Sodomie en procès au procès de Dominique Strauss-Kahn

« Son nom, Dominique Strauss-Kahn, ses pratiques sexuelles « hors norme » sont détaillées dans les dépositions des jeunes femmes – « abattage », « boucherie » disent-elles (…) Les juges accordent une importance toute particulière aux scènes de sodomie (…) Force est de constater que ce type de pénétration sexuelle est même parfois refusé par des prostituées (…) »*. Le procès de DSK est-il aussi un procès de la sodomie ? Tous les plaisirs ne sont pas naturels, même si la nature de l’homme peut lui faire commettre des actes anti-nature. A quand une motion d’EELV pour (ou contre) la sodomie ? Pour les aider à rédiger leur texte, voici quelques indications :
Quelques avis de spécialistes du hard
– Nephael, qui sillonne la planète X : « La sodomie, c’est le tabou. Toutes les filles ne le font pas, loin de là. Si vous n’en avez pas envie, ça ne passera pas, ça fera mal, et comme ça fait mal, tu en gardes un mauvais souvenir. Les sexologues vous le diront, l’anus ce n’est pas du tout fait pour ça. Donc il faut une part de préparation physique. Dans les films X, il y a une préparation avant la scène que l’on ne voit pas, notamment la fille qui fait un lavement. Il faut aussi mettre du lubrifiant. »
– Coralie Trinh Thi, ancienne star du X : « La première fois avec mon petit ami, j’avais 17 ans, je ressentis comme un os meurtrissant ma chair, puis un pincement qui finit par ressembler aux brûlures indiennes de notre enfance, et enfin une douleur si vive et diffuse qu’il est impossible à décrire. Nous avons capitulé aux premiers saignement. Tous les chemins ne mènent pas à Sodome… Avec le temps, j’ai appris à apprivoiser les muscles du sphincter en les dilatant : lubrifiant, un doigt, deux doigts, trois doigts… la pratique est devenue indolore. Quel délice d’expérimenter une pratique condamnée en tant qu’ultime acte contre-nature. »
– Nephael : « Tout ne va pas forcément se passer bien du premier coup. Ca ne va pas forcément passer tout seul. L’anus se « fait » au fur et à mesure de l’introduction du sexe, il ne faut pas hésiter à prendre des pauses. Quand l’anus est « fait », l’homme peut aller plus profondément. Ne pas hésiter à se toucher le clitoris pendant, c’est le meilleur moyen de penser à son plaisir, en se focalisant moins sur l’éventuelle douleur que l’on pourrait ressentir. »
– Tiffany Doll : « J’aime la sodomie parce que ça m’excite beaucoup et que ça fait de moi une salope ! »
Source : le magazine de Marc Dorcel n° 10H
Le rapport anal, destiné uniquement aux femmes ?
– Pour un acteur du X, les rapports sexuels entre hommes sont systématiquement problématiques. Pour Guillaume, c’est justement parce que sa virilité, pour lui indissociable de son hétérosexualité, ne fait aucun doute qu’il peut se permettre de sodomiser des hommes. (Mathieu Trachman, le travail pornographique – éditions La découverte, 2013)
– le rapport anal, dans un cadre homosexuel ou hétérosexuel, reste inimaginable s’il concerne le corps de l’homme. Là où il y a une normalité pour les actrices, on évoque la dégradation et la douleur que subiraient les acteurs s’ils avaient à accomplir le même travail. A croire que la sensation anale a été culturellement intégrée par les femmes… La pornographie européenne ne sait plus quelle poudre jeter aux yeux du spectateur pour combler le récent appauvrissement de la dimension excitante des films. Disons-le clairement, le cinéma pornographique est devenu « chiant ». Pour pallier l’ennui du spectateur, les réalisateurs ont ressenti l’obligation de rajouter des artifices spectaculaires, histoire de retenir un minimum d’attention. La pénétration anale est devenue quasiment obligatoire dans chaque scène hard. ( Porno Manifesto d’Ovidie aux éditions Musardine, 2004)
* LE MONDE du 3 janvier 2015, mœurs et proxénétisme au cœur du procès DSK

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4 réflexions sur “Sodomie en procès au procès de Dominique Strauss-Kahn”

  1. Face aux questions des avocats de la partie civile sur sa sexualité, Dominique Strauss-Kahn a perdu patience : « Ma pratique sexuelle, qu’on l’apprécie ou pas, ne regarde pas le tribunal. » (…) Jade a évoqué, sans pouvoir réprimer des larmes, le moment « plus que désagréable » qu’elle a passé en 2009 avec Dominique Strauss-Kahn. « Chaque fois que je vois sa photo, je revis [cet instant] qui me déchire dedans, parce qu’aucun client n’aurait jamais fait ça », a soufflé l’ancienne prostituée, partie civile au procès du Carlton, parlant d’un « empalement de l’intérieur ». Le mot « client », employé par Jade, a interpellé le président. « Si j’étais libertine, il m’aurait quand même posé la question », a-t-elle assuré, évoquant sans le nommer un rapport anal. « Pour m’avoir infligé ce qu’il m’a infligé, il ne pouvait avoir que peu de respect pour moi. »
    Strauss-Kahn s’en était tenu à sa ligne de défense : « Ce n’est pas la conception des relations sexuelles que j’ai de le faire avec des prostituées, a-t-il assuré. Ça ne me plaît pas, parce que j’aime que ce soit la fête. »
    Le Monde.fr avec AFP | 11.02.2015, Procès du Carlton : Dominique Strauss-Kahn s’agace des questions sur sa sexualité

  2. En Malaisie, « l’acte de chair contre nature » peut valoir à tout accusé jusqu’à vingt ans d’incarcération. Le chef de l’opposition Anwar Ibrahim a été accusé de sodomie par son ancien chauffeur et par son ancien secrétaire.
    LE MONDE du 11 février 2015, Anwar Ibrahim retourne en prison

  3. Faut-il écrire « sodomie » ou « pratique sexuelle » ? « Partouze » ou « partie fine » ?
    L’instrumentation juridique du concept de sodomie a posé un problème particulier. Dans le train pour Lille, avant l’ouverture du procès, les journalistes s’interrogeaient. « On se posait la question entre nous : ‘Et toi, tu vas écrire ‘sodomie’ ?' », raconte l’un d’eux, qui a décidé de s’en tenir à l’expression « pratique sexuelle ». Dans « le Figaro », Durand-Souffland parle quant à lui d’une « pratique sexuelle bien précise, qu’on disait jadis contre nature, évoquée ad nauseam dans l’ordonnance de renvoi ».
    Dans Libération, Ondine Millot reproduit le témoignage d’une prostituée, tiré d’une audition de mars 2012 : « J’étais sur le ventre allongée sur le lit et lui était sur moi. Pendant notre rapport, j’ai senti que DSK tentait de me sodomiser. Je lui ai alors dit de ne pas continuer car je ne pratiquais pas la sodomie. E. est même intervenue en disant d’arrêter car je ne faisais pas ça, en plus il n’avait pas de produit lubrifiant. C’est alors que David Roquet est allé dans la salle de bain prendre un pot de crème hydratante […]. Je n’en revenais pas, David Roquet a donné ce pot de crème à DSK, puis David Roquet m’a tenue sur le lit pour que la sodomie puisse se réaliser alors que je ne voulais pas. Le rapport sexuel avec DSK s’est terminé par cette sodomie qui pour moi était violente. »
    Ce n’est pas une affaire de bienséance. La sodomie est la grande vedette de ce début de procès. Dans un passage de leur ordonnance, les juges d’instruction expliquent que le goût pour « ce type de pénétration sexuelle (…) même parfois refusé par des prostituées » peut « nécessiter de recourir à des professionnelles rémunérées », et concourrait à établir que DSK ne pouvait pas ignorer, contrairement à ce qu’il prétend, que les filles étaient payées.
    http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20150206.OBS1920/proces-du-carlton-sodomie-partouze-abattage-hum-comment-dire.html?utm_source=outbrain&utm_medium=widget&utm_campaign=obclick&obref=obnetwork

  4. DSK et la sodomie
    … Mounia aborde ce qui se passe ensuite, à l’étage de la chambre :
    « Difficile de dire certains mots. Je n’avais pas l’habitude de ces rapports-là. J’ai pleuré et je lui ai dit que j’avais mal.
    — Y avait-il de la violence ?
    — Non, un rapport de force.
    — Brutal ?
    — Oui, un peu.
    — Mais consenti ?
    — Oui, parce qu’il me fallait cet argent, que j’en avais besoin. J’ai pas dit non, j’ai subi.
    Dominique Strauss-Kahn dit qu’il n’a « pas perçu » son opposition et que « les moments de soumission de l’un à l’autre, de l’homme à la femme ou de la femme à l’homme, ne sont pas le propre du libertinage ».
    « Avez-vous remarqué qu’elle pleurait ?
    — Absolument pas. Ça m’aurait glacé. »
    Il affirme d’une voix sereine: «Pour moi, ces rencontres étaient des séances de récréation. Une soupape de récréation dans un vie trépidante. »
    http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2015/02/10/carlton-vous-etiez-lun-des-hommes-les-plus-puissants-du-monde/

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