spiritualités

catholique ou musulman ? on s’en fout !

            Un sondage de l’institut CSA en France indiquait que 52 % des catholiques jugent « certaine ou probable » l’existence de Dieu. Mais ce n’est un Dieu personnel, comme l’enseigne le  christianisme, que pour 18 % des sondés ; les autres identifient Dieu à une notion plus vague telle que « force, énergie ou esprit ». De toute façon, il n’y aurait plus qu’un Français sur deux (51 %) à se déclarer « catholique » alors que les Français sans religion représentent désormais quasiment un tiers (31 %) de la population. Mais la croyance est une opinion et une pratique cultuelle qui relève de la vie privée. Ce n’est pas parce que tu ne crois en rien de surnaturel que tu ne peux être touché par la félicité. Par contre, beaucoup de croyants croient aux vertus de la croissance économique et aux illusions des marchands de gadgets, voiture, portable, vidéogames…

 

           La Biosphère ne te demande ni observation de rites d’un autre âge, ni culte d’une quelconque marchandise, c’est à toi d’exprimer personnellement les besoins de tes générations futures comme les besoins des non-humains, c’est à toi de faire personnellement preuve de simplicité volontaire dans ton comportement et de te regrouper en association de défense de la nature, c’est à toi d’agir politiquement pour que l’équilibre durable de la Biosphère devienne le fondement de toute décision humaine : il n’y a pas de dieu extérieur à toi-même.

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un curé d’avant-garde

Jean Meslier, curé d’Etrépigny de 1689 à 1729, n’y va pas avec le dos de la cuillère : « Levez-vous, unissez-vous contre vos ennemis, contre ceux qui vous accablent de misère et d’ignorance. Rejetez entièrement toutes les vaines et superstitieuses pratiques des religions… Votre salut est entre vos mains, votre délivrance ne dépend que de vous, car c’est de vous seuls que les tyrans obtiennent leur force et leur puissance. » Jean Meslier rejette la religion (dans un livre édité après sa mort, il était prudent !) pour mettre à la place une conception matérialiste très contemporaine :

 

« Sur quelles bases ont-ils fondé cette prétendue certitude de l’existence d’un Dieu? Sur la beauté, l’ordre, sur les perfections des ouvrages de la nature? Mais pourquoi aller chercher un Dieu invisible et inconnu comme créateur des êtres et des choses, alors que les êtres et les choses existent et que, par conséquent, il est bien plus simple d’attribuer la force créatrice, organisatrice, à ce que nous voyons, à ce que nous touchons, c’est à dire à la matière elle-même? Toutes les qualités et puissances qu’on attribue à un Dieu placé en dehors de la nature, pourquoi ne pas les attribuer à la nature même qui est éternelle ?

 

Ah ! L’autre vie ! L’âme immortelle ! Est-ce que nous ne sentons pas, intérieurement et extérieurement par nous-mêmes, que nous ne sommes que matière, et que nos pensées les plus spirituelles ne sont que de la matière de notre cerveau, qu’elles sont le résultat de sa constitution matérielle et que ce que nous appelons notre âme n’est en réalité qu’une portion de la matière, la plus délicate et la plus subtile ? L’âme n’est ni spirituelle ni immortelle. Elle est matérielle et mortelle aussi bien que le corps. Il n’y a donc point de récompense à espérer ni de châtiments à craindre après cette vie. Il n’y a point de bonté souveraine pour récompenser les justes et les innocents, point de justice souveraine pour punir les méchants. Il n’y a point de Dieu. 

 

Mais il y a l’homme, il y a la terre, il y a la vie, il y a le sentiment de l’équilibre et de la justice, et c’est sur cette terre qui lui appartient, dans cette vie qui est sienne, que l’homme doit réaliser la justice, le bonheur, la solidarité et la fraternité universelles. Ce n’est pas en Dieu que l’homme doit chercher la puissance, la bonté, la perfection, c’est en lui-même : par l’instruction il deviendra savant ; par l’éducation, il se fera juste ; par l’aide mutuelle et la solidarité, il réalisera sur la planète, qui est son domaine, la perfection possible. Il faut avoir le courage de rejeter toutes les idées préconçues et surtout d’effacer ce préjugé de la perfection des choses actuelles, comme ayant été créées définitivement par l’ordre d’un Dieu. »

Jean Meslier, à l’heure de la catastrophe écologique actuelle, serait sans doute notre guide sur les chemins de la Biosphère, tout au moins dans les pays qui laissent la liberté d’opinion et d’expression.

 

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dieu s’invite dans les présidentielles

Aux Etats-Unis, la plupart des prétendants à l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle de 2008 n’ont pas beaucoup de connaissance en paléontologie et en évolutionnisme. Mike Huckabee, ancien pasteur baptiste, croit que « Dieu a créé la Terre et le ciel. Comment l’a-t-il fait, quand et combien de temps cela lui a pris, je ne sais pas ». Le sénateur du Kansas, Sam Brownback, se dit « convaincu qu’il y a un Dieu dans l’univers et qu’il a été impliqué dans ce processus. Comment a-t-il fait ? Je n’en sais rien. » A croire que ces deux-là ont copié l’un sur l’autre ! Mais le sénateur de l’Arizona John McCain est du même avis, sans plus d’argumentation : « Il ne fait aucun doute que la main de Dieu est à l’origine de ce que nous sommes aujourd’hui ». Le mormon Mitt Romney assène que « Dieu a créé l’homme à son image », alors que nous savons tous que c’est le contraire ! L’ancien maire de New York, Rudolf Giuliani, nous dévoile le pot aux roses, l’américano-centrisme dominant : «  Nos idéaux ne sont pas seulement des idéaux américains ; ils viennent de Dieu. Notre obligation morale est de trouver la juste manière de les partager avec le reste du monde. »

 

Quand on sait par ailleurs que l’opposition à l’avortement est la pierre philosophale du parti républicain, nous  comprenons alors la raison majeure pour laquelle la Biosphère va si mal. Elle est aux mains de croyants crédules, natalistes et infatués d’eux-mêmes.

 

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réponse à Sarkozy

Lettre aux éducateurs, écrite par Nicolas Sarkozy, président de la République française :

« Je suis convaincu qu’il ne faut pas laisser le fait religieux à la porte de l’école. Le spirituel, le  sacré accompagnent de toute éternité l’aventure humaine. Ils sont aux sources de toutes les civilisations, Et l’on s’ouvre plus facilement aux autres, on dialogue plus facilement avec eux quand on les comprend. » (p.13)

« Il ne faut pas que les enfants restent enfermés dans leur classe. Très tôt ils doivent être confrontés aux beautés de la nature et initiés à ses mystères. C’est dans les forêts, dans les champs, dans les montagnes ou sur les plages que les leçons de physique, de géologie, de biologie, de géographie, d’histoire mais aussi la poésie, auront souvent le plus de portée, de signification. Il faut apprendre à nos enfants à regarder le chef-d’œuvre de la nature. » (p.21)

« Ce qu’il nous faut retrouver, c’est la cohérence du projet éducatif. Retrouver un fil directeur dans l’éducation, lui fixer des principes, des objectifs, des critères. Voilà ce que nous avons d’abord à faire. » (p.24)

Réponse de la Biosphère :

Les religions du livre n’ont pas besoin d’être étudiées puisque Dieu n’a jamais parlé à personne, que ce soit son Fils, Mahomet, ou ses thuriféraires. Donc pas besoin de parler en classe de l’imaginaire des différentes sectes qui nous ont historiquement manipulés. De plus il n’est nul besoin de passer par Dieu ou une institution religieuse pour s’ouvrir plus facilement aux autres, c’est même plutôt le contraire qui est vrai : l’agnostique ou l’athée, n’ayant aucun présupposé, se donne plus de chances d’être à l’écoute de son prochain. Par contre il est vrai que la dimension spirituelle est toujours nécessaire, elle permet de donner un sens à l’existence. Ce sens, Nicolas Sarkozy le frôle au détour d’une page, c’est notre nécessaire symbiose avec la nature, non pour discourir de façon abstraite en répétant les leçons d’un professeur imbu de sa propre discipline, mais pour déterminer le fil directeur de nos pensées, la nécessaire  symbiose avec le support qui nous fait vivre, la Nature.

La Biosphère  nous parle par de nombreux vecteurs, mais nulle part avec autant de clarté, d’exubérance et de détails qu’à travers la Nature et tous ses habitants, du ver de terre à l’éléphant. Aussi pour moi, lorsque nous détruisons des ressources naturelles, nous devons penser que nous n’avons pas le droit d’imposer cela  à nos générations futures – ni à nous-mêmes.

 

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quelques aphorismes

1) Les personnes qui réussissent à donner sens à leur existence sont plus heureuses que celles qui ne font que passer d’un plaisir à un autre. (Le prix du bonheur de Sir Richard Layard) ó « Dans un monde globalisé, chaque individu devrait être amené à se penser non pas comme une personne isolée dans un endroit donné, mais comme un maillon d’une chaîne qui le relie à la nature. » (Michel Loreau)

 

2) Ce qui compte, ce n’est pas ce que la vie te donne, mais ce que toi tu donnes à la vie. (Sir Richard Layard) ó « La richesse et la diversité des formes de vie sont des valeurs en elles-mêmes. » (Arne Naess)

 

3) Le plus grand bonheur réside dans le fait de s’absorber entièrement dans un objectif qui nous soit extérieur. (Sir Richard Layard) ó « Le bien-être et l’épanouissement de la vie humaine et non-humaine sur Terre ont une valeur intrinsèque (en eux-mêmes). Ces valeurs sont indépendantes de l’utilité que peut représenter le monde non-humain pour nos intérêts humains. » (Arne Naess)

 

4) La vertu est à elle-même sa propre récompense. (Sir Richard Layard) ó « De celui qui dans la bataille a vaincu mille milliers d’hommes et de celui qui s’est vaincu lui-même, c’est ce dernier qui est le plus grand vainqueur. » (Bouddha)

 

5) L’homme a été fait pour louer, révérer et servir Dieu, et atteindre, ce faisant, le salut. (St Ignace de Loyola) ó «  Le principal changement idéologique consistera en la valorisation de la qualité de la vie plutôt que de toujours promouvoir un niveau de vie supérieur. » (Arne Naess)

 

6) Donne-moi la sérénité pour accepter les choses que je ne puis changer, le courage pour changer celles que je peux, et la sagesse pour en connaître la différence. (Prière de la sérénité) ó « Je ne désespère pas de l’espèce humaine, mais je ne suis pas entièrement rassurée non plus » (Germaine Tillion, ethnologue, résistante, arrêtée par la gestapo, rescapée du camp de concentration de Ravensbrück)

 

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Chef Raoni

Enfin quelqu’un qui pense juste !!! Un résumé de la pensée de Raoni, chef du peuple indien Kayapo qui vit au cœur de l’Amazonie brésilienne :

 « L’homme blanc est étrange. Il ne prend pas le temps de rêver, de méditer, de célébrer la beauté de la terre, la naissance de l’aube, la douceur de la rivière. Il ne regarde pas les étoiles, il lui faut de l’argent, toujours de l’argent. Il lui faut même payer l’eau dont il se désaltère. Il court jusqu’à sa mort et sa vie lui passe sous le nez. Il survit dans un monde qui est pour nous incompréhensible. Dans les villes il y a trop de voitures, trop de gens, on ne peut pas respirer. Il me semble que l’homme blanc ne sait pas qui il est. Dans les années 1980, nous avons fait confiance aux Blancs qui avaient délimité notre réserve. Et puis sans prévenir, ils ont construit une route au milieu. Elle a apporté la maladie, les enfants ont commencé à mourir de la grippe. En principe notre territoire est protégé par la loi, mais il est très difficile de le contrôler. Les bûcherons, les chercheurs d’or et les fermiers blancs ne respectent pas la loi. Il leur faut de la terre, encore de la terre, toujours de la terre. Ils la fouillent comme des cochons, ils souillent l’eau avec le mercure, ils tuent le gibier pour le plaisir. Nous ne sommes pas des spécimens pour anthropologues, ni de nobles sauvages. Nous voulons simplement être libres d’être ce que nous sommes. Nous avons vécu pendant des milliers de lunes sans l’homme blanc. Notre mode de vie est le résultat d’une longue tradition qui nous a conduits à connaître chaque plante et chaque animal de la forêt. Et par là, à les respecter.  

« Nous pouvons beaucoup vous apprendre sur la façon de vivre en harmonie avec la nature. La nature est comme l’homme, le sol est sa peau, les forêts sont ses cheveux et les rivières sont ses veines. Nous respirons tous un seul air. Nous buvons tous une seule eau. Nous vivons tous sur une seule terre. Nous devons tous la protéger. La sauver, c’est nous sauver nous-mêmes. »

Quand un humain parle aussi bien de la Biosphère, il n’y a rien à ajouter…

 

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David Selby, faire partie de la nature

Enfin quelqu’un qui pense juste !!! Un résumé de la pensée de David E.Selby, professeur en sciences de l’éducation à Plymouth (Grande-Bretagne) :

« Dans The Sense of Wonder, Rachel Carson nous rappelait dès 1956 que l’enfant comprend et détient une vérité que les adultes oublient trop fréquemment : nous faisons tous partie de la nature. L’enfant a aussi besoin de la compagnie des adultes pour partager  le sens du merveilleux avec lui. Mais aujourd’hui les écoles sont les cathédrales d’un esprit mécaniste et fragmentaire, elles jouent un rôle dominant dans l’érosion de la perception de l’écheveau du vivant. Le cursus scolaire est subdivisé en disciplines distinctes, l’enseignement de la compétition individuelle est la norme. L’école ne sait pas généralement fournir à l’enfant  l’opportunité d’apprendre dans et par son environnement naturel. Ce  faisant, nous oublions l’exhortation de Rachel Carson qui soulignait que « pour l’enfant, il importe moins de savoir que de sentir ». Au bout du compte, même le discours environnemental à l’école est arc-bouté sur l’anthropocentrisme. Ainsi tout le discours visant à sauver la forêt tropicale est purement instrumental, « La forêt contient des plantes rares capables de soigner certaines pathologies humaines ». Il évite soigneusement de se baser sur la valeur intrinsèque de cette forêt et des formes de vie dont elle regorge.

« Mais à quoi ressemblerait une éducation biocentrique, centrée sur la vie, holistique ? Premièrement le projecteur se braquerait sur  nos niveaux de consommation parfaitement inéquitables et absolument non viables. Deuxièmement, la prise de conscience que la société humaine fait partie de l’environnement, que l’on doit respecter la nature au lieu de la piller, qu’il existe en toute chose une forme de conscience, que tous les êtres vivants possédant aussi une valeur intrinsèque. Une école soucieuse de la Terre défendrait aussi la convergence des disciplines, organiserait des expériences festives réaffirmant l’intégration de la société humaine dans la nature. De tels enseignements comprendraient un art contemplatif, la danse, des exercices de respiration profonde, la méditation… »

 

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Scott Momaday

Un résumé de la pensée de Scott Momaday, professeur de littérature à l’université d’Arizona, peintre, dramaturge. Enfin quelqu’un qui pense juste !!!

« La révolution technologique a eu, entre autres effets, celui de nous déraciner, de nous arracher au sol. Nous autres Américains, nous sommes désorientés ; nous avons subi une forme de dislocation psychique de l’être. Notre sens de l’ordre naturel s’est émoussé et n’est plus fiable. Comme la nature sauvage elle-même, la sphère de nos instincts s’est rétrécie en proportion. Nous avons tous adopté une attitude d’indifférence envers la terre. Et cependant je crois qu’il est possible de formuler une conception éthique de la terre (de la Biosphère ?), une idée de ce qu’elle doit être dans notre quotidien. » (…)

« Nous sommes ce que nous imaginons être. Il y a depuis fort longtemps dans la vision du monde de l’indigène d’Amérique la conviction profonde que la terre est vivante, qu’elle a une dimension spirituelle, une dimension dans laquelle l’homme trouve sa  juste existence. Dans la mesure où je suis inclus dans la terre, il est approprié que je m’affirme dans l’esprit de la terre. Je dois célébrer ma vie dans le monde physique et  le monde dans ma vie. Tout au contraire dans la société actuelle, nous concevons la terre en termes de propriété et d’usage. C’est une valeur d’échange dépourvue de toute vie ; elle n’a pour la plupart d’entre nous pas plus de spiritualité qu’une automobile ou un réfrigérateur. Nous pouvons acheter et vendre la terre, nous pouvons en exclure autrui, en être exclu par lui et, dans le cadre de la propriété, nous pouvons en user comme bon nous semble. En ce qui concerne l’usage, à l’évidence l’Indien utilise et a toujours utilisé la terre et les ressources qu’elle offre. Mais en tant qu’Indien, je pense : « Vous dites que j’utilise la terre, et je vous réponds oui, c’est vrai ; mais ce n’est pas la vérité première. La vérité première, c’est que j’aime la terre ; je constate qu’elle est belle ; en elle, je me réjouis ; en elle, je suis vivant. »

 

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vivre en vaut-il la peine ?

Pour clarifier le débat sur la bioéthique, Pierre-andré Taguieff identifie dans son livre La bioéthique ou le juste milieu ; une quête de sens à l’âge du nihilisme technicien trois courants de pensée.

Le premier courant est le plus ancien, il n’a aucune considération pour l’écologie. Mais issu de la chrétienté et plus particulièrement de l’Eglise catholique, cette idéologie estime que Dieu a créé l’homme à son image, conférant de ce fait à la vie humaine son caractère sacré. Interdiction éternelle est donc faite à l’homme d’agir aux confins des deux extrémités de son existence terrestre. Le Vatican est opposé aussi bien à l’avortement qu’à l’euthanasie et à la manipulation génétique ; il est hors de question de modifier l’alphabet et la grammaire de ce Livre de la vie qu’il voit en son génome.

 

La position de la deep ecology valorise au contraire la considération des relations entre l’homme et son milieu. Selon Taguieff, il s’agit d’une forme nouvelle de fondamentalisme, caractérisée par une mystique panthéiste (tout est lié et sacré) doublé d’un souci éthique face à la nature. L’humain est considéré comme faisant partie de la biosphère, mais en tant  qu’agent dénaturé, devenu particulièrement polluant avec la société techno-industrielle. Dans cette éthique de la diversité de la vie, l’intégrité de la nature, génome compris, est la mesure de toutes choses. Ce n’est plus la vie humaine qui est ici sacrée, mais l’ensemble de la vie.

 

La troisième position, liée à ce qu’on peut appeler l’écologie réparatrice, est qualifiée par Taguieff de prométhéenne. Elle présuppose que l’homme est un dieu pour l’homme, ce qui implique l’idéal d’une maîtrise technoscientifique de la nature et entend que l’homme fasse tout ce qui est susceptible d’améliorer ses facultés et son bien-être. Ces trois courants sont incompatibles et le comité consultatif français d’éthique ne peut donc depuis un quart de siècle qu’émettre des avis flous et sans conséquences.

 

En fait se pose depuis toujours cette question fondamentale : « Comment juger si une vie humaine vaut ou non la peine d’être vécue ?

H.D.Thoreau (1849)

Le texte La désobéissance civile de Henry David Thoreau (1849) vient d’être réédité par « Le passager clandestin ». Avec une pensée pour les faucheurs volontaires d’OGM, en voici quelques extraits :

 – Il n’est pas souhaitable de cultiver le même respect pour la loi et pour le bien. La seule obligation qui m’incombe est de faire bien.

– La loi n’a jamais rendu les hommes un brin plus justes.

– Il y a des milliers de gens qui par principe s’opposent à l’esclavage et à la guerre mais qui en pratique ne font rien pour y mettre un terme.

– Il existe des lois injustes : consentirons-nous à leur obéir ? Tenterons-nous  de mes amender en leur obéissant ou les transgressons-nous tout de suite ? Si le gouvernement veut faire de nous l’instrument de l’injustice, alors je vous le dis, enfreignez la loi.

– Tout homme qui a raison contre les autres constitue déjà une majorité d’une voix.

– Si un seul honnête homme cessait, dans notre Etat du Massachusetts, de garder des esclaves, quitte à se faire jeter dans la prison du Comté, cela signifierait l’abolition de l’esclavage en Amérique. Car peu importe qu’un début soit modeste : ce qui est bien fait au départ est fait pour toujours.

  Si un millier d’homme devaient s’abstenir de payer leurs impôts cette année, ce ne serait pas une initiative aussi brutale et sanglante que celle qui consisterait à les régler, et à permettre ainsi à l’Etat de commettre des violences et de verser le sang innocent. (Thoreau critique la guerre contre le Mexique, 1846-48, et l’Etat en général)

– Je n’ai payé aucune capitation depuis six ans ; cela me valut de passer une nuit en prison. Pas un instant je n’eus le sentiment d’être enfermé et les murs me semblaient un gâchis de pierre et de mortier.

– Je me trouvais en plein champ d’airelles sur l’une de nos plus hautes collines, et de là on ne voyait l’Etat nulle part. C’est là toute la chronique de « Mes prisons ».

– Homme d’Etat et législateurs, si bien enfermés dans leurs institutions, parlent de changer la société, mais ils n’ont point de refuge hors d’elle.

– La vérité du juriste n’est pas la Vérité : elle n’est qu’opportunisme cohérent.

– Ceux qui voient la Vérité ruisseler dans ce lac, dans cet étang, poursuivent leur pèlerinage vers la source originelle.

– L’autorité du gouvernement est toujours impure, en toute justice, elle doit recevoir l’assentiment des gouvernés.

homicide volontaire (suite)

Morceaux choisis de Terre-Mère, homicide volontaire de Pierre Rabhi (suite)

 

10. Il y a aujourd’hui une pensée urbaine réductrice qui pousse à tout virtualiser et produit un être humain consentant et adapté.

11. Nos enfants sont élevés « hors-sol », comme les produits de l’agriculture moderne, dans un milieu artificiel, sans rapport avec la nature, alors que celle-ci est un livre ouvert où il y a tant à découvrir.

12. La télévision s’ouvre comme une vaste fenêtre sur le monde comme pour nous faire oublier l’espace exigu de notre quotidien. 

13. La prolifération des écrans et l’usage immodéré qui en est fait par des enfants de plus en plus jeunes, ne peut que contribuer à les éloigner du monde concret et de la nature pourtant indispensable à leur équilibre.

14. La question n’est pas seulement de savoir : « Quelle terre laisserons-nous à nos enfants ? » Mais tout autant : « Quels enfants laisserons-nous à cette terre ? »

15. Les religions devraient être au front de l’écologie. Toutes proclament que notre planète est l’œuvre du créateur, mais aucune ne s’offusque de la voir polluée et détruite. Il y a là une sacrée contradiction.

16. Il pourrait y avoir une magnifique plate-forme entre les religions qui pourraient s’entendre autour de ce dénominateur commun : protéger la terre, l’eau, la planète, la vie ; honorer « l’œuvre divine ».

17.  Prendre conscience de notre inconscience est le premier pas vers une véritable libération.

 

En définitive la charte internationale pour la terre et l’humanisme à l’initiative de Pierre semble proche de l’écologie profonde : « Nous nous engageons à contribuer au respect de toute forme de vie et au bien-être et à l’accomplissement de tous les êtres humains ». Arne Naess écrivait déjà en 1972 dans son manifeste de l’écologie profonde : « Le bien-être et l’épanouissement de la vie humaine et non-humaine sur Terre ont une valeur intrinsèque. »

 

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homicide volontaire

Morceaux choisis de Terre-Mère, homicide volontaire de Pierre Rabhi

 

1. L’ensemble de la planète est indivisible. Tous les éléments constitutifs de la biosphère sont interactifs. C’est-à-dire que rien de ce qui vit sur la planète ne fonctionne à lui tout seul,  pour lui tout seul.

2. L’homme sait, au fond de lui, que pour que les hommes vivent, il faut que la terre soit honorée. Comme une mère !

3. Tant que l’humain et la nature ne seront pas placés au cœur de nos préoccupations, l’évolution positive de l’histoire est impossible.

4. Tout ce que la nature génère, elle le recycle ; il n’y a pas de poubelle, c’est nous qui avons inventé cela !

5. Un camion de tomates a quitté la Hollande pour l’Espagne. Dans le même temps, un camion de tomates quittait l’Espagne pour la Hollande. Ils se sont percutés à mi-chemin, dans la vallée du Rhône. On est, loi du marché oblige, en pleine chorégraphie de l’absurde.

6. Une frugalité heureuse et joyeuse doit être considérée comme une option morale, mais aussi comme une démarche politique et de légitime résistance à la dictature marchande.

7. On peut produire biologique tant qu’on voudra, si les hommes ne changent pas, l’agriculture biologique ne changera pas grand chose. Il faut que chaque être humain prenne conscience de ses responsabilités.

8. Vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer solaire et… exploiter votre prochain !

9. Une civilisation essentiellement urbaine n’est plus en contact avec les forces vives de la vie. Comment nous repérer par rapport aux forces auxquelles nous devons notre existence alors que nous n’avons plus de contact avec elles ?

 

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L’unité du vivant

L’amérindien des grandes plaines tue des animaux sauvages pour s’en nourrir, mais il ne peut massacrer le libre bétail, encore moins le supprimer en tant qu’espèce, pour faire place à des champs de maïs ou des voies ferrées. Les techniques émergent avec une nouvelle vision du monde où la conscience de l’unité du vivant est perdue. Désormais dans le monde dit civilisé, il y a des végétaux « utiles » et des animaux « nuisibles ». L’accélération monstrueuse du développement technique actuel est un simple effet de cette guerre tragique menée contre la Biosphère, c’est-à-dire contre nous-mêmes !

 

Ni l’Amérindien, ni l’Africain, ni l’Océanien, ni l’Européen autrefois n’étaient de simples individus. On se condamne à ne rien comprendre à la conscience de ces peuples anciens si l’on ne reconnaît pas qu’ils se connaissent d’abord en tant que membres d’une communauté familiale, d’un groupe social, de l’univers vivant, du cosmos. Le « primitif » se considère comme partie prenante de l’ensemble total auquel il participe. Dans une conscience première, même la religion n’a aucune base possible puisqu’il n’existe aucune rupture entre l’esprit du monde et l’esprit individuel. Chacun peut expérimenter l’unification avec la totalité vivante et adopter une conduite conforme aux mouvements universels. Qui s’en étonnera ? Une telle conscience appartient à tout homme venant au monde. La vie se montre d’abord sous la forme d’une mère, d’une famille, d’une tribu. Ce n’est que plus tard qu’apparaît chez l’enfant la conscience de son individualité. Seule une socialisation particulière peut faire croire qu’une vie collective est la somme de vies individuelles associées dans une espèce de « contrat social ». (in La folle histoire du monde de Michel BOUNAN).

 

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Quel dieu ?

Avant l’existence des dieux, il y a eu l’apparition de l’espèce homo sapiens et sa capacité à habiller la réalité avec des mots. Que de dieux ont alors traversé quelques petits millénaires, inventés, imposés, remplacés, diversifiés à l’infini, allant de schismes en schismes et de prophètes en apostats… Mais avant homo sapiens, il y avait déjà l’existence de la Biosphère à partir des premières traces de vie il y a quelques 3,5 milliards d’années. L’espèce homo sapiens n’est qu’une toute petite composante de la biodiversité, elle n’existe sur cette planète que depuis environ 150 000 ans, un rien de temps à l’échelle géologique, une simple pustule du moment : la Nature n’a pas été faite spécifiquement pour les humains ! Tant que les humains se battront inutilement au nom de leurs faux dieux et de leurs prophètes, la Terre-mère continuera d’être ravagée par les guerres de « civilisation » comme si l’activisme humain ne faisait pas déjà assez de ravages.  Du point de vue de la Biosphère, les synagogues, les Eglises et les mosquées représentent uniquement des terres stérilisées par les croyances humaines au détriment des autres espèces vivantes. Pourtant les 57 pays de l’Organisation de la conférence islamique ont déposé à l’ONU en 2006 un projet d’amendement afin de rendre « la diffamation des religions et des prophètes incompatible avec le droit à la liberté d’expression ». Pourtant la liberté de religion n’existe pas dans les pays musulmans, le droit de conversion y est interdit et la liberté d’expression réduite à rien. L’Islam est fermé au point même de ne pas admettre le simple principe de réciprocité : je peux te critiquer, tu peux me critiquer, essayons ensemble de chercher la vérité. Il faut reconnaître que les religions du livre (bible, nouveau testament, coran) n’ont jamais célébré le père et la mère de toutes choses vivantes, la Biosphère. Il n’y a donc que des faux prophètes qui ont parlé au nom d’un dieu de leur invention. Il n’y a de culte que pour la Biosphère qui peut se toucher, s’étudier et même se manger.   

Le véritable prophète aujourd’hui s’appelle Arne Naess qui prône grâce à la philosophie de l’écologie profonde l’harmonie entre les humains et la Biosphère ; il ne pense au salut des humains qu’au travers de celui de la Biosphère. Mais un tribunal religieux, celui de la croissance économique, le condamne tous les jours et continue de perturber la biodiversité, les écosystèmes, les non-humains et en conséquence n’offre aucun futur aux générations futures…

 

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nature ou Nature ?

Marcuse rejoint Marx en citant Lorenz : « Le travail est, sous toutes ses formes, la réalisation posée par l’individu… par laquelle il s’approprie le contenu du monde extérieur le contraignant à devenir une partie de son monde intérieur. » Le couronnement dialectique de tout cela étant en quelque sorte le concept de nature comme « corps inorganique de l’homme », comme humanisation de la nature (l’environnement). Ce concept de nature n’exprime rien d’autre que la finalité de la domination de la Nature inscrite dans l’économie politique. La nature, c’est le concept d’une essence dominée, et rien d’autres.

 

Cette finalité opérationnelle est tellement arbitraire que la Nature résiste. Alors le concept se dédouble en une « bonne » nature, celle qui est dominée et rationalisée et en une « mauvaise » Nature, celle hostile, menaçante, catastrophique, ou polluée. Mais lorsque l’homme marque la Nature du sceau de la production, il proscrit toute relation d’échange symbolique entre lui et la Nature. Ce qui n’est pas reconnu par les fondements de l’économie politique, c’est que l’homme primitif, dans ses échanges symboliques, ne se mesure pas avec la nature. Car rien n’est jamais pris à la nature qui ne lui soit rendu : l’homme primitif ne coupe pas un arbre sans apaiser les esprits par un contre-don.

 

Longtemps on a voulu penser la production sur le mode de la reproduction humaine. Marx lui-même parle du travail comme père, de la terre comme mère de la richesse produite. C’est faux : dans le travail productif, l’homme ne fait pas d’enfants à la Nature (la Biosphère). (in Jean Baudrillard, le miroir de la production – 1973)

 

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JP 2 et la Biosphère

En janvier 1990, le pape Jean-Paul II semblait sensible au respect de la planète dans son Message pour la journée de la paix : « La théologie, la philosophie et la science s’accordent dans une conception de l’univers en harmonie, c’est-à-dire d’un vrai cosmos, pourvu d’une intégrité propre et d’un équilibre interne dynamique. Cet ordre doit être respecté, l’humanité est appelée à l’explorer avec une grande prudence et à en faire ensuite usage en sauvegardant son intégrité. On ne peut négliger la valeur esthétique de la création. Le contact avec la nature est par lui-même profondément régénérateur, de même que la contemplation de sa splendeur donne paix et sérénité. Les chrétiens savent que leurs devoirs à l’intérieur de la création et leurs devoirs à l’égard de la nature font partie intégrante de leur foi. »

 

Il n’empêche que son point de vue relève fondamentalement d’une conception anthropocentrique car il indique par ailleurs : « Au nom d’une conception inspirée par l’écocentrisme et le biocentrisme, on propose d’éliminer la différence ontologique et axiologique entre l’homme et les autres êtres vivants, considérant la biosphère comme une unité biotique de valeur indifférenciée. On en arrive ainsi à éliminer la responsabilité supérieure de l’homme au profit d’une considération égalitariste de la dignité de tous les êtres vivants. Mais l’équilibre de l’écosystème et la défense d’un environnement salubre ont justement besoin de la responsabilité de l’homme. La technologie qui infecte peut aussi désinfecter, la production qui accumule peut distribuer équitablement. (Discours de Jean-Paul II au Congrès Environnement et Santé, 24 mars 1997) ».

 

La Biosphère préfère largement le paradigme d’Arne Naess pour l’écologie profonde :

1) le bien-être et l’épanouissement de la vie humaine et non-humaine sur Terre ont une valeur intrinsèque (en eux-mêmes). Ces valeurs sont indépendantes de l’utilité que peut représenter le monde non-humain pour nos intérêts humains.

2) la richesse et la diversité des formes de vie contribuent à l’accomplissement de ces valeurs et sont également des valeurs en elles-mêmes.

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terre de Terrasson

François Terrasson nous a quitté en 2006. Les éditions Sang de la Terre viennent de rééditer récemment son livre de 1988, La peur de la nature. La Biosphère salue la proximité de François Terrasson avec la philosophie de l’écologie profonde dans ces quelques extraits :

– La Terre n’est pas la planète des hommes. Pendant des centaines de  millions d’années, d’autres être vivants ont occupé les lieux où se trouvent maintenant nos maison, nos lits et nos chaises p.15

– La nature, c’est ce qui existe en dehors de toute action de la part de l’Homme. Conserver  la nature ce sera, plus que préserver telle ou telle espèce, parvenir à maintenir l’impression sensibles que nous éprouvons en face de tout ce qui n’est pas d’origine humaine p.28-29

– L’expérience du désert ne se raconte qu’en récusant les mots qui servent à le faire. Il n’y a personne, il n’y a trace de personne, rien qui rappelle l’existence de l’homme et de sa civilisation p.34-35

– l’homme a tendance à détruire ce qui lui fait peur, ce qu’il sent étranger. Quand on interviewera de grands technocrates défricheurs, on ne sera pas surpris de découvrir, derrière leur propos qui se veulent rationnels, cette vieille peur de la nature sauvage p.37-38

– Une ruine, c’est l’endroit où la nature reconquiert un lieu de civilisation humaine. Une puissance étrangère faite de mousses, de ronces, d’orties, de lézards et de limaces s’infiltre, s’installe, triomphe là où l’homme avait dressé le symbole de sa puissance face à l’environnement : sa maison. Pour le visiteur qui « prend son pied » dans les ruines, la nature n’est pas perçue comme une force étrangère p.66-67

– Nous sommes hommes, mais nous pourrions être aussi bien blaireau, pierre ou serpent (…) Nous ne possédons pas la terre, c’est la terre qui nous possède p.83

– Chaque groupe humain porte dans ses propos, dans ses habitudes, dans ses objets, l’expression des choix métaphysiques qu’il a fait face à la nature p.84

– La sorcière nature n’a que faire de notre regard, qu’on la voie comme une vieille terrifiante ou comme une belle jeune fille, elle s’en contre-fout, puisqu’elle est les deux est bien plus encore p.119

– La  protection tue la nature, en ce sens qu’elle élimine l’ambiance de l’involontaire, essence du concept de nature p.146

– La vague d’urbains se précipitant sur de fausses pistes, qu’elles oient de ski ou de grande randonnée, diffuse ses modèles jusqu’au cœur des sociétés rurales dont l’idéal se situe, en sens contraire des arrivants, en milieu urbain p.154

– le sentiment de la nature, de la nature puissante, le sentiment cosmique, métaphysique, presque religieux, cette chose là on ne l’aura plus, parce que justement, cela nécessite un endroit non réglementé, et une endroit relativement vaste. On rencontre déjà des gens qui n’ont plus le concept de nature, qui ne peuvent pas concevoir un lieu sans homme, un lieu sans aménagement p. 210-211

– Le monde s’écroulerait peut-être moins vite s’il n’y avait pas de présence d’homme p.220  

Planète vivante

Parlons ensemble de la deep ecology… Comme disait Arne Naess, « la richesse et la diversité des formes de vie contribuent à l’accomplissement de ces valeurs et sont également des valeurs en elles-mêmes. »

 

C’est la Nature qui fournit à l’homme les constituants de son bien-être, à commencer par la satisfaction de ses besoins fondamentaux, nourriture et lutte contre le froid. Notre planète nous offre gratuitement ses services, l’air, l’eau, le sol, les éléments constitutifs de notre alimentation, les fibres à partir desquelles sont fabriquées nos vêtements, les matériaux de construction de nos habitations, les ressources pour produire de l’énergie. A cela il faut ajouter deux grands services procurés par les écosystèmes. D’abord les grands mécanismes de régulation, les températures et le climat, les saisons, le cycle de l’eau. Mais aussi les équilibres entre agents pathogènes afin de limiter les maladies. C’est aussi la Nature qui répond aux besoins spirituels car il est impossible de mener une vie heureuse sur une planète malade. Pourtant les sociétés dites prospères cultivent la surconsommation et la combustion du patrimoine naturel pourtant enfoui sous la  terre. L’abondance est présente et l’insatisfaction généralisée !

 

La solution, c’est de ne plus tourner le dos à la Biosphère et de nous engager tous ensemble sur la voie de la sobriété heureuse. 

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Ten Commandments

Qu’en penses-tu ?

You have more duties than rights ;

You will love the Earth as yourself ;

You will not allow machines to govern you ;

You will always respond in a balanced manner ;

You will respect each element of the Biosphere ;

You will lead your life in an intentionally modest way ;

You will protect the future of  the generations to come ;

You will not cause unnecessary damage to your environment ;

You will adapt your fruitfulness to the capacity of your ecosystem ;

You will live on the fruits of the Earth without undermining its natural wealth.

Jean Baudrillard

Parlons ensemble de la deep ecology…

La séparation de la Nature sous le signe du principe de production est réalisée dans toute son ampleur par le système capitaliste, mais elle ne surgit évidemment pas avec elle. Elle s’enracine dans la grande dissociation judéo-chrétienne de l’âme et de la Nature. L’âme est cette charnière spirituelle par où l’homme se distinguerait radicalement de tout le reste de la Nature. Dieu aurait créé l’homme à son image, et la Nature à l’usage de l’homme. La bible affirme explicitement que c’est la volonté de Dieu que l’homme exploite la nature selon ses propres fins. Dans sa forme occidentale, le christianisme est donc la religion la plus anthropocentrique que le monde ait jamais connu. La « rationalité » commence là, avec la fin de l’animisme et de l’immersion magique de l’homme dans la nature. Alors que par la suite la science, la technique, la production matérielle entreront en contradiction avec les dogmes du christianisme, leur condition de possibilité reste pourtant le postulat chrétien de la transcendance de l’homme sur la nature. On sait aussi que saint François d’Assise et son angélisme christique (toutes les créatures chantent Dieu…), n’était qu’une sorte d’opération contre-feu de l’Eglise catholique pour désamorcer les hérésies cathares et panthéistes. L’Eglise a toujours défendu, en même temps que la coupure avec la nature, une morale de l’effort et du mérite, du travail et des œuvres, jumelée avec un ordre de production liée au pouvoir. (texte de Jean Baudrillard, Le miroir de la production, 1973)

 

Jean précise même à un moment : « Pourquoi faut-il que la vocation de l’homme soit toujours de se distinguer de l’animal ? L’humanisme est une idée fixe qui nous vient, elle aussi, de l’économie politique – enfin, laissons cela -. » Pourtant l’essentiel commence ici car cette phrase fonde une véritable critique du système de production par la remise en cause de l’activité humaine comme dissociée de la nature (la Biosphère). A la même époque, le philosophe Arne Naess se faisait l’initiateur de la lutte contre l’anthropocentrisme avec son manifeste  de l’écologie profonde. 

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