Bientôt le choc pétrolier ultime ?

Le monde est un baril de pétrole qui ne demande qu’à s’enflammer. Qui aurait dit en septembre 1972 que le prix du bail allait quadrupler au cours de l’année 1973, entraînant pour les années suivantes stagnation de l’activité économique et inflation (stagflation) ? Aujourd’hui il suffit d’une attaque de drones contre des installation pétrolière en Arabie saoudite pour que s’envolent les cours. Le cours du brent est monté de 10 % à 66 dollars le baril le lundi 16 septembre 2019. Les attaques de hier ont réduit de plus de la moitié la production saoudienne, qui perd ainsi 5,7 millions de barils par jour – ce qui correspond à environ 5 % de l’offre mondiale. C’est la plus soudaine baisse de production de l’histoire du pétrole, plus encore que lors de la première guerre du Golfe. La crainte d’un conflit plus important au Proche-Orient est omniprésente. « Cette attaque est le “Big One”] », lançait ainsi le Wall Street Journal, en référence au surnom donné à un tremblement de terre dévastateur.

Le premier choc pétrolier de 1974 a été suivi d’un second en 1979, toujours pour des considérations géopolitiques : guerre du Kippour entre Israël et l’Égypte, puis arrivé de Khomeiny au pouvoir en Iran. La découverte de pétrole dans les pays hors OPEP avait entraîne un contre-choc dans les années 1986, aujourd’hui nous n’avons plus d’alternatives possibles. Le marché de l’or noir ne considère que le très court terme, et du moment que l’offre égale la demande, le prix reste faible. Par contre à moyen terme les réserves de combustibles fossiles se feront beaucoup plus réduites, nous approchons du choc pétrolier ultime, le moment où les traders considérerons que le prix de l’essence, du gas-oil, du fuel et du kérosène ne peut qu’augmenter par disparition de la ressource. Notons d’ailleurs que l’augmentation actuelle du baril est insuffisante pour les Américains, dont le coût d’extraction du pétrole de schiste approche les 80 dollars le baril, laissant le secteur lourdement déficitaire.

Le réchauffement climatique a occulté le pic pétrolier, l’actualité nous renvoi brutalement aux fondamentaux. Les importations de pétrole constituent 5 % de nos importations, mais permettent 95 % de notre PIB. Sans énergie, nos systèmes économiques complexes s’effondrent. Rappelons ce qu’écrivait un spécialiste de l’automobile en 1979, JA Grégoire : « L’observateur ne peut manquer d’être angoissé par le contraste entre l’insouciance de l’homme et la gravité des épreuves qui le guette. Comme le gouvernement crie au feu d’une voix rassurante et qu’on n’aperçoit pas d’incendie, personne n’y croit. Jusqu’au jour où la baraque flambera. Comment l’automobiliste pourrait-il admettre la pénurie lorsqu’il voit l’essence couler à flot dans les pompes et lorsqu’il s’agglutine à chaque congé dans des encombrements imbéciles ? Cette situation me paraît beaucoup plus inquiétante encore que celle des Français en 1938. Ceux qui acceptaient de regarder les choses en face apercevaient au-delà des frontières la lueur des torches illuminant les manifestations wagnériennes, ils entendaient les bruits de bottes rythmant les hurlements hystériques du Führer. Tous les autres refusaient de voir et d’entendre. On se souvient de notre réveil en 1940 ! » (Vivre sans pétrole)

Vivre sans pétrole sera le challenge du XXIe siècle, lire notre biosphere-Info :

16 mars 2016, BIOSPHERE-INFO, bientôt la crise pétrolière ultime

6 réflexions sur “Bientôt le choc pétrolier ultime ?”

  1. J’avais déjà publié un barème du prix du litre de pétrole selon le prix du baril et qu’il soit à 30, 40, 50, 80 ou 100 dollars le prix du baril et ben dans tous les cas de figure le prix reste ridicule comparativement à l’apport calorifique du pétrole pour produire de l’énergie, c’est toujours énormément beaucoup plus rentable que du travail humain ! Voici le barème

    Prix du baril / divisé par le nombre de litre d’un baril = prix d’1litre de pétrole

    5 / 159 = 0,03 $
    10/ 159 = 0,06 $
    15/ 159 = 0,09 $
    20/ 159 = 0,12 $
    25/ 159 = 0,15 $
    30/ 159 = 0,18 $
    35/ 159 = 0,22 $
    40/ 159 = 0,25 $
    45/ 159 = 0,28 $
    50/ 159 = 0,31 $
    55/ 159 = 0,34 $
    60/ 159 = 0,37 $
    65/ 159 = 0,40 $
    70/ 159 = 0,44 $
    75/ 159 = 0,47 $
    80/ 159 = 0,50 $
    85/ 159 = 0,53 $
    90/ 159 = 0,56 $
    95/ 159 = 0,59 $
    100/ 159 = 0,62 $

    VOILA, le litre de pétrole ne fluctue que seulement de 3 centimes lorsque le baril varie de 5 dollars à la hausse ou à la baisse ! L’écart n’est que de 59 centimes le litre entre 5 et 100 dollars pour le prix du baril.

    Alors par rapport aux services rendus d’1 litre de pétrole, on peut conclure qu’il n’est pas cher même à 100 dollars le baril !

    Bref, beaucoup de panique semée à la population pour rien avec ce prix du baril qui fluctue ! De toute façon, il y a un chiffre clef = 159 puisqu’il y a 159 litres de pétrole dans un baril, autrement dit tant que la barre des 159 n’est pas franchi sur le prix du baril alors le litre sera inférieur à 1 €… Et à ce prix l’économie continue de tourner…

    1. Merci BGA, en effet ça parle. Faut reconnaître que le langage des euros et des dollars est plus facile à entendre (et donc à comprendre) que celui des watts et des joules. Mais essayons quand même, et entende qui voudra ou qui pourra.

      1 litre de pétrole libère environ 10 KWh d’énergie.
      Rappelons que 10 KWh c’est l’équivalent de la consommation de 2 «esclaves» durant 24h.
      (https://jancovici.com/transition-energetique/l-energie-et-nous/combien-suis-je-un-esclavagiste/).

      Déjà là … ça devrait quand même parler à pas mal de monde. Nous pourrions ensuite nous amuser à comparer les services rendus (le travail fourni) par notre cher pétrole et nos esclaves (avec ou sans guillemets), en intégrant les rendements. En effet « 1 litre d’essence, consommé dans un tel moteur, produira […] 2 à 4 kWh d’énergie mécanique » . Comme on sait… le reste part en chaleur.

      Quoi qu’il en soit… retenons que 2 ou 4 voire 10 kWh made in Pétroleum … ne nous coûte même pas 1 $ (avec un baril à 100 $) !

      1. J’ai étudié le langage de manière sociologique et psychologique, donc je m’aperçois un peu mieux de la chose. Et en faite, en délivrant exactement la même information par 2 phrases différentes, l’information sera ressentie complétement différemment. Alors le truc avec le pétrole, étant qu’on parle à la population en terme de « baril » et de son prix. Mais ce qui donne 1 baril pour 60 $ , 1 baril pour 80 $……. 1 baril pour 100 $……. Bref (Quantité/Baril) par rapport (Prix/Dollar)….. Or dans les médias qui parlent en baril, avec 1 Baril on a l’impression que la quantité qu’on nous vend est très petite parce que elle se résume tout le temps à 1 en quantité, la quantité paraît vraiment faible. Tandis que le prix lui paraît énorme et paraît enfler très vite 60, 80 ou 100 dollars…. Les chiffres du prix sont constamment plus gros que 1 de ce baril….

        Mais si au lieu de parler en baril, on ne disait plus 1 baril, mais 159 litres de pétrole, ben cette fois le nombre 159 de la quantité paraît constamment plus gros que le nombre du prix…. 60/80/100 dollars

        Parce qu’en parlant de 1 baril avec le prix en parallèle qui enfle, la population a le sentiment de se faire arnaquer. Avec le 1 baril, le 1 exprime le sentiment que la quantité reste extrêmement faible par rapport au prix. D’autant que la quantité 1 baril n’évolue jamais comparativement au prix qui fait le yoyo.

        Et puis si on regarde dans les faits, ça donne quoi pour le peuple, et ben si le prix d’1litre d’essence augmente de 4 centimes, il y aura 1 centime de taxe (équivalent de la Tva 20%) soit 5 centimes au total … Donc si un gars du peuple fait un plein d’essence de 100 litres pour faire son mois, dans les fait ça donnera 100 litres x 5 centimes = 5 euros par mois pour acheter ses 100 litres d’essence….. Est-ce le drame finalement ? Non …. Or la manière dont les médias expriment le sujet, ça dramatise les faits dans les esprits….

        Le langage utilisé par les médias n’est pas le bon, selon les unités et les chiffres qu’on présente, on altère la perception soit de manière positive ou négative. Et pour le moment, et même depuis longtemps c’est de manière négative. Avec 1 baril c’est perçu de manière négative, le 1 dans la perception des esprits, la perception collective, reste une quantité extrêmement faible. Toute la magie du langage des chiffres….

        Sinon mon tableau je regrette de ne pas avoir présenté l’évolution jusqu’à 160, en consacrant aussi 1 ligne à 159… puis marquer des années de référence comme à 140 dollars en 2008…. Pour qu’on voit à quel prix ridicule on paye le pétrole, même à ce prix en présentant ce qu’il vaut exprimé en litre. En somme, le pétrole n’a jamais été vendu par rapport à sa capacité calorifique et n’a jamais été présenté en le comparant en équivalent heures de travail d’1 salarié…..

  2. Nos « chers  » journaputes et autre pisse copies parlaient même d’ envolée des cours du pétrole : on sait que ces jocrisses à la solde de macrondelle et de ses oligarques associés doivent leur chiffre de ventes à l’ exagération et la manipulation des faits mais plus pour lontemps encore( la journaputerie est agonisante car le lectorat s’ effondre , Ha ha ha !
    Bigre , 10% de hausse , voilà une hausse qu’ elle est importante comme aurait pu le dire le regretté Coluche .

  3. 66 dollars le baril le 16 septembre 2019 … et alors ?
    145 dollars le 14 juillet 2018 … et même pas morts !
    Le prix du baril est une chose, qui varie selon les tas de facteurs. Une moche qui passe… et hop ça baisse ou ça monte. Ce n’est même pas la peine de chercher là la moindre logique, laissons ça aux enculeurs de mouches et autres amuseurs publics. Rien n’empêche les producteurs de vendre à perdre, et ceci pour telle ou telle raison, ne serait-ce que pour continuer à faire tourner la machine. La preuve, le pétrole de schiste américain. Le coût d’extraction c’est autre chose. Plus exactement, la quantité d’énergie nécessaire à cette extraction. Lorsqu’il faudra fournir l’équivalent d’1 baril de pétrole pour en pomper 1 … il y a longtemps que nous serons passés à autre chose. Soit au Cosmogol 999 pour les plus optimistes … soit à la traction animale, à la marine à voile, à la galère, pour les plus pessimistes. Ou les plus réalistes … bref, ceux qui pensent et qui disent que quand c’est fini c’est fini !

    Quand y’en a plus, quand c’est fini, eh ben on peut pleurnicher tout ce qu’on voudra… quand y’en a plus y’en a plus ! Quand c’est fini c’est fini ! Et cette évidence ne se limite évidemment pas qu’au pétrole, c’est pareil avec l’eau au robinet, avec le jus à la prise, avec les biftons au distributeur etc. etc. N’oublions pas que tout est lié, notamment l’économie et l’énergie. Mais en attendant… on continue la seule chose qu’on sache faire, ON POMPE (comme les Shadoks).

    Admettons quand même que pomper n’a que des avantages. Déjà ça occupe, c’est déjà ça. Ensuite c’est tellement con, de pomper, que ça permet de penser à autre chose (à des conneries, quoi). Enfin ça nous permet de ressentir qu’on existe réellement (« je pompe donc je suis »).

    1. Je corrige : Le record de 145 dollars c’était en 2008.
      Bonne nouvelle : Les shadoks saoudiens auraient laissé entendre qu’ils allaient se remettre à pomper… du coup le prix du baril est en train de baisser. Ouf, nous voilà sauvés !

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