Climat, pour ou contre la Convention des 150

Editorial du MONDE, en bref : « La conclusion des travaux de la convention citoyenne sur le climat apparaît prometteuse. Il n’était pas écrit d’avance que 150 citoyens tirés au sort parviennent à formuler des propositions précises visant à réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 « dans un esprit de justice sociale ». Il aura fallu développer toute une ingénierie participative. Près de 140 experts ont été auditionnés, des animateurs ont encadré les travaux de chaque groupe de travail, un comité de pilotage a veillé à la bonne marche de la convention. Le message est clair : la démocratie participative peut être l’une des réponses convaincantes à la crise de la représentativité, à condition que la réponse du président de la République soit, maintenant, à la hauteur. En 2007, le Grenelle de l’environnement avait soulevé un grand espoir avant d’accoucher d’une souris après la crise de 2008. Cette fois, il n’y a plus le choix : l’urgence climatique est telle qu’il faut agir vite et fort. Mais deux sujets essentiels ont été éludés, le sort de la taxe carbone et la part du nucléaire dans le mix énergétique... »

Les commentateurs sur lemonde.fr nous permettent d’y voir un peu plus clair.

le sceptique : Si l’on avait un doute sur le caractère vicié du processus de la convention citoyenne, la satisfaction d’un édito du Monde le lève définitivement ! L’outil fiscal efficace – taxe carbone – a été évacué au profit de 150 mesurettes bureaucratiques qui sont autant de petites usines à gaz pour fonctionnaires et/ou vexation collective des Français. L’enjeu industriel – comment on produit à bonne échelle de l’énergie et des machines énergétiques bas carbone sans planter le PIB, la balance commerciale, le déficit – a été évacué au profit de chouineries écolo-socialistes à la sauce Dion-Tubiana. L’enjeu (géo-)politique – la capacité de la France et de l’Europe à influencer les émetteurs mondiaux – est absent alors qu’essentiel.

Sarah Py  : En quoi l’urgence climatique est-elle à lier à ce qui serait une urgence sociale ? Nous avons une décennie pour changer de modèle économique. Et l’impérieuse nécessité de l’équité sociale, oui, mais alors pensons au paysan du Bangladesh, et à l’habitant des faubourgs de Lagos. Aïe, ça se complique. Déjà, accélérons dans la réduction de notre empreinte carbone, cessons ces idéologisations des débats ; il va bien l’antiracisme mais que faisons nous pour ceux qui subissent déjà les effets de cette crise climatique au lointain du golfe du Bengale. Il est des situations qui exigent hauteur du regard et pas la banalité du convenu. Urgence climatique oui, mais dans l’équité d’un monde global.

Zahnstocher : Le problème est bêtement pratique. Sans un minimum d’acceptation sociale, les belles mesures souhaitées pour répondre à l’urgence climatique seront rejetées. Tant que nous sommes en démocratie. Et nous sommes encore quelques uns à apprécier être en démocratie. On a bien vu qu’une fois informés, ces 150 citoyens ont pris conscience des efforts nécessaires. Mais ils ne sont que 150 et on voit bien aussi en lisant les commentaires de ces derniers jours que de très nombreux concitoyens vivent encore dans un rêve de toujours plus de confort.

Gramoune : Les écolos n’ont toujours pas compris que le premier pollueur au niveau mondial, c’est LA SURPOPULATION, d’où vient tout le reste CO2, manque d’eau, d’électricité, de production alimentaire… Proposez plutôt des programmes de « limitations » de naissances, voire même des « offres » de stérilisations de femmes ayant déjà 4/5 enfants… et dans 30 ans, on en reparlera.

Schindma37 : Macron s’est piégé lui-même : avec le Covid-19 et la crise économique, comment financer les solutions proposées, qui coûteraient des milliards, et organiser un référendum sur une réforme constitutionnelle qui serait certainement rejetée ?

Obéron : Shindma, nous sommes bien plus « piégés » que vous ne le pensez. Agir contre le réchauffement climatique aura forcément un coût (et ceux qui reprocheront aux membres de la convention citoyenne de ne pas l’avoir suffisamment évalué sont des hypocrites : on définit d’abord ce qu’on souhaite, puis on chiffre plus précisément, les moyens nécessaires ne sont pas les mêmes). Si ce coût est social, alors la solution n’est pas la bonne, il faut revoir sa copie. Mais le coût de ne rien faire, vous intéresse-t-il ? Combien de milliards ? Beaucoup plus, sans aucun doute ! (même si vos enfants le paieront plus que vous) Et le coût social de ne rien faire ? Qui le paiera selon vous ?

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8 réflexions sur “Climat, pour ou contre la Convention des 150”

  1. Bonjour Didier Barthès.
    Je comprends que cet oubli (avec ou sans «») vous chagrine. J’ai déjà dit que ce problème était insoluble. Tout comme celui de notre boulimie, certes. Mais bien qu’ils soient liés, les deux ne sont pas de même nature. Selon moi le votre est bien plus délicat à aborder parce que très dangereux. J’ai toujours dit que tout ça se règlerait par la force des choses, patience.
    En attendant on peut toutefois en parler. Je vous ai demandé en quoi cela nous avancerait, mais bon. Pour en parler sérieusement arrêtons déjà avec cette histoire de tabou. Ce sujet n’est pas plus tabou que le problème de notre boulimie. Dire que «les émissions totales de CO2 résultent de la multiplication des émissions individuelles par notre nombre»… et rajouter «c’est mathématiquement imparable» … pour moi c’est de la pure rhétorique. C’est là un postulat biaisé, pour moi un autre argument fallacieux.

    1. Didier BARTHES

      Bonjour Mchel C
      Je ne vois pas en quoi mon argument est biaisé, il me semble tout simplement juste.

      1. Biaisé, tout simplement parce que vous savez très bien que les 7,6 milliards que nous sommes sont loin d’avoir tous la même empreinte écologique. En terme d’hectares globaux (hga) l’écart est de 1 à 30.

        1. Didier BARTHES

          Mais vous oubliez tout simplement que les autres ont envie d’être comme nous (et ils en ont le droit après tout) et surtout encore une fois que la question ne se limite pas au CO2 mais concerne la biodiversité qui est en train de s’écrouler comme jamais du fait de notre nombre et non du fait du réchauffement climatique

          1. Ah oui, les autres ont envie… En attendant ils émettent nettement moins que nous (vous et moi).
            La question ne se limite pas au CO2, dites-vous ? Sauf que c’est de ça dont nous parlions justement, vous disiez que «les émissions totales de CO2 résultent de la multiplication des émissions individuelles par notre nombre», et je vous ai dit que ce postulat était biaisé. Mais laissons tomber, il s’agit là d’un dialogue de sourds, j’aimerais tout simplement savoir en quoi ça nous avance de nous focaliser autant sur ce problème du «surnombre».

  2. La politique démographique (malthusienne) a volontairement été mise sous le boisseau car ces ecolos de la sainte farce, idiots utiles, sont en cheville avec le gros patronat et l’ oligarchie mondialistes pour faire venir en masse des migrants pondeurs et futurs consommateurs zombifiés .

  3. Ces 150 citoyens ont -ils été tirés au sort par la bande à macrondelle / soros / Gates ?
    Quel concentré de conneries à l’ échelle de la France !
    La grande oubliée des conclusions zozotiques de ces charlots biberonnés à l’ idéologie libertarosocialope est bien entendu la politique démographique , de loin le problème le plus important comme le dit l’ intervenant Gramoune .

  4. Didier BARTHES

    Que la Convention Citoyenne pour le Climat réussisse à éditer 150 mesures sans qu’aucune d’entre elle ne fasse référence au nombre des hommes est impensable.
    Rappelons que les émissions totales de CO2 résultent de la multiplication des émissions individuelles par notre nombre, c’est mathématiquement imparable.
    Sauver le climat sans parler de démographie, cela revient à prétendre gagner le Tour de France à 90 ans, sans entraînement et d’ailleurs sans savoir faire du vélo.
    Une fois encore le tabou a été le plus fort.

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