Pékin out, OUF !

Lunettes théoriques : que penser des JO ?

J’ai survolé les différents suppléments Pékin2008 joint chaque jour au quotidien par LeMonde. A part le fait que le doute plane toujours sur le dopage et que la Chine est mal partie, avec ou sans les Jeux, rien à signaler. Mais je suis tombé en arrêt sur cette déclaration de Boris Johnson, maire de Londres, ville hôte des jeux olympiques  de 2012 : « Les Jeux de Londres ne seront pas les jeux de l’austérité. »

 

On ne être peut plus clair, les JO sont d’abord et surtout une histoire de fric. Les JO favorisent le sentiment d’appartenance à une communauté particulière et ce sentiment est dorénavant valorisé pour des considérations financières. Les jeux olympiques ont été privés de ressources financières jusqu’en 1972 parce que le Président du CIO de l’époque était un farouche défenseur de l’amateurisme et pensait que les jeux pouvaient se passer de la télévision. Maintenant, le CIO est devenu richissime grâce à la vente des droits de retransmission et au sponsoring d’épreuves désormais ouvertement professionnelles. Sous le prétexte du sport comme expression des peuples, les jeux Olympiques sont aujourd’hui le cache-sexe du système marchand : sur le stade comme ailleurs, la lutte entre Etats se transforme en lutte entre firmes. La compétition devient alors moins importante que le regard que les téléspectateurs portent sur elle : l’Audimat prime de plus en plus sur les chronomètres. Les jeux de stade sont devenus une vitrine planétaire où les fabricants valorisent leur image et les Jeux semblent condamnés à ne plus être qu’un long show fluo entre les cérémonies d’ouverture et de clôture. Notre Biosphère a besoin d’austérité, les JO nous grisent de paillettes.

 Comment est-il possible que nous accordions tant d’importance à des épiphénomènes tels que celui de savoir qui est l’homme le plus rapide de la planète sur 100 mètres, quelle est la femme qui nage le plus vite la brasse papillon ou quel est le pays qui aura le plus grand nombre de médailles ? Par contre, nous ne savons pas, et nul ne s’en soucie, quel est l’homme le plus courageux pour lutter contre l’iniquité et quelle est la femme la plus acharnée à dénoncer la pollution. Pourquoi ? Parce que le sport-spectacle a été un des moyens d’anesthésier le peuple en occultant la hiérarchie des vraies valeurs. Peu importe dorénavant de célébrer les JO dans une des villes les plus polluées au monde, cela n’a plus d’importance.

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