Ivan Illich et l’outil convivial

La convivialité selon Ivan Illich : « L’homme a besoin d’un outil avec lequel travailler, non d’un outillage qui travaille à sa place. Or il est manifeste aujourd’hui que c’est l’outil qui de l’homme fait son esclave. L’outil simple, pauvre, transparent est un humble serviteur ; l’outil élaboré, complexe, secret est un maître arrogant. L’outil maniable est conducteur d’énergie métabolique (endosomatique) ; la main, le pied ont prise sur lui. L’énergie qu’il réclame est productible par quiconque mange et respire. L’outil manipulable est mû, au moins en partie, par l’énergie extérieure (exosomatique). Il peut dépasser l’échelle humaine ; l’énergie fournie par le pilote d’un avion supersonique ne représente plus une part significative de l’énergie consommée en vol. L’outil maniable appelle l’usage convivial.

L’outil reste convivial dans la mesure où chacun peut l’utiliser, sans difficulté, aussi souvent qu’il le désire. Personne n’a besoin d’un diplôme pour avoir le droit de s’en servir. L’outil juste répond à trois exigences : il est générateur d’efficience sans dégrader l’autonomie personnelle, il ne suscite ni esclaves ni maîtres, il élargit le rayon d’action personnel. J’appelle société conviviale une société ou l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes. Conviviale est la société où l’homme contrôle l’outil. »

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2 réflexions sur “Ivan Illich et l’outil convivial”

  1.  » La maison avec parfois piscine et jacuzzi, la maison bien sûr équipée de toutes les machines ………ad nauseam. Quelle misère ! » 😋

    A lire: Quand la misère chasse la pauvreté. Majid RAHNEMA.

  2. L’esclave moderne bosse notamment pour payer sa sacro-sainte Bagnole qui lui coûte ce qu’on sait ; le crédit, le carburant, l’entretien, l’assurance, les PV, les parcmètres, les péages et le reste. L’esclave moderne dira qu’il a absolument besoin de cette machine pour aller bosser. Ivan Illich a développé le concept de « vitesse généralisée ». Chacun peut faire les calculs, intégrer tout ça et s’apercevoir que finalement sa si chère bagnole ne va plus vite qu’un vélo. En attendant, quand on ne gagne pas plus que ce coûte la bagnole… eh bien on dort dans la bagnole.
    Mais bien sûr l’esclave moderne ne bosse pas que pour sa bagnole, et généralement il dort dans un lit, un lit qu’il s’est payé en bossant. L’esclave moderne bosse donc aussi pour payer tout le reste. Pas seulement la bagnole de Madame, le scooter du gamin; et la trottinette électrique, et aussi le smartphone etc. etc. mais bien sûr aussi la nourriture, les fringues, les petits plaisirs comme on dit, etc. etc. Et bien sûr la maison. Avec comme on sait là aussi, tout ce que ça coûte ; les factures d’eau, d’électricité, d’entretien, les assurances etc. etc. La maison avec parfois piscine et jacuzzi, la maison bien sûr équipée de toutes les machines dont nos exclaves ont également absolument « besoin »… bien sûr la machine à laver le linge, et celle pour le sécher, et celle pour la vaisselle, et au moins deux ou trois télés, et autant d’ordinateurs, et l’aspirateur, et l’ouvre-boites et les volets électriques, et la tondeuse à gazon, et la station de pompage pour la piscine, et celle pour le jacuzzi etc. etc. etc. ad nauseam. Quelle misère !

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