Le rêve de l’automobile pour tous prend fin

La voiture pour tous émet des gaz à effet de serre, enferme les travailleurs et les conducteurs hors de la nature, utilise un pétrole en voie de disparition ou des agrocarburants en compétition avec l’alimentation, etc. Mais la voiture électrique ne peut promouvoir une « transition juste » sur le plan écologique et social, il faut fabriquer, distribuer et conserver l’électricité, tâche impossible à grande échelle. Alors pourquoi s’ingénier à vouloir redresser l’industrie automobile ? C’est pourtant ce que propose un rapport conjoint de la Fondation Nicolas-Hulot (FNH) et la CFDT-Métallurgie

« Le gouvernement a fixé à 2040 la fin de la vente des véhicules diesel et essence neufs pour atteindre l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Mais la décarbonation du secteur constitue un risque supplémentaire de chômage ; la fabrication des moteurs électriques requiert 60 % de main-d’œuvre en moins qu’un diesel et 40 % en moins qu’un essence… Mais une vaste restructuration de l’appareil productif français autour de « l’électromobilité » permettrait de produire 2,3 millions de moteurs, d’en assembler 2 millions et de produire environ 100 gigawattheures (GWh) de batteries d’ici à 2030. Ce serait 33 % d’emplois supplémentaires… si et seulement si les constructeurs localisent toutes ces activités en France. » Les commentaires sur lemonde.fr :

Pierr Charlo : L’article est centré sur le moteur de la voiture et pas tout le système technique et économique qui va avec.

Nawak : Il me semble en effet qu’on oublie la partie mécanique, ou que cela compte pour du beurre. Quid de tout ces mécaniciens et autres garagistes ? Certes, il y aura toujours les roulants (pneus, freins et amortisseurs), mais y a t il une amorce de réflexion pour ces catégories ? Plus de vidange et autre révision. Les pannes?

O-Sidartha : … et comment va t’on produire l’électricité?

Post it : J’entends beaucoup parler de la production des voitures électriques, mais quel silence sur les bornes de recharge. Et il y a du travail… pour l’instant, les voitures électriques sont très majoritairement chargées au domicile et chez ceux qui bénéficient de garages en copropriété équipés. Ce qui ne fait pas grand monde. Combien de bornes sont installés dans les « grands ensembles » et combien en faudrait-il en partant du principe qu’on ne va pas se lever en pleine nuit pour déplacer sa bagnole.

Nawak : Oui, gros problème en vue. Et je ne pense pas qu’on puisse recharger sa voiture électrique sur la route comme on peut le faire avec une voiture thermique. Bonjour les filles d’attente si une recharge rapide de 80% prend 30-40 minutes. 3 personnes devant vous et vous en avez pour l’après midi…Tant que peu de personnes on une voiture électrique, ça va. Mais quand ça ne sera plus le cas…

olivier abc : Vous avez raison, le challenge est entrain de passer de l’autonomie de la batterie à celui de la dispo des infrastructures de charge.

Michel SOURROUILLE : L’automobile est devenue le cancer de notre civilisation. Elle la ronge par sa prolifération effarante, anarchique et  dominatrice. Elle mutile, intoxique et tue. Elle casse les villes et dilapide la nature. Elle détruit l’homme et dégrade l’espace. Elle gaspille une énergie sans cesse plus rare et plus coûteuse. Présentée à tort comme le symbole de la prospérité, elle appauvrit l’homme dramatiquement, dans son environnement social et physique. Elle brise son cadre de vie collectif pour l’enfermer dans une petite carapace d’acier qui l’isole et exalte son agressivité en la cuirassant. Elle le ruine dans les biens immatériels essentiels : la santé, la sécurité, les joies de la nature, la beauté des paysages, le sentiment de la communauté. Alors pourquoi s’ingénier à vouloir redresser l’industrie automobile ?

Pour en savoir plus sur la voiture électrique :

20 juin 2021, Voiture électrique, le piège du cobalt

21 juillet 2019, Voiture électrique pour tous, faut pas rêver (synthèse)

Pour en savoir plus sur le dévoiturage :

1er novembre 2018, Biosphere-Info, Ivan Illich détrône l’automobile (synthèse)

9 mai 2017, Adieux à l’automobile, le dé-voiturage en marche

9 octobre 2012, Mondial de l’automobile, entropie et dévoituration

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9 réflexions sur “Le rêve de l’automobile pour tous prend fin”

  1. Bah, la voiture electrique est le meilleur moyen… de faire décroitre drastiquement le nombre de voitures en circulation ! Quelle est la marque la plus populaire en France actuellement ? Réponse : Dacia. Pour 8890 € vous pouvez acheter une Dacia Sandero neuve (prix affiché sur leur site web), qui est une berline avec une autonomie de 600 km dans sa version essence. Voyons maintenant le premier prix d’une électrique citadine comme la Zoe : 28540 € (prix sur le site de Renault). C’est le prix d’une berline premium façon Audi/Volvo mais pour une citadine avec une autonomie de 200 km, voire beaucoup moins. Quel est le pourcentage des salariés français qui ont les moyens de se payer une berline premium en 2021 ? C’est ce pourcentage là qui roulera en électrique. Mon interrogation se situe sur l’acceptation par les classes populaires de leur éviction de l’automobile par des moyens économiques…

    1. Esprit critique

      D’un certain point de vue, les classes populaires n’ont pas plus de souci à se faire que les classes supérieures. D’autant plus qu’elle fait partie intégrante de notre civilisation, la Bagnole a encore de beaux jours devant elle.
      La fin des moteurs thermiques pour 2040 ou 2035 c’est du pipeau. Les constructeurs annoncent ça pour verdir leur façade. En attendant ils continueront à fabriquer ces moteurs dans les pays où le marché de la Bagnole est en plein essor. En Afrique comme par hasard, là où ils comptent continuer à se faire un max de blé jusqu’au jour où il n’y aura plus de pétrole.
      D’autre part la fin (de la vente) des voitures à moteur thermique s’est transformée en «fin de la vente des voitures utilisant des énergies fossiles carbonées». Dans les pays «propres», comme la France, les moteurs thermiques carbureront donc aux biocarburants, qui tous comptes faits émettent plus de CO2 que l’essence ou le diesel.

    2. Esprit critique

      (suite) Pendant ce temps nos professeurs Shadoko continueront à tourner en rond avec leurs batteries révolutionnaires et leurs innovations à la con. Et puis un jour il n’y aura plus de pétrole. Et là il n’y a aura pas qu’à la Bagnole qu’il faudra dire adieu.
      Alors en attendant, rouler en bagnole va bien sûr coûter de plus en plus cher. Mais vu qu’elle ne sert bien souvent que pour trimballer le chauffeur sur quelques kilomètres, le vélo a lui aussi un bel avenir. Et pour peu qu’on l’aime électrique, le vélo, là encore il y a la Prime, la fameuse «aide». Mon dieu quel gâchis ! Bref, le tout électrique c’est comme le Covid. C’est «quoi qu’il en coûte».

  2. Didier BARTHES

    De toute manière, quand il n’y aura plus de pétrole, il n’y aura quasiment plus de voitures

    1. Esprit critique

      C’est évident. C’est d’ailleurs ce que nous laisse entrevoir la plupart des pubs pour la voiture «propre», peu importe la marque. On la voit toujours sur des routes désertes, toujours toute seule pour faire le plein à la borne, jamais d’embouteillages, et la nature est belle.

  3. N’oublions pas ce cabinet d’expertise qui participe lui aussi à entretenir le rêve de cette «transition juste», sociale, Démocratique, Décarbonnée et patati et patata et motorisée et en même temps, Transition piège à cons.
    – « Syndex est une société pionnière qui puise ses origines dans le mouvement de mai 68 et la lutte en faveur d’un dialogue social nourri et juste |…] Pour Syndex, être engagé c’est aussi agir favorablement sur son environnement. Le siège parisien du cabinet, situé dans l’éco-quartier de la Halle Pajol, est certifié HQE […] En mettant tout en œuvre pour installer les bases d’un dialogue social équilibré entre les représentants des salariés et leurs directions […] Syndex incarne le partenaire de confiance qui agit en toute indépendance. [et blablabla] » (Syndex, nos valeurs, notre histoire)
    C’est y pas beau et tout vert tout ça ? Tout y est, il ne manque rien. Business as usual !

  4. – « Alors pourquoi s’ingénier à vouloir redresser l’industrie automobile ? » (Biosphère)
    Pourquoi ? Ben c’est évident, non ?
    Poser des questions à la con nous donne de suite un air important. Qui de la poule et de l’oeuf ?
    Comment faire une omelette sans casser les oeufs ? Peut-on avoir le beurre et l’argent du beurre ?
    Et la jolie crémière, et en même temps ?
    Tous ensemble tous ensemble ouai ouai la CFDT Métallurgie et le Think Tank de la Fondation Hulot se sont donc attaqués à la question : Peut-on concilier climat et emploi dans l’industrie automobile ?
    Le think tank (groupe de réflexion) de la fumeuse fondation en question s’échine à réfléchir afin de sauver ce système, à la con, et le climat et en même temps. Être ou paraître, that is the question !

    1. Faut avoir des idées

      Pourquoi ? Pour sauver l’Emploi bien sûr ! L’Emploi, la CFDT, la FNH etc. tout en même temps. Le secteur automobile français a déjà perdu quelque 100.000 emplois avec les délocalisations. La fin programmée des moteurs thermiques en menace 100.000 de plus. Ce qui est inadmissible, inacceptable etc. Quant à l’idée de payer des milliers de personnes à ne rien foutre, elle est indécente, intolérable, inimaginable etc. Faut donc sauver tous ces emplois. Mieux, en créer plus si possible. En attendant.
      Et comment ? Déjà on relocalise. Comme ça demain la France sera championne de la batterie au topinambour. L’électrique et le topinambour, c’est l’avenir.
      Et puis le fameux rétrofit. On vire le vieux 4 cylindres à essence ou à gasoil et on monte à la place un gros et beau moteur électrique flambant neuf. Et avec ça on sauve l’Emploi et le Climat, et la CFDT et tout le reste et en même temps.

      1. Pas de pétrole, mais des idées !

        Encore mieux, on vire le moteur, thermique ou électrique peu importe, et on monte un double voire un quadruple pédalier. Et ainsi on réinvente la bagnole à pédales.
        Ou encore on vire le moteur et on monte 2 ou 4 sièges à la place. Et puis on attelle le bazar à un gros bourrin, ou plus si besoin, et on réinvente la diligence. Et les relais de poste et en même temps. Et on crée des centaines de milliers d’emplois de constructeurs et de réparateurs de chariotes en tous genres, de conducteurs et de dresseurs de chevaux et de boeufs, de maréchaux-ferrants et de castreurs de veaux etc. etc.

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