Covid-19, une crise plus profonde qu’en 1929 

Si nous ne faisons pas de décroissance maîtrisée, alors nous aurons une décroissance forcée qui peut être très brutale. Souvenons-nous de la crise de surprimes en 2008, rappelons-nous de la profondeur de la crise de 1929 qui a débouché sur une guerre mondiale. La décroissance, c’est le résultat inéluctable de l’inertie politique et sociétale face à détérioration de la planète. La décroissance, c’est une condamnation de la société croissanciste et c’est surtout un comportement à suivre. C’est ce que nous écrivions sur ce blog biosphere le 31 mai 2019, bien avant l’apparition de la pandémie. Aujourd’hui ce sont les milieux officiels qui abordent le sujet.  « Ce que nous vivons n’a pas d’autres comparaison que la Grande Dépression de 1929″, a déclaré le ministre de l’économie, Bruno Le Maire le 24 mars*. Comparaison effrayante. La crise économique née à la suite du krach boursier du 24 octobre 1929 a provoqué un cataclysme financier sans égal dans le XXe siècle, qui se transmettra à la planète entière et attendra la deuxième guerre mondiale pour disparaître complètement. Avec son cortège de morts et de troubles socio-politiques, dont l’avènement du nazisme. Les deux événements sont similaires. Entre 1929 et 1932, le commerce et la production industrielle ont baissé de 30 % un peu partout dans le monde ; les estimations actuelles font état d’une perte de PIB de l’ordre de 30 % dans la zone euro au deuxième trimestre 2020 par rapport au premier trimestre. En 1933, le chômage touchait 25 % de la population américaine ; en 2020 le taux d’utilisation des capacités industrielles est de 25 %. Un salarié sur quatre est au travail.

Mais comparaison n’est pas raison, il s’agit aujourd’hui d’une crise de l’économie réelle et non d’un krach financier comme en 1929 ou en 1929. Pas de banques fragiles, mais un arrêt brutal et simultané de la demande – les personnes confinées n’achètent plus de voitures – et de l’offre – toutes les usines automobiles européennes sont désormais à l’arrêt. Le risque est donc inverse : que cette paralysie contamine la finance par le biais des difficultés des entreprises. Va-t-on à nouveau sauver le système thermo-industriel en le noyant à nouveau sous un flot de liquidités ? Donald Trump déverse des milliards sous forme de chèques aux particuliers, l’Allemagne s’engagea à dépenser plus de 1 000 milliards d’euros ; le retour de la bonne vieille planche à billets. C’est le mantra, « business as usual » après la crise économique. Mais si les États peuvent payer toutes les factures du Covid-19, cela ne change rien au fond du problème qui est constitué à la fois par une crise climatique, une crise de la biodiversité, une crise par épuisement des ressources naturelles, une crise hydrique, etc.

Rappelons notre écrit de juillet 2005 : Les Américains ont refusé de ratifié le protocole de Kyoto parce qu’ils ont d’abord nié la réalité du changement climatique. Puis ils ont mis en cause le lien entre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre, tout cela à l’encontre de l’évidence scientifique. Ils ont aussi prétexté de l’absence de contraintes sur les grands pays du Sud, exclu en effet des efforts recommandés par le protocole d’ici 2012, mais il fallait bien que le pays le plus pollueur de la planète montre l’exemple : les USA génèrent 21 à 25 % des GES pour seulement 5 % de la population mondiale. Enfin les Américains ne veulent pas voir leur croissance amputée, les emplois détruits et la modification d’un mode de vie si agréable que les prisons américaines sont les plus pleines de la planète. La Biosphère s’exclame : « Vivement la pétro-apocalypse pour que les Américains se souviennent de la crise de 1929. » Peut-on aujourd’hui s’exclamer « Vive la virus-apocalypse » ?

* https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/03/25/coronavirus-le-spectre-du-krach-de-2008-voire-de-1929_6034349_3234.html

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11 réflexions sur “Covid-19, une crise plus profonde qu’en 1929 ”

  1. Merkel refuse les Conorabonds, mais elle a entièrement raison !L’Allemagne a tout simplement raison !
    Voici des chiffres clefs à retenir
    Nombres d’élus par rapport au nombre d’habitants
    France = 1 élu pour 132 habitants, Allemagne = 1 élu pour 563 habitant,Angleterre = 1 élu pour 2603 habitants
    Age de la retraite en France =62 ans, Allemagne = 67 ans (et veulent passer à 68 ans), Angleterre = 66 ans
    Nombre de fonctionnaires par rapport au nombre d’habitants
    France = 5,2 millions de fonctionnaires pour 67 millions d’habitants, Allemagne = 4,9 millions de fonctionnaire pour 81 millions d’habitants, Angleterre = 2,75 millions de fonctionnaires pour 66 millions d’habitants
    ALORS qui dépense trop et au-dessus de ses moyens ? Ou passe votre argent ? Ou passe le pognon des contribuables français se demandaient Jacline Mouraud et les gilets jaunes … Voici ma Réponse ci-dessus… Et les allemands avec moins d’élus et moins de fonctionnaires parviennent à obtenir des hôpitaux plus efficaces contre le coronavirus que ceux des français, ah ben mince alors c’est le pompon !

    1. Bien sûr, on peut toujours raconter (ou se faire croire) que c’est mieux chez les voisins. Surtout en se servant des chiffres comme ça nous arrange le mieux. En ce qui concerne le Covid-19 , là c’est sûr l’Allemagne fait bien mieux que nous, demandons-nous pourquoi. Les British pas sûr, là encore demandons-nous pourquoi.
      En attendant, les politiques allemande, britannique, espagnole etc. ne sont finalement pas si différentes que la politique française. C’est toujours la Croissance, le PIB, le Marché, le Business. Et c’est partout la même chose.
      Et dans ce cadre là, aucun pays ne fera mieux que ses voisins, du moins bien longtemps. Autrement dit aucun n’en sortira gagnant, du moins tel qu’on l’entend encore aujourd’hui.

      1. Ce n’est pas une histoire qu’on se raconte, ce sont des faits, c’est factuel ! La retraite est à 62 ans en France et 68 en Allemagne, il y a moins d’élus en Allemagne pour beaucoup plus d’habitants, et moins de fonctionnaires en Allemagne…..

        Donc oui, Madame Merkel, Ordre Loi Travail et Discipline gagnera contre l’UmPs Désordre, Mafia, Trafic et Paresse

  2. 45 députés avaient déposé un amendement dans le cadre du projet de loi sur l’état d’urgence sanitaire pour réfléchir au « jour d’après ». Le « Grand plan de transformation de notre société en faveur du climat, de la biodiversité, de la solidarité et de la justice sociale » post-crise a été rejeté après l’avis défavorable du gouvernement sans même être débattu.
    Pour les députés qui défendent cet amendement, le plan de transformation doit notamment permettre de  « Restructurer le tissu industriel et agricole français et européen, pour notamment réduire l’étalement des chaînes de valeur ainsi que pour mieux réglementer les méthodes de production et d’échange des biens et des services consommés, notamment dans l’optique de diminuer leurs impacts environnemental et social » ; « Moderniser notre démocratie pour l’adapter aux situations de crises latentes que sont les changements climatiques et la perte de biodiversité » ;« Développer les leviers culturels de communication et de sensibilisation du public via la publicité, l’art et l’éducation, afin d’accompagner la population dans cette transformation indispensable. » Engager des changements profonds en ce qui concerne nos modes production et de consommation pour respecter les limites planétaires est hors de portée des dirigeants qui nous gouvernent au jour le jour.

    1. C’est vraiment du grand n’importe quoi ! Comme son nom l’indique le projet de loi sur l’état d’urgence sanitaire (voté à l’Assemblée dans la nuit de samedi à dimanche) est destiné à faire face à cette épidémie. Cet amendement n’avait donc rien à faire là, si ce n’est à faire perdre du temps, cette fois précieux. Bref, totalement déplacé pour ne pas dire plus !
      Maintenant rien n’empêche ces 45 députés inspirés (?) de réfléchir à l’organisation du pays pour le «jour d’après». Grâce aux NTIC et au télétravail ils peuvent même bosser de concert avec la fameuse Convention citoyenne pour le climat… dont du coup on n’entend plus parler, ben oui.

  3. ecolomaniak

    Le pire semble derrière nous , Wall Street le croit. En deux jours, l’indice Dow Jones a progressé de 16 %, et le Standard & Poor’s, de 13 %. Il y a en effet accord du Congrès sur un plan de soutien de près de 2 000 milliards de dollars (1 846 milliards d’euros) à l’économie, soit environ 10 % du produit intérieur brut ou la moitié du budget fédéral annuel.
    Le pire est donc encore à venir…

  4. Puisqu’en ce moment nous avons le temps… je nous (vous) invite à écouter Jean-Marc Jancovici (sur YouTube et FacedeBouc)
    https://www.youtube.com/watch?v=CXA2BA9in30

    «En pleine crise du coronavirus, Jean-Marc Jancovici a répondu à certaines des questions des abonnés de sa page Facebook via un live le 19 mars 2020»
    Entre autres :
    – «04:26 : Est-ce qu’on peut tirer partie de la situation actuelle pour organiser un nouveau fonctionnement ?
    – 34:24 : Est-ce cette crise va remettre en cause notre délocalisation de biens ?
    – 1:02:30 : Est-ce que nous sommes au début de l’effondrement systémique ?»

    1H47 c’est un peu long… surtout pour ceux qui connaissent déjà le discours de Janco… mais bon.

    1. Merci pour le lien.mais malheureusement nous n avons pas tous du temps en ce moment. Le confinement n est pas le même pour tous…

      1. C’est vrai Onzelune, vous avez raison de le rappeler, le confinement n’est pas le même pour tous. Loin de là.
        Mais bon, je pense quand même que par rapport à la «normale», bon nombre de gens ont enfin un peu de temps. Et parmi eux, des gens qui à longueur de temps se plaignent de ne pas en avoir assez, du temps. Des gens à qui je me plais de dire que le temps il faut le prendre. C’est donc principalement à ceux là que je pense, ils ont enfin du temps pour lire… pour réfléchir, et/ou pour écouter ou jouer de la musique, écrire des poèmes, jouer avec les enfants etc. etc. Bref, pour faire autre chose que courir comme des fous, toujours plus, que ce soit au boulot ou dans les temples de la consommation.

  5. Pensez vous ou croyez vous que les gens vont tirer les leçons du Coronavirus ? Évidemment une fois que celle ci sera passée…. Et ben non ! La Chine vient à peine de terminer sa crise de coronavirus et encore pas certain qu’il n’y aura pas une rémission; mais bon… Déjà au Figaro et Loréal on se réjouit en publiant cet article =

    «  »En Chine, «l’envie de consommer est là, mais on n’efface pas comme cela des semaines de confinement» et l’article comme par «  »Les Chinois retrouvent l’appétit d’acheter. «On parle de “revanche de la consommation” pour rattraper le retard depuis le Nouvel An chinois», résume Fabrice Mégarbane, patron de L’Oréal Chine. » »

  6. Ben oui le coronavirus c’est bon pour le climat !

    Et surtout les zozos de la croissance vont peut-être mieux comprendre que garder des ressources naturelles pour sauver le système de santé est plus important que d’épuiser les ressources naturelles dans un réservoir de voiture, d’acheter une porsh bmw mercedes… ou des smartphones… ou encore des rollex en or (comme Sarkozy et le très écologiste Aurélien Barreau)

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