Écologie, la peur peut être bonne conseillère

Climat : les trois quarts des jeunes jugent le futur « effrayant ». 45 % des jeunes sondés affirment même que l’écoanxiété (solastalgie) affecte leur vie quotidienne, 39 % hésitent à avoir des enfants. . L’échec des gouvernements à faire face à la crise renforce cette détresse. Pire, le sondage a été mené avant l’enchaînement de catastrophes climatiques meurtrières de cet été, qu’il s’agisse des inondations en Allemagne, en Belgique ou en Chine, du cyclone Ida aux Etats-Unis ou des incendies en Californie, en Grèce, en Turquie ou en Sibérie. Historiquement, nous sommes passés d’une époque où on avait surtout peur de la nature sauvage à une peur face aux atteintes que nous infligeons à la nature. Cela fait longtemps que notre blog biosphere montre que la peur devient omniprésente :

23 juin 2019, Eco-anxiété, dépression verte, « solastalgie »

24 octobre 2018, Tout va s’écrouler ? Même pas peur !

15 décembre 2017, Peur du terrorisme, insouciance totale pour le climat

19 décembre 2016, Des chiffres, rien que des chiffres, à faire peur

24 octobre 2015, La peur écologique renforcera la peur « des autres »

13 janvier 2015, « Le marketing de la peur », un livre de Serge Michels

31 août 2012, Culture de la peur et extrémismes, Rachel Carson ?

1er mai 2012, Maurice Tubiana : arrêtons d’avoir peur !

17 avril 2012, Nomophobie, la peur sans portable

12 mai 2010, j’ai peur d’être écolo

2 septembre 2007, peur de la nature ?

Les commentateurs sur lemonde.fr nous en disent plus :

De ma fenêtre : Cette enquête confirme ce que nous avons vécu avec nos enfants cet été lors d’une conversation. Celui de 13 ans nous a fait a part de sa peur du futur. Sa conclusion : « Vous avez de la chance, vous serez morts »

Brutus : On peut faire la même enquête sur la peur de la guerre nucléaire, les résultats dans les années 70 auraient été pas mal. Au niveau plus local, on peut faire une enquête en Afghanistan sur ce que pensent les femmes de leur futur. En Tchétchénie, Pologne, Nigéria sur le futur selon les homosexuels. Au Texas, on peut demander leur avis sur leur avenir aux jeunes filles qui ne veulent pas tomber enceinte. En Somalie ou en Haïti, ce que pensent les habitants de leur futur alimentaire. En Corée du Nord, on ne peut pas mener d’enquête. Et Elon Musk répondra qu’il a peur de l’intelligence artificielle future. Etc…

Nawak : Pauvres enfants…qu’auraient ils eu comme angoisses il y a 2 ou 3 siècles face aux incertitudes de ces temps oubliés ? Guerre, violence, famine, épidémie, absence de soins, d’éducation, d’accès à la santé…

ayhdk @Nawak : Sauf qu’à l’époque les possibilités de changement étaient réelles et les améliorations ont eu lieu, là il n’y a plus de plan B…

Michel SOURROUILLE : La façon anxiogène dont le catastrophisme est présenté conduit notre cerveau à éviter totalement le sujet. C’est sur ce constat psychologique que surfent les anti-écolos. Rachel Carson a publié son livre « Le printemps silencieux »  en 1962. En résumé, l’usage du DDT (insecticide) tue les oiseaux, le silence règne sur les champs. Un site Internet commente : « La rhétorique extrémiste de Rachel Carson a généré une culture de la peur. » Lorsque des extraits du livre de Rachel ont été publiés dans le New Yorker, un chœur bien orchestré a accusé Rachel d’être hystérique et extrémiste. Alors le Président Kennedy avait constitué un comité pour examiner les conclusions du livre : Rachel avait scientifiquement raison. Le système des pesticides est un pari faustien, nous sommes gagnants à court terme, au prix d’une tragédie à long terme : les « nuisibles » s’adaptent par mutation, et les produits chimiques deviennent impuissants. Oui il faut avoir peur, l’angoisse peut être bonne conseillère.

Justin Kidam : Les jeunes ont raison d’être inquiets. Je me souviens encore de l’interdiction des sacs plastiques, puis des pailles en plastique. Il y a eu des discussions interminables sur ces points qui n’étaient pourtant que des détails en comparaison du problème à traiter avec le réchauffement.

Peps72 : Quand l’extrême-droite fait peur en agitant la menace migratoire (c’est mal). Quand l’extrême-gauche et les écolos font peur en agitant la menace climatique (c’est bien).

Balder : Les humains, quel que soit leur âge ont de quoi être inquiets car seule une dictature pourrait imposer les restrictions sur le mode de vie des pays développés et sur le taux de reproduction des autres pays. Malgré ces inquiétudes très peu sont capables de mettre en œuvre la simplicité volontaire, y compris nous qui postons sur ce forum. Le plus choquant est cette génération des années 45 à 55 « peace & love », qui s’est libérée du modèle patriarcal, des exigences de la religion, pour finalement devenir addictive à l’hyper-consommation, refuser de modifier son agriculture, pillé les ressources de la planète. Nous sommes dans une phase irréversible qui va provoquer la disparition de plusieurs milliards d’humain et un chaos indescriptible pour que la planète puisse retrouver un équilibre.

lecteur assidu : La mort est consubstantiel au vivant, l’Humanité est «  condamnée » par l’évolution du système solaire… Sur le fond «  avoir moins que ses parents » et «  ne pas avoir d’enfants » semble être un bon point de départ vers la non-croissance. Non- croissance, particulièrement du nombre d’humain, est une des bases de la pensée humaniste.

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4 réflexions sur “Écologie, la peur peut être bonne conseillère”

  1. – «Michel SOURROUILLE : La façon anxiogène dont le catastrophisme est présenté conduit notre cerveau à éviter totalement le sujet. C’est sur ce constat psychologique que surfent les anti-écolos.»
    C’est bien pour ça que la meilleure façon de parler de la Grosse Cata c’est d’en rigoler.
    Question : Les rigolos sont-ils alors des anti-écolos ?
    Et si oui combien ? Et quel est le sondage qui l’a dit ?

  2. Sur ce coup, je doute que la peur puisse être bonne conseillère. Mais en effet, peut-être… qui sait.
    Ce sondage nous «révèle» que les jeunes sont inquiets, qu’ils ont peur, sont effrayés (avec ou sans guillemets) et souffrent de cette nouvelle maladie, la solastalgie. Pas que les jeunes d’ailleurs, un récent sondage Harris Interactive nous «révèle» que les Français sont plus inquiets qu’en colère.
    Et en même temps on trouvera d’autres sondages qui nous diront que les Français sont finalement plutôt heureux… dans leur boulot, leur cadre de vie etc. Là encore je redis que les sondages ne valent que ce qu’ils valent, pas grand chose. Les sondages sont devenus une véritable calamité, ils sont en train de tuer ce qu’il reste de démocratie et d’esprit critique.

    1. Ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas en tenir compte, des sondages. Et d’ailleurs comment le pourrions-nous, ils nous envahissent de partout. Toutefois pas besoin de ça pour voir que la peur est dans l’air du temps. Plus de peur que de colère donc, à en croire ce sondage. Là également, bien qu’elle puisse être elle aussi parfois salutaire (ou saine comme disait Ségo), je doute que la colère puisse être bonne conseillère.
      Bref les gens ont peur, de tout et de n’importe quoi, il sont inquiets, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie. Certains pas du tout, là aussi on trouve de tout.
      Bref, il n’y a pas que le réchauffement climatique qui en soit la cause.

      1. Cette inquiétude pourrait alors expliquer le fait que les gens ont de plus en plus besoin de se changer les idées. Un besoin pour le coup vital.
        Se changer les idées, en s’amusant, consommant etc. en attendant…
        Comme je dis, à chacun sa came ! Et ce n’est pas ça qui manque.
        Parmi ces inquiets (jeunes ou vieux, le temps ne fait rien à l’affaire) certains espèrent que la Fête pourra continuer encore 10 ou 20 ans, d’autres 60 ou 80. Je serais alors curieux de savoir combien il y en a qui espèrent plus loin.
        Faudrait peut-être faire un sondage.

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