simplicité volontaire

Plutôt mourir que donner du fric à Renault

Un prêt public bancaire de 5 milliards d’euros prévu pour Renault. Encore de l’argent gaspillé ! Pour obtenir l’aide de l’Etat, le constructeur automobile doit s’engager « dans trois directions : le véhicule électrique, le respect de leurs sous-traitants et la localisation en France de leurs activités technologiquement les plus avancées », dixit le ministre français de l’économie. Rien sur l’écologie ! Bruno Le Maire ajoute sans rire : « Toutes les aides que nous apportons aux entreprises doivent être orientées dans deux directions : la décarbonation de l’économie française et l’amélioration de sa compétitivité. » Déroutant oxymore ! Étonnant que les politiques ne parlent pas du nécessaire dévoiturage, l’abandon de la voiture individuelle qui épuise les ressources fossiles et nous procure un réchauffement climatique de moins en moins délicieux. Sauvegarder l’emploi n’est rien quand cela se fait au prix de la détérioration des conditions de vie sur cette petite Terre. La voiture électrique ne résout rien, l’électricité est une énergie qu’il faut fabriquer dans des conditions non durables pour permettre la voiture électrique pour tous. Nous dilapidons l’argent public pour la voiture, l’avion, des secteurs sans avenir. Notre système thermo-industriel a bien obligé les paysans à quitter la terre, pourquoi on ne convertirait pas les travailleurs de l’automobile en paysans  ? Une agriculture non industrialisée a besoin de bras, de beaucoup de bras…

Pour en savoir plus sur le dévoiturage, lire sur notre blog biosphere :

5 juin 2019, Nous n’en poumons plus, vite le dévoiturage !

Extrait : La loi d’orientation des mobilités (LOM) est discutée par nos députés depuis le 3 juin. Le projet inscrit dans la loi l’interdiction en 2040 de la vente des voitures utilisant des énergies fossiles (pétrole, essence, GPL, GNL)…

16 septembre 2019, Le salon de l’automobile en accusation

Entre 15 000 et 25 000 manifestants, la plupart en vélo, ont défilé samedi 14 septembre à Francfort à l’occasion du salon international l’automobile. Le slogan « des sous, des sous » est remplacé par des évidences, « On ne peut pas remplacer nos poumons », « Le salon de l’automobile représente le siècle passé », « On n’en veut plus de ces gros SUV  »..

22 février 2019, LE MONDE est l’otage des lobbies automobiles

Extrait : Normal de pleurer sur la fin de la civilisation automobile, LE MONDE est victime de la nécessité de recettes publicitaires dont une grande partie provient du lobby automobile. Dans le numéro de mardi dernier, la dernière page en son entier est un hymne à Peugeot, « Motion & émotion » ! Un tiers de la page 7 pour la Nouvelle classe C coupé (jusqu’à 228 g de CO2 au km !). Sans oublier la rubrique habituelle « Styles » consacrant toute la page à l’automobile, ici la Toyota hybride…

18 janvier 2019, La voiture demain, économique, propre, omniprésente ?

Extrait : Économique, connectée, propre, la voiture de demain sera au cœur de la vie quotidienne des citoyens de demain, estime Serge Clemente dans LE MONDE*. Un tel point de vue est si irréaliste qu’il en est comique. Il est vrai que pour quelqu’un dont le métier est de vivre de l’automobile, le point de vue est biaisé. Comme on disait dans les années1970, la bagnole ça pue, ça pollue et ça rend con…

18 octobre 2017, La chasse aux automobilistes est ouverte, feu à volonté

Extrait : Pour un écologiste, c’est à la déconstruction du monopole de la bagnole qu’il faut travailler, le dévoiturage doit être massif. Déjà en 1974, le candidat écolo à la présidentielle René Dumont s’exprimait ainsi : « Chaque fois que vous prenez votre voiture pour le week-end, la France doit vendre un revolver à un pays pétrolier du Tiers-Monde…

10 juillet 2017, Une société sans voitures à essence est-elle possible ?

Nicolas Hulot a présenté le 6 juillet 2017 un plan climat : « Ce n’est pas un sujet qui spontanément passe toujours au premier plan dans l’écran radar. Notre responsabilité, c’est de faire que ce sujet prime sur tous les autres. » Il annonce la fin de la commercialisation des voitures roulant à l’essence ou au gazole en France d’ici 2040. Un gouvernement adepte du dévoiturage, je demande à voir ! En fait il s’agit d’abord de relancer la machine à fabriquer encore plus d’automobiles…

9 mai 2017, Adieux à l’automobile, le dé-voiturage en marche

Extrait : Une fois encore, nos gouvernements font preuve de manque de vision ; on répare les infrastructures routières qui se détériorent, on cherche les moyens de diminuer les bouchons de circulation, on encourage le remplacement des moteurs à combustion par des moteurs électriques… Bien évidemment, avec la fin du pétrole bon marché, l’ère de l’automobile s’achève et il faut dès maintenant repenser notre civilisation sur un autre modèle…

29 février 2016, Dévoiturage : l’urgence de sortir du tout routier

Extrait : Moteur du dynamisme économique et de la mobilité individuelle, le trafic routier se présente en même temps comme une des causes principales du fameux effet de double ciseau : raréfaction de la ressource pétrolière d’une part et aggravation de l’effet de serre d’autre part…

27 avril 2015, Pourtant il faudra bien un jour se passer de voiture

Extrait : Pic de pollution en Ile-de-France*. Pourtant la ministre socialiste Ségolène Royal refuse des mesures de restriction du trafic routier contre l’avis des élus locaux : « Empêcher quelqu’un de prendre sa voiture, c’est une mesure privative de liberté (…). Personne ne peut ni imposer, ni vociférer, ni exiger »…

Plutôt mourir du coronavirus plutôt qu’intubé

Des contaminés qui arrivent à l’hôpital déjà cyanosés, crachant une mousse sanguinolente. Des gens atteints d’œdème pulmonaire aigu, dont l’état se dégrade à toute vitesse et que l’on intube à même les couloirs. Nous sommes en 1968-1970, la grippe de Hongkong frappe une partie de la planète ; le virus H3N2 fera au moins 1 million de mort, en France sans doute plus de 30 000 morts. Au 13 mai 2020, la Covi-19 a fait moins de 300 000 morts au niveau mondial, moins de 30 000 morts en France. En 1968, on minimise : «  La symptomatologie de cette grippe parait bénigne et, si l’on prévoit l’extension rapide et très large de cette épidémie, il ne semble pas cependant qu’elle doive prendre un caractère de quelconque gravité (LE MONDE du 11 novembre 1968). » En 2020 on confine la presque totalité des habitants de la planète. La mise en scène par les médias actuels d’une pandémie comme il y en a eu bien d’autres exacerbe les réactions socio-politiques. On passe d’une dramatisation à une autre, hier les attentats terroristes, aujourd’hui la pandémie, demain ce sera autre chose. La particularité de la société thermo-industrielle, c’est l’hubris, la démesure anti-nature qu’il nous faut combattre. Prenons l’exemple du passé.

Le 17 décembre 1969, une note au directeur général de la santé informe que le département du Tarn, très touché, enregistre 25 % de malades dans les familles, 30 % d’absents dans les écoles, 20 % dans les administrations, 17 % dans l’industrie, 18 % dans les autres secteurs d’activité. « L’épidémie de grippe qui s’étend, comme chaque année, sur l’Europe n’est ni grave ni nouvelle »*, lit-on pourtant dans Le Monde du 18 décembre 1969. L’État n’entreprend rien pour freiner l’épidémie, la grippe, c’est ce que tout le monde attrape. Personne ne connaît le nombre exact de victimes, on ne disposait à l’époque d’aucun outil de surveillance épidémique en temps réel. De toute façon la plupart des gens en 1968 considéraient qu’il était normal de mourir de quelque chose. Les accidents de la route et le tabac faisaient un carnage sans que la population s’en émeuve. Aujourd’hui le rapport à la mort a changé, il devient intolérable de mourir de façon naturelle, on pratique l’acharnement thérapeutique, les transhumanistes rêvent de nous voir vivre 1000 ans et les militaires veulent pratiquer la guerre zéro morts. Les progrès techno-scientifiques nous ont fait perdre tout sens de la limite. De toute façon il faut bien mourir un jour, autant que ce soit en bonne santé et non pas transpercés par des tuyaux reliés à des machineries.

Acceptons la mort qui vient au nom de la sélection naturelle, et sur nos directives anticipées rajoutons le refus de l’intubation et de la ventilation artificielle. Mieux aurait valu politiquement miser sur l’immunité collective et ne pas se lancer dans des confinements à répétition. Il faut à un moment et à d’autres donner des limites à la mainmise de la techno-science sur nos existences. Voici quelques lectures complémentaires sur notre blog biosphere :

5 mai 2020, Covid, la trouille politique devant la mort

24 avril 2020, Soyons courageux, attrapons le SARS-CoV-2

7 avril 2020, Covid-19, pouvoir mourir sans souffrir

7 avril 2020, objectif du confinement, l’immunité collective

3 avril 2020, Covid-19, comment gérer la fin de vie

26 mars 2020, Covid-19, le « droit à la vie » est relatif

14 mars 2020, Covid-19, choix de l’immunité collective en GB

25 février 2020, Coronavirus : pandémie et sélection naturelle

25 juin 2014, Acceptons la fin de vie, par nature notre lot commun

* https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/11/qui-se-souvient-encore-de-la-grippe-de-hongkong_6039258_3224.html

Post-covid, pour une société sans école

La rentrée scolaire post-confinement va se dérouler en plusieurs phases, à partir du lundi 11 mai. Ni les modalités, ni les raison n’en sont claires. Emmanuel Macron dixit : « L’école des parents, c’est gentil, mais on ne peut pas continuer comme ça, sinon ça voudrait dire que les profs sont inutiles… Pour faire redémarrer le pays, on n’a pas le choix : l’économie ne peut repartir avec les seules personnes qui n’ont pas d’enfants. (Le Canard enchaîné du 29 avril 2020) » Edouard Philippe : « Chaque mois d’école perdu est un énorme problème social. Avec le déconfinement scolaire, il faut garantir la réussite éducative des élèves, notamment les plus vulnérables d’entre eux, dont la scolarité souffre terriblement du confinement. (LE MONDE du 30 avril 2020) »

Nos dirigeant ne saisissent pas la réalité. L’école des parents est essentielle dans la formation cérébrale, c’est elle qui formatera par la socialisation primaire des personnalités actives ou passives. L’école, attachant les élèves à leurs chaises pendant des années et des années, n’est qu’une création du système thermo-industriel qui a chassé les paysans de leurs terres et rendu l’école obligatoire pour trouver du travail ailleurs, « en sachant lire, écrire et compter ». Les profs ne sont utiles que pour la pérennité d’une orientation professionnelle qui trie les élèves vers les métiers annuels pour ceux qui ne sont pas jugés aptes aux études longues. Faire revenir les enfants des classes défavorisées à l’école ne règle pas du tout le problème des inégalités sociales, un enfant inadapté à enseignement à distance pendant le confinement restera inadapté à l’enseignement présentiel. L’enfumage gouvernemental révèle pourtant son argumentation première, séparer enfants et parents pour que la vie économique puisse repartir comme avant. Du point de vue des écologistes, la simplicité volontaire c’est refuser l’école car à quoi bon apprendre à lire et à écrire à des gens qui resteront soit passifs consommateurs gavés de pubs et de spectacles, soit adaptés à écraser leurs rivaux dans un système concurrentiel ? Un analyste subtil et profond de la société thermo-industrielle, Ivan Illich, a publié en 1971 un livre intitulé une société sans école : « Les sociétés attachées à la scolarisation universelle et obligatoire insistent sur une entreprise frustrante et toujours plus insidieuse qui multiple les ratés et les infirmes. L’institution tenue pour sacrée légitime un monde où la grande majorité des individus sont stigmatisés comme recalés tandis qu’une minorité seulement sortent de ces institutions avec en poche un diplôme qui certifie leur appartenance à une super-race qui a le droit de gouverner. L’apprentissage est vu comme le fruit d’un enseignement par des maîtres professionnels et comme un curriculum, littéralement une course. La scolarisation fait office de portier à l’entrée des boulots ; or le marché du travail disparaît. Une petite anecdote éclairera mon propos. Il y a vingt ans, quand j’écrivais les essais réunis dans Une société sans école, j’ai appris avec stupéfaction que la direction sanitaire de la ville de New York excluait les boueux qui n’avaient pas leur baccalauréat ! L’obsession de notre société qui oblige les enfants des bas quartiers (et du Tiers-monde) à fréquenter les écoles des bas quartiers est une cruauté absurde. » D’un côté les sur-diplômés, de l’autre les exclus. En France pour être instituteur dans les années 1960 on pouvait passer le concours à la fin de la troisième, puis on a exigé le baccalauréat, puis deux années de licence et maintenant une maîtrise, tout ça pour apprendre à des enfants à lire, écrire et compter.
Pour Marcel Gauche, il ne s’agit pas de bien vivre même si on est analphabète, mais de s’adapter à une société complexe et en compétition avec les autres sociétés  : « Le plus grave, c’est l’incapacité du système scolaire à assurer à tous l’acquisition des savoirs élémentaires. Le lire-écrire-compter est vital pour les enfants du XXIe siècle pris individuellement, mais aussi pour la cohésion de notre société et la compétitivité du pays.  (LE MONDE du 22 mars 2013) » Nous préférons l’analyse de Marie Duru-Bellat*, Pour une vision écologique de l’école : « Au début des années 70, Ivan Illich, théoricien de l’écologie politique, publiait « Une société sans école ». Il y poursuivait la construction d’une théorie critique de la société industrielle et de sa logique du « toujours plus ». Quarante ans plus tard, la pensée illichienne est plus que jamais d’actualité. Les questions d’éducation sont posées d’une manière qui reflète fidèlement le fonctionnement social et économique que l’écologie dénonce : plus, c’est forcément mieux, avec à la clé une « politique de l’indice » (50 % d’une classe d’âge diplômée du supérieur par exemple) sans retour réflexif sur une mise en avant des bénéfices individuels… L’école est victime d’une logique de compétition. Rejetant cette dérive, une perspective écologique amène à repartir de la question élémentaire : pourquoi et à quoi éduquer? Or, en se limitant à l’insertion dans une vie qui n’est que professionnelle, l’école freine la compréhension transversale et multidimensionnelle des enjeux du long terme. L’école apprend-t-elle à travailler avec les autres, au-delà de leur niveau de réussite scolaire qui les transforme tous en concurrents ? L’école apprend-elle à se situer dans l’environnement, à mieux interagir avec le reste de la nature ? On y apprend qu’apprendre se fait par l’entremise de contenus abstraits dispensés par des adultes qui ne se définissent pas avant tout comme des éducateurs mais comme des spécialistes d’une discipline. Les enjeux écologiques ne doivent plus être traités de manière cloisonnée. Voici quelques directions à prendre :

–          Faire entrer à part entière l’enseignement de la coopération dans les matières enseignées.

–          Assurer des passerelles entre les formations et supprimer la hiérarchisation des métiers.

–          Placer les activités manuelles, indispensables à l’équilibre général des compétences, au cœur des programmes.

–          Mettre au cœur de l’enseignement des enfants, la connaissance, la compréhension, l’interaction avec la Nature.

–          Enseigner les cycles du vivant et la dépendance de l’être humain à la Nature.

–          Favoriser l’épanouissement des enfants, leur estime d’eux-mêmes et une véritable autonomie, gage de sécurité.

–          Former les enseignants aux savoirs-être et à la coopération.

–          Développer l’éducation à la parentalité, tout au long de la vie des parents.

–          Mettre en place un système d’évaluation progressif et favorisant l’estime d’eux-mêmes des élèves

* http://www.huffingtonpost.fr/marie-durubellat/ecole-ecologie_b_2867078.html

Soyons courageux, attrapons le SARS-CoV-2

Le nouveau coronavirus ne nous veut pas de mal, il veut simplement survivre lui aussi. Il ne tue son hôte que si celui-ci résiste trop fort et retourne l’organisme humain contre lui-même, avec orage cytokinique, une trop violente réponse immunitaire, un syndrome respiratoire aigu sévère. Il faut d’autant plus apprendre à vivre avec le SARS-CoV-2 que nos moyens de résistance sont limités. Les dernières études montrent notre impuissance technologique. L’immunité collective n’est jamais assurée ; si dans deux ans les gens qui ont eu une première infection par ce virus n’ont pas fait une deuxième maladie, nous conclurons que la première infection protège pendant deux ans. Cela ne nous dira même pas si cela durera trois ans. La « guérison » survient quand la réponse immunitaire a éliminé le virus. Mais les Sud-Coréens ont décrit des cas de tests à nouveau positifs chez des personnes ayant été infectées ; mais nous ne savons pas s’il s’ils ont vraiment été réinfectés ou s’ils auraient dans l’organisme un réservoir où le virus persisterait. Avec la dengue, une maladie virale parmi des centaines de maladies virales, la seconde infection est souvent plus grave que la première ; si c’est le cas pour le SARS-CoV-2 , ce serait le scénario cauchemar. Le chiffre d’au moins 60 % à 70 % de la population immunisée est avancé pour parvenir à une immunité de groupe. Ce n’est qu’une hypothèse, avec des maladies très contagieuses comme la rougeole, ce seuil est fixé à 95 %. De toute façon avec 6 % de contaminés à l’heure actuelle en France, nous sommes encore très loin du compte et le virus continue de circuler. Et ne nous faisons pas de cinéma, il n’y a de vaccin pour aucun des sept coronavirus humains déjà connus. Pire, une vaccination peut créer des anticorps facilitants qui se fixent sur le virus et facilitent son entrée dans la cellule, aggravant l’infection. A l’automne, il faudra non seulement porter des masques, mais tester et isoler les porteurs du SARS-CoV-2 afin d’éviter une nouvelle vague plus violente. Mieux vaudrait sans doute rester cool et agir à la suédoise, une stratégie de non-confinement. Les commentateurs s’interrogent sur lemonde.fr :

Lithopedion : Donc l’immunité dure probablement 2 ou 3 ans. Ce qui fait qu’en confinement tout le monde, on arrivera à une immunité de groupe que dans 8 ans au rythme actuel. Donc une partie des personnes immunisées aujourd’hui ne le sera pas dans 2 ans, et rebelote, la pandémie continuera indéfiniment. Alors que si on déconfine d’un seul coup, suffisamment de monde obtient l’immunité et le virus disparaîtra de lui-même.

Airain : Au moins cela va nous éviter les confinements futurs, vu la rémanence du virus, il va falloir vivre avec, c’est tout. Pour se rassurer, collectivement, on peut se dire que si le covid a tué 180000 personnes en 4 mois, la Terre a vu sa population augmenter de … 25 MILLIONS de personnes sur ces mêmes 4 mois… Le virus pour la Terre, c’est l’être humain.

Jackpot : Dans tous les cas, on a envie de dire qu’il faut deconfiner, non ? Apprendre à vivre avec le virus comme une société adulte, en acceptant le fait que nous ne sommes pas immortels. Qui imagine vivre confiné pendant des années, pour faire gagner quelques années d’espérance de vie à quelques personnes déjà très âgées ?

Airain : Oui jackpot, vous avez raison, mais les hypocondriaques du forum veulent absolument vivre vieux, même s’ils sont confinés … ils oublient de vivre bien…

Minier : Et oui, le gouvernement préfère ne pas assumer les dizaine de milliers de morts à court terme (facilement imputable à leur « mauvaise » gestion) et sacrifier l’espérance de vie au global en paupérisant les populations les plus fragiles et en détruisant l’économie qui va impacter tout le monde avec des effets dévastateurs mais qui ne seront pas quantifiables. C’est de la lâcheté.

Goeland : Mais oui bien sûr, peut-être changerez-vous d’avis lorsque vous serez en train d’étouffer dans un couloir d’hôpital débordé, ce que je ne vous souhaite pas bien entendu.

Tiède @ Goeland : On ne pourra plus payer les retraites quand la moitié de la population sera au chômage. Alors vous serez affamés dans un couloir d’hôpital débordé. Quand on commence à jouer sur le registre de l’émotion, on perd des capacités de réflexion.

PhF : Il va falloir repenser nos vie, notre consommation et notre relation a l’autre. Comment manger autrement sans élevage intensif ni déforestation. Comment voir ses amis. Comment faire du sport .
Airain : Quand nous parlons de changer de paradigme de société, beaucoup de gens de ma génération considèrent que oui, nous sommes bien trop nombreux sur Terre, et en cohérence avec nos idées, nous avons décidé de ne pas avoir d’enfants…

Covid-19, mieux vaut refuser la réanimation

Ceux qui sortent de la réanimation doivent tout réapprendre : respirer sans assistance, bouger la main, se lever, marcher…Il faut sevrer les patients de leurs appareils respiratoires après la « réa », et à les rééduquer à l’effort pour qu’ils puissent rentrer chez eux. Tout ce qui allait de soi avant l’hospitalisation a disparu. Leur long séjour en réa, de deux à trois semaines en moyenne, l’intubation, la ventilation artificielle, le coma, la fonte musculaire liée à leur alitement prolongé et les cocktails de médicaments à hautes doses les ont laissés exsangues. Ils ne retrouvent pas la force de respirer spontanément après leur réveil. L’assistance mécanique est alors maintenue, puis diminuée progressivement pour ré-entraîner les muscles respiratoires. D’un hôpital à l’autre, tout le monde raconte toujours la même histoire : « Le patient s’est remis à respirer, ça l’a dégradé, on a dû le remettre dans le coma. » …. Quelques réactions sur lemonde.fr :

Geoffparis : Merci de nous faire flipper, comme si on angoissait pas suffisamment…

Catherine R. : C’est flippant mais ça calme les envies de faire n’importe quoi.

Adrienne 1 : Mon mari et moi, bien que ne faisant pas partie des populations à risque, avons formulé des directives écrites pour ne pas subir cela si nous sommes atteints. La description de l’état des patients à la sortie de la réa nous conforte dans notre choix. C’est un des derniers choix qui nous restent alors que nous sommes privés de nos libertés élémentaires.

Elsa : Voilà pourquoi avec ce virus, qui impose des coma artificiels si longs, on ne met pas en réanimation les personnes de plus de 80 ans… A cet âge, même en bonne santé au départ, la probabilité de réussir à ressortir en bon état de tout ce processus est extrêmement faible. Je repense à un commentaire indigné disant que son père de 95 ans prenait encore son vélo tous les jours et qu’il serait scandaleux de ne pas l’intuber. Certes, mais une fois perdu tous ses muscles, ce monsieur serait-il en mesure d’endurer des mois de rééducation et de retrouver son autonomie ?

Fouilla : Si j’ai bonne mémoire, on nous a expliqué que le confinement était le prix à payer pour étaler l’épidémie et l’occupation des lits de réanimation sachant que sauf très bonne surprise (vaccin arrivant rapidement) une grande proportion de la population sera finalement touchée. Et donc le résultat c’est ça? Des patients (du moins pour la moitié qui survivent pendant la réanimation) transformés en légumes après 3 semaines de curare ? Quel sera leur taux de survie après plusieurs mois de souffrances ? Combien n’auront pas de séquelles ? Nous sommes entrés dans la dictature de la techno-médecine et de l’hygiénisme !

Le confinement dans la commune de Chemoi

De mon côté tout va bien, le confinement ne change rien à mes habitudes. Vous vous en douteriez si vous connaissiais Chemoi, mon lieu de vie ordinaire, mon village préféré. Ma compagne et moi-même nous y sommes « comme en vacances », bien occupées à s’activer, toujours du travail à faire dans le jardin, les haies à tailler, le compost à étendre, fendre et couper le bois pour préparer le prochain hiver, admirer la danse des abeilles qui vont et viennent déjà en nombre à l’entrée de mes deux ruches, s’occuper de mes deux poules pondeuses (treize œufs chaque semaine), admirer les arbres fruitiers en fleurs de mon verger, jouir de la nature qui s’éveille. Les hirondelles commencent à arriver, trois nids au premier étage d’une annexe inoccupée, il y en aussi dans l’écurie et dans la grange, on laisse portes et fenêtre ouvertes pour nos admirables chasse-mouches. Malheureusement nous hébergeons aussi des envahisseurs asiatiques, les frelons qui font le guet pour déguster une abeille, je viens de mettre un piège, j’en ai déjà attrapé. Mais rien ne vaut la marche chaque fin de soirée dans la forêt, sans se préoccuper des contrôles policiers et de notre attestation de sortie. Ces quelques mots pour dire que nous sommes des privilégiés à côté de tous ces gens enfermés dans leur HLM avec interdiction de faire du vélo ou même de s’asseoir quelques minutes sur un banc dans le jardin public. La société du contrôle permanent arrive à son paroxysme, sombre dénouement d’une société mondialisée et surpeuplée.

Élargissons le débat, nos privilèges de campagnards peuvent-ils être partagés ? Chemoi, c’est une commune de 280 habitants, 21 kilomètres carrés, moins de 15 habitants au km², 8 fois moins que la France et beaucoup moins de chances de choper ce satané coronavirus ; la densité de Paris est de 21 000 habitants par km² ! Il y a des noyers un peu partout en plein champ, des forêts nombreuses et des terres cultivées, des vaches à viande et des vaches laitières, un petit jeune qui a lancé un élevage de poulets bios dans un village abandonné, des lapins en batterie quelque part, sans compter notre propre potager et verger. Dans notre paisible contrée, il y plusieurs granges à toiture photovoltaïque, d’anciens moulins à eau, un ancien moulin à vent sans son toit qui ne demande qu’à être remplacé par une éolienne… Nous pourrions être quasi-autonomes au niveau alimentaire et énergétique. Ajoutons le fait qu’il n’y a qu’une seule liste aux élections, 233 inscrits sur la liste électorale en 2020, un comité des fêtes super-actif, une troupe de théâtre, un groupe de randonnée, une bibliothèque, une salle des fêtes et même une Église qui accueille parfois des spectacles chantant. La vie politique et culturelle se déroule sans heurts, tout le monde se connaît, on n’a pas besoin de policiers (du mot « polis », la cité en grec), ces uniformes qui ne vivent qu’en ville. On a encore moins besoin d’un État national et de ses parodies de démocratie, ni d’une armée, ni d’impôts et tous ces fonctionnaires. Tu vois sans doute où je veux en venir. Nous sommes TROP NOMBREUX. C’est la forte densité qui rend la contagion contagieuse, la démocratie inopérante, la biodiversité inexistante, l’effet de serre irréversible, les ressources naturelles exsangues, etc. Ni État, ni Nation, ni Survivalisme, je préfère Chemoi. Mais si la crise actuelle persiste, tout les urbains voudront aller à Chemoi ! Halte, c’est chez moi ici, pas touche.

Amitiés pour chacun, et bon confinement pour tous, il nous faut profiter à fond de cette situation ubuesque causée par un minuscule grain de sable dans les rouages de la machine thermo-industrielle. Nous avons en ce moment le temps d’échanger, de dialoguer, de s’écharper à l’occasion… cela fait toujours du bien de pouvoir s’exprimer. Les commentaires sur ce blog sont ouverts à tous et toutes…

La Covid-19 fait rigoler grave Ecolomaniak

J’ai tant pleuré pendant des années, on se foutait de la gueule de l’écolo que j’étais, le nucléaire c’est bon pour la santé, le kérosène on peut le respirer, les pesticides faut préférer, etc. Ce que je disais, on s’en foutait, on me rigolait au nez : les gaz à effet de serre, ça n’existe pas, la croissance c’est bon pour l’emploi, la technique nous sauve… Aujourd’hui un minuscule virus fout en l’air ce système à la con, l’air devient respirable, tout est arrêté ou presque. Les vacances sont supprimées, fini l’école assis le cul sur une chaise et enfermé dans des salles, fini les transhumances et ses embouteillages. Les touristes sur leur HLM flottant deviennent des cobayes pour la Covid-19 et les avions sont cloués au sol ; sur le tarmac, on se contente de se disputer des masques sanitaires à coup de dollars Repartir dans les îles de rêve ne va pas être facile, les frontières se ferment. Les routes sont désertes, on n’a plus besoin de taxe carbone. Les gens, en France et même aux USA, apprennent à se passer de tout sauf du nécessaire, bouffer car on laisse encore ouvert les supermarchés. On ne peut plus acheter de plantes d’ornement, mais on fait exception pour les semences paysannes : il va falloir cultiver son jardin si on veut des légumes. On ne dépense plus rien, il n’y a rien à acheter. La pub à la télé n’a plus aucune signification même si on voit encore des restes du passé, faut bien divertir les confinés. On revient à l’essentiel, le travail paysan sans lequel aucune ville n’aurait pu se construire, aucun gourou nous gouverner, aucun privilégié se goinfrer.

La simplicité volontaire que je disais, pour une société sans école, non au tourisme de masse, soyons casseurs de pub, la voiture ça pue, ça pollue et ça rend con, l’avion ça fout les boules, faisons sauter les centrales thermiques, pensons à nos enfant et à nos arrière petits-enfants, vive la décroissance. Mon utopie est devenue réalité, merci Covid-19, c’est maintenant moi qui rigole !

NB : si vous voulez être publié, envoyez votre histoire d’Ecolomaniak à biosphere@ouvaton.org, merci. (2000 caractères maximum)

post-covid, dette économique/dette écologique

 Le monde de demain tel qu’on le voit aujourd’hui : « Les immenses plans de soutien à l’économie lancés depuis le début de la pandémie liée au coronavirus sont en train de faire entrer les pays occidentaux dans une nouvelle ère de dettes colossales… La France passerait d’une dette de 101 % à 141 % du PIB. » On se rassure à bon compte : « En France, le ratio atteignait 270 % en 1944, avant de chuter à 15 %, vingt-cinq ans plus tard. Ce recul impressionnant est venu d’une forte inflation, qui a rendu les taux d’intérêt réels négatifs, et d’une forte croissance (les « trente glorieuses »). »*

Malheureusement, le monde occidental ne peut pas utiliser aujourd’hui la recette de l’après-guerre. A l’époque, une large partie des capacités de production avaient été détruites, les investissements étaient très productifs, il était facile d’identifier les besoins, la croissance allait de soi. Aujourd’hui c’est différent, l’accumulation de capital technique est à son maximum possible, l’investissement productif a fait place à une financiarisation de l’économie depuis plusieurs années et à des mouvements spéculatifs hors sol. L’autre différence avec la sortie de la guerre mondiale, c’est que l’Etat, les entreprises et les ménages son extrêmement endetté alors qu’en 39/45 , l’endettement global était très limité. Le déficit budgétaire des USA en 2012 était de 1300 milliards de dollars, le seul paiement des intérêts de la dette était d’environ 360 milliards de dollars par an, soit 15 % des recettes fiscales. Pour soutenir une croissance économique défaillante on a usé et abusé depuis cinquante ans des moyens de gestion d’une crise conjoncturelle (faibles taux d’intérêt et déficits publics ), et maintenant face à une crise structurelle, il ne nous reste plus rien, les taux d’intérêt sont devenus négatifs et les niveaux d’endettement sont déjà à un niveau insupportable. Et puis on oublie un paramètre incontournable, la dette écologique se rajoute à la dette monétaire.

Le fait de puiser davantage que la part renouvelable des ressources naturelles au sein d’un écosystème à l’équilibre délicat crée une dette écologique. Le créancier, c’est celui qui prête le capital emprunté. Pour le  capital naturel, le créancier est donc la Terre, ou la biosphère ou la nature, peu importe le nom. D’où une dette écologique des humains envers la Terre. Le fait par exemple de pêcher une espèce de poisson plus que ce qui permet son renouvellement est bien un découvert vis-à-vis des richesses de la mer. Ce découvert, on est normalement obligé de l’acquitter, par exemple en fixant un moratoire sur la pêche, sinon nos contemporains et successeurs seront appauvris. C’est comme si on avait brûlé notre maison… plus d’héritage possible ! Ce n’est pas parce qu’on remplira des brouettes de papier-monnaie qu’on évitera le fait qu’on vit déjà à crédit par rapport aux ressources naturelles comme l’indique l’empreinte écologique. En 2008, notre planète était entrée le 9 octobre dans le rouge. Chaque année, on calcule la date à laquelle la consommation des ressources de la planète dépasse la capacité de renouvellement. Cette date anniversaire a été baptisée Jour de la dette écologique ou Jour du dépassement (Overshoot day). Passée cette date, on est en situation d’épuisement des réserves. Depuis vingt ans, cette date intervient chaque année de plus en plus tôt, ce qui signifie que les ressources disponibles pour une année sont consommées de plus en plus vite. En 1987, l’humanité était passée dans le rouge un 19 décembre. En 2009, ce sera sans doute en septembre. Ce n’est pas durable, on consomme le capital naturel.

Une seule solution, en finir avec les distributions d’argent gratuit aux États, aux entreprises et aux particuliers ; place à une politique d’austérité, de sobriété partagée, de condamnation des inégalités criantes ou ordinaires. Rappelons qu’entre le repas du soir pour le Nouvel An et le 2 janvier, une famille américaine aura déjà consommé, par personne, l’équivalent en combustible fossiles des besoins d’une famille tanzanienne pour toute l’année ! Selon Andrew Simms, un des directeurs de la New economics foundation de Londres, « à moins que les riches ne s’acquittent de leur dette écologique, il ne s’écoulera guère de temps avant que les huissiers du climat ne frappent à toutes nos portes. » Le monde tel qu’il sera demain: d’abord l’essence devint rare et chère, et maintenant il n’y en a plus. L’âge de l’automobile est terminé. L’électricité aussi. Aucun ordinateur ne fonctionne. Les grandes entreprises n’existent plus. L’argent papier ne vaut plus rien. Des villes ont été détruites. Il n’y a plus de gouvernement…

sur notre blog biosphere : 18 mars 2012, Définitions de la dette écologique

17 juin 2009, endettés jusqu’au cou

5 décembre 2008, dette écologique

* https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/02/apres-la-pandemie-le-monde-face-a-une-montagne-de-dettes_6035326_3234.html

Biosphere-Info, Covid-19 au jour le jour

Bonjour à toutes et tous, pour recevoir par mail le mensuel Biosphere-Info, c’est gratuit, il suffit d’envoyer un mail à biosphere@ouvaton.org

Notre mensuel est consacré à la maladie Covid-19 causée par le virus SARS-CoV-2 qui provoque un syndrome respiratoire aigu sévère. Dire qu’à une époque des laboratoires officiels préparaient la guerre bactériologique ! Tous les liens de ce mail font référence à des articles sur notre blog biosphere, nous avons suivi l’évolution de la situation au jour le jour.

Le confinement généralisé au niveau mondial nous fait vivre un état de guerre en temps de paix. Nous vivons des choses inimaginables auparavant, rester à la maison en famille, ne pratiquer que les activités professionnelles vraiment indispensables, ne plus se déplacer inutilement, se contenter de l’essentiel. Les écologistes l’ont rêvé, le Covid-19 l’a fait, nous vivons la décroissance sur une période qui s’annonce longue et mondialisée. Mais c’est un minuscule virus, pas un choc pétrolier ni le réchauffement climatique, qui a entraîné ce bouleversement et montré la fragilité de nos sociétés trop complexes. Cette pandémie nous met face à nos responsabilités multiples. Nous pouvons collectivement en tirer des conclusions, prendre un nouveau départ à la hauteur de l’urgence écologique sur une planète pillée et au bout du rouleau ou tout refaire comme avant, business as usual. Les mécanismes boursiers et les largesses budgétaires ne peuvent être d’aucun secours en état de catastrophe, tout au contraire. La magie de l’argent est un mythe.

Nous avons constaté que tous les pays ne sont pas à la même enseigne pour affronter des catastrophes, l’Inde ou l’Afrique par exemple. Mais le problème est général, c’est celui de la surpopulation qui entraîne des concentrations humaines propices à la diffusion non seulement des germes pathogènes, mais aussi du mal-vivre ensemble. Plus profondément cette pandémie a révélé notre rapport à la mort. Il y avait deux stratégies en présence pour enrayer les contaminations, l’immunité collective ou la distanciation sociale. L’avenir dira quelle aurait été la meilleure méthode. Notre système hospitalier a même été amené à déterminer qui avait le droit de vivre ou de mourir. Les difficultés du système de santé ont donné de l’importance au triage médical, une sélection sociale volontairement assumée. Le droit à la vie est un droit relatif, comme l’exprime toute l’histoire de l’humanité. Nous avions cru pouvoir échapper à la sélection naturelle, il nous faudrait revenir à plus d’humilité.

Nos politiciens doivent aussi se rendre compte que la lutte contre le réchauffement climatique peut reposer sur des bases similaires aux méthodes utilisées lors de cette pandémie, en résumé une « sobriété partagée » imposée par l’État. Cela implique une reconsidération de nos besoins, il nous faut aller à l’essentiel. Il n’est plus temps de ressasser les mythes de l’ultra-gauche, plus prête à la surenchère qu’à la modération des besoins. Ni à appliquer des politiques de relance aveugle ; la situation est bien différente de la grande crise de 1929 ou de la crise des subprimes en 2008. Il s’agit de remplacer la société croissanciste par une déprogrammation de la société de consommation et du spectacle (skippers, footeux, etc). Nous devons remettre en question notre goût immodéré pour la croissance économique, il nous faut sortir du vertige des exponentielles. Cela présuppose de combattre les inégalités de revenus pour parvenir à une sobriété partagée, remplacer les refinancement des banques comme après le krach de 2008 par la distribution d’un revenu de substitution. La mondialisation par le libre-échange a multiplié les déplacements de marchandise et de services tout en déstabilisant les filières locales de production, de consommation et d’échange. Contre ce système prédateur, il nous faut donc penser dorénavant démondialisation et relocalisation. Il est plus que temps d’élaborer des stratégies écolos en temps de crise, et après l’épisode du Covid-19 de pas retomber dans des politiques croissancistes qui ne peuvent qu’accroître le nombre de morts dans l’avenir sur une planète grillée par le soleil.

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Faire l’amour en toute simplicité, difficile

Bilan d’un appel à témoignages lancé par le collectif féministe #NousToutes : 89,3 % des répondantes disent avoir déjà subi une pression de la part d’un partenaire pour avoir un rapport sexuel. Ce collectif « demande à ce que la question du consentement devienne un sujet politique »*. La validité de cette « enquête » se fait étriller par les commentateurs sur le monde.fr, quasiment unanimes :

P.Gaujard : Ce n’est pas une enquête c’est un appel à témoignages. ce n’est pas représentatif de quoi que ce soit. Que font les décodeurs? Ils ont été virés?

Michel Marie : Sur tous les sujets en rapport avec le féminisme, Le Monde se transforme en journal militant, et perd de vue tout ce qui fait la base du métier de journaliste. Ce quotidien ne fait que reprendre les positions de groupuscules sectaires et intolérants, sans même faire un effort d’analyse. La moindre enquête sérieuse commence par définir les termes employés. « Neuf femmes sur 10 disent avoir subi une pression pour avoir un rapport sexuel » selon le titre de cet article complaisant. Mais à aucun moment, la notion de « pression » n’est définie. Il ne s’agit donc pas d’une enquête mais d’un ramassis de propos de comptoirs.

Berjac : On commence par un appel à témoin qu’on assimile à une enquête sur échantillon représentatif. Puis on assimile une insistance légère ou lourde à un viol. Il y a quelques jours sur un autre article, on annonçait la fin de l’hétérosexualité. On finira par ne plus rien prendre au sérieux.

Jean Kazadi : Quelle différence fait-on entre courtiser et faire pression sur une femme ?

Philou : Moi aussi j’ai à accepté pour faire plaisir à ma copine. Moi aussi j’ai été réveillé. Ce qui est dramatique c’est le côté binaire qui est en train de gagner notre société. Moi, moi, moi et à la fin, aucun compromis. Avec aussi l’absence totale de la compréhension de la notion de nuance, de contexte etc etc. On met dans le même sac la violence physique qui est inacceptable et le concessions du vivre ensemble.

PV : Ma femme m’a invité à l’hippopotamus pour la St Valentin, j’étais fatigué et aurais préféré regarder la télé, s’agit il d’une pression à passer à la casserole une fois à la maison ?

Pierre HUBU : La plus à plaindre, c’est la dixième, celle qui n’a jamais subi aucune pression pour avoir un rapport sexuel…

Jean-Pierre Bernajuzan : Les commentaires vont de pire en pires. Si on leur dit qu’ils défendent le machisme, ils nient et trouvent une bonne raison, à côté, pour contester tous les efforts, toutes les études qui essaient de mettre à jour les pratiques réelles des Français, hommes et femmes, chacun avec leur ressenti.
Furusato : Non, JPB, c’est la malhonnêteté d’un certain féminisme, son travail au marteau sur des termes confus comme celui de pression. Exemple un des partenaires sexuels n’est pas vraiment excité,ne veut pas vraiment mais se dit bon je vais faire plaisir et s’y met ( parfois avec un excellent résultat), c’est arrivé maintes fois dans mon couple ….d’un côté ou de l’autre. Pression, auto-contrainte ? Et alors ? l’excitation sexuelle des débuts d’une relation , dans son alignement parfait des désirs, dure seulement deux mois en moyenne. Et après ?

Leonidas @ Bernajuzan : Selon une étude faites par moi même (niveau méthodologique équivalent à celui de ce collectif) : 99% des femmes sont opposées au féminisme hystérique et ne partage pas leur haine obsessionnel des hommes. C’est la preuve que ça n’a rien avoir avec du machisme ! Sauf si par « machisme » vous entendez ne pas se laisser insulter et marcher dessus par des hystériques totalitaires.

Catherine R. : Je suis une femme et ces nanas m’horripilent.

C.Carlin : On sait que les femmes passent des heures à trouver le meilleur maquillage, la meilleure tenue, le meilleur soutien gorges, etc pour s’attirer les regards sexuels et les faveurs des hommes. L’égalité est dans les deux sens : si elles veulent être « respectées » (càd pas remarquées, dans leur vocabulaire), alors elle ne doivent plus se mettre en scène non plus. Il faut être un peu logique.

28 février 2020 Sexualité, seins nus et Cour de cassation

10 février 2019 Nature de la sexualité et droit à la sexualité

30 décembre 2018 La bipédie, origine de notre sexualité très encadrée

13 janvier 2018 Sexualité et harcèlement, l’homme, un animal dénaturé

1er septembre 2011 nature et sexualités : le débat sur le genre humain

9 septembre 2009 démographie, sexualité éclairée

* LE MONDE du 4 mars 2020, Neuf femmes sur 10 disent avoir subi une pression pour avoir un rapport sexuel, selon une enquête

Sexualité, seins nus et Cour de cassation

Pour la chambre criminelle de la Cour de cassation, montrer sa poitrine pour une femme est constitutif d’une exhibition sexuelle, délit puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Oui, vous avez bien lu, en France il y a une «  haute juridiction » qui a des pudeurs de biche effarouchée. Cette Cour a toutefois relaxé la militante qui avait exhibé sa poitrine au musée Grévin de Paris, en juin 2014, reconnaissant une « démarche de protestation politique »*. Les mœurs ont évolué, les poitrines nues peuvent se montrer dans des publicités, des magazines ou à la télévision, mais pas devant la Cour de cassation. Du point de vue des écologistes, cette atteinte judiciaire au nudisme, au naturisme et à la libre disposition de son corps semble anachronique et rétrograde. Les commentateurs sur lemonde.fr écrivent tout le mal qu’ils pensent de cet arrêt :

Fratern : Il faudra que nos éminents juristes prennent des cours d’anatomie. Les organes sexuels se trouvent un peu plus bas. « Un organe sexuel se définit comme un organe impliqué dans la reproduction des Hommes, des animaux mais aussi des plantes (le pistil ou les étamines). Chez la femme, l’organe sexuel est l’ovaire. Plus largement, le terme d’organes sexuels englobe la vulve, les petites et grandes lèvres, le clitoris, le vagin… En anatomie, le sein n’a pas de caractère sexuel.

Hein : les seins, c’est seulement un caractère sexuel secondaire ! Pour certaines cultures, on sait que les cheveux féminins ont un caractère sexuel. Pour d’autres, les pieds. Enfin, les cultures multiplient les « caractères sexuels secondaires » artificiels : les bijoux, le maquillage… En revanche, les seins servent à allaiter.

GGR : « Une exhibition sexuelle est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende »… Quand j’étais jeune, la plupart des femmes étaient topless à la page. Ça en aurait fait du monde en prison chaque été !

JFG : Argumentation étonnante de la part de la Cassation, qui ouvre une boîte de Pandore. L’article 222-32 (NCP) vise « l’exhibition sexuelle » mais sans définir, d’aucune manière, ce qu’elle recouvre. Face à ce flou, le gouvernement de l’époque avait été conduit à clarifier la notion sous-jacente par une simple circulaire. Circulaire tellement floue qu’elle a été attaquée en justice, avec raison et succès (cas réel : un homme se masturbe devant un groupe d’adolescentes dans un camping naturiste ; la circulaire lui fait droit parce que l’espace considéré est exempt de qualifications d’exhibition ; la logique prévaut, heureusement, à l’encontre de cette circulaire, et il est condamné). Boîte de Pandore parce que, demain, on peut manifester entièrement nu/e/s. La jurisprudence Cass retient la qualification d’exhibition sexuelle, mais aussi la « démarche de protestation politique » pour fonder la relaxe…

Franck : La cour de cassation vient de décrédibiliser l’intégralité de ces jugements. Un mec torse nu, est-ce de l’exhibition de sexuelle ? Il y a fort à parier que cette vieille institution ne le jugerait pas de la même manière.

Claude GISSELBRECHT : « Cachez ce sein que je ne saurais voir » … Nouvelle tartufferie ?

Lesgalapagos : Quand est ce qu’un corps humain ne sera plus un tabou pour les humains ? Toutes ces lois sur l’exhibition sexuelle ne sont que des ersatz religieux qui entendent continuer de dominer les humains avec leurs a priori.

Sur ce blog biosphere, nous considérons la nudité comme conforme à notre nature. Car nu nous naissons, et par la suite nous nous nous habillons ou déshabillons comme le veut notre bon plaisir… sans succomber aux effets de mode vestimentaires ni aux diktats religieux.

7 août 2018, Nudité ou burka sur les plages, à chacun son propre choix

5 janvier 2015, Christiane Lecocq, la liberté d’être complètement à poil

* LE MONDE du 28 février 2020, Les seins nus des Femen sont bien de l’exhibition sexuelle, juge la Cour de cassation

Textile, la planète victime de la mode

Déshabiller la Planète pour habiller nos jolies filles et leurs mecs… c’est l’objectif des défilés de mode pour une industrie textile qui pollue autant que les transports maritimes et aériens réunis. LE MONDE fait une double page (14 et 15) sur les nuisances de l’industrie textile, rubrique économie*. Mais dans le même numéro, elle balance une double page (24 et 25) sur la fashion week milanaise, rubrique styles**. Schizophrénie assurée. Ajoutons d’un côté un article de fond sur les excès textile de la société de consommation***. ET de l’autre notre écolo en chef, le schizophrène Macron du « en même temps », organise son soutien au secteur textile à l’Elysée*** : 200 convives au palais de l’Elysée invités par le président de la République, membres du comité exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode, personnalités haut placées dans l’organigramme des grands groupes français (Hermès, LVMH, Kering, Chanel..). Le message délivré par Emmanuel Macron était très clair : honorer la création à l’occasion de la semaine de la mode. Toujours l’économie qui supplante l’écologie, mais ce n’est plus pour longtemps : il y a le coronavirus, ET le changement climatique, ET le pic pétrolier, ET le stress hydrique… On s’habillera comme on pourra dans les temps à venir. Quelques références à retenir :

« Pas de mode sur une planète morte. » Samedi 15 février 2020 à Londres, les défilés de la Fashion Week ont rencontré les pancartes hostiles d’Extinction Rebellion. Au nom de la protection de l’environnement, le Conseil suédois de la mode avait déjà annulé la fashion week de Stockholm en juillet 2019. Le secteur de l’industrie textile est emblématique de tous les excès de la société de consommation – en particulier, l’obsolescence programmée des produits, le cycle infernal des promotions, la surconsommation de produits non nécessaires et la mondialisation de l’économie. Les enseignes de la fast fashion, en renouvelant constamment leurs collections, nous poussent à acheter à l’excès, avec un modèle de prix bas qui implique de produire dans des pays à faibles coûts de main-d’œuvre. On achète deux fois plus de vêtements qu’il y a vingt ans et on les porte deux fois moins longtemps ! Cette industrie émet 2 % des émissions globales de gaz à effet de serre et consomme 4 % de l’eau potable disponible sur Terre.Toutes sortes de produits chimiques, métaux lourds, solvants chlorés, acides, entrant dans le traitement des tissus, finissent dans la nature. Il faut inclure encore les impacts du transport d’un pays à l’autre, des emballages… Notre responsabilité de consommateurs est immense, il nous faut résister au processus imitation/ostentation mis en évidence par Thorstein Veblen dès 1899.

Patagonia avait montré la voie il y a dix ans déjà, lors d’une campagne qui a marqué : « Notre veste a un impact écologique, donc l’acte le plus responsable que vous puissiez faire est encore de ne pas l’acheter si vous n’en avez pas besoin. » Quelques articles antérieurs sur notre blog biosphere :

29 octobre 2008, La mode se cherche un modèle écologique, en vain

2 mai 2018, Tendance écolo à la mode, ne rien acheter de neuf

10 juillet 2016, À lire, Théorie de la classe de loisir de T.Veblen (1899)

4 mars 2013, pour des vêtements androgynes, non au luxe et à la mode

3 octobre 2009, la mode, la mode, la mode…

14 novembre 2008, l’indécence du luxe

* LE MONDE du 26 février 2020, La planète victime de la mode

** LE MONDE du 26 février 2020, La parenthèse milanaise, la procession Gucci, Le barnum Moncler…

*** LE MONDE du 26 février 2020, « L’industrie textile est emblématique de tous les excès de la société de consommation »

**** LE MONDE du 27 février 2020, Quand la mode défile à l’Élysée

Coronavirus : pandémie et sélection naturelle

Le coronavirus pourrait-il servir de sélection naturelle pour l’espèce humain ? Le SARS-CoV-2 est sortie des frontières de la Chine. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne cache plus son inquiétude. « Ce virus est très dangereux. C’est l’ennemi public numéro un et il n’est pas traité comme tel », s’est alarmé son directeur général*. L’OMS ne parle pas encore de pandémie, mais tout devient possible. Voici quelques pensées sur la sélection naturelle :

sociétés premières : « Les Indiens Pirahãs réagissent à l’hostilité de l’environnement par un stoïcisme implacable est souvent difficile à supporter pour l’hôte. Comme la mort sans soin de la jeune Xaogíoso, au bord de l’eau, tandis qu’elle est en train d’accoucher dans l’indifférence de son entourage. » Cette société première estime que chacun doit affronter par lui-même les épreuves de la vie : c’est une forme de sélection. (LE MONDE du 10 juin 2010, « Le Monde ignoré des Indiens Pirahãs », de Daniel Everett : la langue la plus étrange)

1798, Malthus Thomas Robert : « Tournons maintenant nos regards sur les diverses contrées de l’Amérique. On expose généralement les enfants difformes ; et quelques peuplades du Sud font éprouver le même sort aux enfants dont les mères ne supportent pas bien les peines de la grossesse et le travail de l’enfantement, de peur qu’ils héritent de la faiblesse de leurs mères. C’est à de telles causes qu’il faut attribuer l’exemption remarquable de difformité qu’on observe chez ces sauvages. Et lors même qu’une mère veut élever tous ses enfants sans distinction, la mort en enlève un si grand nombre, par la manière dure dont on les traite, qu’il est à peu près impossible que ceux d’une constitution délicate puissent atteindre l’âge d’homme (…) Ainsi la faible population de l’Amérique répandue sur son vaste territoire n’est qu’un exemple de cette vérité évidente, que les hommes ne peuvent multiplier qu’en proportion de leurs moyens de subsistance. » (Des obstacles à la population dans les nations indigènes de l’Amérique / Malthus, Essai sur le principe de population (Flammarion 1992, tome 1, page 91 à 113))

1871, Charles Darwin : « Chez les sauvages, les individus faibles de corps ou d’esprit sont promptement éliminés, et les survivants se font ordinairement remarquer par leur vigoureux état de santé. Quant à nous, hommes civilisés, nous faisons, au contraire, tous nos efforts pour arrêter la marche de l’élimination ; nous construisons des hôpitaux pour les idiots, les informes et les malades ; nous faisons des lois pour venir en aide aux indigents ; nos médecins déplient toute leur science pour prolonger autant que possible la vie de chacun (p.179)… Comme l’a remarqué M.Galton, si les gens prudents évitent le mariage, pendant que les insouciants se marient, les individus inférieurs de la société tendant à supplanter les individus supérieurs (p.750).  » (La descendance de l’homme – 1871) extraits tirés du livre de Ivo Rens, Entretiens sur l’écologie (de la science au politique)

1926, Jean Rostand : « Nos sociétés donnent la possibilité de survivre et de se reproduire à des milliers d’êtres qui eussent été autrefois implacablement éliminés dès le jeune âge. La diminution de la mortalité infantile, les vaccinations généralisées entraînent un affaiblissement de la résistance moyenne de l’espèce. Il s’ensuit un avilissement progressif de l’espèce. Donc par l’effet de la civilisation, nul progrès à espérer pour l’animal humain, mais une décadence à craindre. » (L’homme, éditions Babelio)

1965, Jean Dorst  : « L’humanité, envisagée comme une population animale, a réussi à se débarrasser de la plupart des freins à sa prolifération au risque non négligeable de multiplier les maladies héréditaires, autrefois éliminées en plus grande proportion par la sélection naturelle. On a parfois tenté de se poser la question : faut-il condamner Pasteur en raison de ses découvertes ? Certes non. Mais l’homme se doit de trouver dans les plus brefs délais, un moyen de contrôler une prolificité exagérée, véritable génocide à l’échelle de la planète. Un premier moyen de régulation est l’émigration. Or cela n’est plus guère possible à l’heure actuelle car toute la planète est strictement compartimentée et coupée de barrières. Un deuxième procédé est l’augmentation du taux de mortalité. Certaines sociétés primitives éliminent les vieillards, tandis que d’autres préconisent l’infanticide. C’est impossible à envisager dans le cas de l’humanité évoluée. Le troisième procédé consiste à une diminution du taux de natalité. Aucune religion, aucune morale et aucun préjugé ne doivent nous en empêcher. Le jour où les peuples se jetteront les uns contre les autres, poussés par des motifs en définitive écologiques, cela serait-il plus hautement moral que d’avoir maintenu les populations humaines en harmonie avec leur milieu ? » « Avant que nature meure de Jean Dorst, éditons Delachaux et Niestlé)

2003, William Stanton : « L’avortement ou l’infanticide sont obligatoires si le fœtus ou le bébé s’avèrent très handicapés (la sélection darwinienne élimine les inaptes). Quand, par l’âge avancé, par un accident ou une maladie, un individu devient plus un poids qu’un bénéfice pour la société, sa vie est humainement arrêtée…  Le plus grand obstacle dans le scénario ayant le plus de chance de succès est probablement (à mon avis) la dévotion inintelligente du monde occidental pour le politiquement correct, les droits humains et le caractère sacré de la vie humaine… Aux sentimentalistes qui ne peuvent pas comprendre le besoin de réduire la population de la Grande-Bretagne de 60 millions à environ 2 millions sur cent cinquante ans, et qui sont outrés par la proposition de remplacement des droits humains par une froide logique, je pourrais répondre : ’Vous avez eu votre temps. » (William Stanton , The Rapid Growth of Human Population 1750-2000 : Histories, Consequences, Issues, Nation by Nation, Multi-Science Publishing, 2003) in Serge Latouche Le pari de la décroissance, Arthème Fayard/Pluriel, 2006, pp. 142-143)

2011, Alain Hervé : « Nous échappons aux régulations naturelles comme les épidémies. Pasteur a conjuré la mortalité infantile naturelle. Il ne savait pas qu’il contribuait ainsi à rompre l’équilibre démographique. Maintenant le milliard d’hommes qui naissent et meurent affamés n’accède plus vraiment à l’état humain, il en reste à un état infra-animal. On peut me traiter d’antihumaniste ; le politiquement correct est devenu une peste intellectuelle… » (Propos recueillis par Michel Sourrouille, chronique de mars 2011 parue sur lemonde.fr)

2015, Didier Barthès : « Aujourd’hui les individus mêmes porteurs de faiblesses physiques notables (n’y voyez pas un jugement moral ou dévalorisant) ne sont plus soumis à la sélection naturelle et donc, du point de vue génétique, peuvent transmettre ces faiblesses à leurs descendants. Ainsi aujourd’hui, l’augmentation du nombre de myopes est liée, certes au mode de vie – on regarde de près plus souvent que de loin désormais dans la vie quotidienne – , mais aussi au fait qu’une forte myopie n’est plus un handicap rédhibitoire comme elle le fut auparavant. Ce qui est vrai pour la myopie l’est pour beaucoup d’autres choses. Beaucoup de mécanismes de défense de l’organisme (ne serait ce que la force physique ou la résistance à certaines maladies) ne constituent plus des avantages et ne sont donc plus sélectionnés. Nous dépendrons de plus en plus de la médecine et de moins en moins de nos propres forces. Le jour où la société ne pourra plus assumer de lourdes charges en matière de soins, il est possible que la vie de beaucoup d’entre nous soit menacée. Je suis bien conscient du caractère dérangeant du point de vue que je défends et je ne suis pas un adversaire de la médecine dont je suis heureux à titre personnel de bénéficier comme chacun d’entre nous. Toutefois cela ne saurait me faire oublier que le problème se pose et que peut-être un jour l’humanité le paiera cher. »( Commentaire posté sur cet article, Mainmise de l’industrie sur nos repas : trop de sucre)

2016, Pierre Jouventin : « Darwin réalisa que les capacités de reproduction des espèces dépassaient très largement le nombre des descendants observés et donc qu’il existait une sélection naturelle qui triait en permanence les êtres vivants, ne laissant se perpétuer que ceux capables de s’adapter à leur milieu physique. Au fil des générations, seuls ceux qui sont parvenus à survivre et à se reproduire ont transmis leur patrimoine héréditaire. Cette sélection fut sans doute particulièrement rapide chez nos ancêtres parce que c’était urgent et vital pendant la délicate période d’adoption à un mode de vie radicalement différent de leurs ancêtres arboricoles. Le cerveau, qui était déjà remarquable par sa taille chez les primates, a été fortement sélectionné pour tripler en moins de deux millions d’années. Avoir une gros cerveau n’est pas nécessairement un avantage pour durer, tout au contraire puisque des plantes, des microbes et des animalcules sans système nerveux sont parvenus à se perpétuer pendant des millions d’années, et qu’ils risquent fort de nous survivre. La solution de l’accroissement du cerveau semble un échec inévitable et prévisible de l’Évolution. Sommes-nous une espèce ratée, pathologique, alors que les autres animaux sont fonctionnels, construits pour durer, avec sans doute moins de cervelle, mais moins d’excès et de démesure, avec peu de culture et beaucoup d’instinct pour éviter de se perdre comme nous dans des idéologies fumeuses ? La sélection s’est-elle un peu relâchée chez Homo sapiens et avons-nous régressé intellectuellement à cause de notre douce vie de civilisé ? C’est en tout cas ce qui est arrivé aux chiens qui ont perdu lors de la domestication un tiers du volume cérébral de leur ancêtre sauvage. Le loup il est vrai doit exploiter toutes ses aptitudes motrices et sensorielles pour survivre. » (L’homme, cet animal raté, aux éditions Libre et solidaire)

* LE MONDE du 23-24 février 2020, La propagation du coronavirus inquiète l’OMS

Sport spectacle, pieds nus et tout nus

C’est la fin programmée des records mondiaux : le sportif utilisait 65 % de ses capacités physiques en 1896 (début des JO), contre 99 % actuellement et 99,95 % en 2025 si on prolonge les tendances. Les sportifs de haut niveau s’entraînent dorénavant plusieurs heures par jour contre presque rien  en 1896 ; ils ont des préparateurs physiques, une gestion rationnelle de l’alimentation, on atteint les limites, on échappe normalement au délire olympique du « citius, altius, fortius » (plus vite, plus haut, plus fort). Alors reste les prothèses technologiques et cela pose débat. La pharmacopée dopante est prohibée, fin officielle du dopage. La combinaison de natation grâce à laquelle la peau des nageurs s’apparentait à la peau des dauphins (en polyuréthane) est désormais interdite : elle augmentait la vitesse des nageurs de 3 %. Aujourd’hui se pose le problème des chaussures.

Les nouvelles Vaporfly de l’équipementier Nike relèvent du dopage technologique : des sandales qui allient« légèreté de la chaussure », « amorti, stockage et renvoi de l’énergie [grâce à la semelle en mousse zoomX] » et « rigidité en flexion [permise par la plaque en fibre de carbone] »*. Des innovations qui conduisent à une amélioration des performance jusqu’à 4 % en moyenne à une vitesse de 18 km/h . Le 12 octobre 2019, le Kényan Eliud Kipchoge, chaussé du dernier prototype de Nike, avait abaissé pour la première fois la barrière des deux heures sur marathon. En 2 h 14 min 4 secondes, sa compatriote Birgid Kosgei avait éclipsé des annales le record du monde féminin de la Britannique Paula Radcliffe. World Athletics, la fédération internationale, n’est pas allée jusqu’à l’interdiction des chaussures déjà sur le marché. Elle a en revanche annoncé, le 31 janvier 2020 geler l’introduction de toute nouvelle technologie dans les chaussures jusqu’aux Jeux olympiques de Tokyo (24 juillet-9 août 2020). Les équipementiers devront désormais faire valider chaque nouvelle innovation par un groupe d’experts, mais World Athletics, se dit « ouvert à un dialogue contenu avec les fabricants de chaussures ».

A la différence du maillot de bain qui paraît pour les pudibonds indispensable dans les compétitions de natation, il n’y a aucune obligation aujourd’hui à mettre des chaussures pour courir en compétition. Tour le monde devrait connaître l’Éthiopien Abebe Bikila, vainqueur pieds nus du marathon olympique de Rome en 1960. En 1996 aux JO d’Atlanta, les athlètes comoriens, dont la Fédération n’avait pas les moyens de leur offrir les dernières chaussures de sprint qui équipaient leurs adversaires, ont couru pieds nus pour protester contre la « course à l’armement ». Imaginons un athlète prometteur et ambitieux. Il se fait amputer au dessous des genoux pour se faire poser une prothèse en lames de carbone : il y aura restitution de 30 % d ‘énergie en plus que le pied quand il était intact. La course à pied peut-être, mais pieds nus puisque le sport n’est en soi ni une performance nationaliste, ni le spectacle de sa marchandisation. Les sportifs doivent rester des amateurs et pratiquer les Jeux Olympiques comme dans l’antiquité, entièrement nus de la tête aux pieds, et sans sponsors. Pour bâtir un alter-JO écolo, nous suggérons aussi la fin de l’hyperspécialisation : chaque athlète devrait concourir dans quinze disciplines différentes. Enfin l’écologie devrait être aux avant-postes : pas de déplacement des sportifs et des spectateurs, chacun concourt près de son lieu de résidence pour éviter le coût énergétique des déplacements…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphère :

29 août 2011, artificialisation du sport et fin de la compétition

8 août 2008, les JO ? Plutôt courir pieds nus !

* LE MONDE du 1er février 2020, Les « chaussures miracles » Vaporfly de Nike autorisées aux Jeux olympiques, mais…

Écovégétarien, flexitarien, végétalien…

Christian Rémésy : nous avons développé un clivage entre végétarien et non végétarien, centré sur la consommation de viandes, sauf que l’urgence climatique exige plutôt de faire la part entre calories d’origine animale ou végétale. La nécessité de lutter contre les anciens clivages commence à être dénoncée et certains se qualifient maintenant de flexitarien pour signifier qu’ils sont des mangeurs occasionnels de viandes. Nous aurions besoin d’un mot plus signifiant, celui d’« écovégétarien », que je vous invite à adopter dans la vie de tous les jours. Une attitude écoresponsable devrait donc nous conduire à diminuer d’environ de moitié notre consommation de produits animaux pour que la part des calories animales dans nos assiettes passe de 30 % à 15 % des calories totales. A titre indicatif, cela équivaut à consommer de la viande (environ 100-120 g) seulement quatre ou cinq fois par semaine, du poisson une fois par semaine, des produits laitiers quatre ou sept fois, des œufs deux à quatre fois et de la charcuterie quatre ou cinq fois par mois seulement. Etre « écovégétarien », c’est aussi opter pour le bio en évitant ses dérives industrielles. C’est enfin un atout remarquable pour rester en bonne santé. Mais les pouvoirs publics évitent de se prononcer clairement pour ne pas avoir à affronter les puissants lobbies de l’élevage.*

Sur notre blog biosphere, quelques variation sur végétarien, végétalien, vegan, lovavore, extraits :

12 septembre 2019, Le repas végétarien à l’école, enfin !

Dans un pays ou seulement 5 % de Français se déclarent végétariens, et 35 % « flexitariens », l’appropriation culturelle du repas végétarien est un processus long, trop long. Dix ans pour que l’État réagisse enfin ! Le 29 mai 2009 L’A.V.F. (Association Végétarienne de France) avait lancé la campagne pour « un jour végétarien hebdomadaire en France » à la suite de l’initiative de la ville belge de Gand. Elle travaillait en partenariat avec toutes les organisations se reconnaissant dans l’intérêt du « Lundi Jour Végétarien »…

11 juin 2012, Locavore, l’art de cuisiner dans le futur

Les locavores mangent local. Tout ce qui n’a pas été produit, préparé et emballé dans un rayon de 160 km (ou 30, ou 200) est interdit de séjour dans les assiettes de ceux qui adoptent la façon de manger locavore.  Le New Oxford American dictionary a fait de locavore son mot de l’année 2007. Ce sera le mot d’ordre du XXIe siècle. Pour économiser l’énergie et conforter la sécurité alimentaire, il faudra produire et consommer le plus possible localement sa nourriture. Mais le locavore que nous deviendrons tous de gré ou de force après le choc pétrolier n’aura pas la vie facile. Manger local, ce sera souvent faire vache maigre, avec de préférence un régime très végétarien…

28 aout 2017, Végan, l’art de l’ersatz et de la confusion des valeurs

Il est discutable de vouloir confondre les végétariens, les végétaliens un peu plus radicaux, et les extrémistes végans pour qui tout produit issu de l’exploitation animale est à bannir. Il est encore plus contestable de réduire le débat à la question qui tue : « Est-il loisible, recommandé ou condamnable de tuer des animaux pour les manger ? » Il est sans consistance aucune d’évoquer « des raisons morales » au choix végan. A force d’approximations, il s’agit pour cette militante du véganisme de laisser le lecteur dans l’ignorance de ce que veulent dire les mots et les pratiques. Éclairons le débat. Le végétarisme exclut tout régime alimentaire basé sur la consommation de chair animale (viande, poissons ou crustacés). Le végétalisme s’interdit en outre tout produit issu des animaux, œufs, miel, laitages. Le véganisme va encore plus loin et récuse toute forme de contact avec les animaux, le cuir, la soie, la laine et tout produit contenant des matières animales…

* LE MONDE du 19-20 janvier 2020, « Devenir “écovégétarien” offre l’espoir d’être plus en harmonie avec le monde vivant »

La fin des inégalités, c’est pour demain !

Notre société est toujours une royauté, avec ses privilégiés qui n’ont pas un carrosse mais un avion personnel, par de palais mais des demeures luxueuses disséminées dans le monde entier, pas de jets d’eau dans le jardin mais des palaces flottants dans les paradis fiscaux. Rares sont les transfuges de cette super-classe. Abigail Disney, une des héritières de l’empire Disney, a adhéré en 211 au club des Patriotic Millionaires, les millionnaires patriotiques, super-riches culpabilisant de l’être un peu trop. En octobre 2019, Abigail a reçu la distinction de « traître de classe », décernée par l’Union pour une économie juste, une association fondée par Chuck Collins, 60 arrière-petit-fils du magnat du hot-dog, Oscar Mayer. Un social-traître lui aussi : à 26 ans, il distribuait la totalité de son héritage à des organismes de justice sociale et environnementale.*

La différence de revenus entre personnes est non seulement injustifié d’un point de vue économique, mais insupportable d’un point de vue écologique. Un jour où Abigail voyageait, seule dans le Boeing 737 familial, installée dans son grand lit, elle a réalisé que l’avion était un peu disproportionné. « L’empreinte carbone, le carburant. Je me suis dit que c’était totalement erroné. » En mars 2018, on l’informa qu’à Disneylan. le personnel n’arrivait plus à joindre les deux bouts. « C’était censé être l’endroit du plus parfait bonheur sur terre, et les employés étaient si mal payés qu’ils étaient obligés de dormir dans leur voiture ou de se nourrir dans les banques alimentaires », a-t-elle relaté. Parallèlement, Disney avait enregistré un profit de 13 milliards de dollars et son PDG, Bob Iger, avait été gratifié d’une rémunération de 65 millions de dollars. Soit plus de mille fois le salaire médian des salariés. Comment passer de ce cas particulier à une proposition globale ? Avec les Patriotic Millionaires, Abigail Disney fait maintenant campagne pour imposer une surtaxe de 1 % aux compagnies qui rémunèrent les patrons de 50 à 100 fois plus que les salariés – et de 4 % si le ratio est de plus de 300. La législation ne s’appliquerait qu’aux entreprises qui réalisent plus de 10 millions de dollars de revenus imposables. On peut aller beaucoup plus loin. Nos principes de base sur l’égalisation des conditions reposent sur deux points :

– La propriété, c’est le vol. L’homme ne travaille pas socialement pour lui-même mais pour le bien commun. Il n’a aucun droit absolu sur « son » entreprise », « son » capital, « sa » maison, « son » salaire, etc. C’est un locataire perpétuel temporairement embarqué dans des structures collectives qu’on appelle entreprise, capital financier ou technique, maison pavillonnaire ou HLM, participation à la valeur ajoutée de l’entreprise (pour le paiement des salaires ou le bénéfice)….

– A travail égal, salaire égal. Il n’y a pas d’inégalité de valeur entre le travail d’un éboueur et celui d’un PDG. Ils sont aussi utiles à la société l’un que l’autre, ils dépendent autant l’un de l’autre, ils ont les mêmes besoins matériels. Alors pourquoi alors à travail égal un revenu différencié ? L’unité monétaire devrait être définie par l’heure de travail, seul le nombre d’heures travaillées ferait la différence de revenu entre dirigeant et dirigés. Pratiquons la simplicité volontaire, exigeons des cadres et des patrons de faire de même.

Rappelons l’essentiel de notre article « Salaire élevé d’un patron, n’acceptons pas l’injustifiable » : L’inégalité des revenus permet à certains d’avoir une empreinte écologique démesurée alors que d’autres personnes vivent en dessous du minimum vital. Qu’est-ce qui justifie cet état de fait ? Aucun dirigeant d’entreprise n’a à lui seul le pouvoir de faire de l’argent. En fait il bénéficie du groupe de travail que constitue l’ensemble des travailleurs de l’entreprise. Sans personne à sa disposition, un patron n’est qu’une personne indépendante qui ne peut compter pour gagner de l’argent que sur ses propres forces; les artisans et commerçants travaillent beaucoup et ne gagnent pas grand chose. L’autre aspect est le chiffre d’affaires de l’entreprise, c’est-à-dire l’apport d’argent par les consommateurs. Plutôt que de rémunérer le seul patrons sur les bénéfices, on peut aussi bien distribuer l’argent à l’ensemble du personnel ou, mieux, redonner le surplus d’argent aux consommateurs en diminuant les prix de vente. D’ailleurs les montants versés aux dirigeants ne dépendent pas de leur « performance » individuelle mais de la taille de l’entreprise. Plus l’entreprise est grande, plus sa valeur ajoutée permet les fortes rémunérations d’une seule personne… avec la bienveillance d’un conseil d’administration inféodé à ce patron. Admettons qu’un patron travaille 15 heures par jour sept jours sur sept en pensant certaines nuits à son entreprise. Même dans ce cas il ne devrait être payé que trois fois la somme donné au travailleur de base de son entreprise, il ne turbine pas du chapeau plus de 100 heures par semaine ! En savoir plus grâce à notre réseau biosphere :

http://biosphere.blog.lemonde.fr/2011/04/06/supprimons-les-inegalites-de-salaires/
http://biosphere.blog.lemonde.fr/2011/04/07/supprimons-les-inegalites-de-salaires-suite/
Comment les riches détruisent la planète d’Hervé Kempf (Seuil, 2007)

* LE MONDE du 23 janvier 2020, Abigail Disney, héritière et « millionnaire patriotique »

Dry January, janvier sans alcool, dur dur

L’opération « Janvier sec » ou « Dry January», qui consiste à suspendre sa consommation d’alcool pendant un mois, devait être soutenue par l’agence nationale Santé publique France, mais voilà que le vigneron triomphe : elle se fera sans l’État*. Macron ne veut pas de diète alcoolique, il est bien entouré. Désignée conseillère agriculture du président en mai 2017, Audrey Bourolleau a accompagné Emmanuel Macron tout au long de sa campagne. Mais elle était aussi déléguée générale de Vin & Société depuis 2012. Créditée pour avoir mené, en 2015, la dernière offensive victorieuse de détricotage de la loi Evin – les contenus consacrés au « patrimoine culturel, gastronomique ou paysager liés à une boisson alcoolique » ne sont plus considérés comme de la publicité mais comme de l’information ! La ministre de la santé, Agnès Buzyn, fait profil bas.

Paradoxe bien connu dans nos société marchandes, la contradiction ne fait pas peur. LE MONDE « science&médecine » du 22 janvier montre comment le lobby de l’alcool sape la prévention. Et le supplément « LE MONDE des vins » du 21 janvier était uniquement consacré à vanter les soirées alcoolisées, mais en bio s’il vous plaît : les promesses du bio, 75 flacon bons et bio à moins de 25 euros, et même l’appui de Mario Vargas Llosa « come une lange, le vin relie les hommes » ! Il est vrai que le Prix Nobel de littérature est aussi lauréat du prix littéraire Château La Tour Carnet 2019 : « Je ne consomme pas d’alcool fort. Mais je déguste seulement du rouge le soir, pas au déjeuner, sinon je suis paralysé et je ne peux pas travailler. Un jour, un médecin m’a recommandé d’arrêter l’alcool pendant un mois. Je lui ai avoué que je ne buvais que du vin. Cela l’a rassuré, et il m’a dit que ce n’était pas de l’alcool ! Je lui ai alors demandé ce qu’était le vin. Il m’a répondu : « C’est la civilisation. » Quelle civilisation ? C’est la marque de l’intoxiqué d’aimer la source de son addiction, surtout quand il est payé pour en faire la propagande, le prix était doté de 20 000 euros. .

C’est la marque de notre société marchande d’imposer ses produits mêmes toxiques aux consommateurs par différents moyens, politiques, publicitaires et agents de liaisons. Qu’elle dure un mois ou toujours, les alcooliers ne veulent pas de l’abstinence. Au cauchemar de la sobriété, ils préfèrent la « modération » toute l’année. Le détournement des repères par le lobbying viticole est d’autant plus lourd de conséquences que, depuis la fin des années 2000, les études scientifiques qui s’accumulent finissent de balayer le mythe des effets bénéfiques de l’alcool consommé avec « modération ». Face aux avancées de la science, tous les moyens sont bons pour ignorer les faits. Un éditorial de La Revue du vin de France vilipende les « associations hygiénistes qui font régner la peur en associant le vin à la mort et au cancer », n’hésite pas à parler de « camarilla prohibitionniste », de « censeurs », de « ligues de vertu », du « carcan mortifère de la loi Evin », qui encadre le tabac et l’alcool. « Il faut réagir, s’enflamme le directeur de la rédaction, cesser de financer ces associations parasites qui préconisent la ruine de notre secteur viticole, le reniement de notre culture. » Comment résister au déferlement de la haine quand on touche aux intérêt financiers ? Face au pouvoir de l’argent, la résistance n’est que symbolique, janvier sec, semaine sans écrans, lundi végétarien, etc. Mais ce n’est pas parce qu’on est minoritaire qu’on n’a pas raison. Le détournement des repères par le secteur est d’autant plus lourd de conséquences que, depuis la fin des années 2000, les études scientifiques qui s’accumulent finissent de balayer le mythe des effets bénéfiques de l’alcool consommé avec « modération ». L’alcool est la deuxième cause de mortalité prématurée évitable après le tabac. Vin, bière ou rhum : tous les alcools ont les mêmes effets. Pour en lire plus sur notre blog biosphere :

27 janvier 2019, Même le vin bio, c’est pas bien, c’est pas beau

13 février 2012, dur pour un écolo de refuser de trinquer ?

* LE MONDE du 22 janvier 2020, Comment le lobby de l’alcool sape toute prévention prônant l’abstinence

** LE MONDE du 21 janvier 2020, Mario Vargas Llosa : « Comme une langue, le vin relie les hommes »

Nous aimons beaucoup trop les feux d’artifice

Chaque nuit du 31 décembre, les crépitements et détonations d’objets pyrotechniques à tous les coins des rues allemandes créent une ambiance festive. Mais c’est source de pollution atmosphérique, de blessures graves… les pétards de la Saint-Sylvestre se trouvent sous le feu des critiques. Pour les commerçants, cette tradition est une aubaine, un chiffre d’affaires de 133 millions d’euros en 2018. Cependant, l’orgie pyrotechnique de la Saint-Sylvestre libère 5 000 tonnes de particules fines en une nuit, soit 16 % de la pollution causée par le trafic routier en une année. En dépit de la polémique, les Allemands restent attachés aux feux d’artifice ; 84 % d’entre eux attendaient avec impatience les Feuerwerke de 2019. Ainsi va la vie, nourries de contradictions. L’humain occidentalisé est soumis à des injonctions contradictoires, aller en voiture au travail pour s’acheter des feux de Bengale et respirer en y allant un air vicié rempli de gaz à effet de serre. La dissonance cognitive ou « double pensée » nous joue des tours et nous empêche d’agir comme il faudrait. Difficile de se passer de ses habitudes de plaisir et des feux d’artifice ! Difficile de se passer de ses habitudes de pensée, comment envisager l’absence de pensions de retraite dans l’avenir ! Difficile de se passer de tabac même s’il est inscrit sur son paquet de clopes « fumer tue » ! Les commentateurs écolo-sceptiques se déchaînent sur lemonde.fr* sans avoir conscience de leurs propres dissonances cognitives :

Luc Grinand : C’est quand même atterrant de fanatisme d’en arriver là. Quand il y a un problème de pollution aux particules fines, c’est que l’air est stagnant et que les gaz d’échappements des voiture s’accumule dans les villes, mais l’alerte retombe assez vite… pour la simple et bonne raison que les particules ne sont pas des gaz, elles retombent par terre sous 24-48h… c’est vraiment de l’écologie a la con que de parler en portion des émissions annuelles pour un problème qui n’a lieu qu’un jour par an, d’ailleurs si ça représente une telle « proportion » c’est justement parce que la réglementation a efficacement réduit les émissions de particules fines des voitures. Imaginons qu’on interdise les barbecue au prétexte que « ohmondieu ça représente 30% de nos émissions ! » ? c’est ça l’idée ? Faudra pas s’étonner de se faire traiter de khmer verts hein…

Azerty : Le fanatisme, est-ce remettre en question ses habitudes/traditions au nom d’une cause noble et primordiale ou dénigrer ceux qui remettent en question leurs habitudes/traditions au nom d’une cause noble et primordiale? Vaut mieux être khmer vert que khmer réac..

Untel : L’écologisme part du principe que nous sommes dans le péché, collectivement, en tant qu’éléments du genre humain. L’essentiel de son travail consiste à fournir des formes de rédemption à ses adeptes (ex. ne pas manger de viande) et à trouver des rebuffades pour les autres, les infidèles (ex. les priver de festivités de fin d’année : pas de foie gras, pas de feu d’artifice, pas d’achat de cadeaux pour les enfants au Black Friday).

Escorailles @ Untel: C’est très décevant, vous n’avez pas réussi ou songé à caller « bobo ecolos parisiens » dans votre texte. Vous baissez Untel, vous baissez…

Olivier Dobson : 16% des particules fines d’une année de trafic routier en une nuit ! Même si c’est pas encore gagné, je suis satisfait de voir que les lignes bougent, au final. Avec Rennes qui interdit les chauffages de terrasses ça donne un peu d’optimisme en cette fin d’année. haut les cœurs !

Luc Grinand : oh ça va, les particules fines ça retombe, c’est pas un gros problème, contrairement a tout le CO2 que recrachent leurs foutues centrales a charbon et leurs aciéries pour leur précieuse industrie automobile. ah mais non, suis-je bête, on sauvera le monde en interdisant les pétards ! Soit l’art et la manière d’agiter un hochet devant le public pour faire croire que les choses bouges quand en réalité on ne fait rien.

Olivier Dobson @ Luc Grinand : quand on se renseigne un peu et qu’on s’en tient aux faits, on évite de donner dans un anti-germanisme franchouillard, daté et peu éclairé, et c’est mieux. L’Allemagne produit beaucoup d’énergie renouvelable, est en plein débat pour sortir du charbon (ce qui est chose compliquée maintenant que leurs centrales nucléaires sont arrêtées), et non, les particules fines ne retombent pas sur terre, à plus forte raison par temps sec et quand une grosse chape de hautes pressions persiste au dessus du pays comme c’est le cas en ce moment. AVC et infarctus sont fortement corrélés au taux de PM5 et 10…

Olivier MT : Les enfants allemands trépignent jusqu’à ce que leurs parents cèdent et finissent par acheter pétards et feux d’artifices. Chaque année intense polémique sur la nécessité de les interdire ou non. Il y a 30 ans déjà, au nom de la sécurité, maintenant au nom de l’environnement. Le résultat est le même : ça continue.

* LE MONDE du 2 janvier 2020, En Allemagne, l’engouement pour les feux d’artifice du Nouvel An fait débat

Noël autrement, Noël écolo

Que dire quand on est écolo à l’approche de Noël ? De la sobriété, de la sobriété et encore plus de sobriété, le plus possible heureuse. Mais pour porter ce message, il ne faut pas trop attendre de l’écologie institutionnelle, accaparée par l’organisation de diverses élections ou le soutien aux grévistes du 5 décembre. Même le mensuel « La Décroissance », trop occupé à fêter ses 20 ans, ne dit pas un mot de la gabegie des fêtes de Noël dans son dernier numéro*. Fin 2005, des mouvements catholiques avaient bien lancé un appel « vivre Noël autrement ». Ils avaient diffusé une affichette avec le slogan : « Noël, bonne nouvelle pour la Terre » puisque « Jésus nous offre un monde nouveau, sans caddies pleins de cadeaux qui comblent les armoires et les décharges. » Les tracts invitaient à consommer moins et à se rapprocher de ses voisins avec lesquels la fête sera plus belle encore sans faire des kilomètres inutiles avec sa voiture, en offrant un peu de temps, un sourire, une oreille attentive, en inventant des gestes qui contribuent à sauver l’air, la terre, la mer, les forêts. Ce mouvement est resté confidentiel, il est même tombé en léthargie. Reste toujours la grande foire commerciale qu’est devenu Noël, l’occasion pour chaque Français de dépenser quelque 570 euros en moyenne avec des enfants sur-gâtés et des cadeaux qui seront revendus au Bon coin. Apothéose consumériste annuelle sans contradiction possible ? Pas sûr !

Je remarque un tournant dans les médias vers un Noël plus responsable. Prenons un journal pas spécialement écolo, LE MONDE*. Du repas de fête aux cadeaux en passant par la déco, on nous donne de multiples conseils. Evitez les sapins artificiels, l’empreinte écologique est désastreuse, comptez 48,3 kg de CO2 contre 3,1 kg pour un arbre naturel. A ce rythme, il faudrait conserver son sapin en plastique plus de 15 ans pour amortir son bilan carbone. Pour la déco, avant de courir acheter de nouvelles boules et guirlandes, sortez du grenier une guirlande un peu déplumée, un Père Noël de guingois, et on répare ce qui est cassé au lieu de remplacer. Pour le repas, donner aux convives quelques boîtes alimentaires en carton afin qu’ils repartent avec les inévitables restes. Pas de produits carnés en entrée, 75 g seulement de viande ou poisson par personne avec un bel accompagnement de légumes. Le plastique est à bannir, privilégiez les jouets en bois et les productions artisanales locales. Privilégiez le train à la voiture et à l’avion, résister à la tentation d’aller retrouver le soleil à l’autre bout de la planète. Etc. etc.

Je dirais dans ce contexte médiatique qu’il n’y a plus besoins de partis écolos. Les menaces qui pèsent sur notre avenir sont suffisamment intenses et reconnues par différentes études pour que l’opinion publique, via les médias, intériorise la nécessité d’une sobriété partagée. Mais il faut reconnaître que les autres partis sont loin d’être devenus écolos et que les élections ont besoin d’Europe Ecologie Les Verts. Avec quel discours ? Le nouveau secrétaire national, Julien Bayou, exprime dans Mediapart l’idée d’un « dépassement ». Le contour reste flou, « cristalliser un troisième pôle entre Macron et Le Pen ». On en reste à la politique politicienne, le nécessaire changement de comportement est évoqué à la marge par Julien : « Pour sauver le climat, nous devons tout repenser, et tout changer dans nos manières de produire, consommer, nous déplacer, habiter nos villes, en sortant du règne de la marchandise et de la croissance. » D’accord, mais cela reste très superficiel. Que pense Julien de la fête consumériste de Noël ?

* numéro spécial décembre 2019-janvier 2020

** LE MONDE du 2 décembre 2019, Sapins certifiés, boules en bois et cadeaux immatériels : des idées pour un Noël (plus) écolo

Faut le faire, ce sera Noël sans cadeau

Décroissant sous le sapin. Pour en finir avec le mythe de la croissance, Noël est un bon indicateur de notre aptitude réelle à changer. Car qui est vraiment prêt à dire à ses proches le jour J : «  Je ne vous ai rien acheté, car on va crever de surconsommation, et je préfère favoriser la vie » ? Combien sommes-nous à regarder en face ceux qu’on aime… sans rien leur offrir ? Combien sommes-nous à fabriquer nous-mêmes nos cadeaux ? Très peu, trop peu. (édito du Kaizen, novembre-décembre 2019)

La meilleure démarche pour un Noël sans cadeau, c’est de nier au cadeau toute valeur pour cette fête. Trop d’enfants n’ont plus accès à cette joie que procure des choses simples. Ils sont blasés devant l’excès et ont perdu la saveur de l’attente et de la patience devant la rareté. Un rituel comme celui de Noël ne devrait être là que pour nous ramener à l’essentiel, contribuer à la fraternisation et à la cohésion de nos groupes sociaux. Que dire à nos enfants ? A ma petite fille de 4 ans à qui je voulais faire prendre conscience des réalités, j’avais posé la question de l’origine des cadeaux : qui les fabriquait ? Elle me répondit du tac au tac que ce n’était pas un problème, les lutins dans le ciel s’en chargeaient… Comment faire ressentir l’exploitation des enfants dans les pays pauvres qui triment pour presque rien en fabriquant les cadeaux qui arrivent soi disant dans nos cheminées ? Que peuvent penser les enfants quand ils prendront conscience de l’énorme mensonge quand ils s’apercevront que le Père Noël n’est qu’affabulation ? Il faut dire et redire à quel point cette fête sainte est devenue un extraordinaire business. C’est important de sensiblerie les enfants à l’aspect mercantile et commercial de cet événement.

Rappelons que la nuit du 24 au 25 décembre, les parents déploient des trésors d’imagination pour faire croire aux enfants que les cadeaux tombent littéralement du ciel. La figure du Père Noël est intimement liée à la société de consommation avec la frénésie d’achat de cadeaux. On cultive la toute puissance de l’enfant qui aura l’idée de « ce que je demande, toujours je l’obtiens ». Et ensuite on se plaindra qu’ils deviennent des enfants gâtés qui réclament toujours plus de cadeaux, ne se rendent pas compte de leur valeur, manque pour finir de reconnaissance envers ceux qui leur offrent. Et si Le Père Noël devient un moyen de chantage « Sois sage, sinon le Père Noël ne passera pas », c’est aussi néfaste car l’enfant peut intégrer qu’il faut faire pour plaire, et si on ne le fais pas on n’est pas digne d’amour. Maria Montessori écrivait à propos du Père Noël : « Mais comment ce qui est le fruit de notre imagination d’adultes pourrait-elle développer l’imagination des enfants ? Nous seuls imaginons et non eux : ils croient, ils n’imaginent pas. » Il ne faut pas mentir à nos enfants et jouer avec leur crédulité. (Faire croire au Père Noël, mensonge ou magie ? in Kaizen, novembre-décembre 2019)

Rappelons aux adultes que le Père Noël est une invention récente qui apparaît seulement en 1823 dans un poème du pasteur américain Clarke Moore : un bonhomme à barbe blanche, assis dans un traîneau tiré par des rennes, apporte des cadeaux aux enfants le soir de Noël. Les couleurs rouges et blanches de son vêtement sont le fait de Coca-Cola en 1931. La marque s’est emparé d’un mythe devenu populaire et habille le vieillard à ses couleurs en le faisant boire la célèbre boisson pour qu’il reprenne des forces pendant la distribution de jouets. Ah Ah Ah, Noël glouglou !