Utopie

RÉSEAU de DOCUMENTATION

des ECOLOGISTES

Au début du XXIe siècle, nous avons pris progressivement conscience de l’enfermement planétaire (André Lebeau). De plus le pic pétrolier de 2013 a fait ressentir à tous la fin de l’énergie fossile à bas prix : le coût des déplacements explose. Il y a eu une limitation générale, volontaire ou forcé, des déplacements physiques. Les villes compactes se sont multipliées, accompagnant le processus de désurbanisation. La voiture individuelle est en voie de disparition, comme le transport par avion et les trains à grande vitesse. Ce qui domine, c’est le concept d’écomobilité, qui a rejeté de fausses solutions techniques comme la voiture électrique. Le slogan du XXe siècle, « plus vite, plus loin, plus souvent et moins cher » est devenu « moins vite, moins loin, moins souvent et beaucoup plus cher ».

En 2050, la mobilité géographique comme la mobilité professionnelle est réduite, le travail s’enracine de plus en plus sur un territoire déterminé. Le tourisme international a presque complètement disparu et il est mal accepté par les autochtones. Même s’il y a encore quelques voyageurs, les migrations de masse apparaissent dorénavant comme des impossibilités majeures. Notons que plus on attendra pour lutter contre le réchauffement climatique en réduisant drastiquement la combustion de ressources fossiles, plus il y aura de réfugiés climatiques et plus les replis identitaires seront importants (cf. Harald Welzer, Les guerres du climat).

En 2050, la révolution numérique commence à apparaître comme une impasse. La génération de l’écran aura disparu faute d’écrans individuels à cause des grandes pannes récurrentes d’approvisionnement électrique. Les moyens de communication au loin (téléphone, télévision), facilités par l’usage de l’électronique, sont utilisés de façon collective et parcimonieuse. Ils permettent de conserver un lien avec la communauté mondiale, la planète est aussi notre village. Les activités de loisirs se recentrent sur la communauté proche. La société du spectacle est progressivement remplacée par des activités ludiques (sport, musique, etc.) de proximité dont les personnes sont elles-mêmes les acteurs.