Greta Thunberg, le climat face aux députés

La Suédoise de 16 ans a prononcé devant les députés le 23 juillet 2019 un discours sur l’inaction climatique aux côtés d’une climatologue. Le président des députés LR, Christian Jacob : « J’aurais préféré que l’on mette en avant les scientifiques du GIEC, l’Assemblée nationale a vocation à prendre en compte l’avis d’experts. » La climatologue et membre éminent du GIEC Valérie Masson-Delmotte répond a cette contre-vérité : « Jusqu’ici, je n’avais pas été invitée à l’Assemblée. Ce sera le cas mardi, et j’en suis très reconnaissante au mouvement des jeunes pour le climat : grâce à eux, le message des scientifiques retient davantage l’attention. Or le moindre demi-degré compte. Chaque année où l’on n’agit pas implique un changement climatique plus important à l’avenir. » Pour mieux comprendre l’inertie des politiques, rappelons cet événement d’il y a près de treize ans. Une (petite) partie des députés français avait assisté le 11 octobre 2006 à la projection du documentaire d’Al Gore consacré au réchauffement climatique, « Une vérité qui dérange ». Au sortir de la séance, une sénatrice des Verts rappelait que « le Parlement français a voté à l’unanimité en faveur de l’application du protocole de Kyoto, mais nous n’avons concrètement changé aucune de nos politiques ». Le centriste F.Bayrou appelait les politiques à renoncer à leur approche habituelle par étiquette droite/gauche car, avec l’affrontement politique, il ne peut plus y avoir d’action continue contre le changement climatique.

Aujourd’hui les réactions disproportionnées de certains politiques contre la venue de Greta démontrent que l’aveuglement climatique est toujours présent malgré la canicule qui frappe la France. L’eurodéputé du Rassemblement national Jordan Bardella dénonce « la dictature de l’émotion » et une « nouvelle forme de totalitarisme ». Guillaume Larrivé : « Faire la grève de l’école, je ne peux l’approuver. » Le député (LRM) de Paris Sylvain Maillard dit de même, « Faire la grève de l’école, quel triste symbole ». Le député Julien Aubert, également en lice pour la présidence LR comme Guillaume Larrivé, qualifie la jeune suédoise de « Prix Nobel de la peur » : « Pour lutter intelligemment contre le réchauffement climatique, nous n’avons pas besoin de gourous apocalyptiques, mais de progrès scientifique et de courage politique. » A La France insoumise (LFI), le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière avait fustigé l’« hypocrisie » consistant à faire cohabiter dans la même journée le vote sur le CETA, « un accord climaticide », selon lui, et la venue de Greta Thunberg. Julien Aubert tenait le même raisonnement, « Le jour où vous ratifiez l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada [CETA], on invite une égérie qui permet de regarder ailleurs. On nous invite à écouter une prédication qui repose sur des présupposés. C’est du spectacle, de la mystification.  » La LRM Peyrol : « Mes héros à moi ne sont pas comme Greta, ce sont des agriculteurs, des chefs de PME qui essaient de trouver des solutions .» Pour résumer la réponse de Greta Thunberg, cette phrase : « C’est très triste que les gens soient si désespérés qu’ils inventent des choses. On dirait qu’ils ont plus peur de moi et des manifestations des jeunes que du vrai problème, à savoir le réchauffement climatique ».

Faisons la synthèse avec cet Éditorial du MONDE (24.07.2019) : « Par son message « Vous me volez mon avenir », Greta Thunberg incarne la mobilisation spontanée d’une génération qui réalise que la planète dont elle hérite est menacée par un mode de vie, de production et de consommation incompatible avec la croissance démographique… A l’urgence médiatique, on ajoute la dimension générationnelle. Il faut être politiquement aveugle – et l’état de notre débat public montre que nombre de nos élus le sont encore – pour ne pas comprendre que la protection de l’environnement est aujourd’hui un ressort fondamental dans l’électorat .Parce que cette préoccupation transcende les clivages traditionnels, son expression politique n’est pas encore aboutie ; mais la mobilisation citoyenne est réelle, comme l’ont prouvé les importantes manifestations de jeunes.. »

ensavoir plus, Al Gore aux avants-postes de la lutte climatique

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11 réflexions sur “Greta Thunberg, le climat face aux députés”

  1. La canicule continue à s’étendre, ce mercredi 24 juillet 2019 , sur la France où le mercure va flirter avec les 40 °C sur une grande partie du territoire avant de grimper encore un peu plus jeudi. Au-dessus de 37 °C, notre corps fait un effort considérable pour se refroidir. La canicule arrive au moment où soixante-treize départements sont déjà concernés par des restrictions d’eau…
    En espérant que nos lecteurs trouveront le lien avec la prestation de Greta Thunberg sur l’inertie des politiciens !

    1. Oh vous savez BIOSPHERE … déjà que c’est fatiguant de réfléchir… alors quand il fait 40° je vous dis pas. Et même avec un grand chapeau 🙂

  2. Le mouvement français des jeunes pour le climat, soutenus par des dizaines d’organisations (Youth for Climate France, Citoyens pour le climat, Alternatiba, Greenpeace, Réseau action climat…) ont appelé à une mobilisation les 20 et 21 septembre, dans le cadre de la « semaine mondiale pour l’avenir » organisée du 20 au 27 septembre par le mouvement de Greta Thunberg, Fridays for Future.

  3. Greta Thunberg aux députés : «Des députés et journalistes se moquent de nous et mentent à notre sujet.  Vous n’êtes pas obligés de nous écouter, nous ne sommes que des enfants après tout. Mais vous devez écouter la science. C’est tout ce que nous demandons : unissez-vous derrière la science. C’est presque comme si vous n’aviez pas lu le dernier rapport du Giec dont dépend l’avenir de notre civilisation… Ou peut-être simplement que vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses telles qu’elles sont. Cette charge, vous nous la laissez à nous, les enfants. Nous sommes devenus les méchants qui doivent dire aux gens des choses pas faciles, parce que personne ne veut le faire ou n’ose. Et [pour cela], nous recevons un déferlement de haine et de menaces. »

    1. Je suis totalement d’accord avec ce qu’a dit Valérie Masson-Delmotte au sujet des polémiques « extrêmement futiles ». Toutefois je trouve que Greta a un peu trop le « melon », qu’elle dit AUSSi des choses qu’elle ferait mieux de ne pas dire, des choses qu’on peut qualifier aussi d’extrêmement futiles, si ce n’est d’extrêmement absurdes.
      Les enfants (tous les enfants ?!) ) seraient finalement plus MATURES que leurs parents, et grands parents. Déjà ç, c’est quand même un peu du grand n’importe quoi, non ?
      Dans cette logique, les enfants seraient donc investis d’une mission (une « charge ») , « dire les choses telles qu’elles sont ». Ben voyons !
      Et étant donné que Greta se place en porte-parole des enfants, de TOUS les enfants, c’est à elle que revient cette mission. C’est pour ça que Greta nous dit « les choses telles qu’elles sont […] des choses pas faciles » . Et ceci même si ça lui vaut de la haine et des menaces, même au risque de finir en martyr. Sainte Greta !
      Et pourquoi ça ?  » parce que personne ne veut le faire ou n’ose » ! Ben voyons ! Comme s’il n’y avait pas AUSSi des tas de non-enfants (en novlangue on dit aussi « inenfant »), des tas d’adultes, de vieux, et même de vieux cons, qui les disent et les redisent ces choses pas faciles. Et depuis maintenant des décennies. Comme si le GIEC était constitué d’enfants, dotés de la science infuse ! Là encore, du grand n’importe quoi !
      Mais bon, il ne faut pas être méchant avec Greta, il faut être gentil. Surtout pas ingentil !

  4. La climatologue Valérie Masson-Delmotte a dénoncé des polémiques « extrêmement futiles » :
    « On parle de la messagère mais pas du problème, et ce qui m’intéresse, c’est de parler du changement climatique qui affecte tout le monde, les écosystèmes et les gens, et parler des solutions et faire en sorte que ces solutions soient déployées. »

  5. Que Greta soit manipulée ou pas, qu’elle ait fait un beau discours ou pas, qu’on puisse l’applaudir, l’admirer, la vénérer ou la haïr, et en même temps … continuer dans le grand n’importe quoi, après tout de tout ça … on s’en fout.
    Parce qu’en attendant… l’Assemblée nationale a approuvé hier la ratification du fameux CETA, ce truc qui dit-ON va « dans le bon sens ».
    Quoi qu’aient pu raconter Nicolas, Greta, Rufin, Pierre Paul et Jacques, le résultat c’est 266 POUR et 213 CONTRE ! Et 74 ABSTENTIONS.
    Sur cette affaire (qu’on aura vite oublier) il est notamment marrant de voir comment les « Marcheurs » ont marché, derrière leur premier de cordée. Et finalement voté.
    9 ont voté contre. Ceux-là vont se faire sacrément gronder, si ce n’est déjà fait. Bien fait ! Et 52 se sont abstenus. Ceux-là aussi vont se faire remonter les bretelles. Par le Grand Ponte du « ni-ni ».

  6. « C’est très triste que les gens soient si désespérés qu’ils inventent des choses. On dirait qu’ils ont plus peur de moi et des manifestations des  »

    Cher Greta Carbone , nul n’ a peur de vous mais admettons que le changement climatique soit un fait avéré (sait – on jamais) et que le bipède invasif en soit la cause majeure , alors pourquoi ne pas dénoncer l’ hyperprésence humaine sur cette belle Terre ?
    Je crains que vous ne soyiez qu’ une créature de plus à Soros, le milliardaire représentant le mal absolu ici bas , trop content de ruiner des populations entières pour pouvoir s’ enrichir? car les journaputes, ces rampants devant les puissants ou les politichiens ? vous ont sorti ex nihilo et surexposé .

    1. Laelia Benoit, pédopsychiatre : « Trop jeune, trop petite, trop autise ? En vérité Greta Thunberg accélère la prise de conscience du réchauffmemt climatique. Le reste est anecdotique. Attention à ce que les revendications identitaires restent dans un esprit d’ouverture. »

  7. Didier Barthès

    Il faut distinguer la personne (Greta THUNBERG ) qui a raison dans ses propos et qu’il n’y a nulle raison d’attaquer et le rôle qu’on lui attribue, qui peut agacer.
    Si cette jeune fille a sans doute beaucoup de qualités, elle ne dit rien que nous ne sachions déjà.
    Il y a un côté ridicule à la transformer en « maître à penser » .
    Cela relève d’une société qui a besoin de médiatique, de gentils et de méchants clairement identifiés
    L’opposition entre une jeune génération qui serait pure et intelligente tandis que l’ancienne serait sourde et stupide, tout cela ne correponde évidemment à rien.
    Enfin, ceux qui s’affichent pour des raisons d’images à coté de cette jeune fille pour dire ‘ »moi je suis du côté des jeunes » sont tout aussi ridicules. Cela bien entendu n’excuse pas ceux qui l’insultent avec méchanceté.

  8. Surréaliste ! Déjà la scène : imaginons la tête de ces vieux machins en train de se faire remonter les bretelles par une gamine. Cerise sur le cake, ils applaudissent à la fin du discours. Hi han hi han ! Ensuite les débats provoqués par la venue de notre chère Greta à l’Assemblée. Surréalistes !
    Par exemple, on nous bourre le mou avec Greta et en même temps on zappe le discours de François Ruffin, à l’Assemblée Nationale justement. Ben oui, Ruffin est député. C’est donc normal qu’il se fasse entendre à l’Assemblée, non ? Ruffin aussi parle à la façon des donneurs de leçons. Leçons de morale.
    Extrait : « On va crever de chaud. On va crever tout court. On fabrique l’enfer sur Terre, avec les température de l’enfer. Je suis sûr que, le soir, nus, entre vos draps, dans le silence de vos consciences, vous êtes comme inquiets, angoissés pour vos enfants. |etc. etc]  »
    De toute façon les leçons de morale passent très mal de nos jours, surtout lorsqu’elles sont données par des « politicards ». De gôôôche ou de droâââte peu importe puisque ça ne veut plus rien dire. Et elles ne passent pas mieux quand elles sortent de la bouche des enfants. Et là encore heureux, façon de dire, déjà qu’il n’y a plus beaucoup de sens, ce serait le monde à l’envers, non ? De toute façon, on voit bien à quoi servent les discours catastrophistes, les leçons de morale, on voit combien ils sont productifs, ce qu’ils font avancer etc. Rien du tout !
    Alors en attendant on blablate, parce que blablater on sait faire, c’est probablement la seule chose qu’on sache vraiment faire. Même si c’est pour dire et raconter n’importe quoi, du matin au soir et du soir au matin on blablate. On blablate à l’Assemblée, au bistrot, au boulot, au restau, sur les réseaux etc. Déjà ça occupe, ça fait passer le temps. Ensuite ça permet de se faire croire qu’on s’occupe des problèmes. En plus ça participe à entretenir son petit ou gros ego. Cerise sur le cake, on peut même « gagner sa vie » rien qu’en blablatant, j’en connais tout plein tout plein qui en ont fait un métier. Mais je blablate je blablate et c’est comme ça qu’on finit hors-sujet, c’était quoi le sujet ? Ah oui, Greta.

    Alors Greta… ben c’est tout simple, c’est binaire. Les pro-Greta vs les anti-Greta. D’un côté il y a ceux qui la voient comme une icône, de l’autre ceux qui ne peuvent pas la voir en peinture. Parmi ces derniers il y a de tout, il y a ceux qu’elle énerve, pour telle ou telle raison, ceux qui ne la voient pas aussi vierge que la madone, ceux qui en rigolent, etc.
    Oui c’est surréaliste ! Vraiment, du grand n’importe quoi !

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