vente en Rafale, célébrée par Stéphane Lauer

Stéphane Lauer* est dithyrambique : « Faute de commandes à l’exportation, le Rafale plombait la loi de programmation militaire. Ne boudons pas la bonne nouvelle, la perspective de cette commande indienne (de 126 avions Rafale) permettrait de décaler l’achat par l’armée française de 18 chasseurs, l’équivalent de 1,8 milliards d’euros. » Sachant au total que la France serait équipée de 286 appareils pour une facture de 43,6 milliards d’euros, une vraie bénédiction !

Ainsi va notre monde qui se glorifie de la multiplication d’engins de destruction, même dans un pays comme l’Inde qui se disait à une autre époque adepte de la non-violence. La France ne change pas, toujours aussi dénuée de scrupules. Le 10 avril 1970, Michel Debré écrivait déjà dans Sud-Ouest : « Si la France a une grande industrie aéronautique, atomique, électronique, c’est uniquement – je dis bien uniquement – du à l’importance des dépenses dans le domaine de l’armement… Le coût des équipements militaires est tel qu’il n’y a rentabilité que dans la mesure où on vend des armes à l’extérieur. » Je trouve cela absurde, une France « humaniste » qui vend des armes à l’Inde qui, un jour ou l’autre, peut s’étriper avec le Pakistan ou même la Chine  ! Je trouve abominable qu’un budget puisse programmer plus de 43 milliards d’euros de dépenses inutiles au lieu d’aider à combattre la pauvreté en Inde ou au Pakistan.

Je rappelle ces deux évidences : « La guerre, c’est un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent mais qui ne se massacrent pas » ; «  La guerre, c’est tuer les uns avec ce qui pourrait faire vivre les autres. » Seul le refus de l’usage collectif des armes mériterait les louanges de la part d’un journaliste responsable…

* LE MONDE du 2 février 2012, chronique La victoire sans chanter

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3 réflexions sur “vente en Rafale, célébrée par Stéphane Lauer”

  1. « ne boudons pas la bonne nouvelle » ( pour l’emploi, l’industrie, l’économie française en générale ) ai-je écris et cela devient « Stéphane lauer est « dithyrambique »! Vous n’avez pas l’impression de forcer le trait pour appuyer votre propos, non? Le débat est tout à fait légitime, mais pour ce qui est de mon manque de recul supposé, je vous invite à lire les commentaires des lecteurs de mon post, qui trouvent au contraire, que je ne fais pas preuve de suffisamment d’enthousiasme. Comme quoi…..
    Stéphane Lauer

    1. Monsieur Lauer,
      L’enthousiasme de vos lecteurs pour des armes de guerre exportées vers un pays qui ferait mieux de songer au bien-être de sa population plutôt qu’à ses ardeurs belliqueuses nous semble suspect. La validité d’un raisonnement ne tient pas au nombre de personnes qui expriment leur enthousiasme.

  2. La pire des institutions grégaires se nomme l’armée. Je la hais. Si un homme peut éprouver quelques plaisir à défiler en rang au son d’une musique, je méprise cet homme… Il ne mérite pas un cerveau humain puisqu’une moelle épinière le satisfait. Je hais violemment l’héroïsme sur ordre, la violence gratuite et le nationalisme débile. La guerre est la chose la plus méprisable. Je préfèrerais me laisse assassiner que de participer à cette ignominie. Je soutiens que le moyen violent du refus du service militaire reste le meilleur moyen. Il est préconisé par des organisations qui, dans divers pays, aident moralement et matériellement les courageux objecteurs de conscience.

    Dans tous les pays du monde, de groupes industriels puissants fabriquent des armes ; et dans tous les pays du monde, ils s’opposent au règlement pacifique du moindre litige international. Mais contre eux les gouvernants atteindront l’objectif de la paix entre les nations quand la majorité des électeurs les appuiera énergiquement.
    Albert Einstein (Comment je vois le monde, Flammarion – 2009)

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