2022, des candidates en dehors des clous

Deux candidates à la présidentielle 2022, une élection au féminin  pluriel ? Anne Hidalgo, a annoncé sa candidature le12 septembre 2021. Le même jour, Marine Le Pen lance officiellement sa campagne pour 2022.

Anne Hidalgo : « Je suis candidate pour offrir un avenir à nos enfants, à tous nos enfants… Le quinquennat qui s’achève devait unir les Français, il les a divisés comme jamais. Il devait régler des problèmes sociaux, il les a aggravés. Il devait protéger notre planète, il a tourné le dos à l’écologie… La transition écologique ne doit pas se faire au détriment des classes moyennes et des catégories populaires… »

Marine Le Pen : « La liberté n’est qu’un principe vide sans sa déclinaison avec un “s”. Voilà pourquoi nous avons fait le choix de ce slogan, “libertés, libertés chéries”…  En 2022, cette élection ce ne sera pas seulement un choix de société. Ce sera un choix de civilisation, un choix de vie et d’avenir pour nos enfants, un choix de sécurité et de puissance pour notre pays, un choix de liberté et d’indépendance… Nous devons décider qui rentre chez nous et à quelles conditions … Nous éradiquerons les bandes (dans les quartiers sensibles)… Les délinquants français en prison, les étrangers dans l’avion ! »

Chacune de ces candidates brasse ses thèmes de prédilection, aucune n’aborde de façon frontale l’urgence écologique. Pourtant c’est la décroissance du PIB qui nous guette et qu’une présidente pour 2022 se devrait de préparer par un programme qu’on pourrait résumer ainsi : sobriété énergétique ET sobriété du mode de vie, moins de biens ET plus de liens, penser globalement ET agir localement, etc. De gré ou de force, il faudra réduire nos besoins énergétiques ET l’exploitation immodérée des ressources ET la destruction des écosystèmes. En termes clairs et concis, ceux de René Dumont lors de la présidentielle 1974, « l’écologie ou la mort ». Selon l’enquête annuelle « Fractures françaises », 82 % des Français approuvent l’idée « que le gouvernement prenne des mesures rapides et énergiques » quitte à « modifier en profondeur leur mode de vie ». Jean Pisani-Ferry avertit des « implications significatives » des mesures climatiques sur l’économie : « Aujourd’hui, les politiques ne tiennent aux gens que ce type de discours : vous aurez la même vie, mais avec des technologies différentes. A terme, la technologie va apporter des solutions, mais la transition sera brutale…  Qui va tirer son épingle du jeu ? La question va se poser assez vite. » Daniel Cohn-Bendit en est persuadé, « la transition écologique en douceur, ça n’existe pas. » Plus qu’un bouleversement comparable aux chocs pétroliers des années 1970, nous allons vers une crise structurelle profonde du type 1929.

Le ou la titulaire de l’emploi à l’Elysée en 2022 devra gérer des crises dont la pandémie et ses restrictions successives ont donné un avant-goût. Il ou Elle devra affronter en même temps des manifestations de bonnets rouges, de gilets jaunes, d’écharpes vertes et de chemises brunes. Le spectacle va être charmant, mais une femme au pouvoir peut être féroce, type Indira Gandhi ou Margaret Thatcher. Si les postulants pour 2022 ne parlent pas de rupture écologique à maîtriser pour ne pas subir des crises économiques à répétition, ce ne sont pas de bons candidat(e)s et autant rester chez nous lors de la présidentielle. Je rêve même que pas un seul Français et Française ne s’intéresse à cette élection afin que ces bateleurs tous aussi incompétents les uns que les autres comprennent à quel point ils sont devenus insignifiants. Voici quelques morceaux choisis sur le net :

Sylvain-19 : Madame Le Pen a la solution. Liberté ! Terminé les contraintes de Bruxelles sur les émissions de CO2 des voitures ! Liberté ! Le droit français prime sur le droit européen. On est libre.
Bon. Qui y croit ? Les anti tout ?

Palencia Domingo : Les promesses commencent à pleuvoir (Hidalgo : doublement du salaire des personnes en contact avec les enfants, etc., après Mélenchon qui annonce qu’il augmenterait très fortement le smic). La surenchère commence, à huit mois de l’élection. Les Français mal payés vont devenir riches ; c’la bonne nouvelle de la rentrée ! Je ne veux pas savoir comment tout cela sera financé. Je ne veux que d’excellentes promesses. Allez les candidats, un peu d’imagination.

Lafitte : « Je ne suis pas contre la vaccination, mais pour la liberté vaccinale. » dixit Marine = Je ne suis pas contre la limitation de vitesse, mais pour la liberté de rouler à 150. Quelle hypocrisie ! La gratuité du train pour les jeunes? Pourquoi pas pour les vieux? Ou pour les unijambistes? Demain on rase gratis.

Partagez ...

8 réflexions sur “2022, des candidates en dehors des clous”

  1. Qui, pendant la campagne des municipales au printemps 2020, déclarait au Figaro… «Paris me comble. Je ne serai pas candidate à la présidentielle.» ?
    Qui le 25 avril 2021, lors d’une conférence de presse, à l’Elysée, déclarait, d’une façon élégante… «je me fiche de la prochaine élection.» ?
    Que vaut ce sondage, ViaVoice pour Libération, publié le 6 septembre dernier, qui nous raconte que 6 Français sur 10 ne veulent pas que Macron se représente en 2022 ? Et celui réalisé par Elabe pour BFMTV en janvier 2020, qui nous racontait que 69 % des Français ne pensaient pas qu’Emmanuel Macron serait réélu à la présidence en 2022 ?
    L’Opinion c’est comme les élections, un piège à cons.

  2. Bien évidemment… le candidat ou la candidate qui ne serait pas «en dehors des clous», et qui du coup serait «dans les clous», serait celui ou celle qui parlerait comme parlait René Dumont en 1974. On a vu ce qu’a donné le parler-vrai (avec ou sans guillemets) de ce candidat atypique. Comme on a vu ce qu’a donné un peu plus tard celui d’un autre, qui avait finalement jeté l’éponge, Coluche. Dans les deux cas les Français auront bien rigolé, pas tous bien sûr. Merci donc à ces deux-là.

    1. Comme bien d’autres Biosphère s’appuie sur l’Opinion (les sondages). Partir de l’idée que «82 % des Français approuvent l’idée» ce n’est pas sérieux, à moi ça me faire rire. Comme me font rire tous ceux qui feraient mieux de prendre leur retraite, d’aller se cacher, les Cohn-Bendit, Onfray et Compagnie. Me font rire aussi la plupart des économistes dont ce Pisani-Ferry qui a bossé à faire élire Macron. Qu’il déclare donc sa candidature et qu’il aille parler-vrai aux Français ! Pour d’autres raisons Jean Lassalle aussi me fait rire.
      Finalement Biosphère rêve. C’est lui qui le dit : «Je rêve même que pas un seul Français et Française ne s’intéresse à cette élection afin que ces bateleurs tous aussi incompétents les uns que les autres comprennent à quel point ils sont devenus insignifiants». Même ce rêve, que je fais moi-même, me fait rire. Merci Biosphère 🙂

  3. Un candidat de moins pour un récidiviste de plus , Édouard Philippe vient d’annoncer le 12 septembre son « soutien complet au président de la République [Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle de 2022] : « Macron est fait d’un métal dont je ne vois pas beaucoup la trace dans tous ceux qui sont candidats aujourd’hui à l’élection présidentielle »
    Rien sur le programme ou les réussites majeures (?) de Macron, mais uniquement une longue roucoulade nous faisant l’hagiographie de ce super président, même que personne d’autre ne lui arrive à la cheville. C’est d’ailleurs maintenant l’unique argument du fan club de Macron : Macron, lui, à le « niveau ».

    1. Et là une question se pose. Et même deux :
      – Quel est donc cet étrange métal dans lequel est forgée la Macrondelle ?
      – Notre cher Marcel n’aurait-il pas une idée ? 🙂 🙂 🙂

      1. Macrondelle, l’ apprenti dictateur , se croit forgé dans le meilleur fer , en fait , il est fait de fer blanc à l’ exception de sa rondelle faite de chair

  4. Si encore il n’ y avait que ces deux là qui étaient hors des clous. Anne, Marine, et Valérie aussi.
    Au moment même où nous parlons de ces deux femmes, la liste est longue des candidats déclarés ou pressentis. Plus on est de fous et de folles plus on rit, on en compte à ce jour une trentaine. Le doute (avec ou sans guillemets) que laissent planer certains n’est qu’une stratégie.
    Faisons quand même une différence entre ceux ou celles qui disent «je me tâte, on verra bien, p’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non…» et ceux ou celles qui vous assurent d’une chose et finalement font le contraire. Pour moi, «je le promets, je n’irais pas, ne ferais jamais etc.» c’est du même ordre que «je vous jure, avec moi on rasera gratis». Comment faire confiance à des menteurs et autres marchandes de salades tordues ? Et comment faire confiance à des indécis, des lunatiques etc. ? En attendant, qui peut croire que Manu n’y pense pas le matin en se rasant ?

    1. Alors si… on ne sait jamais… je me retrouvais au printemps prochain à participer à la Farce Electorale…. alors pour moi c’est tout vu, couru et joué d’avance. Les Macron, Hidalgo, Zemmour et autres girouettes iraient direct à la poubelle ! Basta ! Hors des clous !
      C’est juste une question de principe, très important les principes !
      Ceci étant fait mon tri sera facilité. Mais ce n’est pas parce qu’Unetelle et Ontel se sont clairement déclarés depuis longtemps que je pourrais leur accorder ma confiance pour autant. Et au final je risque encore une fois de n’être pas plus avancé.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *