Dix milliards de terriens, ce n’est vraiment pas humain

Gilles Boeuf sait qu’on comptait environ 5 millions d’individus sur Terre il y a 12 000 ans. Si on calcule à l’époque la somme de ces humains et de leurs animaux domestiques, cela représente à peu près 0,1 % de l’ensemble de la biomasse que constituent les 5000 espèces de mammifères. Aujourd’hui, c’est 90 % ! Hervé Le Bras  sait qu’aujourd’hui la moitié de la production actuelle de céréales est destinée à des animaux domestiques. Ils savent, selon leurs propres discours* , que la population mondiale atteindra les 10 milliards en 2050, que le changement climatique nous touchera de plein fouet, que les océans s’acidifient, que les pollutions dégradent les écosystèmes, que sans zone humide ni forêt tropicale on court à la catastrophe, que du Sénégal jusqu’au Niger la question de l’alimentation et de l’emploi va se poser très fortement, que les guerres compliquent encore les choses. Mais selon eux le malthusianisme ne s’impose pas, le taux de croissance de la population mondiale diminue et la question démographique sert à déculpabiliser les pays riches de leur pollution. Les internautes réagissent sur lemonde.fr :

ALAIN LE COMTE : On croît rêver (cauchemarder), 10 000 000 000 d’habitants bientôt, ce n’est pas trop ???!!!

Démographie Responsable : Entretien fort étonnant où les deux intervenants listent toute une série de problèmes actuels et de risques futurs liés à la démographie galopante… mais où au final ils tirent comme conclusion qu’il n’y a pas trop à s’inquiéter. Quant à cette pseudo évidence, répétée en boucle, d’une meilleure distribution des richesses, si c’est une excellente chose sur le plan moral, ça ne résoudra en rien la crise écologique bien au contraire, puisque cela fera grimper en flèche la consommation.

Desideriusminimus : Étonnant qu’en dépit de tout bon sens, on persiste à refuser de reconnaître la formule désormais à la mode « en même temps » : urgence d’un changement de mode de vie ET (en même temps) régulation démographique. Le déni fait de la résistance.

Nawak : La pollution des pays du nord est problématique, et doit se régler, mais dire que la démographie sert d’excuse au nord pour culpabiliser le Sud est une ineptie! Le Sud fait tant d’enfants qu’ils sont incapables d’éduquer, de nourrir et d’employer qu’ils les envoient au Nord…. Les enfants à naître au Sud vont vouloir consommer et polluer comme au Nord. La solution doit venir de – de pollution au nord et – d’enfants au sud.

CYNIQUE DU BON SENS ET RAISON : Malthus va émerger dans la première partie de ce XXIe siècle comme le visionnaire de notre pauvre humanité terrestre : notre hubris ayant tout accéléré, en quelques décennies, la planète a été ravagée de manière irréversible. Les sots (notre Jupiter en tête) ambitionnent toujours plus de croissance quantitative dans tous les domaines : ce sont les externalités négatives qui croissent exponentiellement… la chute sera tragique !

Malthus : Pourquoi exclure sans discussion que l’État puisse légitimement réguler la natalité ? La Chine l’a fait, d’autres approches seraient possibles. Discutons en, plutôt que de rejeter ces solutions à priori. Serait-ce un tabou religieux ?

le sceptique : Tabou religieux pour certains, mais pour d’autres dont je suis, il y a simplement la question des droits de l’homme, ce point de détail de notre modernité. Que l’on en arrive à citer en exemple l’intrusion dans la vie privée par des régimes totalitaires indique combien les questions écologiques embrument certains esprits. Après, les Etats ont d’autres outils que le contrôle de la chambre à coucher des citoyens : éduquer, diffuser la contraception, supprimer les allocations familiales.

CYNIQUE DU BON SENS ET RAISON : Les droits de l’homme ? L’égoïsme est-il un « droit de l’homme » ?

Richard Revest : Malthus! Les anciens l’avaient oublié. Les jeunes ne le connaissent pas. Mais les archivistes du petit monde ont ressorti sa fiche. Malthus le maudit, celui qui avait dit qu’il n’y en aurait pas pour tout le monde. Celui qui avait vu la réalité.

TIKATSOU : Toujours le même discours d’Hervé Le Bras, Tout va très bien Mme la marquise ! L’Afrique subsaharienne, 1 milliard aujourd’hui, 2 en 2050, 4 en 2100 ! Allez convaincre ces gens qu’il faudra adopter un avenir frugal et non le mode de vie occidental dont ils rêvent ! Remettre en cause ce mode de vie occidental ? Messieurs d’en haut, des beaux quartiers parisiens, commencez, donnez l’exemple au peuple ! Abandonnez voyages en avion, restaurants et hôtels de luxe, résidences secondaires en Corse etc.

cedric : C’est une blague cet article. La population et les animaux domestiques représentent maintenant 90% de la biomasse et ce n’est pas un problème pour ces deux messieurs ?! Bien sûr qu’il faut réduire notre natalité ! Moins on sera nombreux moins on polluera – moins notre empreinte sur la planète sera forte. Il vaut mieux vivre bien avec 4 milliards d’habitants que manger du riz et des insectes sans pouvoir acheter un steak en étant une dizaine de milliards d’habitants !!

Pourquoi de si piètres intellectuels en France : La question mérite d’être posé. Un militantisme confondant ? Une spécialisation outrancière ? On pourrait parler d’ignorance faute de mise en perspective, des réponses rigides ouvrant sur le néant et rien sur les autres spécialités (économie, anthropologie, agronomie et j’en passe et des meilleures). Ah peut-être aussi la médiatisation et le mandarinat qui ôtent toute retenue critique.

* LE MONDE idées du 8 décembre 2017, 10 milliards d’humains, et alors ?

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4 réflexions sur “Dix milliards de terriens, ce n’est vraiment pas humain”

  1. Autre point, qui n’est qu’un détail … quoi que, si on veut paraître sérieux…
    Il est faux de dire que « La population et les animaux domestiques représentent maintenant 90% de la biomasse ». (cedric et Didier Barthès)
    A eux seuls les vers de terre représentent près de 80 % de la biomasse animale de la planète.

  2. La responsabilité … vaste sujet !
    Le Bras portera donc SA part de responsabilité … Rabhi la SIENNE et MOI la MIENNE etc.
    Et lorsque ce qui restera de bipèdes sur cette Terre n’auront plus d’ humain que le nom… qui seront CEUX qui en porteront la responsabilité ? Hein ?

  3. Lebras ainsi que les dirigeants de Europe Escroquerie Les Voleurs sont des menteurs pathologiques au service des dieux CROISSANCE et CONSOMMATION .
    Si je n’ ai aucun doute sur l’ extrême toxicité de Lebras (démographe trotskiste au service du métissage généralisé et truqueur churchillien des statistiques de présence immigrée afromuzz en France: cfr la controverse qui l’ opposait à ce sujet à Michèle Tribalat , pourtant femme de gauche)) : un Goebbels de la démographie , le cas de Rhabi m’ intrigue : perdrait – il des neurones en grande quantité ?

  4. Je ne crois pas qu’il existe une plus grande erreur idéologique que ce tabou.

    La biosphère est en train de mourir à cause de notre omniprésence.
    Comme le rappelle l’article, nous étions 5 millions sur la Terre il y a finalement bien peu de temps (12 000 ans !) à l’égard de l’histoire d’une espèce (je ne parle même pas de comparer à des temps géologiques), Nous serons 2 000 fois plus nombreux (oui !) à la moitié de ce siècle. Que l’effroyable évidence de cet impossible ne saute pas aux yeux reste un grand mystère.

    Avec 90 % de la biomasse réservés aux hommes ou à ses animaux domestiques, nous avons déjà éliminé la quasi totalité de la vie sauvage sur Terre et aucune mesure de protection ne pourra contourner ce « poids du nombre », aucun tri de déchets, aucun logo de recyclage ou de basse consommation, aucune pêche prétendument durable. On ne peut rien faire quand nous sommes partout à la place du reste du monde vivant.

    Hervé Le Bras, Pierre Rabhi, la majorité de la direction d’EELV, bref, ceux que l’on entend en France en matière d’écologie et de démographie porteront une terrible responsabilité sur notre avenir en ayant protégé leur image médiatique et en ne mettant jamais en cause nos effectifs. Oui il faut parfois avoir le courage de dire la vérité, fut-elle moins séduisante, ils ne l’ont pas.

    La nature ne s’embrassera pas de précautions, nous allons nous heurter aux limites de la planète, et quand la régulation aurait pu se faire douce et incitative, elle va se faire par des drames.

    Les natalistes avec leur « bienpensance » affichée en seront largement responsables.

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