Voler en jet privé… ou en classe touriste ?

Tracés sur les réseaux sociaux, les vols en jets privés suscitent l’indignation quant à leur bilan carbone. Mais le tourisme de masse garde toutes les faveurs des merdias vendus au système marchand.

Clément Beaune, ministre délégué aux transports :  Il existe des motifs d’urgence, mais le jet privé ne peut pas être un mode de déplacement individuel de confort Il ne s’agit pas pour autant d’interdire les vols en jet privés, laviation d’affaire étant une activité économique importante en France ».

Julien Bayou, secrétaire général d’EELV) : « Un jet pollue dix fois plus qu’un avion. Il est donc temps de les bannir, parce qu’ils nous empoisonnent littéralement avec leurs  déplacements caprices... Si on mettait une taxe, par exemple de 15 000 euros, ce ne serait même pas de l’argent de poche pour ces personnes »

Le point de vue des écologistes

TellagNono : Je ne sais pas ce qui est le plus effrayant, que des ultras-riches ne se rendent pas compte de l’indécence de leur comportement égocentré ou que la majorité des citoyens légitiment celui-ci (ça n’a pas tellement d’impact, ça va coûter des emplois, ça va les contrarier…).

Bga80 : « Il nous faut définir les limites technologiques à ne pas dépasser estimait Ivan Illich dans son livre La convivialité (Seuil, 1973). Malheureusement ces limites ne s’imposeront pas par les élections, ni par la population d’ailleurs ! Pour exemple, un sondage sur Le Point avec cette question « Faut-il interdire les jets privés comme le demande Julien Bayou ?  » Et ben 66,8 % des gens s’opposent à cette interdiction !! Alors qu’il n’y a même pas 0,0000001 % de gens propriétaires d’un jet privé ! C’est quand même incroyable que la grande majorité des gens s’opposent à cette interdiction alors que nous entrons en pleine déplétion des ressources fossiles, et donc du kérosène ! Nous allons donc attendre un prix du baril à 1000 euros pour réagir, mais nous aurons déjà les pieds dans l’eau en France, et/ou nous vivrons dans un territoire désertifié… La planète brûle et les gens regardent ailleurs !

PU : Vu l’impact réel en pollution des jets privés, il s’agit d’abord d’un enjeu symbolique, celui du partage des efforts à venir pour tenter une upture écologique. Mais le symbolique est essentiel en politique.

Eric.Jean : Toucher à des symboles comme la vie de luxe n’a strictement aucun effet. Pour un résultat mesurable, il faudrait au minimum interdire tous les déplacements motorisés de loisirs, à commencer par la totalité de l’aviation civile mondiale. Évidemment ce serait la faillite d’Airbus & Co et d’au-moins la moitié de l’économie liée au tourisme, ce qui ferait très mal particulièrement en France… mais il est plus que temps d’arrêter de rêver car décarboner l’économie ne se fera pas sans douleurs.

JlF : « L’aviation d’affaire est une activité économique importante en France », dit le ministre. Tant que l’économie prendra le pas sur l’économie, on continuera de faire des colloques, des COP et d’écrire des rapports, mais on ne fera rien. Il y a certes du cash derrière les jets privés, comme d’ailleurs derrière les yachts, les paquebots de croisières, et les voitures individuelles. Tant que les riches pourront devenir encore plus riches et faire rêver les pauvres, on aura toujours le même discours commençant par : « oui mai, il y a des intérêts économiques ». Et pourtant, face à la catastrophe écologique en cours, il ne s’agit plus d’opposer la fin du monde à la fin du mois.

Requiem : Commençons par – supprimer l’avantage fiscal sur le kérosène, – supprimer les subventions des collectivités locales et des chambres de commerce aux petits aéroports et aérodromes de tourisme – mettre une substantielle taxe d’usage des aérodromes et aéroport (il existe bien une taxe de séjour pour les nuitées touristiques)… Cela a l’avantage de n’être pas « liberticide » et d’être justifié écologiquement, économiquement et politiquement et d’être applicable rapidement.

Charles Bastille : Pourquoi ne pas taxer aussi les personnes qui circulent seules dans leur voiture ? Autre question, quelle est la consommation, rapportée au nombre de personnes transportées au km des deux roues motorisées ? Alors, pourquoi ne pas interdire aussi l’utilisation pure et simple des deux roues motorisés.

Alain Georges : Pourquoi les riches changeraient-ils leur train de vie, alors que nous – classe moyenne- refusons de changer le nôtre ? Car si Bernard Arnault et consorts sont les riches des Français, le Français moyen est le riche de la grande majorité de l’humanité. Et malgré qu’il a créé le réchauffement climatique et continue de l’alimenter, le Français moyen et ses homologues occidentaux n’ont aucune intention de dédommager la grande majorité de l’humanité pauvre qui subit de plein fouet le réchauffement, d’une part; ni, d’autre part, de réduire drastiquement sa consommation et ses émissions de GES. Ne nous cherchons pas un bouc-émissaire – fût il milliardaire – pour nous dédouaner de notre refus d’agir véritablement.

JM_duSud : Quand je lis dans un autre article que Ryanair a transporté à elle seule 16,8 millions de personnes rien qu’en juillet, je pense que faire un débat politique sur les avions d’affaires est complètement lunaire… Le tourisme de masse est un vrai fléau écologique.

Friday : C’est une excellente chose que ce genre de sujet émerge dans le débat public. L’alternative est réelle : désinciter par l’argent ou interdire par la loi ? Question cruciale pour tout le processus de transition, qui se pose à tous les niveaux, pour les comportements des citoyens, des entreprises, des administrations, etc. Car comment demander au Français moyen de payer plus cher son essence ou son chauffage (ce qu’on ne pourra pas éviter) si on est même pas capable de taxer le kérosène des milliardaires ? Intenable…

Lithopedion : Plutôt que d’interdire tel ou tel mode de transport, je propose la création du « Pass Carbone », variante du Pass Sanitaire, qui recense toutes les activités polluantes ou compensatoires, et qui plafonne l’empreinte carbone à 0,6 t de CO2 par an par individu. Ainsi, à chaque fois que vous irez faire le plein, il faudra présenter son pass carbone, et une entrée sera ajoutée dans l’application mentionnant le type de carburant et la quantité achetée. En cas de dépassement du quota carbone, il ne sera plus possible d’aller faire le plein ou de prendre l’avion.

Hansi : Le plus simple serait de pucer chaque individu et à chaque fois qu’il passe dans un aéroport, dans un hôtel, on le trace et on lui enlève une partie de son quota carbone.

Dino : On va vers une économie de la pénurie, du rationnement et des quotas, il va falloir s’y habituer. On peut pleurnicher et vitupérer autant qu’on veut contre les khmers verts et les pastèques, ça ne changera rien. Quand vous n’aurez plus d’eau dans le robinet et que prendre l’avion sera devenu tellement prohibitif qu’on ne pourra plus se le permettre, tout le monde sera pour l’interdiction des jets privés.

Partipris : A quand le bannissement des vélos électriques ? Encore un effort camarade.

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2 réflexions sur “Voler en jet privé… ou en classe touriste ?”

  1. Esprit critique

    C’est peut-être Friday qui résume le mieux cette «affaire». D’abord il dit que c’est une excellente chose que ce genre de sujet émerge dans le débat public. Je le pense aussi, mais…
    Déjà faudrait-il qu’il y ait un véritable débat. Ensuite je lance les paris… dans 8 jours on n’en parlera plus. Sa dernière question est des plus pertinentes (Car comment demander au Français moyen de payer plus cher son essence [etc.] ?) Ce qu’il en déduit également (Intenable…)

    On le sait, il ne faut pas toucher au sacré ! Ou alors avec des gants. La question n’est pas de savoir s’il faut ou pas «réguler les jets privés» (???) … mais de savoir combien d’entre nous voient les jets privés comme des symboles sacrés. Et à en croire ce sondage dont parle Bga80, nous serions dans les 2/3. Eh oui, plus de 66% à dire « Touche pas à mon jet ! » Misère misère !
    ( à suivre )

    1. J’aurais aimé savoir ce que ce sondage aurait pu donner en y rajoutant les yachts privés, les grosses bagnoles et barraques de luxe, les Rolex, le Bling-bling et j’en passe.
      Que les gros riches et les businessmen défendent leurs joujoux, leurs bijoux… qu’ils nous racontent qu’ils ne fument pas grand chose comparé au reste, et patati et patata… ça on le comprend très bien. Tout ça c’est de bonne guerre comme on dit.
      Mais que les gueux s’en mêlent, et s’emmêlent… qu’ils en soient arrivés à vénérer cette débauche et cette démesure… ça ce n’est que misère misère !

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