Quelles sciences pour le monde à venir ?

Il y a la science pure, la recherche pour déterminer comment le monde est fait, ce qui nourrit la connaissance pour le seul plaisir de connaître. Avec la civilisation thermo-industrielle, la techno-science a pris le pouvoir, les scientifiques sont devenus des esclaves de l’innovation qui rapporte aux entreprises. Cette science croissanciste et aveugle aux limites biophysiques de la planète a induit tellement de désastres que certains scientifiques deviennent des lanceurs d’alerte. Ce sont les climatologues qui nous informent du réchauffement climatique, ce sont les naturalistes qui nous avertissent de la disparition de la biodiversité, etc. Mais la situation est jugée tellement grave de la part de scientifiques de tous horizons que l‘alerte devient dénonciation.

Cette évolution est d’autant plus pertinente que les pseudo-scientifiques à la solde du business s’ingénient à dénigrer les scientifiques lanceurs d’alerte. Ils deviennent au niveau médiatique des marchands de doute ou des remparts d’un progrès technique sans conscience de ses effets pervers. Tout ce qui est inventé doit pouvoir être réalisé, bombe atomique, poisons chimiques, numérisation sans limites, etc. Sinon, selon eux, ce serait le retour à la bougie, si ce n’est à l’âge des cavernes.

Ces scientifiques vendus au système se transforment en religieux qui nous annoncent le paradis… dans un futur indéterminé. Pour eux la science est la solution alors qu’elle a créé le problème. Mais c’est eux qui recueillent les fonds des entreprises et des gouvernements dans un monde formaté par la croyance au progrès. Ils sont aidés dans leur propagande par les pseudo « sciences » économiques, une économie politique qui s’est mise au service du pouvoir des marchands du temple. Sans compter les médias de masse qui sont aussi une grande part du problème car, dépendant des ressources publicitaires et rachetés par des industriels, sont devenus eux aussi les complices des marchands. On n’est pas encore prêt à sortir de ce monde aveugle aux conséquences à long terme de l’activisme désordonné des humains

Pour en savoir plus sur les techniques appropriées face au techniques délétères :

1er novembre 2019, synthèse : Biosphere-Info : l’écologie, technophobe ?

23 décembre 2008, techniques douces contre techniques dures

8 octobre 2007, techniques douces

Pour en savoir encore plus, lire : « Quelles sciences pour le monde à venir ? Face au dérèglement climatique et à la destruction de la biodiversité », dirigé par Alain Grandjean et Thierry Libaert (Odile Jacob, 268 p., 22,90 €).

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15 réflexions sur “Quelles sciences pour le monde à venir ?”

  1. Il faudrait considérer la recherche scientifique non comme un tout dont l’objectif serait d’accaparer au moins 3 % du PIB, mais comme des études spécifiques dont les domaines d’application seraient réellement utiles et sans danger pour la société humaine et pour le reste de la planète.
    Par exemple, faut-il financer principalement la biologie moléculaire et les OGM ou faut-il favoriser la recherche des naturalistes sur les avantages de la biodiversité. Faut-il consacrer plus de 80 % du financement de la France en matière d’énergie à la recherche nucléaire et laisser seulement quelques miettes pour les énergies renouvelables. Faut-il toujours plus de recherche en tous genres sans s’interroger sur les risques pour la santé humaine de nos applications techno-scientifiques alors que nous accumulons déjà des tas de produits chimiques dans notre corps et que les cas de cancers et d’allergie se multiplient.

    1. Finalement notre polarisation sur d’éventuels sauts technologiques dans la recherche à la mode (une mode déterminée par les industriels) nous empêche de consacrer toutes nos forces et notre attention à l’endiguement des dégâts que nous infligeons aujourd’hui à notre planète, donc à nous-mêmes.
      Le débat politique ne peut plus porter sur une enveloppe financière globale qui va sauver quelques emplois de chercheurs, mais sur notre manière de penser et de vivre qui pèse beaucoup trop sur la Biosphère et pénalise le sort des générations futures. Pour en savoir plus,
      https://biosphere.ouvaton.org/blog/2005_01_quelle_recherch/

    2. Recherche sur les OGM… ou bien sur les avantages de la biodiversité ? Partant du postulat que la connaissance ne peut que nous élever (avec quelques précautions tout de même) je dirais les deux en même temps. Et pareil dans tous les domaines, énergie etc. Sauf qu’à partir du moment où la recherche nécessite des moyens, de l’énergie, de l’argent, la question initiale perd tout son sens. Elle en perd d’autant plus quand la recherche permet non seulement d’engranger des connaissances, mais beaucoup d’argent. Et finalement nous devons faire des choix, c’est soit l’un soit l’autre.
      En considérant qu’on en sait déjà largement assez, on pourrait même sacrifier la recherche, pour mettre le paquet sur le social et l’éducation. Ou alors pour faire la guerre, pour le maintien de l’ordre. En attendant nous voyons bien quels sont les types de recherches qui priment, les budgets qui leur sont consacrés, comment elles sont financées, par qui etc. etc.

  2. L’aura des sciences est telle qu’afin d’inspirer confiance ou respectabilité diverses spécialités se sont intitulées Sciences-ceci, Sciences-cela (Sciences-éco, -po, humaines…). Les sciences fondamentales comprennent les sciences physiques, de la terre et de l’univers, la biologie, leur outil principal relevant des math. Elles ne sauraient être la cause des attaques à l’environnement. En revanche, la recherche appliquée dédiée aux profits financiers, politiques ou de pouvoir en est responsable. Or cette dernière voie est plébiscitée comme le démontre l’écrasante majorité des « grandes » écoles, écoles d’ingénieur et labos universitaires déviant vers l’appliqué, la techno. Constatant en corollaire la déshérence dans l’université des humanités (sens anglo-saxon), on comprend qu’alors l’esprit critique qui s’exprime via les réseaux sociaux soit grandement dévoyé (complotisme, méfiance vis-à-vis des scientifiques et des médias).

    1. Esprit critique

      Au sujet du complotisme, qui s’exprime notamment via les réseaux sociaux :
      « Nous avons un vaccin contre le complotisme et il s’appelle l’éducation »
      Par Nans Florens et Renaud Benier-Rollet. Sur le site Paroles d’Actu.

      Extrait : « Lutter contre le virus du complotisme demande à la fois d’avoir une réponse coordonnée comprenant dans un premier temps des mesures barrières que sont l’intégrité et l’humilité des experts. Il faut écouter, comprendre les doutes, expliquer les zones d’ombre, ne jamais mépriser et toujours se mettre au niveau de son auditoire. Puis il faut ajouter à cela une vaccination efficace par l’éducation. Repartir de la base et ce dès le plus jeune âge. Il faut sortir d’une société de faits construits et présentés comme une réalité et aller vers une société de doute, d’esprit critique. »

  3. Esprit critique

    Dans ce monde corrompu par l’argent, par les intérêts à courts termes, ce monde où règne une énorme fatigue… ce monde où n’importe quoi peut-être soutenu, sciences à l’appui, ce monde où finalement quasiment tout se vaut, où la confiance disparaît, où la bêtise et la peur progressent, toujours plus… l’urgence est en effet à rétablir les bases. Oui mais voilà… comment ?

  4. – «Il y a la science pure, la recherche pour déterminer comment le monde est fait, ce qui nourrit la connaissance pour le seul plaisir de connaître. » (Biosphère)

    Le seul plaisir de connaître ? Certes la découverte d’une nouvelle connaissance apporte généralement un certain plaisir à celui qui la découvre. Mais elle peut aussi parfois provoquer un certain désagrément. Par exemple, savoir que nous ne pourrons jamais, voire que nous ne saurons jamais, n’est pas forcément un plaisir pour celui qui découvre cela. La science (astronomie, physique, biologie…) se heurte à des limites, à ce mystère (Mystère ?), autrement dit à l’inconnu. Or l’inconnu dérange. La biologie, notamment, nous propose une explication à ce phénomène.
    Pour revenir à la question du titre, je conseille donc ces sciences qui permettent de répondre à l’injonction de Socrate : « Connais-toi toi-même » (Biologie, neurosciences, psychologie…)

  5. Pour tenter de répondre à la question il faut d’abord savoir de quoi on parle. Comme pour tout certes, mais là particulièrement. En plus de savoir que la Vérité n’est pas du ressort de la science, en plus de savoir distinguer les dures des molles, les sciences, des proto-sciences et autres pseudo-sciences, il est important de savoir que la science est historiquement liée à la philosophie.
    Le mot SCIENCE a autant de définitions qu’on peut en trouver, c’est ainsi que l’épistémologue André Pichot écrit qu’il est «utopique de vouloir donner une définition a priori de la science». L’étymologie du mot nous renvoie à la connaissance et au savoir, ce qui en fin de compte ne nous avance guère : «Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? etc.»

    1. En attendant on fait avec ce qu’on a. Et avec ce qu’on peut, avec ce qu’on est, avec ce qu’on sait, du moins avec ce qu’on croit savoir. Comme avec bien d’autres choses d’ailleurs, la liberté et le bonheur par exemples. Par exemple il est entendu que la science s’oppose à l’opinion. Seulement il faut savoir aussi que toutes nos connaissances ne sont que des croyances. Et là encore c’est bien embêtant quand on y pense, sauf bien sûr pour les marchands de sondages, parce que de la croyance à l’opinion il n’y a qu’un pas. Mais heureusement toutes les opinions ne se valent pas, pas plus que toutes les croyances, loin de là. Et c’est ainsi que les sciences nous permettent d’affirmer des choses comme : « JE SAIS, que la Terre est ronde, que les océans se réchauffent etc. » Et c’est déjà pas mal.

    2. Tout ça pour dire que pour moi, la première science à enseigner, dès le plus jeune âge, est celle qui permet de développer l’esprit critique. Il est urgent de remettre l’enseignement des Humanités au cœur de la formation des dites élites, urgent de revenir aux bases, urgent de faire en sorte que chacun puisse accepter la complexité du monde et n’ait plus peur de douter, plus peur de l’inconnu etc.

  6. Didier BARTHES

    Croire que l’humanité s’en sortira par la science est la pire des illusions.
    La technologie nous apporte le pouvoir et le pouvoir de l’homme apporte la destruction sur la planète, le b a ba de la biosphère se sont les équilibres entre les espèces, la technologie a détruit tout cela en donnant le pouvoir à une seule.
    Que la science permette de comprendre et de s’émerveiller devant la nature, mais qu’elle ne nous permette pas de la dominer. Oui je sais, il est difficile d’avoir l’un sans l’autre, mais nous n’avons pas le choix

    1. – «Croire que l’humanité s’en sortira par la science est la pire des illusions. »
      Plutôt qu’une illusion disons que c’est une croyance. Celle-ci relève du religieux, croire cela s’apparente à la foi. Cette religion c’est la technoscience sous sa forme actuelle. Rappelons au passage que nous avons d’autres religions qui ne valent guère mieux. L’économisme, le capitalisme, le libéralisme, par exemples, le communisme étant enterré.
      Sinon pas d’inquiétude, la science continuera à nous émerveiller, voire à nous épouvanter, et l’homme ne dominera jamais la nature. Faut être fou ou se prendre pour Dieu pour croire qu’il le pourrait.
      L’homme détruit des écosystèmes c’est certain, mais peut-on dire qu’il détruit la nature ? (La Nature, Dieu ?) On ne peut même pas affirmer qu’il est en train de s’auto-détruire. Et heureusement on a toujours la possibilité de croire qu’il est tout connement en train d’évoluer. Dans le bon sens évidemment. 😉

  7. « Ces scientifiques vendus au système se transforment en religieux qui nous annoncent le paradis… dans un futur indéterminé.  »

    –> Oui c’est exactement ça ! D’ailleurs à ce propos j’aime beaucoup la citation de Philippe Bihouix = « Le bonheur est toujours pour demain ». Bref le bonheur n’est jamais au présent dans les promesses des scientistes mais toujours au futur, autrement dit c’est bien pour ça qu’on ne constate jamais de bonheur au présent, alors les scientistes nous disent à chaque fois patience, ça va venir, pour jouer la montre et continuer leurs délires consuméristes de gadgets et robots. C’est même le contraire, plus il y a de robots, plus il y a des écarts de revenus entre les individus, car ce sont les propriétaires de robots qui s’enrichissent de manière disproportionnée comparativement à ceux qui ne sont pas équipés de machines, autant dire autant de souffrance et de misère pour les sans-machines.

    1. Esprit critique

      Le scientisme est d’abord un mouvement philosophique proche du positivisme, qui considère la connaissance scientifique comme la connaissance absolue. Par la suite le scientisme est devenu cette religion de la technoscience, du Progrès, cette foi aveugle dont nous parlons ici. Toutefois on ne peut pas dire que les scientistes se focalisent sur demain sans se préoccuper du présent, nous profitons aujourd’hui d’un bon nombre de découvertes scientifiques (machines ou autres, sans forcément parler des robots.)

    2. Esprit critique

      Ceci dit il faut voir aussi que cette foi dans le Progrès (ou cette confiance dans le progrès, dans la science) s’érode depuis un moment. Dans les années 1950 on se plaisait à croire que l’an 2000 serait radieux, que le Progrès aurait mis un terme à toutes les guerres, à toutes les misères, que chacun aurait son engin volant etc. Aujourd’hui il existe encore beaucoup trop de doux rêveurs, mais la croyance en ces lendemains qui chantent régresse. Et l’état catastrophique de notre monde ne peut expliquer à lui tout seul une telle défiance envers la science (ex. GIEC, vaccin, etc. ).
      Finalement, tant que nous ne saurons pas quelle est la bonne direction, nous ne ferons que tourner en rond. Et donc nous enfoncer.

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