relocalisation

Pour pouvoir autodéterminer nos besoins, il est indispensable de recouvrir la maîtrise des moyens de travail et des choix de production. Or cette maîtrise est impossible dans une économie industrialisée : les moyens de production exigent une spécialisation, une subdivision et une hiérarchisation des tâches ; ils ne sont pas des techniques neutres, mais des moyens de domination du capital sur le travail. La généralisation progressive du travail salarié comme moyen exclusif de satisfaire nos besoins et d’être intégré socialement signifie que nous sommes forcés à des tâches dont nous ne contrôlons ni l’organisation ni le but. Bien sûr, nous recevons en échange un dédommagement monétaire qui nous donne accès à une montagne de consommations marchandes, mais nos capacités d’action autonome sont progressivement détruites. Si on rajoute que les conditions de logement, l’environnement urbain et la longueur des déplacements sont autant d’obstacles à l’épanouissement des facultés individuelles et des relations sociales, on comprend que le travailleur réduit à une marchandise ne rêve que de marchandises. (in revue Entropia n° 2, printemps 2007)

 Comme les rapports de domination sont inhérents au mode de production industriel, comme la structuration capitalistique subsiste même quand l’industrie est collectivisée, l’utopie qui lie décroissance et retour aux économies villageoises, communautaires et/ou familiales, largement autarciques et essentiellement agricoles et artisanales, reste une bonne idée. Contre la délocalisation, faire vivre la relocalisation ? Cela suppose que les produits correspondant aux besoins les plus communs soient redéfinis de façon à pouvoir être fabriqués avec des outils et des compétences à la portée de tout le monde.

Merci Ivan Illich…

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