brûler le coran ET brûler le drapeau

Brûler le  drapeau national est interdit dans certains pays, autorisé dans d’autres. Brûler le coran est autorisé quand le free-speech est reconnue, interdit dans les pays qui sacralisent un simple livre. Si on en croit le principe de libre expression, brûler le coran ET le drapeau devraient aller de soi. Faire à titre personnel un grand feu de joie où on se libérerait en brûlant des bibles et des corans, des drapeaux nationaux et des portraits de Sarko, quel soulagement… On appellerait ça le bûcher des illusions, et on y brûlerait toutes les excuses inventées par les hommes pour ne pas penser par eux-mêmes et ne jamais se prendre en main. Il est d’ailleurs significatif qu’un pouvoir national fasse cause commune avec un pouvoir spirituel : La Maison Blanche s’est dite « préoccupée » par le projet de brûler publiquement un exemplaire du Coran à l’occasion du neuvième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, elle craint pour la vie des soldats américains. L’Eglise catholique condamne fortement cette intention, « contraire au respect dû à toutes les religions et contraire à notre doctrine et notre foi ». Les deux idéologies qui empêchent les hommes de penser par eux-mêmes, le nationalisme militarisé et la religion instituée travaillent la main dans la main pour conserver leur pouvoir de manipulation et d’enrégimentement. Le fait religieux et le fait nationaliste, souvent alliés historiquement, ont toujours abouti à l’affrontement et aux guerres. Mais alors, quel est le critère profond qui puisse permettre de distinguer entre le licite et l’illicite ?

Les recherches actuelles sur l’éthique permettent de tracer des pistes de recherche. Pour J.Baird Callicott, l’éthique de la Terre affirme que ce qui bon est ce qui contribue à préserver la stabilité de la communauté biotique dont l’espèce humaine n’est qu’une infime partie. Cela implique, même si Callicott n’en a pas pleinement conscience, que le tout a plus d’importance que la partie. Les obligations envers la nature passent avant les obligations ecclésiastiques, les obligations envers la planète passent avant les obligations nationales, l’individu est d’abord au service de l’ensemble. Une véritable religion ne repose pas sur un livre soi-disant dicté par Dieu ou par les prophètes, elle consiste à relier une communauté humaine avec son environnement global ; une relation durable ne repose pas sur le communautarisme d’une nation ou d’un groupe quelconque, elle repose sur l’ouverture conviviale à toutes les formes de vie. Il s’agit d’inverser la conception de l’extrême droite selon laquelle il faut préférer ses filles à ses nièces, et les femmes françaises aux femmes étrangères (J.M Le Pen).

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6 réflexions sur “brûler le coran ET brûler le drapeau”

  1. Le Flag Protection Act de 1989 que tu évoques n’a jamais été validé, puisque la Cour Suprême étatsunienne s’y est opposé en juin 1991, au nom de la liberté d’expression.

    En France aussi, brûler le drapeau national reste légal, excepté dans le cadre militaire. Le délit d’outrage au drapeau (ajouté en 2003 suite à une manif de foot – quel enrégimentement) ne concerne que les manifestations organisées ou réglementées par les autorités publiques. Mais il est à noter que les œuvres de l’esprit, les manifestations et propos privées, ne sont pas concernées. Et pourtant, on a vu des expos qui ont décroché des photos (injustement) incriminées. On peut donc encore brûler ou chier sur le drapeau français hors des stades, en attendant de supprimer ce délit idiot qui brime la liberté d’expression.

  2. Le Flag Protection Act de 1989 que tu évoques n’a jamais été validé, puisque la Cour Suprême étatsunienne s’y est opposé en juin 1991, au nom de la liberté d’expression.

    En France aussi, brûler le drapeau national reste légal, excepté dans le cadre militaire. Le délit d’outrage au drapeau (ajouté en 2003 suite à une manif de foot – quel enrégimentement) ne concerne que les manifestations organisées ou réglementées par les autorités publiques. Mais il est à noter que les œuvres de l’esprit, les manifestations et propos privées, ne sont pas concernées. Et pourtant, on a vu des expos qui ont décroché des photos (injustement) incriminées. On peut donc encore brûler ou chier sur le drapeau français hors des stades, en attendant de supprimer ce délit idiot qui brime la liberté d’expression.

  3. Lorsqu’en 1989 la Cour suprême des Etats-Unis décida qu’un citoyen a le droit de s’exprimer en brûlant le drapeau national, cela provoqua un énorme tollé. Presque au bord des larmes, le président Bush se mit à évoquer un amendement constitutionnel qui ferait de l’incinération du drapeau national un crime.

    Mais brûler le drapeau est un acte commis par des individus sans pouvoir alors que la froide démagogie patriotique d’un coincé surpuissant fait peser une menace aussi réelle que permanente sur la liberté.
    Howard Zinn

  4. Lorsqu’en 1989 la Cour suprême des Etats-Unis décida qu’un citoyen a le droit de s’exprimer en brûlant le drapeau national, cela provoqua un énorme tollé. Presque au bord des larmes, le président Bush se mit à évoquer un amendement constitutionnel qui ferait de l’incinération du drapeau national un crime.

    Mais brûler le drapeau est un acte commis par des individus sans pouvoir alors que la froide démagogie patriotique d’un coincé surpuissant fait peser une menace aussi réelle que permanente sur la liberté.
    Howard Zinn

  5. C’est exagéré.

    Brûler le drapeau, je n’en vois pas l’intérêt, puisque de toutes façons ce n’est qu’un symbole et ça peut être interprété très diversement par chacunE. Il en ressort généralement l’expression d’une haine contre le pays. Mais si l’on veut dire sa haine contre un Etat, je ne pense pas que cela soit utile car les gens peuvent aussi le ressentir comme une haine envers le pays donc envers eux, ce qui n’est pas forcément le but – il reste toujours des gens avec qui on peut compter, même dans le pire des pays pourris. Brûler un livre n’est pas un autodafé, mais ça peut aussi y faire penser, ce qui renvoie aux totalitarismes. Ce n’est donc pas bien intelligent.
    Il ne faut pas faire comme ces ignares, ces enrégimentés fanatiques qui brûlent des drapeaux occidentaux si on a le malheur de se moquer de la religion qui leur est imposée dès tout petits.

    Interdire de brûler (ou de maltraiter) des représentations symboliques peut être critiqué par rapport à la défense de la liberté d’expression, mais le feu conservant un forte dimension symbolique, comme usage ancien pour contrer une figure maléfique, on se rapproche ainsi d’une pratique qui est celle des obscurantismes en tous genres. Je n’approuverais donc pas personnellement ce genre de pratiques.

    On peut bien raisonner froidement et promouvoir l’absence d’interdit en la matière, reste que la haine ressurgissant de ces pratiques peut mener dan,s des directions pas forcément heureuses.

  6. C’est exagéré.

    Brûler le drapeau, je n’en vois pas l’intérêt, puisque de toutes façons ce n’est qu’un symbole et ça peut être interprété très diversement par chacunE. Il en ressort généralement l’expression d’une haine contre le pays. Mais si l’on veut dire sa haine contre un Etat, je ne pense pas que cela soit utile car les gens peuvent aussi le ressentir comme une haine envers le pays donc envers eux, ce qui n’est pas forcément le but – il reste toujours des gens avec qui on peut compter, même dans le pire des pays pourris. Brûler un livre n’est pas un autodafé, mais ça peut aussi y faire penser, ce qui renvoie aux totalitarismes. Ce n’est donc pas bien intelligent.
    Il ne faut pas faire comme ces ignares, ces enrégimentés fanatiques qui brûlent des drapeaux occidentaux si on a le malheur de se moquer de la religion qui leur est imposée dès tout petits.

    Interdire de brûler (ou de maltraiter) des représentations symboliques peut être critiqué par rapport à la défense de la liberté d’expression, mais le feu conservant un forte dimension symbolique, comme usage ancien pour contrer une figure maléfique, on se rapproche ainsi d’une pratique qui est celle des obscurantismes en tous genres. Je n’approuverais donc pas personnellement ce genre de pratiques.

    On peut bien raisonner froidement et promouvoir l’absence d’interdit en la matière, reste que la haine ressurgissant de ces pratiques peut mener dan,s des directions pas forcément heureuses.

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