Une trajectoire de non sobriété foncière

Ce lundi 5 décembre 2022, Journée mondiale des sols, est l’occasion de rappeler combien la France peine à gérer ses sols, malgré les récents efforts des législateurs.

Lire, « Préserver les terres agricoles ne doit pas être un artifice »

Nous gaspillons de façon affolante ces terres par l’artificialisation, c’est-à-dire la disparition des sols du fait de l’extension des villes, des zones industrielles et pavillonnaires et des infrastructures de transport. Dans son rapport du 24 mai 2022, l’antenne nationale des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) constatait que 10 % de la surface agricole de la France métropolitaine a été artificialisée, soit une perte équivalente à la surface de la région PACA en cinquante ans ! Plus grave encore : les villes et les infrastructures qui les relient se trouvent au milieu de plaines fertiles et nourricières et ce sont donc les sols les plus productifs qui sont artificialisés. Si l’agriculture intensive endommage les sols, ’urbanisation les tue vraiment.

La loi Solidarité et renouvellement urbains (SRU) de 2000, par ses renforcements successifs, a inventé le concept de « zéro artificialisation nette » (ZAN). C’est inquiétant car cette réglementation rend possible l’artificialisation si on désartificialise parallèlement ; elle n’exige nullement que les sols désartificialisés aient une valeur nourricière égale à ceux qui sont recouverts dans le même temps, ni que les autres fonctionnalités (infiltration des eaux pluviales, biodiversité, stockage de carbone tempérant l’effet de serre…) soient globalement maintenues.

Bref, nous nous considérons de façon inconsidérée comme un grand pays agricole… 

LE POINT DE VUE DES ÉCOLOGISTES

N’oublions pas en outre que, selon une étude publiée le 30 août par le cabinet de conseil Solagro, l’alimentation des Français dépend aussi de 9 millions d’hectares de terres agricoles situés à l’étranger, soit l’équivalent du tiers de la surface agricole nationale !

De ce qui précède, on peut en conclure que la famine dans l’avenir ne sera pas réservée aux pays en voie de sous-développement, mais aussi aux pays en sur-croissance.

8 réflexions sur “Une trajectoire de non sobriété foncière”

  1. On ne peut rien décider à partir de la France depuis qu’on est pris dans le carcan de l’Union Européenne ! Cette UE qui veut le totalitarisme marchand avec l’ouverture débridée des frontières pour le libre échange afin de transporter des marchandises d’un bout à l’autre du globe, et les quantitative easing de migrants qui expliquent la bétonisation de la France, car il faut loger tout ce beau monde en HLM de béton tout en leurs aménageant de galeries et entrepôts commerciaux dans leurs quartiers. D’où le fait que je considère Europe Écologie comme une escroquerie ! Çà sera impossible d’appliquer un programme véritablement écologie tant qu’on n’aura pas rompu avec l’UE ! Le paradoxe de nos soit disant écolos, ça braille contre l’artificialisation des sols mais ils s’empressent de voter UMPS à toutes les élections pour accélérer cette artificialisation des sols !

    1. -« … et les quantitative easing de migrants qui expliquent la bétonisation de la France, car il faut loger tout ce beau monde [et patati et patata] »

      Ben voyons ! Et on pourrait te démonter par a+b que dans cette affaire les migrants c’est peanuts (comme dit Janco) que ça n’y changerait rien. Pour Toi le Poumon (vous-dis-je !) c’est les migrants. Plus simplet tu meurs !
      Tant qu’un trop grand nombre de «citoyens» en sera à ce stade, ceux qui dirigent le monde pourront dormir sur leurs deux oreilles.

      1. Ce n’est certainement pas le faible taux de natalité des français qui explique les nouvelles constructions de logement ! Quant à l’Italie et l’Allemagne ainsi que d’autres pays européens, pareil le taux de natalité est en dessous du seuil de renouvellement depuis plusieurs décennies

      2. On te dit qu’il ne faut pas chercher la cause de l’artificialisation des sols du côté de la démographie, du moins en France : «Cette artificialisation augmente presque 4 fois plus vite que la population» (Carla Pont du Monde + ecologie.gouv.fr)
        4 fois plus vite ! C’est pourtant clair, non ? Alors pourquoi insister ?
        4 fois plus vite c’est en restant dans la fourchette basse (20 à 30.000 ha/an).
        Or, selon les définitions etc. l’artificialisation c’est entre 16.000 et 60.000 ha/an.

      3. C’est peut être parce que l’artificialisation des sols se déroulent essentiellement en Europe, d’où le fait que ça va 4 fois plus vite en France et en Europe, mais que ça n’artificialise pas assez en Afrique pour bâtir des logements aux nouveaux-nés, ce qui explique qu’on subisse l’artificialisation des sols chez nous…

  2. Pour ne rester qu’en France, le meilleur exemple est peut-être celui du bassin parisien.
    De toute façon celles et ceux d’un certain âge, comme moi, ont pu mesurer à quel rythme le béton et le goudron ont bouffé les campagnes. Ne serait-ce que ces 50 dernières années.
    Et ça continue, toujours plus, pas qu’en France bien sûr.
    Selon moi ce problème d’artificialisation des sols est bien plus grave que celui de l’augmentation de la population, voire du nombre de bagnoles. Bien qu’on ne puisse les négliger, comme on l’a vu hier ces deux facteurs ne peuvent expliquer ce phénomène.
    ( L’arrivée «massive» de migrants encore moins )
    Ce phénomène, devenu un problème grave, dont nos «responsables» font bien sûr semblant de s’inquiéter et de s’intéresser, n’est que la conséquence d’une politique. Qui devrait nous rappeler les Enclosures en Angleterre. ( à suivre)

    1. Politiques de centralisation, puis de décentralisation, qui n’ont fait qu’étendre le problème au niveau national, celles d’aménagement du territoire, les PAC évidemment, etc. etc. toutes ces politiques ont contribué à pousser de plus en plus de gens vers les villes et à vider les campagnes.
      Là derrière le Capitalisme, qui exige toujours plus.
      Comme nous devrions le savoir, les tenants du Système usent et abusent de tout un arsenal, notamment de ruses. Déjà pour nous faire travailler et consommer toujours plus, mais aussi pour nous diviser, nous enfumer, nous rendre toujours plus dociles, plus cons etc. Principalement avec une novlangue, des oxymores (développement durable etc.) comme ici cette «zéro artificialisation nette» qui rappelle la fumeuse «compensation». En plus de fausser les calculs (16 ou 60.000 ha/an ?) cette ZAN permet de faire croire qu’un ha de golf équivaut à un ha de forêt centenaire ou un ha de terres fertiles.

      1. – « l’alimentation des Français dépend aussi de 9 millions d’hectares de terres agricoles situés à l’étranger […] » (Solagro)

        Et en même temps la France exporte, encore plus qu’elle n’importe.
        Jusqu’à quand… on verra bien. En attendant c’est le Système qui veut ça.
        Selon les lois du sacro-saint Marché et du Business as usual l’agriculture est d’abord au service du PIB (d’abord des gros industriels) plutôt qu’au service de sa population, ne serait-ce qu’en lui assurant l’autonomie alimentaire.
        Malgré cette bétonnisation galopante, qu’il faut évidemment enrayer, la France a encore les surfaces agricoles permettant cette autonomie.
        Tout est lié ! Comme il est POSSIBLE de construire des petites bagnoles consommant 2L/100, il est possible d’assurer l’autonomie alimentaire en France. Bien sûr il faudrait oublier les fraises et les tomates en hiver.
        C’est D’ABORD une question de politique !

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