ni Etat ni marché, Elinor Ostrom

Dans son livre de 1990, Gouvernance des biens communs (pour une nouvelle approche des ressources naturelles), Elinor Ostrom ne croyait ni à l’Etat ni au marché pour gérer les ressources communes, elle analysait des collectif locaux :

« L’enjeu central de cette étude est d’identifier la manière dont un groupe d’appropriateur se trouvant dans une situation d’interdépendance peut s’organiser et se gouverner lui-même afin d’obtenir des bénéfices conjoints permanents (…) La supposition qu’un Léviathan externe est nécessaire pour éviter la tragédie des biens communs conduit à des recommandations prônant un contrôle de la plupart des systèmes de ressources naturelles par des gouvernements centraux (…) Les solutions présentées comme devant être imposées par « le » gouvernement sont basées sur des modèles de marchés idéalisés (…) Les institutions sont rarement soit privées, soit publiques, le marché ou l’Etat. De nombreuses institutions actives dans les ressources communes sont de riches mélanges alliant caractères privés et publics qui remettent en cause toute classification en vertu d’une dichotomie stérile. »

Interrogée en 2011 par LE MONDE*, Elinor Ostrom précise clairement son analyse :

–          L’Etat se situe très haut, alors que les ressources locales sont diverses. Mais l’Etat peut informer et aider à créer de petites unités de gestion.

–          Utiliser les seules incitations du marché pousse à surexploiter rapidement la ressource. La théorie du marché n’est bonne que pour les biens privés qui présentent peu d’externalités, c’est-à-dire d’impacts environnementaux non pris en compte dans le prix d’un bien.

–          Quand les gens se connaissent et communiquent, la gestion coopérative devient possible. Il faudrait voir ce qu’on peut faire sur le plan local, sans attendre une règle générale. Je suis optimiste sur la capacité d’agir à la base.

Le prix Nobel d’économie 2009, Elinor Ostrom, apporte ainsi son soutien implicite à ce qu’on appelle aujourd’hui les communautés de transition ou territoires de résilience. Concrètement, il vaut mieux réaliser des plans climat locaux plutôt que de se réunir au niveau international pour palabrer sur le réchauffement climatique sans que personne ne se sente vraiment concerné.

* LE MONDE du 6 septembre 2011, Il ne peut y avoir une règle unique pour des systèmes écologiques qui différent. La préservation des ressources mondiales passe par une bonne communication au niveau local.

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