Contradictions de la politique démographique de l’Eglise

Marybeth Lorbiecki : Il devient évident qu’une population plus nombreuse sur terre conduit à une multiplication à l’infini des crises écologiques et morales et des tensions autour des ressources naturelles dans le monde entier… Plus une population est importante, plus il y a compétition pour un emploi ou pour obtenir n’importe quoi que ce soit, ce qui ajoute du stress, voire de l’agressivité et des agressions comme cela surviendrait dans n’importe quel poulailler surpeuplé. De ce fait le contrôle de la population n’est pas l’affaire d’un Etat, mais de toutes les régions car, au bout du compte, toutes sont interconnectées et affectées.

 Jean-Paul II : Nous avons des devoirs à l’égard des générations futures : c’est une dimension essentielle du problème et elle nous oblige à fonder nos propositions sur des perspectives concrètes et sérieuses concernant la croissance de la population et la disponibilité des ressources… Nous devons faire face à la croissance de la population non seulement en exerçant une parentalité responsable, dans le respect de la loi divine, mais aussi à l’aide de moyens économiques, qui ont un effet en profondeur sur les institutions sociales… C’est la responsabilité des autorités publiques de fixer des directives conciliant des limitations du nombre de naissance et le respect d’une expression libre de la responsabilité selon chaque individu… Les gens ont besoin de redécouvrir la signification morale du respect des limites ; ils doivent croître et mûrir dans leur sens des responsabilités à l’égard de tous les aspects de la vie… L’Eglise soutient le principe de la parentalité responsable et attire l’attention sur la moralité des méthodes employées. (Discours à la semaine d’études « Ressources et population » de l’Académie pontificale des sciences, 22 novembre 1991)

 Aux formateurs en PFN (Osservatore romano, 22 janvier 1997) : Utiliser des méthodes naturelles implique le respect de la nature. Elles entretiennent cette écologie humaine qui est l’harmonie entre les demandes de la nature et le comportement personnel. Au niveau mondial, ce choix des méthodes naturelles soutient les processus d’émancipation des femmes et des peuples s’affranchissant des programmes injustes de planning familial qui amènent dans leur triste sillage les différentes formes de contraception, d’avortement et de stérilisation.

 Marybeth Lorbiecki : Le pape Jean-Paul II a fait la promotion de différentes méthodes de PFN (planification familiale naturelle) : méthode symptothermique, méthode de l’ovulation, méthode dite marquette. Ces méthodes sont fondées sur des processus naturels et non invasifs. Mais il faut bien avouer que les signes de fertilité ne sont pas toujours cohérents et clairs. Le moment de l’ovulation est imprévisible, même chez les femmes dont le cycle est régulier. Et il existe tant de situations où l’approche PFN devient l’inverse de l’idéal. Il y a tant de femmes qui n’ont aucun accès à une instruction quant à savoir déchiffrer leurs rythmes corporels. Et les papes n’ont pas abordé ce que les femmes peuvent faire dans des situations de violence, quand elles sont dans un rapport de pouvoir inégal. Pour beaucoup de catholiques, les recommandations de l’Eglise paraissent arbitraires et déraisonnables, et surtout ni fondées sur le Christ, ni sur les Ecritures, ni sur les valeurs fondamentales.

 source : Dans les pas de Saint François d’Assise (l’appel de Jean-Paul II en faveur de l’écologie) de Marybeth Lorbiecki

 Editions Dervy, 546 pages, 23 euros