« Ralentir ou périr » : la décroissance à HEC

L’école de commerce de Jouy-en-Josas a invité Thimothée Parrique, chercheur en économie écologique et spécialiste de la décroissance.

Timothée Parrique : « La première fois que j’ai entendu parler de décroissance, j’étais étudiant en deuxième année d’économie à l’université. J’ai ricané. Je me suis dit : c’est qui ce guignol qui n’a jamais pris un seul cours d’économie ? Depuis, j’ai fait pas mal de chemin… La décroissance est une réduction de la production et de la consommation pour alléger l’empreinte écologique, planifiée démocratiquement dans un esprit de justice sociale et de bien-être ».

Le point de vue d’un écolo

La première fois que j’ai compris que nous allions vers la décroissance, c’était en 1972, quand j’ai lu le rapport au club de Rome sur les limites de la croissance (12 millions d’exemplaires et traduit dans 37 langues). Sans décélération, on disait à l’époque croissance zéro, nous allions au crash. Puis en 1974 j’ai voté René Dumont, la première fois qu’un présidentiable se revendiquait écolo. J’ai trouvé que son programme de réduction de nos consommations et de limitation de nos besoins était le seul programme qui tienne la route. Au début des années 2000, à l’intérieur du PS, le mot « décroissance » était pourtant interdit de séjour et les écologistes institutionnels ne faisaient pas mieux. Quand Hollande est arrivé au pouvoir, il répétait en boucle « croissance, croissance, croissance », il voulait « inverser la courbe du chômage ». Sarkozy a fait de même, et Macron comprend juste aujourd’hui que le mot « sobriété » existe. Et en 2022, il faudrait comme Timothée enseigner en Suède pour avoir le droit de parler de décroissance !

« Business as usual », est encore aux manettes et « Ralentir ou périr » explique dans un livre Thimothée Parrique. Trop tard pour savoir maîtriser la décroissance, on a perdu cinquante ans avec l’idéologie croissanciste encore si prégnante aujourd’hui. A l’heure actuelle, dans toutes les écoles de commerce, les futurs managers apprennent encore la microéconomie, le supply chain (« chaîne logistique »), le marketing, etc. On reste prisonnier d’un enseignement pour “comment bien gérer son entreprise pour qu’elle soit profitable”, sans jamais interroger le pourquoi produire, pour qui, avec quelles finalités. On va donc avoir de plus en plus chaud, les pieds dans l’eau et le baril à 1000 dollars. C’est pourquoi la planète et tous ses habitants vont connaître une descente plus ou moins rapide vers une récession qui deviendra dépression, accompagnée de guerres, de famines et d’épidémies. Malthus avait tout prévu !

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16 réflexions sur “« Ralentir ou périr » : la décroissance à HEC”

  1. – « C’est pourquoi la planète et tous ses habitants vont connaître une descente plus ou moins rapide vers une récession qui deviendra dépression, accompagnée de guerres, de famines et d’épidémies. Malthus avait tout prévu ! » (Le point de vue d’un écolo)

    Il eut été dommage de ne pas conclure avec un bon petit coup de Malthus. C’est de bonne guerre comme on dit. N’empêche, dire qu’il avait tout prévu… c’est vite dit.
    Le 19 septembre dernier, (“Septembre 2022, de l’abondance à la pénurie”) À 12:06 et À 12:31 j’ai demandé au(x) spécialiste(s) maison qu’il(s) éclaire(nt) ma petite lanterne sur deux ou trois points bien précis. Bien sûr j’attends toujours. Et donc j’en suis toujours à me poser la question : Malthus serait-il alors passé à côté de quelque chose ?
    Je sais, je sais… N’empêche, dire que c’est tout bonnement IMPOSSIBLE… c’est vite dit. 🙂

  2. – « En tant qu’universitaire, je participe au débat public. Mon rôle pendant ces quelques heures à HEC est d’équiper les étudiants d’un cadre théorique auquel ils n’ont pas accès. […] Si je viens, c’est pour les étudiants. » ( Thimothée Parrique )

    Les étudiants d’HEC manqueraient donc d’un cadre… auquel ils n’auraient pas accès.
    Rappelons déjà que tous les économistes ne sont pas des apôtres de la sacro-sainte Croissance. N’oublions pas Bernard Maris, titulaire comme Thimothée Parrique d’un doctorat en sciences économiques, et également professeur des universités. ( à suivre )

    1. Cela fait donc un moment déjà que les étudiants en économie (pas qu’en économie d’ailleurs) entendent parler de décroissance. Alors à moins que ça leur soit formellement interdit… qu’ils aient ainsi renoncé «volontairement» à leur esprit critique, et juré sur la Bible de ne jamais douter des postulats et autres lois de l’Économie Orthodoxe, du Business as Usual etc. si la décroissance ne leur est pas enseignée, rien n’empêche ces étudiants de la découvrir et mieux la comprendre par eux-mêmes. Ce ne sont quand même pas les bouquins, les journaux, les articles etc. qui manquent.
      ( à suivre )

      1. Si aujourd’hui la décroissance s’invite, ou plutôt se fait inviter à HEC, demandons-nous pourquoi. Si c’est juste pour faire joli, comme l’enseignement de l’écologie à l’école, c’est alors un moindre mal.
        Le comble serait que Thimothée, à l’insu de son plein gré, ne soit là que pour filer à ce joli monde les billes qui lui manquent. Notamment pour les aider à mettre au point des innovations décroissantes, une prospérité décroissante et autres conneries du genre.

      2. Des tas de bouquins, et d’articles, un journal de référence… et en plus, pour les nuls… une page Wikipédia plutôt bien faite. Avec des tas et des tas de références. Je conseille d’ailleurs cette page à certains, et à un en particulier, ce qui lui éviterait de débiter bon nombre d’âneries.
        En attendant, qu’on ne vienne pas nous dire que les étudiants d’HEC manquent qu’un cadre auquel ils n’ont pas accès.

  3. De toute façon de la décroissance, la France va en avoir très bientôt au-delà même des espérances les plus folles de nos écolos ! C’est simple, l’Allemagne n’est plus livrée en pétrole et en gaz par la Russie, donc l’Allemagne est rentrée en récession, et potentiellement dépression si les bêtises UmPs sont poursuivies. Rappel, l’Allemagne c’est le Pib de l’Europe en gros. Hormis que, l’Allemagne doit tout de même continuer de financer ses programmes sociaux comme les retraites, et sans le Pib liée à l’industrie ça ne va plus être possible de payer ses retraites. Alors que va faire l’Allemagne dans ces conditions ? Ben c’est simple elle va réclamer son pognon à l’Italie, l’Espagne, la Grèce, le Portugal et la France, les allemands vont réclamer leur pognon qui se trouve sur la balance des Target !

    1. Mais les pays du sud et principalement la France vont refuser de rembourser l’Allemagne ! Alors quand les allemands vont s’apercevoir que les français refusent de rembourser et français qui veulent préserver leur Droit à la paresse, alors l’Allemagne ne voudra plus se faire flouer et mettra fin à la Zone Euro ! Les allemands refuseront de se faire carotter davantage par les français ! Mais le droit à la paresse a un prix tout de même ! Les matières premières coûteront plus chers, les taux remonteront, l’hyper-inflation se poursuivra.

    2. Bref la France se retrouvera avec peu d’énergies disponible, une monnaie qui ne sera plus soutenue par le Mark pour acheter des matières premières, des montagnes de dettes non remboursées, autant dire que les français vont voir leurs gamelles se vider dans l’assiette, la nourriture va devenir énormément plus cher, pouvoir d’achat qui va devenir ridicule et français qui vont devoir accepter de se geler à domicile en automne/hiver… Vous allez avoir un programme écolo pour de vrai ! En plus l’essentiel qui tarabiscote les français sera sauvé, le Droit à la paresse ! Michel va pouvoir se réjouir ! Il a tellement la trouille que ce Droit parasitaire soit remis en cause…

  4. Ralentir ou Périr ? Ben les 2 mon colonel. On va ralentir non pas parce qu’on le souhaiterait, mais le ralentissement va être proportionnel aux déplétions de ressources naturelles, au fur et à mesure que les stocks vont diminuer on va ralentir. Ensuite on va périr, principalement des nos pays occidentaux, parce qu’on n’est plus habité à vivre sans énergies et produits industriels, car tout est fabriqué par des robots. En occident, il n’y a plus grand monde qui sache se servir de ses 10 doigts pour faire quelque chose, hormis quelques rares tâches standardisées que les ingénieurs n’ont pas encore réussi à remplacer, du moins à l’échelle espérée. En occident, tout ce qui est enseigné à nos enfants, adolescents et étudiants, c’est parler, se servir de sa bouche pour faire semblant de travailler.

    1. Alors quand les stocks de ressources fossiles seront épuisées, les robots étant mis au chômage, les européens ne sauront pas prendre la relève puisqu’ils ont perdu tous les savoirs-faire. Puis ne parlons pas des terres devenues entièrement stériles sans engrais ! Ça va devenir compliqué de nourrir autant de population, dont la plupart des individus ne savent même pas faire pousser un radis ! D’autant que la population a été éduquée par nos socialo-communistes à attendre la becquée de tunes en allocations ou subventions pour faire le tour des galeries marchandes. Il est clair que le sevrage va se faire dans la douleur, et même la mort ! Beaucoup ne supporteront pas la transition, la sobriété imposée par la décroissance factuelle leur sera fatale !

    2. Hélas, si nos politiciens sont capables d’envoyer l’armada d’hélicoptères de monnaie pour déverser de la tune à gogo pour consommer, ils ne seront pas capables de produire par enchantement les ressources naturelles correspondantes à la contrepartie de cet arrosage de monnaie. En outre, nos politiciens ne pourront pas négocier non plus auprès de Dame Nature afin qu’elle leur attribue des quantitative easing de pétrole, de gaz, de charbon, d’uranium et de métaux.. Les stocks seront épuisés qu’on le veuille ou non ! La fin est tragique, Dame Nature va devenir encore plus vilaine et radine que les vilains patrons… D’ailleurs, on se demande pourquoi nos socialo-communistes des partis écolo admirent cette Dame encore plus pingre qu’un patron ?

  5. « Timothée Parrique : « La première fois que j’ai entendu parler de décroissance, j’étais étudiant en deuxième année d’économie à l’université. J’ai ricané. Je me suis dit : c’est qui ce guignol qui n’a jamais pris un seul cours d’économie ? Depuis, j’ai fait pas mal de chemin… La décroissance est une réduction de la production et de la consommation pour alléger l’empreinte écologique, planifiée démocratiquement dans un esprit de justice sociale et de bien-être ». »

    Mon pauvre Timothée, tu as cru avoir pris des cours d’économie ? Vraiment ? Ouvre bien tes oreilles et ouvre bien tes yeux ! Au lycée et à l’université, les cours dits d’économie se nomment plus exactement « Science économique et sociale ». Mais si tu avais appris en parallèle la philosophie tu comprendrais qu’en vérité, au regard du contenu des cours, que ça aurait plutôt mérité de s’appelle  »Politique économique socialiste »

    1. Mais les cours doivent laisser entendre que si vous n’avez pas assez de ressources c’est à cause des vilains patrons qui te restreignent l’accès au ressources, puisqu’il n’y a aucune bonne raison de limiter puisqu’elles sont par définition illimitées. Donc viendra les cours suivants consistants à donner de bonnes solutions économiques, le fordisme consistant à donner de l’argent aux ouvriers pour qu’ils écoulent la production. Et viendra encore les cours de notre cher Keynes ! Alors Keynes nos politiciens l’adorent ! On entre dans une vision monétariste de l’économie, c’est à dire que dans cette vision il n’y a plus vraiment besoin de travailleurs mais il faut absolument des consommateurs !

    2. Alors là toutes les bonnes (je plaisante) solutions keynésiennes sont enseignées, impression de monnaie à gogo pour stimuler l’économie par la consommation (planche à billets, quantitative easing), création de monnaie à gogo par la voie de crédit afin que les consommateurs puissent se prendre des rallonges de tunes, des plans de relance, des hélicoptères monnaie, des subventions, des allocations. Bref, il faut que la monnaie pleuve à gogo sur la population par toutes ces différentes méthodes réunies ! Voilà, on a fait le tour des cours, enfin l’essentiel.

    3. Bon il faut tout de même faire peur aux élèves, donc il y a aussi un historique soit disant de l’économie qui te sera enseigné ! Donc on va t’enseigner qu’à la base il y avait le troc, mais il faut surtout enseigner le fait que le troc soit horrible ! Normal, nos dirigeants ne veulent plus que les gens se rendent service entre eux par des échanges de service, ils veulent à tout prix qu’on se serve de la monnaie afin de prélever une TVA ! Donc nos dirigeants veulent qu’on commercialise tous nos rapports sans exception, même nos rapports entre membre de la même famille ou entre amis, nos dirigeants ne veulent plus qu’ils s’arrangent par le troc ! Voilà ces visions politiques te seront enseignées ! Bref, ils formatent les rapports entre individus à travers les cours dits de science économique et social.

      1. Pour le moment, la Bce remonte les taux pour tenter de lutter contre l’inflation, mais ça sera un échec. ET surtout, je suis certain que l’UmPs réclamera de reprendre la planche à billets à gogo ! J’en suis certain que nos Umps reprendront les quantitative easing ET augmenteront les taxes et impôts car ils ne savent faire QUE çà !

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