateurs en France, ce n’est que jacquerie, un amalgame qui utilise une expression forgée par les combats au nom de la justice pour tous et de la conquête de nouveaux droits ».

Certes un désobéissant, s’il avait eu 20 ans au moment de la guerre d’Algérie, serait devenu objecteur de conscience. Certes le désobéissant a été « faucheur volontaire d’OGM » aux côtés de José Bové en l’an 2000. Mais pour justifier la désobéissance, l’action doit avoir des fondements plus concrets que se référer au mot valise « justice », une notion très variable dans le temps et dans l’espace. Aider des sans papiers au mépris de la loi, est-ce de la désobéissance civile ? Marier des homosexuel en tant que maire alors que c’est illégal, est-ce de la désobéissance civile ? Quel doit être le sens du combat pour mériter le titre de « désobéissance civile » ? Il faut s’interroger sur l’objectif de l’action, pas simplement sur ses modalités.

Historiquement la désobéissance civile a toujours été menée au nom d’une libération. Lutte contre l’impérialisme anglais avec le mahatma Gandhi pour obtenir l’indépendance de l’Inde, lutte contre la ségrégation raciale avec Martin Luther King pour libérer les Noirs aux États-Unis, lutte contre les multinationales de la semence pour libérer les paysans, lutte contre l’armée pour se libérer de l’oppression militaire en Algérie ou en Birmanie. En bref la désobéissance civile se pratique pour libérer un peuple enchaîné par une contrainte extérieure qui empêche sa libre détermination ; on redonne à la démocratie ses vertus d’égalisation entre les membres d’une communauté. L’idée de libération prend une nouvelle forme aujourd’hui, il s’agit de lutter contre l’emprise thermo-industrielle sur nos existences. Les exemples se multiplient aujourd’hui : il y a des grèves scolaires initiées par Greta Thunberg, il y a des gens qui abandonnent un boulot allant à l’encontre de l’équilibre climatique, ily a les militants d’Extinction Rebellion qui essayent de bloquer un système qui nous broie, il y même des éco-guerriers qui détériorent les biens qui nous mènent au désastre, les SUV entre autres. Dans ce contexte, la colère des gilets jaunes, une jacquerie motivée par des raisons personnelles, c’était seulement vouloir rouler en bagnole à moindre frais, c’était agir contre l’intérêt des générations futures

« Désobéir » signifie « faire son devoir », répondre à ce que dicte sa conscience même si c’est à l’encontre des règles conventionnelles à un moment donné, et quel qu’en soit parfois le prix : l’utopie ou la mort, écrivait René Dumont. Un désobéissant écolo trouve sa légitimité dans une action faite pour le bien commun, non seulement celui des générations présentes, mais aussi celui des générations futures, sachant qu’il faut aussi considérer la protection des autres espèces et la durabilité du milieu naturel. En clair, la désobéissance civile repose principalement aujourd’hui sur des justifications d’ordre écologique.

 

Pour en savoir plus : Biosphere-Info, la désobéissance civique (1er octobre 2019)

RAP@Toile N°163 sur l’agression publicitaire

1- Rapport : Le sexisme dans la publicité française. Ce rapport met en lumière le publisexisme actuel : les stéréotypes et injonctions de genre quotidiennement véhiculés par les publicités. A l’heure du « Metoo » du monde de la publicité et du récent retentissement du compte « Balance ton agency », R.A.P. montre l’inefficacité de l’autorégulation professionnelle de ce secteur et propose des pistes pour un véritable encadrement de la publicité. Lire la suite

2- En 2021, la politique des petits pas toujours en marche. Depuis ce 1er janvier 2021, de nouvelles règles s’appliquent à la publicité non adressée dans les boîtes aux lettres et les prospectus publicitaires commerciaux déposés sur les véhicules. Ces nouvelles règles, issues de la loi relative à l’économie circulaire et la lutte contre le gaspillage, si elles constituent des avancées, sont néanmoins timides au regard des enjeux et des débats actuels sur ce secteur. Lire la suite

3-  Bloquons le virus publicitaire sur internet ! À l’occasion de la journée européenne de protection des données ce jeudi 28 janvier 2021, Résistance à l’Agression Publicitaire (R.A.P.) a rappelé l’importance de l’opération « Bloque la pub sur Internet » en invitant à aller suivre le guide du site web bloquelapub.net. Lire la suite

4 – Ni en 2024, Ni jamais : NON au Big Brother Olympique. Des collectifs s’organisent contre les JO, la surveillance et le contrôle policier généralisés, dont RAP qui a cosigné cette tribune. Lire la tribune

5 – Projet de loi climat : le gouvernement confirme ses renoncements en faisant diversion. Le projet de loi présenté par le gouvernement confirme son manque d’ambition pour la régulation de la publicité. Loin du “sans filtre” initialement promis par Emmanuel Macron, la plupart des mesures ont effectivement disparu, d’autres ont été réécrites pour faire diversion. Lire l’article

NB : Toutes les informations que vous venez de lire sont publiques, nous vous invitons à les transmettre à toute personne susceptible d’être intéressée

Motivés pour rejoindre nos groupes locaux de R.A.P. ? Je souhaite rejoindre un groupe  de RAP

Pour tout renseignement, contact@antipub.org

L’essentiel de la semaine du 1er au 7 février

Vivre longtemps avec la Covid : « On ne peut pas choisir de confiner à chaque alerte, le virus et ses variants sont installés pour longtemps, et il va falloir vivre avec. Nous allons devoir nous habituer à cette incertitude permanente, y compris pendant la campagne présidentielle. Confiner à un coû éducatif, économique, social et moral. Donc si on peut l’éivter, il faut l’éviter. Mais soyons clair, je ne mettrai jamais notre système de santé en état de trier les malades. Si la situation s’emballe, il faudra confiner. » (Emmanuel Macron, Le Canard Enchaîné du 3 février)

New Delhi se dirige vers une immunité collective. Le ministère de la santé du gouvernement régional de Delhi a publié le2 février une vaste enquête sérologique. Vingt-huit mille six cent quarante échantillons de sang ont été prélevés sur l’ensemble des districts de la capitale, qui compte plus de 20 millions d’habitants. Selon les résultats, 56,13 % des échantillons présentaient des anticorps. Cette amélioration intervient alors que dans la plupart des régions, les restrictions imposées au début de l’épidémie ont été levées progressivement dès l’été pour tenter de relancer l’activité économique. (Sophie Landrin)

Biodiversité : « L’effondrement de la biodiversité correspond à des pertes d’informations qui ont été acquises par les processus d’évolution biologique au sein des génomes des espèces pendant des centaines de milliers et de millions d’années. Ces pertes d’informations nous privent, et priveront encore d’avantage les générations futures, d’un large éventail de capacités d’adaptation aux changements globaux, notamment climatiques, qui affectent actuellement la planète. En particulier, en lien avec les crises sanitaires qui bouleversent actuellement les sociétés humaines, il est bien établi qu’une diversité génétique et spécifique préservée de l’ensemble du monde vivant constitue une barrière efficace contre la généralisation et le développement des pandémies. La biomasse des mammifères et des oiseaux sauvages ne représente plus qu’une infime part (5,6 %) de la biomasse des humains et des animaux d’élevage sur notre planète. Il en résulte que, lorsque le cycle de développement d’un virus nécessite de passer d’un hôte à un autre, il a statistiquement beaucoup plus de chances de rencontrer un humain ou un animal d’élevage qu’une espèce sauvage. Fait aggravant, la simplification génétique des productions agricoles intensives, végétales et animales, facilite naturellement la propagation et la généralisation des pandémies. Pour l’ensemble de ces raisons, le dérèglement climatique ne doit pas masquer l’effondrement de la biodiversité sur terre et, surtout, ne doit pas dédouaner les autres causes de destruction du vivant. » (Christian Amblard)

Fin de la civilisation : Ils disent que pour éviter la prochaine pandémie, nous devons tout faire différemment : manger, se chauffer ou se déplacer… Mère Ubu : « Quoi ! Arrêter de trimballer des milliards de passagers, animaux et marchandises d’un bout à l’autre de la planète ? Sacrifier les élevages industriels et la bonne bidoche pas cher ? Renoncer au monde civilisé ? Au secours ! « (Jean-Luc Porquet, Le Canard Enchaîné du 3 février)

Mourir en EHPAD ou se faire vacciner ?

20 % des résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et des patients des unités de soins de longue durée (USLD) à l’hôpital n’ont pas consenti à l’injection de la première dose du produit Pfizer-BioNtech, alors que la distribution s’achève en cette fin de semaine. La peur du vaccin n’est pas l’essentiel des refus, qui tiennent surtout au grand âge. « Attraper le Covid, glisse Mme Athias, ça m’est égal : j’ai 98 ans. Combien de temps ai-je encore à vivre ? Je suis lucide ». Jacqueline, 95 ans : « Je n’ai pas peur du vaccin. Mais je suis âgée et je n’ai plus de famille. Cela ne m’intéresse pas de gagner quelques années de vie, au contraire, je me suis préparée à m’en aller. » Monique Peronnet, 91 ans : « J’ai fait mon temps ! J’espère vivre plus, mais à mon âge, je ne vais pas encore aller bien loin. Si on me disait : ma pauvre dame, vous n’en avez plus pour longtemps, cela ne me gênerait pas non plus. A quoi bon me vacciner ? » Au moins la moitié des résidents d’Ehpad et d’USLD ont des troubles cognitifs qui les empêchent de donner un consentement éclairé. Tuteur, proches ou enfants ont alors pris la décision à leur place. On isole les non vaccinés, ils ne peuvent plus manger avec les autres ni participer aux activités en groupe. Peu de familles ont refusé l’acharnement thérapeutique. Quel est le sens de vouloir immuniser une personne en fin de vie ? Faut-il voir dans la non vaccination une façon stoïcienne d’envisager le terme de sa vie ? Faut-il y voir au contraire de l’égoïsme ? Quelques commentaires bien choisis sur lemonde.fr :

Borys : Isoler des personnes non malades, c’est de la maltraitance, c’est une punition. Il y a quelques mois on isolait seulement les personnes malades, maintenant on isole les personnes non vaccinées… on s’arrête où ? Avec les variants, les personnes vaccinées sont aussi contagieuses que les non vaccinées.

Dtc : Moralité de cet article, 20% des personnes en ephad sont idiotes et égoïstes. Ceux qui font des efforts ne leur disent pas merci. Donc, poursuite judiciaires si elles contaminent d’autres personnes et absence de soins si elles contractent la maladie.

Yves68 : En fait, la vaccination met en évidence un problème plus général de soins pour les personnes âgées. Ma mère et ma tante ont vécu leurs dernières années en EHPAD où elles sont décédées à respectivement 99 et 103 ans. Je me suis toujours demandé quel était leur intérêt d’être bourrée de médicaments, en particulier, comment justifie-t-on qu’une personne de 95 ans avec un léger excès de cholestérol doive être « soignée »?

Michèle : Je comprends parfaitement qu’à 98 ans, on veuille prendre le risque de la COVD mais en ce cas il faut préciser par écrit qu’on ne souhaite pas être soigné ni réanimée. Sinon les hôpitaux ne tiendront pas.

Manu35 : Vous inquiétez pas, Michèle, à 98 ans les gens ne vont plus en réanimation, la plupart des personnes âgées en ephad ne vont pas a l hôpital et meurent avec des soins palliatifs.

PATRICK57 : Nul n’est sensé disparaître à un âge prédéfini. Les gens disent  » J’ai fait mon temps « . Non ! On est toujours trop jeune pour mourir ! En ayant un minimum de conscience, même avec l’âge, des familles décident pour vous ? On continue ou on t’enterre ? C’est intolérable, ça !!

Jean-Claude Herrenschmidt : Dans le titre : « Certains patients et leur famille trouvent peu de sens à prolonger la vie de personnes très âgées ». Évidemment. Ça coûte cher, ça bloque les héritages et, même si c’est sympa, c’est quand même bien lourd toutes ces visites !

Pierre d : Quel est le sens d’une société qui sacrifie sa jeunesse et son avenir pour prolonger la vie de personnes qui sont à la fin de leur vie ? Qu’on ait fait ce choix pendant 6 mois ok mais il y en a marre. De plus, ceci a pour effet de permettre au virus de muter. A 98 ans, en effet, pas utile de se faire vacciner et il vaut mieux proposer son vaccin à quelqu’un de plus jeune. Notre société individualiste et hédoniste, a perdu le contact avec la nature, la vie et son corollaire, la mort.

Les faits divers, des faits qui font diversion

L’endoctrinement idéologique consiste à occulter les questions essentielles de l’existence sociale au profit de préoccupations infantilisantes, d’anecdotes futiles, de faits divers dérisoires. C’était le cas d’une presse « à scandales », cela devient le lot commun des journaux dits de références. L’urgence écologique devient invisible de par la multiplicité des informations de tous ordres, mais le penchant malsain des gens pour les faits croustillants devient un obstacle supplémentaire à la formation d’une intelligence collective. Les lecteurs du site Internet du Figaro ont remarqué que, depuis le 11 janvier 2021, celui-ci consacre plus de place aux faits divers. Une surprise pour la rédaction qui n’a pas été informée de la création d’une cellule destinée à s’y consacrer à plein temps. Alexis Brézet, le directeur des rédactions, justifie la création de ce pôle par « la recherche de ressorts d’audience ». Mais développer la couverture des faits divers à dix-huit mois d’une élection présidentielle témoigne surtout de la part du Figaro d’une volonté d’entretenir une psychose sécuritaire favorable au vote de droite. Les commentateurs du monde.fr doutent de l’impartialité du MONDE :

O-Sidartha : Ça lui va bien au Monde qui pourrait faire un magazine Me-too, Inceste, viols… Pour s’émouvoir du Figaro il ne faut pas craindre le ridicule. J’adore taper sur Le Monde à bras raccourcis, comme des manchots : hommage à Xavier Gorce.

Pop : Fini de rire : Le Monde a créé sa cellule spécialisée en investigation dans les témoignages d’inceste et les propos rapportés de familles célèbres. Et sa ligue de vertu hétérophobe.

Vipierre : Le journal de référence, qui n’a pas les mêmes valeurs que Le Figaro n’est-ce pas, ne traite pas des faits divers mais seulement des faits de société. C’est pareil mais c’est plus chic, plus mode. Être voyeur d’un fait divers, beurk. Attirer l’attention sur un fait de société, wahooo! Tout est question de sémantique et d’hypocrisie.

vivement demain : Mieux vaut parler des « transgenres » et de la « cancel culture », c’est mieux pour briller dans les dîners en ville…

Synthèse de Biosphere : Un événement ponctuel est un fait divers, et leur multiplication n’en fait pas un phénomène de société ; cela reste des faits divers, mais cela permet la manipulation des lecteurs. LE MONDE dans ses choix éditoriaux impose des faits divers mettant en avant le racisme et la misogynie parce que cela facilite un discours politique de gauche, Le Figaro privilégie la délinquance et la criminalité qui facilitent une vision politique de droite. D’une certaine façon nous retrouvons le vieux clivage travailleurs/patronat, relique de l’antagonisme prolétariat/capitalistes, détourné de son sens par la catégorisation « critique des inégalités » (la gauche) versus « besoin d’autorité » (la droite). Dans ces deux journaux, la place de l’urgence écologique ne peut alors qu’être limitée. L’écologie, c’est une vision du long terme, pas un enlisement dans les faits divers…

Pour en savoir plus, lire sur notre blog biosphere :

15 janvier 2014, L’écologie politique, victime des faits-divers médiatisés

2022. Hidalgo, la Jaurès de l’écologie ?

Si on veut faire avancer le plus vite possible la cause de l’écologie, il faut arrêter avec les candidatures écolos de simple témoignage lors de la présidentielle ; en effet les politiciens de tous bords aujourd’hui se disent écolo, il n’y a plus de créneau. Pour être au second tour de la présidentielle et a fortiori pour gagner, il y a clairement des candidats de trop dans l’arène médiatique : pour la social-écologie, Mélenchon, celui ou celle issu(e) d’une primaire de l’écologie et Anne Hidalgo. Cela fait beaucoup quand on a 25 à 30 % du corps électoral à se partager sur cette ligne. C’est pourquoi il faudrait qu’EELV abandonne sa course mortifère à la présidentielle pour mieux se consacrer aux législatives. De toute façon, ce sont les médias qui vont faire ou non la notoriété d’un candidat. Emmanuel Macron, sans aucun parti ni programme, a été porté par les médias. Pour 2022, l’étoile montante que désignent déjà les médias, c’est Anne Hidalgo. Illustration par la lecture du MONDE :

18 septembre 2020, Anne Hidalgo n’exclut plus totalement une candidature à l’Elysée. Dans un entretien au Point publié jeudi 17 septembre, les journalistes interrogent une fois de plus la maire de Paris sur son hypothétique candidature en 2022. Elle ouvre le jeu avec précaution : « Il ne faut pas brûler les étapes. Définissons d’abord le projet que les sociaux-démocrates et les écologistes doivent bâtir… Devant l’émiettement à gauche, je ne crois pas que les échéances de 2021 et 2022 se feront à partir des partis. Cela se jouera dans quelque chose de plus large, comme nous l’avons construit avec Paris en commun.. .»

27 novembre 2020, Anne Hidalgo, une offre politique crédible ». La journaliste du MONDE analyse : « Pour l’heure, deux énormes obstacles restent en vue. D’abord, l’élue socialiste aura du mal à empêcher La France insoumise et Europe Ecologie-Les Verts d’avancer leurs propres candidats. Une concurrence qui risque d’être mortifère, en particulier si Yannick Jadot est choisi par les Verts : son offre, à la fois sociale et écologique, paraît très proche de celle de la maire de Paris… »

8 décembre 2020, Anne Hidalgo, la candidate désirée des socialistes pour la présidentielle de 2022 : « Anne Hidalgo a fait le pari que, dans sa stratégie, Les Verts vont être gênants car elle estime que ce sont des partenaires peu stables. Les amoindrir, saper un peu leurs prétentions, ne peut lui nuire car elle pense que l’écologie, au regard des électeurs, c’est autant elle qu’EELV », relate un élu socialiste parisien.

21 janvier 2021, Présidentielle 2022 : la machine Hidalgo se met en route. Anne Hidalgo passe déjà du futur au présent quand elle déclare : « Je prends ma part » au débat actuel. Elle veut proposer un « projet ouvert qui parle d’écologie et du social ». Son plan est conçue pour rendre possible une candidature. Il peut se résumer en quatre points : sortir de Paris, faire entendre sa différence, structurer ses réseaux, préparer des accords politiques.Dans la dernière enquête Kantar pour Le Figaro Magazine, réalisée du 7 au 11 janvier, 27 % des personnes sondées souhaitent lui voir jouer un rôle important à l’avenir, ce qui la place au premier rang des personnalités de gauche, ex aequo avec la maire de Lille, Martine Aubry.

29 janvier 2021, Anne Hidalgo ou la naissance d’une ambition : En 1997, Anne Hidalgo, jeune inspectrice du travail de 38 ans, intègre le tentaculaire ministère de l’emploi et de la solidarité du gouvernement Jospin. C’est en spécialiste des accords d’entreprise et de la formation professionnelle qu’elle arrive au ministère du travail après un passage comme chargée de mission DRH à la Générale des eaux et au Bureau international du travail. Sous le rude patronage de Martine Aubry, elle s’éveille à la politique et amorce un parcours qui la conduira à la Mairie de Paris et désormais au rang de possible candidate à la présidentielle.

Commentaire de biosphere : Depuis 1972 (rapport sur les limite de la croissance) et 1974 (René Dumont, « l’écologie ou la mort »), nous devrions savoir que la situation planétaire nécessite une écologie de rupture. Mais pour faire progresser l’écologie le plus rapidement possible au niveau électoral, il faut faire preuve de pragmatisme après analyse de la situation concrète : les Verts n’ont jamais fait plus de 5 % à la présidentielle, sauf Noël Mamère un petit peu plus (5,24%) grâce à sa notoriété médiatique antérieure. En 2017, EELV a fait le choix de l’incohérence, une primaire a désigné Yannick Jadot comme présidentiable, mais celui-ci s’est rallié à la candidature de Benoît Hamon. Résultat, 6,35 % seulement au premier tour pour l’alliance PS-EELV ! Mais aujourd’hui présenter aux électeurs une alternative par la création d’un mouvement social-écologique trans-partisan et ouvert vers le centre serait la meilleure option pour faire échec à une finale [droite / extrême droite] en 2022.

Recensions de lectures écolos

La folle histoire des virus – Tania Louis – >> lire

Les parasites manipulateurs – sommes-nous sous influences ? – Clément Lagrue – lire

Comment pensent les animaux – Loïc Bollache – Postface Étienne Klein – >> lire

Fourmis. Vie et intelligence collective d’une colonie – Armin Schieb – >> lire

Combattre, sauver, soigner : une histoire de fourmis – Erik T. Frank avec la collaboration de Camille Lavoix – >> lire

La Gélinotte des bois – Bruno Mathieu, Marc Montadert et Jean-Jacques Pfeffer – >> lire

Faune et flore de La Réunion – Dominique Martiré – >> lire

Le grand livre des arbres et de la forêt – des Membres de l’Académie d’agriculture de France – >> lire

Quelle est cette plante ? Fleurs sauvages, graminées, arbres et arbustes – les reconnaître par la couleur – Marianne Golte-Bechtle et Margot et Roland Spohn – Éditions Ulmer. >> lire

Sauvons la biodiversité ! Comprendre pour mieux agir – Catherine Levesque (JNE) – Illustrations Red – >> lire

L’éco-anxiété ne passera pas par moi – conseils pratiques pour une écologie sereine – Élise Rousseau (JNE) – >> lire

Géomimétisme – réguler le changement climatique grâce à la nature – Pierre Gilbert. >> lire

Flora Vegetativa – Stefan Eggenberg et Adrian Möhl – >> lire

L’Écologiste n° 57 – Retrouver le contact – décembre 2020 – février 2021 >> lire

Plan de relance de la filière bois : la forêt ça se cultive !.par Jean-Claude Génot >> lire

« Au bord de l’effondrement » dit un rapport

« Si l’humanité a immensément prospéré ces dernières décennies, la manière dont nous avons atteint cette prospérité fait qu’elle a été acquise à un coût dévastateur pour la nature », indique un rapport de 600 pages commandé par le gouvernement britannique. Le produit national brut (PNB) par habitant a doublé au niveau mondial depuis 1992 mais le « capital naturel » (plus précisément l’estimation des bénéfices que les humains tirent de services offerts par la nature) a chuté de 40 % par tête. « Nous sommes totalement dépendants de la nature, » avertit dans la préface David Attenborough. « Elle nous fournit l’air que nous respirons et tout ce que nous mangeons. Mais nous l’abîmons tellement que beaucoup de ses écosystèmes sont au bord de l’effondrement. » Coordonné par Partha Dasgupta, le rapport souligne qu’une réorientation de la société croissanciste nécessite « une ambition, une coordination et une volonté politique semblable, voire supérieure, au plan Marshall.

Quelques commentaires sur lemonde.fr :

Kiki6917 : Rien de nouveau sous le soleil, mais comme toujours on oublie l’effet de la démographie mondiale qui est le facteur déclenchant de beaucoup de désastres écologiques (et humains par ricochet). Si on doit avoir un plan Marshall sur le modèle de croissance, il doit intégrer un volet contrôle des naissances sinon ce sera voué à l’échec ; mais ce sujet n’est jamais abordé par aucune organisation en tant que tel.

Pierre-Marie Muraz : La décroissance est l’avenir à condition qu’il y ait moins d’humains… Pas de bol la démographie galope depuis deux siècles ! Chance la décroissance a commencé avec la Covid-19 !

He jean Passe : Deux croissances sont à stopper : celle de la consommation (y compris de nourriture dans les pays riches, qui se baffrent de viande et de produits hyper transformés, sucrés, salés…) et la croissance de la population dans les pays pauvres qui nous mènent plus encore (on arrête difficilement la démographie) vers les famines et guerres généralisées.

Keuta : Sachant que l’empreinte carbone d’un européen est en moyenne 8 fois supérieure à celle d’un africain, même si la dynamique démographique ne changeait pas en Afrique (ce qui n’est pas le cas), la démographie a bon dos pour surtout ‘e rien changer à nos habitudes. Mais bon, le néo-malthusianisme rassure apparemment les boomers

Michel SOURROUILLE : Keuta, tu n’écoutes pas les autres. « Hé j’en passe » explicite clairement qu’il faudrait agir à la fois par la déconsommation et la dépopulation, et toi tu attaques au néomalthusianisme, l’idée de faciliter la contraception et la libération de la femme. Peut-on ne pas être d’accord avec tout cela, l’interdépendance des mécanismes socio-économiques ?

R3 D3 : Il faut faire moins d’enfants, ne plus prendre l’avion et la voiture, et drastiquement moins consommer. Monsieur Macron et les libéraux, l’Histoire vous retiendra comme les derniers avatars du capitalisme à œillères, qui auront contribué à nous précipiter dans l’abîme ?

le sceptique : Je lis le digest de ce rapport, qui traite la nature « comme un actif » en vue de la « croissance soutenable ». C’est donc une pièce du capitalisme vert. Ne vous excitez pas les décroissants, les Etats, les financiers et les industriels conduisent toujours le cours de vos vies, simplement ils vont opérer des transitions comptables dans les métriques du « bonheur » afin d’y retrouver leurs petits et de vous adapter à ce nouveau cadre.

Aldo : Qu’il ne puisse y avoir de croissance infinie dans un monde fini, on le sait depuis au moins 50 ans. Mais alors pourquoi Le Monde continue t-il « en même temps »,a faire la promo d’une politique centriste et libérale, qui n’a jamais et ne remettra jamais en question la croissance a tout prix comme seul paradigme ? Schizophrénie ? Dissonance cognitive ?

Avortement et euthanasie, pour ou contre ?

Les réactions devant la mort à donner (ou non) sont très variables dans le temps et dans l’espace. Exemple récent, d’un côté on accepte l’euthanasie, de l’autre on interdit l’avortement :

Au Portugal, le Parlement légalise l’euthanasie. Le texte approuvé le 29 janvier 2021 par les députés rend le suicide assisté possibles en cas de « souffrance extrême » ou de « maladie incurable ». Le Portugal est devenu, vendredi 29 janvier, le quatrième pays d’Europe à légaliser l’euthanasie, après les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique. La loi réserve l’euthanasie aux résidents du Portugal âgés de plus de 18 ans qui en font la demande, à condition qu’ils soient dépourvus de maladies mentales, et qu’ils se trouvent dans une « situation de souffrance extrême », avec des « lésions d’extrême gravité » ou une « maladie incurable ». La décision doit en outre être validée par un comité formé d’au moins deux médecins et d’un psychiatre. Elle doit enfin être approuvée une dernière fois par un médecin, en présence de témoins, au moment de l’acte. La loi met fin aux peines allant d’un à huit ans de prison, jusque-là en vigueur, pour ceux qui aidaient une personne à mourir.

Les associations « pro-vie » parlent de « pente glissante » ; systématiser un droit à la sédation terminale, ce serait prendre le risque d’une mécanique eugéniste que rien ne pourrait arrêter. Le discours médical deviendrait : « Votre maladie est incurable… vous allez souffrir… et vos médicaments, vos hospitalisations vont coûter cher à la société… à quoi bon s’acharner ? Vous allez être un grand souci pour vos proches… soyez raisonnable, une petite piqûre et on nen parle plus. » Parce qu’on a peur d’aller trop loin dans une direction on ne fait pas un seul pas ? Aucune avancée n’est possible avec un tel raisonnement. La délibération démocratique c’est la recherche toujours renouvelée du juste milieu.

En Pologne, la quasi-interdiction de l’avortement est entrée en vigueur sur fond de manifestations.

L’organisation Federa estime à près de 100 000 le nombre d’avortements clandestins pratiqués chaque année en Pologne. La situation devient encore plus difficile. En vertu d’un arrêt du Tribunal constitutionnel du 22 octobre 2020, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en raison de malformation grave du fœtus est déclarée contraire à la Constitution en Pologne. Ce cas constituait pourtant la quasi-totalité du millier d’avortements légaux recensés chaque année. A présent, l’avortement ne restera légal qu’en cas de menace pour la vie de la mère et si la grossesse est le résultat d’un viol ou d’un inceste.

Les associations « pro-life » (pro-vie) qui veulent interdire tout avortement relève d’une attitude anti-démocratique. L’avortement est un acte volontaire et non obligatoire, or les réactionnaires veulent interdire ce choix pour des considérations qui se révèlent d’origine religieuse, c’est-à-dire des arguments d’autorité, avec pratiques imposées. Par contre la démocratie est un lieu vide à l’origine où on peut déclarer légitime une chose ou son contraire, on délibère collectivement, on cherche la meilleure voie.

Aujourd’hui la démocratie, face au constat mondial de surpopulation, devrait permettre d’autoriser l’euthanasie et l’IVG dans tous les pays sans exception. Redisons à nouveau qu’autoriser ne veut pas dire rendre obligatoire. Mais à quel moment, au juste, une politique démographique mérite-t-elle d’être qualifiée de contraignante ? La parole à nos commentateurs…

CLIMAT, l’État condamné en justice

« Une victoire historique pour le climat. » C’est peu de dire que le jugement rendu mercredi 3 février par le tribunal administratif de Paris a donné satisfaction aux associations de défense de l’environnement. La justice reconnaît pour la première fois que l’Etat a commis une « faute » en se montrant incapable de tenir ses engagements de réduction des gaz à effet de serre (GES). Pour rappel, la France s’est engagée à diminuer ses émissions de 40 % d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990 et à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Afin de déterminer les mesures devant être ordonnées à l’Etat pour réparer le préjudice causé ou prévenir son aggravation, les juges ont prononcé un supplément d’instruction, assorti d’un délai de deux mois.

Pour les organisations de l’Affaire du Siècle : “Plus de deux ans après le début de notre action, soutenue par 2,3 millions de personnes, cette décision marque une première victoire historique pour le climat et une avancée majeure du droit français. Ce jugement marque aussi une victoire de la vérité : jusqu’ici, l’État niait l’insuffisance de ses politiques climatiques, en dépit de l’accumulation de preuves (dépassement systématique des plafonds carbone, rapports du Haut Conseil pour le Climat, etc.). Alors que le nouveau projet de loi Climat de ce gouvernement est, de son propre aveu, insuffisant pour atteindre les objectifs fixés, nous espérons que la justice ne se limitera pas à reconnaître la faute de l’État, mais le contraindra aussi à prendre enfin des mesures concrètes permettant a minima de respecter ses engagements climatiques.”

Pour l’avocate de la Fondation Nicolas Hulot, le jugement du tribunal administratif de Paris est « révolutionnaire » à plus d’un titre : parce qu’il reconnaît la « responsabilité de l’Etat » dans la crise climatique, que son « inaction » sera désormais « illégale » et considérée comme la cause d’un « préjudice écologique ».

L’Académie des sciences aime les insectes

Nous adorons les chroniques de Stéphane Foucart, journaliste scientifique du MONDE. Voici quelques extraits de sa dernière analyse suivis de commentaires sur lemonde.fr:

«  Une caractéristique de la France est le conservatisme de ses académies (médecine, sciences, agriculture…), et leur réticence à se prononcer sur tout ce qui pourrait bousculer l’ordre économique et social. Amiante, gaz de schiste, réchauffement, agriculture biologique, principe de précaution, sels nitrités dans l’alimentation : au fil des ans, les vénérables compagnies savantes françaises ont trop souvent défendu des positions défavorables à la préservation de la santé et/ou de l’environnement. L’avis rendu le 26 janvier 2021 par l’Académie des sciences française sur l’urgence à agir pour contrer le déclin des insectes n’en est que plus remarquable… Dans son avis, l’Académie met en avant, parmi les causes majeures de l’effondrement en cours de l’entomofaune, « l’usage croissant et non ciblé de pesticides à haute toxicité (notamment néonicotinoïdes) », ce contre quoi les milieux apicoles se sont battus en vain depuis la fin des années 1990.Elle recommande de prendre « urgemment » une série de mesures… La situation actuelle résulte autant d’une faillite de l’expertise sur l’environnement que de la cécité des responsables politiques. Mais elle est aussi le fruit d’une faillite médiatique à peu près générale… »

Claude Danglot : Superbe article montrant bien la soumission de certains scientifiques au puissances d’argent au détriment de la santé et de l’équilibres de notre biosphère. Merci M. Foucart pour votre courage de journaliste scientifique.

Dance Fly : Deux forces majeures antagonistes s’opposent aujourd’hui: les forces productivistes du siècle passé qui luttent pour poursuivre leur business comme si de rien était, bien que la démonstration est aujourd’hui faite que leurs activités portent préjudice à la biodiversité, au climat, à la santé globale de la planète et donc à l’humain, et des forces apparues récemment qui font la promotion d’un développement plus harmonieux qui nécessite la mise en place d’un nouveau paradigme (où le fossile disparaît alors que l’agriculture biologique apparaît…). Il y a donc encore une chance pour que la Terre demeure la planète des insectes (plus de la moitié de toute la biodiversité) pour encore longtemps.

Leca : le père Armand David (1826-1900), missionnaire botaniste et zoologiste collectant en Chine pour le Muséum écrivait en 1872 : « On se sent malheureux de voir la rapidité avec laquelle progresse la destruction de ces forêts primitives, dont il ne reste plus que des lambeaux dans toute la Chine, et qui ne seront jamais plus remplacées. Avec les grands arbres disparaissent une multitude d’arbustes et d’autres plantes qui ne peuvent se propager qu’à l’ombre, ainsi que tous les animaux, petits et grands, qui auraient besoin de forêts pour vivre et perpétuer leur espèce…Et, malheureusement, ce que les Chinois font chez eux, d’autres le font ailleurs ! C’est réellement dommage que l’éducation générale du genre humain ne se soit pas développée assez à temps pour sauver d’une destruction sans remède tant d’êtres organisés, que le Créateur avait placés dans notre terre pour vivre à côté de l’homme, non seulement pour orner ce monde, mais pour remplir un rôle utile et relativement nécessaire. »

Pour en savoir plus sur l’Académie des sciences grâce à notre blog biosphere :

29 janvier 2020, Cl. Allègre enterré par l’Académie des sciences

20 septembre 2010, la science n’aime pas l’Académie des sciences

Des Verts allemands realos plutôt que fundis

Leur nouveau programme avait porté clairement la marque des « realos » (modérés) contre les « fundis » (radicaux). A quelques mois des élections législatives en Allemagne, les Verts adoptent des positions rendant possible une coalition avec les conservateurs. On verra le résultat le 26 septembre 2021. Voici quelques éléments de leur programme :

Réchauffement climatique : Une motion, qui n’a pas été retenue, souhaitait faire de l’objectif de 1,5 degré « le critère de toute la politique des Verts ». Plus vague, la formule finalement adoptée montre que les Verts se placent déjà dans la perspective de devoir faire des compromis afin de sceller un « contrat de coalition » avec la CDU-CSU.

Revenu universel. Celui-ci figure en toutes lettres dans son programme, mais comme un objectif de long terme dont la mise en œuvre ne sera possible qu’après une évolution par étapes du système de protection sociale.

Référendum. Les Verts ont décidé de renoncer à cet instrument qu’ils considèrent désormais comme « polarisant ». A la place, ils préfèrent encourager la formation de « conseils citoyens » sur le modèle de ce qui s’est fait en France avec la convention citoyenne sur le climat.

Politique étrangère et de défense. Sans aller jusqu’à approuver l’objectif fixé par l’OTAN à ses membres de consacrer 2 % de leur PIB à leurs dépenses militaires (l’Allemagne en est à moins de 1,5 %), la dirigeante écologiste n’en souhaite pas moins renforcer la Bundeswehr, en état de sous-équipement chronique. Les écologistes allemands n’ont plus guère de tabous à plaider pour une politique européenne de défense plus autonome vis-à-vis des Etats-Unis. Les Verts seraient prêts à participer à des opérations militaires européennes, alors en France, écologie consensuelle ou écologie de rupture ?

Quelques commentaires sur lemonde.fr :

YV : Plus le problème est urgent et demande des changements d’ampleur, plus le parti chargé de les porter renonce, le tout pour des considérations somme toute carriéristes.

Oscar : Tandis qu’en France, les verts s’interrogent sur une alliance avec l’extrême gauche ou pas d’alliance du tout… Et surtout pas d’alliance avec le centre, à savoir LREM, incarnation de l’enfer néo-libéral. Quand serons nous libérés de la matrice idéologique de mai 68, faite de libertarisme et de marxisme ?

Gf @ Oscar : Hulot a essayé. Demandez lui le résultat obtenu !

Zhkarojr : « Alliance » n’a pas le même sens au Palais Bourbon et au Bundestag. En Allemagne, un parti peut monnayer son alliance contre une participation réelle aux décisions politiques et un crédit que lui accorderont ses électeurs. En France, les alliés politiques sont systématiquement vassalisés, marginalisés dans le processus décisionnel et à souvent absorbés. La politique de notre pays est guidée par un esprit de parti-unique.

GGir : On peut lutter toute sa vie pour sa version de la société idéale sans ne jamais rien vraiment changer. Qu’a accompli l’extrême gauche en France ces 40 dernières années ? Le Sophisme de la solution parfaite dans toute sa splendeur.

Lecrapaud @GGir : vous avez le choix de vivre dans un monde à +2°C, +3°C ou +5°C. Visiblement vous choisissez la troisième option et les conséquences qui vont avec. Sur l’organisation de la société vous pouvez ergotez sur qui a raison, qui a tort. Avec le dérèglement climatique, ce qu’il faut faire et absolument pas faire devient de plus en plus visible

le sceptique : Il faut dire que le pauvre est une catastrophe pour la transition écologique. Il ne pense qu’à manger de la bidoche, acheter du low cost polluant, voter Brun ou Rouge plutôt que Vert. Une alliance avec les conservateurs peut aider à l’émergence d’un discours raisonnable : on travaille dur pour gagner sa Tesla en remerciant Dieu le Père de sa grâce, on refuse de grignoter une carotte bio en remerciant Mère Nature de ses dons.

Le Prix Tournesol de la Bande dessinée

Le 25e Prix Tournesol qui récompense une bande dessinée pour ses valeurs d’écologie politique a été remis le 30 janvier 2021 à L’eau vive” d’Alain Bujak pour le scénario et Damien Rousseau pour le dessin. L’album raconte un grand combat écologique gagné en France il y a 30 ans dans la vallée de la Haute-Loire, qui opposait des citoyen·ne·s aux lobbies et à la puissance publique. Grâce à leur mobilisation et à celle de l’association Loire Vivante, ils ont réussi à empêcher la construction d’un barrage sur le site naturel de Serre de la Fare. D’autres références sur notre blog biosphere :

4 février 2015, Prix Tournesol à Kim Su-bak pour Le parfum des hommes

Le 19ème prix Tournesol, récompensant la BD la plus écologiste de l’année, a été décerné vendredi 30 janvier en « off » du Festival BD d’Angoulême. « Le parfum des hommes » de Kim Su-bak raconte une histoire authentique où l’on montre la multinationale Samsung dans ses pires agissements en Corée.

1er février 2014, Le prix Tournesol de la BD écolo à Angoulême

A chaque festival de la BD depuis 18 ans, le prix Tournesol récompense la BD la plus fidèle aux idées de l’écologie politique parue en langue française dans l’année écoulée. Le 31 janvier 2014 à Angoulême, le prix est allé à « Plogoff », dessiné par Alexis Horellou et scénarisé par Delphine Le Lay (éditons Delcourt).

L’essentiel du mois de janvier 2021

A l’écoute du monde tel qu’il va, et c’est pas triste, nous avons sélectionné deux des thématiques traitées en janvier sur notre blog biosphere.

1) En 2017, LE MONDE a utilisé pour la première fois le terme déconsommation. Cette fois il ajoute l’expression « démobilité » au catalogue des Dé ( Démondialisation, Désurbanisation, etc.)… Pour en savoir plus :

Transports : 2020, année de la « démobilité » (25 janvier 2021)

2) Il semblerait aujourd’hui plus judicieux d’utiliser le mot « contre-violence » plutôt que le terme « non-violence». Comme le système socio-économique nous mène au désastre., on pourrait en effet se demander si la destruction de biens nuisibles à la planète et donc à l’humanité n’est pas devenue légitime… Pour en savoir plus :

 Faut-il incendier les émetteurs radio/télé ? (14 janvier 2021)

NB : Pour recevoir gratuitement « l’article du mois » à domicile, il suffit d’écrire à biosphere@ouvaton.org.

Même adresse pour nous envoyer une contribution, pas plus de 4000 caractères svp.

Faites-nous connaître si vous le jugez utile, merci.

Patriotisme économique et démondialisation

L’écologie penche pour le protectionnisme, la démondialisation, en définitive la relocalisation. Rappelons d’abord qu’un libre-échange basé sur le va-et-vient de produits quasi-similaires est une absurdité. Un jour Fritz Schumacher vit un camion à l’effigie d’une marque de biscuits écossais entrer dans Londres ; peu après il apprit qu’une entreprise fabriquant des biscuits à Londres acheminait sa production jusqu’en Écosse. Cette découverte le troubla profondément. En tant qu’économiste, il ne parvenait pas à comprendre pourquoi des être compétents se voyaient contraints de conduire un camion d’un bout à l’autre des îles britanniques dans le seul but de transporter des biscuits. Mais le coût humain et environnemental d’une telle manœuvre n’avait alerté personne. Parce que le faible coût des déplacements grâce aux énergies fossiles a multiplié les échanges, nous sommes passés insensiblement de territoires vivants une quasi-autarcie il y a 200 ans à une mondialisation féroce. Rappelons que la perte d’autonomie quand on ne peut plus nourrir son peuple est synonyme de famine à venir. Mais dans nos société sur-développées, c’est le manque de masques ou de vaccins produits localement qui a fait le buzz.

L‘idée de patriotisme économique fait donc son chemin. Joe Biden veut reconstruire l’Amérique en achetant américain. Il avait fait l’erreur d’approuver l’entrée de Pékin dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001 et promu ainsi la désindustrialisation américaine. Il a signé le 25 janvier 2021 un décret présidentiel pour forcer plus efficacement l’administration à acheter américain. Rien de nouveau sous le soleil, le Buy American Act de 1933 était un élément clé du New Deal. Mais les choses sont devenues beaucoup plus compliquées à cause de l’interdépendance des systèmes de production. Biden a donc estimé que le contenu de 50 % en composants américains n’était « pas assez haut » pour définir qu’un produit est américain. En France, le Covid-19 remet la souveraineté économique au goût du jour. A droite comme à gauche, ils sont de plus en plus nombreux à défendre ce concept pour protéger l’industrie française. Mais c’est une vision étroite, car utilisatrice, de l’autonomie. Ainsi Xavier Bertrand  : « il faut assurer l’indépendance de notre pays sur des secteurs comme la production de médicaments et de vaccins. »D’autres ont une vision plus large, il faudrait « s’interroger sur ce qu’on veut produire et de qui on ne veut pas dépendre en matière stratégique ». La « démondialisation », Arnaud Montebourg en a fait son cheval de bataille depuis 2011. « Démondialisation », à ne pas confondre avec l’isolationnisme cher à Marine Le Pen qui a longtemps souhaité l’abandon par la France de l’euro.

Au niveau écologique, la descente énergétique qui s’amorce va de toute façon entraîner une contraction des échanges dans un monde interconnecté. Dur, dur la transition écologique / rupture de civilisation ! Il nous faut préparer dès aujourd’hui les moyens d’une souveraineté alimentaire et la possibilité de sources d’énergies renouvelables produites localement. Cela passe surtout par la réduction des besoins, la relocalisation du pouvoir, l’instauration de communautés de résilience, etc. La démondialisation est notre avenir, mais peu s’en rendent compte. Sauf que la pandémie nous a confiné chez nous !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

24 mars 2020, Après le Covid-19, vers une démondialisation

27 février 2019, Le yin du protectionnisme contre le yang du libre-échange

2 septembre 2014, Démondialisation, pour un retour au protectionnisme

17 juin 2011, tout est écolo, y compris le protectionnisme

Iran, le planning familial en berne

La population iranienne comptait 13 millions de personnes en 1933, 19 millions au recensement de 1956, 55 millions en 1988 et plus de 84 millions aujourd’hui. N’importe qui de sensé en conclurait que la surpopulation galopante exige de maîtriser la fécondité humaine. Mais les humains font trop souvent le contraire de ce qui est raisonnable. Des ignorants de la chose publique pensent que la fécondité relève de la liberté individuelle. En Iran c’est tout le contraire, le gouvernement peut pratiquer des politiques malthusiennes un jour, et natalistes le lendemain. Illustration :

1979. La révolution islamique avait mis fin aux essais précédents de planning familial. L’âge légal du mariage est abaissé à 9 ans pour les filles et à 12 ans pour les garçons ! L’Ayatollah Khomeiny voulait renflouer les rangs des « soldats de l’Islam ». La population a donc augmenté de plus de 3 % en moyenne annuelle et les estimations montraient que la population de l’Iran atteindrait 108 millions en 2006. En réalité, on ne compta cette année-là qu’environ 70 millions d’habitants. Explication :

1989. Face à l’explosion démographique, les écoles étaient obligées d’instaurer des roulements, une partie des élèves venaient à l’école le matin et l’autre l’après-midi. Face au surnombre, l’Iran est donc devenu le seul pays du monde où l’on exigeait que les hommes et les femmes suivent un enseignement sur la contraception avant de pouvoir obtenir un certificat de mariage. Le taux de croissance de la population est passé de 3,2 % en 1986 à 1,2 % en 2001, rejoignant la moyenne mondiale.

2014. Le guide suprême de la révolution iranienne, l’ayatollah Ali Khamenei, signe un décret incitant les Iraniennes à avoir des enfants afin de « renforcer l’identité nationale » et de combattre « les aspects néfastes du style de vie occidental ». Le slogan “Deux enfants suffisent” relèverait d’une politique occidentale erronée ! La vasectomie et la ligature des trompes ne pouvaient être pratiquées que pour des familles ayant au moins quatre enfants. La campagne nataliste vise rien de moins que de doubler la population du pays pour atteindre 150 millions d’habitants en 2050. Les aides et centres de planning familial ainsi que les subventions aux moyens de contraception sont supprimés ! Cette campagne cherche à faire oublier un des slogans précédents du régime, « – moins d’enfants, meilleure vie – »

2020. Face à une croissance de la population qui ralentit, Téhéran restreint l’accès aux moyens de contraception. Ali Khamenei confirme le tournant de 2014 : « Il faut donner beaucoup d’importance à la question de la natalité et redouter le vieillissement de la population. Une loi et un suivi strict des instances exécutives sont nécessaires. » L’objectif du nombre moyen d’enfants par femme est fixé à 2,5, contre 2,14 en 2018..

Commentaire : L’agriculture iranienne est menacée par la désertification, l’économie est en grande partie fondée sur la rente pétrolière et le tout subit la vague du coronavirus. Il ne peut y avoir qu’une seule manière de justifier le natalisme, aimer la chair à canon ; on entend expédier les nouvelles générations pléthoriques et vouées au chômage sur les champs de bataille. La guerre est un infanticide différé, la guerre est la méthode préférée des totalitarismes. La guerre Iran/Irak a fait 1 million de morts entre 1980 et 1988.

PIB et chômage sont dans un bateau

Le PIB français a chuté de 8,3 % en 2020, il s’est soldé par la destruction de 691 000 emplois. Si le PIB tombe à l’eau, le chômage le suit, c’est automatique. C’est pourquoi les politiciens de tous bords n’avaient jusqu’à présent que ces mots à la bouche, croissance, croissance, croissance… pour sauver des emplois et subrepticement pour remettre la planète en bon état de marche. Croissance et écologie devaient aller de pair avant la pandémie comme après la Covid-19.

En 2019, l’économie française a produit 2 323 milliards d’euros de richesses ; en 2020, ce chiffre n’était plus que de 2 130 milliards d’euros. Il faut s’interroger si les biens et services économisés avaient une réelle utilité. Qu’il y ait moins d’avions dans les airs, moins de voitures sur goudron et moins de touristes un peut partout, c’est une nécessité absolue. Pourtant le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, ne parle que de rebond, et trop de décideurs misent sur la reprise de la production, le redressement du commerce extérieur, le bonheur artificiel dans l’illusoire abondance procurée par des énergies fossiles qui s’épuisent et mettent le climat à mal. L’objectif de 6 % de croissance, retenu par Bercy pour 2021, est une imposture.

La situation post-covid ne peut reconduire la gabegie antérieure, sinon nous allons au désastre pour les générations futures.