développement de l’impuissance

Mon quotidien préféré est souvent critiquable pour avoir laissé passer sans les critiquer des informations sur des mecs qui n’en valent pas la peine. Mais parfois je peux lire la perle rare, le point de vue auquel j’applaudis avec les innombrables mains de la Biosphère. Ainsi du glaciologue Claude Lorius qui en appelle à un « sursaut de l’homme » (LeMonde du 12 novembre). Extraits :

            « On prévoit d’ici la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en dix mille ans pour passer de l’âge glaciaire à l’holocène. La liste des impacts est impressionnante parce que tout est interdépendant. C’est sûr, nous aurons des catastrophes, des cataclysmes, des guerres, des inondations, des sécheresses, des famines. Mais l’impact humain ne concerne pas seulement le climat. L’occupation des sols, l’utilisation des ressources, la gestion de nos déchets sont autant d’agressions à la planète qui relèvent de l’homme et le menacent.             Au XXe siècle, alors que la population était multipliée par quatre, la consommation d’énergie était multipliée par quarante. La courbe de la consommation d’énergie n’a aucune raison de plonger, je ne vois pas comment on va s’en sortir. La moindre velléité de mettre une taxe sur les 4×4 rend les politiques fébriles de devenir impopulaires… et ce n’est pas en habillant Total en vert qu’on va changer quoi que ce soit. Le développement durable est une notion à laquelle je ne crois plus. On ne peut plus maîtriser le  développement. Et pour être durable, il faudrait être à l’état d’équilibre, or cet équilibre n’existe pas. C’est un terme trompeur. Avant, j’étais alarmé mais j’étais optimiste. Je pensais que les économistes, les politiques, les citoyens pouvaient changer les choses. Aujourd’hui je ne le suis plus… sauf à espérer un sursaut inattendu de l’homme. »

Et dire que le Parti socialiste français a gravé dans le marbre de sa Déclaration de principes les mots de « développement durable », et même celui de croissance économique ! La Biosphère ne sera pas sauvée par le PS maintenant que la motion B (social-écolo) a pris une veste au dernier vote des militants : 1,58 %, pas beaucoup plus que l’écologiste René Dumont aux présidentielles de 1974 !!

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