Sobriété ou Nucléaire, E. Macron a tranché

La sobriété énergétique est la seule façon de sortir du nucléaire, mais notre président de la république ne le sait pas encore.

Perrine Mouterde et Adrien Pécout : Le chef de l’État a annoncé le 9 novembre sa décision de « relancer la construction de réacteurs dans notre pays ». Le projet vise à « garantir l’indépendance énergétique de la France (…), l’approvisionnement électrique de notre pays et atteindre nos objectifs, en particulier la neutralité carbone en 2050 ». L’annonce reste vague : aucune date n’a été donnée pour un début de chantier, et le nombre de réacteurs envisagés n’a pas été précisé. Jusqu’à présent, l’exécutif avait toujours assuré qu’aucune décision concernant la construction de nouveaux réacteurs ne serait prise avant la mise en service du réacteur EPR de Flamanville… qui ne sera pas opérationnel avant 2023. Mais à la veille de l’annonce présidentielle, EDF a fait savoir que la filière « serait prête » en cas de commandes de nouveaux réacteurs. « Ce qui est désespérant, c’est que le paravent climatique occulte tous les autres enjeux, déplore Yves Marignac, porte-parole de l’association NégaWatt.

Lire, agir pour une planète dénucléarisée

FNE, 9 novembre 2021 : L’annonce par le Président de la République de la construction de nouveaux réacteurs nucléaires en France n’a pas de base légale. En effet, la politique énergétique nationale est construite sur le long terme au sein de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) qui fixe, de manière normative, les objectifs quantitatifs servant à lancer des appels d’offres pour des installations de production d’électricité. La PPE actuelle ne prévoit pas de construction de centrales nucléaires nouvelles et court jusqu’en 2023. Autrement dit, avant cette date, et l’adoption d’une nouvelle PPE, aucun appel d’offre pour la construction de nouvelles centrales nucléaires ne pourra être lancé. RTE et NégaWatt ont publié récemment des scenarii énergétiques à l’horizon 2050 visant à atteindre la neutralité carbone. Ces différents scenarii proposent un éventail d’hypothèses et plusieurs d’entre eux reposent sur une sortie du nucléaire. Ils doivent nourrir le débat démocratique national sur l’avenir énergétique de la France et son indispensable action climatique dans le cadre de la préparation de la prochaine PPE. Ce débat doit être un débat de société, ce que la loi prévoit.

Emmanuel Macron aurait mieux fait de lire les commentaires sur le monde.fr avant de se nucléariser :

Doud01 : Non, ce n’est pas être un grand président que de prendre seul, sans débat national, une telle décision, qui engage le pays pour des générations ! Et en plus, de sa part, c’est une volte-face, lui qui jusqu’à présent affirmait qu’il fallait attendre la mise en service de Flamanville pour pouvoir décider, ce qui semblait du simple bon sens !

Bolzano : La blague du jour fera ma journée: le « savoir-faire industriel français à travers le monde » en parlant de la construction d’EPR, c’est de l’antiphrase bien plus que de la litote ! Vive la technologie française capable de tripler les délais et les coûts (et plus si affinités), de produire à trois fois le prix du marché, et de continuer à exploiter des centrales sur des fleuves qui n’auront plus le débit d’eau nécessaire dans un climat qui ne permettra plus de les refroidir. L’important c’est d’y croire, les shadoks disaient « plus ça rate, plus ça a des chances de marcher après », donc après l’EPR qui a raté au-delà des espérances des antinucléaires, vive l’EPR 2 !

R.Berr : Indépendance avec le nucléaire ? L’uranium est-il produit en France ?

Trojika : Les réserves mondiales d’uranium nous permettront de nous approvisionner que pour une centaine d’années. Hors la Chine va construire 150 réacteurs en 15 ans, et d’autres pays vont certainement suivre.

Gustave Antoine : Il est incroyable combien les officiels de notre pays occultent la question de la sécurité : risque faible mais réel et, si tel était le cas, aux conséquences majeures, d’un accident nucléaire significatif ; et ce sparadrap des déchets nucléaires, dont on voudrait nous faire croire qu’on sait les traiter alors que personne ne sait comment traiter des déchets hautement radioactifs à vie longue. La solution d’un stockage profond et irréversible des déchets est la chimère des chimères : aucun scientifique ne peut savoir comment vont se comporter, sur une durée de centaines ou milliers d’années, les couches géologiques dans lesquelles on aura enfoui les déchets. Et nos lointains successeurs en auront-ils conservé la disposition de l’inventaire ? Quant aux coûts, le coût complet du nucléaire, non subventionné, est déjà plus élevé que celui des énergies renouvelables, pourtant non encore matures ! Hinkley est déjà à 150 € le mWh.

LaSomme : Outre les déchets du nucléaire « classique », la sécurité est trop fragile, que ce soit vis à vis d’agressions délibérées ou des risques naturels, dont la violence imprévisible a déjà frappé de façon catastrophique. Surtout quand l’ensemble doit être inscrit dans une logique économique, qui crée des limites à la couverture des risques. Exemple: la centrale de Blaye a déjà été partiellement inondée en 1999 et nous avons évité d’extrême justesse un Fukushima français.

Hdrp : L’EPR Français a 10 ans de retard, le coût a été multiplié par 3… L’EPR finlandais lui aussi a vu son coût multiplié par 3, et l’État Français a du mettre la main à la poche. Il sortira avec plus de 12 ans de retard. L’EPR Anglais qui en est au début des travaux a déjà pris 5 Milliards de surcoût et 18 mois de retard… Mise en service prévue en 2026… On a le temps d’avoir des retards. Alors ok, étonnamment en Chine tout va bien… se dire que les normes de sécurité ne sont pas les mêmes est une évidence. Et ça c’est pour l’EPR 1 qui est donc parfaitement maîtrisé. Vive l’EPR 2 ! Et avec en prime le fait qu’on n’a tjs pas industrialisé la mise en sécurité des déchets longs… Merci à nos descendances de bien vouloir gérer la poubelle qu’on leur lègue.

Ulysse : « Barbara Pompili, pourtant connue pour son opposition au nucléaire.  » La ministre de l’écologie avale boa sur boa. Elle vient de renoncer à voter une résolution de la COP26 sur les livraisons en camionnettes électriques, sous prétexte que les territoires ne sont pas prêt !

Siropderable : A ceux qui poussent des cris d’orfraies : que proposez-vous pour éviter des pénuries énergétiques à moyen terme ? Êtes vous donc tous si vieux que vous ne vous sentez pas concernés ?

il était temps @Siropderable : La sobriété. On peut également lancer une politique volontariste sur la mobilité en favorisant les transports collectifs plutôt que la voiture individuelle électrique. L’argent nécessaire à la construction des centrales nucléaires pourraient être dirigées vers la construction d’éolienne, de géothermie, de centrale solaire, d’hydrolienne…

Lire, Notre défi, 100 % de sobriété énergétique en 2050

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15 réflexions sur “Sobriété ou Nucléaire, E. Macron a tranché”

  1. Ben oui pas le choix que d’utiliser le nucléaire ! Ce n’est certainement pas avec des moulins à vents et des panneaux pompelaires qu’on va pouvoir accueillir et entretenir, par des allocs et logements gratos, les quantitatives easing de migrants de nos chers gauchistes…

    1. Parti d'en rire

      Ah bon… et c’est là tout ce que t’as trouvé ?
      Et tu crois que c’est la Raison pour laquelle Macron a tranché ?
      Bon courage en tous cas pour nous le «démontrer».
      Tout Champion de l’Argumentation que tu es. 🙂

  2. – « Oui, on voit ainsi que la parole de certains hommes politiques est complètement discréditée. On peut mentir en toute impunité. »(D. BARTHES11 NOVEMBRE 2021 À 15:26)

    Oui et ce n’est pas nouveau. Et ça ne vaut pas que pour les politiques, ni que pour la parole, qui de plus est aujourd’hui enregistrée. C’est pareil partout, aujourd’hui la parole (d’honneur) c’est ringard, juste réservée à des vieux cons comme moi. Et c’est la même chose avec les signatures, pactes, accords, règles etc. dont on peut voir depuis un moment comme ce «joli» monde s’en torche allègrement. Aujourd’hui une parole, une promesse, un accord etc. ne valent à la limite qu’à un instant T. Dès l’instant d’après on peut nous expliquer que le contexte a changé, que «nous sommes en guerre», en crise, et patati et patata.

    1. J’oubliais un détail, la Voix du Peuple. De ça aussi notre «joli» monde s’en bat les cou… ! N’oublions pas le référendum sur cette constitution à la con.
      Partant de là il ne faut pas s’étonner que la confiance ne soit plus là (sans confiance tout s’écroule), ni d’un tel taux d’abstention, du Prafisme (voir Brice Teinturier), de la montée d’un certain populisme etc. Bref il ne faut donc pas s’étonner d’un tel malaise ni de ce grand n’importe quoi. Tout ça s’auto-alimente et nous fait sombrer toujours plus profond.

      Raison suffisante pour REFUSER de participer à toutes ces énormes FARCES !
      Parmi lesquelles : les élections (pièges à cons), les grandes messes, les consultations publiques, «débats» publics ou «citoyens» et autres conventions à la con.
      Disons-nous qu’il en va de notre crédibilité.

  3. Et encore s’il n’y avait que «chez nous». En Angleterre aussi c’est la même politique et le même grand n’importe quoi. Là aussi la Transition avance à marche forcée, là aussi les chantiers EPR accusent retards et surcoûts. Et là aussi ça ne les empêche pas de vouloir en construire d’autres.
    Là aussi les écolos sont sur le terrain, là aussi ils participent à ces simulacres de consultations et de débats, où là encore ils se heurtent à la mauvaise foi d’EDF et Compagnie.
    Là encore ces zécolos jouent le Jeu, ce jeu pipé. Et inévitablement certains d’entre-eux tombent dans le panneau, allant jusqu’à préférer des petites au lieu des grosses. En Angleterre on dit Small Modular Reactor (SMR). On dit aussi Small is beautiful. Misère misère !

    1. Et les meRdias de nous abuser, d’entretenir le flou, manière d’enfoncer le clou.
      – « Le fiasco des EPR, celui de Flamanville (Manche) en tête, l’a démontré : les centrales nucléaires de nouvelle génération sont énormes, hors de prix et en proie à des retards de construction à répétition. » (Le Monde 10/11/2021 : Au Royaume-Uni, Rolls-Royce se lance dans les « minicentrales » nucléaires )

      Comme si rabâcher le fiasco (ici celui des ENR) pouvait aider EDF et Compagnie, ou encore nos «dirigeants» à leur service, à éviter ne serait-ce que leur propre fiasco. Comme si c’est ça qui allait les faire renoncer à tous ces milliards, à tout ce Pognon et tout ce qui va avec.
      Moralité : Quoi que nous fassions et notamment comme nous faisons, nous aurons des grosses ET des petites. ET en plus, toujours plus, des éoliennes, en mer et sur terre etc. etc.

  4. Et alors, où est le problème ? Mais qui donc peut-il être encore surpris ? Macron est en campagne, il ne fait là qu’occuper le terrain, on dira que c’est de bonne guerre. Comme si nous ne les connaissions pas, et ne le connaissions pas, Macron ne fait là que nous tracer les grandes lignes de son programme. Quand je dis «nous» je parle bien sûr des gogos.

    Seulement pour que tout le monde comprenne, Manu devrait mieux nous expliquer.
    Et arrêter d’être vague. Par exemple avec ses histoires de vagues et de rappels. Si nous avons réellement besoin d’une piqûre de rappel, Manu ferait d’abord mieux de nous rappeler que les promesses, et notamment les siennes, n’engagent que les gogos qui les croient. En s‘appuyant si besoin sur un exemple. Récent de préférence vu que le gogo a la mémoire courte.

    1. – « Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français, il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, et pour aller chez des amis. » ( Macron le 30 avril 2020 )

      1. Oui, on voit ainsi que la parole de certains hommes politiques est complètement discréditée. On peut mentir en toute impunité.

    2. Peut-être ce rappel permettrait-il alors de faire chuter le nombre gogos qui déplorent (ou font semblant de déplorer) que «Jusqu’à présent, l’exécutif avait toujours assuré qu’aucune décision concernant la construction de nouveaux réacteurs ne serait prise avant la mise en service du réacteur EPR de Flamanville…» et/ou que «L’annonce par le Président de la République de la construction de nouveaux réacteurs nucléaires en France n’a pas de base légale. » Parce qu’en attendant tout ça on s‘en fout. Tout ça ne fait rien avancer du tout !

      1. Bref, Manu (pas que lui bien sûr) devrait nous dire tout simplement, clairement et brillamment, qu’il n’y a bien sûr rien de nouveau sous le soleil.
        Nous dire qu’il n’est ni de gauche ni écolo, qu’il ne l’a jamais été et qu’il ne pourra jamais l’être, qu’il n’est ni pour la sobriété ni pour la sagesse, qu’il se fout tout autant de notre sécurité que de nos libertés, qu’il est pour les grosses (EPR) et en même temps pour les petites (SMR), pour le nucléaire et en même temps pour les ENR etc.
        Bref qu’il est seulement là pour maintenir l’Ordre Établi. En attendant, bien sûr.

  5. Décennie 1960, marquée par une série de pannes géantes d’électricité, « black-out » de New York en novembre 1965… selon l’industrie nucléaire les coupures de courant sont le symptôme d’une « crise énergétique » ; seul le nucléaire peut y remédier. L’expression « crise énergétique » apparaît comme un élément de langage contre le mouvement environnementaliste, alors farouchement opposé au nucléaire. Les premiers ouvrages sur la crise énergétique sont tous, avant 1973, rédigés par des promoteurs de l’atome. Le journal Science reprend l’argument : les environnementalistes sont responsables de la crise énergétique mais ils en seront aussi les premières victimes car « quand l’air conditionné et les télévisions s’arrêteront, le public se dira : “au diable l’environnement, donnez-moi l’abondance” ».
    En 2021 profiter de la « crise énergétique » pour relancer l’industrie nucléaire est irresponsable.

    1. Ah ça par contre, l’histoire et la généalogie de la «crise énergétique», ça oui c’est intéressant (lire l’article de Jean-Baptiste Fressoz 03 novembre 2021 dans Le Monde).
      Nous pourrions même nous amuser à compter le nombre de crises que nous devons endurer : crise énergétique, crise environnementale, crise diplomatique, crise politique, crise de confiance etc. etc. Sans oublier la crise d’hémorroïdes. Nom de dieu, ce que toutes ce crises font mal !
      Alors serrons les dents, en nous disant qu’après la pluie vient le beau temps. Hi-han !
      Le mot «crise» sous-entend un état seulement passager. Autrement dit une crise ne dure qu’un temps. En attendant, réjouissons-nous, les remèdes à la «crise énergétique» nous les avons. EPR, SMR, ENR, Hydrogène… en attendant le Cosmogol. 🙂

  6. Arnaud Schwartz, Président de France Nature Environnement : « S’il s’était exprimé en tant que candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron aurait été tout à fait légitime à se prononcer en faveur d’une relance du nucléaire. Cela aurait fait partie du débat politique. Le problème, c’est qu’il a annoncé cette relance du nucléaire en tant que Président de la République, ce qui est non seulement parfaitement hors du cadre légal, mais surtout une véritable insulte à l’intelligence démocratique.
    Les citoyennes et citoyens de ce pays méritent d’être maîtres de l’avenir énergétique et décarbonné de la France à travers un vrai et riche débat démocratique. C’est ainsi que l’on créera le consensus nécessaire pour relever cet immense défi de la lutte contre le dérèglement climatique »

    1. Encore un qui croit à la «légitimité» d’un Président de la Raie Publique, à «l’intelligence démocratique», au «débat démocratique», «vrai et riche» tant qu’à faire, sans oublier le con sensus. Encore un qui voit des «citoyennes et citoyens» là où il n’y a plus que des cons-sots-mateurs et matrices.

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