le culte du clinquant

Lire LeMonde  (22.02.2008) nous offre souvent des parallèles saisissants. Ainsi, page une, l’affirmation d’un votant pour les élections pakistanaises : « Nous voulons du pain, une maison et des vêtements. » Et puis ce cahier spécial, même jour, Planète mode femme :  un encart de vingt pages sur les vêtements que jamais les Pakistanaises ne porteront.

 

Cela a la couleur de la pub, le clinquant de la pub, mais on ne sais pas si c’est de la pub. La rédactrice en chef Anne-Line Roccati admet que ce genre de trench et bracelets reste réservé aux plus riches, même si LeMonde assure à ces femmes aguicheuses d’être visibles par tous. De toute façon, contrairement à ce que cette journaliste conclut, la mode des grandes maisons de couture ne répond pas à un besoin nouveau, elle ne fait que répondre aux folies des créateurs de rêves artificiels. Cela nous mène au désastre.

 

Comme l’écrivait un autre journaliste de notre quotidien de référence dans son livre, Comment les riches détruisent la planète : « Qui aujourd’hui, consomme le plus de produits matériels ? Les hyper riches ? Pas seulement. L’oligarchie ? Oui, cela commence à faire nombre mais ne suffit pas encore. Il y a aussi la classe moyenne mondiale, disons 500 millions de gens (il y a de fortes chances que vous en fassiez partie) qui réduiraient utilement leur consommation matérielle, leurs dépenses d’énergie, leurs déplacements automobiles et aériens. Mais nous limiterions notre gaspillage, nous chercherions à changer notre mode de vie, tandis que les gros, là-haut, continueraient à se goberger dans leurs 4×4 climatisés et leurs villas avec piscine ? Non. La seule façon que vous et moi acceptions de consommer moins de matière et d’énergie, c’est que la consommation matérielle, donc le revenu, de l’oligarchie soit sévèrement réduite. En soi pour des raisons d’équité, et plus encore, en suivant la leçon de Veblen, pour changer les standards culturels de la consommation ostentatoire. Puisque la classe de loisir établit le modèle de consommation de la société, si son niveau est abaissé, le niveau général de consommation diminuera. Nous consommerons moins, la planète ira mieux, et nous serons moins frustrés par le manque de ce que nous n’avons pas. »

 

LeMonde, en faisant tant de publicité pour la frime du luxe, aide à détruire la planète.

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