Pourquoi la France déteste-t-elle Malthus ?

Michel Sourrouille, un spécialiste de Malthus, nous a envoyé ce texte d’il y a 42 ans qui n’a pas perdu une ride. Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur l’anti-malthusianisme qui règne en France, voici l’analyse d’Emmanuel Todd. publié par LE MONDE du 12 juin 1980.

La France est, avec l’Union soviétique, l’un des deux pays du monde où Malthus et son Essai sur le principe de population sont le plus universellement détestés. L’U.R.S.S., fidèle à l’enseignement de Marx et de Lénine, rejette a priori le pessimisme malthusien, l’idée qu’il existe une tendance naturelle des populations à croître plus vite que les subsistances. L’optimisme révolutionnaire postule au contraire un développement illimité des forces productives… en régime socialiste bien entendu. En France, domine de façon tout aussi déterminée et non moins officielle, un antimalthusianisme doctrinal et viscéral. Michel Debré, sur le mode patriotique, Alfred Sauvy, pour des raisons économiques, Pierre Chaunu, dans un style plus religieux, sont tous les fervents supporters de taux de natalité élevés. Ils sont ici en parfait accord avec la loi française, qui précise :  » Toute propagande antinataliste est Interdite « , et qui n’a nullement été abrogée sur ce point en 1974, lors de la légalisation de l’avortement et de la libéralisation de la contraception. Ce résidu de la célèbre loi de 1920 n’a d’ailleurs pas empêché l’effondrement du taux de natalité, en France comme dans le reste du monde occidental développé.

Dans ce contexte de crise démographique et de traditionnelle hostilité nationale au malthusianisme, la tenue à Paris, du 27 au 30 mai, d’un colloque « Malthus hier et aujourd’hui « , organisé par des Français, mais à forte participation britannique, a pu paraître une provocation, même s’il s’est agi en fait d’une confrontation purement scientifique et universitaire, sans arrière-plan militant. Cette réunion s’est accompagnée d’ailleurs de la publication simultanée d’une biographie intellectuelle du penseur britannique et d’une première traduction française de la version numéro un de l’Essai sur le principe de population, la plus polémique, la plus nettement anti-française également.

Car c’est Malthus qui a déclaré la guerre à la France et non l’inverse. Publié en 1798, au lendemain de la Terreur jacobine, et à la veille d’une guerre totale entre la Grande-Bretagne et la France napoléonienne, l’Essai est surtout dirigé contre la philosophie des Lumières qui inspire les révolutionnaires, et contre leur foi en un avenir radieux. Condorcet, dont il critique l’Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, est, autant que Godwin, la bête noire de Malthus. D’où l’image persistante d’un pasteur démographe, réactionnaire et pessimiste, dressant le spectre de la famine contre l’espoir du progrès.

William Petersen, démographe américain, veut redresser dans son Malthus, ouvrage brillant, cette représentation schématique, et démontrer que cet homme était le contraire d’un idéologue dépressif et résigné : un réformateur libéral, progressiste, un personnage du dix-huitième siècle donc, mais incapable, à la différence des utopistes de son temps, de nier l’existence de certaines contraintes naturelles et économiques

Petersen souligne que, jusqu’à Malthus, toutes les autorités sont  » populationnistes « . Du  » croissez et multipliez  » biblique au mercantilisme colbertien, le pouvoir, religieux ou politique, veut toujours plus d’hommes, pour témoigner de la puissance de l’Église ou de celle de l’État. La doctrine de Malthus est donc contestataire. Elle est, dans le domaine démographique, l’équivalent de celle d’Adam Smith en économie politique : un rejet de l’État, une affirmation de l’individu et de son autonomie. Pour Malthus, la famille doit cesser d’être un pion dans le jeu des puissances, et lutter rationnellement pour son propre bien-être en limitant sa fécondité. Et, s’il s’oppose à l’assistance des déshérités par l’État, c’est parce qu’il estime qu’elle n’aboutira qu’à une multiplication de la misère, le nombre des pauvres s’alignant en hausse sur le niveau légèrement supérieur des subsistances. Petersen tire inutilement cette interprétation dans le sens du néo-libéralisme américain actuel, très hostile à la sécurité sociale et à toute intervention de l’État dans un but redistributif.

Le dernier livre de Pierre Chaunu, nataliste convaincu, Histoire et Imagination. La Transition semble, paradoxalement donner raison à Petersen lorsque celui-ci affirme le lien entre libéralisme et malthusianisme d’une part, entre autoritarisme et populationnisme d’autre part. Inlassable dans sa dénonciation du complot contre la natalité, Chaunu, l’un de nos meilleurs historiens, emploie, malheureusement, aujourd’hui, un langage violent et intolérant, fanatique en fait. Les jeunes adultes actuellement en âge de procréer, mais qui ne se reproduisent pas assez vite et assez bien, sont pour lui des assassins, organisateurs d’un  » refus de la vie « , d’un massacre « , d’un  » génocide « . Le régime stalinien tenait des propos semblables, pour qui la limitation des naissances était  » une idéologie impérialiste qui hait l’humanité « ,  » la politique d’un impérialisme bestial voué à la guerre d’agression et à l’extermination  » et qui voyait dans  » les laquais des monopoles américains… des avocats du cannibalisme  » pourvus d' » un plan démoniaque d’extermination des peuples « . À son tour Chaunu attribue la chute de la fécondité occidentale à un complot en provenance des États-Unis, relayé et amplifié par la République fédérale allemande, agent européen du malthusianisme américain.

Le remarquable livre de Francis Ronsin sur la Grève des ventres (dix-neuvième-vingtième siècles) montre bien que la gauche révolutionnaire française des années 1890-1910 milita avec passion pour le contrôle des naissances en milieu ouvrier, contre Marx et les Lumières, tombant ainsi du côté des libéraux britanniques. Petersen a donc parfaitement tort d’affirmer que les socialistes français du dix-neuvième siècle adoptèrent l’attitude des mercantilistes en considérant qu’une population stationnaire trahissait une dégénérescence de la nation « . On ne fera pas tomber facilement Malthus au centre droit, non plus qu’au centre gauche.

Les doctrines de population ont leur vie propre. Elles ne sont pas les simples reflets des idéologies politiques. Elles ne sont pas non plus les reflets simples de la réalité. Au moment même où Malthus s’emploie à réfuter les idéologues français, les populations françaises s’embarquent résolument dans l’aventure malthusienne, limitant leur fécondité avec un siècle d’avance sur les autres nations européennes. C’est parce qu’elle fut, la première, malthusienne, que la France déteste Malthus. Les doctrines sociales sont plus souvent des négations, que des représentations de la réalité.

EMMANUEL TODD.

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30 réflexions sur “Pourquoi la France déteste-t-elle Malthus ?”

  1. Article 5 de la loi en vigueur du 05 décembre 1974 au 20 janvier 1991 : « Toute propagande antinataliste est interdite. Toute publicité commerciale concernant les contraceptifs est interdite, sauf dans les publications réservées aux médecins et aux pharmaciens. »

    Modifié par Loi n°91-73 du 18 janvier 1991 – art. 7 () JORF 20 janvier 1991 : « Toute publicité, sous quelque forme que ce soit, relative aux préservatifs et aux autres contraceptifs, est soumise aux dispositions de l’article L. 551 du code de la santé publique. »
    Article L551-1 : La publicité définie à l’article L. 551 ne doit pas être trompeuse ni porter atteinte à la protection de la santé publique. Elle doit présenter le médicament ou produit de façon objective et favoriser son bon usage. Elle doit respecter les dispositions de l’autorisation de mise sur le marché.

  2. @BGA :
    arrête donc de te rebeller contre un adversaire « supérieur » tel que lui qui lit Arthur Schopenhauer (philosophe que j’ aime bien d’ ailleurs)
    Il nous dépasse de 1000 coudées dans l’ argumentation , seule sa parole est d’ or : il dit que la loi malthusienne (je suppose l’ indispendable adéquation entre ressources disponibles et chiffre de population) dégage un fumet nauséabond : il a donc raison puisqu’ il est de gauche
    C’est comme cela , mon garçon 😂😁😎

    1. Aujourd’hui encore, je me suis adressé deux fois au Responsable de ce site, rédacteur et modérateur et en même temps. J’essaie juste de voir jusqu’où la théorie d’Einstein est vraie (celle au sujet de la connerie humaine, infinie, sans limite).
      Ceci dit, et s’il a envie de le dire… je serais curieux de savoir si Michel Sourrouille est fier (ou pas) de son travail. Et quel bilan il tire de toutes ces années qu’il a consacrées à faire durer ce site.

      1. Je vois que le ménage a été fait. Je ne vais pas chipoter sur des détails, de 48 commentaires on est passé à 28, certains ont été élagués pour n’en garder que l’essentiel, bref on y voit un peu plus clair dans ce grand n’importe quoi.
        J’aurais toutefois aimé savoir si le Boss de Biosphère était fier de lui, ou pas.
        Et tant qu’à bien faire, savoir s’il est fier ou pas de ses deux apôtres. S’il les trouve compétents, brillants etc. bref apte à diffuser et défendre la Bonne Parole. Ou au contraire, s’il les juge plutôt contreproductifs, pour ne pas dire nuls à chier.

        Michel C.,
        la modération de ce blog ne porte pas de jugement sur les personnes, mais essaye d’estimer si le contenu d’un commentaire est adapté ou non à l’article proposé, ce qui n’est pas le cas de votre commentaire ici présent,

  3. Esprit critique

    Et qui donc sont ceux qui détestent les «humanistes autoproclamés» ?
    Et en même temps qui détestent les religieux radicaux… exceptés bien sûr certains dogmatiques. Quant aux commerçants (multinationales , grosses boîtes), alors là vous avez une sacrée longueur de retard. N’allez surtout pas croire que leur survie dépend du Nombre de cons-sots-mateurs.

    1. Les malthusiens détestent les humanistes de carnaval , les religieux radicaux et les mondialistes .
      Les commerçants ont besoin des consommateurs pour pouvoir distribuer des dividendes à de gras actionnaires : expliquez – moi alors pourquoi ils n’ arrêtent pas immédiatement leurs activités pour aller sous le soleil d’ Acapulco

  4. De toute façon, tout ça se terminera en boucherie ! Et c’est facilement démontrable. En effet, c’est impossible d’appliquer un vrai programme politique économique et écologique malthusien, car il faudrait que les malthusiens remportent plus de 51% des élus dans un pays. Or on aura jamais 51% d’élus, aucun candidat ne réunira assez d’électeurs autour d’un programme de décroissance, ou alors il faudrait que ces candidats dissimulent leurs intentions décroissantes pour accéder au pouvoir, mais même dans ce cas ce sera problématique car l’opposition rappellera qu’ils n’ont pas élus sur un tel programme, donc il y aura encore des motions censures et le conseil constitutionnel qui fera barrage. Et même en surmontant toutes ces difficultés, au mieux on ne sera élu qu’une seule fois soit environ 5 ans de mandature après on serait écarté définitivement du pouvoir, et les électeurs rétabliront des croissantistes.

    1. Alors que Michel ne se fatigue pas à s’égosiller dans les commentaires contre les malthusiens, il n’a rien à craindre de nous ils ne parviendront jamais au pouvoir, et encore moins durablement ! Je le sais !

      Néanmoins, il n’en demeure pas moins que la décroissance s’imposera d’elle-même suite aux déplétions de ressources. Mais même dans cette configuration là, ça ne va pas bien se passer, il y aura systématiquement des conflits d’usage sur les ressources restantes ! Autrement dit, les seules mesures décroissantes que la population consentira, consistera à vouloir diminuer le pouvoir d’achat des autres mais pas le sien ! Les motards diront qu’il faut supprimer les bateaux de plaisance mais pas les motos, les propriétaires de camping car diront de supprimer les jets privés mais pas les camping car. Les propriétaires de yacht diront de supprimer les voitures diesel mais pas les yacht,

    2. Parti d'en rire

      – « De toute façon, tout ça se terminera en boucherie ! Et c’est facilement démontrable. » ( BGA À 11:29)

      J’adoooore tes « démonstrations » !

      1. Il y avait déjà d’énormes conflits en période de croissance pour le partage des ressources naturelles, le pouvoir d’achat, de l’accès à ceci ou cela (hôpitaux, internet, logements sociaux, etc). Sans compter les nombreuses guerres pour contrôler les ressources naturelles ! Or penses tu vraiment que ça va bien se passer lorsque les ressources naturelles vont décroître ? Est ce que tout va bien se passer dans nos banlieues, lorsque les habitants de ces quartiers devront renoncer à la bagnole, au carburant, au chauffage, à la viande, la nourriture bon marché ? Raconte nous ? Tu crois que tous ces habitants vont se tenir à carreau et accepter de la perte de pouvoir d’achat en restant sages comme des images ? Ou alors la violence, les vols, les cambriolages; le proxénétisme, le banditisme vont augmenter ? Répond honnêtement !

  5. @ Esprit critique & Parti d’en rire

    Pourquoi la France déteste Malthus ? Bah il n’y a pas que la France qui soit Malthusophobe ! Comme dirait nos sociologues « Par définition tous les fans du pouvoir d’achat sont Malthusophobes, et tous les fans du pouvoir d’achat stigmatiseront les Malthusiens ! » (Hi ! Hi ! Hi ! Que c’est drôle d’utiliser le jargon socialo-communiste ! Remarque en parlant leur langage j’ai peut être une chance de me faire comprendre auprès d’eux ?) Autrement dit tous les pays du monde détestent Malthus, sauf un le Tibet par les Bouddhistes suivant le courant du Dalaï-lama pour qui il faut renoncer aux plaisirs afin de se détacher de tout aliénation ! Et oui renoncer au pouvoir d’achat c’est renoncer aux plaisirs ! Autant dire que Malthus n’est pas prêt de récolter beaucoup de partisans ! Même si Malthus remportera la victoire !

  6. Détestation de Malthus ? Tout d’ abord , par qui serait-il détesté ? ===>
    a). Les humanistes autoproclamés , ces hypocrites patentés faisant croire que les (neo)malthusiens sont des eugénistes ou des massacreurs potentiels de familles jugées trop nombreuses par eux : ce sont en général des gauchistes (autrement dit des malades mentaux irréversibles)

    b). Des religieux radicaux (chrétiens , juifs ou muzz) ou des marchands d’ orviétan (sectes religieuses) qui dépendent des familles nombreuses pour maintenir intact le nombre de leurs adeptes et la qualité de la lobotomisation par la religion .

    c). Les commerçants (multinationales , grosses boîtes) dont la survie dépend du nombre de clients dont ils disposent : au plus ils sont nombreux , au plus leur chiffre de ventes et donc leur marge bénéficiaire augmente .

    Déétestez donc le génial pasteur : dame nature , la malthusienne par excellence , vous règlera votre compte tôt ou tard 😁💀💀

  7. Esprit critique

    Décidément, et je l’ai dit hier (À 19:24), ce type m’inspire. Je ne parle évidemment pas du sinistre pasteur, mais de cet intellectuel italien, membre du Club de Rome, entre autres :
    – La surpopulation : Êtes-vous sûr que c’est un problème ignoré ?
    ( Par Ugo Bardi – 23 juillet 2020 – lesakerfrancophone.fr )

    De la même manière, je réponds à la question par une autre question (c’est mon droit) :
    – Êtes-vous sûr que la France déteste Malthus ?

    Si oui… alors pourquoi, et déjà, c’est en France et aux Pays-Bas que se développent les thèses néomalthusiennes, à la fin du 19ème siècle ? Pourquoi ne se sont-elles pas plutôt développées en Espagne, ou en Allemagne, par exemples ?

    1. – « La France est, avec l’Union soviétique, l’un des deux pays du monde où Malthus et son Essai sur le principe de population sont le plus universellement détestés » (Emmanuel Todd)

      Ce qui veut dire, déjà, qu’il n’y a pas que ces deux pays. Par contre ces deux-là se distingueraient des autres par une sorte de consensus local dans cette soi-disant détestation. J’imagine que Tood a des chiffres pour prouver ce qu’il affirme, des résultats de sondages peut-être. On comprend de suite, qu’en fait, il ne s’agit d’abord là que d’un débat (voire «débat», combat) entre intellectuels. Et derrière tout ça il y a les cultures, locales, les religions etc. qui expliquent pourquoi, par exemples, les Musulmans détestent le cochon, les British détestent les grenouilles, les Espagnols aiment la corrida etc. etc.
      Et pourquoi le Capitalisme est né en Occident, et non pas en Chine, pourquoi il se développe en Angleterre etc. etc. Exactement comme le Malthusianisme.

    2. Parti d'en rire

      Bon d’accord, ON pourra peut-être me dire que j’attelle la charrue avant les boeufs, mais que voulez-vous… je suis infoutu de répondre à la première.
      Alors, en attendant, que quelqu’un daigne répondre à ces trois questions posés précédemment ( À 09:13 ), je propose une réponse au second POURQUOI.
      Si… les Espagnols, comme les Allemands, notamment les intellectuels de ces deux pays, n’ont pas daigné discuter la théorie de Malthus, sa fumeuse «loi» etc. etc. alors c’est peut-être, je dis bien peut-être… parce que son odeur faisait chez eux consensus.
      La trouvant tellement nauséabonde, ils n’auraient donc pas jugé utile de perdre du temps à s’emmerder et se pourrir la vie avec ça. L’affaire était pour eux, tout simplement et tout connement, entendue ! Ce qui pourrait alors confirmer ce célèbre lieu commun : Des goûts et des odeurs on ne discute pas.

      1. Question odeur nauséabonde , vous en tenez une fameuse , celle de la décomposition intellectuelle de gauche et celle-là , elle est pestilentielle
        Elle plane sur ce pays avec ténacité : il faudra des décennies pour purifier l’ air des miasmes de cette idéologie de grands malades .
        Je ne parlerai pas du remède à administrer car ce serait pire que celui que Pinochet administra en son temps aux cagueurs communistes , ces détritus humains
        Encore une chose , on se fout de vos questions à la con

      2. Esprit critique

        Marcel dixit : « Lorsque l’on se rend compte que l’adversaire nous est supérieur et nous ôte toute raison, il faut alors devenir personnel, insultant, malpoli. »
        Cela consiste à passer du sujet de la dispute au débateur lui-même en attaquant sa personne : on pourrait appeler ça un argumentum ad personam pour le distinguer de l’argumentum ad hominem, ce dernier passant de la discussion objective du sujet à l’attaque de l’adversaire en le confrontant à ses admissions ou à ses paroles par rapport à ce sujet. [etc.]»
        ( Ultime stratagème – L’Art d’avoir toujours raison – Schopenhauer )

  8. Parti d'en rire

    Pourquoi, pourquoi, POURQUOI ? C’est en effet la SEULE question qui vaille !
    Que l’on devrait se poser à longueur de journée. Pour tout et n’importe quoi !
    – Pourquoi devrais-je répondre aux questions cons ?
    – Pourquoi devrais-je bosser, consommer, voter, bêler, marcher dans les clous etc. etc. ?
    – Pourquoi ai-je besoin de faire autant le con ?
    – Pourquoi la chatte à la voisine me plait-elle autant ?
    – Pourquoi cette blonde aime-t-elle les chats ?
    – Pourquoi déteste-elle autant les zétrangers ?
    – Pourquoi la France déteste-t-elle Malthus ?
    – Pourquoi les British détestent-ils les grenouilles ?
    – etc. etc. etc.

  9. Le problème de Malthus c’est qu’il ait eu raison trop tôt ! C’est à dire qu’on n’avait pas encore déterré toutes les énergies fossiles du sol lorsqu’il s’est prononcé. Alors du coup il aura raison trop tard, lorsque tous les dégâts environnementaux et humains seront faits ! Autrement dit, il faudra attendre que la dilapidation des ressources parviennent à son terme et qu’on aboutisse à Guerres, famines et épidémies pour qu’on se résigne à l’écouter. Voilà on en est là ! Ensuite la population croît plein d’absurdités, par exemple elle croît que les malthusiens souhaitent la décroissance, alors que dans les faits on ne la souhaite pas, on la sait inéluctable et on veut l’organiser pour réduire les dégâts et les conflits que provoqueront l’épuisement des ressources naturelles, bref on veut réajuster la consommation à temps.

    1. Ensuite la population croît que la croissance se décide par la simple volonté politique, qu’il suffit de voter pour un parti croissantiste et les hommes politiques mettront tout en œuvre pour mettre en place la croissance. Et pour preuve voici le titre d’un article de le Point cette semaine = « La décroissance est un mythe ! » Or les politiciens ne servent strictement à rien dans le processus soit de croissance soit de décroissance, ce sont les agents privés qui organisent l’extraction de ressources naturelles, les mêmes agents privés qui transforment les ressources naturelles en produits finis en produits manufacturés, puis ce sont les consommateurs qui cautionnent le système par leurs actes d’achat. Les politiciens ne font qu’encourager le mouvement croissantiste dans l’espoir d’en tirer plus de taxes et impôts c’est tout !

    2. Mais ce ne sont pas les politiciens qui décident de la croissance ou décroissance, mais ce sont les stocks disponibles de matières premières qui définissent s’il y aura croissance ou décroissance ! Or on ne pourra JAMAIS négocier ni carotter, ni blouser, ni escroquer, ni menacer, ni voler, ni faire du chantage à Dame Nature pour qu’elle nous fournisse davantage de ressources naturelles, il faudra se contenter des quantités disponibles définies une bonne fois pour toute, on n’aura ni plus ni moins ! J’aurai du ajouter aussi qu’il est inutile à nos socialo-communistes de procéder à des quantitative easing de monnaie, car Dame Nature est incorruptible puisqu’elle n’acceptera pas cette fausse monnaie pour fournir davantage de ressources naturelles !

    3. Ensuite dernière croyance en l’utopie collective de la croissance infinie par notre population = la foi en progrès ! Bref, la population attribue des pouvoirs magiques à nos physiciens et ingénieurs en pensant que ce sont des Dieux qui peuvent faire plier les lois et limites physiques et même les remodeler à leur avantage à leur guise à tout instant. Mais désolé de les décevoir, mais nos physiciens et autres ingénieurs devront obéir aux lois et limites physiques ! Ils ne décident de rien du tout ! Pour inventer leurs technologies ils devront obéir aux lois et limites physiques, un point c’est tout ! Rien ne pourra changer cette règle pas même des extra-terrestres ne pourront nous aider, car les lois et limites physiques sont partout les mêmes dans l’Univers !

    4. Et oui politiciens comme scientifiques ne sont en aucun cas des Dieux, beaucoup de gens le croient, mais ce n’est pas le cas, des politiciens et des scientifiques restent humains, ça rote, ça pète, ça râle, ça ment puis ça se trompe beaucoup et souvent aussi ! Bref politiciens et scientifiques sont flattés que la population les prennent pour des Dieux car les médias les ont aidé à prendre le melon mais il n’en demeure pas moins qu’ils ne pourront jamais ô grand jamais violer les lois et limites physiques ! Mais comme dit si bien Yves Cochet, on verra bien qui rira le dernier ! En effet, politiciens et scientifiques pètent plus haut que leur Q mais lorsque toutes les ressources naturelles seront épuisées la Disgrâce les attend au tournant ! Finalement ils se révéleront être les plus impuissants du monde !

    5. Sinon il ne reste qu’à nos croissantistes qu’une dernière solution, qui elle aussi ne sera que temporaire, améliorer l’efficacité énergétique, bref extraire un peu plus de force motrice pour la même quantité de matière injectée. MAIS, il ne faut pas se leurrer, nos prétendus dieux ne parviendront pas à améliorer l’efficacité énergétique au-delà de 1% pour les 50 prochaines années ! Autant dire que ça ne prolongera pas de beaucoup de temps la partie d’Échec engagée par Malthus. Si on peut dépasser ce 1% d’efficacité énergétique mais en réduisant la vitesse et la taille des voitures par exemple, or dans ce cas précis ça revient à dire qu’on organise la décroissance ! Quel désaveu pour eux !

    6. Certes jusqu’à présent les scientifiques et politiciens ont annoncé avec un sourire narquois Échec à Malthus, mais ce n’est pas le plus important, l’essentiel est la victoire finale et ce sera Malthus qui pourra annoncer Échec et Mat pour remporter la partie, même si ça sera à titre posthume !

    7. Vu que dame nature nous a largement pourvu en ressources , le temps d’ écoulement sera très long avant que les prévisions du génial pasteur ne se réalisent .
      Je plains les jeunes générations

      1. Oh ça va aller de plus en plus vite ! On a franchi tous les pics de production de toutes les ressources naturelles, sauf peut être du Thorium et du Charbon. D’autant comme on peut le voir actuellement, on fait marche arrière sur le peu d’effort qu’on aura fourni, par exemple beaucoup de régions rétablissent les 90km/heure au lieu des 80 sur les routes nationales. En l’occurrence on n’économisera pas de carburant par la réduction de vitesse ni le poids des voitures et les 130km/heure resteront effectifs (d’ailleurs en Allemagne le no-limite de vitesse restera aussi effectif). Ensuite une autre méthode consiste à recycler les ressources mais c’est très mal barré, car ça exige plus d’énergies pour recycler les matériaux que de les extraire directement du sol !

      2. Et encore le recyclage possible est très limité ! Par exemple, c’est quasiment impossible de recycler tous les métaux, notamment les alliages, car ça exige de produire de plus hautes températures pour séparer les métaux mélangés qu’il n’aura fallu d’énergie pour les fusionner ! Ce qui explique que les métaux recyclés ne sont que des barres métalliques d’acier de mauvaise qualité qui serviront à produire du béton armé. Ce qui veut dire qu’on ne pourra pas récupérer les métaux plus ou moins précieux mélangés à cet acier afin d’en faire d’autres usages comme pour la robotique et l’électronique. En résumé, à terme il u aura des pénuries de métaux pour les technologies.

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