Elisabeth Borne, l’écologie à la peine

Polytechnique, ingénieure des eaux et forêts, Elisabeth Borne intègre le ministère de l’Équipement dès 1987, c’est une technocrate. Cabinet de Lionel Jospin en 1987, directrice de cabinet de Ségolène Royal en 2014-2015, puis à la tête de la RATP, c’est une politicienne qui monte. Bourreau de travail (dernier mail à 2 heures, premier avant 7 heures), réforme de la SNCF au pas de charge en juillet 2018, ministre des transports et de la fermeture des petites lignes, elle ne fait pas de cadeau. La voici ministre de la transition social-écologique en remplacement de Rugy démissionnaire. Elle perd le statut de « Ministre d’Etat, numéro deux du Gouvernement », elle fera ce que Macron lui demandera. Sur notre blog biosphere, nous avons déjà donné quelques indication sur la personnalité d’Elisabeth Borne :

17 juin 2019, Macron : la taxe kérosène pourra attendre…

L’Assemblée nationale à la solde de Macron a refuse une taxation de l’aérien le vendredi 14 juin. La loi d’orientation des mobilités (LOM) se vide encore plus de sa substance. Le kérosène bénéficie d’une exonération de TICPE (taxe de consommation sur les produits énergétiques) alors que les automobilistes sont taxés sur le carburant. La ministre des transports, Elisabeth Borne, botte en touche : « Il faut qu’on ait cette réflexion sur la taxation du transport aérien à l’échelle européenne. »  Elle a aussi jugé « possible que le transport aérien puisse aller vers des avions zéro carbone ». L’amendement visant à interdire les vols intérieurs qui ne font pas économiser plus de temps par rapport à un même trajet en train seraient selon la ministre « contraires à la liberté d’entreprendre et à la liberté d’aller et venir ». Les députés ont aussi rejeté un amendement suggérant l’application, sur les billets, d’une taxe d’empreinte carbone aérienne, en cas d’alternative ferroviaire comparable à l’avion. La ministre a mis en garde contre les « distorsions de concurrence » et les risques de « dumping écologique et social ».

30 juillet 2018, Le futur de la mobilité, sans voitures c’est mieux !

Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, et la ministre des transports, Elisabeth Borne, ont présenté le 20 juillet, « les engagements de l’Etat en faveur de la mobilité propre et de la qualité de l’air »*. Ils préfigurent la future loi d’orientation sur les mobilités (LOM), d’abord annoncée au printemps et désormais attendue en fin d’année ou début 2019. Comme d’habitude un retard à l’allumage, de simples déclarations d’intention, une écologie superficielle qui se contente de faux-semblants : zones à circulation restreinte dites ZFE (zones à faibles émissions), le langage technocratique règne en maître quand il s’agit de ne rien faire de sérieux, il n’y aura aucune obligation pour les collectivités concernées. Le gouvernement entend aussi encourager le covoiturage et l’autopartage, les entreprises privées comme Blablacar n’ont pas attendu les directives pour agir ! Il n’y aura pas de plan vélo, Macron évite tout ce qui coûte de l’argent quand il s’agit d’écologie. Autre grand absent des « engagements », le report modal dans le transport de marchandises vers le fret ferroviaire. Comme d’habitude, Nicolas Hulot se contente de miettes !

2 janvier 2018, En finir avec les grands travaux inutiles et imposés ?

« Madame Mobilité » vient de clôturer les assises du même nom. Elisabeth Borne reçoit LE MONDE : « L’urgence, c’est l’entretien et la modernisation des réseaux, c’est l’enclavement des territoires, ce ne sont pas les LGV. A Prades, à Aurillac, à Alès, à Auch, il n’y a pas de desserte routière correcte pour être relié à la grande ville. Ces territoires vont perdre leurs emplois, les entreprises ne vont pas y rester. » Mais la même Elisabeth Borne au conseil des ministres du 13 décembre est plutôt favorable à la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes : «  L’agrandissement de l’aéroport de Nantes-Atlantique a ses détracteurs : il entraînerait des nuisances sonores, même si les avions font aujourd’hui moins de bruit. » C’est là le signe de la contradiction interne des décideurs politiques, car agrandir ou construire, c’est toujours de grands travaux inutiles ; avec les GTI on ne sort pas du schéma croissance-croissance !

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1 réflexion sur “Elisabeth Borne, l’écologie à la peine”

  1. Pas de doute, Elisabeth Borne fera une excellente ministre de l’ « écologie ».

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