l’échec prévisible du Brésil agricole

La ferme qui nous nourrit doit être à notre porte, ce n’est pas durable autrement. Pourtant le Brésil est présenté par LeMonde* comme la nouvelle ferme du monde. L’article est dithyrambique, le Brésil « puissance agro-exportatrice, performances agricoles impressionnantes, vastes exploitations à double récole… ». Rien n’y manque, même pas le panégyrique de la mécanisation poussée, de l’élevage intensif et des transgéniques.

Non seulement l’agriculture d’exportation se fait au détriment de la culture vivrière, mais elle pousse à l’exode rural et à la paupérisation. De plus l’exportation de produits agricoles veut dire exportation d’une partie des qualités du sol. Or le maintien de la fécondité de la terre est la condition essentielle d’un système d’agriculture durable. Le cycle de la vie consiste en deux processus, croissance et décomposition, l’une étant la contrepartie de l’autre. Au cours du processus normal des récoltes, la fertilité diminue constamment : sa reconstitution continuelle est donc absolument indispensable. L’exportation des matières premières agricoles vers les usines à viande de l’Occident appauvrissent la fertilité des sols brésiliens d’autant plus vite qu’il faut y ajouter la production brésilienne pour les agrocarburants.

Comme le disait déjà en 1940 Sir Albert Howard dans son Testament agricole, « Le sol est le capital des nations, capital durable et indépendant de toutes les influences. Le maintien de la fertilité est essentiel pour l’utilisation et la protection de cette importante propriété… Il s’agit d’amener le plus possible de communautés disposant d’une terre suffisante à produire elles-mêmes leurs propres légumes, leurs fruits, le blé et la viande ».

* LeMonde du22 juin 2011, Déjà au premier rang pour le sucre, le café et le jus d’orange, le brésil pourrait devenir le premier pays producteur mondial d’ici dix ans

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