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LeMonde lu par biosphere

LeMonde du 7.02.2008 nous présente la difficulté du contrôle démocratique de la technoscience. Le sénateur Jean Bizet, farouche partisan des OGM, a fait modifier la Haute Autorité provisoire sur les OGM : les scientifiques seront dorénavant d’un côté, la société civile est mise de côté. C’est déjà significatif. Les scientifiques deviennent hiérarchiquement  supérieurs, la société civile ne peut émettre que de simples recommandations. C’est la logique de l’expert contre le pauvre citoyen analphabète (scientifiquement) et ignorant.

 

Ce n’est pas cela la démocratie d’une société respectueuse des complexités de la Biosphère, dans le cas des OGM le croisement des semences et le franchissement de la barrière des espèces. Une application de la science comme les OGM constitue un projet de société dont les scientifiques  ne peuvent être les conseillers privilégiés. Pour la plupart du temps, ils sont d’ailleurs juge et partie, rattachés à des subventions publiques ou des industriels dont  ils dépendent.

 

Les scientifiques forment un lobby parmi d’autres lobbies, la parole scientifique ne peut rien dire de ce que doit penser la société civile sur l’avenir de la Biosphère.

Cyclope n’y voit qu’à moitié

« Cyclope », la société d’études et de conseils spécialisés sur les marchés internationaux de matières premières, fait référence. Le rapport 2007 affirmait que la rareté sera le moteur de la hausse qui a propulsé le baril de pétrole pas très loin de 80 dollars en 2006, à 100 dollars fin 2007. La tonne de nickel à 50 000 dollars et le boisseau de maïs à 4 dollars.  Tous les produits se sont appréciés récemment, à l’exception des produits tropicaux puisque la Chine n’est pas intéressé par le café et le cacao. C’est en effet la croissance échevelée ded pays émergents, la Chine en tête, qui aspire goulûment le cuivre de Zambie, le charbon d’Australie, le coton du Burkina Faso, les emballages et les vieux papiers à recycler de l’Europe, le pétrole d’Angola, etc. Les Australiens n’ont pas assez investi dans leurs ports pour répondre à la demande chinoise en matières de minerais ? Les cours du fret maritime explosent. Les projets de mines en Nouvelle-Calédonie se heurtent à des oppositions environnementales ? Le cuivre atteint des sommets. Le réchauffement climatique et la mode des biocarburants raréfient les céréales ? Le prix du maïs fait le bonheur du Midwest et la détresse des consommateurs mexicains d’une tortilla en hausse de 80 %.

 

Philippe Chalmin, fondateur de Cyclope s’alarme : « Je me fais du souci pour le défi alimentaire qui nous attend, car l’homme aura encore besoin de 1 700 calories pour survivre. » Mais Cyclope préfère clore sont rapport sur le marché de l’art, bon critère paraît-il des perspectives d’avenir. Le portrait d’Adèle Bloch par Klimt adjugé pour 135 millions de dollars, foutaises ! L’art est un très mauvais indicateur des véritables richesses. Il n’existe aucun critère objectif de la vulgarité ou de la distinction, il n’y a aucun sens à donner à une œuvre artistique, il n’y a ni passé ni avenir dans le domaine de l’art pour l’art. Par contre un baril de pétrole à 400 euros bientôt, et la face de la Biosphère en sera changé.

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

http://biosphere.ouvaton.org/page.php?fichier=2008/affichactu3

 

Lemonde lu par biosphere

A chaque page de notre journal préféré, son lot de désolation (Lemonde du 6.02.2008).

En page 12, les  députés UMP veulent aller plus loin, plus vite et plus fort pour soutenir le pouvoir d’achat. Chirac nous avait pourtant dit en 2002 que le niveau de vie des Français nécessitait déjà plusieurs planètes. Pourquoi alors vouloir augmenter ce niveau de vie, pour aller plus vite vers un désert planétaire ?

En page 13, il y a la Chine qui voudrait devenir plus grosse que le bœuf français avec 250 centrales nucléaires. Mais ils ne savent pas  quoi faire de leurs déchets, comme leur maître français. De toute façon il n’y a que pour soixante ans de réserves d’uranium, au maximum ! Le rêve nucléaire français est inimitable.

En page 14, encore une réalisation pour aller plus loin, plus vite, plus fort : l’automotrice à grande vitesse ou AGV du futur. Pour cela on fermera encore plus de lignes ferroviaires secondaires et on fera croire à d’illusoires gains de temps entre grosse métropoles dans le désert français.

En page 15, Citroën est condamné pour faute inexcusable dans une affaire d’amiante empoisonnée. La Biosphère se rappelle encore de cet éditorial (Lemonde du 26.04.2004) concluant que le principe de précaution était un principe de frilosité.

 Il n’y a pas beaucoup de personnes qui ont enfin compris que la véritable réalité de demain suivra le principe : moins vite, moins loin, moins gros, très prudent et beaucoup plus cher.

faim de plomb

Même quand le recyclage est possible, la Biosphère ne peut fournir plus que ce qu’elle possède ; elle a été pillée par les générations présentes, les générations futures s’en souviendront amèrement…

 

Dans la course à la hausse du prix des matières premières, le plomb a sans contexte le maillot jaune : entre janvier et juillet 2007 le prix du métal mou a doublé. Alors qu’il se traînait à 500 dollars la tonne jusqu’en 2003, il a atteint 3505 dollars le 20 juillet. Il est pourtant handicapé par ses inconvénients sanitaires, on ne peut en effet sous-estimer les dangers de saturnisme et de cancer. La directive européenne entrée en vigueur le 1er juillet 2006 limite son emploi dans les produits électriques et électroniques. Mais la demande continue de croître de 2 % chaque année depuis 2003, tirée par les batteries et les piles qui représentent 71 % de la production (12 % pour les pigments, 6 % pour les munitions…). La fringale des pays émergents pour l’automobile et l’électricité, et donc pour les batteries ne va rien faire pour atténuer cette évolution.

 

Plus généralement les matières premières sont entrées dans une spirale inflationniste qui ne pourra que s’accroître au fil des années avec la raréfaction de la ressource. Vu la consommation actuelle, les réserves de plomb sont estimées selon les sources entre 44 et 47 années, pas beaucoup plus que les réserves de pétrole ! Les plus grands gisements se trouvent aux États-Unis, en Australie, en Russie et au Canada. Affectée par la considération des effets toxiques du plomb, la production minière a légèrement baissé depuis 2003.

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

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Lemonde lu par biosphere

Lemonde du 5 février nous parle des derniers tigres de Chine qui tentent leur dernière chance en Afrique du Sud. Ces animaux, issus de plusieurs génération de tigres captifs, doivent réapprendre dans un enclos plus vaste à chasser les gentilles antilopes qu’on met à leur disposition et entamer une reproduction dont ils ont oublié le mode d’emploi.

 

Le problème avec les humains, c’est qu’ils sont eux aussi maintenus captifs dans tous les pièges sociaux qu’on leur a tendu, le salariat dépendant, la ville emmurée, l’addiction à la télé. Mais ils n’ont pas oublié de chasser même les dernières espèces sauvages en danger critique d’extinction, et surtout ils n’ont pas oublié de procréer puisqu’ils veulent être neuf milliards bientôt.

 L’Uicn considère que l’opération de sauvetage des tigres est sans espoir. La Biosphère sait que les humains doivent arrêter de procréer s’ils ne veulent pas se dévorer entre eux faute d’autres gibiers.

anchois et thonailles

Pour trancher entre les amis de pêcheurs et les amis des poissons, Bruxelles s’appuie sur la loi de la nature que dévoile l’analyse scientifique. Contre cette loi, les intérêts particuliers ne peuvent s’exprimer, sauf à remettre en question l’intérêt des générations futures. La Biosphère a toujours raison, même quand c’est le président Sarkozy qui promet un assouplissement des quotas de pêche en disant ce genre de connerie : « On ne peut plus avoir d’un côté les scientifiques, de l’autre les pêcheurs. La pêche est globale et les premiers à défendre la ressource sont les pêcheurs »..

 

Revenons sur le passé. Comme en 2005 et 2006, la Commission européenne avait décidé la fermeture de la pêche à l’anchois dans le golfe de Gascogne le 29 juin 2007. Le 1er juillet, les marins pêcheurs bloquaient des ports en Loire-Atlantique et en Vendée. Dans le même temps à Marseille, des thoniers manifestaient pour protester contre les règles plus strictes de capture du thon rouge qui interdisent la thonaille, filet maillant dérivant haut de 7 à 8 mètres et d’une longueur comprise entre 3700 m et 9260 m. Sur la pêche à l’anchois, l’avis du Comité scientifique de la pêche (CSTEP) était pourtant clair : « La quantité de poissons adultes reste très basse. Le stock d’anchois est bien en dessous des niveaux de sécurité biologique puisque le volume des captures a été très bas cette année ; il s’agit d’ailleurs principalement de poissons âgés qu’il importe de protéger, chacun d’entre eux revêtant une grande importance pour le renouvellement du stock, ces adultes étant la seule chance de reproduction l’année suivante ». Pour le Comité des pêches de La Turballe, comme les anchois ne vivent que trois ans, on pourrait « pécher les plus vieux qui de toute façon vont bientôt mourir. » Admirez la contradiction des deux discours !

 

La sur-pêche met en péril la ressource, et l’avis des mécontents ne pourra faire changer les données objectives  de raréfaction de la ressource halieutique. Les amis des poissons sont les amis des pêcheurs, le contraire n’est malheureusement pas vrai.

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

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Lemonde lu par biosphere

La cérémonie d’ouverture des JO de Pékin n’aura lieu que le 8 août 2008, mais dès les premiers mois de l’année, on ne parlait déjà que du marché publicitaire chinois et de toutes ces multinationales qui misent gros sur les Jeux Olympiques (Lemonde du 3.02.2008).

Pauvre sport de masse réduit à une devanture des sponsoring de toutes obédiences. A l’aéroport de Shanghai, les voyageurs découvrent déjà en débarquant (sept mois avant les jeux)  un immense panneau aux couleurs des JO et de la société Visa. Dans une République populaire qui a longtemps prôné la sobriété, les investissements publicitaires devraient faire un grand bond en avant de 24 % entre 2007 et 2008.

A ce rythme, les Chinois ne sont plus maître de leurs destins, ils ont mis tous leurs petits doigts dans l’engrenage de la société de cons(ommation). Le slogan d’Adidas Impossible is nothing (traduction très imparfaite de impossible n’est pas français) donne l’impression que les masses vont pouvoir concrétiser leurs rêves, mais on sait déjà que c’est une illusion à l’heure des innombrables paysans chinois transplantés dans les villes à la recherche d’un emploi de plus en plus improbable, sous-payé et polluant.

 La Biosphère conseille aux humains de casser la pub et de boycotter les Jeux Olympiques pour venir au secours de la Chine éternelle.

Lemonde lu par biosphere

Pour la Biosphère, le mot malthusien est une douce musique. En effet cela veut dire au sens propre que les humains vont enfin se mettre à limiter leur expansion démographique alors que leur nombre va bientôt atteindre les 9 milliards. Au sens économique, cela veut dire qu’ils vont aussi limiter leurs besoins à l’heure où leur rapacité n’a plus de bornes et épuise tous les écosystèmes.

Mais quand l’économiste Eric Le Boucher (Lemonde du 3-4 février 2008) dit que Paris devient la capitale du malthusianisme, cela veut dire que Paris commence à faire n’importe quoi pour lancer un effroyable « déclin économique ».

 La Biosphère conseille à Eric de voir un peu plus loin que l’inéluctable « compétition mondiale des métropoles du XXIe siècle » pour s’interroger sur la place des mégalopoles dans les déséquilibres humains et écologiques. La Biosphère restera toujours dans l’idée réaliste que la ville est synonyme de pollution (même si elle exporte sa pollution vers les autres en achetant à l’extérieur) et d’industries dont on ne voit toujours pas ce que cela a entraîné en terme de bonheur et de satisfaction. Les valeurs de la ruralité seront à nouveau présente quand la récession qui s’annonce  deviendra une grosse dépression, quand l’alimentation des villes deviendra de plus en plus problématique, quand l’emploi sera nulle part.

irréversibilité ?

Les scientifiques préconisent une approche écosystémique de la pêche, c’est-à-dire une considération du stock et de tous les autres éléments de son écosystème, nourriture disponible, prédateurs, interaction avec l’intensité de la pêche… Mais pour que les humains participe à la gouvernance en cogestion avec la Biosphère, il faudra bien que leur pression actuelle sur  les écosystèmes diminue de façon plus que proportionnelle à la diminution des ressources.

 

Le rapport de la FAO sur la situation mondiale des pêches a été publié en mars 2007. L’exploitation des poissons libres continue son déclin, 95 millions de tonnes en 2004 et 93,8 millions en 2005. La moitié des stocks marins est à la limite de la surexploitation, un quart est surexploité, un quart seulement présente encore un potentiel de progression. Des groupes d’espèces voient leur survie menacée, en particulier les poissons des grandes profondeurs, ainsi que certaines familles de requins et de grands poissons migrateurs. Une étude publiée dans Science (novembre 2006) suggère que si rien ne change, la quasi-totalité des espèces péchées verraient leurs effectifs diminuer dramatiquement d’ici 2048. En effet, quand un stock est gravement atteint, la situation devient souvent irréversible. C’est ainsi le cas de la morue (cabillaud) de Terre-Neuve, dont la population s’est effondrée en 1992 et qui ne se reconstitue pas malgré un moratoire.

 

L’aquaculture de son côté progresse, avec 45,5 millions de tonnes en 2004 et 47,8 millions de tonnes en 2005. Ce secteur augmente en moyenne de 8,8 % depuis 1970, un rythme soutenu.  Mais là aussi le taux maximum de croissance semble avoir été atteint : saturation des lieux d’exploitation possible et dépendance d’une grande partie de l’aquaculture à l’égard des petits poissons péchés en mer pour nourrir des carnivores.

 

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Es-tu piquiste ?

Si nous ne devons pas tous piquistes, l’espèce humaine obtiendra ce qu’elle mérite … Les humains ont dépassé le pic pétrolier et bien d’autres pics de matières premières indispensables à notre vie dans la Biosphère. La VIe conférence de l’ASPO (Association pour l’étude du pic pétrolier) a eu lieu à Cork les 18 et  19 septembre 2007. James Schlesinger, secrétaire d’Etat américain à l’énergie du gouvernement Carter, avait donné le ton : « Nous sommes tous piquistes maintenant. Conceptuellement, la bataille est terminée, les piquistes ont gagné, vous avez mis tout le monde d’accord ».

 

Le pic de production est le moment où le débit de l’extraction de pétrole atteint un maximum. Il se produit à peu près quand la moitié des réserves a été exploitée. Il peut être repoussé jusqu’à ce que 60 % des réserves aient été extraites, rarement plus sur un gisement donné. Le processus est le même sur l’ensemble des gisements. L’Aspo estime que le pic pétrolier est atteint en ce moment, il le sera de toute façon avant l’an 2010. Alors la rareté dont on aura conscience va faire bondir les prix. Mais le pétrole est indispensable pour notre alimentation (engrais, pesticides, gaz oil…), pour notre chauffage, pour nos déplacements. Sa pénurie va donc entraîner des désagréments en chaîne : récession économique, inflation, déficits commerciaux, chômage, déficits budgétaires, asphyxie des villes, explosion des inégalités, famines ici et là. D’ailleurs James Schlesinger pense, côté changement climatique, qu’il n’y a plus qu’à prier parce que les Chinois construisent deux centrales à charbon par semaine et qu’ils n’ont pas vraiment l’intention de s’arrêter.

 

De plus il n’y a pas d’alternatives au moteur à combustion interne qui équipe plus d’un milliard de véhicules sur le globe. Les carburants liquides CTL (Coal to liquid) ou le GTL (Gas to liquid) offrent des perspectives limitées en raison de leur très mauvaise efficacité énergétique et de la menace qu’ils font peser sur le  climat ; les agrocarburants font concurrence avec la production alimentaire ; l’électrification reporte le problème sur la production d’électricité sans parler du problème des batteries. Pourtant le Los Angeles Times n’a jamais cité depuis un an le terme « peak oil » ! (pour en savoir plus, les excellents articles d’Emmanuel Broto dans le n° 44 du mensuel La décroissance)

 

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Lemonde lu par biosphere

La page Environnement & Sciences de notre journal Lemonde devient quasi-quotidienne. Enfin ! Mais j’apporte un bémol pour l’édition du 2 février. En dessous de deux informations nécessaires comme l’idiotie des agrocarburants et la mise à mort d’un projet de mine d’or en Guyane, nous avons une grande pub en couleur pour le « Freelander 2 » qui rend le monde plus accessible aux riches et qui détériore encore plus vite la Biosphère. Je sais que j’ai une « boite auto » pour 1 euro de plus, mais il me faut une loupe pour savoir que ce gros gourmand rejette 265 grammes de CO2 en moteur essence alors que l’Europe veut aller vers les 120 grammes !

 Une telle publicité anéantit tous les efforts que Lemonde peut faire dans une de ses pages pour que nous devenions plus respectueux pour la planète. Tant que les journaux de grande information continueront d’être aussi contradictoires dans leurs messages, nous n’aurons pas le temps de changer de comportements dans notre vie quotidienne alors que le temps presse.

compensation carbone ?

Le greenwashing n’a plus de limites dans la société actuelle, ce n’est pas ainsi que la Biosphère va être sauvée.

 

Pour s’installer au volant d’un véhicule de plus de 9 CV, il suffirait de débourser 70 euros en achetant auprès des magasins Nature & Découvertes une carte de compensation carbone (Lemonde du 4.01.2008). On nous explique que l’association Climat Mundi, dont l’activité s’exerce au sein du processus défini par le protocole de Kyoto, va participer avec l’argent récolté au financement d’un projet hydroélectrique en Chine. Même si ce principe est reconnu par l’ONU, il ne reste que très « théorique » et ne permet pas de transformer un véhicule brûlant une ressource fossile en véhicule neutre en CO2. En effet, une centrale productrice d’électricité ne fait qu’ajouter une autre source d’énergie pour l’activité humaine, elle ne peut séquestrer les gaz à effet de serre émis non seulement par le véhicule, mais aussi toutes les émissions générées par ce surcroît d’énergie. De plus on sait qu’un barrage est une source de détérioration du milieu et de perturbation de la biodiversité. Je sais bien que l’économie, en additionnant un mal plus un autre mal dans le PIB mondial, voudrait nous faire croire que c’est en définitive un bien qui contribue à la croissance.

 

Mais une pollution reste une pollution, il est dangereux pour la planète de faire croire au conducteur d’une automobile qu’il possède un véhicule propre.

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Lemonde lu par biosphere

Lemonde du 1er février 2008 permet de comparer l’incomparable dans sa page « Environnement et Sciences ». Il y a d’un côté la recherche appliquée, celle qui fait des gros sous et des trous dans la Biosphère. De l’autre la recherche contemplative pour mieux comprendre l’univers.

Monsanto défend « son » maïs MON 810. La firme semencière qui-veut-mettre-à-genoux-tous-les-agriculteurs-de-la-planète pense qu’il y a des doutes sérieux à propos de l’avis de la haute autorité française exprimant ses interrogations. Brave gens, y’a rien à voir, y’a pas de risques nouveaux, y’a que des risques anciens. Peu importe une monoculture de plus en plus fragile face à des prédateurs de plus en plus immunisés contre les produits de la firme Monsanto, on a mis les semences anciennes dans un frigo. Dormez, braves gens, MON veille sur vous.

L’article au-dessus nous présente une nouvelle technique pour expliquer un peu mieux l’expansion accélérée de l’Univers. On a alors les yeux dans les étoiles et une autre façon de voir la science. Nous sommes seuls, perdus dans notre galaxie au milieu d’une myriade de galaxies, ne gâchons pas le bonheur d’être en vie. L’essentiel n’est plus de produire n’importe comment, mais de savourer les mystères qui nous entourent.

 La Biosphère préfère de loin l’homme qui porte un regard furtif sur elle plutôt que l’entreprise « libérée » qui laboure ses flancs dénudés.

Comment agir ? Sur l’offre !

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mieux vaudrait que le carbone reste sous terre. Mais à Bali (13ème conférence de l’ONU sur les changements climatiques), la rencontre est venue confirmer l’inconséquence des décideurs et des parties prenantes. Il est sidérant de constater que les acteurs politiques et les représentants du monde associatif présents à Bali ont la même vision réductrice de l’état d’urgence engendré par les gaz à effets de serre. Dans le dernier rapport du GIEC de novembre 2007, il est préconisé que les pays industrialisés divisent par 20 leurs émissions de gaz à effet de serre. Or, cela fait plus de cinq ans que les stratèges du climat préconisent une simple réduction par quatre pour ces pays-là. Comment expliquer ce négationnisme de l’urgence ? Déni, aveuglement, lâcheté ? Aux sommets de La Haye en 1998, à Marrakech en 2001, à Johannesburg en 2002, les mêmes mots sont ressassés : « pas décisif », « grande avancée », « processus volontariste ». Mais les ravages des dérèglements climatiques s’amplifient.

 

Une meilleure façon de concevoir un plan climat serait de s’intéresser aux extracteurs d’énergies fossiles et aux sources de l’offre énergétique, plutôt qu’aux émetteurs et à la demande. Kyoto avait cette ambition folle de contenir les émissions de milliards de personnes, de tous les conducteurs individuels d’automobiles, de toutes les industries mondiales. Par contre dans les pays producteurs, le pétrole est généralement nationalisé, cela reviendrait à ne devoir négocier qu’avec les gouvernements. Nous réduirions ainsi le nombre d’interlocuteurs à convaincre de plusieurs milliards à une douzaine. En se maintenant dans le paradigme de réduction des émissions de gaz à effets de serre par la limitation de la demande, les négociations sont passées à côté du paradigme décisif de la décroissance de l’extraction des ressources fossiles.

 

Prenons l’exemple d’une personne en partance pour un long voyage, en plein dilemme, seule face à sa conscience d’écocitoyen. Cet individu doit partir en Amérique Latine : prend-t-il ou ne prend-t-il pas l’avion ? Du côté de la demande, il y a deux manières de croire que l’on est vertueux : on peut ne pas prendre l’avion, mais il décollera certainement quand même. On peut aussi s’acheter une indulgence : compenser son émission excessive de gaz à effet de serre en payant quelques arbres, en contribuant à la reforestation de pays dévastés. Ce genre de « compensation carbone » est un luxe que seuls les très riches peuvent se permettre et cela n’a pas d’impact immédiat, ni même réellement efficace sur l’absorption de CO2.

 En revanche une mesure réellement effective serait envisageable du côté de l’offre, en réussissant à convaincre un pays producteur comme l’Arabie Saoudite de modérer sa vente. Si elle consentait à ne plus produire que 9 millions de barils par jour, au lieu des 10 habituels, cela constituerait une réduction équivalente d’émissions de gaz à effet de serre. L’offre de pétrole diminuerait, par conséquent, les prix augmenteraient ce qui garantirait un revenu en pétrodollars à peu près équivalent pour l’Arabie Saoudite. Cette mesure alternative aurait prise sur le réel, et c’est ce qui a cruellement manqué à Bali.

Yves COCHET (Mathématicien, ancien Ministre de l’Environnement, Député de la 11e circonscription de Paris)

 

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Lemonde lu par biosphere

Lemonde est toujours gentil, il relate les faits et intervient très peu pour dire ce qu’il en pense. La Biosphère s’occupe du reste et vomit Jacques Attali. En effet dans l’édition du 31.12.2008, il déverse sa bile : « J’aurais bien aimé que l’on demandât au Grenelle de l’environnement comment ses conclusions seront applicables, combien ça coûte, quels seront ses effets, sans doute bien moindre que les illusion qu’il a nourries ».

            Le Grenelle de l’environnement commence pourtant à s’occuper de la santé de la planète, Attali veut plus de croissance pour nous lancer encore plus fort contre le mur. Le rapport Stern a déjà calculé combien coûte une croissance basée sur les ressources fossiles. Selon ce rapport britannique remis au gouvernement le 30 octobre 2006, le réchauffement climatique pourrait coûter dans les prochaines années 5 500 milliards d’euros à l’économie mondiale et provoquer une récession comparable à celle des années 1930. Mais les conséquences du Grenelle ne peuvent qu’être limités puisque la libération de la croissance voulue par Attali va empêcher la réalisation de la plupart des mesures écologiques. La commission Attali vise une croissance de 5 % sans évoquer le problème environnemental posé par une activité économique intense.

 Il faut donc renvoyer Attali à son passé, lui qui avait été si brillant dans les années 1970. Dans un texte paru en 1973 (n° 52 de La Nef, un article intitulé Vers quelle théorie économique de la croissance ?), Attali expliquait combien le rapport du Club de Rome, The Limits of Growth (les limites de la croissance), était un livre « prudent ». Il soulignait ensuite les principaux écueils de la notion de croissance. Les modèles de croissance sont « incapables d’analyser les relations entre la croissance et le bien-être », écrivait-il.

Si Attali s’intéressait un peu plus aujourd’hui à la Biosphère, il aurait à nouveau des idées originales, et ça se saurait !

délices de Capoue

La production d’un litre d’agrocarburant  peut contribuer à l’effet de serre jusqu’à deux fois plus que la combustion de la même quantité de combustible fossile. C’est ce que démontre Paul Crutzen, prix Nobel de chimie 1995 pour ses travaux sur la dégradation de la couche d’ozone (revue Atmospheric Chemistry and Physics Discussions). Aux grands naïfs que nous sommes, on nous faisait valoir qu’un agrocarburant était neutre pour le climat, on ne relâchait dans l’atmosphère que le carbone préalablement absorbé par la plante. Cette présentation occulte les émissions de protoxyde d’azote (N2O) dues à l’agriculture intensive. Ce gaz issu de la dégradation des engrais contribue 296 fois plus à l’effet de serre que le CO2. Le GIEC estimait le taux de conversion de l’azote des fertilisants en N2O à environ 1 %, aujourd’hui P.Crutzen le situe entre 3 et 5 %. Ainsi la combustion de diesel issu de colza contribue de une à 1,7 fois plus au réchauffement que l’utilisation d’une énergie fossile. La seule  culture qui aurait un bilan acceptable est la canne à sucre, mais seulement si on ne prend pas en compte la déforestation qui, de son côté, contribue aussi à l’augmentation de l’effet de serre.

 

Rappelons que sur cette planète, certains brûlent encore des bouses de vache pour faire la cuisine. L’énergie n’est pas gratuite, elle se vole dans les poches de plus en plus vides de la Biosphère. Les délices de Capoue ont toujours une fin…

 

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cauchemar automobile

D’un coté les humains veulent bien mettre en œuvre le plus lentement possible le protocole de Kyoto, de l’autre ils accélèrent tout ce qui peut nuire au climat. La Tano, la voiture la moins chère du monde, a été présentée devant plus de 1200 journalistes, un nombre plus important que les simples lecteurs du site biosphere en dix jours. Mais quand les journalistes s’intéresseront enfin à la Biosphère, la face du monde en sera changé !

 

Après la Logan, la Tata Nano. L’Inde fait de la surenchère par rapport à Renault, le constructeur Tata veut commercialiser une voiture à 1700 euros dès septembre 2008. Produite dès 2005 en Roumanie (capacité de 150 000 véhicules) et commercialisée dans huit pays d’Europe de l’Est, la Logan à 5000 euros de Renault fut un succès avec 40 000 commandes en trois mois, le double des prévisions. Les classes moyenne émergentes, c’était un marché si prometteur ! L’Inde ne possède que 8 véhicules pour 1000 habitants. A quand le même taux d’équipement qu’en Allemagne, 450 pour 1000 habitants ? Le constructeur indien table aujourd’hui sur 250 000 ventes les premières années pour atteindre ensuite l’objectif annuel d’un million de véhicule. Le quotidien Lemonde (12.01.2008) envisage déjà les risques pour l’environnement. La vitesse moyenne d’un véhicule à New Delhi est passée de 27 km/h en 1997 à 15 km/h en 2002. Les embouteillages vont devenir un vrai casse-tête et les émissions de gaz à effet de serre vont exploser.

 

 L’Indien Rajendra Pachauri, président du GIEC (groupe intergouvernemental d’experts sur le climat) a même déclaré que la Tata Nano allait devenir un « cauchemar pour l’environnement ». Pourtant le succès du salon automobile de New Delhi, où a été présenté la Tano, confirme l’émergence de l’Inde comme constructeur automobile. C’est le  commencement de la fin…

 

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vaincre la stérilité

En quoi  la pénurie de dons de gamètes (Lemonde du 29.01.2008) peut concerner la rubrique Environnement  & Sciences dans lequel il est inclus ? En quoi un « projet parental » peut-il concerner la Biosphère ?

Vaincre la stérilité est considérée comme une grande victoire de l’individu ; en 1978, Louise Brown était le premier enfant de l’histoire à avoir été conçu en dehors des voies génitales féminines. Depuis il s’est produit une forte symbiose entre le goût des médecins pour les prouesses techniques et une pression des couples pour avoir des enfants à tout prix. Pourtant la procréation assistée n’est qu’un résidu de la tradition qui fait de la maternité le véritable accomplissement de la femme et de la stérilité de l’homme un signe d’impuissance. Dans notre contexte techno-psychologique, le clonage serait même acceptable puisqu’il n’est qu’une extension extrême du droit individuel de faire ses propres choix reproductifs. Mais ce n’est pas parce que les humains possèdent la possibilité technique d’échapper à la stérilité que cette technique doit s’imposer : l’intérêt collectif va au-delà de la préférence pour le présent des individus.

Non seulement l’instrumentalisation des naissances détourne les moyens financiers de causes plus urgentes, mais il serait plus porteur d’avenir pour la santé de la Biosphère que l’humanité divise par cent ou mille sa population ; il faut donc commencer par accepter la stérilité de quelques-uns.

effet des tourbières

La Biosphère s’était donnée les moyens d’accumuler la biomasse, les humains gaspillent ce potentiel de vie pour réchauffer l’atmosphère et handicaper le sort des générations futures.

 

La Terre garde trace de l’accumulation de la vie sur Terre, l’homme efface cette trace. La tourbe est constituée de matière organique accumulée pendant des milliers d’années. Son épaisseur peut atteindre 10 mètres. Les tourbières sont situées en Russie sur 120 millions d’hectares, au Canada autant, soit au total 550 milliards de tonnes de carbone qui couvrent 3 % des terres du globe. La cause principale de dégradation des tourbières est leur drainage, motivé par la plantation de palmiers à huile, d’acacias ou d’eucalyptus, surtout en Indonésie. Cela conduit à leur assèchement, qui stimule l’activité bactérienne de décomposition, d’où l’émission de quantités importantes de CO2. Le feu peut aussi prendre sur la tourbe sèche, quand il n’est pas allumé intentionnellement ! Rien que les émissions de CO2 de l’Indonésie par les tourbières en font le troisième émetteur mondial de gaz à effet de serre. La restauration des tourbières est donc un moyen peu coûteux de stopper les émissions de gaz à effet de serre. La première mesure à prendre serait d’arrêter le drainage effectué pour les plantations et de stopper des feux qui peuvent durer jusqu’à trois mois.

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

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Lemonde des futurs

Lemonde des futurs (27-28.01.2008) nous annonce souvent des lendemains qui déchantent. Ainsi, paraît-il, nous allons vivre une révolution inhumaine par insertion de notre réalité biologique dans la réalité technologique.  Dépassé par l’autonomie des machines que nous avons créé, nous allons tomber du sommet de notre petite pyramide humaniste. J’en tremble déjà !

 

Le premier problème du professeur interviouwé, c’est qu’il n’a pas un mot pour la Biosphère. Exit le support de toute vie. C’est la machine qui prend place dans « le processus normal de l’évolution ». Alors « L’humain de la condition inhumaine devient bien plus proche de la fourmi qu’il ne l’est de l’individu autonome ». Heureusement que la machine connaît déjà ses virus.

 

Le second problème de ce délire trans-humaniste se trouve dans la page 16 du même numéro : « Les supports sur lesquels est inscrite l’information numérique sont constamment rongés de l’intérieur par le temps » : en termes clairs, les machines vont perdre la mémoire !

 

C’est à ce moment-là que j’ouvre la fenêtre pour ressentir le temps qui passe dans l’air frais de cet hiver si doux…