Les humains désarmés devant les virus

L’histoire humaine est une trop longue litanie d’erreurs catastrophiques, guerres fratricides, religions sans fondement, empereurs sanguinaires, dictatures totalitaires, colonialisme et volonté d’éradiquer la différence, pogroms et génocides, menace nucléaire, etc. etc. Les humains adorent s’entre-tuer, ce qui est une anomalie dans le monde animal. Il existe sans doute peu de verbes qui aient autant d’occurrences et synonymes que le fait de faire passer son prochain de vie à trépas.

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Comme l’extermination de l’homme par l’homme ne lui suffisait pas, l’humanité s’est attaqué à l’ensemble du monde vivant. Nouvelle erreur, on s’attaque à plus fort que soi.

Florence Rosier : Une énième vague qui déferle sur l’Europe. Les médicaments à base d’anticorps monoclonaux s’épuisent à tenter de suivre, en vain, les nouveaux variants que le virus ne cesse de forger contre nous. Bref, la lutte engagée entre les 7,9 milliards d’humains et le SARS-CoV-2, s’est enlisée dans une guerre de tranchée. Les personnes les plus vulnérables craignent de se retrouver « dans une impasse thérapeutique ». Depuis deux ans, tous les nouveaux variants tendent à échapper aux anticorps neutralisants. Cela, qu’il s’agisse d’anticorps induits par la vaccination, par une infection naturelle ou développés par les industriels du médicament. Nulle raison pour que cela s’arrête, c’est le processus naturel de l’évolution, qui favorise la sélection de variants ayant acquis un avantage leur permettant de se propager. Le Ronapreve, actif contre le variant Delta qui a porté les vagues de l’été et de l’automne 2021 en France, est devenu impuissant contre Omicron dès l’arrivée de ce dernier, en décembre.

Il en est des virus comme des microbes, ils sont encore plus résilients que nous. C’est le constat de Rachel Carson qui remonte à 1962 et qui n’a jamais été démenti depuis.

« Nous avons à résoudre un problème de coexistence avec les autres créatures peuplant notre planète. Nous avons affaire à la vie, à des populations de créatures animées, qui possèdent leur individualité, leurs réactions, leur expansion et leur déclin. Nous ne pouvons espérer trouver un modus vivendi raisonnable avec les hordes d’insectes que si nous prenons en considération toutes ces forces vitales, et cherchons à les guider prudemment dans les directions qui nous sont favorables. La mode actuelle, celle des poisons, néglige totalement ces considérations fondamentales… Le tir de barrage chimique, arme aussi primitive que le gourdin de l’homme des cavernes, s’abat sur la trame de la vie, sur ce tissu si fragile et si délicat en un sens, mais aussi d’une élasticité et d’une résistance si admirables, capables même de renvoyer la balle de la manière la plus inattendue… Vouloir contrôler la nature est une arrogante prétention, née des insuffisances d’une biologie et d’une philosophie qui en sont encore à l’âge de Neandertal….»

Le point de vue des écologistes : Nous ne gagnons rien que l’amère défaite à inventer des armes de plus en plus puissantes et meurtrières pour nous entre-tuer ou pour combattre le vivant. Il faut désarmer les individus et les nations pour faire confiance à l’art de la négociation, une caractéristique de l’espèce Homo sapiens. Quant aux microbes et aux virus, il faut cette fois faire confiance aux mécanismes de la sélection naturelle qui permettent à notre organisme de produire des anti-corps sans intervention de l’industrie chimique. Cela veut dire accepter un certain nombre de morts parmi les populations fragiles, mais ce n’est pas pire que les innombrables et trop jeunes « morts aux champs d’honneur » comme on aime à dire pour travestir la réalité.

Lire, Sélection naturelle, immunité et anti-vax

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1 réflexion sur “Les humains désarmés devant les virus”

  1. N'importe quoi

    – « une mère qui risque sa vie pour ses enfants en devenir. » ( Aymeric Caron )
    Désormais, c’est comme ça que le Véritable Écolo se doit de voir le moustique.
    Et après tout, un humain, un moustique, un microbe, un virus… où est la différence ?
    L’un comme l’autre a bien le droit de vivre, non ?

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