Joe Biden, un anti-Trump climatique ?

Depuis le 4 novembre 2020, les États-Unis ont quitté l’accord de Paris sur le climat. Le négationniste du climat Donald Trump avait réussi son pari ! Cet accord étant entré en vigueur le 4 novembre 2016, Washington devait attendre trois ans avant de pouvoir notifier un retrait, avec un préavis supplémentaire d’un an. Joe Biden a réagi sur Twitter puisqu’on gouverne maintenant en messages de moins de 280 caractères : « Aujourd’hui, l’administration Trump a officiellement quitté l’accord de Paris sur le climat. Et dans exactement soixante-dix-sept jours, l’administration Biden le rejoindra ». Biden promet d’atteindre zéro émission carbone d’ici à 2035 dans la production d’électricité. « Plus de subventions à l’industrie des énergies fossiles ; plus de forages sur les terres fédérales ; plus de forages, y compris offshore », a-t-il répété pendant la primaire. MAIS il a précisé qu’il n’interdirait pas l’exploration par fracturation hydraulique. Il promet une taxe carbone aux frontières « sur les produits à forte intensité de carbone provenant de pays qui ne respectent pas leurs obligations », afin que « les travailleurs américains… ne soient pas désavantagés par rapport à la concurrence ». MAIS l’entourage de Biden a laissé entendre qu’en cas de crise économique grave, l’instauration de la taxe carbone – pénalisant le pouvoir d’achat des Américains modestes – ne serait pas mise en place. Joe Biden a qualifié le changement climatique de « menace existentielle », il s’est engagé à faire adopter un objectif de neutralité carbone des Etats-Unis d’ici à 2050. Sur la scène internationale, les États-Unis pourraient jouer un rôle-clé dans la diplomatie climatique … les États-Unis pourraient faire entendre dès 2021, au cours du G7 et du G20Les Américains pourraient également aider les pays en développement à augmenter leurs efforts. Avec Joe Biden, nous aurions une chance, si nous travaillons ensemble, d’éviter les pires impacts du changement climatique. C’est ce qu’on trouve dans les médias aujourd’hui.

Tout cela est bien restrictif, soumis à condition, écrit au conditionnel. Pire, on sait que l’accord de Paris de 2015 était déjà un faux semblant. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient et les politiques ne croient en rien de stable et de fiable. Pourtant les faits sont avérés, les émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique bouleversent le climat. Rappelons quelques dates-clés.

1985 : La conférence internationale sur le climat tenue à Villach conclut que les émissions de CO2 conduiraient dans la première moitié du XXIe siècle à une température que les hommes n’ont jamais connue. Des courbes sur 160 000 ans sont publiées le 1er octobre 1987 dans Nature.
1988 : James Hansen, directeur du laboratoire d’étude du climat de la NASA annonce devant le Sénat que l’ampleur des événements climatiques aux USA excède la variabilité naturelle du climat et que la Terre est entrée dans une phase de réchauffement dû aux activités humaines.
1990 : Premier rapport scientifique du GIEC (groupe Intergouvernemental d’experts sur le climat)
1992 : Le sommet de la Terre à Rio marque la prise de conscience politique de la nécessité d’instaurer un cadre international pour répondre à la crise climatique.
1995, première COP (conférence des parties) à Berlin. Elle prépare l’adoption, deux ans plus tard, du protocole de Kyoto,
1997, protocole de Kyoto : premier traité juridiquement contraignant destiné à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce texte ne fixe des objectifs contraignants qu’à 55 pays industrialisés, représentant 55 % des émissions globales de CO2 en 1990.

Quand la COP21 a eu lieu à Paris en décembre 2015, il y avait vingt et une années de parlottes ininterrompues pour un résultat négatif : les émissions de gaz à effet de serre n’ont cessé d’augmenter. La COP20 s’était achevé le 12 décembre 2014 à Lima sur ce constat : « La COP est entrée dans l’épais brouillard qui est devenu sa marque de fabrique. » Le texte préparatoire à la conférence mondiale sur le climat de Paris (COP21) avait été adopté à Bonn le 23 octobre 2015 : « Manque de lisibilité, version amputée de propositions clés, mise à l’écart de certains pays, peu d’avancées sur le financement des pays du sud par les pays du nord… » En fait il s’agit politiquement de faire semblant de régler les problèmes, cela démobilise les citoyens qui ne se sentent pas concernés. L’élection de Biden ne changera rien à la donne, nos générations futures vont souffrir d’une planète transformée en étuve, et ils n’auront plus de ressources naturelles suffisantes pour faire face aux besoins de base de 9 à 10 milliards d’humains. Bienvenüe dans le monde réel qui n’est pas celui des fake news, informations mensongères dont Trump était l’un des thuriféraires.

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20 réflexions sur “Joe Biden, un anti-Trump climatique ?”

  1. Le 8 novembre 2020 Le Parisien titrait « Etats-Unis : Joe Biden, un président écologiste, vraiment ? »
    La question fait sourire. « Bien sûr qu’il est écologiste ! » C’est ce qu’affirme sans hésiter Jean-Eric Branaa, auteur cet automne d’une biographie de l’ancien sénateur. Alors bien sûr qu’il l’est, comme Macron en quelque sorte. En tous cas Biden est bien plus écolo que Trump, là il n’y a pas photo.
    François Gemenne (chercheur en sciences politiques à l’université de Liège et à Sciences Po. et spécialiste des enjeux de gouvernance sur le climat) dit une chose plus intéressante : « Les présidents américains, qu’ils soient démocrates ou républicains, n’ont jamais été vraiment écologistes. Mais la différenciation vient du fait que les démocrates sont plus enclins à participer aux coopérations internationales […] Je ne pense que Biden soit anti écolo, mais je ne suis pas sûr pour autant qu’il ait vraiment cette fibre en lui ».

  2. Comme disait Jancovici les Cop 01 à Cop 23 ne servent à rien, car les États ne signent uniquement les efforts qu’ils sont déjà prêts à consentir avant d’arriver à la Cop.

    D’ailleurs on le voit très bien dans le texte, les États sont prêts à consentir d’arrêter d’émettre du Co2 entre 2030 à 2050… Des dates si lointaines ne sont pas un hasard. En effet, ils savent qu’ils ne pourront plus en émettre à partir de cette date. Par exemple, les Usa savent très bien que la durée de vie d’un puits de pétrole de schiste est de 18 mois en moyenne, comparativement à 50 ans en moyenne pour un puits de pétrole conventionnel, alors c’est facile d’interdire en signant un papier pour dire qu’on arrête d’extraire du pétrole de schiste en 2050 puisqu’on sait aussi en parallèle qu’on aura déjà fini de tout extraire sur notre propre sol d’ici cette date.

    1. Mais c’est pareil pour tous les pays, donc ces Cops ne servent à rien, les dates annoncées sont caduques et n’auront aucun effet. Puis pour reprendre l’exemple, les Usa une fois qu’ils auront tiré tout le pétrole de schiste sur leur propre sol, iront en extraire dans un autre pays.

    2. Si les COP ne servent à rien ce n’est pas pour la raison que tu évoques. Le pétrole avait encore de «beaux» jours devant lui. Et encore je ne parle pas du charbon. Les compagnies pétrolières sont certainement les mieux placées pour nous dire jusqu’à quand.
      – « D’après la compagnie britannique BP […] les réserves seraient suffisantes pour répondre deux fois à la demande actuelle, jusqu’en… 2050. D’autres experts vont plus loin. Si le prix du pétrole et la consommation mondiale se maintiennent au niveau actuel, il resterait 150 ans de réserves.» ( «À quand la fin du pétrole ? » sur Auto-moto.com)
      Ce n’est donc pas par hasard que certains pays «verts» se sont engagés à ne plus vendre de bagnoles thermiques en 2040. Et tout ça Jancovici le sait.
      Mais lui comme les marchands de Transition nous racontent ce qui les arrange. Afin de nous vendre du nucléaire, des éoliennes, des bagnoles électriques etc. Business as usual !

      1. 150 ANS ? tu as cherché le site de fake news qui annonce le plus gros chiffre en gros, il n’y a rien de détaillé dessus et aucune source, juste des déclarations brutes.

        Et même, en partant du principe qu’il en reste 150 ans, c’est une énorme quantité à court terme, mais une quantité ridicule à long terme. Il faut bien laisser des ressources pour les génération futures pour 200, 300, 500, 1000 ans voir plus. Pour moi ce n’est même pas une raison valable pour vouloir dilapider cette ressource qui est trop compliquée et onéreuse à remplacer.

      2. Et attend ce n’est pas tout, ton article sur ( «À quand la fin du pétrole ? » sur Auto-moto.com) a été rédigé par Jean Luc Moreau.

        Qui est Jean Luc Moreau ? Et ben il a son wiki, et que l’on apprend ? Ben que ce n’est qu’un simple journaliste qui a été jusqu’à déclarer, je cite le wiki =

        «  »En juin 2015, il publie un article très contesté2 sur le site Auto Moto et affirme que :

        « utiliser son vélo serait plus émetteur de CO2 que prendre sa voiture ».

        Cette idée est démentie par plusieurs journalistes nationaux » »

        Wouah ! Et t’appelles cet individu une source fiable ?

      3. En plus en relisant ton commentaire, primo Jancovici justement critique les éoliennes contrairement à ce que tu prétends; il ne cherche pas à en vendre. En outre, il préconise la sobriété et non pas un parc automobile électrique qu’il ne juge pas extensible à l’ensemble de la population tant française que mondiale.

        Puis en relisant ton article, en gros Michel se réjouit de devoir extraire du pétrole de schiste et du bitumineux, puisque l’auteur de cet article est parti de ce principe ! Par contre, Jean Luc Moreau qui raconte qu’on peut extraire du bitumineux et du schiste au même prix qu’aujourd’hui, on s’aperçoit que c’est bidon ! Ces pétroles de schistes et bitumineux coûtent beaucoup plus cher à extraire et sont beaucoup plus polluant.

        1. Réfléchis deux secondes avant de tirer, relis ce qui est écrit, analyse etc. Enfin si tu peux.
          D’abord je n’ai pas dit que Janco était marchand d’éoliennes. Tout le monde sait que Janco vend du nucléaire. Ensuite ce n’est pas «mon» article, ce n’est pas moi qui dit qu’il en reste pour 50 ou 150 ans. Ni d’ailleurs ce Jean Luc Moreau d’Auto-moto dont je me contrefous, ce Jean Luc Moreau qui lui aussi raconte ce qui l’arrange etc. Du pétrole il en reste encore pour des années, c’est BP (et pas que BP) qui le dit.
          Enfin, puisque tu es prof d’économie tu sais qu’il y a d’un côté l’Offre et de l’autre la Demande. Grace à ses tarots, bien meilleurs que les tiens, BP (et pas que BP) voit donc venir une baisse de la demande. Et donc, pour compenser ce manque à gagner, BP (et pas que BP) adapte son activité à la fumeuse Transition. Business usual tout connement !
          C’est bon c’est plus clair comme ça ? Non ? Eh ben tant pis !

        2. Misère misère

          C’est tout ce que t’as trouvé ? Laisse Mélenchon tranquille, laisse le où il est. Dis-nous plutôt ce que tes tarots te racontent. Dis-nous si Trump va partir gentiment, ou pas. Si Biden va nous déclarer la guerre, ou pas. Et si Macron va gagner les siennes, ou pas. Fais-nous rire quoi ! 🙂

  3. 2020, une année de merde ?
    Depuis maintenant des années et des années, chaque année on enregistre de nouveaux records. Du coup les records ne nous impressionnent même plus, je dirais plus ils nous fatiguent. Records des dépenses militaires, des dépenses publicitaires, de la fortune des milliardaires, records des températures, etc. etc. PFFF ! Marre de tout ça, Plus Rien à Foot !!
    Faut-il comprendre par là que le toujours plus nous fatigue ?
    Si c’est le cas il était temps. Bravo et Youpi !

    1. Cette année on n’aura même pas eu droit à la COP. Justement, elle devait se tenir en ce moment. Heureusement que nous avons Donald et Joe pour nous distraire.
      Pas de COP à Glasgow, du coup pas de «retombées économiques». C’est comme avec les J.O, le foot etc. Que voulez-vous, le Barnum c’est bon pour l’économie, pour le Business quoi. Moins de Barnum et de Business en 2020, du coup l’économie se casse la gueule.

    2. Pas de COP en 2020, du coup pas de parlotte. Pas de J.O en 2020 , pas d’Euro-Foot etc. etc. du coup au niveau mondial l’année 2020 se soldera par une baisse de 8,8% des émissions de GES. Comme par hasard, les accords de Paris disent qu’il faut les baisser de 7,6% par an. C’est formidable, bravo-youpi-champagne ! Continuons comme ça on va y arriver, n’est ce pas justement ce que demande le Pôple ?
      Que nenni, de tous les côtés ça pleurniche. Hier soir encore dans la boite à grimaces Bruno Lemaire invitait les cons sots mateurs à «beaucoup consommer». PFFF !!! C’est à plus rien n’y comprendre, misère misère.
      Alors, 2020 année de merde, ou pas ? En attendant, espérons que Biden nous éclaire. 🙂

  4. Mais y a-t-il un seul pays au monde qui ait l’intention de respecter ces accords ? Et si miraculeusement oui, y en a-t-il un seul qui ait les moyens de le faire ?
    Doit-on vraiment accuser Donald Trump d’avoir dit les choses noir sur blanc ou plutôt les autres chefs d’Etat de mentir pour verdir leur image ?

    1. Mouai… on peut le voir comme ça. Mais de là à dire que Trump dit les choses comme elles sont, qu’il ne ment jamais, qu’il est sincère, qu’il n’a rien d’un hypocrite etc.
      Bien sûr qu’il existe des pays qui ont l’intention, et les moyens, de respecter ces accords de Paris. Rappelons qu’ils ont pour objectif la réduction de moitié de la consommation de combustibles fossiles d’ici 2032. Et bien sûr tous les pays (signataires) ne sont pas logés à la même enseigne. L’UE par exemple, vise une réduction de 40% par rapport aux niveaux de 1990. Et là encore certains pays européens vont plus vite que d’autres. Le Danemark par exemple vise une réduction de 70% d’ici 2030.

      1. Pour Donald Trump j’ai juste souligné qu’il y avait une certaine cohérence entre sa non signature et ce qu’il pensait faire, je n’en ai pas fait un prix de vertu pour autant (mais en face non plus ne soyons pas naïf)
        Pour le reste il ne faut pas se focaliser seulement sur le taux de baisse, par ex la France qui a beaucoup de nucléaire et d’hydraulique, baissera forcément moins ses émissions que le Danemark, cela ne veut pas dire qu’elle est moins vertueuse, peut être au contraire puisqu’elle émet moins depuis plus longtemps.

        1. Bonjour Didier Barthès. Je suis d’accord avec vous. Vous pouvez constater que je ne suis jamais le dernier pour dénoncer l’hypocrisie, et bien qu’elle se fasse rare je crois savoir encore reconnaître la sincérité. Pour le reste, je suis encore d’accord. Ce ne sont pas seulement les promesses qu’il faut regarder, ni même les résultats en termes de chiffres (de quantités, de baisses etc.), mais les efforts.

  5. sur notre blog biosphere, Trump ou pas, le climat se réchauffera quand même

    Les USA génèrent 21 à 25 % des Gaz à Effet de Serre (GES) pour seulement 5 % de la population mondiale. Cela ne les empêche pas de réfuter tout limitation de leurs émissions de GES : « A partir d’aujourd’hui (1er juin 2017), les Etats-Unis cesseront toute mise en œuvre de l’accord de Paris (…) et du fardeau économique et financier qu’il impose à notre pays », a déclaré le salopard qui préside actuellement les USA. (et qui va nous quitter bientôt !)
    https://biosphere.ouvaton.org/blog/trump-ou-pas-le-climat-se-rechauffera-quand-meme/

  6. sur notre blog biosphere, Climat, TRUMP se trompe un peu, beaucoup, pas du tout

    En novembre 2012, Donald Trump avait qualifié les changements climatiques de canular lorsqu’il avait envoyé un tweet dans lequel il déclarait : « Le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois afin de rendre le secteur manufacturier américain non compétitif. »…
    https://biosphere.ouvaton.org/blog/climat-trump-se-trompe-un-peu-beaucoup-pas-du-tout/

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