Stéphane Foucart devient très très pessimiste

Le journaliste scientifique du MONDE, Stéphane Foucart, interroge les faits : « Il y a contraste entre le fracas des mots utilisés par l’UICN pour décrire le problème de la biodiversité en péril et l’absence forcenée du plus petit début de réponse politique. La France se refuse même à appliquer la loi afin de ne pas entraver des activités aussi marginales que les chasses traditionnelles aux passereaux. Est-il si impérieusement nécessaire de tuer des grives musiciennes ou des vanneaux huppés ? La « nouvelle » politique agricole commune (PAC) va conforter jusqu’en 2027 les modes de production des exploitations les plus grandes, les plus industrialisées, les plus destructrices. La protection de l’environnement n’est pas seulement le domaine des paroles en l’air, c’est aussi celui du brouillage délibéré de la frontière entre l’intérêt général et les intérêts particuliers. A quoi a servi, en définitive, le congrès de l’UICN ? On aurait pu s’épargner les quatre feuillets de cette chronique car la réponse, simple et désespérante, tient en quatre lettres : rien. »

Les commentaires sur lemonde.fr confirment,  soyons pessimistes :

Mamani Quispe : Les gouvernants et industriels ne font que répondre aux demandes et besoins des gentils citoyens écologistes. Ces derniers se disent écologistes dans la mesure où ils peuvent se faire livrer en deux jours le dernier smartphone par Amazon. Un jeune aujourd’hui, accro aux écrans et au macdo, souille la planète infiniment plus qu’un jeune de 1960. Mais ceux qui me pompent le plus, ce sont les seniors qui se paient des croisières en HLM géants flottants. Je paierais pour ne pas faire ce genre de truc. Bref, le manque de réactions adéquates face à l’urgence climatique est la chose du monde la mieux partagée : politiques, industriels et population, jeunes et vieux.

Pascal Biezeray : Tout à fait d’accord. Mais c’est plus facile de taper sur les politiques et sur le capitalisme, que d’arrêter de se chauffer, de s’habiller, de se laver, de voyager, d’avoir des enfants….

Minorités : J’ai arrêté de me chauffer (12° l’hiver dans les chambres-SdB, ça vous convient ?), de m’habiller (des vêtements basiques pour des années, changés en lambeaux), de me laver (pas de bains depuis des années, peu de douches), de voyager (pas mon truc), d’avoir des enfants (vasectomisé) …

DMA : Plus le temps passe et plus je me dis que mes enfants doivent être particulièrement heureux de ne pas être venus au monde.

Benco17 @ DMA : Les pauvres. Ils n’auront pas vu un lever de soleil, des vagues déferler sur une plage, une voûte étoilée, senti le vent dans leurs cheveux, entendu le chant des oiseaux,….

DMA @Benco17 : Il n’auront pas non plus l’angoisse de voir les espèces disparaître les unes après les autres, le climat changer jusqu’à rendre une partie de leur planète inhabitable, les tensions géopolitiques et sociales monter inexorablement… Chacun fera le bilan dans quelques années. J’espère très sincèrement pour les vôtres (sans ironie) que je me trompe du tout au tout…

Peace : L’écologie demande beaucoup d’altruisme, malheureusement pour nous, nous sommes des créatures fondamentalement égoïstes.

Krakatoe : Espérons éviter un choix Macron / le Pen. Ce serait une impasse écologique. Hidalgo, les Verts, Mélenchon,… oui vous avez certes des spécificités, mais laissez vos égos et rassemblez vous nom de nom !

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

synthèse, faut-il être optimiste ou pessimiste ?

5 janvier 2019, Évitons l’optimisme en 2019, cela empêche le réalisme

16 octobre 2018, Climat, faut-il être optimiste ou pessimiste ?

7 janvier 2018, La collaposologie est-elle la voie de l’optimisme ?

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13 réflexions sur “Stéphane Foucart devient très très pessimiste”

  1. et bien dansez maintenant

    L’agriculture bio n’est pas plus durable et efficiente que la conventionnelle, les pesticides en moins. On doit prendre l’énergie et les matériaux (tous 2 déclinants) dans le coût de la bio et sa dépendance au pétrole, carbone, azote, phosphore…

  2. Concernant la pollution, en plus des HLM flottant pour les croisières, Mamani Quispe aurait dû rajouter les 4×4, les SUV, les campings cars et les bateaux de plaisance utilisés 1 semaine par an sur la liste de pollutions des séniors qui se paient des retraites chapeau sur le dos des générations suivantes…

    1. Mamani Quispe parle des demandes et besoins des gentils citoyens écologistes (j’adore le second degré), et il termine par «jeunes et vieux». Je suis d’accord avec lui. Mais toi, ceux qui te gonflent le plus ce sont les retraités. Et donc encore une fois il faut tu bouffes du vieux, c’est plus fort que toi. Comme si TOUS les retraités pouvaient déjà se payer des croisières, comme s’il n’y avait que les vieux qui aimaient les 4×4, les SUV, les camping-cars, les jets-ski etc. etc. n’importe quoi.
      Mamani a raison, Brassens aussi, le temps ne fait rien à l’affaire.
      Personnellement, ceux qui me gonflent le plus ne sont pas spécialement ces vieux cons de seniors qui se paient des croisières en HLM géants flottants, ce sont les cons tout court. Des goûts et des couleurs on ne discute pas.

      1. Selon plusieurs études et enquêtes ce sont 1/ les personnes âgées qui achètent le plus souvent des voitures neuves et les plus grosses voitures en plus ! 2/ Il en est de même pour les bateaux de plaisance et camping car, ce sont les personnes âgées qui en achètent le plus souvent ! 3/ Selon toujours plusieurs études et enquêtes on commence à devenir un super-gros consommateurs à partir de 40 ans, je dis bien on commence, mais les plus gros super-consommateurs qui constituent le plus gros du troupeau se situent entre 50 à 70 ans !!! Donc oui ce sont bien les baby-boomers qui siphonnent tous les budgets, dont sociaux ! Quant aux jeunes et forces de l’âge quand ils peuvent acheter une voiture, le plus souvent ce sont des pots de yaourts d’occasion, bref le rab que concèdent les baby-boomers….

  3. – « A quoi a servi, en définitive, le congrès de l’UICN ? On aurait pu s’épargner les quatre feuillets de cette chronique car la réponse, simple et désespérante, tient en quatre lettres : rien. »
    Ben oui, et ça vous étonne ? Pourquoi serait-ce du pessimisme ? Je ne vois là qu’un certain réalisme.

    1. – « Quatre jours après sa clôture, l’encre des discours n’était pas sèche et l’emphase des déclarations pas tout à fait retombée que le ministère de la transition écologique annonçait mettre en consultation plusieurs projets d’arrêtés pour autoriser le piégeage de quelque 115000 oiseaux […] » (St. Foucart)

      Chaque année à la même époque c’est la sacro-sainte Ouverture. De la chasse.
      Chasse aux alouettes, vanneaux etc. On dira que c’est la tradition.
      Et en même temps chasse aux chasseurs. On dira que c’est de bonne guerre.
      Bref, c’est toujours à cette même époque que les chasseurs comme les Anti-chasse tiraillent à tout va. PAN PAN PAN !!!!

      1. Ceci dit c’est vrai et c’est indéniable. D’un côté les grands et beaux discours, parfois agrémentés de larmes (de crocodiles), et de l’autre, l’encre et les larmes même pas sèches, on dit et on fait le contraire. Et combien d’exemples comme celui-ci ?
        En tous cas je oublierais jamais le sketch de cet écotartuffe, qui ne trompe plus personne, en septembre 2017 aux Antilles, à la suite d’Irma : « Snif snif ! Cette victoire… c’est celle de la France ! »
        Le même un an après, après son superbe blablabla à l’ONU sur la lutte contre le dérèglement climatique et la préservation de l’environnement, le même qui venait alors de recevoir le titre honorifique de «Champion de la Terre», non non c’est pas une blague, et qui se rendait encore aux Antilles. Le même encore, qui dernièrement à Marseille nous montré son engagement pour sauver les océans, en s’exhibant comme chaque année avec sa Brigitte sur un scooter des mers. Mon dieu quelle misère !

  4. Je ne suis bien sûr pas favorable à ce type d’ agriculture hautement destructrice mais qu’ on m’ explique alors comment nourrir 67 millions d’ habitants vaille que vaille!
    L’ agriculture bio est la meilleure solution mais face à un tel chiffre de population , la cause est perdue .

    1. A quoi bon essayer de vous l’expliquer… puisque vous ne voulez (ou ne pouvez) pas l’entendre ?

      1. Merci mon cher Didier de me donner raison. 🙂
        – « Oui, on peut affirmer sans difficulté que le bio peut nourrir les Français »
        (Harold Levrel, professeur à AgroParisTech et chercheur au Cired. La Croix 20/10/2017)
        – «Nourrir l’Europe sans pesticides, un objectif réaliste. » (Le Monde 19 avril 2019)
        – « Une agriculture 100 % biologique pourrait nourrir la planète en 2050. Selon une étude scientifique, le scénario est possible à condition de réduire le gaspillage alimentaire et de limiter la consommation de protéines animales.» (Le Monde 14 novembre 2017)
        Et bien sûr il n’y a pas que La Croix et Le Monde qui le disent. Le problème c’est quand on n’a pas envie d’y croire, comme pour le réchauffement climatique, par exemple.

      2. Aie, aie, cher Michel C, je suis très mal à l’aise, en fait je validais les propos de Marcel mais ça a mis mon message après le vôtre d’où ce malentendu, enfin bon, nous sommes tous deux pour l’agriculture biologique, notre seul désaccord porte sur sa capacité à nourrir autant de gens. Sur la réduction du gaspillage je me suis souvent exprimé, je crois que c’est une illusion et un autre malentendu de nature économique cette fois.

      3. Pas grave mon cher Didier. Vu que nous en avions déjà longuement débattu et «débattu», de cette question étroitement liée au Reste, j’avais de suite deviné que ces quatre mots ne m’étaient pas adressés. Et que c’était donc à votre cher Marcel, un tantinet climato-sceptique sur les bords, entre autres, que vous donniez raison. Notre seul désaccord porte, cette fois, non pas sur un problème de gaspillage et autre, ni de malentendu, d’illusion et de croyance, mais sur un problème de bonne foi.

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