Enfer numérique, dictature des chiffres

Voter pour la primaire des écologistes, c’était l’enfer. Un identifiant de 5 lettres, un mot de passe de 9 chiffres et lettres, un sms de confirmation de 5 chiffres à retaper sur son clavier, un appel téléphonique parce que ça ne marchait pas, soit 10 chiffres supplémentaires… soit près de 30 chiffres pour présenter son nom à une élection. Autrefois sa carte d’identité suffisait, mais c’était dans un autre temps, où les rapports de proximité étaient la norme. Le 2 octobre 1971, l’humanité est soudainement projetée dans l’ère de l’immédiateté éthérée. Ray Tomlinson envoie le premier e-mail sur Arpanet, un réseau informatique propre aux scientifiques et militaires américains. Aujourd’hui, travailler, consommer, se faire des amis, draguer, écouter de la musique, voir des films, lire, s’informer, voter, jouer, etc., tout cela se fait par écran interposé. Des individus connectés en permanence, surinformés, se croient omniscients et tout-puissants alors que leur impuissance politique et sociale n’a jamais été aussi grande. A force de vouloir communiquer toujours plus loin, on en a oublié les liens de proximité ; autrefois on s’identifiait à son voisinage, aujourd’hui nous ne connaissons plus nos voisins. L’utopie numérique laissait envisager un monde ouvert, sans nationalismes ni haine. douce vision en miettes. Internet devait révéler la diversité, il ne véhicule que des stéréotypes. A la place du village planétaire, nous avons hérité d’un marché globalisé, otage de la publicité.

Le coût de la numérisation du monde est affolant, les chiffres sont édifiants : l’industrie numérique mondiale consomme tant d’eau, de matériaux et d’énergie que son empreinte est le triple de celle d’un pays comme la France ou l’Angleterre. La pollution numérique est colossale, et c’est même celle qui croît le plus rapidement.Les technologies numériques mobilisent aujourd’hui 10 % de l’électricité produite dans le monde et rejetteraient près de 4 % des émissions globales de CO2, soit presque le double du secteur civil aérien mondial. Pour envoyer un simple like, nous déployons ce qui devient la plus vaste infrastructure jamais édifiée par l’homme, un royaume de béton, de fibre et d’acier, un inframonde constitué de datacenters, de barrages hydroélectriques et de centrales à charbon, tous unis dans une triple quête : celle de puissance, de vitesse et… de froid ; dans les vastes plaines du cercle arctique où refroidissent nos comptes Facebook !

Réveillons-nous, révoltons-nous, n’achetons pas (n’achetons plus) d’objets numériques, vivons au plus près de la Biosphère et de nos prochains. Maintenant, tu sais ce qu’il te reste à faire…

Pour en savoir plus grâce à notre blog biosphere :

6 mai 2021, L’écran pharmakon, à la fois remède et poison

4 mars 2021, La génération des écrans, dégénérescence

25 octobre 2019, Écrans, décérébration à grande échelle

3 octobre 2019, La fabrique du crétin numérique

6 mai 2018, Démence digitale, l’addiction des petits aux écrans

26 février 2018, Les écrans contre la santé psychique des enfants

12 janvier 2018, L’addiction aux écrans, signe de folie technologique

27 octobre 2017, Libérons nos enfants de l’emprise des écrans

7 octobre 2016, Le désastre de l’école numérique dans LE MONDE

12 septembre 2016, Ecrans ou éducation, il faut choisir… le présentiel

28 avril 2016, Faut-il vraiment du tout-numérique à l’école ? NON

7 janvier 2016, La génération de l’écran en perdition intellectuelle

4 novembre 2014, Est-il encore possible aujourd’hui de vivre sans écrans ?

24 janvier 2013, l’enfant face aux écrans, l’interdit est nécessaire

18 décembre 2012, Noël, sans achat de tablette numérique pour enfants

14 juin 2011, pourquoi vivre sans écrans

13 juin 2011, vivre en famille sans écrans

28 mars 2010, vivre sans écrans, c’est possible

27 mars 2010, l’écran pervertit (les relations humaines)

26 mars 2010, l’écran chasse les livres

25 mars 2010, tout sur l’écran et rien dans la tête

24 mars 2010, l’écran est une drogue

23 mars 2010, l’invasion des écrans

22 mars 2010, Semaine sans écrans (22 au 28 mars)

19 mars 2010, Semaine sans écrans

18 avril 2009, semaine sans écran

26 mars 2009, l’emprise des écrans

15 septembre 2007, l’emprise des écrans

9 septembre 2007, utopie numérique ?

à lire, L’Enfer numérique. Voyage au bout d’un like, de Guillaume Pitron, Éditions Les liens qui libèrent, 304 pages, 20 euros

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4 réflexions sur “Enfer numérique, dictature des chiffres”

  1. et bien dansez maintenant

    Comme pour la télévision, l’usage y fait beaucoup!
    Que chacun y mette ses selfies et c’est une gabegie énergétique inutile.
    Une écoute de podcast sur une destination exotique et c’est un petit voyage qui peut remplacer un vrai A/R sous les tropiques…
    Quoi qu’il en soit, les infrastructures numériques ont un coût peu importe la bande passante.

  2. Et ben pour en finir avec l’enfer numérique, ce n’est plus un chantier qui est nécessaire mais c’est une guerre contre le numérique ou rien ! Bien que le chantier s’additionnera à cette guerre. Ben oui, comment faire pour retirer des mains les joujoux aux mains de leurs usagers ? Quasiment tout le monde sur Terre est addict aux ordinateurs, tablettes, portables, consoles de jeux, télévision ? Confisquer chacun de ces joujoux ne se fera pas sans affrontement ! L’enfer prendra fin quand les gens n’auront plus les moyens de se les acheter, et encore ils ne vont pas céder facilement car ils auront manifester bras dessus bras dessous avec Mélenchon, Michel, Aubry, Besancenot, Poutou, Hamon et Arthaud à la place de la République pour ré obtenir du pouvoir d’achat afin de racheter tous ces joujoux… En l’occurrence ça se fera en affrontement moult conflits sociaux…

  3. – « Maintenant, tu sais ce qu’il te reste à faire… »
    Pas très bien non, ni ce que je dois en penser. Je me demande d’ailleurs ce que Biosphère cherche à nous dire, en nous resservant ce plat de 10 jours. Peut-être nous invite t-il tout simplement à faire la grève du clavier, en nous abstenant de cliquer à cette exaltante primaire.
    Ce qui d’un côté nous évitera je ne sais combien de CO2 en plus, et de l’autre je ne sais combien de neurones en moins. Clic-clic, pas bon pour la planète ! A voté, hi-han hi-han !
    Cliquer non, commenter oui. Votez non à la Décroissance neuronale !
    N’empêche, quel suspens ! Je parie que le prochain plat sera excellent. Des goûts et des couleurs on ne discute pas, et pourtant nous ne faisons que ça. 🙂

  4. Rien que ça aurait déjà dû amener EELV à laisser tomber cette primaire, faussée et futile, nous l’avons dit. L’empreinte du numérique est catastrophique, pas seulement en terme de CO2, ça aussi nous le savons. Et pourtant le Dé-numérisation ne semble pas être une priorité chez EELV.
    Même pour Delphine Batho (lire l’interview sur La Décroissance de ce mois-ci). Pour elle la dénumérisation semble se limiter à la publicité (Ouest France 09/02/2020 : «Mercredi 5 février, Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres a déposé une proposition de loi à l’assemblée nationale relative à l’interdiction de toute forme de publicité numérique et lumineuse dans l’espace public.» Certes la publicité numérique et lumineuse est une véritable saloperie, mais il faut voir bien plus loin que ça.

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