28 juin, la vague verte submerge la Macronie

Municipales 2020, c’est une bascule historique. Les écologistes deviennent la force principale, non par le poids de leur appareil, mais en imposant leurs thèmes. Petite structure de quatre salariés, sans députés à l’Assemblée nationale, EELV a ravi plusieurs grandes villes, devenant ainsi une force majeure de l’opposition au président de la République Emmanuel Macron. Les écologistes gagnent – seuls ou à la tête de coalitions – des communes comme Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Besançon, Annecy ou encore Colombes (Hauts-de-Seine). Ils gardent Grenoble et participent à la victoire à Paris, Montpellier… La Macronie en déroute (et ronchonneuse), le RN à la peine (et ringardisé), le courant écolo-gaucho-citoyen en forme (et relayé par des collectifs issus des luttes, implantés localement et très actifs), que des bonnes nouvelles ! Voici quelques réactions significatives sur lemonde.fr :

Charlus-sixty-six : De la même manière que les hussards noirs d’hier avaient conditionné une génération à voter rad-soc et à mourir dans les tranchées, les hussards verts façonnent les cerveaux d’aujourd’hui à voter écolo et à faire des potagers bio…

Ulysse : Faudra t-il un président écologiste pour que cela avance vraiment ? Oui, sauvegarder une terre vivable, cela restreint certaines libertés.

Julien Bayou, secrétaire national d’EELV : Cela ressemble aux municipales de 1977, gagnées par la gauche et qui préfiguraient la victoire de François Mitterrand en 1981. Malgré les coalitions anti-climat, malgré les insultes dans la campagne, les maires écologistes sont réélus et de nouvelles victoires permettent à l’écologie de s’ancrer durablement dans les territoires, dans de nombreuses villes et grandes métropoles. Mais aussi dans de nombreux villages et quartiers populaires, sur lesquels l’attention se porte moins : Schiltigheim, Bègles, Arcueil…

S. Mouchot : Le parallèle avec 1981 est juste. L’écologie sociale suscite de grands espoirs notamment chez les jeunes. Espérons que leur pratique du pouvoir ne déçoive pas. Pour notre planète et notre démocratie…

Bobby Videau : C’est un « tournant politique » qui conduira Les Verts à faire 10% des voix à la présidentielle 2022. Cela leur laissera la possibilité de déterminer s’ils appellent à voter Le Pen ou Macron au second tour.

David Cormand, ex-secrétaire national d’EELV : On devient une valeur refuge pour les électeurs En marche ! [ancien nom de LRM] qui ont rompu avec Macron, mais aussi pour un électorat de gauche qui voit que le récit social-démocrate classique est obsolète, intenable. Notre récit prend le pas sur la gauche productiviste.

Piérick : Partout dans le monde, les élus Verts incarnent le dernier espoir de sauver aussi bien notre planète que nos civilisations ! Face au système capitalisme, oligarchique, qui tente désespérément de sauver ses intérêts en sacrifiant ses représentants (Macron, Colomb, Trump, Johnson, Bolsonaro, etc), face aux idéologies socialistes qui persistent à oublier l’écologie dans leurs équations, il faut espérer que cette vague verte sera bientôt planétaire : il en va de notre avenir !

Philistin @ Piérick : L’avenir, l’avenir Vous n’avez que ce mot là à la bouche. Or l’avenir est une chose du passé. La vraie modernité c’est d’assumer le no future intégral. Il n’y a pas d’avenir. Vivons maintenant comme des lions au lieu de bouffer des graines marcrobiotique. Faisons des orgies d’huile de palme. Homo sapiens a 300 000 ans, c’est un beau score mais c’est fini. Pour quoi mendier un supplément d’existence ? Homère, Beethoven et Rembrandt sont derrière nous et ne reviendrons pas. Assumons d’être les derniers et éteignons la lumière en mourant. Et faisons-le joyeusement au lieu de nous angoisser. Un orgasme de pétrole et de surconsommation c’est mieux que des décennies de soins palliatifs.

Jérôme Fourquet de l’IFOP : La grille de lecture de l’épidémie s’est faite autour de l’écologie, avec les questionnements autour de nos modes de vie et de consommation qui mettent à trop rudes épreuves nos écosystèmes. Le confinement a été un accélérateur. Les gens demandent du localisme, une baisse de la consommation frénétique. Cette période a renforcé les thèmes d’EELV. 

Kosim : Preuve s’il en fallait qu’il est devenu indispensable de tenir compte des questions écologiques. Il serait temps que les gouvernements aussi bien de gauche que de droite s’en rendent compte, et pas seulement en France, car on va droit dans le mur en repartant sur des logiques de croissance effrénée et de consommation à outrance. Espérons que la consultation citoyenne sur le sujet portera ses fruits !!

Yannick Jadot : L’alternance se fait autour de l’écologie. Là où l’on gagne, c’est avec des rassemblements larges, avec des projets qui ont trois pieds, l’écologie, la solidarité et la démocratie.

NC : Pas sûr que le tabouret vert a 3 pieds soit bien stable… Un 4eme pied nomme économie me semble nécessaire pour plus de stabilité.

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12 réflexions sur “28 juin, la vague verte submerge la Macronie”

  1. De là à considérer que c’est le 4ème pied, l’économie, qui fout la merde, il n’y a qu’un pas…

  2. Y. Jadot a raison contre les commentaires : un tabouret à 3 pieds sera TOUJOURS plus stable qu’un tabouret à 4 pattes dont la rigidité ne s’adapte pas aux inégalités du sol.

  3. Le commentaire cynique et réaliste de Philistin m’ a bien plus .
    Je ne peux en dire autant de ce Cormand (secrétaire des guignols de EELV) hautement hilarant : « Notre récit prend le pas sur la gauche productiviste ».
    Qu’ il nous explique comment tenter de satisfaire les besoins matériels de plus de 67 millions d’ habitants sans être productiviste .

    Ou ces gens sont de doux rêveurs pollués par l’ idéologie gauchiste ou bien ils ont pour but de faire tomber notre civilisation en se servant de la décroissance économique à marche forcée .
    La décroissance tant démographique que consommatoire est indispensable mais elle doit se faire à un rythme lent pour ne pas connaître un massacre social .

    1. Moi aussi j’aime bien le commentaire de Philistin, notamment parce qu’il a su très bien y placer le mot «joyeusement». Quant à l’orgie d’huile de palme et l’orgasme de pétrole, alors là ce sera sans moi. Pourquoi pas une Grande Bouffe à la Marco Ferreri, tant qu’à faire ? Sauf que mourir en se chiant dessus, ce n’est pas ça non plus comme ça que je vois «l’élégance». Mais j’imagine que ce joyeux drille est large d’esprit, et qu’il nous laissera le choix. Homère, Beethoven, Rembrandt et Jean Passe, après tout des goûts et des couleurs on ne discute pas. Et puis à chacun sa came ! En attendant.
      Dans un autre style, j’aime bien aussi celui de Bobby Videau. Comme quoi. 🙂

  4. Communiqué EELV : Après le succès des Européennes, c’est la confirmation que l’écologie est devenue centrale dans le paysage politique. Mais le plus important, c’est que nous avons les moyens de mettre en place notre programme pour pouvoir changer concrètement la vie de plusieurs millions de Françaises et de Français.
     Nous allons pouvoir anticiper les futures crises sanitaires, donner plus de place à la nature, et réduire celle de la voiture, isoler des milliers de bâtiments, développer les circuits courts et les commerces de proximité, soutenir l’agriculture locale et bio, lutter contre les projets polluants et inutiles, garantir la solidarité et la santé pour toutes et tous…
     Chaque élection est une élection pour la justice sociale, le climat et le vivant…

  5. «  »La Macronie en déroute (et ronchonneuse), le RN à la peine (et ringardisé), le courant écolo-gaucho-citoyen en forme (et relayé par des collectifs issus des luttes, implantés localement et très actifs), que des bonnes nouvelles ! Voici quelques réactions significatives «  »

    Ouais enfin, ce n’est pas que je veux faire les rabats-joie, mais juste un regard plus objectif en prenant un peu de recul. MAIS, lorsqu’il y a plus de 60% d’abstention, on ne va pas dire qu’il y ait un grand enthousiasme de la population pour l’écologie, et encore moins pour le parti écolo-pastèque (vert sur la pelure et rouge à l’intérieur). Je vois plutôt une défiance vis à vis de la classe politique dans son ensemble.

    1. En outre, ne pas oublier que, primo beaucoup de personnes âgées n’ont pas pu voter soit parce qu’elles étaient cloîtrées en maison de retraite sans pouvoir en sortir à cause de la distanciation sociale, ou alors beaucoup de gens ont pris peur d’aller voter et se retrouver victime d’une éventuelle seconde vague. Bref, il n’y a que les grands bénéficiaires du système (fonctionnaires et assistés divers) qui se sont déplacés pour sauver leurs rentes socialistes en tout genre. Ça on le sait, pour obtenir toujours plus d’aides et de migrants, ils se déplacent à toutes les élections qu’elles que soient les circonstances Alors, si on retire 60 % de chacun des scores de chaque parti dans chaque commune autant dire que c’est quand même vache maigre en nombre de voix…

      1. Evidemment, un tel taux d’abstention oblige à relativiser certains enthousiasmes.
        Maintenant je ne crois pas une seconde que ce soit le virus qui explique ce record. Certes il y a participé mais pour moi c’est d’abord le PRAF («Plus rien à faire, plus rien à foutre : La vraie crise de la démocratie». Brice Teinturier. Editions Laffont. 2017)
        En attendant, tu devrais mieux réfléchir sur «les grands bénéficiaires du système». Où est le patronat dans ton histoire ? Le gros et le petit, comment votent-ils ceux-là ? Tu devrais actualiser tes données sur les fonctionnaires, 13% de l’électorat, ils votent disons dans la moyenne, quand ils votent, plutôt à droite ces temps-ci. Depuis longtemps nous savons comment votent les flics et les militaires, aujourd’hui le RN ratisse chez les infirmières et les profs, pour dire à quel point les temps changent. Misère ! Enfin, si tu comptes les chômeurs dans tes «assistés divers» là aussi regarde les chiffres.

    2. Ils ne sentent plus pisser ces pastèquistes !
      Malgré les 60 % d’ abstention , on peut imaginer le degré de naïveté et de bêtise à front de taureau des électeurs de ces polpotistes verts .HALLUCINANT 😎
      Cretinissimus cretinissimum invocat !

  6. Didier BARTHES

    Quand la Convention Climat fait l’impasse sur le sujet principal, quand les écologistes se focalisent sur le changement climatique tout en exigeant la fermeture des centrales nucléaires qui sont la façon de produire de l’énergie qui émet le moins de CO2 on peut être dubitatif.
    Quant à la démocratie, je suis stupéfait de voir combien la convention climat l’a peu été, on dirait qu’elle a recopié point pour point le programme bien pensant de certains écologistes, or que je sache ils ne représentent pas 100 % de la population française,
    Ils ont mis de côté dans leur débats la démographie et le nucléaire qui sont deux éléments essentiels en matière de CO2… tout cela me semble désespérant.

    1. Bonjour Didier Barthes,

      j’ ajouterais à votre commentaire que l’ énergie atomique est la seule à produire de l’ électricité ad nutum pour un chiffre de population aussi élevé que celui de la France .
      Il y a longtemps que je n’ écoute plus les élucubrations des Jadot , Con Bandit , Mamère, Duflot , Hulot qui méritent bien le titre de khmers verts .
      L’ omission volontaire de la problématique démographique est bien la preuve que ces gens (rassemblés sous le vocable « verts  » ) sont des hommes – liges du système productiviste et immigrationniste destructeur de biodiversité et ravageur .
      Il en va de même d’ une Marine Le Pen , fausse opposante à Macron !

    2. Bonjour Didier Barthès.
      Comme vous voyez on peut se focaliser sur le changement climatique tout en exigeant la fermeture des centrales nucléaires. Personnellement ça ne me surprend pas, ça ne me gène pas, je n’y vois rien de contradictoire, on pourrait en discuter etc.
      Ceci dit, bien que je n’en attendais pas plus, dans cette démocratie en déroute je pense que cette Convention ne s’en sort pas trop mal. Déjà dans une démocratie nous ne pouvons pas remettre en question le tirage au sort. Ensuite nous avons là une expérience qui reste intéressante, dont nous pouvons tirer une ou des leçons (voir ici 24 juin).
      Maintenant, vous avez bien sûr de quoi être dubitatif 🙂

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