Français, vous devez 3 000 milliards d’euros

La dette publique française atteignait déjà 1210 milliards d’euros en 2013, elle côtoie aujourd’hui le seuil des 3 000 milliards d’euros. En 2013, la dette publique des USA était déjà de seize mille milliards de dollars en 2022 on atteint le chiffre astronomique de 30 000 milliards de dollars. La France, les États-Unis et d’autres pays développés vivent à crédit depuis des décennies. C’est anormal, un riche a une capacité d’épargne puisque normalement ses revenus dépassent largement sa consommation. Un pays riche n’a pas à s’endetter, sauf à vivre au-dessus de ses moyens, ce qui n’est pas durable.

Elsa Conesa et Audrey Tonnelier : « La dette publique tricolore tutoie le seuil spectaculaire des 3 000 milliards d’euros fin 2022. Selon les données de l’Insee publiées le 28 mars 2023, elle correspond à 111,6 % du produit intérieur brut (PIB). Les taux d’intérêt flirtent de plus en plus souvent avec les 3 % alors que la France empruntait encore en terrain négatif un an plus tôt. La charge de la dette devrait frôler les 52 milliards d’euros en 2023, soit le deuxième poste de dépenses après l’éducation nationale. Entre 2020 et 2023, 300 milliards d’euros ont été injectés dans l’économie. L’Etat a joué le rôle de pompier et d’amortisseur de crise mais, à un moment, la trajectoire de déficit va bel et bien être contrainte.

Réaction du ministre Bruno Le Maire : « Notre stratégie reste la même, améliorer la croissance de la France pour diminuer la dette et maîtriser nos dépenses… La politique de l’offre est la seule réponse efficace ». L’exécutif entend continuer à dépenser. S’ajoutent 60 milliards à 70 milliards d’euros supplémentaires par an pour la transition énergétique,…. La loi de programmation militaire prévoit quant à elle de consacrer plus de 400 milliards d’euros à la défense jusqu’en 2030. Mais l’indifférence de l’opinion et d’une partie de la classe politique pour le problème de l’endettement permet tous les errements. »

Le point de vue des écologistes économes

Michel SOURROUILLE : L’endettement de l’État est pourtant de la même nature que l’endettement d’un ménage, on ne peut dépenser plus que ce qu’on peut rembourser dans la durée. Une dette publique arrivant à son terme qui ne peut être remboursée qu’en contractant un nouvelle dette ne peut que mal se terminer, par la faillite de l’État. La politique budgétaire depuis 1974 s’est accompagnée de « stop and go », politique de relance suivie par une politique d’austérité pour freiner l’inflation. Cette politique s’est terminée par une période de stagflation, concomitance de la stagnation de l’activité économique (donc chômage) et de l’inflation… sauf à croire comme Bruno Le Maire au mythe de la croissance économique perpétuelle dans un monde fini. L’effondrement des ressources de la planète nous mène inéluctablement au non remboursement de la dette. L’histoire du capitalisme est une impasse tragique qui ne fait que repasser les mêmes plats pour aboutir à un krach financier et/ou une guerre globale.

Vince : En résumé, face aux Gilets jaunes Macron a arrosé le pays pour éviter l’incendie à cause des dépenses énergétiques fossiles, et le déficit serait dû au coût de la transition énergétique qui, si elle avait été démarrée à temps, aurait évité ces dépenses.

Γλ : Toute politique responsable de gestion de cette dette pour revenir dans une situation saine nécessitera des efforts à tous les niveaux et se heurtera nécessairement aux populismes d’opposition, La France Insoumise en tête, pour qui l’argent tombe du ciel.

immigré de pays pauvre : Les Français ne cessent de râler, de demander des moyens, comme des enfants qui pensent que l’argent tombe du ciel.

Magraou : Il serait sans doute pédagogique de faire savoir à l’ensemble des opposants a toute réforme que le montant de la dette accumulée représente 50K€ par habitant ou si on fait la calcul par rapport aux actifs 100K€.. Si on cumule le déficit des systèmes de retraite, somme qui devrait logiquement augmenter dans le temps vu la réduction du nombre d’actifs par rapport aux retraités et que l’on multiplie par une génération (30 ans) , on augmente la dette de 1260Md€… soit environ 1/3 de la dette actuelle. Les gens qui refusent les réformes n’ont peut être pas conscience qu’ils vont laisser à chacun de leurs enfants une dette de 130K€.

JuJ : le « Quoi qu’il en coûte ! » va donc devoir être remboursé par le peuple et notamment les travailleurs en allongeant l’âge de départ à la retraite. Que l’état arrête l’aide à l’achat des voitures électriques (5000 euros pour une tesla à 45000 euros (même en franc, un smicard ne peut pas l’acheter)). Qu’il arrête la loi Pinel ou Normandie qui nourrissent la hausse de l’immobilier au détriment des primo-accédant. Qu’il arrête toutes subventions pour des citoyens déjà dotés. Pour légitimer la reforme des retraites, que chacun vive avec l’unique salaire de son travail… sans rente ni héritage et avec un seul chez-soi

Moronslapper : Sans faire mon gauchiste de base (ce qui est bien tentant ces temps-ci), je pose une question. À Bruno Lemaire par exemple. Il est si doué, paraît-il. Pendant le confinement nous (oui, nous les contribuables) avons soutenus les banques et les grandes entreprises coup de centaines de milliards d’euros. Mais, alors que ces mêmes banques et grandes entreprises croulent sous les bénéfices, pourquoi ne nous rendent-elles pas notre pognon ?

Aldering Gram : Le néolibéralisme, c’est terminé. Le grand reset consiste en ce que, le mur de la dette, on l’effacera. Et les Français créeront une nouvelle monnaie exclusivement arrimée sur la richesse produite par ceux qui travaillent, avec interdiction de la spéculation, contrôle des capitaux et tout le toutim juridique ( entre autres : abolition de la subordination de l’employé à l’employeur, inscription constitutionnelle du salaire comme droit de la personne) pour ne pas retomber dans le chantage à la subsistance et la servitude que les mafias de tous ordres (technocratique, financière, bancaire, actionnaire, pègreleuse) font peser sur tous ceux qui bossent à des choses socialement utiles.

Rust Cohle : Si on considérait uniquement « ceux qui bossent à des choses socialement utiles », 90 % de la population serait au goulag.

Westwood : La France est -elle« too big to fail » ? Pas si sûr…

iphigenie : Les français se fichent de la dette, mais le jour où la France sera dans une trappe à dette, ils feront la grève, jetteront des pavés sur les policiers et mettront le chaos, mais ca ne changera rien. La trappe à dette, c’est quand les gains de croissance du PIB sont tous absorbés par le service de la dette. Le gouvernement doit prendre des mesures pour baisser les dépenses publiques afin de servir la dette, mesures qui sont facteurs de récession et augmentent, en part du budget de l’Etat, la part des impôts qui sert la dette. Donc l’année suivante, c’est pire: plus d’impôt, moins de service public. Et l’année d’après encore pire. On ne sort de la trappe à dette que dans le sang et les larmes, appelés plan d’ajustement structurel du FMI, bien connue des pasy dits émergents.

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7 réflexions sur “Français, vous devez 3 000 milliards d’euros”

  1. Ce sont les UmPs tant électeurs qu’élus qui ont voté ces dettes par des dépenses ! Ce sont leurs dettes à eux ! Désolé mais je ne me sens pas concerné ! Qu’ils assument !

  2. La seule véritable raison de l’accroissement et du poids de la dette publique, c’est le poids des transferts sociaux qui représentent 31,2 % du PIB en 2022 et plus du tiers des salaires perçus par l’ensemble des ménages français. Du pain et des jeux ou comment acheter la tranquillité des moins bien lotis. Tous les pays développés ont besoin de ces transferts pour assurer la paix sociale.
    Mais la France a en outre cette particularité d’être un pays où, à force de bénéficier toujours plus d’aides, on en est venu à préférer recevoir de l’État plutôt que de son travail. Si la pension de retraite est un salaire différé, il n’en va pas de même des aides diverses et variées (enfants, ménage, etc.). Arrêtons les transferts, les finances publiques s’en trouveront mieux et les Français trouveront, enfin, du sens au travail…

    1. C’est c’là oui.
      – « Les dépenses publiques, c’est comme le cholestérol : il y a les bonnes, et les mauvaises. Les mauvaises, c’est l’argent pour ces feignasses de pauvres et de fonctionnaires. Les bonnes, je vous laisse deviner à qui elles bénéficient…. »
      ( Jacques Littauer – 3 juin 2021 – CHARLIE HEBDO.fr )

  3. 3 000 milliards d’euros ? Bof, ça me dit rien. Je ne suis pas Bernard Arnault, moi.
    3000 … milliards … que je divise par 68 … millions … mon dieu tous ces zéros …
    ce qui me fait … 44.170 euros.
    C’est ça mon ardoise publique ? Bof… et alors ?
    Et qui peut me dire, alors, à combien se chiffre mon petit patrimoine d’État ?
    Combien je peux en tirer de la Tour Eiffel ? Et de l’Arc de Triomphe, et de la grotte de Lascaux… Ben quoi, j’ai besoin de savoir, moi, pour faire la division.

    – « L’argent c’est du vent ! La dette c’est du vent ! » (Bernard Marris)

    1. – « L’endettement de l’État est pourtant de la même nature que l’endettement d’un ménage » ( Michel SOURROUILLE )
      – « L’État n’est pas un ménage
      Affirmer que la logique d’un grand ensemble – comme l’État ou encore la société, l’économie – est identique à celle de ses composantes […] repose sur un raisonnement fallacieux.
      La chose a pu être désignée par l’expression « sophisme de composition » […]
      L’exemple le plus célèbre d’un tel sophisme est le « paradoxe de l’épargne » mis en évidence par John Maynard Keynes » (Dette de l’État vs dette des ménages – Sylvie Morel – cjf.qc.ca)
      L’une qui dit blanc et l’autre qui dit noir. Qui croire ? Comme pour tout et n’importe quoi, ce qui vous arrange le mieux. LE 6 DÉCEMBRE 2021 À 12:02 (“Shutdown aux USA, s’endetter sans limites”) j’ai déjà dit que cette histoire de Dette n’était qu’un truc (de plus) pour abuser les gogos.

      1. Et après avoir entendu mille fois la chanson, les gogos grands économes, et économistes et en même temps, d’ânonner les yaka-faukon qui vont «bien» :
        – « … si on fait la calcul par rapport aux actifs 100K€.. Si on cumule le déficit des systèmes de retraite [et patati et patata] Les gens qui refusent les réformes n’ont peut être pas conscience [et blablabla] » (Magraou)
        – « Le gouvernement doit prendre des mesures pour baisser les dépenses publiques afin de servir la dette » ( iphigenie )

        Et si ma tante en avait… en jouant en Bourse elle pourrait se faire les cou… en or.
        Baisser les dépenses publiques, OK. Mais lesquelles, hein ?
        Servir la Dette ! À qu’elle est bonne celle-là ! Et ça ne serait pas, peut-être, et par hasard, le Capital qui serait un peu trop bien servi, non ?

      2. – « Mais l’indifférence de l’opinion et d’une partie de la classe politique pour le problème de l’endettement permet tous les errements. » (Bruno Le Maire)

        Et puis il sait de quoi il parle, le type ! En matière d’errements, d’erreurs et d’incompétence, il est champion. S’il est aussi bon en matière de dette qu’en matière d’inflation, il ferait juste mieux de se taire.
        – Bruno Le Maire et l’inflation : l’histoire d’une remarquable incompétence
        ( 26 août 2022 – lecourrierdesstrateges.fr )

        Mais au fait, c’est y pas une bonne chose l’inflation pour la Dette ? C’est pourtant ce qu’ON raconte, non ? Notre Bouzou local, expert en économie entre autre, et justement grand spécialiste de la Dette, ne pourrait-il pas éclairer ma pauvre petite vieille chandelle ? Je le remercie d’avance. Tagada bouzou bouzou areuh areuh ! 🙂

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