Population africaine, nous sommes au bord de l’apoplexie

L’Afrique, qui compte aujourd’hui 1,3 milliard d’habitants en totalisera près de 4,5 milliards à l’horizon 2100 ; un jeune Terrien sur trois âgé de 15 à 29 ans vivra en Afrique en 2050. Le Nigeria, par exemple, sera passé de quelque 191 millions d’habitants à plus de 410 millions en 2030. Pourtant le démographe Gilles Pison, médiatisé par LE MONDE*), reste optimiste, la fécondité africaine va décroître (lentement) un jour ou l’autre ! Autant dire que les propos récent du président de la République française nont guère franchi ses limites de sa compréhension de la réalité. « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien », avait déclaré Emmanuel Macron. Les conditions qui déterminent la fécondité sur le continent africain ne vont guère changer, la pauvreté appelle la hausse de fécondité qui provoque en retour l’accentuation de la pauvreté et ainsi de suite : cercle vicieux. La traversée de la Méditerranée des migrants africains en est un témoignage brûlant. Mais entre la variable démographique et le poids de la consommation sur les ressources, Gille Pison tranche : « L’humanité n’échappera pas à un surcroît de deux à trois milliards d’habitants d’ici à 2050, en raison de l’inertie démographique que nul ne peut empêcher. Il est en revanche possible d’agir sur les modes de vie, et ceci sans attendre, afin de les rendre plus respectueux de l’environnement et plus économes en ressources. »

Or l’impact d’une population sur son milieu dépend de trois facteurs : sa population P, son niveau de vie A et son niveau technique T. D’où I = PAT. Ne compter que sur une diminution des deux derniers termes (réduction du niveau de consommation et amélioration de l’efficacité technique) est loin d’être suffisant pour infléchir sérieusement notre trajectoire exponentielle. Non seulement nous n’y sommes jamais arrivés (entre autres raisons à cause de l’effet rebond et du phénomène de consommation ostentatoire), mais tous ces efforts seraient vains si le premier terme P continue d’augmenter… La population est un multiplicateur incontournable des menaces. A chaque poussée démographique, l’étau des limites du milieu se resserre, ce qui stimule l’innovation et permet de repousser artificiellement les premières limites physiques. Mais il arrive un moment où la civilisation se heurte à tant de limites (le climat, les ressources, la complexité et la politique) qu’elle bascule brutalement dans un monde malthusien… Le problème en France, c’est qu’il n’est pas possible de discuter sereinement de maîtrise de la fécondité. C’est un sujet tabou et rares sont ceux qui osent aborder la question publiquement** sans craindre de voir immédiatement arriver un point Godwin (un moment où toute discussion devient impossible parce que l’une des personnes traite l’autre de nazi). En démographie, ce seuil est d’une autre nature, mais il est toujours le même : « Vous voulez faire comme en Chine, c’est ça ? » …

Pour les démographes responsables, la puissance technique et l’inventivité humaine ont des limites, et nous arrivons à un moment où il devient difficile, pour ne pas dire impossible, de continuer la trajectoire de croissance continue que nous avons empruntée depuis le début de l’industrialisation. Les pronostics réalistes sur l’évolution démographique vont tous dans le même sens, une réduction drastique de la population humaine, surtout africaine. On prévoit même des chiffres sur la population mondiale de 1 ou 2 milliards d’habitants sur Terre en 2100 au lieu des 11 milliards attendus… Pour Vaclav Smil, chercheur spécialiste des liens entre énergie, environnement et population, sans les engrais qui ont permis à l’agriculture industrielle de produire beaucoup, deux personnes sur cinq ne seraient pas en vie aujourd’hui dans le monde. Si nous  ne pouvons dès aujourd’hui  envisager de décider collectivement qui va naître (et combien), pourrons-nous dans quelques années envisager sereinement de décider qui va mourir (et comment) ?

* LE MONDE du 8.07.2017, En 2100, 40 % de l’humanité sera africaine

** Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie) » aux éditions Sang de la Terre, à commander en ligne :Amazon ; Decitre ; FNAC

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6 réflexions sur “Population africaine, nous sommes au bord de l’apoplexie”

  1. Tous les écologistes et tous ceux qui ont à cœur l’avenir même de l’Afrique devraient avoir le courage de tenir se discours : L’explosion démographique de l’Afrique est en train de tuer ce continent.
    Elle obère son avenir, déjà la population africaine n’y trouve plus sa place et s’exile massivement.
    Qu’en sera-t-il quand il n’y aura en Afrique non plus 1,3, mais plus de 4 milliards d’habitants ?
    Comment certains économistes et certains démographes peuvent-ils être sourds à cette terrible menace ?

  2. Cosse , Duflot et autres putes d’ islamo gauche pastèque doivent mouiller leur petite culotte marxiste , les clandos arrivent pour les tringler car qui voudrait de tels boudins gauchistes (pléonasme). Puisse dame nature nous venir en aide à sa façon .

    la modération du blog @ marcel
    prière de modérer vos propos dans l’avenir,
    des termes comme « pute » ou « tringler » n’apportent rien au débat…
    Merci.

  3. Sur lemonde.fr, Nawak : « Hihihi, les associations d’aide aux réfugiés et migrants se frottent les mains, les subventions vont pleuvoir ces prochaines années ! Pour l’Europe, on peut déjà prédire qu’elle sera totalement africanisée d’ici la fin du siècle. Mais il se dit sur LE MONDE que c’est pour notre bien…« 

  4. Sur lemonde.fr, Openeye : « La planète est déjà en surchauffe et le nombre d’habitants déjà trop important. Les alarmes relatives à la pollution, aux dérives climatiques, au manque croissant d’eau, le montrent clairement. L’article du MONDE semble suggérer que le « dynamisme » démographique africain est une chance. C’est au contraire une catastrophe.« 

  5. Quasiment aucun non-millionnaire du monde n’a financièrement accès à de la bonne contraception qui soit sans aucun effets secondaires rédhibitoires.

    Il est impératif que ce problème soit réglé et donc que tout citoyen du monde ait le droit absolu à la contraception que je prône. Il ne faut pas laisser prospérer l’explosion démographique.

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