Culpabilité écolo, un premier pas décisif

Culpabilité écolo, un premier pas qui ne suffit pas. La marche individuelle vers la sobriété sans rupture avec tous les structures socio-économique qui nous ont transformé en pilleurs des richesses de la planète est vouée à l’échec… mais il faut bien commencer par qqch !

Lire, Écologie, culpabiliser pour ressentir la culpabilité

Maroussia Dubreuil : un léger sentiment de culpabilité gagne 85 % de nos concitoyens « préoccupés par les questions environnementales » (Elabe, 2019). Désolés de participer au réchauffement climatique, désolé pour nos enfants qui vivront de petits accidents nucléaires et se seront pris dans l’œil deux ou trois cyclones sans jamais avoir vu de mésanges. A moins de nous planquer dans un cercueil en papier mâché – et encore, il restera nos implants en titane et nos hanches en polyéthylène –, nous tentons en vain de nous arranger avec les chiffres de notre bilan carbone. On émet en moyenne 9 tonnes équivalent CO2 par individu et par an, il faudrait ses contenter de  2 tonnes (pour atteindre la neutralité en 2050). Nous tentons d’échapper à la « dissonance cognitive », mais nous n’y arrivons pas tout à fait : comment faire taire notre culpabilité pour envoyer allégrement notre repas au gosier sans gêner le plaisir des papilles ? Il y a la procrastination (demain j’arrête), la relativisation (devant une entrecôte saignante), la bienvenue compensation ((un voyage en avion = un arbre planté). C’est pourquoi nous craignons davantage de nous crasher aujourd’hui que de crasher le monde de demain ? Sans sevrage, nous sommes condamnés à parlementer avec notre striatum. Pour ne plus se laisser boulotter par la culpabilité, certains d’entre nous se posent la question fatale : « A quoi bon ? » A quoi bon payer un euro de plus un colis TPR (« toujours plus responsable »), fabriquer sa lessive, mettre un couvercle sur la casserole, faire pipi sous la douche, rapporter les médicaments périmés chez le pharmacien, se priver de viande ? De fait, selon le rapport du cabinet Carbone 4, « même avec un comportement individuel proprement héroïque, un Français ne peut espérer réduire son empreinte de plus de 2,8 tonnes par an, un peu moins d’un tiers de l’effort à faire pour atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris ». « Individuellement, nous n’avons qu’une marge de 25 %… Le plus dur, c’est de vivre avec ça sans abandonner, sans cesser de faire les choses », ajoute Laure Noualhat, auteure de Comment rester écolo sans finir dépressif.

Quelques commentaires :

Gambetta : Il faut une volonté politique d’abord, bien plus qu’individuelle. Nous sommes des drogués, des aliénés de ce système..Le sevrage va être violent, comme des drogués en crise, et son lot de violence. Nous allons vivre des dictatures de différentes formes, fascisante, écologique, racialiste, en tout cas nationaliste. Les JO de Pekin sont un scandale sans nom, un écocide, et ce sera pire avec la coupe au Qatar retransmise en mondovision sur tous les réseaux.
Fchloe : Tant que l’emporte le  » je suis libre » ou « J’ai le droit de » sont, il n’y a pas de changement possible. L’argent donne des droits, des possibilités à ceux qui en ont et ils utilisent ce droit. Seuls le rationnement sera efficace. Et celui de tous ! Pas d’un seul pays. Mais les gens, striatum oblige, ne sont pas prêts à l’accepter. Seuls des crises majeures peuvent faire changer les choses. L’Ukraine le montre : l’Europe existe d’un coup. Il faut donc souhaiter des crises majeures qui feront évoluer les consciences : en clair, il faut des morts.

Mdut : Et si on commençait par faire face à la réalité ? Pour ralentir le réchauffement climatique, il ne faut pas être 8 milliards, il faut commencer par diviser la population de la Terre par 2. Cela implique, comme cela a été fait en Chine (donc c’est faisable) la règle absolue : un enfant par femme pendant le temps qu’il faudra (50 à 100 ans probablement). La démographie est la clé principale du ralentissement du réchauffement climatique. Et gérer la démographie des peuples n’est pas simple. On pourrait peut-être y réfléchir au lieu de s’intéresser aux pets des vaches.

D6 : Je remarque que le plus efficace, faire moins d’enfants, est toujours un tabou passé sous silence…

Laure Noualhat : J’ai l’habitude de me dire que, comme je n’ai pas d’enfants, mon bilan carbone s’arrêtera quand je mourrai. J’ai longtemps fait des blagues en disant que le meilleur geste écolo, c’était le suicide. Mais une fois qu’on comprend que toute activité humaine entraîne des pollutions, l’idée, c’est de faire son équation personnelle entre ce à quoi on ne peut pas renoncer et ce qu’on peut transformer. Tout le travail à venir est de montrer que le plaisir se trouve aussi du côté de la sobriété. Mais nous ne représentons que 25 % du problème. Les 75 % restant viennent entre autres des politiques urbanistiques qui décident d’installer un centre commercial à l’orée d’une ville, ce qui va nécessiter des échangeurs, et donc des bagnoles, etc.

Sigi Dijkstra : Culpabilité ! Péché ! Repentissez-vous mes frères, car la fin est proche ! C’est dommage qu’on ne trouve plus de curés, on pouvait aller à confesse et recommencer tranquillement à profiter de la vie jusqu’à la prochaine. Le réchauffement climatique, mais surtout l’adaptation de la démographie à nos ressources, sont des problèmes techniques et économiques. Ils seront résolus par des adaptations quasi-automatiques gouvernées par les principes de Darwin et par la main invisible d’Adam Smith.

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7 réflexions sur “Culpabilité écolo, un premier pas décisif”

  1. « Culpabilité écolo, un premier pas décisif »
    Vous pensez vraiment que les ménages font s’ auto-flageller pour réfléchir leurs achats ? Se donner des petits coups de martinets sur le dos devant chaque rayon de supermarché ? Non, les ménages font ce qui a de plus pratique et rapide pour eux, ils se servent dans le rayon direct ! C’est au gouvernement d’interdire des marchandises ou de taxer lourdement pour décourager leurs achats, en commençant par les produits qu’on n’a pas besoin d’importer parce qu’on les produit déjà sur place, je ne vois pas l’intérêt d’importer des pommes de terre des 4 coins de la planète dans ma Picardie, pareil pour les tomates etc bref tous les fruits et légumes en général. Bref, le gouvernement doit produire des circuits courts pour l’alimentation et en finir avec l’idéologie de la livre concurrence pour tout polluer. Le bons sens étant de seulement importer des produits alimentaires qu’on n’est incapable de produire.

  2. Foi de canard

    Alors, on ne peut plus utiliser sa voiture sans culpabiliser, on ne peut plus tenir la porte aux dames sans passer pour un dragueur, bientôt on ne pourra plus s’asseoir dans l’herbe sinon on va écraser des insectes rares… Heureusement qu’il nous reste le confit de canard. Un bon confit vite fait au four sans chichi, accompagné de patates sautées à l’ail en refaisant le monde dans la cuisine avec les potes, hein !
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    1. Ah le confit de canard ! Et en plus avec des patates sautées, à la graisse de canard comme il se doit… ah nom de dieu ce que c’est bon ! Avec là derrière un bon pinard, local de préférence, et un bon fromage, de vache ou de brebis peu importe, et en plus s’il y a les potes… mais que demander de plus ? 🙂

    2. Et puis après, s’il vous arrive de culpabiliser, de vous dire pauvre canard et patati et patata, eh ben il suffit d’aller voir le curé.
      Pardonnez-moi mon Père parce que j’ai pêché. Je me suis payé une bonne tranche et j’ai pris beaucoup de plaisir, et je sais que ce n’est pas bien. Deux pater et trois ave, une petite pièce jaune dans le tronc de Bernadette, et hop l’affaire est réglée. Emballé c’est pesé. Vous voilà tout propre comme un sou neuf, et prêt pour recommencer. Exactement comme quand on file quatre ronds pour planter des arbres, en échange du voyage en avion.

  3. Réal-écologie

    – Mdut : « Et si on commençait par faire face à la réalité ? Pour ralentir le réchauffement climatique, il ne faut pas être 8 milliards, il faut commencer par diviser la population de la Terre par 2. Cela implique [et patati et patata]. On pourrait peut-être y réfléchir au lieu de s’intéresser aux pets des vaches. »
    – D6 : « Je remarque que le plus efficace, faire moins d’enfants, est toujours un tabou passé sous silence… »

    1. Parti d'en rire

      Et c’est reparti ! Bonjour la Réalité, bonjour les yaka-faukon, bonjour les prouts de vaches et bonjour le Tabou, ouh ouh ! Ah ce qu’il est pratique celui-là ! Moi je dis qu’il est bien plus que pratique, il est super efficace ! Je parle de l’Argument du Surnombre.
      Une fois que je me suis dit ça, «toutes façons ils sont trop nombreux», que je me le suis bien calé entre deux neurones, eh ben je peux dormir tranquille.

      1. Chacun sa came

        Eh oh, mais c’est pas permis à tout le monde, ça, de vivre avec ça. Moi j’en connais qui n’y arrivent pas, à dormir tranquille. Et faut se mettre à leur place, les pauvres.
        Tiens ce Fchloe par exemple, mais j’en connais d’autres, qui se couche en se disant «en clair, il faut des morts»… misère misère. Comment voulez-vous qu’il fasse de beaux rêves après ça, le pauvre Fchloe ? En attendant, une chose est certaine. Et pas question là de relancer ce débat à la con sur cette théorie analogue sur le toujours plus de plaisir et patati et patata vas-y Franky c’est bon bon bon ouiiiii … STOP ! Non, je voulais juste dire que l’homme est un animal vraiment bizarre. Prendre du plaisir à se faire du mal, à se pourrir la vie, en attendant… merci mais sans moi.

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