Refus d’enfanter pour préserver la planète

Hier 11 juillet 2021, c’était la journée mondiale de la population, en souvenir de la Journée des cinq milliards, célébrée le 11 juillet 1987 dans le but d’attirer l’attention sur l’urgence des questions de démographie. Alors que la population mondiale dépasse les 7,8 milliards d’individus, certains Français ont décidé de ne pas avoir d’enfants pour ménager l’environnement. Un choix radical sur fond de prise de conscience du réchauffement climatique et d’angoisse pour l’avenir. « Avoir un enfant serait en total désaccord avec mes idées. Je n’en ai jamais voulu et plus le temps passe, plus ça se confirme », confie Manon, 26 ans, à France 24. « Je ne vois pas l’intérêt d’imposer au monde un surconsommateur de plus. Nous, Occidentaux, consommons déjà au-delà des ressources disponibles« , poursuit la jeune femme. Comme Manon, de plus en plus de jeunes en âge de procréer ont décidé de ne pas faire d’enfants par engagement pour ménager la planète. Sur les réseaux, ils se disent « childfree » ou « ginks », contraction de l’anglais pour « green inclinations, no kids » et ils revendiquent leur refus d’avoir des enfants. « Je n’ai aucunement envie de larguer un môme sur cette planète », explique ainsi la youtubeuse Anna Bogen dans une vidéo à succès. « Quand elle arrivera au bout de ses ressources, moi je serai à six pieds sous terre. Mais si j’ai un enfant, lui et sa descendance auront à vivre avec. Je n’ai pas envie d’infliger ça à quelqu’un. »

Denis Garnier, président de Démographie Responsable, une association fondée en 2009 pour promouvoir une baisse de la natalité, constate qu’en dix ans, le thème de la non-procréation a fait son chemin. « Les jeunes sont plus au fait, grâce à la publication d’études sur le réchauffement climatique et l’émergence des questions d’atteintes à la biodiversité dans le débat public« , raconte-t-il.

Sur le site de l’association, un compteur affiche en temps réel le nombre d’êtres humains sur Terre. Les chiffres défilent. « Nous sommes à peu près 7,8 milliards, c’est déjà trop nombreux. Nous devrions dépasser la barre des 8 milliards d’ici 2022 ou 2023« , rappelle Denis Garnier. « La surpopulation a de lourdes conséquences écologiques. Le calcul est assez simple, plus on est nombreux, plus on émet de CO2, plus le changement climatique s’aggrave« , s’alarme Jean-Loup Bertaux, directeur de recherche émérite au CNRS et auteur de « Démographie, climat, migrations : l’état d’urgence ». « En France, un enfant de moins c’est 40 tonnes de carbone par an de gagné. En comparaison, passer à la voiture électrique, c’est 2 tonnes économisées« . Et le scientifique de rappeler que le « jour du dépassement » mondial, calculé à partir de l’empreinte écologique des activités humaines et la « biocapacité » de la Terre, a été atteint le 22 août en 2020. D’après cet indice, calculé par l’ONG américaine Global Footprint Network, l’humanité consomme au-delà de cette date, plus de ressources naturelles que la Terre peut renouveler en douze mois.

« Je n’ai jamais eu d’adulte sans enfant dans mon entourage. Pour moi, avoir des enfants c’était un truc obligatoire, comme se lever pour aller à l’école le matin, mais on doit se poser la question du monde qu’on laisse à nos enfants. Je ne sais pas si j’ai envie de leur laisser un monde pareil », affirme Clémence, 27 ans, autre Youtubeuse à succès. Manon confirme, le sujet est difficile à aborder avec ses parents : « Pour eux, se marier, faire des enfants, cela fait partie du sens de la vie. Ma position les dépasse complètement donc on ne s’étend pas sur le sujet. » Une décision d’autant plus difficile à faire accepter qu’elle est une femme, juge Manon. « Tu changeras d’avis, tu es encore jeune’, ‘Tu verras avec l’instinct maternel’… Je ne sais pas si un homme recevrait le même genre de remarque que moi », s’interroge la jeune femme. « On a de la chance de pouvoir maîtriser sa grossesse aujourd’hui en France. Ça n’est pas le cas pour les femmes partout dans le monde. Pour certaines, avoir un enfant ou pas, ça ne relève pas du libre choix. »

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5 réflexions sur “Refus d’enfanter pour préserver la planète”

  1. Laurel Hanscom,  la CEO de Global Footprint Network, a constaté : 
    :  » … si chaque famille avaient un enfants en moins et si la maternité était repoussée de deux ans, en 2050, le jour du dépassement reculerait de 49 jours »
    ( https://populationmatters.org/sites/default/files/POPULATION%20MATTERS_AUTUMN_2020_WEB.pdf)
    Voilà un objectif  de décroissance démographique réaliste et acceptable par le public, même sans doute par Michel C.

    1. Je vais vous dire, Rapporterre, vu mon âge je suis tout à fait d’accord pour arrêter de faire des gosses. Plus sérieusement, quoique, reste à voir ce que le Global Footprint Network préconise pour faire reculer de 49 jours son fumeux «jour du dépassement».
      Parce qu’en attendant, les si et les yaca ne nous avancent guère. Au mieux ils ne peuvent que nous faire tourner en rond, en attendant. Au pire que de nous faire reculer, vous suivez ? Et en admettant qu’il recule, de 49 jours… nous l’amenant ainsi aux alentours du 28 juin… là encore nous serions bien avancés. De toutes façons c’est pas grave, vu qu’au 1er janvier on remet le compteur à zéro. Et qu’alors comme avant, on repart joyeusement pour un tour. En attendant.

  2. – « Denis Garnier, président de Démographie Responsable (…) constate qu’en dix ans, le thème de la non-procréation a fait son chemin.»
    Comme en seulement quelques mois, le thème la Vaccination «non obligatoire» a lui aussi fait son petit bonhomme de chemin. Je serais curieux de connaître exactement le ratio de ceux qui se sont fait, ou qui prochainement vont se faire vacciner pour des raisons purement sanitaires et/ou de solidarité. Et de même, le ratio de ces femmes qui refusent d’enfanter au motif de préserver la planète. Dans ce thème comme dans l’autre, le souci premier est tout simplement de ne pas se compliquer la vie, autrement dit de ne pas s’emmerder. D’un côté avec des gosses, de l’autre avec des restrictions autoritaires.

  3. Les femmes doivent suivre l’exemple de Cameron Diaz : «  Les femmes ont peur de dire qu’elles ne veulent pas d’enfants parce qu’elles ont peur d’être rejetées. Mais je pense que ça change. J’ai plus de copines qui n’ont pas d’enfants que celles qui en ont. Et, honnêtement, on n’a pas besoin d’autres enfants ! Nous avons pleins de gens sur cette planète. » (The Telegraph, 10 juin 2009)
    PS : L’actrice américaine de 47 ans et son mari, le musicien Benji Madden, ont annoncé être les parents d’une petite fille. L’heureux événement a été révélé ce vendredi 3 janvier 2020 par le biais d’un communiqué posté sur leurs comptes Instagram. «Bonne année des Maddens ! Nous sommes si heureux, bénis et reconnaissants de commencer cette nouvelle décennie en annonçant la naissance de notre fille, Raddix Madden. Elle est tout de suite entrée dans nos cœurs et achève notre famille». (madame.le figaro.fr)

    1. Esprit critique

      Suivre l’exemple de cette jolie dame… vous voulez rire Rapporterre !?
      On (Wikipedia) dit qu’elle présenterait un trouble du déficit de l’attention accompagné d’hyperactivité. Déficit de l’attention je veux bien le croire, elle qui au moins jusqu’en 2014 expliquait si bien pourquoi elle ne voulait pas d’enfants. Comme quoi seuls les imbéciles ne changent jamais d’avis.

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