la fin des migrations sur une planète close et saturée

Ce n’est pas l’identité européenne (ou française) qui est menacée par l’immigration, mais l’équilibre même des peuples avec leur milieu. Daniel Cohn-Bendit et Alain Finkielkraut dialoguent de façon superficielle*. Il ne suffit pas de dire comme DCB que « l’Europe a une politique de forteresse qui ne fonctionne pas » en s’appuyant sur des événements dramatiques de « migrants à la mer ». AF a tort de laisser croire que les Français « vivent sous la menace constante de l’agression », le sentiment d’insécurité est artificiellement construit par de tels propos. Fermer les frontières ne veut pas dire stigmatiser ceux qui sont à l’intérieur de nos frontières.

Frontex existe depuis plusieurs années, c’est l’agence pour la protection des frontières extérieures de l’Union européenne. Le refus actuel de l’immigration est un acte raisonné, mettant en lumière que les nombreux immigrants jugés nécessaires pendant les Trente Glorieuses ne sont plus de mise quand le chômage devient structurel. DCB a tort de prôner le regroupement familial dans un contexte de crise alors que les enfants d’immigrés nés en France connaissent déjà de nombreuses difficultés d’intégration. AF souligne que « l’Europe, loin d’être une forteresse, accueille des centaines de milliers d’immigrants chaque année ». A un tel niveau d’entrants la question de la réduction des flux migratoires se pose absolument.

Un chapitre d’un livre* sur la surpopulation mondiale montre la fin inéluctable des migrations sur une planète close et saturée : « L’ère de La planète migratoire touche à sa fin. Les lois contre les étrangers se durcissent un peu partout, dans les pays riches comme dans les pays pauvres, aucun espace géographique n’est à l’abri de la construction d’un mur à ses frontières. Des conflits d’espace vital et de ressources découleront encore plus, dans les décennies à venir, la non-acceptation des migrants (…) Les arguments comparant démographie et environnement sont d’ordre scientifiques, ils reposent sur la formule mathématique, I = PAT :  l’Impact de l’espèce humaine sur un territoire est déterminé, à Technique donnée, par sa Population et par ses Affluences (Activités, niveau de vie). Pour réduire les impacts I, il est donc nécessaire d’agir sur l’efficacité technique T, l’Affluence (réduire le nombre d’unités de production ou de consommation par personne) et la population P (réduire le taux de natalité… ou l’immigration). La décroissance matérielle devrait, sur un territoire dont on a dépassé la capacité de charge, s’accompagner d’une politique démographique qui agit tant sur la fécondité que sur les flux migratoires. » Achetez ce livre, pour une fois ça vaut l’investissement ! À commander dès maintenant à votre libraire local ou (à la rigueur) dans une librairie en ligne : Amazon ; Decitre ; FNAC

* LE MONDE du 2-3 février 2014, Daniel Cohn-Bendit et Alain Finkielkraut confrontent leurs points de vue

** Moins nombreux, plus heureux (l’urgence écologique de repenser la démographie

(Éditions Sang de la Terre, 178 pages, 16 euros (en librairie le 17 février 2014))