Ne faisons pas confiance à nos députés

Loin des querelles partisanes et des recherches d’une majorité, il faudrait rappeler l’article 27 de la Constitution française : « Tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres du parlement est personnel ». Chaque député, représentant du peuple français et non d’un chef de parti, est directement responsable de son vote. Il doit agir en son âme et conscience pour le bien commun de la nation, qu’il soit de droite, de gauche ou d’ailleurs. Encore faut-il qu’il soit compétent pour voter à bon escient. C’est loin d’être le cas !

Audrey Garric

Devant l’Assemblée nationale, trente-cinq scientifiques de renom se relaient pour sensibiliser les élus de tous bords aux crises du climat et de la biodiversité, et présenter des solutions. La démarche, apartisane, a vocation à s’adresser à l’ensemble des 577 députés. Le climat ou la biodiversité ne sont pas un problème d’opinion politique, mais de science. Mardi 21 juin, ils étaient 58 à s’être déplacés : 36 élus Nupes (dont l’intégralité des 22 du pôle écologiste et 13 « insoumis », accompagnés par Jean-Luc Mélenchon), 20 Ensemble ! (dont 13 de La République en marche, LRM), ainsi qu’un divers gauche et un divers droite. Aucun membre des Républicains ni du Rassemblement national à ce stade. Un élu ne doit-il pas être « en pleine conscience écologique » pour voter par exemple la loi de programmation sur l’énergie et le climat ? Or, selon une étude de l’Ademe, 20 % des parlementaires estiment que le changement climatique ne fait pas l’objet de consensus scientifique et la même proportion pense qu’il s’agit « uniquement d’un phénomène naturel qui a toujours existé »… alors que la totalité de la communauté scientifique compétente s’accorde sur le fait que le réchauffement est dû aux activités humaines.

Le point de vue des écologistes

YW ; Très bonne initiative ! Hallucinant que tant de députés soient autant à la ramasse aujourd’hui sur un sujet vital. Une formation devrait être obligatoire pour tous les élus …et tous les citoyens en fait.

MiamMiam : une formation offerte « aux nouveaux arrivants au Palais-Bourbon qui le souhaitent » Tout est dit…! Ce qui est littéralement de l’ordre de notre survie et celle du vivant est une étape facultative et anodine pour nos décideurs. On sauvera le monde plus tard, après tout.

paul duvaux : En fait c’est sur tous les sujets qu’il faudrait former les députés, avec un examen pour vérifier qu’ils ont bien appris l’essentiel. Cela devrait être une obligation légale de suivre des formations et la note de l’examen devrait être publique. Aujourd’hui les lois sont écrites par les lobbies et les parlementaires sont en général parfaitement incompétents.

Tofou : On peut être député, faire des lois, les voter et être un ignare concernant le monde dans lequel on vit. Cela explique beaucoup de choses et justifie pleinement que des organisations de citoyens fassent entendre leurs voix par d’autres moyens. Nos institutions ont été construites à une époque où le temps s’écoulait lentement et les connaissances limitées, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Marine Le Pen : « Tout ce qui va dans le sens de l’intérêt de la France et des Français, nous le voterons ; tout ce qui nous apparaît toxique ou néfaste, nous nous y opposerons. »

François Bayrou : .« Il y a des personnes à droite, à gauche, au centre, aux extrêmes. Nous avons à inventer l’harmonie pour que toutes ces sensibilités entrent dans la symphonie qu’est la démocratie ».

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6 réflexions sur “Ne faisons pas confiance à nos députés”

  1. La bonne blague !

    Je vous laisse imaginer la scène… Le prof en train d’expliquer le Climat à ses élèves.
    Gonéri Le Cozannet (l’un des auteurs du rapport du GIEC) en train d’expliquer à Maud Gatel (députée MoDem), qui l’écoute, concentrée (sic Audrey Garric sur Le Monde) :
    – « Il ne faut pas voir la transition écologique comme une menace, mais une opportunité pour améliorer la qualité de vie en préservant notre avenir ».
    Con centrée… certainement pour éviter d’éclater de rire.

  2. – « Or, selon une étude de l’Ademe, 20 % des parlementaires estiment que le changement climatique ne fait pas l’objet de consensus scientifique [etc.] » (Audrey Garric)
    D’un autre côté (Yahoo Actualités 23 juin 2022) on nous dit : « 18%. C’est le nombre de députés qui considèrent que l’humanité n’est pas responsable du réchauffement climatique, d’après un rapport de l’Ademe publié en 2020 ».
    18 ou 20% on ne va pas chipoter. D’autant plus que d’un côté on a des parlementaires et de l’autre des députés. Et d’autant plus que ça nous en laisse 80% qui y croient. Quoi qu’il en soit 18 ou 20% c’était du temps où… selon les sondages… «l’environnement était passé en 2019 pour la première fois en première place des préoccupations des Français, à égalité avec l’emploi».
    (Site de l’ADEME : Des Français prêts à des changements en faveur de l’environnement).

    1. Or nous sommes en juin 2022. Et l’Opinion c’est comme les girouettes. En plus nous avons de tous nouveaux députés. L’Ademe devrait peut-être refaire un sondage…
      Et nous mettre tout ça sur un joli camembert. Mieux, sur un demi-camembert.
      Pour que nous puissions bien voir comment se répartissent les faux sceptiques dans ce nouvel Hémicycle. En attendant, et quand bien même nous aurions 100% des parlementaires qui déclareraient y croire… en quoi serions-nous plus avancés ?
      Je reste convaincu que 100% des Français (pour ne parler que d’eux) SAVENT que le changement climatique est en grande part d’origine anthropique. Seulement ils n’ont pas que le Climat comme problèmes.

    2. Parti d'en rire

      Alors on n’a rien trouvé de mieux que d’inviter sur trois jours, du lundi 20 au mercredi 22 juin, les députés à retourner à l’école. En formation ! Si ça ce n’est pas les prendre pour ce qu’ils sont… des gamins, des ignares ou des cons…
      Matthieu Orphelin devrait organiser la même chose pour les conseillers des ministres.
      Et puis à Matignon et à l’Elysée. Et après il pourrait nous pondre de beaux camemberts. Mieux des tableaux de classements. Nous verrions alors qui sont les bons élèves, ceux qui font preuve d’assiduité, de sérieux, ceux qui écoutent sagement leur maître. Et ceux qui comprennent vite quand on leur explique longtemps. Sans oublier les cancres.
      La bonne blague ! Comme si tout le monde avait du temps à perdre !
      – « 154 députés sur 577 ont participé à l’opération, dont 1 député Rassemblement national, 1 député Les Républicains, 1 député divers droite, [etc.]» (Yahoo Actualités 23 juin 2022)

      1. Esprit critique

        J’ose quand même espérer qu’un député, comme un sénateur, un ministre, un président, un maire etc. sait en quoi consiste son job. Et que s’il prétend à cette fonction, cette responsabilité, c’est qu’il estime en avoir les épaules. Les compétences, les connaissances nécessaires etc.
        Or, 27% de nos députés (154 sur 577), reconduits ou fraichement élus, estiment ne pas voir bien compris le problème climatique. Et estiment donc avoir besoin de cours de rattrapage. Si c’est réellement le cas c’est grave.
        Déjà parce ce sujet n’est finalement pas des plus difficiles à comprendre. S’ils n’ont pas compris ça, alors on peut alors craindre pour le reste. J’ose espérer que ces députés n’ont pas besoin qu’on leur explique que la Terre tourne.

      2. Suite et fin

        Seulement je pense que la réalité est toute autre. Et là je pense à ces formations dans les entreprises, auxquelles il est bien vu de participer.
        Peu importe l’objet de ces formations, peu importe qu’on y apprenne quelque chose ou pas, qu’on y trouve un réel intérêt ou qu’en s’en foute royalement !
        Le seul fait d’y participer montre qu’on s’intéresse, qu’on veut progresser, bref qu’on est un bon élément. Et ce n’est donc que pour faire bonne figure que la plupart se prêtent à ce cirque. Participation = figuration

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