Torrents de boue en ville, mea maxima culpa

Le climatologue Jean-Pascal van Ypersele : « Des villages effondrés, des torrents de boue qui emportent tout sur leur passage, des glissements de terrain ! Le bilan des pluies diluviennes et des inondations qui ont frappé l’Allemagne, la Belgique et le Luxembourg ne cesse de s’aggraver… Je vais citer John Holdren, pour qui on a trois choix : l’atténuation [la limitation des émissions de gaz à effet de serre], l’adaptation ou la souffrance. Il disait que l’on va connaître un peu des trois, mais que la question réside dans le dosage. Si on continue à faire bien trop peu d’atténuation, il y aura besoin de beaucoup d’adaptation et il y aura beaucoup de souffrance… On avance dans une seule direction : l’augmentation de la température, qui nous fait battre de nouveaux records chaque année et qui entraîne la multiplication des événements extrêmes… Il faut d’urgence commencer à limiter nos émissions de gaz à effet de serre, en décarbonant les économies : sortir du charbon, arrêter le déboisement, réduire notre consommation d’énergie, développer massivement les énergies renouvelables, réorienter les flux financiers… Il y a une urgence absolue à réduire nos émissions immédiatement. Le climat ne connaît pas les discours ou les propositions, il ne connaît que les facteurs physiques qu’on lui impose… Depuis près de vingt ans, on n’a pas encore suffisamment compris ce qu’il faut faire. »

Quelques commentaires sur lemonde.fr , parfois houleux :

Michel SOURROUILLE : Nous les écolos, au début ils nous ont ignoré, on était si peu nombreux. Et puis nous avons parlé déplétion pétrolière et choc climatique, ils nous ont ri au nez, foutaises, retour à la chandelle. On était encore peu nombreux. Les scientifiques ont parlé pour nous, les ruptures biophysiques devenaient évidente, alors ils ont parlé d’adaptation et nous sommes devenus plus nombreux. Aujourd’hui même les journaux de référence nous donnent la parole, tout le monde est devenu écolo, surtout les politiques au moment des élections. Le discours environnementaliste est en train de se constituer comme fait social total, c’est-à-dire comment il est en mesure de mobiliser à la fois les individus et les institutions afin de réguler les comportements. c‘est le mythe fondateur du XXIe siècle, ce qui va modifier nos normes et nos valeurs ! Encore faut-il que chaque citoyen devienne réellement écolo dans son mode de vie, et ça c’est le plus difficile… pas ou peu de viande, pas de voiture ni de boulot fossile, etc.

Makaevitch : On notera qu’en Allemagne, la ville la plus touchée s’appelle Schuld que l’on peut traduire par « culpabilité » et qu’à Liège, le quartier le plus affecté, s’appelle Purgatoire. Si ce n’est pas un signe du tout Puissant

gul : Personnellement je m’en fous car il me reste statistiquement 25 ans d’espérance de vie. Les jeunes payent ma retraite, je me roule les pouces en regardant Netflix. Un peu comme beaucoup beaucoup de mes compatriotes, alors le réchauffement……

pierre marie 22 : Allègre a écrit des choses fort censées sur les « supercalculateurs » et ces modèles mathématiques un tantinet coupés du réel… Le CIEC est une structure complexe… Il y a des scientifiques authentiques, spécialisés dans leur domaine. Mais le résumé (50 pages pour résumer 3000 pages) du rapport final est adopté par des représentants des états, sans compétence aucune. Dont des militants notoires de l’écologisme. Cela trouble un tantinet le débat.

Chan Chouch : Et pm 22 de citer Allègre… oui ça c’est effarant !

Giloubee : c’est navrant de constater le nombre de réactions de climatosceptiques. Cela relève de la psychiatrie, un besoin d’exister. Les scientifiques modélisent le climat depuis 50 ans, utilisent les super calculateurs les plus puissants au monde. Des milliers se consacrent à ce sujet, publient des articles dans des revues scientifiques vérifiés par leurs pairs. L’élévation des températures partout dans le monde, la multiplicité des catastrophes climatiques extrêmes,… tout cela est ramené par ces scientifiques autoproclamés de pacotille à des évènements singuliers ne relevant que de la météo. L’humanité est vraiment mal barrée entre la suffisance de certains et le modèle capitaliste de nos sociétés qui ne voudront jamais rompre avec leur idéal de croissance.

Francois M : Comme pour la religion en son temps, les débats sur l’écologie deviennent de plus en plus violents.

VincentB : Pendant que le ciel tombe sur la tête des belges et des allemands, chez nous les campagnes électorales n’explorent que deux thèmes : l’immigration et l’insécurité. Dormez, braves gens.

Antidem : Maintenant l’actualité est ponctuée de records, d’évènement météorologiques extrêmes, etc. Ceux qui ne veulent pas voir diront qu’il s’agit de phénomènes normaux, que c’est déjà arrivé, alors que les évènements s’enchaînent depuis quelques années… Petite précision : on en en est qu’au tout début du changement climatique (ça met un peu de temps à démarrer) alors accrochez vous !

Dance Fly : De nombreux commentaires sont une belle illustration du déni climatique. Cela montre que la lutte contre le RC doit être considérée dans toutes ses dimensions: scientifique et économique bien sûr mais aussi socio-éducative et psychologique ; de ce point de vue l’éducation des jeunes générations aux sciences de la vie et de la terre est un élément clé afin que celles-ci adhèrent pleinement, le moment venu, aux politiques en train de se développer en lieu et place du productivisme du siècle passé.

Steph_ : Si l’on parle de CO2, de gaz à effet de serre, d’évolution climatique, le premier facteur aggravant n’est il pas simplement l’accroissement de la population mondiale entraînant l’accroissement des besoins individuels en énergie ? 7,8 milliards en mars 2020, 7,0 milliards au 31 octobre 2011, 6,1 milliards en 2000, 1,6 milliard en 1900 !

jamaiscontent : Ok pour regarder la démographie, mais alors il faut considérer deux données au minimum pour être honnête : émission de GES/habitant d’abord. Et là, qui sont les plus gros émetteurs : les monarchies pétrolières du golfe persique, et les États unis, c’est à dire des pays pas vraiment en situation d’explosion démographique. Mais qui ont choisi un mode de développement non soutenable. Donc, l’autre facteur a considérer est ce mode de développement : alimentation toujours plus carnée, déplacements toujours plus intensifs, invasion des clim (explosion en cours en Inde, je vous laisse imaginer le résultat à venir), bilan dramatique de la production vestimentaire et de la mode etc etc… Tout cela est à revoir et pas nécessairement lié à la démographie.

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3 réflexions sur “Torrents de boue en ville, mea maxima culpa”

  1. Esprit critique

    « Neutralité carbone en 2050 ! Transition et Caetera. Il faut agir vite, dès aujourd’hui, demain il sera trop tard. Yaca faucon et blablabla. »

    Mais depuis combien de temps on nous la chante cette chanson ? Pourtant on sait que même si on arrêtait dès aujourd’hui (d’un coup de baguette magique) d’émettre tout ce CO2 et autres GES, ça continuerait quand même à chauffer. Et que même la fin du pétrole (très probablement avant la fin de ce siècle) n’arrêtera pas le processus, d’autant plus que nous n’en aurons pas encore fini du charbon.
    Alors arrêtons avec ça, il serait peut-être temps d’en inventer une autre, chanson, non ?

    1. Didier BARTHES

      Le problème est bien « Quelle chanson ? »
      Vous connaissez la mienne, persuadé que je suis que les autres ne mèneront à rien, même si je ne sous estime ni les autres questions ni la difficulté de mettre en oeuvre la décroissance démographique.
      Que feriez-vous ?

      1. Bien sûr qu’on connait la vôtre, mon cher Didier. Et vous savez ce que j’en pense.
        Alors, que faire ? Combien de fois ne l’a t-on pas entendue celle là aussi ?
        Je parle là de la question pas de la chanson, quoique. Bref, et moi que vais-je faire ? Pour moi c’est tout vu, je vais continuer à FAIRE comme tout le monde. Ce que je peux, tout connement. Parce qu’en attendant une chose est certaine, comme on dit vulgairement c’est pas quand on a chié dans son froc qu’il faut se torcher le cul. Ni serrer les fesses d’ailleurs. Alors, en attendant, chacun son truc, chacun sa came, chacun sa chanson, chacun sa rengaine etc. Et vous connaissez la mienne, persuadé que je suis que les autres ne mèneront à rien, même si je ne sous estime ni les autres questions ni les difficultés et patati et patata.

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