L’avenir du pétrole est derrière lui

Joe Biden a annoncé le 23 novembre 2021 que les Etats-Unis vont puiser 50 millions de barils de pétrole dans leurs réserves stratégiques de 600 millions de barils. Les pays assoiffés de brut cherchent à faire baisser les cours qui alimentent le retour de l’inflation.

Jean-Michel Bezat : Ces réserves ont été créées en 1974 après le choc pétrolier qui a suivi la guerre israélo-arabe d’octobre 1973. Chaque pays doit stocker l’équivalent de quatre-vingt-dix jours de consommation de brut. Mais puiser dans ces stocks était à l’origine envisagé seulement comme l’ultime réponse à une crise grave. La décision de M. Biden est donc d’abord politique. En difficulté dans les sondages, il veut afficher sa volonté de réduire le prix de l’essence, qui a atteint 3,41 dollars le gallon (3,78 litres)… L’annonce et elle a fait pschitt : le prix du baril de brent pour livraison en janvier a même bondi de 3,27 % (82,31 dollars, soit 73,18 euros).

Joe Biden est un présidant a très courte vue. Il ne sait pas encore que l’avenir du pétrole est derrière lui. Le prix de l’essence ne va plus être le résultat de manipulations politiques, mais des limites géologiques

lire, James Howard Kunstler, vivre la fin du pétrole

Sylvestre Huet : « Pétrole, le déclin est proche ». Avec ce titre de livre*, Matthieu Auzanneau et Hortense Chauvin ne tournent pas autour du pot. Leur message : le pic pétrolier est bien plus proche que ce que vous croyez. Il surviendra probablement «durant la décennie 2020». Une chose est certaine, le pic de production du pétrole dit conventionnel – ou à bas prix – est déjà loin derrière nous, depuis 2008. Un pic parfaitement prévu, par les géologues Colin Campbell et Jean Laherrère dans un article publié en 1998 où ils le prévoyaient pour «probablement d’ici à 10 ans».

Lire, Pic pétrolier : l’alerte ignorée d’un expert du FMI

Ce sont des experts à la retraite qui ont dit une vérité bien occultée aujourd’hui. Des transfuges de l’industrie pétrolière ont fondé l’ASPO (Association pour l’étude du pic pétrolier et gazier) en 2000. Son fondateur Colin Campbell avait dirigé le département Géologie d’Amoco, Robert Hirsch était un ancien directeur de la prospection pétrolière chez Exxon. Ils annoncent lors de la conférence mondiale de l’ASPO à Vienne en 2012 que le monde, dont l’énergie est fournie à 85 % par les fossiles, sera confronté assez prochainement à des turbulences pires que celles qui ont accompagné les chocs pétroliers de 1973 et de 1980. Ce sont les Cassandre des temps modernes, ils ont dit la vérité sur la fin de leur vie, ils ne sont pas écoutés, occupés que nous sommes par les péripéties du temps présent, étouffés par le lobbying des industries fossiles, écrasés par les considérations financières.

Lire, Le réchauffement climatique a occulté le pic pétrolier

Toutes les technologies disponibles pour augmenter le taux d’extraction du pétrole ont été déployées et malgré ces effort acharnés, la production diminue. Un rebond est tout à fait improbable. La cause fondamentale de ce pic réside dans la limitation géologique planétaire. La quantité de pétrole est fixe, puisqu’il a été formé il y a des dizaines ou des centaines de millions d’années. Au total, depuis 35 ans la consommation de pétrole est supérieure à la quantité découverte. Pourtant, la production de pétrole a continué d’augmenter, mais un pétrole qu’il faut aller chercher pour beaucoup plus cher : les grands fonds océaniques, l’Arctique, les roches-mères (le pétrole dit « de schiste » en Europe, les sables bitumineux du Canada… Mais presque partout, c’est la «descendada». La Mer du Nord décline de puis l’an 2000, l’Algérie depuis 2007, le Nigeria depuis 2011, l’Angola depuis 2008, Moscou prévoit que son déclin débutera dans la décennie… La pénurie de pétrole va t-elle sauver le climat ? Non, répondent les auteurs. Il faudrait pour cela diminuer d’au moins 5 % chaque année la consommation d’énergie fossile. Alors que celle du gaz croît vigoureusement.

À diffuser, Module sur le pic pétrolier

Mais si ce déclin inéluctable n’est pas assez rapide pour sauver le climat, il pourrait néanmoins provoquer un choc économique et social d’envergure. Car nos économies sont toujours dépendantes de l’or noir. D’où la solution, paradoxale, promue par les deux auteurs : pour éviter cette pénurie d’offre, organisons une pénurie plus aiguë encore de la demande. Prenons au sérieux l’alerte climatique, et transformons nos sociétés, nos économies, nos industries afin de diminuer si fortement la consommation d’énergies fossiles, dont le précieux pétrole,  qu’elle tombera en dessous de leurs limites géologiques. Un programme nécessaire… mais vaste et rude.

Lire, La honte du pétrole, c’est pas pour demain

* Pétrole, le déclin est proche, Matthieu Auzanneau et Hortense Chauvin, Seuil,/Reporterre, 136 pages, 12 €, septembre 2021 (Matthieu Auzanneau est par ailleurs l’auteur du livre de référence : Or noir, la grande histoire du pétrole, La Découverte, 2016.

Nicolas Hulot et la BIODIVERSITE

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

Osons dire que l’uniformité sied mal à l’homme comme à la nature et que la diversité est riche. Plus nous la réduisons, plus nous devenons vulnérables. Le XXIe siècle va probablement consacrer la disparition à l’état sauvage des grands singes. Au début du siècle dernier les orangs-outangs pouvaient traverser l’île de Bornéo du nord au sud par la cime des arbres. Aujourd’hui, ils sont agglutinés et hagard de peur dans un îlot de forêt résiduelle, essayant tant bien que mal de survivre au milieu des villes et des exploitations. A quoi sert notre technologie si nous sommes impuissants face à un tel phénomène ? Osons reconnaître qu’en détruisant la biodiversité, dont nous sommes la partie consciente, c’est notre propre sort que nous condamnons. La protection et la réhabilitation des océans, des forêts, des zones humides, des terres arables, de tous les écosystèmes ne sont pas facultatives, mais sont une obligation pour lutter contre le réchauffement climatique, préserver la vie sous toutes ses formes et enrayer la pauvreté. Sauver les bonobos, c’est nous sauver nous-mêmes !

A chaque extinction d’espèces, sous l’effet de l’activité humaine, la mémoire de l’humanité se charge d’un fardeau de honte. L’homme s’octroie le droit de décider du sort des animaux ou des végétaux, de modifier le processus évolutif, persuadé que la seule chose précieuse dans la création est sa propre existence. Dans nos sociétés où partout suintent le racisme et la xénophobie, demander la considération pour un pachyderme ou un insecte est mission désespérée. Comment convaincre les hommes que le salut est aussi dans le respect sans faille de la biodiversité, que l’unicité de la nature ne vaut que par la pluralité de ce qui la compose ?

Dans le programme du présidentiable Macron, il était écrit : « Les enjeux écologiques sont désormais des enjeux géostratégiques et diplomatiques majeurs. Nous défendrons la biodiversité au plan mondial. Nous mobiliserons les chefs d’Etat et les entreprises, afin de créer une dynamique et une prise de conscience de même ampleur que celle engagée sur la question climatique, grâce à une conférence mondiale. Afin d’être cohérent avec cette ambition mondiale, nous serons rigoureux tant en métropole qu’en outre-mer pour la préservation des espèces protégées, et mettrons en œuvre les mesures nécessaires pour cohabiter avec nos populations de grands carnivores (loups, lynx, ours).  » L’intention est bonne, la réalisation aléatoire. Mais je suis devenu partie prenante. D’où la préparation d’une loi Biodiversité du temps que j’étais ministre de l’écologie.

La question sexuelle chez les écologistes

Il est bien oublié le temps de la libération sexuelle d’après mai 1968. Le rapprochement physique homme/femme voulu par dame-nature devient aujourd’hui un chemin de croix avec déclaration de consentement en trois exemplaires. Pour des faits que remonteraient trente ans en arrière et même plus, on s’en prend à Nicolas Hulot, une des figures emblématique de l’écologisme en acte.

lire, Nicolas Hulot, accusé d’agressions sexuelle

Nous n’aurions rien à en dire de plus si cette affaire ne relevait sans doute d’un magouillage politique à l’instigation de certains membres du parti écologiste nommé EELV. Matthieu Orphelin, porte-parole de Yannick Jadot et proche de Nicolas Hulot, est mis à l’écart de la campagne pour la présidentielle 2022. Cette décision est un coup dur pour Yannick Jadot. Le directeur de campagne EELV : « Il a été décidé de mettre Matthieu Orphelin en retrait de ses responsabilités de porte-parole. La sérénité nécessaire à l’exercice de ses fonctions n’est plus possible suite aux révélations d’Envoyé spécial ». Matthieu Orphelin, député de Maine-et-Loire, a été informé par Yannick Jadot de sa « mise en retrait d’office » seulement une heure avant que l’information soit rendue publique. Matthieu Orphelin a pris acte « du motif utilisé » et ajouté : « Je ne suis pas dupe ». Concernant Nicolas Hulot, Matthieu Orphelin insiste : « Je redis que je n’ai jamais couvert le moindre agissement répréhensible et que mon soutien est entier pour ses victimes. »  Dans le sillage des accusations d’agressions sexuelles visant le député écologiste Denis Baupin en 2016, le parti EELV s’était doté d’une instance pour recueillir la parole des femmes et d’une cellule d’enquête. Est-ce que ces instances ont nourri « Envoyé spécial » ?

Les commentateurs sur lemonde.fr se posent les bonnes questions :

BenLaurent : On se demandait à qui était destinée cette torpille Hulot. On commence à avoir une idée.

Faidherbe : Encore un coup de billard à trois bandes pour attaquer Jadot. je me demandais aussi pourquoi sortir cette histoire à la mord moi le n… maintenant.

Le Navigateur : Soit les membres de EELV ne croient pas à la présomption d’innocence, et alors franchement çà fait peur. Soit les membres de EELV étaient parfaitement informés et convaincus de la réalités des faits allégués, n’ont non rien dit jusqu’ici, et se ruent soudainement sur les micros, Mme Rousseau en tête, dès lors que l’affaire est rendue publique par les média. Et alors cela soulève d’autres questions, non moins gênantes.

jamin Valberg : Les purges staliniennes, Rousseau à la manœuvre.

Verothi : Je n’ai aucune sympathie pour M. Nicolas Hulot. Je suis cependant abasourdi par la dérive que prennent nos médias vers un tribunal permanent sans aucun droit à la présomption d’innocence. Il suffit donc d’être l’ami de quelqu’un qui est soupçonné d’un délit pour être soi-même mis au ban…Ça peut aller très loin. Quelle est la prochaine étape ? La famille, les amis de lycée ?

Reuga : J’ai connu quelqu’un qui connaissait Matthieu Orphelin. Est ce que je dois m’isoler pendant 14 jours ?

MarxDarwin : Maintenant je comprends mieux ce qu’est l’écoféminisme…

Brutus : On peut dire que le parti vert est orphelin de deux de ses plus grandes personnalités.

Démographie africaine et faune sauvage

Le Prince William accuse la démographie africaine d’être à l’origine de la disparition de la faune sauvage. Ces propos ont suscité une vague d’indignation.

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Afrikamag : S’exprimant aux Tusk Convention Awards du 22 novembre 2021 à Londres, le prince William a déclaré : « La pression croissante sur la faune et les espaces sauvages d’Afrique en raison de la population humaine présente un énorme défi pour les écologistes, comme c’est le cas dans le monde entier. …il est impératif que le monde naturel soit protégé non seulement pour sa contribution à nos économies, nos emplois et nos moyens de subsistance, mais aussi pour la santé, le bien-être et l’avenir de l’humanité »»Les remarques du prince font écho aux commentaires qu’il a faits en 2017, lorsqu’il a déclaré que la « croissance rapide de la population humaine » de l’Afrique mettait sa faune et ses habitats sous une « pression énorme. »

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Si certains ont salué les commentaires du prince, qui mettaient en lumière le péril auquel est confronté le monde naturel face à la croissance démographique mondiale, d’autres ont critiqué ses propos. Certains ont affirmé que William n’avait « aucune autorité morale pour dire quoi que ce soit sur l’Afrique ou sur les Africains et leurs vies ». Mais il faut avant tout que l’homme se persuade qu’il n’a pas le droit moral de mener une espèce animale ou végétale à son extinction, sous prétexte qu’elle ne sert à rien. « Nous n’avons pas le droit d’exterminer ce que nous n’avons pas créé. Un humble végétal, un insecte minuscule, contiennent plus de splendeurs et de mystères que la plus merveilleuse de nos constructions. Le Parthénon ne sert à rien, Notre-Dame de Paris est complément inutile, en tout cas mal placé. L’homme pourrait refaire dix fois le Parthénon, mais il ne pourra jamais reconstituer les innombrables animaux des savanes africaines, issues d’une évolution qui a déroulé ses méandres sinueux au cours de millions d’années, avant que l’homme ne commence à poindre dans un obscur phylum de Primates minuscules. » (in Avant que nature meure de Jean Dorst, 1965)

Lire, Population africaine, nous sommes au bord de l’apoplexie

L’Afrique, qui compte aujourd’hui 1,3 milliard d’habitants en totalisera près de 4,5 milliards à l’horizon 2100 ; un jeune Terrien sur trois âgé de 15 à 29 ans vivra en Afrique en 2050. Le Nigeria, par exemple, sera passé de quelque 191 millions d’habitants à plus de 410 millions en 2030. Emmanuel Macron a même déclaré. « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien ».

L’explosion démographique, cause de l’expansion de l’agriculture au détriment des habitats de la faune sauvage et du développements des infrastructures et des villes, constitue une grande menace pour de nombreuses espèces menacées.

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Il est temps de mettre fin à cette mascarade

Joseph Chamie : La population mondiale a atteint 1 milliard vers 1804, a doublé pour atteindre 2 milliards en 1927, a de nouveau doublé pour atteindre 4 milliards en 1974 et doublera à nouveau pour atteindre 8 milliards d’ici 2023. Pourtant la croissance démographique des nations est malheureusement largement ignorée par les gouvernements. Les dirigeants gouvernementaux de la COP26, par exemple, n’ont pas abordé la limitation de la demande mondiale d’énergie, d’eau, de nourriture, de logement, de terres, de ressources, de biens matériels, de machines, de transports, etc. en réduisant la croissance de leurs populations humaines respectives. Ils ne sont pas prêts à reconnaître que la décroissance de la population est essentielle pour lutter contre les changements climatiques. De plus de nombreux pays, dont le Canada, la Chine, les membres de l’Union européenne, l’Iran, Israël, le Japon, la Russie, la Corée du Sud et les États-Unis, continuent de faire pression pour la croissance de leur population. La Chine, par exemple, est passée d’une politique de l’enfant unique à une politique de l’enfant à trois enfants pour augmenter sa population de plus de 1,4 milliard d’habitants. L’ambiance dans de nombreuses régions d’Europe se reflète dans l’affiche allemande disant: « Wir können unsere eigenen Babys machen, wir brauchen keine Ausländer » (Nous pouvons faire nos propres bébés, nous n’avons pas besoin d’étrangers).  Et Israël promeut la croissance démographique de sa population juive comme condition préalable à la sécurité ; sa population actuelle de 8,7 millions d’habitants pourrait atteindre 15 millions d’ici 2050.

Il est temps de mettre fin à cette mascarade et de reconnaître les conséquences désastreuses d’un monde de 8 milliards d’humains sur le changement climatique. La communauté mondiale des nations ne sera probablement pas en mesure de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici 2050. Pour remédier à cet échec, la survie de la biosphère devrait être désignée comme un objectif international pertinent pour toutes les nations. Cependant, s’éloigner de la primauté de la souveraineté nationale au lieu d’une approche planétaire semble peu probable de sitôt. D’autres réponses au changement climatique sont la réduction de la fécondité et l’augmentation de la morbidité et de la mortalité. Le changement climatique devrait avoir de graves conséquences sur les déterminants socio-économiques et environnementaux de la santé, notamment l’air, l’eau, la nourriture et l’habitat. Il pourrait entraîner la mort prématurée de plus de 80 millions de personnes au cours du reste du siècle.

En bref, la stabilisation et la décroissance des populations humaines sont essentielles pour limiter les demandes sans cesse croissantes d’énergie, d’eau, de nourriture, de terres, de ressources, de logement, de chauffage / refroidissement, de transport, de biens matériels, etc. qui sont responsables du changement climatique de la planète, de la dégradation de l’environnement et de la perte de biodiversité.

PORTLAND, ÉTATS-UNIS, 23 novembre 2021 (IPS) 

NB : Joseph Chamie est un ancien directeur de la Division de la population des Nations Unies et auteur de nombreuses publications sur les questions de population, y compris son récent livre, « Births, Deaths, Migrations and Other Important Population Matters».

Nicolas Hulot et les BIENS COMMUNS

Voici quelques extraits de la pensée de Nicolas Hulot  :

Je persiste et je signe, l’appropriation privée des biens communs est insupportable. Voir par exemple quelques multinationales mettre en coupe réglée les ressources alimentaires de la planète est inacceptable. Les biens communs, c’est l’ensemble des ressources naturelles, les écosystèmes qui permettent aux hommes de prospérer tout en maintenant les équilibres naturels : équilibres climatiques, océaniques, forestiers, etc. En somme tout de sur quoi repose l’existence de l’humanité. Il s’agit d’un héritage transmis de génération en génération, dont nous avons l’usufruit, mais en aucun cas la propriété. La rivière est un bien commun, comme l’eau que l’on y puise.

Les biens communs nous obligent à une gestion collective dans le temps et dans l’espace. Mais pour les décideurs et pour les experts patentés, cela reste une notion très abstraite. D’autant plus que, dans un contexte capitaliste tel qu’il s’est développé, la notion de bien commun est un oxymore, le rapprochement des contraires. Pourtant j’ai rencontré cette notion-là appliquée au quotidien et héritée depuis la nuit des temps aussi bien en Amazonie que chez les peuples sibériens… mais pas dans les nations modernes ! Nous avons perdu la conscience ou la perception de la finitude de nos ressources, ce qui a d’ailleurs antérieurement poussé beaucoup de civilisations au désastre comme l’explique très bien Jared Diamond dans son livre Effondrement. La préservation des communs.

L’Autriche va autoriser le suicide assisté

La France, malgré tous les efforts de l’association ADMD (droit de mourir dans la dignité), reste très en retard dans la législation sur la fin de vie.

Lire, Fin de vie, comparaison internationale

Jean-Baptiste Chastand : Après l’Espagne, la catholique Autriche s’apprête à devenir le cinquième pays de l’Union européenne à autoriser le suicide assisté. Le projet de loi prévoit l’introduction « d’un droit de mettre fin à sa vie de façon libre et autonome et de se faire aider, le cas échéant, par une tierce personne » pour « les personnes atteintes d’une maladie incurable entraînant la mort » ou celles souffrant « d’une maladie grave et durable avec des symptômes persistants qui les affectent de manière permanente dans l’ensemble de leur quotidien ». Le texte qui doit entrer en vigueur début 2022 est la conséquence d’une décision de la Cour constitutionnelle autrichienne qui a fait référence au« principe de libre arbitre ». Le projet de loi prévoit une séance de conseil par deux médecins et trois personnes extérieures devront attester du « choix libre et autonome » du patient. Les directives anticipées de fin de vie doivent être validées devant notaire avant de pouvoir retirer en pharmacie la préparation mortelle. Le patient est dès lors libre de choisir le lieu et les circonstances de l’absorption de la préparation.

Lire, Euthanasie, un mot en vogue pour la mort douce

Ce projet autrichien n’a pas fait de remous dans ce pays de 8,9 millions d’habitants où l’Église catholique pèse pourtant toujours. Quelques commentaires sur le monde.fr :

Rachat : De même que la France a été un des derniers pays d’Europe à renoncer à la peine de mort, je crains qu’elle ne soit, aussi, l’un des derniers à abandonner la « peine de vie » (car il est des cas où la vie devient une peine, une souffrance insupportable).

J..Dupont : En France les accompagnements palliatifs entraînent une mort lente sous morphine et sans hydratation , on met 10 à 15 jours pour crever… En souvenir de mon père !

Lire, Sédation profonde ou droit de mourir dans la dignité ?

Bmy : Si la Cour Constitutionnelle autrichienne estime qu’interdire le suicide assisté est contraire au « principe de libre arbitre », elle devra alors également interdire le « vaccin/sérum » contre le covid prévu obligatoirement pour tous les autrichiens début 2022. D’autant que ce sérum n’empêche pas la propagation de la maladie.

Martin : Je plains les médecins autrichiens qui seront obligés de trahir le serment d’Hippocrate ! « Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. « 

Michel SOURROUILLE : Si j’ai bien compris, ce n’est pas un médecin qui donne la mort, mais le souffrant lui-même,…

BG83 : Les Autrichiens non vaccinés n’ont pas attendu l’autorisation de leur Gouvernement pour se suicider.

Lire, Covid-19, comment gérer la fin de vie

Nicolas Hulot, une (AUTO)BIOGRAPHIE pour faire connaissance

Nicolas Hulot s’est exprimé très souvent sur son parcours d’écolo, voici quelques extraits de sa pensée :

J’ai fait mienne cette pensée de David Brower : « L’optimisme et le pessimisme expriment sous des formes différentes la même capitulation face au futur ; car tous les deux le traitent comme une fatalité et non comme un choix. » Il faut dire que j’ai traversé bien des chagrins et bien des joies pour en arriver à cette certitude.

Je suis convaincu que nous portons en nous, depuis l’enfance, une portion de notre destinée. Je suis né le 30 avril 1955 à Lille dans une famille bourgeoise bien installée, puis j’ai grandi à Paris dans les beaux quartiers. Il faut voir de quelle façon notre milieu et la société nous a programmé. Je dis souvent que j’ai passé une période de ma vie en position fœtale, la tête sur mon nombril. J’ai évolué dans un univers où il n’y avait de place que pour l’homogénéité. J’ai vite pris conscience de la nécessité de la différence. Notre société nous impose en permanence l’arbitraire de l’autorité. Il y a donc une période de rébellion nécessaire pour aller vers le libre arbitre. De façon plus générale, mon évolution personnelle se fait au fur et à mesure que je brise mes certitudes et mes préjugés. Mon père était éclectique, alcoolique, chercheur d’or… Mais surtout mon père a été rebelle dans son propre milieu, pourfendeur du système bourgeois, et j’ai hérité de cet aspect de sa personnalité. Je suis passé par des collèges religieux jusqu’à l’âge de treize ans. Si ces lieux représentaient les extrêmes d’un système liberticide absolu, ils m’ont aussi fourni des outils, des repères face à ce qui aurait pu devenir des divagations définitives. J’ai eu en moi les germes d’une révolte, moment indispensable pour découvrir sa propre vérité. J’ai très vite senti qu’il fallait s’extraire des mouvements qui décident à ta place. C’est ma différence qui me permet d’exister. Mais les événements ont failli précipité mes certitudes dans les abîmes. Je me suis rendu compte que la vie n’était pas un long fleuve tranquille. A Noël 1974, quatre ans après la mort de mon père, j’ai trouvé dans la cave le corps de mon aîné, Gonzague, censé faire le tour du monde depuis trois mois, suicidé. Je n’avais que 19 ans. J’ai caché dans un premier temps ce drame à ma mère pour la ménager.

Depuis, je suis toujours en réflexion permanente, je suis devenu un autodidacte absolu. Après six mois de fac de médecine, j’ai exploré d’autres itinéraires. J’ai fait tous les métiers, plagiste, moniteur de voile, serveur, photo-reporter. J’ai commencé à parcourir le monde, l’Afrique, le Guatemala… J’ai fait un Paris-Dakar, deux tours de Corse, deux expéditions polaires. Puis c’est la télé. Je descend le Zambèze sans armes, fait Le Cap-Alger en voiture, le pôle nord en ULM. De 1987 à 1995, je présente l’émission télévisée Ushuaïa sur la Une, le magazine de l’extrême qui fait ma renommée. Je n’ai rien d’un doux rêveur même si mon grand-père a inspiré à Jacques Tati son personnage de naïf lunaire. Moi je suis plutôt un pragmatique, ce qui souvent déroute, parfois choque, mais me vaut aussi des réussites.

Je suis prêt à le reconnaître, je suis comme tout un chacun, on ne naît pas écolo, on le devient. Car je ne suis pas parfait. Ma femme passe son temps à me dire : « Bravo, l’écolo ! » quand je me goure de poubelle pour trier ou que je bouffe des cerises en hiver. Alors là, je me fais engueuler comme tu peux même pas savoir !

C’est mon film, Le syndrome du Titanic, qui m’a permis en 2009 de révéler mes angoisses, mes révoltes et mes aspirations. Cette chronique effrayante et anxiogène de la destruction du monde naturel a signé ma radicalisation. J’étais porté par un sentiment d’urgence, celui des gens qui voient que la situation se dégrade très fortement, celui des scientifiques qui s’alarment d’une évolution plus rapide que prévu. Presque candidat à la présidentielle ces trois derniers quinquennats, ministre d’État le 17 mai 2017, à 32 ans. L’aboutissement d’un long parcours. Mais être ministre ça prend la tête sept jours sur sept, même quand on est en famille. C’est la chose la plus dure qu’il me faut supporter. Je sais faire quelques tours de magie, mais en politique on ne peut échapper aux chocs de la réalité.

Lire, Le bilan de Nicolas Hulot, positif ou négatif ?

La faim dans le monde, qui est responsable ?

Les denrées de base (céréales, sucre, viande, produits laitiers…) ont augmenté de 30 % en un an. Combinée aux effets économiques de la crise sanitaire, cette inflation menace particulièrement un tiers de la population mondiale, déjà en insécurité alimentaire. Il n’est que temps de retrouver les responsable de cette situation et de les empêcher de nuire.

Mathilde Gérard : La flambée actuelle des prix est le reflet de la progression continue du prix de l’énergie depuis 2020, de la multiplication de mauvaises récoltes dues au réchauffement (sécheresses, inondations…), du développement des agrocarburants qui entraîne une compétition entre produits agroalimentaires et énergétiques dans l’utilisation des terres arables, d’une crise des filières agroalimentaires en période de pandémie, de la violence des conflits, de la solvabilité. Trois milliards de personnes dans le monde n’ont pas le pouvoir d’achat suffisant pour se nourrir sainement.

Aucune mention de la surpopulation dans cet article du MONDE, il faut lire les commentaires sur lemonde.fr pour en savoir un peu plus :

Gabuzo : Au-delà des causes conjoncturelles, toujours le même impensé, le non-dit : les limites de la croissance démographique. On pourrait vivre plus facilement à 3 milliards avec nos ressources énergétiques, mais nous sommes maintenant 8 milliards. Il faut s’attendre à ce qu’on nous présente la facture un de ces jours. Comme d’habitude ce sont les pauvres qui trinqueront.

Cocoanda @ Gabuzo : FAUX. A 3 milliards avec le même niveau de vie et donc les mêmes émissions qu’un européen moyen (10T de CO2 par an importations comprises),, on arrive au chiffre de 30 milliards de tonnes de CO2 par an….. Soit quasi les émissions actuelles. On aurait donc le même problème !! Ce sont les pays riches (nous) qui polluent.. Principalement l’Amérique du Nord et l’Europe. J’en déduit donc que vous proposez de zigouiller les riches européens ?

Lire, le libéralisme et la faim dans le monde

Charly : Le fond de l’affaire est l’explosion déraisonnable de la population dans certains pays. Il faut mener des pressions énormes pour forcer ces pays à faire chuter leurs taux de fécondité. Première mesure : plus un sou d’aide au développement ou pour limiter les hausses de CO2 sans en contrepartie des politiques actives contre la natalité.

Novi : Une chose qui n’est pas sous-développée dans le 1/3 monde, c’est bien l’exploitation du ventre de la femme.

Lire, Mourir de faim, un choix volontaire

Jrocher : 160 millions d’hectares en Europe consacrés à l’alimentation des animaux que l’on complète avec du soja du Brésil…. Passer à 500g de viande par semaine comme le conseille l’INRAE est à notre portée, ce qui n’est pas le cas de la courbe démographique dans les PVD ! Cela étant dit, faut-il commencer par réduire les populations qui émettent le plus de CO2 ?

Lire, faim du monde, fin du libre-échange

Arthur2 : La vérité est surtout que l’explosion démographique des 150 dernières années a reposé sur des ressources de stock, et que le débit extrait de ce stock va maintenant diminuer.

Edgard Wibeau : Ben ouais, y’a trop de monde, et notre nombre augmente rapidement. Les moyens de production alimentaire (terre eau, …) sont en danger à cause des évolutions environnementales et climatiques, donc on se dirige tout droit vers une porte étroite que seuls ceux qui ont les plus grosses massues pourront franchir. Cela fait des décennies qu’on le sait, on voit le phénomène s’aggraver, mais ni les dirigeants politiques à courte vue, ni les peuples qui méritent ces dirigeants ne veulent en entendre parler. Les taux de fécondité ahurissants se maintiennent d’un côté, et les sept saisons de la mode textile prête-à-jeter continuent de faire fureur de l’autre côté.

Ker Chalon : Ce sont les limites de la croissance tout court… La démographie, l’énergie, les rendements agricoles, la pollution de l’air, de l’eau et des sols… Nous sommes en train de nous frotter à toutes ces limites et nous faisons l’expérience des boucles de rétroaction multiples qui couplent tous ces paramètres… Mais ce n’est anticipé que depuis 1972 alors laissons encore 50 ou 60 ans à l’ensemble de la population pour croire que ce ne sont que des problématiques isolées qui peuvent être traitées localement et indépendamment les unes des autres… et qui sont surtout de la faute des « autres »…

Choux rave : Boucles de rétroaction, les crises climatiques engendrent des crises alimentaires qui vont engendrer des crises démographiques qui vont engendrer des crises énergétiques qui vont engendrer des crises économiques qui vont engendrer des crises démographiques.. etc… Vous serez là vous en 2050 ?

Mendo : « Au grand banquet de la nature, il n’y a pas de couvert vacant pour les nouveaux entrants ». Il serait temps de relire Malthus.

Lire, Malthus avait raison, la faim existe !

Malcolm : Soyons malthusiens, faire moins d’enfants pour sauver la planète et nous avec…

Lire le livre d’Hugues Stoeckel, La faim du monde (l’humanité au bord d’une famine globale)

Nicolas Hulot, un écolo sincère et engagé

Nicolas Hulot a été beaucoup attaqué par une certaine frange de personnes qui se contentent d’une approche superficielle , « l’hélicologiste vendeur de shampoing ». Nous sommes une époque où le bashing fait rage. Le bashing (mot qui désigne le fait d’infliger une raclée) est un anglicisme utilisé pour décrire la forme de défoulement qui consiste à dénigrer collectivement un individu ou une thématique. Cette confrontation virtuelle est favorisée par l’informatisation de la communication et l’exacerbation des médias avides de sensationnel.

Lire, Nicolas Hulot, accusé d’agressions sexuelle

Or chercher toujours la faille d’une personne est contre-productif, chacun de nous a ses défauts et ses qualités. C’est trop facile aujourd’hui de critiquer une personne en étant assis confortablement devant son clavier d’ordinateur. Ce qui est difficile, c’est de la regarder avec bienveillance, sans la condamner a priori sous tel ou tel prétexte. Ce qui est difficile, c’est de faire l’effort de comprendre autrui au plus profond de ses actes. Je veux mettre en lumière ce qui élève l’homme. Nicolas a été confronté à la brûlure du pouvoir, la tension permanente qui existe entre des idées généreuses au niveau écologique et des actes englués dans les rapports de force socio-politiques. Mais il a quand même essayé de faire passer ses idées en actes.

Nicolas Hulot a si souvent martelé ses convictions devant des journalistes à grand renfort de moulinets de bras persuasifs qu’il n’est pas trop difficile de connaître presque tout ce qu’il pense. Il s’exprime directement ou il est analysé publiquement ou dans les autres médias. Tout ce que vous allez lire est déjà de notoriété publique, ses pensées et ses actes se trouvent exposé dans les médias, les rayons des librairies ou les archives de la télévision. Pour essayer d’éviter la catastrophe, Nicolas Hulot a fait tout au cours de sa vie le maximum de ce qu’il était possible de faire dans différentes instances, la télévision avec Ushuaïa, la Fondation pour la nature et l’homme (FNH), les élections où il est intervenu directement ou indirectement, et maintenant un poste de ministre d’État pendant plus d’un an à l’heure où j’écris ces lignes. Jamais un écologiste n’a été aussi loin que lui pour politiser les écologistes et écologiser les politiques, y compris au plus haut niveau de l’Etat. Il a conseillé les présidents de la république Chirac, Sarkozy, Hollande. Son choix de toujours était cornélien : faut-il s’opposer par avance à des décisions qui ne sont pas encore prises ou agir pour réorienter la politique dans le bon sens ? Sa réponse constante est sans ambiguïté, il s’est même engagé directement au niveau politique. Lors de la présidentielle 2007, il a fait signer par tous les principaux candidats la « Charte de l’écologie ». Candidat à la présidentielle de 2012, il a échoué au sein de la primaire d’EELV à cause de l’imbécillité gauchisante des partisans de l’écologie institutionnalisée. Mais il est devenu envoyé spécial pour la planète de François Hollande. Lors de la présidentielle 2017, Nicolas Hulot a mesuré personnellement le vertige du pouvoir, dans un contexte où l’éclatement des partis traditionnels avait donné leurs chances à des candidats nouveaux sur la scène politique. Il pouvait peut-être parvenir au second tour devant le FN de Marine Le Pen et les Insoumis de Mélenchon s’il était resté candidat. Il a renoncé au dernier moment, il pensait avoir trop à perdre, lui et sa famille, dans la lutte pour le pouvoir. Il a obtenu avec Emmanuel Macron le titre de ministre de la transition écologique et solidaire. Devenir ministre pour un écologiste est un passage périlleux qui met en déséquilibre ses idées théoriques et idéaliste face à une pratique qui oblige à des compromis incessants. La volonté de mettre en place une écologie de rupture avec le système dominant se heurte à des résistances de toutes sortes. Il a démissionné.

Lire, Nicolas Hulot, amertume et impuissance

Nicolas pose clairement le problème : « Quel compromis peut-on trouver entre notre idéal et le monde tel qu’il est, avec son inertie, sa résistance et sa dynamique fulgurante. Si notre combat était partagé par le plus grand nombre, nous l’aurions déjà mis en chantier. » Les difficultés d’une transition sont socio-politiques et tiennent à la question de l’acceptation par l’opinion des fortes contraintes que nécessite l’urgence écologique. Nicolas précisait : « Je ne prends pas l’opinion pour plus bête et égoïste qu’elle ne l’est, mais je n’ai pas non plus une vision angélique, surtout quand la psychologie des hordes se substitue à la psychologie individuelle. D’où le rôle des leaders d’opinion. Mais où sont passés nos intellectuels, nos artistes ou nos leaders religieux dans le discours écologique ? Le jour où les artistes, les intellectuels et les hommes politiques de tous bords se bougeront à l’unisson, alors la société civile pourra se faire entendre. Qu’ils nous incitent à passer d’une société épicurienne à une société plus raisonnable, à comprendre que notre plaisir et notre enchantement ne résident pas dans la possession. » L’opinion doit accepter des freins opposées à ses désirs (de déplacements sans limites, de puissance sans limites, de consommation sans limites). Comme l’exprime Nicolas Hulot, « il n’y aura pas de sortie de la myopie démocratique si les citoyens ne sont pas eux-mêmes les défenseurs d’une conscience élargie du monde dans le temps et dans l’espace. » Nous sommes tous co-responsables face à l’urgence écologique.

Michel SOURROUILLE

Surpopulation au Yemen, 377 000 morts

Presque toutes les zones identifiées en 2008 comme les plus sensibles au réchauffement – de la Mésopotamie au Levant en passant par le Yémen, le Sahel et l’Afrique du Nord –, ont basculé sept ans plus tard dans l’instabilité ou le chaos. Mais la variable démographique et toujours présente, que ce soit pour expliquer le réchauffement climatique (cf. équation de Kaya) ou expliquer les guerres. Comme l’écrivait le philosophe Gaston Bouthoul, la guerre sert d’infanticide différé !

En sept ans, la guerre du Yémen aura causé la mort de 377 000 personnes, d’ici à la fin de 2021. Selon l’estimation publiée par les Nations unies, 150 000 morts sont dues aux combats, et environ 227 000 aux conséquences indirectes du conflit, comme le manque d’eau potable, la famine ou les maladies. La guerre du Yémen dure depuis sept ans. L’escalade des combats, y compris les batailles de chars et les bombardements réguliers par des avions et des drones, a détruit dans certaines zones même les infrastructures les plus élémentaires. Des millions de personnes sont au bord de la famine, les deux tiers des Yéménites dépendant de l’aide humanitaire, selon l’ONU. La faute à la surpopulation.

Au Yemen en 1951, il y avait moins de 4,7 millions d’habitants. Ce pays a dépassé 30 millions d’habitants en 2021 et on prévoit plus de 52 millions de personnes en 2060. Presque aussi vaste que la France, le Yémen est en grande partie désertique. Comment vivre en paix avec une telle surpopulation ? Le taux de croissance de la population était de 5,28 % en 1993 , il reste encore à 2,3% de variation annuelle en 2020, ce qui signifie que la population double encore tous les 30 ans. Le taux de fécondité est de 3,70 enfants par femme en 2019, ce qui entraîne plus de 900 000 naissances chaque année pour 190 000 décès. Certains optimistes croient encore au miracle. Dans « The Human Tide » (la marée humaine), le britannique Paul Morland se veut anti-malthusien : « Thomas Malthus, avec son Essai sur le principe de la population (1798), explique que toute croissance démographique débouche sur une pénurie de nourriture. Mais la révolution industrielle a changé tout ça, permettant d’échapper à ce piège malthusien. Les « limites naturelles » théorisées par Malthus ont ainsi été abolies grâce à l’inventivité humaine qui a multiplié et globalisé les ressources. Et d’un autre côté, nous avons réduit les taux de fécondité, en dissociant la sexualité de la reproduction. Les taux baissent partout, même au Yémen. » Certes on prévoit encore une baisse des taux après 2070, mais il sera trop tard pour accédée au développement dans un pays dévasté et avec une pénurie de ressources mondiales, y compris fossiles, sans oublier le réchauffement climatique qui fera du Yemen une chaudière.

Dans les années 1970, le philosophe Gaston Bouthoul a pu définir la guerre comme un infanticide différé. «  Quoi de plus étrange que la sempiternelle succession des guerres et des paix ? » Il en vient vite à constater que les violences armées ont un seul point commun : elles détruisent des vies humaines et, ce faisant, empêchent d’autres vies humaines de voir le jour. Tout se passe comme si cette destruction aurait pour fonction fondamentale de résorber les excédents de population. L’inflation démographique a provoqué ce qu’il appelle une  « surchauffe belligène » . Pour M. Bouthoul, il s’agirait là d’un phénomène de fuite en avant. Il ne voit pas d’autre manière de l’éviter que la planification rigoureuse des naissances, impliquant, si nécessaire, des mesures de contrainte. Puisque la vaccination est obligatoire, demande-t-il, pourquoi la limitation des maternités ne le serait-elle pas ? Le seul moyen de mettre fin aux guerres, c’est à son avis l’avènement de « l’ère de la population contrôlée », qui  « mettra fin à une période de l’histoire, celle de l’homme à bon marché ».

Pour agir avec l’association Démographie responsable,

https://www.demographie-responsable.org/

Sur la surpopulation dans différents pays, nos articles antérieurs :

Le Bangladesh, en route pour l’enfer

Démographie, le Brésil en perdition 

Surpopulation française, une réalité vraie

La surpopulation généralisée aux Pays-Bas

Le Nigeria, miné par la surpopulation

Nicolas Hulot, accusé d’agressions sexuelle

Nous passons entre deux articles ce post à propos de Nicolas Hulot, car trop c’est trop. Les médias, même LE MONDE, passent de ragot en ragots à l’image des réseaux sociaux pour nous faire oublier l’essentiel.  De son côté un féminisme exacerbé présente toutes les femmes en victimes potentielles, ce qui commence à fausser la relation entre les hommes et les femmes. Depuis l’affaire Baupin, l’écologisme souffre d’un féminisme qui a oublié son universalisme.

Lire, Les faits divers, des faits qui font diversion

LE MONDE (article non attribué) : Nicolas Hulot a annoncé le 24 novembre qu’il quittait « définitivement la vie publique » à la veille de la diffusion d’une enquête de l’émission « Envoyé spécial » donnant la parole à des femmes l’accusant d’« agression sexuelle et de viol » remontant jusqu’à 1989… Nicolas Hulot a affirmé ne pas connaître les noms des nouvelles accusatrices… La présidente de la Fondation des femmes : « Il parle de cauchemar, mais c’est après avoir été violé qu’on fait des cauchemars, pas avant de voir un documentaire. »… L’ancienne candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau : « C’est le #metoo politique qui commence. Ça bouge. Enfin. Enfin un homme politique est déstabilisé dans sa fonction et ça ne fait que commencer. » … Le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, Julien Bayou : «J’invite donc les hommes et femmes politiques qui savent et se taisent à prendre enfin la parole… Nous avions décidé il y a déjà plusieurs années qu’EELV ne pouvait pas inviter Nicolas Hulot — qui n’a jamais été membre de notre mouvement — à nos différents événements »

Pour y voir plus clair et plus loin, quelques commentaires sur lemonde.fr :

Lectrice09 : Lorsqu’il advient que l’on connaît bien un sujet traité par E.Lucet et son équipe, ce qui a été une fois mon cas, cela permet de comprendre que les reportages sont très orientés vers un point de vue, voire passent sous silence des faits réels ou une partie de la vérité pour mieux monter une démonstration à charge, qui va faire de l’audience.

Diplo @lectrice09 : même expérience, dans mon domaine professionnel. J’ai assisté à un massacre à charge et sans contradiction. Je boycotte depuis.

A.C-B : Tristesse, avant d’être jugé ? Un mec bien politiquement (quoi qu’on en pense) jeté en pâture, par les Sandrine R. de ce monde de merde

Jeanne H : Il est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire. C’est le seul commentaire recevable à ce stade.

Max42 : La présomption d’innocence a vraiment du plomb dans l’aile dans ce pays. Rappelez vous il y a 10 jours l’affaire de la footballeuse agressée et de sa collègue en garde à vue que l’Equipe a quasiment désignée comme coupable (sans s’excuser depuis). Comment J.Bayou peut il dire « je les crois » alors qu’il n’y a pas encore eu d’enquête ? Je suis totalement d’accord pour dire que la parole des femmes victimes a été outrageusement occultée dans ce pays depuis longtemps, mais ça ne donne pas un cachet de vérité non plus à toute personne se prétendant victime.

citoyen epsilon : Les enquêtes médiatiques qui se substituent aux enquêtes pénales sont absolument scandaleuses, que les faits qu’elle dénoncent soient plus tard démontrés vrais ou faux par la Justice (avec certains cas « indécidables »…). Absolument aucun des droits fondamentaux n’est respecté: présomption d’innocence, instruction à charge et décharge, débat contradictoire, respect de l’auteur présumé et des victimes… et il faut y ajouter une exposition médiatique perverse , voyeuriste et indécente… Cela suffit. Je pense que cela devrait être interdit par la Loi. Encourager inlassablement les dépôts de plainte dans les conditions les plus respectueuses des plaignant(e)s: OUI,….la délation publique mortifère : NON.

XYZ : Fonctionnaire retraité, je vis dans l’angoisse: au temps de mes études en 1972, j’ai raccompagné d’un bal ma petite amie et osé l’embrasser en lui tripotant un sein avant de la quitter devant la porte du logement familial, ceci sans avoir auparavant exigé une autorisation datée et signée, bien sûr dûment contresignée par les parents puisqu’elle était alors mineure civile (17 ans). Je n’ai pas non plus régularisé ensuite cette agression par les saints noeuds d’un mariage chrétien puisque nous nous sommes définitivement perdus de vue en 1974. Depuis, je tremble à chaque coup de sonnette qu’un huissier vienne me signifier une ordonnance de comparaître (je paraîtrai en ce cas, si…si!).

Lire, Nature de la sexualité et droit à la sexualité

O-Sidartha : On devrait commencer par ceux qui n’ont violé personne. Ça irait plus vite puisque tout le monde est suspect . Accusez-les tous, dieu reconnaîtra les siens

Hadrien45 : Toute libération contient en elle-même ses propres excès. Il en a été ainsi de la libération sexuelle. C’est aujourd’hui le cas de la parole libérée. Le balancier finit toujours par revenir. Dommage pour ceux qui en ont fait les frais entre-temps.

GERARDC27 : Le sexe, encore le sexe et toujours le sexe. Des faits prescrits qui remontent à parfois trente ans ressortent des tiroirs sans preuves. Et la destruction de la planète dans tout ça au second plan évidemment.

Lire, Écologisme et sexualité, mélange détonnant

Aloes : Que l’on aime ou pas Hulot , et même s’il a été un ministre un peu décevant, il est le seul homme d’envergure (vivant) qui sait incarner l’écologie avec compétence, pédagogie et modération . Aucun de ceux qui représentent politiquement cette famille n’a son envergure et son aura. D’ailleurs les français ne s’y trompent pas en le plaçant toujours très haut dans les enquêtes de popularité .

Alan Geher : Nicolas Hulot restera pour moi la personne qui a fait le plus pour vulgariser l’écologie. Il a fait prendre conscience à des millions d’individus de la beauté et de la fragilité de la Terre. Quant à ces accusations, laissons la justice faire son travail.

La mouche du coche : Ce serait normal que bien que prenant de l’âge, il soit resté très vert.

Un chasseur mort OU des oursons sans mère ?

« L’attaque d’une ourse sur un chasseur ravive le débat sur la cohabitation », titre LE MONDE. Attendez, mon journal de référence, vous vous êtes trompés sur le titre : il fallait lire « L’attaque d’un chasseur sur une ourse ravive le débat sur la cohabitation ». Il n’y a que 400 ours pour 67 millions de Français, où est le déséquilibre ?

Lire, pas assez de loups, trop de moutons, difficile cohabitation

Résumé de l’article de Philippe Gagnebet : « Le 20 novembres, un chasseur a été attaqué par une femelle ourse. Il a pu abattre l’animal de deux balles. Le drame s’est déroulé à 1 900 mètres d’altitude. Selon les premiers témoignages d’autres chasseurs, « il est d’abord tombé sur deux oursons, puis la mère l’a violemment attaqué par-derrière… l’ours n’a pas sa place dans nos montagnes ». »

Les commentateurs sur lemonde.fr prennent la défense de l’ourse :

A.Conte : On remarque que le journaliste appelle un « drame » un chasseur blessé en chassant au milieu d’une zone d’habitat des ours mais qu’un automobiliste tué par un chasseur sur une 4-voies est appelé un « accident ». La différence de traitement saute aux yeux. Puisqu’on interdit implicitement aux non-chasseurs de fréquenter tous les espaces naturels plus de 6 mois par an pour ne pas fournir des cibles aux chasseurs, on pourrait aussi interdire certaines zones toute l’année aux chasseurs pour laisser les ours vivre tranquilles. En ce qui me concerne, j’aurais préféré que ce soit le chasseur qui y reste car chaque chasseur en moins c’est potentiellement un non-chasseur sauvé de ses tirs. Qu’on meure d’un coup de fusil en faisant du vélo, en passant en voiture ou en taillant ses rosiers est un drame, qu’on meure en chassant n’est qu’un accident de chasse.

GuillaumeS : Que faisait un chasseur si près des oursons ? Tout le monde sait que c’est très dangereux, sauf apparemment un soi-disant habitué de la faune sauvage.

Gaston31000 : C’est dommage que l’ourse n’ait pas fini le boulot. En tous cas, j’ai plus peur des chasseurs que des ours quand je vais randonner dans les Pyrénées. Je croise beaucoup de spécimens de la première espèce, qui ressemblent souvent à une milice de red-necks en train de s’entraîner en vue de la prochaine guerre civile. Ils ont généralement de gros 4×4 et de gros pick-up et font de l’intimidation aux randonneurs des GR, même sur les chemins de st-jacques. Pour débusquer un ours, il faut le vouloir. Un copain passe tous ses WE depuis 20 ans à crapahuter dans la montagne pour ramasser des crottes d’ours pour les scientifiques, et il n’en a jamais vu un seul.

CL : Ce qui est un drame c’est que les deux oursons ont perdu leur mère et sont maintenant orphelins. Ce qui est un drame, c’est qu’il se trouve des gens pour penser que l’ours n’a pas sa place dans les Pyrénées parce qu’il y a des humains… Mais qui peut bien avoir envie de vivre dans un monde où il n’y aurait que des humains? Et de quel droit peut-on décider qu’il n’y a que notre stupide espèce qui ait le droit de vivre?

Lire aussi, Les ours pyrénéens demandent la parole

Alxsailor : Les chasseurs tuent et blessent plus de chasseurs que les ours ne tuent et blessent de chasseurs chaque année. Conclusion : pour protéger efficacement les chasseurs il faut commencer par supprimer les chasseurs.

Eric L. : Selon France3 Occitanie, l’ourse tuée pourrait être Caramelles. L’histoire se réputerait comme le souligne Pays de l’ours dans son communiqué : « sa mère Mellba a également été tuée lors d’une battue en septembre 1997, alors que Caramelles et son frère Boutxy n’avaient que 8 mois »… On comprend alors tout-à-fait la réaction de défense de ses oursons par la mère.

1europ : Si on repasse le film , c’est une mère défendant ses petits … Son comportement est donc plus que compréhensible et naturel. Je ne connais pas l’expérience du chasseur, mais il me semble évident que lorsqu’on tombe sur des petits d’animaux , il faut très vite évacuer la zone par peur d’attaque de la mère. C’est le bon sens… Essayez d’attraper un poussin et vous verrez la mère poule vous agresser… et ce n’est qu’une poule ! Après si on met en balance que nous sommes 8 000 000 000 humains sur terre et que les ours dans les Pyrénées peuvent se compter sur les doigts d’une main , et qu’ils sont quasi éteints, on voit que ce sont les hommes qui doivent réduire leur empreinte. Et non l’inverse.

Noleb : Donc il y a une UNE attaque non mortelle d’une ourse sur un chasseur (en plusieurs dizaines d’années) et les chasseurs et consorts appellent à éradiquer (pardon à « prélever ») tous les ours. Je propose donc d’éradiquer tous les chasseurs vu qu’il y a eu (rien que pour la saison 2019-2020) 141 victimes d’accidents de chasse, dont 11 morts. C’est logique non?

Etichonide : Si on comprend bien, les chasseurs veulent une forêt aseptisée, sans dangers, ou ils pourraient mitrailler à loisir des lapins, des faisans d’élevage et des chevreuils décornés mais surtout ne rencontrer rien de plus effrayant. Faudrait aussi goudronner les chemins, on peut vite s’y fouler une cheville, et enlever toutes ces ronces, qui peuvent rayer le vernis du pantalon en kevlar.

Lire, Mort à l’ours, nature morte, l’enfer sur terre

César Bistruk : En Californie, les urbains cohabitent avec l’ours qui vient profiter de leurs piscines, sans qu’actions soient menées par les autorités pour les éliminer. On y fait de la prévention : conduite à tenir devant l’animal, etc…

Paroles de sagesse à la mode écolo

Cyril Dion : Pour le biologiste allemand Ernst Haeckel, inventeur du terme, l’écologie est « la science des relations des organismes avec le monde environnant, c’est-à-dire, dans un sens large, la science des conditions d’existence ». En d’autres termes : comprendre quelles sont les interactions entre les différents systèmes vivants (dont l’être humain fait partie) et quelles sont les conditions pour que leur existence puisse perdurer dans le temps. Être écologiste, c’est ça. Si l’écologie est aussi devenue politique, c’est par nécessité. Pendant des décennies, les alertes des scientifiques ne furent généralement pas suivies d’effet par les gouvernements et il a fallu se battre sur le terrain législatif pour faire entendre ces impératifs. Aujourd’hui, le débat sur l’écologie s’abîme trop souvent dans des clivages stériles, pour savoir qui est ou n’est pas un véritable écolo, ou dans les méandres d’un tableau Excel, à calculer combien de tonnes de carbone nous pourrions économiser avec telle ou telle rupture technologique. La question est ailleurs : sommes-nous prêts à organiser nos systèmes économiques, politiques et sociaux dans l’objectif de perpétuer la vie, sous toutes ses formes ?

Delphine Batho : Je porte une espérance en rupture totale avec le libéralisme et le socialisme qui sont en réalité les deux faces d’une même pièce : celle de l’effondrement de la nature ».

Edgar Morin : L’intelligence ne comporte en elle aucune moralité ou immoralité, elle peut être mise au service de la méchanceté comme de la bonté. Theodor W. Adorno et Max Horkheimer ont montré que la raison peut être instrumentalisée au service du pire ou du délire, comme elle le fut par le nazisme, entre autres.

Sergio Ramirez :« En 1977, la famille Somoza m’avait accusé de terrorisme, association pour commettre des crimes et atteintes à l’ordre et à la paix, alors que je luttais contre cette dictature, tout comme je lutte, aujourd’hui, contre celle de Daniel Ortega… Les dictatures ont peu d’imagination et répètent leurs mensonges, leur acharnement, leur haine et leurs caprices. Ce sont les mêmes délires, la même obstination aveugle pour le pouvoir et la même médiocrité…e suis un écrivain engagé pour la démocratie et la liberté, et je ne baisserai pas les bras, où que je me trouve… Mon œuvre littéraire est l’œuvre d’un homme libre. Les seules armes que je possède sont les mots, et on ne m’imposera pas le silence. »

Denis Villeneuve : « Les enjeux de l’intrigue (dans mon film DUNE) sont d’actualité : le pétrole, l’économie de marché, l’épuisement des ressources. Dune est précurseur de l’idée selon laquelle l’écologie est un mouvement qui va au-delà de la politique et peut aussi devenir violent. C’est inévitable, la surexploitation des ressources naturelles va créer des tensions énormes à l’avenir. »

Michel Onfray : Crémation ou inhumation ? La religion écologique tranche : ni l’un ni l’autre mais bien plutôt l’humusation, autrement dit la transformation des cadavres en humus. On place le mort sur un lit de copeaux et de sciure dans un endroit ventilé, on l’arrose d’une solution aqueuse de sucre pour produire une fermentation, la température monte à 60 °C, les bactéries du corps dégagent des enzymes qui détruisent le tissus. Le corps s’enfonce dans les copeaux. Quatre à six semaines plus tard, plus si on veut traiter les os, on obtient un compost dans lequel on peut planter un gland. L’État de Washington a donné son feu vert ; la France pas encore.

L’écologie au pays de Xi Jinping

Vu l’incapacité flagrante des systèmes démocratiques pour faire face à l’urgence écologique, certains peuvent se dire : pourquoi pas un pouvoir fort aux mains d’un grand guide éclairé par les lumières de la Terre-mère ?

Lire, Le piège démocratique empêche les mesures écologiques

Laffaire Peng Shuai montre qu’un régime dictatorial protège ses affidés à n’importe quel prix. Toute référence à l’ex-championne de tennis a été soigneusement expurgée du Web depuis qu’elle a accusé publiquement l’ancien numéro sept chinois Zhang Gaoli de l’avoir violée. Où est maintenant Peng Shuai ? On n’en sait rien. Pas question de s’attaquer à un dirigeant chinois de haut rang, ex-membre du comité permanent du bureau politique du Parti communiste, la plus haute sphère du pouvoir. En Chine, les informations non officielles sur les hauts dirigeants sont interdites, et un nombre incalculable de personnes a été envoyé en prison pour les avoir critiqués. Ce n’est pas la transparence et la justice qui l’emporte, mais le pouvoir pour le pouvoir. Un régime politique ne peut agir pour le bien commun s’il n’agit pas en toute transparence, et ce dans tous les domaines.

L’affaire de l’EPR de Taishan est directement significative d’un système politique qui veut ignorer les normes de sécurité en matière nucléaire. Dans le sud de la Chine, EDF exploite avec China General Nuclear Power Corporation le réacteur de Taishan1, premier EPR de conception française, mis en service en décembre 2018. Après « un incident », l’autorité de sûreté nucléaire chinoise a relevé le seuil autorisé de concentration des gaz rares dans le circuit primaire à 324 gigabecquerels par tonne d’eau (GBt/t) pour éviter l’arrêt du réacteur…  alors que la norme est de 150 GBt/t en France ! Le « partenaire » chinois de la France attendra longtemps pour annoncer la fermeture du réacteur ; Taishan 1 est depuis toujours à l’arrêt. La culture du secret du régime communiste l’emporte sur des conséquences qui peuvent être désastreuses.

Certes nous sommes sortis de la guerre froide, mais les dérives d’un grand timonier à la sauce Mao sont toujours très présentes en Chine et ailleurs. Xi Jinping est un autocrate nationaliste qui rêve de faire des Chinois un peuple d’ingénieurs et de scientifiques et n’hésite pas à imposer aux membres du Bureau politique des séances de formation sur la physique quantique. De plus son but explicite de la « prospérité commune » est de permettre à chacun de s’enrichir. Technoscience, pouvoir d’achat et start-up, tous les ingrédients d’un système thermo-industriel qui est en train de faire faillite sont présents. Le guide suprême mène le peuple à partir de ses fantasmes personnels sur le croissancisme, pas par rapport à la nécessaire réduction des émissions de gaz à effet de serre. D’un côté Big Brother est plus présent que jamais dans la vie des Chinois, de l’autre on leur donne l’illusion de la liberté en leur laissant choisir leur mode de vie, y compris en voyageant à l’étranger comme de bons touristes. Certes il y a toujours rivalité entre les deux premières puissances mondiales, mais ce n’est plus la guerre froide, c’est la compétition au niveau technologique, économique et culturel. Or, que ce soit Xi Jinping ou Joe Biden, ils ont exactement le même logiciel, perpétuer la croissance économique au détriment des possibilités durables de la planète.

En fait le système démocratique reste le plus mauvais des systèmes à l’exception de tous les autres, à commencer par les pouvoirs sans contre-pouvoirs. En démocratie véritable, c’est trop long pour prendre une décision d’urgence, mais les débats vont cahin-caha dans la bonne direction. Si le leader vénéré se trompe, il envoie tout le monde en enfer, Hitler et Staline sont de bon exemples. Si Xi Jinping se trompe, la Chine prendra comme un seul homme la mauvaises direction. Tous les ingrédients sont présents. La toute-puissance de Xi Jinping se révèle sans contestation possible. La « nouvelle ère » lancée par Xi Jinping lors de son accession au pouvoir en 2012 repose comme sous Mao sur la coercition : Le « mouvement d’éducation idéologique marxiste donne des résultats remarquables ». Or tout « mouvement de rectification » repose sur l’isolement des individus, la terreur des excommunications, la soumission qui ne peut être que volontaire ! Xi Jinping le dit : « Pour que le pays soit gouverné comme il se doit, il est impératif de commencer par diriger le parti d’une main de fer… Si l’on ne veut pas toucher à des centaines, voire à des milliers d’éléments corrompus, ce sont 1,4 milliard de Chinois qui seront affectés. (…) Nous sommes résolus à réprimer aussi bien les “tigres” que les “mouches” et les “renards” ». La purge à la Mao est donc toujours présente, et le leader maximo peut se révéler à la fois tigre, mouche et renard. On ne peut rejeter la démocratie comme le fait Xi Jinping : « Il faut rester vigilant et se prémunir contre les effets corrosifs des courants idéologiques occidentaux tels que le soi-disant “régime constitutionnel”, l’alternance politique et la “division des trois pouvoirs” ». On ne peut à la fois « maintenir la direction du parti », et « sauvegarder la primauté du peuple », c’est un oxymore. Pour Xi Jinping, le partage du pouvoir est un oxymore.

Fin de vie, comparaison internationale

Texte du 17 novembre 2021 en provenance de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) :

En 2001, le Conseil national suisse (chambre basse du Parlement) confirmait, par un vote, que l’assistance au suicide était possible dès lors qu’elle n’avait pas un mobile égoïste. Cette assistance au suicide, humaniste et compassionnelle, est celle que nous connaissons encore aujourd’hui, de l’autre côté des Alpes. Le 1er avril 2002, les Pays-Bas ont été les pionniers du soin ultime, en légalisant l’aide médicale à mourir ; le décret sur la fin de vie sur demande et le suicide assisté est entré en vigueur un peu plus tard. Ce texte de loi mettait fin à dix années d’une pratique jurisprudentielle qui définissait les « critères de minutie » à observer par tout médecin acceptant d’aider un malade, à sa demande, à mourir. Alors que la très grande majorité des pays du monde ignoraient tout de la démocratie sanitaire et que la médecine était toute puissante – même si les droits des personnes malades commençaient à être une revendication légitimement affirmée – les Néerlandais bénéficiaient déjà du droit à disposer de leur corps jusque dans la mort, dans un cadre strict et dès lors que la vie n’était plus que de la survie.

En mai 2002, la Belgique emboîtait le pas aux Pays-Bas en votant une loi relative à l’euthanasie, puis, en 2009, avec le vote de la loi luxembourgeoise sur l’euthanasie et l’assistance au suicide, les peuples du Benelux étaient réunis dans une même reconnaissance du droit individuel à rester maîtres de leur propre fin de vie.
Depuis pourtant, beaucoup de pays se sont emparés de ce sujet de société pour légiférer en matière de fin de vie. Aux Etats-Unis, comme en Australie, de nombreux états ont voté des lois de légalisation de l’aide active à mourir. Le Québec puis le Canada dans son ensemble ont adopté ce soin ultime. La péninsule ibérique (Espagne et Portugal) a légalisé l’aide active à mourir. L’Angleterre et l’Ecosse ont voté des textes en première lecture et ont lancé des consultations citoyennes qui plébiscitent l’aide active à mourir. Chili, Colombie, Nouvelle Zélande… Près de chez nous, l’Autriche, l’Allemagne et l’Italie ont été enjoints, par leur juridiction suprême (respectivement la Cour constitutionnelle, le Tribunal constitutionnel fédéral et la Cour constitutionnelle) de légaliser l’aide active à mourir, y compris au nom du respect au droit à la vie (article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme). L’aide médicale active à mourir est devenue – à juste titre et heureusement – la norme…

En France, malgré l’émotion provoquée par le drame vécu par le jeune Vincent Humbert – qui demandait au président de la République, Jacques Chirac, le droit de mourir et d’être délivré de son corps inerte – et par sa mère, Marie Humbert – qui mit fin à son agonie le 24 septembre 2003 – le Gouvernement français, sous la conduite de Jean-Pierre Raffarin, confiait le soin à Jean Leonetti, député des Alpes-Maritimes, le soin d’explorer une troisième voie entre acharnement thérapeutique et aide active à mourir : la fameuse exception française… La sédation (c’est-à-dire la déshydratation et la dénutrition, jusqu’à l’insuffisance rénale sévère qui emporte le malade sans certitude qu’il ne souffre pas) apparaissait dans notre pays, renforcée et confirmée par les trois lois Leonetti qui se sont succédé (2005, 2010 et 2016). La plus réductrice de nos libertés en fin de vie, la loi du 2 février 2016, ne s’applique que dans les dernières heures voire les derniers jours de la vie et laisse de côté les malades atteints de maladies neurodégénératives (Charcot, Alzheimer, Parkinson…).

Lire, 297 députés veulent choisir leur fin de vie

Pas un pays – pas un seul – ne s’est engagé dans la voie mortifère de la sédation, dont nous mesurons chaque jour les drames qu’elle porte en elle-même au regard des protocoles retenus par la France et sa Haute autorité de santé. Pas un pays n’a souhaité se distinguer en ne respectant pas la volonté des personnes en fin de vie et en leur imposant une mort « à petit feu ». La voie choisie par la France est une impasse. Jusqu’à ce jour, pas un gouvernement n’a eu le courage de reconnaître l’erreur originelle commise en 2005 – par orgueil et par dogmatisme – en inventant un entre-deux devenu insupportable. Les élections (présidentielle et législatives) du printemps prochain seront l’occasion de repenser notre loi sur la fin de vie, de remettre la décision de celui qui est dans le lit au cœur de toute décision le concernant, de respecter sans condition la parole de la personne arrivée au terme de sa vie, de légaliser l’aide médicale active à mourir et, enfin, de mettre un terme à la triste expérimentation et exception qui fut celle explorée par notre pays, provoquant tant de drames…

Lire, Fin de vie, prendre du midazolam ?

Vaccin, la libre acceptabilité des contraintes

La liberté d’expression a ses limites, comme toutes les autres libertés. De toute façon la liberté est un mot valise dans lequel on peut trouver tout et son contraire. La seule liberté que nous puissions avoir, c’est d’être conscient des contraintes apportées par notre socialisation primaire, notre vécu socio-économique et le milieu environnant où domine maintenant le poids du nombre. En Autriche ils ont fait fort, on est passé en quelques jours d’un confinement obligatoire pour les non-vaccinés au vaccin obligatoire pour toute la population… après accord aussi bien des conservateurs, des sociaux-démocrates que des écologistes.

Jean-Baptiste Chastand : « L’Autriche a décidé le 19 novembre de prendre une décision radicale et unique en Europe, imposer le vaccin à partir de févier 2022. « Nous n’avons pas d’autre choix », a martelé le chancelier, « Nos soins intensifs débordent ». « Les experts disent que les mesures que nous avons prises ne vont pas suffire, or il faut casser cette quatrième vague », a défendu le ministre de la santé (écologiste)… 90 % des malades en soins intensifs ne sont pas vaccinés. « Nous avons cru pendant trop longtemps que ce serait possible de convaincre les gens de se vacciner volontairement, mais on doit regarder la réalité en face », a avancé le chancelier pour justifier le choix de passer au mode obligatoire dans ce pays où il n’existait aucune obligation vaccinale, même chez les enfants. La seule exception étant la période nazie, puis la vaccination contre la variole, imposée par les Alliés et abolie dans les années 1980… La décision a déclenché la colère de l’extrême droite. Le chef du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), un antivax notoire, a ainsi assuré que « l’Autriche est une dictature à partir d’aujourd’hui ». Dans les milieux proches de l’anthroposophie et des antiautoritaires issus des mouvements contestataires de gauche des années 1980, les gens non plus ne veulent pas se faire vacciner. »

C’est un véritable paradoxe, c’est l’extrême droite qui parle de « dictature » à propos de l’obligation vaccinale. C’est un autre paradoxe, extrême droite et extrême gauche se rejoignent dans la condamnation de l’obligation vaccinale.

Lire, L’étoile jaune pour les non vaccinés ?

Que penser ? Du point de vue des écologistes, le choix collectif devrait être formulé de façon abrupte. Soit nous misons sur la sélection naturelle, le vaccin n’est pas obligatoire, les mesures de confinement sont facultatives, nous laissons nos défenses immunitaires se renforcer naturellement et tant pis pour les plus faibles, viva la muerte, le tri médical est un passage obligé vu l’explosion des hospitalisations. Soit, à l’image de ce qui se passe pour les enfants, la vaccination est obligatoire pour tout le monde, mais la population devient de plus en plus nombreuse et de plus en plus fragilisée face aux atteintes virales et microbiennes. L’obésité et les comorbidités se généralisent, et un jour ou l’autre une mutation d’un des vecteurs de la sélection naturelle envoie de toute façon à trépas une grande partie de l’espèce humaine. Le problème, c’est que notre société se refuse à aborder les choix fondamentaux et préfère laisser les gens dépérir dans l’assistanat et la contrainte sociale. Le problème, c’est notre rapport à la mort, le refus de mourir.

Lire, Covid, regardons sans ciller la mort en face

Rappelons les propos d’Ivan Illich: « Le traitement précoce de maladies a pour seul effet d’aggraver la condition des patients qui, en l’absence de tout diagnostic et de tout traitement, demeureraient bien portants les deux tiers du temps qu’il leur reste à vivre. » Comme l’écrivait André Gorz, « il est devenu choquant d’affirmer qu’il est naturel de mourir, que les maladies mortelles ne sont pas un dérèglement accidentel et évitable mais la forme contingente que prend la nécessité de la mort ».

Lire, L’idée de liberté à l’heure du pass-sanitaire

Quand le monde se complexifie les règles se multiplient. Cela a donc un prix mais aussi des avantages. Dans un monde peuplé de 5 personnes, l’anarchie peut être cool un moment mais dans un système complexe de presque 8 milliards d’humains, ça bugue. Il a été calculé que si vous faites Paris-Marseille en voiture vous êtes soumis à plusieurs centaines d’injonctions. Cela permet à plus de gens de faire le trajet en moins de temps et en moins dangereux. D’où cette idée-clé, moins on est nombreux, plus on peut refuser l’obligation vaccinale et toutes les autres contraintes…

Cycle du silicium, carrières et dépotoirs

« Du silex au silicium », on connaît ces triomphales trajectoires que les communicants des technosciences et autres apologistes du progrès industriel, ont coutume de projeter vers un infini futur et merveilleux sur l’écran de leurs PowerPoints, grâce à la Transition, qui, pour être « écologique », ne peut être que « numérique ». Ces insanités ne peuvent se proférer qu’à la condition d’ignorer ce qu’est réellement et concrètement le cycle du silicium dont nous traçons ici l’esquisse sommaire.

Qu’est-ce que le silicium ? D’où et comment est-il extrait ? Et pour quel usage ? Pour produire quels « objets connectés » (« intelligents », « smarts ») ? Et pourquoi ? Et après ? Que deviennent ces milliers de tonnes de déchets électriques et électroniques ?

Éventrer la terre : Le mot silicium vient de silex, une roche siliceuse. Elle constitue un quart de la croûte terrestre, le plus souvent sous la forme de silice, ou dioxyde de silicium, un minéral composé d’un atome de silicium et de deux atomes d’oxygène. La trajectoire qui nous a menés de l’âge de pierre à la civilisation du silicium était-elle inéluctable? Une chose est sûre: entre l’outillage des hommes préhistoriques et le macro-système cybernétique des Smartiens, le changement d’échelle a produit un changement de nature qui obère aujourd’hui la poursuite de la trajectoire. En 2017, 35 à 40 milliards de tonnes de matériaux silicaté sont été extraits du sol, soit trois fois plus que tous les combustibles fossiles.

Brûler du bois et de l’électricité : Deuxième phase du processus:la transformation de la silice en silicium métal. Le matériau s’obtient par carbo-réduction, en ajoutant du carbone (bois, charbon, houille) au silicium. Par exemple les trois fours de Livet-et-Gavet consomment chaque année l’équivalent électrique d’une ville de 150000 habitants(comme Grenoble intra muros). Alors que le groupe menace en 2021 de fermer l’usine, les technocrates de toutes couleurs s’indignent au nom de l’écologie. André Chassaigne, député communiste du Puy-de-Dôme : « Ces sites industriels jouent un rôle majeur dans le cadre de la transition écologique et énergétique. Leurs fermetures auraient un coût environnemental et social conséquent et porteraient inéluctablement un coup à la souveraineté économique nationale ». Yannick Jadot, candidat Vert à l’élection présidentielle : «En tant qu’écologistes, nous voulons des usines comme les vôtres». Guillaume Gontard, sénateur Vert de l’Isère : «La France a et aura besoin de silicium». Jean-Luc Mélenchon, planificateur écologique : «J’aimerais que Macron s’intéresse enfin à Ferropem […]. Je souhaite que le thème du dépeçage de la France industrielle émerge dans la campagne». Tout tout pour le matériau-roi de la «transition écologique» !

Lire, Vivre déconnecté pour se connecter au monde réel

Étape suivante : Poubelles électroniques. Sans silicium, pas de puces électroniques, pas de pilotage automatique de l’homme-machine dans le monde-machine. Et vous ne voudriez tout de même pas revenir au silex. Bref.Voici notre matériau en bout de course, une fois l’objet qu’il rendait «intelligent» devenu obsolète, c’est-à-dire rapidement.Vous jetez votre smartphone tous les deux ou trois ans, selon une étude récente de l’Arcep. Les déchets électroniques débordent des poubelles, et le recyclage promis n’est pas au rendez-vous : 53,6 millions de tonnes ont été produites en 2019, et les experts en prévoient 74,7millions en 2030. Ni le recyclage, ni les infrastructures de destruction «sécurisées» ne peuvent absorber une telle explosion, rapporte une étude de l’ONU. Bilan: sur les 53,6 millions de tonnes de déchets électroniques de 2019, «on ignore ce que sont devenus 82,6 % ou 44,7 millions de tonnes», reconnaît l’OMS.

(mercredi 27 octobre 2021 par Pièces et main d’œuvre )

Jancovici nous pousse hors zone de confort

Jean-Marc Jancovici, fondateur de Carbone 4, président du think tank The Shift Project, membre du Haut conseil pour le climat, multiplie les interventions dans les grandes écoles. Chacune de ses conférences compte des centaines de milliers de vues sur la plate-forme vidéo YouTube. L’ingénieur rappelle avec force graphiques et métaphores que notre économie est dopée aux énergies fossiles et que la décroissance énergétique est un horizon incontournable.

Jean-Marc Jancovici : Pour ma génération, il y avait une certaine insouciance, et l’esprit – moi le premier – c’était plutôt : après l’X, à nous le monde et l’argent ! Les temps changent. Cette génération a une quête de sens, elle sait que même un diplôme de l’X ne les protégera pas des crises à venir…

Lire, Ingénieur et écologiste, c’est incompatible

Normalement, la formation d’ingénieur apprend à tenir compte des limites, c’est-à-dire de ce qui ne dépend pas de nous. Dans les écoles de commerce, c’est parfois compliqué, car la finitude du monde vient tamponner toute la théorie économique mainstream enseignée dans ces institutions ; il est plus facile d’enseigner les bases physiques du changement climatique par un prof de mécanique en école d’ingénieurs que par un prof de finance en école de commerce. Les écoles sont prises en étau entre les enjeux d’attractivité et d’employabilité. Ce que veulent les étudiants est contradictoire avec ce que demandent les entreprises. Si vous êtes un jeune ingénieur dans les travaux publics et que votre entreprise construit des autoroutes, vous aurez du mal à faire basculer l’activité vers la construction de pistes cyclables.

Lire, Les ingénieurs doivent-ils renoncer à leur métier ?

Par ailleurs, il n’y a pas nécessairement de solution alternative. Total, par exemple, n’a pas de solution à moyen terme pour sortir du pétrole et du gaz… Les grandes visions techno-optimistes, qui consistent à parier sur une accélération encore jamais vue des « bonnes » innovations sans les mauvaises, sont plus souvent portées par des hommes politiques ou des économistes que par des ingénieurs… le problème est dans notre logiciel politique, qui nous pousse à vouloir toujours plus sans limite. Nous sommes des animaux à la mémoire courte, c’est cela qui explique qu’un film d’horreur a cessé de vous faire peur au sortir du ciné… Du coup, je mets mon auditoire en dehors de leur zone de confort, pour qu’il en reste quelque chose des mois ou des années plus tard, quand il faudra passer à l’action !

Pour en savoir plus sur Janco grâce à notre blog biosphere :

6 octobre 2019, Jancovici, « sans pétrole t’es plus rien »

18 décembre 2017, Extraits du discours décapant de Jean-Marc Jancovici

14 février 2011, le pic pétrolier vu par JM Jancovici

4 janvier 2009, Jean-Marc Jancovici (ses opinons politiques)

En marche… vers la sobriété partagée

La sobriété est devenue une nécessité absolue… qui reste pourtant l’angle mort de notre société de consommation.

Claire Legros : La « tempérance » ou « frugalité » ou « modération » est une notion ancienne, qui s’enracine dans les grandes traditions philosophiques et religieuses. Elle était perçue comme « une évidence », dans des sociétés « soumises aux contraintes matérielles », où les populations s’organisaient « pour répartir des sources d’énergie peu abondantes, gérer la pénurie pour se chauffer, s’alimenter, se déplacer, ou produire des biens », rappelle François Jarrige (« Sobriété énergétique, un nouvel oxymore ? ». C’est seulement à partir du XVIIIe siècle qu’émerge l’idée que la Terre est exploitable, qu’il suffit de la creuser pour en extraire une énergie abondante. Se déploie alors « un nouvel imaginaire où l’émancipation et la réalisation de soi passent par un progrès technologique sans limite, qui pourvoit à la satisfaction matérielle de tous les désirs », analyse Barbara Nicoloso, autrice d’un Petit traité de sobriété énergétique. Au XIXe siècle, la sobriété devient même une idée rétrograde, « un signe de misère ou de retard ». Ce récit se renforce tout au long du XXe siècle jusqu’à l’avènement de la société de l’hyperconsommation et du tout-jetable…

Lire, Dans les entrailles de la machine mondiale à expresso

La « chasse au gaspi », lancée par Valéry Giscard d’Estaing en 1979 après les chocs pétroliers, apporte la preuve qu’une stratégie politique de rationnement est possible. Mais comment faire la part entre les besoins fondamentaux et ce dont on peut se passer, alors que la sociologie montre que cette distinction est culturelle et non universelle ? Comment définir un accès équitable à l’énergie et aux biens quand une large part de la population vit déjà une sobriété qu’elle n’a pas choisie ?

À connaître, « âge de pierre, âge d’abondance »

Marc Campi et Guillaume Flament : Il devient évident que le réchauffement climatique oblige les pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). La question aujourd’hui est de savoir s’il va être possible d’assurer la décroissance des émissions de GES sans altérer le potentiel de croissance de l’économie : c’est la notion de « découplage absolu ». Cette notion est centrale car, si la baisse d’émissions de GES devait se traduire par une baisse de l’activité économique, la transition climatique se heurterait potentiellement à des réticences insurmontables des populations. Or la productivité globale des facteurs augmente (et donc la croissance économique) lorsque les consommations d’énergie augmentent ; à l’inverse, la productivité globale des facteurs décroît (et le PIB se contracte) lorsque les consommations d’énergie décroissent… Le défi principal est de savoir comment les humains vont réduire leur consommation d’énergie d’ici à 2050 : soit ils inventent un modèle économique capable de combiner croissance et réduction de la consommation d’énergie (le découplage absolu), ce qu’ils n’ont jamais réussi à réaliser depuis le début de l’ère industrielle ; soit il va falloir accepter la décroissance et apprendre à la gérer sans faire exploser le pacte social, ce qui est un défi tout aussi considérable. Le troisième chemin serait de renoncer aux engagements de l’accord de Paris, et d’accepter que les températures augmentent au-delà des 1,5 ou 2 degrés, au mépris des générations futures.

Lire, Sobriété ou Nucléaire, E. Macron a tranché

Michel SOURROUILLE : On ne peut mesurer l’influence que chacun de nous est susceptible d’exercer sur les autres. On ne sait jamais quand s’amorce une réaction en chaîne. Mais n’oublions jamais que notre société n’est que la somme de toutes nos actions individuelles de producteurs, de clients, d’amis, de parents. Cessons d’attendre que le système change, changeons nos comportements pour que le système change. L’action qui déclenche l’effet domino a besoin que chacun de nous pour que la réaction en chaîne se produise. Mais la sobriété volontaire n’est qu’un premier pas, les politiques publiques doivent soutenir le mouvement général de basculement. Pour faire passer la purge des économies d’énergie, non seulement les politiciens devraient imposer un revenu maximum admissible (3 fois le salaire minimum par exemple), mais ils devraient rendre obligatoire la lecture à l’école de livres comme No Impact man.

Lire : 2022, le revenu maximum autorisé au programme

He jean Passe : C’est pas si compliqué on laisse les énergies fossiles sous-terre et l’humanité se débrouille avec la force musculaire, le solaire, l’hydroélectrique… Les humains seront moins riches, les pauvres devront élever moins d’enfants et nous tâcherons tous d’avoir à manger, à boire… et à faire la fête !

Dans les archives du blog biosphere :

15 décembre 2020, La sobriété ne suffit pas vu notre nombre

26 janvier 2017, Notre défi, 100 % de sobriété énergétique en 2050

30 mars 2011, sobriété volontaire ET forcée !

13 janvier 2009, sobriété énergétique ?