spiritualités

Dix commandements

Envoyez-moi votre conception de la deep ecology !!!

Pour quelques-uns il y a de longues vacances sur le sable chaud, pour tant d’autres le travail à perpétuité dans des usines du bout du monde. Il nous faudrait réfléchir un peu plus tous ensemble pour un monde plus égalitaire, pas seulement en désirant l’égalité socioéconomique, pas seulement en pratiquant l’égalité politique, mais aussi en construisant l’égalité globale compte-tenu des générations futures et des non-humains. Nous proposons donc à tes remarques, critiques et corrections le texte suivant :

 

Tu pratiqueras la simplicité volontaire ;

Tu aimeras ta planète comme toi-même ;

Tu as autant de devoirs que tu n’as de droits ;

Tu réagiras toujours de façon proportionnée ;

Tu protégeras l’avenir des générations futures ;

Tu respecteras chaque élément de la Biosphère ;

Tu ne laisseras pas les machines te dicter leur loi ;

Tu adapteras ta fécondité aux capacités de  ton écosystème ;

Tu ne causeras pas de blessures inutiles à ton environnement ;

Tu vivras des fruits de la Terre sans porter atteinte au capital naturel.

 

Dans l’attente de tes réactions, marchons chacun de notre côté sur les chemins de la Biosphère, c’est-à-dire dans la bonne direction.

 

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besoin de Nature

Envoyez-moi votre conception de la deep ecology !!!

L’homme peut apprendre à tolérer la laideur du cadre dans lequel il vit, un ciel enfumé et des rivières polluées. Il peut vivre sans le parfum des fleurs ou le chant des oiseaux. Il peut survivre même au mépris complet de l’ordonnance cosmique des rythmes biologiques. Si la suppression d’un certain nombre d’agréments peut n’avoir aucun effet manifeste sur son aspect physique ou son efficacité en tant que rouage de la machine économique ou technologique, elle entraîne cependant à long terme un appauvrissement de sa vie et la perte progressive des qualités que nous associons à la notion d’être humain. Nous nous sommes endormis dans un monde aseptisé, dans la sécurité de nos maisons, dans la chaleur de notre confort, bercés par des certitudes dont les écrans et les ondes nous gavent comme des oies dociles, un monde qui finalement nous laisse peu de liberté, peu d’espace, peu d’initiative.

 

Pour calibrer des individus moutonniers et dociles, la technocratie se débrouille pour éliminer plus ou moins doucettement les amoureux de la nature, dénoncés comme des nostalgiques du passé et gênants pour un aménagement totalitaire du territoire. Pourtant un rapport de recherche canadien prouve que l’interaction avec la nature n’est pas uniquement une source d’agrément, mais surtout un besoin fondamental aussi bien pour la santé physique que mentale, pour la réduction de la violence sociale et pour le sentiment d’appartenance communautaire. Les fleurs, les arbres et les arbustes présentent un intérêt intrinsèque. Ils nous sortent du monde de l’attention dirigée, ce qui nous permet de nous reposer et de recharger nos batteries mentales.

 

L’exigence de nature n’est pas le retour à un état idyllique passé, qu’il ait existé ou non. Elle est le fruit de la civilisation la plus raffinée. La faim nous oblige à conserver un minimum de nature ; le besoin d’être pleinement postule un maximum de nature. (Morceaux choisis du livre de Roland de Miller, « Le besoin de nature sauvage »)

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s’écologiser, nécessité

La « maîtrise » de la nature à notre portée nous conforte dans un anthropocentrisme qui remonte à la Bible. La conception de Newton, en projetant dans un espace-temps absolu le temps et l’espace vécus par l’homme, relève encore de cette tenace illusion. Mais l’écologie nous appelle à renouveler notre conception de l’humanisme. Elle nous apprend à ne plus considérer l’homme comme un système de référence absolu, un être qui ne doit rien qu’à lui-même et à qui tout est permis, pourvu qu’il n’incommode pas autrui. L’homme ne peut plus penser – on devrait le savoir depuis Copernic, Darwin et Freud – qu’il est le centre de l’univers. Il lui faut se re-situer et rechercher l’harmonie avec cette planète. L’écologie scientifique et la pensée de la complexité nous engagent à s’écologiser. Écologiser, c’est-à-dire réorienter notre pensée, trop facilement linéaire, vers la pensée complexe de telle sorte qu’elle s’efforce de rester en réflexion ouverte. Il nous faut s’ouvrir à l’altérité des choses et des êtres. La pensée écologisée, au lieu de se « clôturer »   (E.Morin), s’ouvre à ce qu’elle n’a pas encore élucidé de sa recherche ; il ne faut pas aller trop vite de l’hypothèse à la certitude.

 

Une telle attitude retire alors tout crédit à des formulations telles que : « L’humanité est la finalité de l’homme » (Kant), « L’homme est l’être suprême pour l’homme » (Feuerbach et Marx), « L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il fait » (Sartre). Quelle ambiguïté aussi dans cette formulation de Protagoras : « L’homme est la mesure de toute chose » ! Nous ne pouvons plus nous considérer comme un système de référence absolu, faisant abstraction de nos conditions naturelles d’existence. Un nouvel humanisme doit prendre en compte toutes les conditions, tant naturelles que sociales et techniques dans lesquelles nous nous trouvons actuellement. L’homme sera donc toujours en état d’inachèvement, d’interrogation perpétuelle.

 

Ainsi s’exprimait Armand PETITJEAN (1913-2003), qui a eu dès l’âge de 16 ans sa vie scellée par une explication décisive avec son père. Celui-ci, un homme d’affaires fondateur des Parfums Lancôme, voulait inciter son fils à utiliser son ambition à des fins personnelles. Le jeune Armand a voulu comprendre pourquoi les humains avaient une telle volonté de puissance. La Biosphère lui en est reconnaissante.

 

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parole d’arbres

Aujourd’hui, alors que se lève un nouveau millénaire, le temps nous paraît venu de murmurer quelques mots à vos oreilles d’hommes. En tout lieu, en tout temps, nous avons ombragé l’épiderme de la Terre qui vous porte. Nous avons pour mission de métamorphoser la lumière du ciel au cœur de l’humus le plus obscur pour que tous, de l’insecte le plus humble au mammifère le plus imbu de ses privilèges, à savoir l’espèce homo sapiens. Mais nous ne pouvons plus réprimer ce frémissement d’effroi qui parcourt nos fibres à travers toute la planète : de l’Indonésie à l’Amazonie, nos plus vieux peuplements disparaissent peu à peu sous l’emprise d’appétits démesurés et stupides. A ce rythme, dans 10 ans, nos ultimes forêts primaires auront été rayées de vos cartes et avec elles disparaîtront notre canopée imprégnée de parfums, d’arômes et d’essences aux vertus insoupçonnées, renouvelables à l’infini. Nos vieux troncs sont tout bruissants de la rumeur de l’Histoire, de légendes, de souvenirs et de traditions, mais vous demeurez trop rares encore à poser des yeux attentifs ou une main douce sur nos vieilles écorces.

 Nous ne serons vraiment protégés que lorsque nous aurons enfin retrouvé votre affection. Fuyez tout esprit de domination, de dissimulation ou de divertissement et faites confiance à votre intuition car chacun d’entre vous est capable d’entrer en résonance avec les grandes énergies de la Biosphère qui nous traversent tous. Nous n’avons rien à vous apprendre que vous ne puissiez découvrir en vous, mais en vous invitant à retrouver cette entente dont nous avons besoin, nous pouvons vous aider à retrouver les liens profonds et subtils qui vous unissent à tout ce qui vous entoure.

 Synthèse du texte de  Benjamin Stassen

http://arbresvenerables.arborethic.com/ArbresVenerables/APPEL/Scientifiques.htm

Gore = Naess

Dans son livre Urgence planète Terre, Al Gore pense faussement que les tenants de l’ « écologie en profondeur » (deep ecology) commettent l’erreur d’utiliser la métaphore de la maladie pour définir notre relation à la Terre. « A les en croire, nous les humains, exercerions une action pathogène, comme si nous étions une sorte de virus qui irriterait la planète, lui donnerait la fièvre, et menacerait ses fonctions vitales. Ils assigneraient à notre espèce le rôle d’un cancer généralisé, dont nos villes seraient les métastases et qui, pour nourrir sa propre expansion, priverait le globe des ressources qui lui sont nécessaires pour rester en bonne santé. Le problème de cette métaphore, c’est qu’elle n’indique qu’un seul traitement possible : l’élimination des hommes de la surface de la Terre. » Cette conception de l’écologie profonde est simpliste, elle fait référence à certains fondamentalistes, pas à ses fondements philosophiques sur lesquels Al Gore pourrait être d’accord.

 

En effet Arne Naess, le philosophe norvégien qui a imaginé l’expression « écologie profonde » en 1972, ne considère pas les êtres humains comme des présences étrangères à la Terre. Descartes ou Bacon définissaient les hommes comme des intelligences désincarnées distinctes du monde physique. Arne  Naess part au contraire du postulat selon lequel « Le bien-être et l’épanouissement de la vie humaine et non-humaine sur Terre ont une valeur intrinsèque (en eux-mêmes). » D’ailleurs Al Gore ne dit pas des choses très différentes : « C’est notre séparation du monde physique qui est à l’origine de l’essentiel de notre mal-être, et c’est parce qu’on nous enseigne à vivre si éloigné du monde naturel que nous ressentons une dépendance aussi complète à l’égard de notre civilisation qui a pris la place de la nature dans la satisfaction de tous nos besoins. »

 

Arne Naess pense aussi que « La richesse et la diversité des formes de vie contribuent à l’accomplissement de ces valeurs et sont également des valeurs en elles-mêmes ».  Al Gore semble du même avis : « Notre civilisation dysfonctionnelle a mis en place un système qui nous empêche de ressentir la douleur que nous éprouverions si nous percevions réellement notre séparation d’avec le monde naturel. (…) Il nous faudra chercher ardemment une nouvelle façon de penser le rapport de notre civilisation à la Terre »

 

Enfin Arne Naess aboutit au constat que « L’interférence actuelle des hommes avec le monde non-humain est excessive et la situation s’aggrave rapidement » et « nous avons obligation de tenter de mettre en place directement ou indirectement les changements nécessaires ». Al Gore fait un constat similaire : « La crise de l’environnement trouve ses racines dans le schéma dysfonctionnel des relations de notre civilisation à la Terre ; nous n’avons pas d’autres solutions que d’y faire face et d’admettre que nous exerçons sur lui un impact négatif (…) Maintenant que nous avons la capacité de porter atteinte à notre environnement à l’échelle planétaire, saurons-nous faire preuve d’assez de maturité pour prendre soin de la Terre tout entière ? »

On ne peut donc pas s’opposer aux amoureux de la Biosphère quand on croit à l’urgence pour la planète Terre.

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Biosphère est Une, indivisible

Dans la tradition de l’humanisme juridique, seuls les êtres doués de raison ont des droits. Dans ces conditions, ceux qui ne peuvent pas passer contrat, c’est le cas des animaux, sont exclus de la sphère morale et juridique. Il en était autrefois ainsi pour les femmes, il en est de même aujourd’hui pour les aliénés. Les écologistes s’intéressent en général plus aux grands équilibres qu’à la sensibilité et aux droits des individus animaux. Par exemple les veaux en batterie sont, de la naissance à l’abattage, maintenus dans le noir, privés de mouvement et de tout contact tant avec leurs mères qu’avec leurs congénères, exclusivement nourri au lait qui sert à absorber les excédents de lait en poudre subventionné. Nous privilégions les animaux de compagnie rattachés à notre ego alors que nous déconsidérons ce qui nous permet de vivre. Pourtant la souffrance animale est aussi la souffrance implicite de l’éleveur qui supporte psychologiquement très mal le mode d’existence et les traitements qu’il inflige aux animaux. En France l’écologie reste beaucoup plus anthropocentrée que dans les pays anglo-saxons. Le premier texte de protection des animaux est anglais (Martin’s Act de 1822 à propos des animaux d’élevage).

 

La philosophie de l’écologie profonde ou deep ecology s’extrait d’une posture où l’animal est à notre disposition. Elle défend l’idée que le bien-être et l’épanouissement de la vie humaine et non-humaine sur Terre ont une valeur intrinsèque (en eux-mêmes) et que ces valeurs sont indépendantes de l’utilité que peut représenter le monde non-humain pour nos intérêts humains. Que les 62 millions de Français pensent enfin à ce que représente le milliard d’animaux de boucherie qui sont tués chaque année !

 

Il est important de remettre en question notre statut de dominant, de rechercher l’humilité. Le souci porté aux animaux ne dilue pas les droits de l’homme, il les élargit au contraire en donnant un surcroît de responsabilité.

Tu aimeras ta planète comme toi-même

Les médecins s’appuient sur le serment d’Hippocrate: « Ne fais rien qui puisse nuire au patient. »

Vu ce que nous faisons subir à la planète, il faudrait le transformer en : « Ne fais rien qui puisse nuire à la Terre. »

N’est-ce pas là un mot d’ordre à diffuser un peu partout, à commencer sur les pare-brise des 4×4 ?

Tabou du préservatif, une Eglise populationniste !

                Depuis l’encyclique Humanae vitae du pape Paul VI, publiée en 1968, le préservatif fait partie des moyens non naturels de contraception que l’Eglise catholique condamne, car il ferait obstacle au développement de la vie humaine, potentiellement contenue dans toute relations sexuelles. Même comme moyen de prévention contre le virus du sida, cette Eglise n’a jamais admis l’usage du préservatif. Le pape Jean Paul II avait d’ailleurs toujours défendu l’idée que l’« unique moyen » de combattre l’épidémie de façon efficace était la fidélité absolue dans la relation conjugale, l’abstinence ou la chasteté. Pourtant le nouveau pape Benoît XVI s’apprêterait à rendre public un document tolérant l’usage du préservatif pour les personnes déjà contaminées par le virus du sida ou une autre maladie infectieuse. Ce serait une levée partielle d’un tabou et une évolution (très marginale) de l’éthique sexuelle du Vatican.

                 Le tabou du préservatif est significatif de la propension de l’Eglise catholique à favoriser le pullulement des humains dans une Biosphère de plus en plus déstabilisée par leur nombre et le poids de leurs activités. Une telle attitude est condamnable, elle est immorale, elle est contraire à l’obligation d’utiliser tout moyen de contraception pour promouvoir la décroissance démographique et retrouver un certain équilibre entre les humains et la capacité des écosystèmes.

La force messianique de l’écologie

Cornelius Castoriadis pose merveilleusement les termes du débat (Une société à la dérive, Seuil 2005) :

« L’écologie est la compréhension de ce fait fondamental qu’il ne peut pas y avoir de vie sociale qui n’accorde une importance centrale à l’environnement dans lequel elle se déroule. Ce regard a changé avec le capitalisme et la techno-science moderne, basés sur une croissance continue et rapide de la production et de la consommation, entraînant sur l’écosphère terrestre des effets catastrophiques. De sorte que l’on ne peut plus concevoir de politique digne de ce nom sans préoccupation écologique. Et, s’il n’y a pas un nouveau mouvement, un réveil du projet démocratique, l’écologie peut très bien être intégrée dans une idéologie néo-fasciste. Face à une catastrophe écologique mondiale, par exemple, on voit très bien des régimes autoritaires imposant des restrictions draconiennes à une population affolée et apathique.

« L’écologie correctement conçue ne fait pas de la nature une divinité, pas plus que de l’homme d’ailleurs. La religion projetait sur les puissances divines des attributs essentiellement anthropocentriques, et c’est précisément en cela qu’elle donnait sens à tout ce qui est. Mais en même temps elle rappelait à l’homme sa limitation, elle lui rappelait que l’Etre est insondable et non maîtrisable. Or une écologie intégrée dans un projet politique d’autonomie doit à la fois indiquer cette limitation de l’homme, et lui rappeler que l’Etre n’a pas de sens, que c’est nous qui créons le sens à nos risques et périls. Le danger principal pour l’homme est l’homme lui-même. Aucune catastrophe naturelle n’égale les massacres, les holocaustes provoqués par l’homme contre l’homme. Aujourd’hui l’homme est toujours, plus que jamais, l’ennemi de l’homme, non seulement parce qu’il continue autant à se livrer au massacre de ses semblables, mais aussi parce qu’il scie la branche sur laquelle il est assis : l’environnement. C’est la conscience de ce fait qu’on devrait tenter de réveiller à une époque où la religion ne peut plus jouer ce rôle. L’autonomie, la vraie liberté, est l’autolimitation nécessaire non seulement dans les règles de conduite intrasociale, mais dans les règles que nous adoptons dans notre conduite à l’égard de l’environnement. »

(texte de 1992)

Oui au blasphème !

Ni la bible, ni le coran, lisez dans le livre de la Nature pour l’amour de toutes les formes de vie.

Nous avons inventé la démocratie pour qu’il y ait débat. Puisque la religion n’est qu’une idéologie comme les autres, elle doit pouvoir être critiquée. Ainsi, dans un pays laïc où existe la séparation entre la vie religieuse et la vie publique, on ne peut poursuivre en justice une action ou une caricature relevant du blasphème ou tournant la religion en dérision avec quelques espoirs d’obtenir raison. Aussi pénible que cela puisse être pour les croyants, on doit pouvoir dire ce que l’on veut de la religion, tout en faisant clairement la distinction entre la religion comme idée discutable, et ceux qui la pratiquent. En effet l’injure publique à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur religion est en France poursuivie par la loi.

 Le professeur R.Redecker qui qualifiait dans une diatribe (Le Figaro du 19 septembre 2006) le prophète Mahomet « de chef de guerre, impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame » et le Coran de livre « d’inouïe violence », n’a été poursuivie en justice par aucune association musulmane. Le procès qui s’est ouvert le 7 février 2007 contre Charlie Hebdo est une autre illustration de cette thématique. Dans les différences caricatures sur Mahomet reprises par ce journal satirique, c’est la religion qui est visée, pas les musulmans.

prière écolo

Tant qu’il y aura des religions, des religieux, des croyants, il y aura des guerres. Le jour où l’espèce homo sapiens se contentera, après avoir démonté toutes les synagogues, les églises, les temples et les mosquées, de semer à la place du blé, du seigle ou du riz, alors la paix du monde sera en marche et nos enfants de toutes les couleurs pourront parler d’avenir. Regardez avec humilité le soleil, un soleil qui donne la vie à toutes les plantes et toutes les autres espèces vivantes, vous n’avez pas besoin d’autres prières que celle-là.

pour en savoir plus : www.biosphere.ouvaton.org

Plénitude de la raison unique

Le pape Benoît 16 a fait une conférence à l’université de Ratisbonne qui a soulevé beaucoup d’émois dans les sphères musulmanes. Pourtant pas besoin de soulever les foules pour un texte d’une platitude absolue.

 « Pour convaincre une âme raisonnable, on n’a pas besoin ni de bras, ni d’armes, ni non plus d’un quelconque moyen par lequel on peut menacer quelqu’un de mort. » Une telle phrase parait d’une évidence extrême dans un système démocratique. Mais Benoît 16 ne se réfère pas à la démocratie.

 «  Celui qui veut conduire quelqu’un vers la foi doit être capable de bien parler et de raisonner correctement et non d’user de la violence et de la menace ». Comme la foi ne peut être démontrée par d’autres arguments que celui de l’autorité, il parait bien présomptueux pour une âme sensée de mélanger croyance indémontrables et réalités démontrables. Mais le pape va plus loin.

 «  Dieu n’aime pas le sang ». C’est faire fi de la pratique des trois religions du livre qui ont ensanglanté la planète, de conquêtes musulmanes en croisades sans parler de toutes les guerres plus ou moins récentes : dieu bénit encore l’Amérique qui occupe l’Irak. Mais dieu n’a jamais rien dit puisque ce sont toujours des hommes qui ont parlé en son nom. En fait le papuscule Benoît 16 n’avait pas pour objectif principal d’attaquer l’islam, seulement de confondre dieu et la raison pour critiquer les athées.

 « Une raison qui est sourde face au divin et repousse la religion au niveau des sous-sultures est incapable de s’insérer dans le dialogue des cultures. » Le pape voit dans l’exclusion du divin par la raison une attaque contre les convictions les plus intimes. Mais dans toute la pensée laïque, il faut justement que la foi reste du domaine privé et séparer l’Eglise de la sphère publique, démocratique et scientifique. La raison capable de raisonner ne peut être du côté des religions, et c’est cela qui fait peur au papuscule Benoît 16.

La seule croyance qui tienne la route, c’est l’ensemble des discours qui permettront à l’espèce homo sapiens de retrouver un équilibre durable avec l’évolution de la Biosphère, seule source de vie pour les parasites qui constituent l’espèce homo sapiens…

Dieu a dit, moi aussi

La controverse récente entre Benoît 16 et l’islam n’est pas nouvelle, chaque religion cherche à établir sa primauté. Lors du concile de Florence en 1442, l’Eglise réaffirme sa position la plus traditionnelle, hostile à tout système religieux concurrent : « La sainte Eglise romaine proclame qu’en dehors de l’Eglise nul n’aura part à la vie éternelle, qu’il soit païen, juif, incroyant ou séparé de l’Eglise. Il sera la proie du feu éternel et destiné au diable s’il ne rejoint pas l’Eglise avant sa mort ». Thomas Müntzer, l’une des premiers disciples de Luther, rêve d’un royaume de dieu déjà réalisé sur terre et soutient la révolte paysanne de 1525. Alors Luther, un hérétique qui a réussi, se déchaîne : « Partout où le paysan ne veut pas entendre raison, que l’autorité saisisse l’épée et qu’elle frappe. Tout prince est serviteur de dieu. Il y a un grand nombre d’âmes séduites, entraînées de force. Il faut à tout prix les délivrer et les sauver. C’est pourquoi frappez, égorgez ». Cette intolérance à l’intérieur de l’espace géographique mis en tutelle par le christianisme se retrouve dans la plupart des autres religions, ainsi le Coran tient exactement le même langage que son concurrent : « Les vêtements des infidèles seront taillés de feu, et l’eau bouillante sera versée sur leurs têtes. Leurs entrailles et leur peau seront consumées ; ils seront frappés de gourdins de fer » (sourate XXII).

Or dieu ne dit rien car il ne peut rien dire, ce sont des hommes qui s’expriment pour lui et peuvent raconter n’importe quoi. Moi aussi, j’ai donc le droit de dire que le christianisme ou l’islam, c’est du pareil au même, un tissu de conneries. Le seul culte qui vaille, c’est le respect de l’équilibre des écosystèmes car ce qui nous permet de vivre durablement, la Biosphère, est un fait réel et avéré.

Pour en savoir plus, notre réseau de documentation

Benoît XVI, un pape rabougri !

Benoît 16 vient de se prononcer contre le dialogue entre les religions : « La rencontre interreligieuse de prières ne doit pas prêter à des interprétations syncrétiques, fondées sur le relativisme qui nierait le sens même de la vérité et la possibilité de l’atteindre. » Il dit non à la dilution de l’identité chrétienne, comme il a rappelé à l’ordre les franciscains d’Assise, promoteurs de manifestations interconfessionnelles devenues des rendez-vous pacifistes, altermondialistes et écologistes. Pourtant, Benoît 16 reconnaît qu’« il n’est permis à personne de prendre argument de la religion comme prétexte à une attitude belliqueuse à l’égard d’autres humains. » Pourtant  Benoît 16 avoue dans le même temps que « les différences religieuses constituent des motifs d’instabilité et de menace ». Ce pape ne sait pas résoudre ses contradictions. Ce pape n’a pas encore compris que dans l’intérêt de la planète, il ne doit pas se cacher derrière des dieux invisibles, mais défendre fermement une nature en perdition.

Le texte officiel qui avait consacré en 1980 François d’Assise comme Saint patron de l’écologie soulignait que la nature était un don de Dieu fait aux humains. Quelle erreur profonde dans l’expression ! L’Eglise n’acceptait pas le message d’humilité des humains vis-vis de la Nature que propageait François d’Assise. D’ailleurs dès son vivant il a été régulièrement trahi par l’Eglise qui portait pourtant comme lui le même message des Evangiles. Au lieu d’enseigner la vraie joie par la simplicité volontaire, la fraternité et par dessus tout l’humilité, les porteurs de la parole qu’ils disent divine n’ont fait qu’exalter le culte des apparences et soutenir l’emprise des humains sur la Nature.