le culte du clinquant

Lire LeMonde  (22.02.2008) nous offre souvent des parallèles saisissants. Ainsi, page une, l’affirmation d’un votant pour les élections pakistanaises : « Nous voulons du pain, une maison et des vêtements. » Et puis ce cahier spécial, même jour, Planète mode femme :  un encart de vingt pages sur les vêtements que jamais les Pakistanaises ne porteront.

 

Cela a la couleur de la pub, le clinquant de la pub, mais on ne sais pas si c’est de la pub. La rédactrice en chef Anne-Line Roccati admet que ce genre de trench et bracelets reste réservé aux plus riches, même si LeMonde assure à ces femmes aguicheuses d’être visibles par tous. De toute façon, contrairement à ce que cette journaliste conclut, la mode des grandes maisons de couture ne répond pas à un besoin nouveau, elle ne fait que répondre aux folies des créateurs de rêves artificiels. Cela nous mène au désastre.

 

Comme l’écrivait un autre journaliste de notre quotidien de référence dans son livre, Comment les riches détruisent la planète : « Qui aujourd’hui, consomme le plus de produits matériels ? Les hyper riches ? Pas seulement. L’oligarchie ? Oui, cela commence à faire nombre mais ne suffit pas encore. Il y a aussi la classe moyenne mondiale, disons 500 millions de gens (il y a de fortes chances que vous en fassiez partie) qui réduiraient utilement leur consommation matérielle, leurs dépenses d’énergie, leurs déplacements automobiles et aériens. Mais nous limiterions notre gaspillage, nous chercherions à changer notre mode de vie, tandis que les gros, là-haut, continueraient à se goberger dans leurs 4×4 climatisés et leurs villas avec piscine ? Non. La seule façon que vous et moi acceptions de consommer moins de matière et d’énergie, c’est que la consommation matérielle, donc le revenu, de l’oligarchie soit sévèrement réduite. En soi pour des raisons d’équité, et plus encore, en suivant la leçon de Veblen, pour changer les standards culturels de la consommation ostentatoire. Puisque la classe de loisir établit le modèle de consommation de la société, si son niveau est abaissé, le niveau général de consommation diminuera. Nous consommerons moins, la planète ira mieux, et nous serons moins frustrés par le manque de ce que nous n’avons pas. »

 

LeMonde, en faisant tant de publicité pour la frime du luxe, aide à détruire la planète.

l’artisanat vaincra

L’industrie disparaîtra, l’artisanat revivra dans une Biosphère apaisée.

 

Il faut savoir qu’on peut tout faire, mais qu’on ne doit pas tout faire. La véritable liberté est de s’auto-limiter, ce en quoi excelle l’artisanat, alors que l’industrie est une activité qui se veut sans limites. Le boulanger, le tailleur et l’ébéniste transforment des matières qui sont devenues plus ou moins artificielles, mais qui à l’origine  sont naturelles : céréales et eau, drap et peaux, bois. Ces métiers existaient traditionnellement en s’appuyant sur les énergies renouvelables, le soleil, l’eau et le vent.  L’industrie instaure un monde machinal fondé sur l’absence de volonté d’ouvriers soumis aux cadences infernales et sur l’illusion de ressources naturelles illimitées. Aucun objet artisanal n’est absolument identique à un autre, c’est la marque d’une impossibilité positive de reproduction à l’identique. La reproduction clonée des objets industriels nous inquiète parce qu’elle nous renvoie à l’indifférenciation que nous redoutons pour nous-mêmes par rapport à nos semblables. Le mode de production artisanal est la caractéristique des sociétés paysannes et rurales. La société industrielle n’a pas fait disparaître complètement l’artisan, mais elle dévalorise l’intelligence manuelle et relègue ces métiers au plus bas de la hiérarchie des prestiges. Un tel système, reposant sur une énergie volée et sur une organisation démentielle, n’a pas d’avenir.

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=15&Itemid=94

 

l’arnaque du pétrole à bas prix

Le Billet de Robert Solé (LeMonde du 21.02.2008) se veut humoristique, il est simplement désespérant. Sous le titre « Arnaque symbolique », on comprend à demi-mot que le baril à 100 dollars ne serait qu’une arnaque puisqu’on ne voit plus de barils et que ce prix n’est que symbole abstrait !

Au lieu de jouer sur les mots, il aurait été préférable que  Robert nous rappelle que le baril à 100 dollars est loin de ce qu’il faudrait pour lutter contre le choc climatique et le pic pétrolier. Rappelons aussi  à Robert que le baril de pétrole contient 158,98 litres et qu’il était transporté au XIXe siècle dans des tonneaux de cette capacité. Mais Robert a raison sur un point, il n’y a personne à la barre du vaisseau Terre.

 Si la Biosphère avait le pouvoir de l’Opep, elle se débrouillerait pour fixer concrètement le baril à 300 dollars pour fin 2008. Ce n’est pas difficile, il suffit que l’Arabie Saoudite ferme un tout petit peu un robinet qui reste trop grand ouvert. Alors ce triplement de prix obligerait la classe globale (celle qui croit qu’elle peut posséder une automobile personnelle) à modifier son mode de vie gaspilleur et agressif envers la planète. Alors les générations futures pourront inscrire 2008 comme année de la grande rupture avec l’arnaque du pétrole à bas prix.

plus d’arbres , moins de bûcherons !

La population humaine augmente actuellement de 1,2 % en moyenne, soit un doublement en moins de 60 ans. Si 30 % des terres sont encore couvertes par des forêts, cette surface diminue au rythme moyen de 0,3 % par an. Quand les capacités de nos écosystèmes vont-ils devenir insuffisants, sachant qu’il faudrait planter beaucoup d’arbres pour servir de puits de carbone ? Faites le calcul !

 

L’explication, c’est que ceux qui plantent les arbres ne sont pas les mêmes que ceux qui usent et abusent de leur tronçonneuse. C’est cela le problème de la spécialisation des tâches, plus personne ne maîtrise les cycles vitaux. En Ethiopie, le couvert forestier est passé de 40 % du territoire dans les années 1950 à moins de 3 %. Dans le cadre de la campagne de l’ONU « Plantons pour la planète », l’Ethiopie a fait un effort exceptionnel en tant que gouvernement avec 700 millions de plants, loin devant le Mexique (217 millions). Mais planter 700 millions d’arbres sur un territoire grand comme cinq fois la France représente une cacahuète, rien du tout, alors que bien d’autres pays continuent leur déforestation massive. En Indonésie, la forêt primaire a été réduite de 13 % entre 2000 et 2005, au Mexique elle a aussi diminué de 6 %. D’ailleurs rien ne garantit la pérennité des arbres plantés en Ethiopie ou ailleurs. Alors on envisage de donner une prime si au bout de deux ans l’arbre est toujours debout. Qui va payer la prime, qui va contrôler, à quoi correspond un arbre de deux ans seulement ?

Tant qu’il y aura une extension des zones agricoles au détriment des forêts, tant que la population humaine grimpera plus vite que la capacité des forêts à assurer le bois d’œuvre, le bois de chauffe et le maintien de la biodiversité, la situation restera compromise, on pourrait même dire catastrophique.

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=15&Itemid=94

 

responsabilité scientifique

Si on veut préserver les systèmes vivants, tout ce qu’il est possible de faire ne peut être réalisé. Or, c’est bien ce principe essentiel que les grandes sociétés de biotechnologie se proposent de violer.
L’échange de gènes entre individus se produit pour les êtres sexués lors de la fécondation ; il parait très difficile, pour un homme, de faire un bébé avec un poisson. En effet les échanges sont considérablement restreints dans leurs possibilités par des mécanismes actifs qui empêchent que tout et n’importe quoi ne se produise. Pourquoi de telles restrictions qui conditionnent l’émergence des espèces, si ce n’est pour respecter un principe essentiel qui permet l’organisation. On voit bien, dès lors, qu’une différence fondamentale existe entre l’échange des gènes qui se produit naturellement, processus restreint et historique permettant une évolution structurée du système, et la création d’OGM ou n’importe quel gène ou groupes de gènes est introduit dans n’importe quel génome, à n’importe quelle place, niant ainsi, par principe, la pertinence de l’historicité et de l’évolution ! Il est bien clair que de telles pratiques, si elles devenaient fréquentes et diverses, violeraient ce principe essentiel de restriction et engendreraient nécessairement une désorganisation du système vivant dans son ensemble. De là, certes, un autre système vivant émergerait sans doute, mais il est loin d’être sûr que l’espèce humaine serait encore du voyage.
Quelle que soit la conception philosophique qu’on puisse avoir de la réalité, le sens n’existe pas tel quel dans la nature. C’est bien là, en tant que source créatrice d’un sens, que le scientifique, même le moins technicien qui soit, participe à la forme de la société et de son devenir et, ipso facto, endosse nécessairement la responsabilité bien plus profonde que simplement morale ou juridique, de sa propre intentionnalité créatrice.
extraits de Frédéric Jacquemart, dossier de l’Ecologiste n° 5 (automne 2001), Sciences et techniques, les raisons de la contestation.

illusions technologiques

Trop tard ? G.Bush a eu une révélation pour son peuple, celle d’être « les gérants responsables de la Terre que le Tout-Puissant nous a confiée ». Dans son allocution du 28 septembre 2007, G.Bush affirmait donc la nécessité de « produire moins d’émissions de gaz à effet de serre ». Attention, certainement pas en réduisant la consommation d’énergie : « Dans ce nouveau siècle, le besoin d’énergie ne fera que croître ». Car Bush croit au miracle : « En développant de nouvelles technologies à basses émissions, nous pouvons satisfaire la demande croissante d’énergie et, en même temps, réduire la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre. »
M. Bush cite une série de techniques présentant deux caractéristiques : elles ne sont pas opérationnelles et leur succès n’est pas garanti. La première citée par M. Bush est la « technologie avancée du charbon propre » qui vise à enfouir en sous-sol le gaz carbonique produit par la combustion du charbon. Mais, d’une part, son efficacité reste à prouver, et d’autre part, en cas de succès, les premières centrales thermiques adaptées ne viendraient sur le marché qu’après 2020, si bien que toutes les centrales construites d’ici à cette date rejetteront leurs gaz dans l’atmosphère. Deuxième solution proposée : « La puissance nucléaire sûre ». George Bush se réfère à ce que les spécialistes appellent la quatrième génération des réacteurs nucléaires, présentant un risque minime d’accident, une faible production de déchets radioactifs et une conception empêchant de leur trouver une application militaire. Mais cette quatrième génération n’aboutirait, d’après les prévisions les plus optimistes, que vers 2040.
Les autres technologies citées – agrocarburants de deuxième génération, véhicules à hydrogène – souffrent du même défaut majeur : elles ne présentent pas, dans leur état de développement actuel, des performances suffisantes pour répondre aux problèmes d’aujourd’hui et des années à venir. On ne peut exclure totalement qu’elles y parviennent, mais pas avant 2040. Le problème de l’échéance est pourtant fondamental. Pourquoi ? Parce que le même rapport du GIEC évoqué par M. Bush conclut que ce n’est pas en 2040 ou en 2050 qu’il faudrait commencer à réduire nos émissions, mais dès maintenant.
Les climatologues redoutent que, si la concentration de gaz à effet de serre continue à augmenter, le réchauffement dépasse 2 degrés, seuil au-delà duquel un dérèglement incontrôlable du système climatique est envisageable. Dans une Biosphère en folie, les humains se rendront compte (trop tard ?) que leurs technologies n’étaient pas à l’égal du « dieu tout-puissant ».

sciences citoyennes

Dans l’hypothèse où la barbarie ne l’emporterait pas, notre monde devra survivre à la réduction de sa consommation en développant la frugalité, mais aussi des relations de coopération et de solidarité qui, seules, peuvent rendre la décroissance supportable. Dans ce paysage où nous vivrons bientôt, la recherche scientifique ne pourra pas poursuivre sa fonction actuelle, qui est essentiellement de rendre possible la consommation de nouveaux produits ou services pour le bénéfice principal de puissances financières. Cela ne veut pas dire que la recherche deviendrait interdite ou seulement superflue. Imaginer cette issue serait admettre que l’humanité dispose d’ores et déjà de toutes les technologies nécessaires à sa survie (…)

Mais ce qui paraît certain, c’est que le rôle et les orientations de la recherche, comme la gestion des innovations, devront de plus en plus être soumis aux attentes véritables de la société. Ouvrir la recherche pour mettre la science en démocratie, ces vœux qui justifient les combats de la fondation sciences citoyennes devraient devenir des évidences collectives et imposer une nouvelle gouvernance de la recherche scientifique, pour le refus des gaspillages, pour la veille vigilante sur un monde fragilisé. Pour élaborer ces règles de vie commune, on devra d’abord s’accorder sur le mode d’emploi de la démocratie : faut-il faire confiance aux spécialistes, ou glaner les avis bruts de la population, les deux solutions le plus souvent pratiquées pour décider du « progrès » ?

Mon opinion est qu’il faut, et qu’il faudra toujours, organiser des procédures combinant l’acquisition de savoirs avec la valorisation du « bon sens », c’est ce que peuvent et pourront faire, par exemple, les conférences de citoyens. Jean Rostand indiquait déjà que son inquiétude ne découlait pas de l’irruption de quelques savants fous, mais de la tranquille assurance de tous les autres pour fabriquer un avenir jamais évalué. Il restera plus aisé de surveiller en amont l’élaboration des possibles dans les laboratoires que de lâcher la police sur des contre-venants.

Entropia (revue d’étude théorique et politique de la décroissance) n°3, automne 2007 : Décroissance & technique

Résumé de l’article de Jacques Testard, Fabrique du vivant et décroissance p.130

pensée amérindienne

Il s’en faut de beaucoup que les peuples amérindiens aient été éblouis par les techniques de leurs envahisseurs : « Ma flèche ne tuerait-elle pas ? Qu’ai-je besoin de vos pistolets ? », déclarait un chef pawnee lors d’une des premières rencontres de son peuple avec les Européens. Quant à cette science et à l’enseignement qui sert à la transmettre, ils eurent tôt fait de s’en défier aussi. Dès le XVIIIe siècle, l’Assemblée des six nations indiennes refusait d’envoyer leurs enfants dans les écoles des envahisseurs : « Plusieurs de nos jeunes gens ont été jadis élevés dans vos collèges. Ils furent instruits de toutes vos sciences mais, quand ils nous revinrent, ils n’étaient absolument bons à rien. » D’autres particularités, plus inquiétantes encore, semblaient caractériser les nouveaux venus. Leur avidité insatiable a d’abord étonné les peuples qui ignoraient l’usage de la monnaie. En outre leur propension au mensonge, leurs tromperies et leurs trahisons répétées témoignaient de leur extraordinaire indignité. De même leur cruauté gratuite, les Blancs tuent parfois « simplement pour le plaisir de tuer ». Les peuples amérindiens furent tout aussi étonnés d’observer l’acharnement au travail de leurs envahisseurs, leur fébrilité industrieuse d’insectes. Telles apparurent dont les dispositions de ce peuple étrange : Une ingéniosité technique tout à fait remarquable, mais pour le moins inutile, et souvent nuisible ; une folie bien particulière associant délire d’enrichissement et d’accumulation, cruauté sadique et propension habituelle au mensonge ; enfin une organisation sociale extravagante fondée sur le travail, scandaleusement inégalitaire, et si foncièrement ennemie de la liberté que chacun y était serviteur d’un maître, lui-même esclave. (La folle histoire du monde de Michel BOUNAN).

Tous ces anciens peuples ont été vaincus et, dans leur grande majorité, exterminés. Les armes et les techniques modernes ont eu raison de ces civilisations. Le monde est devenu une immense colonie européenne, la simplicité volontaire a été rayée de la surface du globe, la Biosphère commence à souffrir intensément.

ACV Coca Cola !

 L’analyse du cycle de vie ou ACV est une notion apparue aux Etats-Unis en 1969. Il ne s’agissait pas d’une découverte de théoriciens de l’écologie, mais d’une problématique stratégique initiée par l’entreprise Coca-cola : faut-il mettre la boisson dans une bouteille de verre ou lui préférer le plastique ? On avait pour la première fois comparé non seulement les coûts de fabrication respectifs, mais aussi l’énergie utilisée, la disponibilité des matières premières et la possibilité de recyclage après usage. La comptabilité environnementale s’est alors développée, elle permet désormais de comparer, pour chaque produit fabriqué, les gaz à effet de serre qu’il génère tout au long de sa vie, la pollution de l’air et de l’eau, le décompte des ressources naturelles utilisées, l’impact sur la biodiversité, le coût du traitement ou de la mise en décharge du déchet qu’il devient. Mais l’ACV ne mesure ni la toxicité pour l’homme, ni l’impact sur les paysages, ni le bruit et les odeurs émises, ni surtout l’utilité réelle du produit.

Coca-Cola avait donc découvert en 1969 que les contenants en plastique sont plus respectueux de la Biosphère une fois pris en compte l’essence utilisée pour rapatrier jusqu’aux lignes d’embouteillage le verre consigné. Depuis, les bouteilles plastiques ont conquis le monde entier et le pétrole qui sert à les fabriquer s’épuise. Alors la solution est simple, ajoutez toujours au calcul de l’ACV la démesure de nos besoins actuels, buvez de l’eau et non du coca cola, et vous économiserez la Biosphère.

de la Boétie

Les textes anciens et inoubliables sont rares. Le texte d’Etienne de La Boétie (éditons arléa, 2007), publié pour la première fois en 1576 est un joyau rare. Extraits :

 

« Comment il peut se faire que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a de pouvoir de leur nuire sinon tant qu’ils ont vouloir de l’endurer, qui ne saurait leur faire mal aucun sinon lorsqu’ils aiment mieux le souffrir que le contredire (…) Plus ils pillent, plus ils exigent, plus ils ruinent et détruisent, plus on leur donne, plus on les sert, de tant plus ils se fortifient  et deviennent toujours plus forts. Si on ne leur donne rien, si on ne leur obéit point, ils demeurent nus et défaits, et ne sont rien, sinon que, comme la racine n’ayant plus d’aliment, la branche devient sèche et morte (…) Celui qui vous maîtrise tant n’a que deux yeux, n’a que deux mains, n’a qu’un corps, sinon qu’il a plus que vous tous : c’est l’avantage que vous lui faites pour vous détruire. D’où a-t-il pris tant d’yeux dont il vous épie si vous ne lui donniez ? Combien a-t-il tant de mains pour vous frapper s’il ne les prend de vous ? Les pieds dont il foule vos cités, d’où les a-t-il s’ils ne sont les vôtres ? (…) »

 

Même le régime démocratique a pour La Boétie ses insuffisances : « Il y a trois sortes de tyrans. Les uns ont le royaume par élection du peuple ; les autres par la force des armes ; les autres par succession de leur famille. Pour dire la vérité, je vois bien qu’il y a entre eux quelques différences, mais de choix, je n’y en vois point, la façon de régner est toujours quasi-semblable. Celui à qui le peuple a donné l’Etat devrait être, ce me semble, plus supportable, et le serait n’était que, dès lors qu’il se voit élevé au-dessus des autres, il délibère de n’en bouger point (…) La nature de l’homme est bien d’être libre et de le vouloir être, mais sa nature est telle que naturellement, il tient le pli que l’éducation lui donne. Disons qu’à l’homme toutes choses lui sont comme naturelles, à quoi il se nourrit et s’accoutume. Ainsi la première raison de la servitude volontaire, c’est la coutume ; on ne regrette jamais ce que l’on n’a jamais eu. »

 

Les textes nouveaux sont oubliables à 99,9 % et plus. Relisons les textes anciens inoubliables, ceux qui propagent un humanisme ouvert et nous offrent des armes pour défendre la Biosphère contre ceux qui l’agressent.

  

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

http://biosphere.ouvaton.org/page.php?fichier=2008/affichactu3

 

 

LeMonde lu par biosphere

Le président d’Airbus se fend d’un article à débats (LeMonde du 14.02.2008), le ciel comme seule limite. Il commence par un contre-sens historique : « Depuis qu’il est sapiens, l’homme cherche à se déplacer plus loin, plus vite. »

Tout au contraire l’être humain est enraciné dans un territoire. Depuis le départ de notre berceau africain seule une minorité de personnes se déplaçait : les soldats, les marchands, les aventuriers et les brigands. La masse de la population était peu mobile et le vagabondage proscrit ; on naissait, vivait et mourait dans le même village. Ce sont les exigences de la révolution industrielle, au XIXe siècle, qui tendent à élargir la mobilité au niveau national. Maintenant notre planète tout entière est occupée et des quotas limitent de façon de plus en plus importantes nos possibilités d’expatriation. On n’accepte aujourd’hui le déplacement libre par avion que pour les touristes des pays riches et les choses qui rapportent de l’argent.

Cette soi-disant « quête ancestrale » de mobilité est actualisée en fin d’article : « La fierté d’Airbus est de contribuer à satisfaire l’exigence de mobilité et de croissance exprimée par la société. »

Pourtant la société n’exprime rien d’autres que les souhaits de ceux qui font de la publicité pour les Airbus et toutes les activités du même type. Le consommateur n’est pas un roi, c’est le plus souvent juste un senior-retraité manipulé pour le faire aller le plus loin possible, le plus vite si possible. Le pétrole à bas prix a été une aubaine pour faire voler les plus lourds que l’air, l’explosion du prix du pétrole va faire exploser l’aviation commerciale en plein vol.

 Thomas Enders défend son beefsteak et l’expansion de l’aérien. Il se trouve parmi les 29 millions de personnes qui travaillent pour l’aviation commerciale. Que de chômeurs en perspective quand le prix du kérosène sera taxé et fixé comme il se doit pour défendre les dernières ressources d’une Biosphère surexploitée par la mobilité moderne.

humanisme et anthropocentrisme

L’écologie profonde est un renversement copernicien. Dans nos civilisations occidentales saturées de sentences bibliques  (« Remplissez la terre et l’assujettissez  » ordonne la Bible dans la Genèse), le changement de perspectives se heurte à des verrous rouillés au fil des siècles. Pourtant les recherches et découvertes scientifiques  montrent l’unité du monde vivant. Alors, dans un premier temps, ne retenons de l’écologie profonde, que l’exercice de décentrement. Nous plaçons l’homme au centre, voyons ce que cela donnerait de ne pas l’y mettre, de le remplacer par le phénomène de la vie. Supposons-nous gestionnaire de forêt. Pour bien des sylviculteurs, une forêt n’est une usine à bois. Voici que nous croisons, rencontre toujours émouvante, un chevreuil. Et voici que nous nous demandons : après tout, à qui appartient cette forêt ? A l’homme seul ou aussi au chevreuil, à la fourmi, au perce-neige ? N’y a-t-il pas des titres de propriété à partager ? Ce sentiment ou cette réaction induirait un type d’aménagement  auquel nous ne pensions pas, une plus forte sensibilité à la préservation de la faune et de la flore, une démarche pour ce qui deviendrait un véritable humanisme. En somme, prenons l’écologie profonde pour ce qu’elle est une méthode pédagogique qui vaut le détour.

En effet, devons-nous absolument choisir : l’homme OU la nature ?  Sommes nous condamnés à humanisme = anthropocentrisme ?  L’homme ET la nature est-ce vraiment la catastrophe ? Un humanisme  incluant le respect des formes de vie non pour leur utilité immédiate mais parce qu’elles existent et que nous sommes tous, humains et non humains, dans la même galère de l’Evolution,  est-il impossible par essence ? 

Relisons Claude Levi-Strauss pour qui notre  humanisme est « dévergondé » : « …Que règne, enfin, l’idée que les hommes, les animaux et les plantes disposent d’un capital commun de vie, de sorte que tout abus commis aux dépens d’une espèce se traduit nécessairement, dans la philosophie indigène, par une diminution de l’espérance de vie des hommes eux-mêmes, ce sont là autant de témoignages peut-être naïfs, mais combien efficaces d’un humanisme sagement conçu qui ne commence pas par soi-même mais fait à l’homme une place raisonnable dans la nature au lieu qu’il s’en institue le maître et la saccage sans même avoir égard aux besoins et aux intérêts les plus évidents de ceux qui viendront après lui. » (« Le regard éloigné » Plon, 1983)

LeMonde lu par biosphere

Certains membres du Parti Socialiste voudraient un « pôle écologique », dixit LeMonde du 13.02.2008. Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Comment faire bouger un vieux parti ankylosé par des décennies de soutien au productivisme ambiant ? Comment se démarquer d’un capitalisme triomphant sur les ruines de la Biosphère ?

C’est justement parce que la planète, et donc les sociétés humaines, sont au bord de l’abîme qu’il faudra bien trouver un substitut à la société thermo-industrielle. C’est parce que l’écologie ne peut plus être marginalisé que cette tentative de bousculer les éléphants d’un gros parti a des chances de succès. C’est parce que le capitalisme ne pourra jamais prendre en compte la nature dont elle exploite les ressources naturelles données de moins en moins généreusement qu’un nouveau social-écologisme pourrait émerger. C’est parce que l’individu n’est rien face aux problèmes collectifs et mondiaux que le politique a des chances de renaître face au libéralisme du chacun pour soi.

C’est parce que la Biosphère applaudit de toutes ses innombrables mains devant cette tentative désespérée qu’elle vous conseille de soutenir ce mouvement naissant :

http://poleecologiquedups.typepad.fr/

l’IDD de l’UE

Une tentative d’indicateur de développement durable :

 

Quelques 300 participants étaient attendus à la conférence « Beyond GDP » (au-delà du PIB, mesurer le progrès, la richesse et le bien-être véritable des nations). Cette conférence, organisée par la Commission européenne, en collaboration avec le Parlement européen, le Club de Rome, le WWF et l’OCDE, devait  avoir lieu du 19 au 20 novembre 2007. Un atelier d’experts organisé avant la conférence devait se pencher sur les difficultés communes présentées par l’identification d’indicateurs en complément du PIB. Il en existe plus de 600 au total. L’objectif était d’aboutir à une série d’indicateurs de prospérité économique et de santé environnementale qui soient aussi clairs et attirants que le PIB, à la fois pour le public et les décideurs. » [Source : L’environnement pour les Européens, n° 28 (septembre 2007) édité par l’Union européenne]

 La Biosphère attend toujours la médiatisation des résultats. Entre-temps, Sarko peut discourir ! 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

http://biosphere.ouvaton.org/page.php?fichier=2008/affichactu3

 

LeMonde lu par biosphere

Je déteste l’aveuglement des marchands d’illusions. Ainsi Jean-Paul Fitoussi (LeMonde du 12.02.2008) écrit à l’avance l’avenir de nos petits-enfants en estimant que demain seront des lendemains qui chantent. Peu importe la dette publique, peu importe l’épuisement des ressources naturelles non renouvelables, peu importe l’incompatibilité de notre modèle de développement avec la préservation de notre environnement, nos petits-enfants seront assurément au moins 5 ou 6 fois plus riches que nous !

Qui le dit ? L’histoire ! Mais Fitoussi considère seulement l’histoire des soixante dernières années qui commencent avec les Trente Glorieuses, ou (pour rire ?) l’histoire du premier millénaire après Jésus-Christ ! Il ne dit rien sur les analystes comme Schumpeter qui ont montré que l’activité économique tout au cours de la  révolution industrielle s’accompagnait d’une succession de cycles où la dépression succédait à la crise, il ne dit rien sur la grande crise de 1929 dont on n’est sorti qu’avec la seconde guerre mondiale.

Qui le dit pourtant ? Keynes nous assène Fitoussi ! Mais c’est le Keynes de 1928, pas celui de 1936 qui a montré qu’une crise de l’emploi dans le système libéral peut être durable et qu’il faut s’en sortir par une relance artificielle menée par l’Etat à grand renfort de déficits budgétaires et d’expansion monétaire inflationniste. Fitoussi aurait du savoir que le keynésianisme a été abandonné définitivement après la stagflation de 1974-1979 à laquelle on peut rajouter l’impossibilité d’une relance nationale dans une économie mondialisée.

Qui le dit enfin ? Les caractéristiques de la nature humaine, ose Fitoussi ! Mais notre comportement résulte seulement de notre culture, ce que nous pensons aujourd’hui n’est pas ce que nous pensions avant-hier et certainement pas que nous penserons après-demain. Notre croissance économique actuelle a été exceptionnelle, c’est une vraie anomalie ; elle repose, comme le remarque Fitoussi, sur une dynamique de la nouveauté et une consommation « émulative ». Mais quand les rigueurs de la décroissance arriveront, nos petits-enfants vont se satisfaire en vivant de traditions comme ce fut la règle habituelle des sociétés humaines, la consommation ostentatoire étant réservée aux élites dont nul n’oserait imiter le mode de vie.

 Bien sur nous construisons chaque jour la société de demain, et l’inégalité n’est pas non plus un fait de nature. Mais Fitoussi et l’économie dominante aujourd’hui ne nous prépare nullement aux lendemains qui déchantent.

bonheur national brut

LeMonde économie (29.01.2008) s’interroge : « Le bonheur peut-il être un indicateur économique ? » C’est dans l’air du temps. Sarko a confié le 8 janvier aux prix Nobel d’économie Amartya Sen et Joseph Stiglitz la mission de déterminer les limites de la comptabilité nationale pour échapper à une approche trop quantitative de la mesure de nos performances collectives. Malheureusement l’orthodoxie dominante jubile déjà sur l’échec prévu de cette tentative. Amartya Sen est le concepteur de l’IDH, indicateur de développement humain, qui ajoute au PIB par habitant des critères de santé et d’éducation. Mais tous les pays développés sont déjà au top quant au résultat affiché. Ne parlons donc que de l’IDH des pays pauvres, et mesurons le degré de satisfaction des habitants des pays riches. Alors là, il paraît que le sentiment de bonheur est subjectif, donc les joies de l’existence ne s’additionnent pas. Et puis la satisfaction serait relative, ta bagnole est plus grosse, j’en veux une aussi grosse, au moins.

 

Pourtant les plus que riches, on peut leur couper la tête, ils n’ont qu’une tête, comme le commun des mortels. Ce serait cela le véritable bonheur. Mais on s’empresse d’oublier que nous avons déjà tous les chiffres des externalités négatives, les émissions anthropiques de gaz à effet de serre, l’épuisement des ressources fossiles, la perte de biodiversité, la stérilisation des terres agricoles, la raréfaction des ressources halieutiques… Mais il y a des chiffres qui ne comptent pas !

 

Il faudrait la prise en compte sérieuse des méfaits de notre civilisation thermo-industrielle sur la Biosphère, des indicateurs de développement durable, un PIB vert sans villes ni usines. Tout est possible, tout est réalisable…

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

http://biosphere.ouvaton.org/page.php?fichier=2008/affichactu3

 

LeMonde lu par biosphere

Pour un peu plus de pétrole, 60 plongeurs sont morts dans la mer du Nord, sans compter les lésions cérébrales et pulmonaires de plusieurs autres (LeMonde du 10-11.02.2008). Les survivants font un procès à l’Etat norvégien. Celui-ci est si prévoyant qu’il a mis les revenus des hydrocarbures sur un fonds de pension qui s’élève à 250 milliards d’euros. Les plongeurs qui survivent auront sans doute une petite rente, y’a de quoi payer. Alors, 60 morts pour soutenir la croissance économique, quoi de plus normal : il faut savoir risquer pour pouvoir en profiter.

Mais cette situation particulière pose le problème de tous ceux qui sont morts ou handicapés par cause de croissance économique, les mourants silicosés et les morts du grisou, les poumons en feu des travailleurs de l’amiante, tous les accidentés du travail, ici ou ailleurs.

Cette situation particulière pose le problème des dernières ressources de la planète qui sont extraites irrémédiablement du sous-sol et qui n’iront jamais aux générations futures.

Cette situation particulière pose le problème d’une civilisation de croissance qui va mourir bientôt et qui comptera ses victimes par centaines de millions, les réfugiés climatiques, les morts de guerres civiles et de guerres pour l’eau ou le pétrole, les morts de faim dans un monde désertifié et surpeuplé, tous les morts de la crise ultime.

 Les Etats étaient au courant, mais ils n’ont rien fait ou presque… Le tribunal de la Biosphère jugera.

d’accord avec Sarko ?

Extrait de la conférence de Sarkozy (8.01.2008) : Croissance, changer notre instrument de mesure.

« C’est avec la même volonté de mettre en oeuvre une politique de civilisation que je souhaite engager une réflexion sur les moyens d’échapper à une approche trop quantitative, trop comptable de la mesure de nos performances collectives. Car, si nous restons prisonniers de la vision restrictive du PNB (Produit national brut), nous ne pouvons pas espérer changer nos comportements et nos façons de penser. Si les critères, les indicateurs de la richesse restent les mêmes, comment allons nous changer notre façon de produire et de réfléchir ? (…) Si nous voulons favoriser un autre type de croissance, il faut changer notre instrument de mesure de la croissance.

 

« Là encore, la France veut donner l’exemple en prenant l’initiative de réunir un groupe d’experts internationaux de haut niveau pour réfléchir aux limites de notre comptabilité nationale et du PNB et à la meilleure manière de les surmonter pour que la mesure du progrès économique soit plus complète. Pour qu’elle prenne mieux en compte les conditions réelles et la qualité de vie des Français qui n’en peuvent plus de l’écart grandissant entre des statistiques qui affichent un progrès continu et des difficultés croissantes qu’ils éprouvent dans leur vie quotidienne. Deux prix Nobel d’économie qui ont beaucoup travaillé sur ces questions ont accepté de conduire cette réflexion. Amartya Sen a accepté de m’apporter ses conseils et Joseph Stiglitz de présider le comité d’experts. »

 

Dans la même conférence, Sarkozy estime qu’il faut « un changement profond dans notre civilisation, dans son rapport à la nature, dans l’idée qu’elle se fait de sa responsabilité vis-à-vis de la planète ». La Biosphère aurait donc un nouvel adepte, un élu-philosophe qui prône l’écologie profonde et qui est au sommet d’un Etat !!! Mais c’est un leurre, Sarko n’est pas écolo.

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

http://biosphere.ouvaton.org/page.php?fichier=2008/affichactu3

 

urgence planète terre

Comme le problème du réchauffement climatique est de ceux dont la solution impliquerait plus d’efforts et de sacrifices que nous ne pouvons en imaginer, comme il apparaît que l’effort maximal de chacun serait impuissant à prévenir la tragédie, nous sommes tentés de couper le lien entre l’information et notre réaction. Nous regardons, mais nous ne voyons pas. Nous écoutons, mais nous n’entendons plus.

 

Dans son essence, la dénégation procède de la nécessité, pour les gens dépendants, de s’interdire de discerner un lien entre leur comportement de dépendance (fumeurs, alcooliques…) et ses conséquences destructrices. Or nous sommes devenus dépendants de la conquête de la planète, c’est pourquoi nous refusons de voir qu’elle est destructrice, c’est pourquoi nous trouvons à nos actions des justifications raffinées, c’est pourquoi nous accueillons avec hostilité ceux qui nous avertissent des conséquences de nos actes, c’est pourquoi nous les soupçonner d’intentions subversives. Quand les destructions deviennent quand même évidentes à nos yeux, la résignation s’installe. Mais ce rempart du refus n’est pas impénétrable, dans une démocratie la volonté politique est une ressource renouvelable.

 

Ainsi parle Al Gore dans son livre Urgence planète Terre. Il conserve la conviction qu’il faut faire de la sauvegarde de l’environnement l’épine dorsale de notre civilisation. Cela signifie « s’engager dans un effort pour que chaque décision et chaque traité, chaque loi et chaque institution, chaque tactique et chaque stratégie, en un mot tous les moyens soient employés pour sauvegarder et préserver notre système écologique ». La Biosphère applaudit de ses mains innombrables. Le problème, c’est que les êtres humains sont leurs propres ennemis, et en même temps leurs seuls alliés.

 

NB : Tous les articles pour la Biosphère sont archivés et classés sur Internet,

http://biosphere.ouvaton.org/page.php?doc=2007/affichactu2

http://biosphere.ouvaton.org/page.php?fichier=2008/affichactu3

 

LeMonde lu par biosphere

La rubrique « LeMonde &vous » nous offre toujours deux pages de rêves. Ainsi dans l’édition du 9.02.2008 les sources d’eau chaude d’Oga qui dispensent l’onde chaude des dieux pour purifier les corps. Le problème,  c’est que pour savourer ces bassins où hommes et femmes peuvent se prélasser ensemble, il faut acheter un billet d’avion Paris-Tokyo quand on habite en France. En fait il s’agit d’inciter au tourisme en Boeing alors qu’on sait qu’Air France est un facteur de réchauffement climatique qui devient de plus en plus important. L’allongement des distances parcourue par les touristes est d’autant plus prôné que LeMonde présente bien d’autres voyage dans ces deux pages, des annonces publicitaires d’évasion vers l’île Maurice, les Canaries, l’Islande, l’Ethiopie… On a même droit à un « agenda », dont on ne sait plus s’il est publicitaire, vers la Polynésie et la Nouvelle Calédonie, de l’autre coté de la planète.

Pourtant LeMonde du 19.01.2008 nous présentait un tourisme lent, de proximité, qui rejetterait l’avion et les fantasmes de vacances paradisiaques. Mais que va retenir le lecteur de notre journal, le rêve ou la réalité ?

 Ah, j’allais oublier l’essentiel ! La fragilité économique de notre quotidien oblige à sa dépendance envers les publicitaires. Peu importe la santé de la Biosphère…